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Nouvelles du moyen orient

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Nouvelles du moyen orient

Message  Idriss le Lun 19 Jan - 20:47

Il y a bien un sujet printemps arabes avec des sous sujets Egyptes....etc

Mais difcile de séparer Syrie Irak Liban Israël Palestine...etc d'où l'ouverture de ce topic pour avoir une vue d'ensemble!

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Idriss

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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Idriss le Lun 19 Jan - 20:51

Affrontement entre daech et l'armée saoudienne

Dans une vidéo véhiculée par les réseaux sociaux saoudiens, on voit des affrontements entre ISIS et l'armée saoudienne sur les frontières, ça s'est passé semble il la semaine dernière.

Citation:
تداولت حسابات سعودية، مقطع فيديو على وسائل التواصل الاجتماعي اليوم، يظهر فيه اشتباكات عنيفة بين القوات السعودية شمال شرقي المملكة، وقوات تنظيم الدولة الإسلامية، التي حاولت اقتحام الحدود الأسبوع الماضي .

ويكشف الفيديو أصوات إطلاق نار كثيف بين جهتين إحداهما في مبنى بمنطقة "عرعر" السعودية، حسب ناشري الفيديو، بينما يتم التصوير من على بُعد الاشتباكات التي تمت بين الطرفين، ويظهر بجوار المصور السيارات التي تشتهر بيها قوات تنظيم الدولة الإسلامية المعروف إعلاميًا بـ "داعش" وهي تطلق النار على المبنى

https://translate.google.fr/?oe=utf-8&ie=UTF-8&hl=fr&client=tw-ob#ar/en/
.


rassd.com
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Idriss le Lun 19 Jan - 20:59

En Syrie, Israël frappe le Hezbollah à la tête
Aude MARCOVITCH 19 janvier 2015

Golan. Jihad Moughnieh, fils de haut combattant libanais ayant repris le flambeau, a été tué lundi.

Attaque contre un convoi de membres du Hezbollah libanais et de Gardiens de la révolution iranienne sur le plateau du Golan, près de la ville syrienne de Quneitra. Selon des médias libanais, syriens et iraniens, un hélicoptère israélien aurait tiré deux missiles contre trois véhicules près de la frontière israélo-syrienne. Douze combattants ont été tués, la moitié iraniens, l’autre libanais.

Spoiler:
Exemple. Parmi eux, Jihad Moughnieh, un des fils d’Imad Moughnieh, haut commandant du Hezbollah lui-même éliminé il y a sept ans. Recherché par les Etats-Unis qui l’accusaient notamment d’être l’un des instigateurs de l’attaque contre l’ambassade américaine à Beyrouth en 1983, pourchassé par l’Etat hébreu pour l’attentat contre l’ambassade israélienne à Buenos Aires en 1992, il a été tué en 2008 à Damas dans l’explosion de sa voiture. Une action sans doute commise par les services de l’Etat hébreu. Le fils Jihad a suivi l’exemple paternel et a récemment été nommé à la tête de la division du Hezbollah sur le Golan syrien. Un autre commandant du Hezbollah, Mohammad Issa, responsable du dossier Irak-Syrie, aurait également été tué dans l’attaque de lundi.

Depuis le début de la guerre en Syrie, Israël a bombardé à plusieurs reprises des cibles militaires sur le territoire de son voisin du Nord. Mais, jusqu’ici, les frappes ont essentiellement touché des dépôts de munitions ou des convois s’apprêtant à transférer des armes vers le Liban.

L’attaque de lundi survient quelques jours après un discours du leader du parti islamiste libanais, Hassan Nasrallah, où il a annoncé pour la première fois que son mouvement possédait des missiles iraniens Fateh-110 capables d’atteindre tout le territoire israélien. Il a aussi mis en garde contre des frappes en Syrie qui pourraient entraîner des ripostes de l’«Axe de la résistance» (Syrie, Iran, Hezbollah).

Elections. Pourquoi Israël a-t-il choisi de frapper ces hommes maintenant ? Sur le plan sécuritaire, la volonté de mettre un frein à l’extension des activités du Hezbollah sur le Golan pourrait être couplée à un désir d’envoyer un message d’avertissement à Nasrallah. Mais l’attaque a eu lieu peu avant les élections israéliennes prévues mi-mars. Certains y voient la volonté du ministre de la Défense, Moshe Ya’alon, de montrer qui a la main sur les affaires militaires. Il a affirmé dans une interview que si les deux politiques de centre gauche Isaac Herzog et Tzipi Livni étaient au pouvoir, «ils ne sauraient pas gérer la menace iranienne».
De notre correspondante à Tel-Aviv Aude Marcovitch
Source: Libération.
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Nicolasticot le Lun 19 Jan - 21:35

Idriss a écrit: Affrontement entre daech et l'armée saoudienne ...
Au passage , l'Arabie-saoudite est en train de construire une grande muraille de 900 kilomètres pour se protéger de daech, elle ira de la Jordanie au koweït  :

http://www.itele.fr/monde/video/larabie-saoudite-construit-un-mur-de-950-km-pour-se-proteger-de-lei-108376
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  -Ren- le Lun 19 Jan - 21:42

Idriss a écrit:Il y a bien un sujet printemps arabes avec des sous sujets Egyptes....etc

Mais difcile de séparer Syrie Irak Liban Israël Palestine...etc d'où l'ouverture de ce topic pour avoir une vue d'ensemble
Et puis, de toute façon, nous ne sommes plus dans l'esprit de ces "printemps" depuis bien longtemps... Tu as eu raison :jap:

_________________
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Mar 20 Jan - 1:16

Extrais d'un article qui rappelle quelques faits bon a connaitre sur la situation au moyen orient, notamment celle des journalistes de la bas (puisque cest d'actualité)
Depuis les attentats meurtriers du 7 janvier 2015, les médias occidentaux, en particulier les médias québécois, clament d’une manière très ethnocentrique que « la planète est en deuil » et pleure la mort des journalistes français. Cet événement tragique doit être condamné, mais il doit être examiné dans un contexte approprié. Dans les pays où la France a bombardé des civils, par le biais de l’OTAN et des invasions militaires menées par les États-Unis, et là où des terroristes soutenus par l’Occident tuent des civils innocents (Libye, Syrie), les populations vivent constamment le deuil de leurs proches. Ces décès ne sont cependant pas signalés. Le monde occidental n’est pas « la planète » et « tout le monde n’est pas Charlie », contrairement à ce que les médias nous portent à croire

Lors de la dernière attaque contre Gaza, 17* journalistes palestiniens ont été tués par l’armée israélienne. Ces journalistes ont été tués dans le but de supprimer la vérité concernant les atrocités israéliennes. On n’a vu nulle part des journalistes occidentaux tenant des affiches de solidarité.

Avant les décapitations de James Foley et Steven Sotloff, des dizaines de journalistes ont été tués en Syrie par des terroristes armés, entraînés et financés par des pays de l’OTAN et leurs alliés antidémocratiques comme l’Arabie saoudite. Des centaines de civils ont également été décapités bien avant eux, environ 200 dans un seul village, selon un rapport de Human Rights Watch.

L’indignation a cependant été réservée aux journalistes occidentaux décapités.

La guerre en Syrie a été très meurtrière pour les journalistes : 153 morts, selon certaines estimations, et ce grâce au terrorisme appuyé par l’OTAN. Là encore, aucun journaliste occidental brandissant des pancartes de compassion pour les journalistes syriens en vue.

Le pays le plus meurtrier dans le monde pour les journalistes a toutefois été l’Irak durant l’occupation des États-Unis. Selon le Comité de protection des journalistes (CPJ):

La guerre menée par les États-Unis en Irak a coûté la vie d’un nombre record de journalistes et a remis en question certaines perceptions répandues sur les risques de la couverture des conflits. Par exemple, plus de journalistes ont été tués dans des assassinats ciblés en Irak que dans des circonstances liées au combat [...]

Selon des recherches du CPJ, au moins 150 journalistes et 54 travailleurs de soutien ont été tués en Irak à la suite de l’invasion étasunienne, de mars 2003 à la fin déclarée de la guerre en décembre 2011.

Les décès en Irak dépassent de loin tout autre bilan documenté pour la presse en temps de guerre. Le CPJ, fondé en 1981, a enregistré la mort de 58 journalistes au cours de la guerre civile algérienne de 1993 à 1996, 54 autres décès dans la guerre civile non déclarée en Colombie, qui a commencé en 1986, et 36 décès dans le conflit des Balkans de 1991 à 1995 [...]

Des insurgés de tous acabits ont été responsables de la mort de 110 journalistes et de 47 travailleurs des médias en Irak. Les actions des forces étasuniennes, incluant des tirs provenant de points de contrôle et des frappes aériennes, ont entraîné la mort de 16 journalistes et de six travailleurs des médias. (Frank Smyth, Iraq war and news media: A look inside the death toll, Committee to Protect Journalists, 18 mars 2013)

Les chiffres du Tribunal BRussells concernant les meurtres de journalistes en Irak sont beaucoup plus élevés:

Selon les statistiques du Tribunal BRussells, au moins 404 professionnels des médias ont été tués en Irak depuis l’invasion étasunienne en 2003, parmi eux 374 Irakiens. L’impunité en Irak est bien pire que n’importe où ailleurs dans le monde. (Dirk Adriaensens, The Killing of Journalists in Iraq, BRussells Tribunal, 4 janvier 2014)
[...]
Julie Lévesque

Journaliste
Source:
http://www.mondialisation.ca/charlie-hebdo-le-terrorisme-des-etats-unis-et-de-lotan-est-le-plus-grand-meurtrier-de-journalistes-au-monde-3/5424553
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Jeu 22 Jan - 0:54

Un autre excelent article sur la siutation syrienne et ses impacts jusqua l'europe
Spoiler:
Euro-djihadistes en Syrie : pourquoi et que faire
Investig’Action – Michelcollon.info l’info décodée

Analyses et témoignages > Moyen-Orient > Euro-djihadistes en Syrie : pourquoi et que faire

Bahar Kimyongür
|

10 juin 2014

Les gouvernements occidentaux ont longtemps laissé faire les départs massifs vers la Syrie : ils considéraient les djihadistes comme un moindre mal et même souvent comme un allié stratégique. Nous vous offrons en exclusivité pour Investig’Action cette interview de Bahar Kimyongur, auteur de « Syriana, la conquête continue », assurément un des meilleurs connaisseurs européens de ce dossier…

Vous suivez de très près la problématique des départs des jeunes Belges vers la Syrie. Pourriez-vous nous dire pourquoi est-il si facile de se rendre dans ce pays.

Il n’est nul besoin d’un visa pour s’y rendre. Un billet d’avion jusqu’à la frontière turque suffit. Le reste se fait à pied ou en voiture. La frontière de 822 km qui sépare la Turquie de la Syrie n’existe plus. Par ailleurs, les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans la mobilisation sur le front syrien. Ils regorgent d’appel au djihad, au meurtre, au crime, au génocide, à l’invasion et à l’occupation de la Syrie décrétée terre sainte où doit s’ériger un Emirat islamique. Cette propagande trouve un large écho parmi la jeunesse musulmane d’Europe en perte de repères. En quelques mois à peine, la Syrie est devenue la terre d’émigration par excellence des guerriers de l’Islam conquérant, sectaire et excommunicateur. On y va désormais en famille. Ces émigrés fanatisés s’y installent pour y vivre définitivement comme si la Syrie leur appartenait. Les gouvernements occidentaux ont longtemps laissé faire ces départs massifs car ils considéraient les djihadistes comme un moindre mal voire comme un allié stratégique. L’hostilité de nos gouvernements envers Assad fabriquée et entretenue par les USA a conduit nos gouvernements à se dire : « Puisqu’Assad est le mal absolu, tout qui s’oppose à Assad est forcément meilleur » y compris les djihadistes les plus violents.

Les djihadistes et de nombreux intellectuels accusent les USA de protéger Assad contre Al Qaïda.

C’est absolument faux. Le gouvernement de Damas et Washington se sont toujours royalement détestés. Malgré son isolement, la Syrie est demeuré un carrefour des résistances à l’hégémonie US. Les combattants nationalistes irakiens ont été hébergés et appuyés par Damas après l’invasion de l’Irak en 2003. La Syrie défend bec et ongles les résistances libanaises et palestiniennes. Et la Syrie est le principal allié stratégique de l’Iran, le pire ennemi des USA et d’Israël. Il convient de rappeler que la Syrie est le berceau du panarabisme, une idéologie qui a toujours été perçue comme une menace fondamentale par les USA. La CIA a de tout temps soutenu les Frères musulmans, l’Arabie saoudite et même les mouvements djihadistes comme Al Qaïda pour détruire l’unité et la résistance arabe. De plus, la chute du régime Assad est au programme de Washington depuis toujours. L’ex-directeur de la CIA Leon Panetta a évoqué un changement de régime à Damas dès mars 2011 lors d’une réunion classée « top secret » qui s’est tenue en Turquie. Nous le savons grâce à un article du journal Sabah proche du régime d’Erdogan.

Il semblerait que la Turquie joue un rôle central dans la question

Certainement. La Turquie est le principal pays de transit des euro-djihadistes qui se rendent en Syrie. Elle est aussi leur base arrière. Le gouvernement AKP d’Erdogan entretient des relations amicales avec tous les groupes, y compris avec Daech. J’en tiens pour preuve le passage il y a quelques jours de 18 véhicules militaires turcs dans les zones contrôlées par le groupe terroriste. Le convoi militaire a pu pénétrer de 25 km dans les territoires syriens contrôlés par Daech pour assurer la sécurité du sanctuaire de Suleyman Shah, une enclave turque en Syrie située au bord de l’Euphrate.

Pour acheminer un tel convoi, Ankara a dû négocier un sauf-conduit auprès de l’Emir de Daech à Raqqa.

D’autre part, de l’aveu même du directeur du renseignement turc Hakan Fidan, 2.000 camions turcs remplis d’armes ont été envoyés à destination de groupes djihadistes syriens. Nous le savons grâce à la publication sur les réseaux sociaux de la bande son d’une réunion top secret de hauts responsables militaires turcs.

En réalité, le front anti-Assad du Nord ne pourrait exister sans l’arrivage massif d’armes et de munitions belges, américaines ou françaises convoyées depuis la Turquie. Ces armes proviennent pour la plupart des stocks de l’armée saoudienne, jordanienne, qatarie ou émiratie. La réexportation de ces armes est totalement illégale mais les pays fournisseurs comme la Belgique ferment les yeux.

Notons aussi qu’un djihadiste algérien dénommé Muhammad Bachir tombé aux mains de la police kurde syrienne à Afrin a révélé la semaine dernière l’emplacement de plusieurs bureaux de recrutement djihadistes en territoire turc.

Même Celalettin Lekesiz, le gouverneur de la province frontalière de Hatay, se plaint de l’afflux de djihadistes et de l’inaction du gouvernement en la matière dans un rapport transmis au Parlement il y a quelques jours. D’après la rumeur, Erdogan ne va pas tarder à limoger le gouverneur téméraire.

Combien y a-t-il de Belges engagés en Syrie ?

Les autorités belges avancent le chiffre de 150 concitoyens mobilisés en Syrie. Mais sur le terrain, les djihadistes belges parlent de près de 400 hommes. Une trentaine d’entre eux ont déjà été tués. Notre gouvernement sous-estime gravement le phénomène. Chaque nouveau départ incite d’autres jeunes à partir. Tant que la guerre et le chaos se poursuivront en Syrie, nul ne pourra endiguer le flux de candidats au djihad.

Quel est le profil des jeunes Belges en Syrie ?

Certains Belges ont souffert d’un déficit affectif à cause d’un divorce parental, d’une rupture amoureuse, d’un défaut physique, d’un échec scolaire ou professionnel. Ils partent sur un coup de tête.

D’autres, à priori plus politisés, sont profondément dégoûtés par notre société consumériste où tout est monnayable, tout est jetable, y compris l’amour et l’amitié.

Mais à cause de l’influence grandissante des sectes réactionnaires, plutôt que d’adhérer à des causes humanistes, progressistes, plutôt que de défendre l’égalité citoyenne et de cultiver l’altérité, ils combattent dans un esprit de revanche et rêvent de devenir les nouveaux oppresseurs, les nouveaux seigneurs. Ils sombrent dans la religion comme on tombe dans l’héroïne.

Il semble difficile d’en sortir vivant.

C’est exact. Nous sommes en présence de sectes fanatiques qui exaltent la mort. Leur interprétation de la religion est violente et inquisitrice. Leur dieu est cruel et vengeur à l’image des chefs. Il est loin du dieu « clément et miséricordieux » vénéré par l’écrasante majorité des musulmans.

L’obligation de prêter allégeance à l’émir ôte toute possibilité d’expression d’une critique ou d’un désaccord.

Pensez-vous que l’islamophobie joue un rôle dans la mobilisation des jeunes musulmans belges ?

L’islamophobie peut jouer le rôle de déclencheur et motiver une montée de la radicalisation de nos jeunes. Mais aucun acte islamophobe perpétré en Belgique ne peut justifier les atrocités commises par les Belges en Syrie.

Je suis moi-même victime d’islamophobie en raison de mon nom et de mes origines mais je ne vais pas pour autant massacrer des Syriens. L’écrasante majorité des Belges en Syrie combattent sous la bannière de l’Etat islamique d’Irak et du Levant, alias Daech. Ce mouvement djihadiste passe son temps à massacrer des musulmans. On devrait le considérer à ce titre comme un mouvement islamophobe puisqu’il extermine méthodiquement les musulmans de Syrie qu’ils soient alaouites, chiites ou sunnites.

En réalité, pour de nombreux jeunes Européens qui combattent en Syrie, l’Islam n’est qu’un prétexte de même que le drame vécu par les Syriens. La Syrie est devenue un stand de tir à ciel ouvert, une zone de non-droit, un défouloir. Nos jeunes y laissent éclater leurs pulsions les plus violentes sous couvert de religion et en prétextant que le gouvernement de Damas est oppresseur. Ils se comportent comme des voyous sans foi ni loi. Sur son compte Facebook et dans une vidéo, un Belge rêve de participer au « grand braquage de Damas ». Non seulement, nos compatriotes commettent des atrocités mais en plus ils affichent fièrement leurs faits d’armes.

Voyez-vous un changement d’attitude dans le chef des responsables occidentaux à l’égard des euro-djihadistes.

Il a fallu que des journalistes français soient enlevés et maltraités par des geôliers français pour que l’Etat français décide de prendre des mesures d’urgence. Si les services secrets européens bougent, c’est parce qu’ils sont en alerte face au retour de leurs concitoyens djihadistes. Ce retour de flamme était totalement prévisible. Qui joue avec le feu…

Que peut-on faire pour endiguer la radicalisation sectaire de nos jeunes ?

Je pense que nous devons mener la bataille des idées, réfuter les thèses fascistes et suprématistes d’Al Qaïda et des groupes dérivés. Nous devons débattre avec les jeunes, développer une contre-propagande sur les réseaux sociaux et promouvoir l’Islam de la science et de la lumière. Les musulmans d’Europe doivent être le fer de lance de cette résistance idéologique. Les textes dits « sacrés » sont contradictoires mais ils contiennent une batterie d’arguments déconstruisant la mythologie djihadiste. Dans cette tâche, les musulmans savants seront sans doute plus écoutés que les individus et les institutions taxés d’« impies ».

Comment devrions-nous traiter avec les djihadistes qui sont de retour en Belgique ?

Nul ne peut fermer les yeux sur les crimes que nos concitoyens ont commis contre le peuple syrien. Un meurtre commis par un Belge doit être puni quand bien même ce crime a été commis en Syrie. Cela dit, la répression n’a jamais été un remède. Les projets d’investissement sociaux dans l’emploi, l’éducation et le logement peuvent résorber le problème en amont.

Mais les « returnees » comme on les appelle doivent impérativement suivre un programme de déradicalisation comme on suit des séances de désintoxication. Là encore, les savants musulmans d’Europe ont un rôle crucial à jouer. La réfutation les thèses délirantes des sectes djihadistes doit se faire sur tous les fronts : à la mosquée, sur le Net, dans la rue et même à domicile.

Bahar Kimyongur est auteur de « Syriana, la conquête continue », Ed. Couleur Livres & Investig’action, 2011 et porte-parole du Comité contre l’ingérence en Syrie (CIS)

Source : Investig’Action
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Idriss le Jeu 29 Jan - 20:23

Deux soldats israéliens tués dans une attaque du Hezbollah   28/01/2015

Deux soldats israéliens ont été tués mercredi matin à la frontière nord de l'Etat hébreu, lors d'une série d'attaques lancées depuis le Liban et revendiquées par le Hezbollah. Sept soldats israéliens ont également été blessés. Tsahal a immédiatement répliqué par «une combinaison de frappes aériennes et terrestres contre des positions de la milice chiite», selon le porte-parole de l'armée. Un casque bleu espagnol a été tué dans cet échange de tirs.

Pour mémoire:
En Syrie, Israël frappe le Hezbollah à la tête
Aude MARCOVITCH 19 janvier 2015

Golan. Jihad Moughnieh, fils de haut combattant libanais ayant repris le flambeau, a été tué lundi.

Attaque contre un convoi de membres du Hezbollah libanais et de Gardiens de la révolution iranienne sur le plateau du Golan, près de la ville syrienne de Quneitra. Selon des médias libanais, syriens et iraniens, un hélicoptère israélien aurait tiré deux missiles contre trois véhicules près de la frontière israélo-syrienne. Douze combattants ont été tués, la moitié iraniens, l’autre libanais.
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Ven 30 Jan - 1:58


Escalade au nord: Madrid blâme Israël pour la mort du casque bleu espagnol
L'Espagne a affirmé mercredi à New York que le casque bleu espagnol mort au cours de violences dans le sud du Liban avait été tué par un tir israélien. [...]"Il est clair que c'est à cause de l'escalade des violences venue du côté israélien", a déclaré à des journalistes l'ambassadeur d'Espagne à l'ONU, Roman Oyarzun. [..]Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a convoqué son cabinet de sécurité en urgence mercredi soir et a réagi en mettant en garde le Hezbollah. Il a également averti que l'armée était prête à agir avec force sur tous les fronts.
"Ceux qui sont derrière l'attaque d'aujourd'hui payeront le prix fort", a-t-il déclaré attribuant la responsabilité au Hezbollah mais aussi au régime de Bachar al-Assad en Syrie et au gouvernement libanais.

Selon un médiateur de la FINUL mercredi soir, le Hezbollah ne serait pas interessé dans une escalade de la violence.

http://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/59210-150128-israel-attaque-des-cibles-de-l-armee-syrienne-liees-au-hezbollah
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Ven 30 Jan - 6:12

Il y a quelque mois j'avais poster une video  qui mettais en relief les liens entre israel et les groupes islamites, sur ce meme site. A lepoque on sinterogait sur la fiablilté des sources. L'info est maintenant confirmer dans un journal "mainsream" (liberation), ayant comme source l'ONU :

Les rebelles syriens en contact avec Tsahal

Les forces de l’ONU postées sur le plateau du Golan ont observé un dialogue et des transferts de matériel. Silence et embarras. Habituellement prompts à saisir la balle au bond - surtout lorsqu’ils sont en campagne électorale -, les responsables israéliens ne réagissent pas à la publication de plusieurs rapports rédigés par la Fnuod (une force de Casques bleus stationnée sur le plateau du Golan depuis 1974) décrivant la situation sur le terrain. Car ces documents confirment que des officiers de l’Etat hébreu entretiennent des contacts suivis avec certains des groupes rebelles combattant le régime d’Al-Assad. Parmi lesquels des islamistes du Front al-Nusra, la branche syrienne d’Al-Qaeda.

Soins. Certes, depuis 2013, la porte-parole de Tsahal publie régulièrement des communiqués affirmant que des civils et des rebelles syriens blessés sont hospitalisés de l’autre côté de la ligne de démarcation. A partir de 2014, Israël a d’ailleurs autorisé plusieurs équipes de télévision à interviewer ces personnes - uniquement des civils - et à filmer une partie des soins qui leur étaient prodigués dans les hôpitaux de Haïfa, de Tibériade et de Safed.

Mais les rapports de la Fnuod adressés aux quinze membres du Conseil de sécurité sont d’une autre facture que cette opération de propagande : ils révèlent que les rencontres entre militaires israéliens et rebelles syriens sont quasi quotidiennes depuis au moins dix-huit mois. Ces notes d’observation démontrent qu’un dialogue s’est instauré entre les deux parties le long de la ligne de séparation entre la Syrie et la partie du Golan occupée par Israël. Du 1er mars au 31 mai 2014, les Casques bleus ont ainsi comptabilisé 59 réunions.

Dans la foulée, ils ont constaté qu’en certaines occasions, Tsahal transfère des caisses aux rebelles, comme ce fut le cas le 10 juin. Que contenaient-elles ? Mystère. A deux occasions la Fnuod a aussi observé que des officiers israéliens faisaient pénétrer des rebelles en bon état de santé sur le territoire de l’Etat hébreu. Où se rendaient-ils ? Pour discuter avec qui ? Dans ce cas également, il n’y a pas de réponse. La majorité des contacts observés se sont déroulés à proximité d’un poste de la Fnuod surnommé «Point 85». Ce n’est plus le cas aujourd’hui puisque la situation militaire s’est dégradée sur le Golan et que les Casques bleus y sont moins présents depuis l’enlèvement de 45 d’entre eux par le Front al-Nusra entre le 28 août et le 10 septembre.

Rumeurs. Les médias contrôlés par le régime syrien accusent régulièrement les rebelles d’être «aux ordres de l’occupant sioniste». Dans les milieux israéliens du renseignement, des rumeurs selon lesquelles l’Etat hébreu aiderait certains groupes combattants de façon active circulent également depuis le début de la guerre civile syrienne. Des cours de formation et des livraisons d’armes ont parfois été évoqués, mais rien n’a jamais été démontré.

http://www.liberation.fr/monde/2014/12/07/les-rebelles-syriens-en-contact-avec-tsahal_1158866

Note : Il est etonant de constater que Jabhat Al Nusra est qualifier de "rebelles syriens". Alors que même pour Washington, c'est une "organisation terroriste". Mais il est vrai que Laurent Fabius avait déclaré que Jabhat al Nusra fasait "du bon boulot en Syrie", alors meme que groupe massacrait, sur des critères confessionnels, des centaines de civils! (voir cet article : http://www.silviacattori.net/article5225.html )
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Mer 4 Fév - 13:10

Irak : Daesh détruit plus de 2000 livres et manuscrits à Moussoul
terrorisme(2383)

03/02/2015 à 19:24 Par Samir HammaDiminuer la taille du texte  Augmenter la taille du texte  Imprimer  Envoyer  Partager cet article
L'État islamique contrôle Mossoul (nord de l'Irak) depuis le 10 juin 2014. L'État islamique contrôle Mossoul (nord de l'Irak) depuis le 10 juin 2014. © Welayat Salahuddin - AFP
Des centaines de manuscrits, des œuvres antiques et de vieux journaux ont été détruits et incendiés, courant janvier, par les combattants de l'organisation de l’État islamique (Daesh) à Mossoul en Irak, selon des témoins.
Plus de 2000 livres et manuscrits, datant pour certains de plus de 7 000 ans avant Jésus-Christ, ont été détruits dans la ville de Mossoul en Irak par l’organisation état islamique (Daesh), selon l'agence AP, qui s'appuie sur des témoignages d'habitants.
L’autodafé se serait déroulé courant janvier dans la Bibliothèque centrale de la ville que les combattants islamistes voulaient "assainir". Tout y est passé : livres de poésie, de philosophie, de santé, de sport, de sciences, cartes Ottomanes. Seuls les ouvrages jugés "islamiques" ont été épargnés.
Œuvres anti-islamiques
Selon un le témoignage d’un habitant, rapporté par AP,  un homme vêtu à l'afghane a harangué la foule en affirmant que ces livres appelaient "à la désobéissance envers Dieu" et qu’ils devaient "être brûlés". Les assaillants auraient ensuite mis le feu aux documents devant une foule d’étudiants impassibles.
D’autres bibliothèques publiques ont été détruites par les islamistes, témoigne un professeur d’histoire de l’Université de Mossoul interrogé par le site Géopolis. Les préjudices touchent "les archives d’une bibliothèque sunnite, celle de l’Église latine et le monastère des Dominicains". Daesh "perçoit la culture, la civilisation et la science comme des ennemis féroces", estime quant à lui le député irakien Hakim Al Zamili.
>> Lire aussi : Al-Qaïda, Daesh, même jihad
Les bibliothèques de Mossoul avaient déjà été confrontées à ce type d’attaques. En 2003, suite à l’invasion américaine visant à déloger Saddam Hussein et en juin 2014 lorsque les jihadistes ont réussi à prendre le contrôle de la ville, de nombreux manuscrits avaient été volés et détruits.


Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Terrorisme | Irak : Daesh détruit plus de 2000 livres et manuscrits à Moussoul | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Lun 16 Fév - 4:41

l'horreur a maintenant un nom : "Etat islamique". Voila la nouvelle trouvaille des amis de Laurient Fabius (l'homme qui cest insurgé quon classe les "rebelle syrien" comme etant des "terroristes" parceque, je cite, "sur place, ils font du bon boulot" - elle est pas passé celle la!).
L'Etat Islamique a diffusé une nouvelle vidéo de propagande, où l'organisation terroriste parade avec dix-sept combattants kurdes. Ces derniers, exposés dans des cages et habillés avec des vêtements oranges, sont menacés d'être brûlés vifs, à l'instar du pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh.
Le cortège a traversé la ville pétrolière de Kirkouk, dans le nord de l'Irak, un territoire kurde. Il s'agirait d'une vengeance de la part de Daesh: au début du mois de février, les Kurdes de la région avaient traîné des corps de djihadistes de l'EI à travers les rues de la ville.

Dans la vidéo d'une durée de quatre minutes, les dix-sept otages apparaissent terrifiés, face aux cris de la foule qui les insulte et les hue. La crainte est désormais de les voir subir le même sort que le pilote jordanien lâchement brûlé vif il y a quelques semaines.
http://www.7sur7.be/7s7/fr/31902/La-menace-EI/article/detail/2218997/2015/02/15/L-EI-expose-des-Kurdes-dans-des-cages-Ils-seront-brules-vifs.dhtml

Apres ca, jespere que la petite fraction de la jeunesse musulmane francaise qui supporte ces fou finiront par se rendre compte de la folie meurtriere de leur "idole".
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Lun 16 Fév - 4:46

Totalement occulté par nos media, le peuple turkeme est une autre victime des conflits aux moyens orients :
No man’s land – Les Turkmènes coincés entre l’Etat islamique et les Kurdes
France-Irak Actualité

Analyses, informations et revue de presse. La situation en Irak, au Proche-Orient et du Golfe arabe à l’Atlantique.

No man’s land – Les Turkmènes coincés entre l’Etat islamique et les Kurdes

Publié par Gilles Munier
14 Février 2015,

Revue de presse : irinnews.org (13/2/15)*

KIRKOUK – Yahyawah est un camp boueux du sud-est de la ville irakienne de Kirkouk, coincé dans un no man’s land géopolitique entre la frontière du Kurdistan semi-autonome et la ligne de front du groupe qui se fait appeler État islamique (EI).

Ses résidents actuels, membres de l’importante minorité turkmène qui a fui la région de Tal Afar, à l’ouest de Mossoul, lors d’une offensive de l’EI en juin dernier, disent qu’ils se sentent bloqués. Ils ne peuvent pas rentrer chez eux, car leurs villages sont occupés par les djihadistes de l’EI, et l’entrée au Kurdistan leur est refusée. La proximité de l’EI entrave par ailleurs l’accès au reste de l’Irak.

Ils font partie d’un nombre croissant d’Irakiens accusant le Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) de refuser de les accueillir sur son territoire relativement sûr.

Wida Khadr Uthman a dit que son mari avait été tué lorsque des membres de l’EI ont attaqué son village. Depuis, cette mère de deux enfants âgée de 40 ans essaye de se rendre en Turquie via le Kurdistan, mais elle a dit qu’elle avait été refoulée à plusieurs reprises.

« C’est une question de politique. Il y a un poste de contrôle là-bas et ils ne nous aident pas », a-t-elle dit en pointant le doigt en direction de Kirkouk. « Je ne sais pas si nous sommes interdits d’entrée, mais ils ne nous laissent pas passer. ».

Hassan Issa a dit à IRIN qu’il avait essayé d’emmener Aaliyah, sa fille de quatre ans atteinte d’une malformation congénitale due à une accumulation de liquide dans le cerveau, à l’hôpital au Kurdistan, mais qu’il a lui aussi été refoulé à la frontière.

Il a dit que même s’ils ne pouvaient pas rester au Kurdistan, ils pourraient peut-être se rendre en Turquie pour que sa fille se fasse soigner.

« Ils ont peur que les Turkmènes soient membres de l’EI », a expliqué M. Issa, assis avec sa fille dans sa tente où l’air est confiné. Les résidents du camp ne veulent pas aller à Bagdad, car l’EI contrôle les villes de Samarra et Tikrit, qui se trouvent entre leur camp et la capitale, et ils ont peur que les routes soient trop dangereuses.

En août 2014, la ville d’Amerli, dans la région de Salaheddine, dont la plupart des 12 000 habitants sont des Turkmènes chiites, a été assiégée par l’EI pendant plus de deux mois avant que les forces de sécurité irakiennes viennent à la rescousse.

« Les Turkmènes n’ont pas eu de cadeaux […] et ont été abandonnés à leur sort », a dit à IRIN Christine Van Den Toorn, directrice de l’Institute for Regional and International Studies, de l’American University of Iraq à Souleimaniyé.

« En raison de la situation géographique des Turkmènes lors des attaques de [l’EI], la plupart n’ont pas vraiment été protégés. Les forces de sécurité irakiennes sont parties et les peshmergas kurdes ne pouvaient les protéger que jusqu’à un certain point », a-t-elle expliqué.

Mme Van den Toorn a dit ne pas avoir été surprise d’entendre que les Turkmènes avaient du mal à accéder au Kurdistan et a remarqué que les Kurdes reprochaient aux Turkmènes chiites d’avoir soutenu politiquement Bagdad – siège du gouvernement fédéral irakien à majorité chiite – après 2003.

« Les Kurdes peuvent bien dire qu’ils comptent des Turkmènes dans leur Parlement, mais les Kurdes et les Turkmènes refusent de se partager le pouvoir, il ne faut pas oublier qu’ils se disputent [la ville de] Tuz Khurmatu et qu’ils ne se font pas confiance », a-t-elle ajouté.

Les Turkmènes ne sont pas le seul groupe de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) à avoir du mal à entrer au Kurdistan.

Selon des rapports du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), les PDIP arabes sunnites ont elles aussi été refoulées à plusieurs postes de contrôle kurdes et certaines ont été expulsées de zones résidentielles kurdes.

« Plus de 20 familles de PDIP du gouvernorat de Diyala installées à Kirkouk ont été expulsées de chez elles et escortées jusqu’au poste-frontière de Kirkouk début janvier », est-il écrit dans un rapport publié le 30 janvier. L’article précise que ces familles vivaient à Kirkouk depuis 2006 et que ce même mois, 170 autres familles avaient été menacées d’expulsion.

Kirkouk est depuis longtemps source de tensions entre Erbil et Bagdad, qui se disputent la ville. Pendant le règne de Saddam Hussein, de nombreux Arabes ont été installés à Kirkouk dans le cadre d’un processus connu sous le nom d’arabisation. Mais depuis 2003, les Kurdes ont tenté de reprendre le contrôle de cette ville qu’ils appellent souvent leur « Jérusalem ».

L’avancée de l’EI a aidé les Kurdes en repoussant la police et les forces de sécurité irakiennes, ce qui a permis aux peshmergas, la force armée du GRK, de reprendre la main sur une plus grande partie de la ville. Les lignes de front demeurent cependant mouvantes et fin janvier des djihadistes de l’EI ont lancé une offensive surprise sur la ville et ses environs, donnant lieu à de violents affrontements.

Le GRK défend avec fierté sa politique frontalière stricte, affirmant devoir se protéger des violentes attaques qui déchirent le reste de l’Irak. Mais les organisations humanitaires s’inquiètent de voir des personnes vulnérables être refoulées, notamment sur des critères ethniques. [http://www.irinnews.org/fr/report/100381/les-pdip-du-kurdistan-soumis-%C3%A0-un-traitement-s%C3%A9lectif].

Les principes directeurs des Nations Unies relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays stipulent que tous les PDIP devraient pouvoir se déplacer librement dans leur pays, quelle que soit leur origine ethnique ou sociale. Mais, bien que le Kurdistan fasse partie de l’Irak, le GRK applique ses propres règles en matière de contrôle frontalier et d’accès..

Abdirahman Mohamad Issa, assistant-représentant des opérations du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Irak, a confirmé que certaines PDIP non kurdes avaient été refoulées aux postes de contrôle kurdes.

« La sécurité est une préoccupation majeure dans le contexte actuel », a-t-il dit à IRIN. « Je ne suis pas sûr que ce soit une politique officielle, mais [des PDIP] ont été refoulées à certains postes de contrôle.  »

M. Mohamad Issa a cependant souligné que le GRK avait été très généreux malgré ses ressources limitées.

Depuis début janvier 2014 jusqu’à la fin du mois dernier, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a identifié 2 255 148 PDIP réparties dans 2 412 localités différentes.

La province kurde de Dohuk accueille près d’un demi-million de PDIP et elles sont presque autant à Erbil et Souleimaniyé. La plupart vivent dans des camps ou dans des établissements informels.

Kirkouk compte plus de 330 000 PDIP venant de tout l’Irak. Un grand nombre d’entre elles viennent de la province d’Anbar, par laquelle des extrémistes affiliés à l’EI venant de Syrie sont entrés en Irak début 2014, attaquant d’abord les villes et villages de la région avant d’envahir Mossoul puis la région de Salaheddine.

Le camp de Yahyawah, mis sur pied par l’Agence turque de Gestion des Catastrophes et des Urgences (AFAD), accueille actuellement entre 780 et 1 700 personnes, selon les sources. Il a reçu du matériel du HCR et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), mais les résidents dépendent surtout de l’aide apportée par la population locale et c’est Ali Mahdi, du Front turkmène, un parti politique représentant la minorité, qui supervise son organisation.

Relié au réseau électrique, le camp compte quelques structures en dur, dont une laverie et un petit centre de santé maigrement approvisionné. La plupart des familles partagent cependant des tentes collectives, souvent faites de bâches en plastiques doublées de couvertures pour garder la chaleur.

Mohamed Wais Ali Rith, le maire turkmène de Laylan, une ville de 14 467 habitants proche du camp, a dit que ses habitants avaient apporté de la nourriture, de l’eau et des produits de première nécessité aux PDIP. Mais il a ajouté que sa ville ne pouvait pas faire plus et avait déjà son propre camp hébergeant près de 10 000 PDIP.

« Où iraient-ils ? » a demandé M. Rith. « Nous n’avons nulle part où les installer. »

Photo : Drapeau turkmène lors d’une manifestation

Titre original : No man’s land – Les Irakiens coincés entre l’EI et les Kurdes
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  -Ren- le Lun 16 Fév - 6:36

Musashi974 a écrit:Laurient Fabius (l'homme qui cest insurgé quon classe les "rebelle syrien" comme etant des "terroristes" parceque, je cite, "sur place, ils font du bon boulot" - elle est pas passé celle la!)
...c'est le même qui dit qu'il n'y a pas de nazis en Ukraine et que le Qatar ne finance pas le terrorisme, donc...

Merci pour les infos sur les turkmènes, en effet, je n'en avais pas entendu parler :(

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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Mar 17 Fév - 5:41

Merci pour les infos sur les turkmènes
De rien :poucevert: Un autre reportage qui permet de mieux connaitre se peuple et resume bien leur situation actuel sans ce conflit complexe.
http://www.mondialisation.ca/irak-la-tragedie-des-turkmenes-chiites/5389541

Irak : La tragédie des Turkmènes chiites

Assassinats, enlèvements avec demande de rançon, villages incendiés, déplacement forcés, lieux de culte détruits… Depuis la chute de Mossoul et la montée en puissance de Daash dans les provinces de Ninive, Salaheddine et Diyala, les Turkmènes chiites des villes et villages bordant les territoires –hier disputés - aujourd’hui occupés par les Kurdes, vivent un véritable calvaire dans l’indifférence quasi générale.

En Occident, le sort des Turkmènes irakiens n’intéresse malheureusement pas les bonnes âmes. Peu de gens connaissent leur histoire (1). A peine sait-on qu’ils existent… Et, quand c’est le cas, on les prend souvent pour des Turcs.

Il faut savoir qu’en Irak, les Turkmènes – appelés aussi Turcomans – sont le 3ème groupe ethnique du pays et pas qu’un peu puisqu’ils sont près de 3 millions, soit 12% de la population. Au plan religieux, ils se divisent en sunnites (60%) et chiites (40%). On compte aussi parmi eux quelques chrétiens.

Il y a encore 50 ans, les Turkmènes constituaient la majorité des habitants de Kirkouk – englobée depuis la prise de Mossoul dans la Région autonome du Kurdistan irakien - et se répartissaient entre Dohouk à la frontière irako-turque et Mandali à la frontière irako-iranienne dans une myriade de bourgades aux noms à consonances turkiks : Altun Köprü, Tazeh, Tavuk, Beshir, Tuz Khurmatu, Kara Tepe, Kefri, Khanaqin.

La ville d’Erbil, capitale du Kurdistan irakien, était jadis une ville turkmène. Tel Afar, entre Mossoul et la frontière syrienne l’est encore, mais pour combien de temps ?

Depuis le renversement de Saddam Hussein en 2003, Tuz Khurmatu et Tel Afar ont été victimes de nombreux attentats sauvages revendiqués d’abord par Al-Qaïda au Pays des deux fleuves (ou Al Qaïda en Irak – AQI) puis par l’Etat islamique en Irak (EII). Motifs : les Turkmènes qui y résident, pour la plupart chiites (2), sont considérés par les salafistes locaux comme des apostats, des agents du régime de Bagdad, voire des safawides – au sens strict du terme (terme péjoratif désignant les chiites liés à l’Iran), donc voués à la mort. De plus, des attentats inexpliqués sont à porter au compte des services secrets kurdes, dont les dirigeants cherchent à annexer les riches terres agricoles turkmènes ou leur sous-sol potentiellement gorgé de pétrole. Pour ce qui concerne Tuz Khurmatu, c’est désormais chose faite.

Restait Tel Afar et des dizaines de village à la merci des djihadistes de Daash. A Beshir - 15 km au sud de Kirkouk – après quelques échanges de tirs, les villageois se sont enfuis à l’arrivée des véhicules blindés de Daash et se sont réfugiés à Tazeh, ville turkmène la plus proche, sous la protection de peshmerga arrivés en renfort. Bilan : 15 morts au moins dont les corps ont été rendus par les assaillants, des disparus, de nombreux blessés. Le village est en partie brulé.

Initiative impensable avant la prise de Mossoul : des chefs de tribus turkmènes – chiites et sunnites – de Tel Afar, ville de plus de 500 000 habitants (à 70% turkmène) prise par les « insurgés » après de violents combats, sont allés à Erbil demander la protection des peshmerga (3).

Face à cette situation dramatique et qui va perdurer, les Turkmènes sunnites et chiites se sont organisés en milices armées (4). Ils ont appelé la Turquie à l’aide. Pour l’instant, Recep Tayyip Erdogan, en campagne pour l’élection présidentielle et qui négocie parallèlement la libération du consul de Turquie à Mossoul et des camionneurs turcs pris en otages, ne parle que de l’envoi d’une aide humanitaire. C’est peu, mais mieux que rien… Kemal Beyatli, président de la Fédération des associations turkmènes, à Istanbul, regrette qu’il n’en fasse pas plus : « nous ne recevons d’armes de personne : les Américains ne nous en donnent pas parce que les Turkmènes ne font pas partie de leur projet régional, Israël n’en donne pas parce que leurs alliés sont les Kurdes, l’Iran ne soutient que ses alliés chiites, et la Turquie dit ” si on vous donne des armes, on se retrouvera entraînés dans des problèmes. Ainsi nous, Turkmènes, nous sommes et nous avons toujours été perdants » (5). Comme en écho, Erdogan lui a répondu, lors d’une réunion de son parti, l’AKP (Parti pour la justice et le développement) : « Nous sommes prêts à affronter tous les scénarios possibles. Nous prenons toutes les précautions pour ne pas mettre en danger nos 80 citoyens turcs enlevés et nos frères Turkmènes » (6). Attendons la suite, mais il y a urgence.

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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Mar 17 Fév - 5:51

Lorsquon parle des conflits du moyen orient, on parle souvent, actuelement, de la syrie, d'israel, et de la palestine, et dans une moindre mesure, du liban, car cest dans ces pays que la guerre eclate (enfn surtout en syrie) . Mais n'oublions pas d'autre pays plus ou moins impliqué de maniere indirecte dans ces conflits :  l'Arablie saoudite, les usa, la turquie, l'europe ( france en tete) et enfin, l'Iran, sans doute actuelement le pays le plus stable de la region et aussi, l'un des plus influent et des plus puissant, (avec israel)  d'un point de vu militaire, culturele et econnomique.

Justement qu'en  est il de ce pays meconnu ? Est ce, comme il est souvent dépeins en occident, un pays "terroriste" composé et gouverner par des fanatiques comparable a l'Arabie Saoudite ? Ou bien est ce la des clichés grossier, qui cache une autre vérité sur ce pays ?

Voici donc un reportage, sur l'iran, bien documenter, et plutot passionant, qui aborde ce grand pays loins des cliché, dans toute sa complexité et ses paradoxe (et cest aussi un reportage qui prouve quil existe encore des journaliste digne de ce nom a la tv!). Les questions d'actualité comme les question religieuse y sont abordé (avec notament une interview du representant des chretiens d'iran, au nombre de 250 000 la bas)
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Sam 28 Fév - 18:17

Le député UMP Jacques Myard est l'un des quatre parlementaires à s'être rendus à Damas. Pour lui, seule une solution politique et le rapprochement avec le président syrien permettront de vaincre Daech. Il sexplique :
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  rosarum le Sam 28 Fév - 18:36

Musashi974 a écrit:Le député UMP Jacques Myard est l'un des quatre parlementaires à s'être rendus à Damas. Pour lui, seule une solution politique et le rapprochement avec le président syrien permettront de vaincre Daech.

bachar al assad a été reçu avec les honneurs un certain 14 juillet par N Sarkozy

ensuite il est devenu l'homme à abattre

au point où nous en sommes, on n'est plus à un retournement de veste près si cela peut mettre fin au conflit. (mais c'est Poutine qui va bien s'amuser, en ce moment il marque des points sur tous les fronts)
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Jeu 5 Mar - 12:32

au point où nous en sommes, on n'est plus à un retournement de veste près si cela peut mettre fin au conflit.

Plus le choix : si Bachard part, les islamsite prenne le pouvoir et cest la destruction total de la syrie et du moyen orient.


Plusieurs tonnes de nourriture saoudienne auraient ainsi été découvertes dans des caches de Daech dans la ville de Tikrit. Une découverte faite par les forces armées irakiennes lorsqu’elles ont repris le contrôle de la ville.

Selon le journal FarsNews, les forces armées irakiennes, soutenues par des milices citoyennes, étaient en pleine opération de nettoyage dans plusieurs zones proches de Tikrit lorsqu’ils ont découvert plusieurs tonnes de provisions et de fruits secs envoyées par l’Arabie saoudite dans les caches de Daech.

Chaque paquet portait une étiquette où on pouvait lire : « Saudi Arabia Kingdom of Humanity, Emergency Relief Aid for the Needy » (Royaume de l’Humanité, Arabie saoudite, provisions humanitaires pour les nécessiteux).



En janvier, Hussein al-Ramahi, directeur de la commission politique des brigades du Hezbollah en Irak, avait révélé que ses soldats avaient découvert des approvisionnements en armes et en munition dans des zones reprises aux takfiristes, ajoutant que ces réapprovisionnements avaient été largués par des avions non identifiés aux terroristes takfiristes.

Les forces populaires et l’armée irakienne ont découvert des approvisionnements d’armes et de munitions dans les régions précédemment sous contrôle de Daech.
Hussein al-Ramahi, directeur de la commission politique des brigades du Hezbollah en Irak, interrogé par l'agence FarsNews
Il avait notamment rappelé que des avions non identifiés avaient livré ces armes à Daech en collaboration avec les États-Unis.

« Nous avons découvert des caisses qui contenaient des armes et des munitions, toutes porteuses d’étiquettes et de noms saoudiens… », avait-il ajouté.
http://english.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13931210001428
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Roque le Jeu 5 Mar - 14:21

Musashi974 a écrit:
au point où nous en sommes, on n'est plus à un retournement de veste près si cela peut mettre fin au conflit.

Plus le choix : si Bachard part, les islamistes prennent le pouvoir et c'est la destruction total de la Syrie et du moyen orient.
Je suis d'accord - un peu à contrecœur il faut l'avouer. Mais cette politique " réaliste " semble la moins pire à court et moyen terme.

L'ingérence permanente au nom des " droits de l'homme " (avec en prime : la " culture " libéro-libertaire genre " bobo branché ") a des limites graves qui n'ont pas encore été suffisamment dénoncées. La limite la plus évidente est qu'elle n'a rien à voir ni avec la volonté populaire, ni avec le bien commun des pays auxquels elle s'applique. Cette ingérence n'a pas grand chose à voir avec une quelconque rectitude morale et humaniste - mais c'est seulement la preuve d'une hégémonie économico-militaire avec une volonté d'emprise sans cesse grandissante (USA, Europe, etc ...).

Roque

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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Mer 11 Mar - 5:01

Ancien ambassadeur français en Mauritanie, au Soudan et au Zimbabwe, l’écrivain Michel Raimbaud* vient de publier « Tempête sur le Grand Moyen-Orient », un ouvrage qui s’annonce déjà comme un classique de la géopolitique moyen-orientale et eurasienne. Il revient sur ce projet élaboré par les néoconservateurs américains qui a non seulement déstabilisé le monde arabo-musulman, reconfiguré les relations internationales, mais fait désormais des vagues jusqu’en Europe, avec la violence qu’on connaît. Il nous parle du moyen orient, principalement, mais aussi l'ukraine, le soudan, la lybie...

Spoiler:
Il suffit de voir autour de soi. La maxime s’applique à ce qu’on appelle le « pouvoir profond »… On ne peut pas critiquer certaines catégories de personnes et les sujets qui vont avec, dont ceux que je traite dans ce livre. Ce sont ces sujets sensibles.Vous avez placé en épigraphe de votre livre cette citation de Voltaire : « Pour savoir qui vous dirige vraiment, il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer. » De qui parlez-vous ? Vous dites que l’expression « printemps arabe » n’est pas un concept arabe, mais occidental. Le nouveau président tunisien l’a confirmé. Est-ce cela qui explique ce qui s’est passé dans le monde arabe ?
Tout à fait. La naissance de ce concept est le fait d’intellectuels et de journalistes français. Il se réfère aux printemps démocratiques, celui de 1848 qui a tenté de bousculer les vieilles monarchies européennes vermoulues, le printemps de Prague en 1968, Mai-68 en France… Cette assimilation historique est un peu hâtive. Sans compter qu’en Tunisie, le printemps du jasmin, c’était en hiver !

Vous n’avez pas de mots assez durs pour évoquer le printemps arabe : « Une appellation plutôt usurpée pour une saison sinistre n’ayant guère d’arabe, à part le nom, qu’une vague façade en carton-pâte derrière laquelle se tapissent un fanatisme islamiste de la pire espèce, des pompes à finances wahhabites inépuisables », etc. Et j’en passe…
Je le pense depuis le début. Tous les pays arabes ont été touchés sauf les monarchies. Le Bahreïn est une exception à cause de sa « minorité » chiite qui constitue plus de 70 % de la population. Au Yémen, on a découvert à l’occasion de la guerre civile qu’il existe une minorité chiite, les zaydites, représentant 40 % de la population. Il y a des chiites cachés en Turquie, il en existe aussi au Pakistan, entre 20 % et 25 % de la population.
Qu’entendez-vous par un Grand Moyen-Orient situé entre l’empire atlantique et l’Eurasie ? Peut-on encore parler, à propos de l’Otan, d’un empire ? Quant à l’Eurasie, elle est encore embryonnaire. N’est-ce pas une anticipation ?

Oui c’est une anticipation. L’expression du Grand Moyen-Orient elle-même est de George Bush. Ce n’est plus un Moyen-Orient dans la mesure où il va de la Méditerranée à la Chine centrale. L’Eurasie est en gestation, certes, mais le changement se produit sous nos yeux. Les Brics sont en formation, surtout son noyau euro-asiatique. Cet ensemble a de l’avenir.
Mais le Grand Moyen-Orient n’est-il pas une vue de l’esprit ? On a l’impression, plutôt, d’un monde éclaté…
C’est le monde arabo-musulman d’aujourd’hui qui est éclaté. L’expression Grand Moyen-Orient est concise et couvre une vaste région. L’empire Atlantique se place face au bloc euro-asiatique. Ces blocs existent déjà et le deuxième est en voie d’organisation.

Comment expliquer que le mal nommé « printemps » ait pu réveiller la guerre froide ? Et que la Russie et la Chine se soient liguées pour contrer ce projet ?
Cette opposition russo-chinoise est une grande première. Jusqu’en 1991, le monde est bipolaire avec, entre les deux blocs, une Chine qui trouble un peu le jeu. Au milieu se trouvent les pays non-alignés, terre de mission pour les deux camps. En 1991, à la chute de l’URSS, on a cru en l’avènement du monde multipolaire. Ce n’était pas vrai : ce que l’on a vu, c’est l’avènement du monde unipolaire, le monde américain. L’Occident va alors pouvoir gouverner au nom de la « communauté internationale », sans opposition, pendant vingt ans, jusqu’en 2011. Puis il va s’évanouir avec les crises de la Libye et de la Syrie. Tout capote avec ces pays, et nulle part ailleurs.
La Chine va se joindre à la Russie lors de la guerre de Libye, le vrai point de rupture. Auparavant, les deux pays avaient été mis en condition pour accepter la résolution 1973, avec l’idée qu’il fallait protéger la population civile. C’est la mise en œuvre de cette résolution qui a fait déborder le vase. Ils se sont rendu compte qu’ils avaient été bernés, et qu’ils avaient fait une erreur en s’abstenant.
Les bombardements commencent le lendemain de l’adoption de la résolution des Nations unies. L’Otan, qui n’y était mentionnée nulle part, entre en guerre, bombarde tout, démolit tout. En toute illégalité. Si on regarde le chapitre 7 de la charte des Nations unies, on constate que toutes les dispositions qui encadrent les interventions ont été violées. Y compris celles au prétexte humanitaire. Pour la Chine et la Russie, il n’y aura plus jamais de résolutions à la libyenne. Elles s’opposent six mois plus tard à la résolution sur la Syrie, apposant quatre fois leur veto. Je ne comprends pas que les Occidentaux n’aient pas compris que la Russie et la Chine ne rejoindraient plus jamais la fameuse communauté internationale pour ce genre d’aventures.

La Syrie est donc fondatrice de la nouvelle donne internationale…
C’est l’épicentre d’un conflit global qui dure depuis quatre ans. Si le gouvernement légal de la Syrie était tombé comme les autres auparavant, ou si le régime avait été renversé comme celui de Kadhafi, il y aurait eu d’autres printemps arabes. Mais la Syrie en a été le coup d’arrêt. Les Russes ne voulaient pas tant soutenir la Syrie, mais ils y ont trouvé un partenaire, un point d’ancrage solide. Avant l’Ukraine… Ils ont cultivé l’alliance et rameuté les Bric autour d’eux, à commencer par la Chine. Quatre vetos sur la Syrie : la Chine garde un profil discret, mais ferme. Impressionnant. Au summum de la crise sur les armes chimiques en Syrie, en 2013, il y avait certes les gesticulations russes et américaines, mais il y avait aussi des navires de guerre chinois au large des côtes syriennes. C’est une première et cela devrait faire réfléchir les Occidentaux.

Pourquoi l’Occident séculier soutient-il des mouvements islamistes qu’il combat chez lui ?

Par absence de logique. À ce propos, il faut distinguer les États-Unis et ses alliés au Conseil de sécurité, qui ont des traditions de grandes puissances, et les alliés privilégiés des États-Unis, mais qui n’ont pas les mêmes motivations. Globalement, les Américains sont ceux qui commandent et ont mis en œuvre une stratégie du chaos. Ils ont continué à soutenir les gens d’Al-Qaïda, dont ils sont les créateurs avec l’Arabie Saoudite et le Pakistan. Puis, quand ils n’en ont plus eu besoin, ils les ont laissé tomber en leur disant « débrouillez-vous ». Mais toute cette affaire s’est retournée contre eux avec les attentats du 11-Septembre.
Les mouvements terroristes internationaux, comme ceux qui sévissent en Syrie et ailleurs dans le Moyen-Orient ou le monde musulman, sont des héritiers d’Al-Qaïda. Les États-Unis n’ont pas de raison de ne pas s’en servir, tout en sachant que ce n’est pas leur modèle social. Ils les utilisent puis, quand ils ne s’en servent plus, ils les bombardent.
Je ne crois pas que les États-Unis aient une sympathie particulière pour les mouvements islamistes, ni pour les Arabes d’ailleurs – cela se saurait. Mais ils peuvent s’accommoder de tout. Leurs meilleurs alliés sont des gouvernements islamistes. Ils ont du mal à trouver des alliés progressistes : ils n’en ont jamais eu dans l’Histoire.

Vous étiez en poste en Arabie Saoudite, où l’on vient d’assister à une scène de succession moyenâgeuse. Tous les chefs d’État occidentaux s’y sont rués pour prêter allégeance au nouveau roi d’Arabie. Qu’est-ce qui les fait vraiment courir, à part le brut ?
Le pétrole et les intérêts d’Israël. Dans tout le monde arabe, il existe un terreau favorable à la contestation, mais on n’a pas le droit d’y intervenir et de bombarder sous prétexte que les peuples sont menacés par des tyrans. D’autant qu’on se rend compte que ce type d’opération est menée pour changer le régime ou détruire le pays. Il est plus facile d’exploiter le pétrole avec des pays fragilisés.
Le pétrole détourné d’Irak et de Syrie va notamment vers Israël, sans besoin d’oléoducs. Vendu en contrebande à 15 dollars le baril lorsque celui-ci était à 120 dollars, ce pétrole a rapporté des revenus conséquents : 5 milliards de dollars. Des sommes qu’on ne transporte pas dans des matelas ! Il faut des banques, des complices pour les mettre sur le marché. Les circuits parallèles fonctionnent.
Des documents secrets du Pentagone à propos de la Libye viennent de donner une autre explication à cette guerre. Hillary Clinton, conseillée par les Frères musulmans, aurait caché à Obama que Kadhafi était en négociation avec le Pentagone pour passer la main, et que l’histoire du génocide menaçant les habitants de Benghazi était inventée de toutes pièces.

L’Occident joue-t-il contre son propre camp ?
Il existe tellement de machinations qu’on finit par se prendre les pieds dans le tapis. Il y a toujours des histoires des services spéciaux, etc. Les renseignements sont pipés. Les services jouent un grand rôle là-dedans. Cela dit, Hillary Clinton n’est pas la finesse même sur la Libye, la façon dont elle rit à l’annonce de la mort de Kadhafi le prouve. Un ambassadeur américain a été tué de la même façon que lui pourtant.

Pourquoi la Syrie a-t-elle été jusqu’ici l’exception, et comment analyser l’émergence de l’État islamique ?
J’espère que la Syrie restera l’exception, du moins dans ce contexte-là. L’affaire est loin d’être terminée, mais il y a plusieurs raisons. Bachar al-Assad, quoi qu’on en dise, a une légitimité, il est populaire chez la majorité de ceux qui vivent en Syrie. Quels que soient les défauts de son régime, il est perçu dans le contexte actuel comme un rempart contre le démantèlement du pays. Il a des alliés chiites comme le Hezbollah, l’Iran, certainement une vieille alliance qui date du temps du shah. Il a un véritable partenariat avec la Russie : la Russie défend la Syrie, mais la Syrie défend aussi la Russie. Si la Syrie devait subir le sort des autres pays, la Russie le sentirait passer. Et son prestige international s’en ressentirait.

Quel est le jeu d’Israël ? Vous étiez ambassadeur au Soudan. Quel regard jetez-vous sur ce pays éclaté ?
Israël est derrière toutes les crises du monde arabe, toujours à l’affût. La sécession du Sud-Soudan est un triomphe de la diplomatie américaine et de la diplomatie israélienne. Il fallait transformer le Sud-Soudan en base israélienne, pour le complot contre ce qui reste du Soudan. Ils veulent affaiblissement de ce pays non pas parce qu’ils sont islamistes, mais parce qu’ils ont soutenu Saddam. Ils ne veulent pas la peau de Tourabi ou Al-Bachir, ils veulent couper le Soudan en morceaux. Ils ont réussi, et cela continue avec le Darfour.
Mais le nouvel État, le Soudan du Sud, n’est pas brillant…
Mais lequel des régimes nés des « printemps arabe » est-il brillant ? L’industrie de production de la démocratie américaine au nouveau Grand Moyen-Orient est un trompe-l’œil qui vient des années 1980-1990. Cela n’a rien à voir avec la démocratie et les droits de l’homme : cette stratégie sert à casser le monde arabo-musulman, comme cela est attesté dans de nombreux documents. Car les Américains font ce qu’ils disent, et disent ce qu’ils font.
Il y a un plan, ce n’est pas de la conspiration. Quels que soient les avatars pour soutenir tel ou tel camp, les options restent ouvertes. Au Bahreïn par exemple, ils soutiennent à la fois la rébellion, ce qui leur permet de dire qu’ils défendent les droits de l’homme et la démocratie, et la monarchie pro-saoudite sunnite. Et ils sont gagnants de toute façon. Ils ont fait la même chose au Yémen, et en Égypte, même chose : d’abord Moubarak, puis les islamistes, puis Morsi et maintenant Sissi. Ce n’est pas logique, c’est la logique du chaos. Et elle est bel et bien là.

Comment expliquer que le savoir-faire français sur le Moyen-Orient s’avère inopérant ? Il y avait une certaine politique arabe de la France qui est aujourd’hui introuvable. La diplomatie française est-elle victime de myopie ou d’une certaine posture idéologique ?
De Gaulle était un grand homme je pense. Il avait bien une politique arabe exemplaire, il a renversé le cours des relations franco-arabes après l’indépendance de l’Algérie et réussi à changer d’alliance après la guerre des Six-Jours. Après les néfastes conséquences de l’expédition de Suez, c’était un exploit. Une politique arabe a persisté dans une espèce de consensus politique en France. Puis, après le coup d’honneur sur l’Irak, en 2003, la France a commencé à rentrer dans le bercail occidental. Fini la récréation. Le bilan est désastreux.
Elle a pourtant un savoir-faire et avait une grande tradition diplomatique. C’est un grand pays, pas dans le sens d’un pays braillard qui manigance à tout prix… Un grand pays au sens positif du terme. Son retrait peut peut-être changer, mais je ne vois pas venir le changement maintenant.
Hollande continue de dire que l’État islamique et le régime de Bachar, c’est blanc bonnet et bonnet blanc, deux ennemis à combattre…
Depuis quatre ans, on continue de dire le pire sur Bachar, qu’il va tomber d’une minute à l’autre… En réalité, ce sont les Américains qui peuvent changer d’avis et sont en train de le faire. Les alliés privilégiés de la France sont le Qatar, la Turquie et l’Arabie Saoudite. On a vu défiler les six monarques du Golfe à Paris, nos alliés. On soutient à la fois les terroristes modérés et les djihadistes démocratiques. C’est une position difficilement tenable, de la haute acrobatie. Les Américains, eux ne l’ont pas fait en même temps : d’abord alliés d’Al-Qaïda, puis leurs ennemis. Ils changent d’avis sans se gêner.

Fabius a dit qu’Al-Nosra, classée par les Américains comme organisation terroriste, fait du bon boulot en Syrie…
Tous les éléments spécialisés de la diplomatie française ont été dispersés ; les spécialistes de l’Orient, les arabisants ont été envoyés en Afrique du Sud ou ailleurs, avec la volonté de les remplacer par des technocrates. Résultat, les nouveaux diplomates n’ont pas la même carrure, produisent des rapports nuls, n’ont pas d’analyse sérieuse…
Les ambassadeurs français en Syrie et en Libye avaient pourtant alerté le gouvernement en le mettant en garde contre tout aventurisme.
Oui, mais celui de Syrie s’est ensuite fait taper sur les doigts et a fini par accepter de s’aligner sur la politique officielle.

Pensez-vous qu’on peut revenir à la diplomatie de l’après-Suez ? L’Occident est-il en train de comprendre ses erreurs et de changer ?

Le retour de De Gaulle au pouvoir a brisé un consensus, quand le gouvernement tripartite français, qui a duré douze ans, faisait que la France ne bougeait pas le petit doigt sans en référer à Washington. Cela inclut la période de Suez. Le plan Marshall avait un coût pour l’indépendance nationale française. Et l’Union européenne – conçue par les Américains plus que par les Européens eux-mêmes – a contribué à peser en ce sens. Toute l’histoire de l’atlantisme, l’idée de faire de l’Otan l’armée de l’Europe, n’est pas la conception française de l’Europe.

L’État islamique est-il une création indirecte de l’Occident ?
Il est le résultat de l’invasion américaine de l’Irak. On peut dire cela à tous les coups. Les Américains ont cassé toutes les institutions irakiennes (armée, police, gouvernement, parti baath, etc.) et facilité la prise de pouvoir par les chiites et des Kurdes au détriment des sunnites. Quand les officiers baathistes ont été mis en prison où séjournaient déjà les islamistes, les deux groupes ont fait connaissance. La prison a été le centre d’étude et de fusion entre des gens qui ne se seraient pas rencontrés autrement – comme cela arrive ailleurs.
L’État islamique aurait profité de la zone d’exclusion aérienne imposée depuis 1991. C’est là que Zarkawi et ses hommes se seraient développés.
En effet, c’est là qu’ils se sont développés. Il n’y avait plus d’État irakien et la porte était ouverte à toutes les aventures. Ce qui a favorisé les événements de juin 2013 ? Une conjonction d’islamistes et d’officiers du Baath irakien, désireux de revanche, pourchassés tous deux par les Américains. Ils ont décidé d’unir leur destin pour des objectifs différents. Peut-être pas pour le long terme.

L’Occident semble préférer le chaos aux États souverainistes…
C’est ce qui apparaît. Le chaos, c’est le but des néoconservateurs qui ont une vieille théorie : il fallait maîtriser toute la zone qui ceinturait le monde communiste soviétique et chinois, et d’autre part sécuriser les intérêts occidentaux. Les Américains se sont aperçus que cette zone était entièrement constituée de pays musulmans. C’est la ceinture verte musulmane, ce qui est devenu le Grand Moyen-Orient de Bush, gonflé au fil des pulsions américaines. Il y avait deux catégories de pays dans cette zone : les États forts, comme l’Iran du shah, ou la Turquie entrée dans l’Otan, peut être aussi l’Irak, des régimes amis de l’Occident. Et les autres qu’il fallait affaiblir, où il fallait provoquer des changements de régime, renverser les pouvoirs en place.
Puis des États ont viré de bord, comme l’Iran avec la révolution islamique. Quand la configuration est défavorable, on essaie de changer le régime, et si on n’y arrive pas, on casse l’État – en particulier les armées du monde arabe –, on ruine le pays. Cette stratégie figure dans beaucoup de documents américains ou israéliens. Ça s’est produit avec les armées égyptienne, irakienne, syrienne et sans doute algérienne.

Mais le chaos est contagieux et peut toucher les monarchies du Golfe. Celles-ci seraient-elles les grandes perdantes face à l’axe chiite ?
Dans l’esprit de certains dirigeants américains, c’est ce qui va arriver. Un ancien directeur de la CIA a dit qu’il fallait s’occuper des pays comme la Syrie et l’Égypte, déstabiliser huit pays… L’idée, c’est de leur « préparer » un islam qui leur convienne et d’aider les musulmans à accéder au pouvoir. Quand ces pays auront bien été déstabilisés, alors on pourra s’occuper de l’Arabie Saoudite. Le pacte de Quincy signé en 1945 a été renouvelé en 2005 pour soixante ans, mais il ne durera pas.
Les États-Unis n’ont pas aidé le shah à se maintenir au pouvoir. Il n’était plus fréquentable, il a été renversé. Résultat, l’ayatollah Khomeiny a aussitôt pris le pouvoir, et l’Iran est devenu un des ennemis publics numéro un de l’Amérique. Jusqu’en 1979, ce pays était pourtant l’allié stratégique, y compris l’allié nucléaire. Il existait une vraie coopération entre l’Iran et les États-Unis dans ce domaine, avec un traité, des laboratoires, etc.
La question nucléaire a été mise à l’ordre du jour en 2002. Après que l’Iran eut le temps de s’occuper de l’Irak… Avant on n’en parlait pas. Puis les Européens, avec des Américains qui en arrière-plan soutenaient la démarche, se sont benoîtement rappelés du traité de non-prolifération…

On est au cœur d’une nouvelle guerre froide avec l’Ukraine. Jusqu’où ce conflit va-t-il reconfigurer le nouvel ordre mondial en gestation ? Quels sont les effets sur le Grand Moyen-Orient ?
En France, on fait rarement un lien entre les différents problèmes, on a tendance à les saucissonner. Cela empêche une compréhension de la situation. J’ai peu entendu les gens établir un rapport entre la crise syrienne et la crise ukrainienne. Pourtant, il est évident. Il n’y aurait pas eu de relance de la crise ukrainienne s’il n’y avait pas eu la crise syrienne. Autrement dit, si la Russie avait laissé tomber Bachar, il n’y aurait pas eu une crise ukrainienne à ce niveau de gravité. On s’en serait accommodés. On a fait la surenchère surtout pour enquiquiner la Russie.

Sans la crise ukrainienne, les Brics auraient-ils pris la même importance sur la scène internationale ?
Sans la crise syrienne il faut dire. Car la crise ukrainienne est un développement de la guerre en Syrie. La guerre d’Ukraine s’inscrit dans le grand mouvement qui a déclenché les printemps arabes. En même temps qu’on essaie de contrôler des pays arabes musulmans et d’étendre petit à petit la zone de crise, on tente de casser ce qu’était l’URSS, réduite à la Russie. On veut contrôler la zone d’influence russe et la réduire au strict minimum. La Yougoslavie, en tant que pays communiste indépendant, était la partie la plus exposée ; elle sera dépecée.
Pour permettre l’intégration de toute l’Allemagne réunifiée dans l’Otan, le chancelier Kohl et Bush avaient promis à Gorbatchev que l’élargissement de l’Otan s’arrêtait là. Gorbatchev a reconnu avoir été berné. Cela a sonné la fin de la stabilité internationale. Le pacte de Varsovie a vécu, d’anciens États adhèrent à l’Union européenne et passent à l’Otan. Avec l’entrée des pays baltes dans cette organisation, la Russie est encerclée. Mais c’est la Géorgie qui a été la ligne rouge, puis l’Ukraine. La Géorgie a été le symbole du tournant de Poutine, qui avait au début décidé de collaborer avec les Occidentaux.
Les États-Unis admettent avoir contribué au renversement du régime de Kiev…
Les Européens ne sont pas très exigeants sur la légalité internationale. Peu avant que Ianoukovitch ne parte, la France, l’Allemagne, la Pologne… accouraient à Kiev pour signer un accord sur des élections anticipées entre le gouvernement, l’opposition et la Russie. Puis il y a le coup d’État et personne n’a protesté.
Il y a eu une révolution Orange en 2004-2005 en Ukraine, avant la Géorgie, puis les printemps arabes sont arrivés. C’est le rêve américain qui s’est réalisé. Mais après la crise syrienne, Obama a été vexé : on lui avait évité une guerre inutile et dangereuse, chef-d’œuvre diplomatique des Russes, et il était mis en embarras. Le président américain avait une revanche à prendre. En 2013, quand il a vu que la Russie avançait trop, notamment en Syrie, il s’en est pris à l’Ukraine. À partir de ce moment, fini la concertation entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie.

Washington n’a plus laissé Moscou tenter de régler le problème.
Sauf dernièrement…

La Russie est revenue au premier plan. Même si je doute que les 100 000 assistants ou coopérants russes présents au début de la guerre en Syrie y soient tous encore. En fait Obama, n’est pas si va-t-en-guerre que cela. Il voudrait une solution d’un autre type, car ce qui se passe en parallèle de la guerre d’Ukraine est dangereux. Du temps des menaces de frappes américaines sur la Syrie, des armes chimiques, Obama a été menacé par une procédure d’impeachment. Sans compter les incertitudes sur les frappes américaines : lors d’un tir américain de deux missiles sur les côtes syriennes, par exemple, l’antiaérienne syrienne a réagi, l’un des missiles a été détruit et l’autre détourné. Et puis la guerre est impopulaire aux États-Unis. Cela dit, l’Ukraine est un chef-d’œuvre d’intox. On vole et on crie au voleur.

L’avenir du projet du Grand Moyen-Orient ?
Le projet démocratique certainement, même si, à mon avis, il n’y aura pas de démocratie ni printemps arabes. Le projet de domination reste, même s’il ne va pas forcément se réaliser. L’enjeu est toujours là pour les Américains. La ceinture verte est toujours utile pour encercler le postcommunisme. Même si la Chine est un régime aménagé, il est prudent de le « contenir » en quelque sorte. Les Occidentaux parlent toujours d’une opposition modérée en Syrie, je ne sais pas où ils la voient, mais c’est leur discours. Ils arment une opposition qui est en fait celle des djihadistes… L’alliance qui s’est forgée progressivement entre la Turquie, l’Arabie Saoudite et les Occidentaux, notamment États-Unis, France, Angleterre, alliance de circonstance s’il en est, résiste encore.

La Syrie peut-elle reprendre son autorité sur l’ensemble du territoire ?
Si on la laisse faire, je pense que oui. Le discours sur la démocratie est de moins en moins crédible. On n’a pas à intervenir dans les pays, même pas en Arabie Saoudite qui doit évoluer toute seule.

Le problème est que l’Arabie Saoudite exporte son idéologie, qu’elle en a une vision universaliste…
Elle exporte son idéologie pour éviter d’être attaquée à son tour. Mais celui qui a une vision universaliste, c’est Erdogan. Les projets qu’il concoctait avant le printemps arabe étaient différents. Il était proche de laSyrie et de la Libye. Maintenant, il est le soutien des Frères musulmans. Ilreçoit les visiteurs étrangers dans lepalais du Sultan avec une garde d’honneur de vingt-huit soldats représentantl es vingt-huit provinces ottomanes. Ce gouvernement islamiste est nostalgique.

Propos recueillis par Majed Nehmé, Augusta Conchiglia et Hassen Zenati
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Mar 17 Mar - 0:00

Le premier ministre israélien sortant Benyamin Nétanyahou a radicalement fait monter les enchères lundi, à la veille d'élections parlementaires très incertaines, en écartant pour la première fois aussi clairement la création d'un État palestinien s'il est réélu.

Suite ici :
http://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/201503/16/01-4852466-israel-netanyahou-ecarte-un-etat-palestinien-sil-est-elu.php
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Ven 27 Mar - 5:35

Un update pour parler de la situation au yemen, qui deviens de plus en plus conflictuel. Dabord une petite presentation,  qui essaye de presenter le conflit dans toute sa complexité (ce que ne font plus les journalistes)

Spoiler:

Qui sont les Houtistes

Issus du courant religieux chiite zaydite6, les houthistes sont présents sur les hauts plateaux yéménites et notamment la province de Saada, et présentent de nombreuses différences au niveau du dogme par rapport aux chiites duodécimains iraniens6. De plus, ils partagent de nombreuses interprétations religieuses avec la majorité sunniste chaféite6.

Cause du conflits
Les houthistes se plaignent d’avoir été marginalisés par le gouvernement sur le plan politique, économique et religieux, et demandent le rétablissement du statut d’autonomie dont ils bénéficiaient avant 1962.

Au cours de la guerre civile des années 1960, la province a largement soutenu les royalistes6. Après la défaite de ceux-ci, elle a donc très peu profité des différentes politiques de développement économique6. La région a ensuite vu l'irruption de nouveaux courants religieux sunnites très rigoristes comme le salafisme et le wahhabisme6. Cela va entraîner un regain du zaydisme à partir des années 1980 dans son berceau traditionnel de la province de Saada6.

Ainsi, les zaïdites se retrouvent à rebours du reste de la population qui voit ses rites unifiés sous l'impulsion du gouvernement central6. Malgré l'implication des zaïdites au niveau du pouvoir central yéménite, le président Ali Abdallah Saleh étant lui-même de cette confession, ils sont progressivement stigmatisés, notamment par les Salafistes6. Pour faire face à ce qui est ressenti contre un ensemble de discriminations, les houthistes demandent donc une autonomie accrue7. Ils représentent, en 2007, 30 % environ des 22,2 millions de Yéménites qui sont en majorité sunnites.

Les rebelles affirment être victimes de discrimination religieuse de la part d'intégristes sunnites qui ont gagné en influence en raison des liens entretenus par le président Ali Abdallah Saleh avec l'Arabie saoudite9 tandis que le gouvernement déclare que ceux-ci veulent établir un État religieux chiite.

l'origine du soulèvement remonte au 17 janvier 2002 lorsque dans la province de Sa'dah, Hussein al-Houthi, député de 1993 à 1997 du Hizb el-Haq, la principale expression organisationnelle du renouveau zaïdite, donne une conférence dans laquelle il incite ses compatriotes à combattre l'hégémonie américaine sur le monde arabe et musulman. Les autorités yéménites, engagées depuis le 11 septembre 2001 dans le partenariat de lutte anti-terroriste avec les États-Unis, ont récusé cette démarche et en conséquence, procédé à des centaines d'arrestations8.

2004
En 2004 éclate la Guerre du Saada contre le gouvernement du Yémen, déjà aux prises avec l'insurrection d'islamistes affiliés à Al-Qaïda (Al-Qaïda au Yémen) dans le cadre de la Guerre contre le terrorisme depuis 2001. L'Arabie saoudite intervient aux côtés du gouvernement yéménite et combat les Houthis, notamment en utilisant du phosphore blanc, arme interdite. Des centaines de civils y perdent la vie ainsi que le leader du mouvement Hussein Badreddin al-Houthi (en), tué le 10 septembre 2004 ; sa dépouille est enterrée en prison, de peur que son mausolée ne devienne un lieu de recueillement. Son frère Abdul-Malik al-Houthi lui succède alors1.

Le gouvernement central de Sanaa et l'Arabie saoudite tiennent à présenter la rébellion comme un groupe soutenu par l'Iran, un peu au même titre que le Hezbollah libanais6. Il les accuse aussi de vouloir restaurer l'imamat zaydite disparu en 1962 via un trafic d'armes par l'Érythrée soutenu par l'Iran


2005 - 2009
Des combats sporadiques perdurent pendant la période

2009
Les 11 et 12 août 2009, les combats reprennent entre l'armée qui déclenche l'opération Terre brûlée et la rébellion.. Quant aux déplacés, l'ONU estime début décembre 2009 à 175 000 le nombre de réfugiés depuis 2004 ; en septembre 2009, il était estimé à 150 000 dont 55 000 depuis août 2009.
Le 4 novembre 2009, les rebelles yéménites ont pris le contrôle d'une section montagneuse dans la région frontalière de Jabal al-Dukhane et abattent un officier de sécurité saoudien dans une attaque. En réponse à ces actes, l'Arabie saoudite lance des frappes aériennes à partir du 5 novembre 2009 sur les rebelles dans le Nord du Yémen et déplace ses troupes près de la frontière.

En février 2010, le journal français Le Monde estime que la guerre du Saada a fait environ 10 000 morts, dont 130 soldats saoudiens.

2010- 2015
Le 21 septembre  2014 , le gouvernement yéménite et les rebelles houthistes signent un accord visant à mettre fin à la crise politique alors que les rebelles avancent vers la capitale ; le Premier ministre Muhammad Basindawa démissionne, et conformément à l'accord, les rebelles nommeront un nouveau Premier ministre sous trois jours

Le 27 septembre, des sources sécuritaires ont annoncé que les rebelles houthis avaient attaqué la maison du chef des services de renseignement à Sanaa. Ceci prouve la fragilité de l'accord de partage du pouvoir, qui ne suffit pas à faire cesser les combats dans la capitale

es 19 et 20 janvier 2015, les rebelles Houthis prennent le palais présidentiel. Le lendemain, un accord est signé avec les Houthis sur l'amendement du projet de Constitution et sur la représentation des Houthis et des autres factions dans le gouvernement. Le conseiller du président, Ahmed Awad Moubarak, doit également être libéré11.

Le 22 janvier 2015, Abd Rabo Mansour Hadi présente sa démission après que les Houthis eurent réclamé qu'un de leurs membres soit nommé comme vice-président. La démission du président est rejetée par le Parlement. Les Houthis proposent alors de mettre en place un Conseil présidentiel composé de l'armée, des forces de sécurité, des comités populaires et des « composantes révolutionnaires et politiques ».

Les 23 et 24 janvier 2015, les Houthis dispersent des milliers de manifestants.

Le 1er février 2015, les Houthis donnent un ultimatum de trois jours aux forces politiques pour trouver un accord, faute de quoi ils se chargeraient de la transition17. Le 4 février, l'ultimatum expire

Aujourdhui
L'Arabie saoudite a lancé l'opération « Tempête décisive » en mobilisant 150 000 militaires et 100 avions de combat. Les Etats-Unis, alliés du président Hadi dans sa lutte contre Al-Qaida, ont de leur côté annoncé qu'ils fourniraient un soutien « en logistique et en renseignement » à la coalition.

L'Egypte, avec son aviation et sa marine, la Jordanie et le Soudan ont confirmé leur participation, ainsi que quatre Etats du Golfe — le Qatar, le Koweit, Bahrein et les Emirats arabes unis — qui disent avoir « décidé de répondre à l'appel du président Hadi ». Les Emirats arabes unis ont engagé 30 avions de combat ; le Koweït, 15 appareils ; et le Qatar, 10, a expliqué Al-Arabiya, chaîne de télévision à capitaux saoudiens. Bahreïn a annoncé participer avec 12 avions de combat.

Le Maroc a également confirmé être « aux côtés de l'Arabie saoudite », par le biais de ses forces aériennes stationnées aux Emirats arabes unis. Enfin, le Pakistan fait également partie des volontaires, selon l'agence de presse saoudienne SPA.


Reaction
IRIB- La Russie a mis en garde contre le déclenchement de toute guerre, au Yémen, appelant à l'arrêt immédiat des attaques contre la population de ce pays. Selon Reuters, les navires russes se dirigent, actuellement, vers le détroit de Bab el-Mandeb.

Proche des rebelles chiites houthistes, l'Iran a condamné l'intervention militaire lancée par l'Arabie saoudite, dénonçant une « démarche dangereuse (...) violant les responsabilités internationales et la souveraineté nationale ». Téhéran, qui dément soutenir les rebelles houthistes, a par ailleurs estimé que « cette agression ne donnera[it] aucun résultat, si ce n'est provoquer une propagation du terrorisme », en allusion notamment au groupe djihadiste Etat islamique, qui a revendiqué son premier attentat la semaine dernière au Yémen.
(une première bombe a explosé à la mosquée Badr, dans le sud de Sanaa, suivie d'une autre à l'entrée de ce même lieu de culte au moment où les fidèles prenaient la fuite, selon des témoins. Le troisième attentat a visé une mosquée du nord de la capitale. Les Houthis prient dans ces mosquées. Ces nouveaux attentats à Sanaa ont été rapidement revendiqués par le groupe État islmaique.)

Manifestation à ‪#‎Sanaa‬ (Yémen) pour dénoncer les raids aériens des armées du Golfe, avec la bénédiction du ‪#‎UsGov‬ ‪#‎stoptheWar‬



Dernière édition par Musashi974 le Ven 27 Mar - 11:45, édité 2 fois
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  Musashi974 le Ven 27 Mar - 5:46

Deux analyse du conflit :

Spoiler:
Source :
http://www.michelcollon.info/Les-USA-et-les-Saoud-au-secours-de.html

http://www.huffingtonpost.fr/2015/03/20/houthis-yemen-al-qaida-povuoir-reblles-attentats_n_6909548.html
.
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Re: Nouvelles du moyen orient

Message  -Ren- le Ven 27 Mar - 6:29

Merci pour la présentation, j'ai beaucoup appris :jap:

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