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La rhétorique sémitique appliquée au Coran

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La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Idriss le Dim 18 Mai - 11:03

Salam
En prolongement du sujet  "La rhétorique sémitique" ( http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t2289-la-rhetorique-semitique) je propose de poster et de répondre aux question spécifiques que pose son application particuliére au Coran .


Cebrâîl a suscité de nombreuses remarques et critiques qui nécessitent un approfondissement...
Puis le sujet est resté en suspend non par manque d’intérêt mais manque de temps...
Mais en attendant de relancer les débats et  de chercher ensemble des réponses à ses questions et de les enrichir de vos remarques  je vous propose en lecture l'introduction de Michel Cuypers
La composition du Coran


Michel Cuypers La composition du Coran:


INTRODUCTION

Bien qu’il expose des aspects littéraires du Coran restés largement méconnus jusqu’à ce jour, le présent ouvrage ne prétend pas livrer au public un quelconque code secret ou décryptage ésotérique du texte coranique, ce dont certains se montrent friands aujourd’hui. Il se propose, plus simplement, de décrire de manière systématique un certain nombre de procédés d’écriture qui assurent la cohérence d’un Livre généralement réputé ne pas en avoir. Ou, dit autrement, il expliquera les divers principes rhétoriques qui commandent la composition du texte coranique. Il s’agira donc d’un « traité de rhétorique coranique », mais différent des traités de rhétorique légués par la tradition littéraire arabe aussi bien qu’occidentale.
On n’y trouvera pas, notamment, l’étude des multiples tropes ou figures de style et d’ornementation (métaphore, métonymie, comparaison, ellipse, etc.) dans laquelle se complaisent la plupart de ces ouvrages. Son point de vue se limitera à ce que la rhétorique classique gréco-latine entendait par la disposition, soit l’étude de l’articulation des diverses parties du discours. Grecs et latins abordaient cette question avant tout du point de vue de l’argu­mentation, dans le cadre du tribunal : comment organiser le discours de défense pour être convaincant ? Or, nous ne présentons pas non plus un traité de l’argu­mentation dans le Coran.
Notre horizon sera plus large et plus strictement littéraire : comment le discours ou le texte du Coran, à quelque genre littéraire qu’il appartienne (récit, exhortation, polémique, loi, prière...), est-il composé, dans chacune de ses parties, et dans l’organisation des parties entre elles, pour former un tout cohérent, porteur de sens ? Car c’est finalement la recherche du sens qui est enjeu.
La question tient du défi, vu l’apparent désordre du texte coranique, que tout le monde s’accorde à reconnaître : les premiers lettrés musulmans déjà ont cherché à défendre le texte contre des détracteurs qui lui reprochaient son morcellement. Malgré leurs efforts, la question est restée ouverte jusqu’à ce jour.
Pour découvrir l’organisation du discours coranique, il faut avant tout tenir compte du fait qu’il appartient à la culture sémitique dont il adopte les manières de penser et de s’exprimer. Il faudra par conséquent se laisser dépayser en sortant résolument de la perspective de la rhétorique classique grecque, dont nous avons tous hérités, y compris les Arabes. Dans celle-ci, la disposition des parties du discours suit un ordre logique linéaire : exorde, narration, preuve, argumentation, péroraison. On peut y reconnaître ce que nous avons tous appris à l’école : un texte bien rédigé doit commencer par une introduction, se poursuivre par un développement continu, pour aboutir à une conclusion. Or, les anciens textes sémitiques ne fonctionnent pas ainsi ; c’est pourquoi ils nous déroutent tant et rendent leur compréhension difficile. Ils échappent à nos habitudes mentales. Leur principe de base, en effet, n’est pas la linéarité progressive, mais la symétrie. Une symétrie qui peut prendre diverses formes, obéissant à des règles précises, avec lesquelles l’auteur ou le rédacteur a cependant tout loisir de jouer librement pour structurer son texte à son goût et selon ses intentions. Il ne s’agit donc pas de formes fixes et préétablies, à la manière de la poésie classique grecque, latine, arabe, persane ou autre, mais d’un certain nombre de procédés d’écriture ou de « figures de composition » offrant de multiples possibilités combinatoires et cependant parfaitement codifiables. La connaissance de ce code rhétorique - objet du présent ouvrage - permettra d’entrer avec plus d’assurance dans l'intelligence du texte. On sait mieux, depuis Ferdinand de Saussure, qu’une unité textuelle quelconque ne trouve son sens précis qu’à l’intérieur de la structure dont elle fait partie. La structure ouvre la porte au sens des différents éléments qui la composent.
C’est dire que cette étude rhétorique prendra le contre-pied de la plupart des commentaires anciens et modernes du Coran, qui expliquent les versets les uns après les autres, le plus souvent sans tenir compte de leur contexte littéraire, c’est-à-dire, de la structure rhétorique dont ces versets font cependant partie. Or, tout le monde sait le danger de sortir un verset de son contexte : on peut lui faire dire n’importe quoi !
Les règles de la rhétorique sémitique n’ont malheureusement pas été consi­gnées par les scribes du monde ancien proche-oriental, comme l’ont été les règles de la rhétorique grecque. Du moins n’a-t-on trouvé nulle part un équivalent sémitique de La Rhétorique d’Aristote ou de l’Institution oratoire de Quintilien. La seule solution reste donc l’examen minutieux des textes eux-mêmes, pour dégager, par induction, les principes qui gèrent leur composition. C’est ce qu’ont fait, depuis le milieu du XVIIIe siècle, une lignée de savants qui ont étudié au plus près le texte de la Bible. Depuis une quinzaine d'années, nous avons appliqué à notre tour ces mêmes principes à une trentaine de sourates coraniques, brèves ou moyennes, et, plus récemment, à la longue sourate 5, dite « La Table dressée » (voir la bibliographie, en fin de volume). Bien que ces travaux se limitent encore à une partie minime du Coran, il semble que le temps soit malgré tout venu de proposer au lecteur une synthèse théorique de « la rhétorique du Coran ».
Mais nous ne nous limiterons pas à expliquer les différentes règles de la rhétorique coranique. Notre but sera aussi de proposer à l’étudiant ou au chercheur une méthodologie pour l’application de ces règles, qu’à la suite des biblistes, nous appellerons « l’analyse rhétorique » : comment procéder, étape par étape, dans l’application des règles de la rhétorique sémitique, en vue de mettre en lumière, le plus parfaitement possible, la structure complexe du texte coranique ?
Les principes exposés dans ce livre étant issus des études bibliques, nous devons reconnaître notre dette toute particulière à l’égard du père jésuite Roland Meynet, professeur de théologie biblique à l’Université grégorienne, à Rome, et principal théoricien de l’analyse rhétorique, aujourd’hui. Notre exposé s’appuiera sans scrupule sur son récent et monumental Traité de rhétorique biblique (voir la bibliographie). Nous avons toutefois opté pour un ouvrage moins fouillé, plus abordable, laissant aux spécialistes la liberté de se référer au Traité de R. Meynet pour d’ultimes compléments. Ce qui sera exposé ici suffira déjà amplement pour une analyse rhétorique approfondie du texte coranique.


La traduction des nombreuses citations du Coran se veut la plus littérale possible, pour coller au maximum au vocabulaire et à la syntaxe du texte arabe. On la considérera donc comme un instrument de travail, destiné à refléter au mieux la lettre du texte arabe, sans aucune prétention littéraire.


Un premier chapitre préliminaire esquissera les antécédents de l’analyse rhétorique sémitique, dans l’histoire de la culture savante islamique et dans les études coraniques modernes, ainsi que son développement à partir des études bibliques.

chapitre préliminaire:
Chapitre premier

La question de la cohérence du texte coranique1

C’est un lieu commun rabâché que de souligner l’impression de désordre laissé par le texte coranique, du moins sur le lecteur ou l’auditeur qui n’a pas grandi avec lui. Le seul ordre clairement repérable dans le Livre est la succession des sourates selon leur longueur décroissante. Il semble que cela corres­ponde à un certain usage dans l’Antiquité, puisque les épîtres de saint Paul sont également disposées ainsi dans le Nouveau Testament. Quoi qu’il en soit, cet ordre, purement quantitatif, ne satisfait ni la logique ni la chronologie du texte. En outre, même cet ordre quantitatif n’est pas rigoureusement respecté : des sourates plus longues font suite à certaines plus courtes. Est-ce là l’effet d’un désordre supplémentaire, ou bien est-ce le signe de l’interférence d’un autre principe d’organisation ? Mais alors, lequel ?
Dans la tradition islamique
À en croire l’affirmation du Coran lui-même, la question de la cohérence du discours coranique se serait posée du vivant même du Prophète : « Les incrédules disent : “Si seulement on avait fait descendre sur lui le Coran en une seule fois !” » (25,32). En réponse, un autre verset justifie le caractère discontinu de la révélation : « Nous avons fragmenté ce Coran pour que tu le récites lentement aux hommes » (17,106).
La discontinuité du texte est sans doute la principale raison pour laquelle s’est développée, dès l’origine et jusqu’à nos jours, une exégèse « atomiste », com­mentant le texte verset par verset, sans tenir compte, la plupart du temps, du contexte littéraire.
En marge de l’exégèse, certains lettrés et rhétoriciens ont cependant engagé une réflexion sur la cohérence du texte. Dès les IIIe et IVe siècles de l’hégire (IXe-Xe siècle), paraissent en effet une série d’ouvrages concernant « la Composition du Coran» (Nazm al-Qur’ân). Ces livres sont malheureusement perdus, mais on en connaît partiellement le contenu par d’autres ouvrages qui leur ont succédé, traitant du caractère inimitable du Coran (i’jâz al-Qur’ân). Ceux-ci tentent entre autres de répondre à certaines critiques concernant le manque de cohérence du texte coranique. Les réponses, à vrai dire, restent très partielles et ponctuelles : elles ne concernent que de petites unités textuelles, phrases ou versets, et ne reposent sur aucune théorie générale de la composition du Livre. Même ‘Abd al-Qâhir al-Jurjânî (m. 471 ou 474/1078), auteur du plus grand des ouvrages sur 1 ’inimitabilité du Coran (Dalâ’il al-ijâz fi l-Qur'ân, Les Raisons de l ’inimitabilité du Coran), ne dépasse pas le niveau de la phrase, alors même qu’il anticipait sur des principes de la linguistique moderne structurale qui lui auraient permis d’aller plus loin.
Parmi les exégètes classiques, c’est incontestablement Fakhr al-Dîn al-Râzî (m. 606/1209) qui a le plus exploré la cohérence du texte, en attirant l’attention sur les agencements (tartibât) et les corrélations (rawâbit) entre versets. Un siècle après lui, un ouvrage traite à son tour de « la convenance de l’agencement des sourates du Coran » (Al-Burhân fi munâsaba tartîb suwar al-Qur’ân, d’Abû Ja‘far ibn al-Zubayr, m. 708/1308). Par la suite, dans les encyclopédies des «sciences coraniques» (‘ulûm al-Qur’ân) de Zarkashî (m. 794/1391) et de Suyûtî, (m. 911/1505), ces observations finissent par constituer une « science des convenances » ( ‘ilm al-munâsabât) entre les versets et les sourates. On cherche à y montrer pourquoi et comment un verset se relie au précédent, ou comment la fin d’une sourate correspond au début de la sourate suivante. Est mise ainsi en valeur une certaine concaténation des versets et des sourates, mais sans que soit dégagée pour autant une véritable structure organique entre les différentes parties d’une sourate ou entre les sourates. Et les divers éléments de composition relevés (parallélismes, répétitions, antithèses, etc.) restent isolés, sans constituer un système. Le commentateur Burhân al-Dîn al-Biqâ‘î (m. 885/1480) appliquera explicitement « la science des convenances et des corrélations entre versets et sourates » dans son grand commentaire coranique, comme l’annonce d’ailleurs le titre de son ouvrage : L’ordre des perles ou la corrélation des versets et des sourates2. Mais chez lui encore, ces notations n’aboutiront pas à l’élaboration d’un système rhétorique.
Une autre voie abondamment explorée par Râzî et d’autres exégètes est celle du « commentaire du Coran par le Coran » : le sens d’un verset est éclairé par un autre, pris ailleurs dans le Coran. Cela présuppose évidemment une cohérence et une unité globales du texte coranique. Ibn Taymiyya (m. 728/1327) tenait cette méthode pour la plus sûre, car ne faisant appel à aucune explication extérieure au texte, telle que les « occasions de la révélation » (asbâb al-nuzûl) dont usent et abusent la plupart des exégètes : pour expliquer un verset, ils recourent à un événement (la plupart du temps très anecdotique) de la vie du Prophète ou de la communauté musulmane naissante, événement qui aurait provoqué la révélation dudit verset. Si la méthode de l’explication du Coran par le Coran a l’avantage de ne s’appuyer que sur le texte, elle dépend aussi de la sagacité de l’exégète dans le choix des versets à mettre en rapport, avec le risque d’arbitraire que cela comporte.
Quelques commentateurs du XXe siècle ont repris la question et tenté d’explorer la structure du texte coranique. Ainsi le cheikh syrien Sa‘îd Hawwâ (m. 1989), dans son commentaire Les fondements de l’exégèse (Al-Asâs fî l-tafsîr)3 se donne comme programme d’étudier la cohérence entre les différentes parties des sourates, ce qui, dit-il dans l’introduction de son livre, n’a encore jamais été fait4 ! Il divise donc le texte des sourates en parties et sous-parties, selon quatre niveaux (qu’il appelle, en ordre décroissant: qism, maqtâ’, faqra, majmû'a), dans l’intention de montrer comment les relations qui existent entre ces unités assurent la cohérence du texte. Cette tentative représente un réel pas en avant, mais un pas qui ne repose encore que sur une théorie littéraire trop élémentaire, en sorte que beaucoup de ses découpages du texte restent subjectifs et contestables. On retiendra cependant que Sa‘îd Hawwâ, qui connaissait assurément ses classiques, était conscient de l’absolue nouveauté de son essai. On peut donc en conclure qu’il serait vain d’espérer trouver dans le vaste patrimoine des sciences coraniques une théorie générale de la composition du texte coranique.
Cependant, dans les mêmes années 1980, alors que Sa‘îd Hawwa écrivait son tafsîr dans une prison syrienne, un exégète pakistanais de langue ourdoue, Amîn Ahsan Islâhî (m. 1997), dans son commentaire Réflexion sur le Coran (Tadabbur-i Qur’ân), aboutissait à une constatation étonnante : selon lui, la plupart des sourates (sinon toutes) formeraient des paires thématiques, par similitude, antithèse ou complémentarité5. Notre analyse rhétorique des trente dernières sourates a pu confirmer la thèse d’Islâhî. Les deux dernières sourates (113-114) sont clairement similaires. Mais les huit sourates qui les précèdent forment également toutes des paires, thématiquement antithétiques, opposant la croyance (comme la sourate 112, «Le Culte pur») à l’impiété (comme la sourate 111, « La Fibre »). Les sourates 93 (« La clarté du jour ») et 94 (« L’Ouverture ») sont très semblables, au point que certains commentateurs les considèrent comme une unique sourate. La sourate 5 a aussi de très nombreux thèmes en commun avec la sourate 4. La découverte d’Islâhî constitue donc un premier pas vers une théorie d’ensemble de la composition du Coran, reposant sur le principe, sinon de symétrie, du moins de binarité. Nous y reviendrons dans le chapitre suivant.
Dans la recherche occidentale moderne
L’étude scientifique du Coran par l’orientalisme occidental a, dès ses débuts, au milieu du XIXe siècle, et en parallèle avec les études bibliques, massivement adopté la méthode historico-critique, visant à établir une Histoire du Coran. Tel est d’ailleurs le titre du célèbre ouvrage de référence du savant allemand Theodor Nôldeke (m. 1930), Geschichte des Qorâns, paru en 1860, et complété ensuite par ses disciples. Parmi les autres grands représentants de cette école, l’Écossais Richard Bell (m. 1952) et le Français René Blachère (m. 1973) ont tous deux publié une traduction du Coran mettant en valeur une chronologie reconstituée du texte. Comme pour les études bibliques, la méthode historico-critique, adoptant un point de vue diachronique sur le texte, a totalement dominé la recherche occidentale sur le Coran jusqu’à une date récente. Même si la méthode exposée dans le présent ouvrage ne se situe pas dans la même perspective, il ne saurait être question de nier l’énorme acquis de la recherche historico-critique du Coran. On peut en voir un résumé dans l’article de référence de Alford T. Welch dans l’Encyclopédie de l’Islam6. Outre des aspects proprement historiques, comme l’histoire de la collecte du Coran, celle de l’établissement du texte et des différentes lectures canoniques7, et la chronologie du texte, on y traite de questions linguistiques comme la langue du Coran, son vocabulaire étranger, les rimes (qui terminent les versets) et les refrains (formules qui reviennent à distance), la forme schématique. On y présente également les formes littéraires les plus importantes que l’on trouve disséminées dans le Coran : les serments (en début de nombreuses sourates courtes), les passages-« signes » (rappels des « signes » que Dieu a laissé dans la Nature ou dans l’Histoire), les passages-« dis » (passages introduits par l’impératif « dis », adressé au Prophète), les récits (surtout des prophètes), les règlements et les formules liturgiques. L’étude lexicologique du texte, son découpage en unités de sens, selon différentes formes littéraires, sont des acquis indiscutables pour l’exégèse du texte.
À partir de l’année 1981 apparaissent cependant des recherches reposant sur une hypothèse opposée à celle qui prévalait jusqu’alors dans la critique historique. Au lieu de partir du principe que le texte est fait de petits fragments dont ont peut reconstituer la chronologie à partir d’indices comme les incohérences grammaticales ou stylistiques, les répétitions, les différences de style ou l’évolution des thématiques, on présuppose que le texte, dans sa rédaction finale, doit avoir une unité et une cohérence, qu’il revient à l’exégèse de mettre en lumière. Le point de vue diachronique de la critique historique fait place à un point de vue synchronique. On ne s’intéresse pas directement à l’histoire du texte, mais à sa structure, telle qu’elle figure dans la version canonique du Livre que nous avons aujourd’hui entre les mains et qui seul sert de référence pour la foi musulmane. On ne cherche pas non plus à classifier des formes littéraires dispersées dans le Livre, mais on se concentre sur la composition de chaque sourate, pour elle-même, pour en saisir la cohérence et le sens. Les pionniers de cette recherche, Angelika Neuwirth et Pierre Crapon de Caprona, se sont intéressés aux courtes sourates de l’époque mecquoise, plus faciles à appréhender que les longues sourates médinoises8. Ils ont cherché à comprendre la composition des sourates à partir d’indices comme le rythme, la rime, la thématique, les genres littéraires - des éléments en fait hérités de la critique historique, d’où le caractère composite de leur méthode. C’est seulement depuis les années 2000 que deux chercheurs anglophones, Neal Robinson9 et A. H. Mathias Zahniser10, ont tenté de saisir également la composition des longues sourates médinoises, grâce à des indices tels que les répétitions, à distance, de termes ou de versets, révélateurs de symétries textuelles. La méthode était pertinente, mais elle manquait de systématisation théorique pour pouvoir donner des résultats tout à fait sûrs, et elle ne portait que sur les grandes structures du texte.
Or, une telle systématisation existe, mais dans le champ de l’exégèse scientifique biblique. Les études coraniques ont donc ici tout à gagner d’une approche interdisciplinaire.
Des études bibliques aux études coraniques
L’approche synchronique des textes de la Bible, bien qu’elle ait eu de la peine à s’affirmer aux côtés de la diachronie de la critique historique, ne date pas d’aujourd’hui11. On peut en situer la première ébauche au milieu du XVIIIe siècle, avec la découverte du parallélisme des membres dans les textes poétiques de la Bible, par le bibliste anglais Robert Lowth, et de l’importance du chiasme et de la composition concentrique dans la Bible, par l’Allemand Johann Albrecht Bengel. Mais ce sont surtout les Anglais John Jebb et Thomas Boys qui, au début du XIXe siècle, théorisèrent la plupart des règles de composition des textes bibliques. Ils ont voulu répondre à la même question que celle évoquée plus haut à propos du Coran : quelle est l’unité et la cohérence des textes bibliques, dont certains se présentent également de manière très fragmentée, en une suite de petites unités sémantiques entre lesquelles ne se laisse pas aisément percevoir un lien logique ? Pensons aux quatre derniers livres du Pentateuque, qui mélangent lois, récits, exhortations et menaces, aux livres prophétiques constitués d’une suite d’oracles indépendants, ou même aux évangiles dont les péricopes mêlent récits de miracles, paraboles et autres enseignements de Jésus. Les recherches de Jebb et de Boys ne furent malheureusement guère exploitées, et, malgré quelques chercheurs qui poursuivirent dans la même voie (Albert Condamin, Nils W. Lund, Marcel Jousse et quelques autres), furent largement ignorées de l’école historico-critique triomphante.
Aujourd’hui, comme nous le disions dans l’introduction, c’est au jésuite Roland Meynet que revient le mérite d’avoir magistralement systématisé les règles de la composition des textes bibliques, dans la méthode à laquelle il a donné le nom d’« analyse rhétorique », et qu’il a exposée principalement dans trois ouvrages : L ’analyse rhétorique, une nouvelle méthode pour comprendre la Bible (1989), repris et développé récemment dans un vaste Traité de rhétorique biblique (2007), et, de manière plus succincte dans Lire la Bible (2003)12.
D’autres méthodes synchroniques d’analyse du texte biblique se sont dévelop­pées durant ces dernières décennies, notamment l’analyse structurale, devenue ensuite sémiotique, l’analyse narrative, et la « critique rhétorique », laquelle applique au texte biblique les catégories de la rhétorique gréco-latine. Ces méthodes sont toutes nées en dehors de l’exégèse biblique : celle-ci n’a fait que les appliquer à son propre domaine. Des islamologues occidentaux ont suivi la même voie : Le Coran revisité : le feu, l'eau, l'air et la terre de Heidi Toelle, par exemple, est une brillante application de la méthode sémiotique à la cosmologie du Coran. Alors que l’analyse rhétorique, elle, est issue directement de l’étude détaillée des textes bibliques eux-mêmes. Ses lois ont donc été considérées tout naturellement dans un premier temps comme étant celles d’une « rhétorique hébraïque », différente de la rhétorique gréco-latine. Lorsque l’on s’aperçut que ces lois s’appliquaient non seulement aux textes hébraïques de l’Ancien Testament, mais aussi aux textes grecs du Nouveau, on se mit à parler de « rhétorique biblique ». Quelques sondages dans d’autres textes sacrés sémitiques de l’Antiquité, akkadiens, ougaritiques et pharaoniques (IIIe et IIe millé­naires av. J.-C.), ont toutefois montré que les mêmes lois de composition régis­saient également ces textes, bien antérieurs à ceux de la Bible13. Au Liban, une petite équipe de quatre chercheurs, chrétiens et musulmans, ont ensuite tenté, au début des années 1990, la comparaison entre la composition des textes bibliques et de certains hadiths tirés surtout du corpus de Bûkhârî (IXe s.), aboutissant au même résultat14. À partir de l’année 1995, nous avons, quant à nous, publié nos premiers articles sur la composition des sourates du Coran, recourant à la même méthode. Dès lors, la « rhétorique biblique » fut renommée « rhétorique sémitique », puisqu’il s’avérait qu’elle n’était pas l’exclusivité de la Bible, mais se retrouvait ailleurs dans le monde sémitique, dans des textes en amont et en aval de la Bible. Actuellement, la recherche se poursuit dans d’autres domaines du Moyen Orient ancien, Grèce et Iran, dont les textes les plus anciens semblent bien obéir à cette même rhétorique « sémitique » qui dès lors devra peut-être encore changer de nom un jour (voir le chapitre 8 du présent ouvrage).
BREF EXPOSÉ DE LA MÉTHODE
Avant d’entrer dans le détail de la rhétorique sémitique, il convient d’en présenter les grandes lignes qui aideront le lecteur, espérons-le, à suivre le fil.
La rhétorique sémitique est, on l’a déjà dit, entièrement fondée sur le principe de symétrie, ce qui confère à la composition du texte une forme en quelque sorte plus géométrique ou spatiale que linéaire. Le lecteur s’en rendra facilement compte en regardant les tableaux qui illustrent les chapitres suivants.
La symétrie peut prendre trois formes ou trois « figures de composition », celles-là même qu’avaient déjà repérées Lowth et Bengel au XVIIIe siècle :
– le parallélisme, quand des termes en relation sont disposés selon un même ordre : par exemple AB/A’B’ ;
– la composition spéculaire, quand les termes en relation se présentent en ordre inversé : AB/B’A’ (au niveau de la phrase, on parlera de chiasme) ;
– la composition concentrique, lorsqu’un élément central vient s’intercaler entre les deux versants du parallélisme (ABC/x/A’B’C’) ou de la construction spéculaire (ABC/x/C’B’A’).
Ces trois figures de composition se retrouvent à différents niveaux textuels : au niveau le plus bas, le segment peut combiner deux ou trois membres (correspondant en général à autant de syntagmes) selon l’une ou l’autre de ces figures de composition ; au niveau immédiatement supérieur, le morceau combinera de la même manière les segments ; et ainsi de suite pour les niveaux suivants, appelés, en ordre ascendant, la partie, le passage, la séquence, la section, et enfin le livre entier. En tenant compte qu’il peut y avoir des sous-parties, des sous- séquences et des sous-sections, un texte long, comme la sourate 5, peut comporter jusqu’à dix niveaux textuels !
Quels sont les marqueurs d’une symétrie ? Ce peut être une simple répétition, une synonymie, une antithèse, une assonance ou une paronomase (ou quasi- homonymie), voire une homographie (l’écriture primitive arabe, ignorant les points diacritiques, a pu jouer sur des graphies identiques pour des lettres phoné­tiquement différentes) ; cela peut être aussi une même forme grammaticale : deux verbes à l’impératif, par exemple, ou deux phrases de même structure syntaxique.
Lorsque la plupart des termes d’une symétrie se correspondent, on parlera de symétrie totale. Mais le plus souvent, seuls quelques termes se correspondent : on aura alors affaire à une symétrie partielle.
Les marqueurs d’une symétrie partielle se trouvent soit au début d’unités correspondantes (à titre de termes initiaux), soit à la fin (termes finaux) ou au milieu (termes centraux), soit qu’ils figurent au début et à la fin d’une unité qu’ils délimitent (termes extrêmes ; c’est l’inclusion classique), ou encore à la fin d’une unité et au début de l’unité suivante, pour les relier entre elles (termes médians ; les biblistes parlent de mots-crochets).
Dans le Coran, et notamment dans la sourate 5, la figure de composition de loin la plus fréquente, dans les niveaux textuels supérieurs, est le concentrisme. Or, le centre de telles compositions revêt une importance très particulière, en rhétorique sémitique : il est le plus souvent la clef d’interprétation de l’ensemble textuel dont il est le centre. C’est souvent une question, ou une sentence, une citation, une parabole : quelque chose qui appelle à la réflexion et à la prise de position.
Comme on peut s’en rendre compte par ce survol de la méthode, l’originalité de la rhétorique sémitique ne réside pas dans l’usage ici ou là du parallélisme ou du chiasme, voire d’une composition circulaire, figures que l’on peut assurément trouver de manière sporadique ou plus ou moins fréquente dans toutes les littératures. Ce qui caractérise la rhétorique sémitique, c’est l’usage absolument systématique de ces figures de composition, à tous les niveaux du texte. La rhétorique sémitique forme donc réellement un « système ». C’est pourquoi il convient, dans le travail d’analyse, de pousser le plus loin possible l’application de ce système, puisque système il y a, et qu’il structure tout le texte, dans sa totalité comme dans son détail.
Certains nous reprochent d’appliquer les règles de la rhétorique sémitique de manière trop constante et systématique. À cela, il faut répondre que les figures de composition ne sont pas des figures d’ornementation, auxquelles un auteur peut recourir ici ou là, mais sans exagérer, s’il ne veut pas tomber dans un maniérisme exacerbé ! 11 convient de comparer le système de la rhétorique sémitique plutôt à une grammaire. Si l’on excepte le cas de la poésie moderne, un auteur ne peut pas choisir d’appliquer ou non les règles de la grammaire. Elles constituent un système qui s’impose à la totalité du texte, quoique avec une certaine souplesse : l’auteur ou le rédacteur aura le choix entre plusieurs structures syntaxiques, mais toutes devront obéir aux possibilités d’une langue donnée. 11 en va de même pour la composition rhétorique du discours sémitique. Ce qui est vrai, et nous y reviendrons dans l’étude des niveaux de texte, c’est que les figures de composition peuvent être plus ou moins accentuées. Un parallélisme sera à peine marqué ici, alors qu’ailleurs il sera martelé. Avec plus ou moins d’insistance, la rhétorique sémitique est cependant toujours à l’œuvre dans toutes les parties du texte, pour le composer et lui donner cohérence.
Les présupposés de l ’analyse rhétorique
Il découle de ce qui précède que l’analyse rhétorique du texte coranique s’exerce avec quelques présupposés15. Ceux-ci ne sont pas des «préjugés» imposés a priori au texte, comme une théorie préfabriquée, mais les consé­quences de longues et minutieuses observations exercées d’abord sur les textes bibliques, et plus récemment sur le texte coranique. Comme ces conséquences n’ont fait que se confirmer avec l’expérience, elles peuvent désormais jouer comme des présupposés qui faciliteront le travail de toute nouvelle analyse.
Le texte coranique est bien composé
Au-delà des observations partielles de la tradition exégétique islamique concernant la convenance (munâsaba) entre les versets (rapport d’un verset avec le verset précédent, inclusion entre le début et la fin d’une sourate, etc.) et les rapports sémantiques entre versets disséminés dans le Livre (qui font l’objet privilégié des « commentaires thématiques »), on suppose que l’ensemble du texte d’une sourate est composé, selon une structure complexe que l’analyse rhétorique a précisément pour but de mettre en évidence. Contrairement à la critique historique occidentale, l’analyse rhétorique verra dans les différentes unités textuelles d’une sourate, non des fragments disparates réunis un peu au hasard par les rédacteurs finaux du Livre, mais des éléments d’un ensemble dont il faut découvrir les rapports formels et sémantiques. Theodor Nôldeke, raisonnant du point de vue de la critique historique, dénonce comme faiblesse du style coranique, le fait que le Coran « interrompt brusquement un sujet pour en prendre un autre, qu’il laisse, à son tour, pour revenir au premier »16. Or, c’est là, à coup sûr, la description (maladroite) d’une structure rhétorique délibérée (com­position spéculaire ou concentrique), et non l’effet d’une négligence de style.
La structure du texte ne se livre pas facilement, du moins pour nous qui ne pensons pas et n’écrivons pas à la manière des Sémites de l’Antiquité. Il y faut beaucoup de patience et de persévérance. Il faudra parfois batailler avec un texte durant des mois, voire des années, pour en découvrir enfin l’architecture véritable, pleinement satisfaisante. Le débutant ou l’amateur sera donc prudent ! Il y faut aussi du métier, de l’expérience, et peut-être une certaine prédisposition d’esprit à sentir les rapports entre les éléments du texte. Mais finalement, le texte révélera son architecture, parfois très élaborée et même sophistiquée, parfois plus sobre et relâchée.
Il existe une rhétorique sémitique, différente de la rhétorique grecque
Que ce soit dans la tradition littéraire arabe ou occidentale, la rhétorique y est considérée à l’aune de la rhétorique grecque. Le premier livre de rhétorique arabe qui nous soit parvenu, le Kitâb al-Badî‘ du poète et calife (d’un jour !) Ibn al-Mu‘tazz (assassiné en 295/908) se donne pour but de démontrer que les figures de rhétorique, que le « nouveau style » empruntait à la Rhétorique d’Aristote, nouvellement traduite en arabe, n’était pas une invention des Grecs ni des poètes « modernes », mais se trouvaient déjà dans le Coran : il ne soupçon­nait pas qu’il existait une autre rhétorique dont le texte coranique était en réalité beaucoup plus imprégné. Celle-ci était déjà totalement oubliée, à son époque, aussi étrange et difficilement explicable que cela paraisse.
Les études occidentales modernes sur la rhétorique du Coran puisent abon­damment dans la tradition littéraire et exégétique classique islamique, centrée sur l’étude des figures de rhétorique ou figures d’ornementation, surtout la métaphore. En s’inspirant de la Formgeschichte biblique, on y a ajouté l’étude de formes caractéristiques du Coran : en comparant les textes coraniques entre eux, on découvre un certain nombre de « formes » qui permettent de classifier les textes (par exemple les passages-« signes », qui rappellent les signes de la Toute-puissance de Dieu, dans la Nature ou dans la Révélation ; les serments par lesquels commencent un certain nombre de sourates brèves ; les lois, etc.). La rhétorique sémitique n’est directement concernée ni par les figures d’ornementation, ni par ces diverses « formes » disséminées dans le Livre, mais bien par l’organisation spécifique de chaque sourate, selon des lois précises, mais appliquées chaque fois d’une manière originale.
Respecter le texte tel qu’il est
Ce présupposé est une position critique à l’égard de la critique historique. Face aux « incohérences » du texte, à son manque de suivi logique, les tenants de la critique historique ont en effet tendance à déplacer certains versets pour recomposer le texte de manière plus cohérente et logique - selon notre logique à nous, formée à l’école des Grecs. La traduction de Richard Bell « avec un réarrangement critique des sourates »17 en est l’exemple le plus achevé. Or, si l’on connaît les lois de la rhétorique sémitique, la plupart de ces incohérences disparaissent d’elles-mêmes. Nous en avons présenté un cas plus haut, avec la citation de T. Nôldeke. Dans notre étude de la sourate 5 (Le Festin), nous avons plusieurs fois signalé des déplacements de versets, suggérés par R. Bell ou R. Blachère18, versets qui, en réalité, sont situés tout à fait à leur place, selon les lois de la rhétorique sémitique.
Pour autant, les « ruptures logiques », les « discontinuités », etc., repérées par la critique historique rejoindront souvent celles constatées également par l’anayse rhétorique, mais au lieu de conclure à des remaniements et ajouts rédaction­nels, celle-ci y verra plutôt le signalement d’unités textuelles différentes dont il faut retrouver les liens qui les unissent dans une même structure cohérente.
.

Pour les notes de bas de page je vous les transmettraient sur demande, mais techniquement j'ai du mal à faire des copiés/collés avec les cadres...


Dernière édition par Idriss le Dim 25 Mai - 11:12, édité 1 fois
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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Invité le Lun 19 Mai - 11:53

Idriss a écrit:Salam
En prolongement du sujet  "La rhétorique sémitique" ( http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t2289-la-rhetorique-semitique) je propose de poster et de répondre aux question spécifiques que pose son application particuliére au Coran .

J'ai bien lu les deux extraits, et un passage a attiré mon attention. Le voici :

Amîn Ahsan Islâhî (m. 1997), dans son commentaire Réflexion sur le Coran (Tadabbur-i Qur’ân), aboutissait à une constatation étonnante : selon lui, la plupart des sourates (sinon toutes) formeraient des paires thématiques, par similitude, antithèse ou complémentarité5. Notre analyse rhétorique des trente dernières sourates a pu confirmer la thèse d’Islâhî. Les deux dernières sourates (113-114) sont clairement similaires. Mais les huit sourates qui les précèdent forment également toutes des paires, thématiquement antithétiques, opposant la croyance (comme la sourate 112, «Le Culte pur») à l’impiété (comme la sourate 111, « La Fibre »). Les sourates 93 (« La clarté du jour ») et 94 (« L’Ouverture ») sont très semblables, au point que certains commentateurs les considèrent comme une unique sourate. La sourate 5 a aussi de très nombreux thèmes en commun avec la sourate 4. La découverte d’Islâhî constitue donc un premier pas vers une théorie d’ensemble de la composition du Coran, reposant sur le principe, sinon de symétrie, du moins de binarité. Nous y reviendrons dans le chapitre suivant.

Pour résumer : il y a dans le monde musulman principalement cinq grands axes de lecture (si on peut dire) pour guider dans la compréhension fine du texte du Coran (peu importe l'ordre) :

Les hadiths,
Le travail des lexicographes et des grammairiens
Le Coran qui s'explique par lui-même,
L'histoire de la révélation (ou le contexte historique précis des versets),
et enfin la science de la rhétorique.

Cuypers balaie un peu trop vite le point n°3, au nom de la subjectivité que cela impliquerait, ce qui est bien entendu faux. Ça m'étonnerait qu'il ait pris connaissance de la plupart des travaux exégétiques musulmans (tafsirs) ce qui expliquerait cet avis à l'emporte-pièce....

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  rosarum le Ven 23 Mai - 10:50

voici un exemple pratique tiré du forum partenaire concernant la sourate 48

pour répondre à une critique de la sourate 48 que j'avais soulevé, Icare propose la lecture suivante basée sur la rhétorique sémitique.

Icare a écrit:Le découpage des versets postés selon moi se ferait comme cela :

48.1. En vérité, Nous t'avons accordé une victoire éclatante,
48.2. afin que Dieu te pardonne tes fautes, passées et présentes, parachève sur toi Sa grâce et te dirige dans la voie droite.
48.3. Dieu te prête ainsi un puissant secours.
48.4. C'est Lui qui a fait naître la quiétude dans le cœur des croyants afin d'accroître sans cesse leur foi, et c'est à Lui qu'appartiennent les armées des Cieux et de la Terre. Il est l'Omniscient, le Sage.
48.5. Il a usé ainsi de Sa grâce en vue d'admettre, pour l'éternité, les croyants et les croyantes dans des Jardins baignés d'eaux vives, après les avoir absous de leurs péchés. Et ce sera, pour eux, un immense bonheur auprès du Seigneur !
48.6. Et Il en use également ainsi pour punir les hypocrites, hommes et femmes, ainsi que les idolâtres, hommes et femmes, qui prêtent de mauvaises intentions à Dieu. Puisse le mal qu'ils Lui prêtent se tourner contre eux, car Dieu les poursuivra de Son courroux et de Sa malédiction, et leur réservera la Géhenne, cette affreuse demeure !
48.7. C'est à Dieu qu'appartiennent les armées des Cieux et de la Terre. Il est l'Omniscient, le Sage.
48.8. Nous t'avons envoyé comme témoin et comme Messager pour annoncer la bonne nouvelle et avertir,
48.9. afin que vous croyiez en Dieu et en Son Messager, que vous L'honoriez, que vous proclamiez Sa gloire et que vous L'invoquiez matin et soir.
L'axe de ce bloc est le verset 5 , A'B'C'D' x DCBA.

il s'agit de lire à la suite 48:1 et 48:9 ; 48:2 et 48:8 etc....

je suis assez surpris car je n'avais pas compris que la rhétorique sémitique permettait ce genre de lecture qui en effet a du sens.

qu'en pensent les "spécialistes" ?
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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Idriss le Ven 23 Mai - 19:06

En théorie cela pourrait-être ( mais je n'ai que survolé le texte) ...en pratique j'ai de gros doutes quand à la pertinence du découpage.
Il manque les étapes intermédiaires pour se faire une idée.
1 prendre le texte original en arabe
2 faire une traduction mot a mot si on ne veut pas travailler sur le texte arabe ( hors ici il semble partir d'une traduction élaborée)
3 repérer les rimes , les assonances, les mots de la même famille , du même registre qui reviennent ...

De là tu fait ton découpage .

et pour en venir où?

Dans la structure repérée  A'B'C'D' x DCBA. une composition concentrique c'est à dire qu'un centre (ici x) viens s'intercaler entre les deux versant d'une construction spéculaire la théorie voudrait que le but soit de mettre en évidence le centre qui aurait le prima sur l'interprétation du passage ....c'est lui l'élément majeur..

Ici ( mais j'ai jeté un coup d'oeil rapide ) l'élément central est-il porteur de sens pour orienter l'interprétation de ce qui suit ou précède?

Mais Rosarum, tu sembles y avoir vu quelque chose toi!? Quoi?

Pour mémoire:

Les lois de Lund

En 1942, dans son livre Chiasmus in the New Testament: A Study in the Form and Function of Chiastic Structures, Nils W. Lund propose 7 lois sur l'ordonnancement des idées dans la structure symétrique du texte:

le centre est toujours un tournant, il peut être constitué de une à quatre lignes.
au centre il y a souvent un changement dans le déroulement de la pensée et une idée antithétique y est souvent introduite. Après quoi, le déroulement premier est repris et poursuivi jusqu'à la fin du système.
des idées identiques sont réparties de manière à se retrouver aux extrêmes et au centre d'un système, mais nulle part ailleurs dans le système.
dans de nombreux cas les idées vont se déplacer du centre d'un système aux extrémités d'un autre système construit pour aller avec le premier par correspondance.
certains termes tendent à graviter autour de places particulières dans un système donné, en particulier les noms divins dans les psaumes et les citations en position centrale dans le Nouveau Testament.
des unités plus larges sont fréquemment introduites par des passages qui les encadrent (à la façon de portes).
chiasme (symétrie croisée d'éléments antithétiques deux à deux) et lignes alternantes apparaissent fréquemment dans une simple unité.
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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Idriss le Ven 23 Mai - 19:45

A la deuxième lecture cela marche pas si mal que cela :

trés schématiquement au centre le paradis ( c'est le but) v48.5 encadré par les croyant d'un coté et les hypocrites de l'autre.
On s'éloigne du centre pour aller du général vers le circonstanciel : La mission prophétique de Muhammad v48.2 et v48.8

Muhammad qui est l’instrument de Dieu pour que la volonté de Dieu s'acconplisse.

En résumé: Dieu (1) suscite un Prophéte (2) qu'il met en action(3) pour que les croyants (4) aillent au paradis, paradis but et centre (5)  et  tandis que les hypocrites eux en sont exclu (6) en conséquence du fait qu'ils n'ont pas du coté de Dieu dans la bataille ou il avait engagé et soutenu  son Prophète(7) , et ceci parce qu’ils n'ont pas fait le bon choix : croire en Dieu et en son messager.(8)

Le temps semble partir en avant jusqu'au centre , à l'arrivé tous le monde n'est pas là alors on fait marche arrière dans le temps pour voir là ou cela à coincé ....

C'est puissant et cohérent...alors qu'à la première lecture cela semble partir un peu dans tous les sens...C'est très "moderne" presque cinématographique cette manière de naviguer dans le temps, de refaire le film ...d'user de flash back...

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Idriss le Ven 23 Mai - 20:13

Idriss a écrit:A la deuxième lecture cela marche pas si mal que cela

Intuitivement:
Cela met aussi en évidence qu'il n' y a pas un simple dualisme positif le paradis d'un coté et son négatif l'enfer ...le centre c'est la paradis c'est L'union à Dieu qui est l'axe centrale ...D'un coté c'est la foi , la quiétude du cœur qui y conduit...L'enfer c'est juste l'absence de foi, le manque de quiétude la distraction...

Déjà trop intellectualisé en essayant de formaliser l'intuition de départ...

Spoiler:
Tu viens au monde sur la terre ferme , mais petit à petit le niveau de l'eau monte, tu patauges t'amuses, nages commence à boire plus ou moins la tasse... Dieu te tend une corde pour te sortir de la où tu es , tu la saisies il te hisse jusqu'à lui il te sort de ta condition et tu es au paradis...tu ne la saisis pas tu reste là ou tu es tu te noies, tu es en enfer...
La relation paradis enfer n'est pas aussi manichéenne qu' à première vue si on regarde bien, le bâton et la carotte ...Dieu est miséricordieux, il fait se qu'il peut pour que chacun saisisse la corde, envoie des messages et des messager...mais chacun doit faire usage de son libre arbitre...

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  rosarum le Sam 24 Mai - 22:30

Idriss a écrit:A la deuxième lecture cela marche pas si mal que cela :

oui et c'est ce qui me surprend .

je n'ai jamais cherché à approfondir la pratique de la rhétorique sémitique mais du peu que j'avais retenu, les versets symétriques sont similaires, or dans l'exemple d'Icare, ils sont complémentaires.

je pensais que la rhétorique sémitique ne remettait pas en question l'ordre de lecture des versets  1,2,3,4,5 .... or ici on peut lire 1,5,2,4,3.

cela me parait bizarre mais ça marche  :grt: 

as tu vu cette technique dans les livres des spécialistes ? ( R. Meynet, M. Cuypers....)
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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Idriss le Dim 25 Mai - 11:21

rosarum a écrit:

je n'ai jamais cherché à approfondir la pratique de la rhétorique sémitique mais du peu que j'avais retenu, les versets symétriques sont similaires, or dans l'exemple d'Icare, ils sont complémentaires.

je pensais que la rhétorique sémitique ne remettait pas en question l'ordre de lecture des versets  1,2,3,4,5 .... or ici on peut lire 1,5,2,4,3.

cela me parait bizarre mais ça marche  :grt: 

as tu vu cette technique dans les livres des spécialistes ? ( R. Meynet, M. Cuypers....)


Ce que tu proposes en changeant l'ordre de lecture ce serait de convertir le structure sémitique en structure grecque! Une traduction en quelque sorte pour que le texte sois adapter à ta structure mentale, à ta façon habituelle de penser! Hors toute traduction est une trahison....
C'est pas l'objet de la rhétorique sémitique, au contraire la rhétorique sémitique se propose de guider ta structure mentale habituelle , occidentale, pour entrer dans le monde sémitique...
L'ordre n' a pas à être changé il fonctionne très bien, c'est juste que l'on a pas tous les outils pour en saisir toute la subtilité, que nous sommes limités....
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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Roque le Dim 25 Mai - 12:46

rosarum a écrit:
Idriss a écrit:A la deuxième lecture cela marche pas si mal que cela :

oui et c'est ce qui me surprend .

je n'ai jamais cherché à approfondir la pratique de la rhétorique sémitique mais du peu que j'avais retenu, les versets symétriques sont similaires, or dans l'exemple d'Icare, ils sont complémentaires.

je pensais que la rhétorique sémitique ne remettait pas en question l'ordre de lecture des versets  1,2,3,4,5 .... or ici on peut lire 1,5,2,4,3.

cela me parait bizarre mais ça marche  :grt: 

as tu vu cette technique dans les livres des spécialistes ? ( R. Meynet, M. Cuypers....)
Moi non plus je n'ai pas trop approfondi - pratiquement - ce jeu de sens possible en intervertissant l'ordre des versets parce que ça demande beaucoup de temps. Un exemple qui en est donné par Pierre Perrier concernant l'Evangile de Jean - avec un niveau de complexité encore supérieur, c'est l'exemple des structures en " filet " de récitation qui seraient incrustées, " tissées " dans le texte araméen de Jean ( http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t2289p45-la-rhetorique-semitique#48697 ). C'est en araméen et c'est très complexe ... je ne peux naturellement pas le vérifier par moi même.

Mais je crois comprendre que c'est profondément inscrit dans la logique orale ou la " logique sémitique " qui ici coïncident. C'est à dire que d'abord le texte est connu par cœur et ne se présente pas à l'esprit comme un ruban qu'on déroule, mais par ensembles mémorisés (ou " colliers " )avec plusieurs caractéristiques orales :
- le nombre d'unités de sens déterminé (5 ou 7 par exemple), ce sont les " perles ", ce nombre est en principé régulier et peut, lui aussi, être mémorisé ;
- l'ordre (le centre, les symétries, les correspondances internes soutenues pas les assonances et les répétitions de termes, soutenus aussi par la fixité des formulations ou " formulisme "...) est également régulier et peut être aussi mémorisé.

Finalement le texte connu par cœur dans chaque " ensemble mémorisé " apparaît non plus comme une succession, mais comme un ensemble de 5 à 7 " objets mentaux " qui peuvent trouver plusieurs positions - sans altérer le sens directeur (le centre). C'est comme un jeu de bonneteau mental à 5 ou 7 " gobelets mentaux. " L'esprit ne peut fonctionner comme cela que si dans la mémorisation, on a dépassé le stade du rabâchage ... mais l'esprit grec et occidental a complètement dénigré cet apprentissage pas cœur et a nié (et nie toujours) qu'il puisse y avoir un quelconque approfondissement de la pensée avec le système du par cœur (il faut exercer son esprit critique ... et il n'y a que les grecs, Descartes et Jules Ferry qui savent faire ... !). Pourtant une part de l'évolution de la pensée dans la Bible repose sur ces procédés.

Idriss est impressionnant dans cette analyse de ces 7 versets. Je suis convaincu que c'est une piste très intéressante que ce soit pour le Coran ou pour la Bible. Idriss semble " sentir " son sujet, alors que moi je rabâche ce qui a été dit par d'autres  :)  Il faudrait une émoticône pour dire : " chapeau l'artiste " !

PS : Il m'est revenu après coup que ma propre mémoire fonctionne bien sur la base d'ordre et de nombre. Je l'ai expérimenté parce que lors de la préparation du concours final de spécialité en pédiatrie, nous avions constitué un groupe de 5 personnes, nous avons d'abord sélectionné les textes que nous devions apprendre par cœur. Nous avons ainsi choisi des textes de référence sur 150 sujets au programme (pour des rédaction de 4 heures) et avons appris 8 sujets par semaine (4 sujets deux fois par semaine ce qui nous a pris environ 4 mois). Ensuite, nous avons révisé par groupe de 16 questions par semaine, puis 32 par semaine et enfin un temps de travail seul environ de 1 mois avant le concours (4 + 2 + 1 + 1 = 8 mois environ). Eh bien je me souviens qu'on s'était astreint à mémoriser et réciter l'idée générale de l'introduction, puis le nombre et le noms des chapitres et sous-chapitres de chaque sujet avant de les développer par oral devant le groupe de travail. Je me souviens que faire cet exercice était particulièrement violent quand je m'y astreignais étant tout seul avant d'aller au groupe de travail (violent au sens de viol et de douleur mental) - surtout dans le cours d'un travail très intensif sur huit mois ! Mais cela a été très efficace, nous avons été 4 sur 5 à être reçus avec un très bon rang (blêmes et exténués).  :) 

Je ne doute pas qu'après quelques années de travail avec un rythme plus respectueux de notre équilibre physique et mental nous aurions pu savoir par cœur une bonne partie de ces 150 questions - au paragraphe près sinon au mot près.

Roque

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  -Ren- le Jeu 25 Juin - 8:20

Je viens de lire un article de M.Cuypers sur le "verset de l'abrogation" ; passionnant... d'autant plus qu'il parvient par ce biais à la même conclusion que G.Gobillot par un autre angle, à savoir qu'il n'a JAMAIS été question dans le Coran d'abrogation au sein de la révélation coranique elle-même... Mais qu'il s'agit tout simplement du rapport entre cette révélation coranique et la Bible, qu'elle vient rectifier (point de vue qu'Idriss et rosarum ont déjà présenté sur le forum partenaire : http://www.dialogueislam-chretien.com/t5696p120-theorie-de-l-abrogation-contradiction )
L'article était dans cet ouvrage collectif : https://books.google.com.tw/books?id=0-s9AgAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  red1 le Ven 26 Juin - 0:52

Idriss a écrit:A la deuxième lecture cela marche pas si mal que cela :

trés schématiquement au centre le paradis ( c'est le but) v48.5 encadré par les croyant d'un coté et les hypocrites de l'autre.
On s'éloigne du centre pour aller du général vers le circonstanciel : La mission prophétique de Muhammad v48.2 et v48.8

Muhammad qui est l’instrument de Dieu pour que la volonté de Dieu s'acconplisse.

En résumé: Dieu (1) suscite un Prophéte (2) qu'il met en action(3) pour que les croyants (4) aillent au paradis, paradis but et centre (5)  et  tandis que les hypocrites eux en sont exclu (6) en conséquence du fait qu'ils n'ont pas du coté de Dieu dans la bataille ou il avait engagé et soutenu  son Prophète(7) , et ceci parce qu’ils n'ont pas fait le bon choix : croire en Dieu et en son messager.(8)

Le temps semble partir en avant jusqu'au centre , à l'arrivé tous le monde n'est pas là alors on fait marche arrière dans le temps pour voir là ou cela à coincé ....

C'est puissant et cohérent...alors qu'à la première lecture cela semble partir un peu dans tous les sens...C'est très "moderne" presque cinématographique cette manière de naviguer dans le temps, de refaire le film ...d'user de flash back...


En effet , j'avais fait ce découpage de façon rapide , mais il est possible de continuer et d'ailleurs en lisant la suite nous avons :

[48.10] Ceux qui te prêtent serment d'allégeance ne font que prêter serment à Allah: la main d'Allah est au-dessus de leurs mains. Quiconque viole le serment, ne le viole qu'à son propre détriment; et quiconque remplit son engagement envers Allah, Il lui apportera bientٍt une énorme récompense.



[48.11] Ceux des Bédouins qui ont été laissés en arrière diront: ‹Nos biens et nos familles nous ont retenus: implore donc pour nous le pardon›. Ils disent avec leurs langues ce qui n'est pas dans leurs coeurs. Dis: ‹Qui donc peut quelque chose pour vous auprès d'Allah s'Il veut vous faire du mal ou s'Il veut vous faire du bien? Mais Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous oeuvrez.

[48.12] Vous pensiez plutٍt que le Messager et les croyants ne retourneraient jamais plus à leur famille. Et cela vous a été embelli dans vos coeurs; et vous avez eu de mauvaises pensées. Et vous fûtes des gens perdus›.

[48.13] Et quiconque ne croit pas en Allah et en Son messager... alors, pour les mécréants, Nous avons préparé une fournaise ardente.

[48.14] A Allah appartient la souveraineté des cieux et de la terre. Il pardonne à qui Il veut et châtie qui Il veut. Allah demeure cependant, Pardonneur et Miséricordieux.

[48.15] Ceux qui restèrent en arrière diront, quand vous vous dirigez vers le butin pour vous en emparer; ‹Laissez-nous vous suivre›. Ils voudraient changer la parole d'Allah. Dis: ‹Jamais vous ne nous suivrez: ainsi Allah a déjà annoncé›. Mais ils diront: ‹Vous êtes plutٍt envieux à notre égard›. Mais ils ne comprenaient en réalité que peu.

[48.16] Dis à ceux des Bédouins qui restèrent en arrière: ‹Vous serez bientٍt appelés contre des gens d'une force redoutable. Vous les combattrez à moins qu'ils n'embrassent l'Islam. Si vous obéissez, Allah vous donnera une belle récompense, et si vous vous détournez comme vous vous êtes détournés auparavant, Il vous châtiera d'un châtiment douloureux›.

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  red1 le Ven 26 Juin - 0:55

Dans ces deux découpages , nous avons deux versets centraux , le verset 48-5 et 48-13 . L'un évoque le paradis et l'autre évoque l'enfer .


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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  -Ren- le Ven 26 Juin - 6:42

En fait, on devrait proposer des traductions coraniques avec une mise en forme mettant en évidence cette organisation, car ça devient tout de suite beaucoup plus clair :jap:

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Roque le Ven 26 Juin - 14:12

Idriss a écrit:Le temps semble partir en avant jusqu'au centre , à l'arrivé tous le monde n'est pas là alors on fait marche arrière dans le temps pour voir là ou cela à coincé ....
L'organisation mentale de l'oralité est inévitablement chronologique. Mais les éléments de la récitation par cœur sont anticipés avec leur symétrique et avec leur mouvement " montant " et " descendant " un peu comme une poignée de billes ou perles de couleur différentes jetées en " désordre " devant soi. Cette organisation mentale de l'oralité est également " visuelle " et " spatiale ". Elle recèle beaucoup plus de dimensions concrètes que la lecture linéaire - de type grec (ce qui se pratique en " occident ").
Idriss a écrit:C'est puissant et cohérent...alors qu'à la première lecture cela semble partir un peu dans tous les sens...C'est très "moderne" presque cinématographique cette manière de naviguer dans le temps, de refaire le film ...d'user de flash back...
Oui, tout à fait.

red1 a écrit:
[48.10] Ceux qui te prêtent serment d'allégeance ne font que prêter serment à Allah: la main d'Allah est au-dessus de leurs mains. Quiconque viole le serment, ne le viole qu'à son propre détriment; et quiconque remplit son engagement envers Allah, Il lui apportera bientٍt une énorme récompense.


[48.11] Ceux des Bédouins qui ont été laissés en arrière diront: ‹Nos biens et nos familles nous ont retenus: implore donc pour nous le pardon›. Ils disent avec leurs langues ce qui n'est pas dans leurs coeurs. Dis: ‹Qui donc peut quelque chose pour vous auprès d'Allah s'Il veut vous faire du mal ou s'Il veut vous faire du bien? Mais Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous oeuvrez.  

[48.12] Vous pensiez plutٍt que le Messager et les croyants ne retourneraient jamais plus à leur famille. Et cela vous a été embelli dans vos coeurs; et vous avez eu de mauvaises pensées. Et vous fûtes des gens perdus›.

[48.13] Et quiconque ne croit pas en Allah et en Son messager... alors, pour les mécréants, Nous avons préparé une fournaise ardente.

[48.14] A Allah appartient la souveraineté des cieux et de la terre. Il pardonne à qui Il veut et châtie qui Il veut. Allah demeure cependant, Pardonneur et Miséricordieux.

[48.15] Ceux qui restèrent en arrière diront, quand vous vous dirigez vers le butin pour vous en emparer; ‹Laissez-nous vous suivre›. Ils voudraient changer la parole d'Allah. Dis: ‹Jamais vous ne nous suivrez: ainsi Allah a déjà annoncé›. Mais ils diront: ‹Vous êtes plutٍt envieux à notre égard›. Mais ils ne comprenaient en réalité que peu.

[48.16] Dis à ceux des Bédouins qui restèrent en arrière: ‹Vous serez bientٍt appelés contre des gens d'une force redoutable. Vous les combattrez à moins qu'ils n'embrassent l'Islam. Si vous obéissez, Allah vous donnera une belle récompense, et si vous vous détournez comme vous vous êtes détournés auparavant, Il vous châtiera d'un châtiment douloureux›.
Sur une base 7, tout comme dans les " colliers évangéliques " en oralité araméenne. Il est probablement licite d'imaginer que si les versets sont descendus séparément, ils ont été à un moment donné " repris " et recomposés ensemble selon les lois de symétrie de la composition orale sémitique (même processus dans les " colliers évangéliques ").

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Idriss le Ven 26 Juin - 17:40

Roque a écrit:Sur une base 7, tout comme dans les " colliers évangéliques " en oralité araméenne. Il est probablement licite d'imaginer que si les versets sont descendus séparément, ils ont été à un moment donné " repris " et recomposés ensemble selon les lois de symétrie de la composition orale sémitique (même processus dans les " colliers évangéliques ").

Ceci dit il n'existe pas de traité de rhétorique sémitique contemporain, à +ou- 10 siècles autour de la révélation coranique .
Les premiers tasfir ( exégèse du Coran) semblent totalement ignorer cette composition. Au contraire les exégètes cherchent à appliquer des loi de la rhétorique grecque! Vaguement on peut trouver à l"échelle du millénaire quelques auteurs qui ont une vague intuition d'une structure logique propre au Coran ...
D'où le questionnement des chercheurs:
-est-ce que cette structuration était faite d’instinct sans passer par une volonté consciente de structurer ainsi les textes!
-Ou bien les scribes ont agis en conscience et cette science, cet art de la composition c'est perdu en une génération....
( l’hypothèse d'une volonté divine ou d'une origine surnaturel n'entrant pas dans le champ de la recherche....)

Cuypers dit que certains hadith suivent aussi les règles de la rhétorique sémitique...Il reconnais aussi le rhétorique sémitique dans des écrits hiéroglyphique égyptiens... Nous avons donc un large bassin culturel très diversifié , très étendu dans le temps et aucune théorisation avant le XIX éme siécle! c'est un peu énigmatique!


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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  -Ren- le Ven 26 Juin - 18:22

Idriss a écrit:Au contraire les exégètes cherchent à appliquer des loi de la rhétorique grecque
Là, ce n'est pas étonnant, puisque les exégètes en questions écrivent à l'époque d'un empire multiculturel marqué par la pensée grecque de ses premiers administrateurs.

Idriss a écrit:est-ce que cette structuration était faite d’instinct sans passer par une volonté consciente de structurer ainsi les textes
Le musicien que je suis, habitué à la fois à l'écrit -formation classique- et à la tradition orale -musique bretonne dans ma famille, musique du Berry là où j'ai grandi- peut au moins signaler que l'oralité est tout à fait capable de véhiculer des "règles de composition" non-formulées mais instinctivement perçues.

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  DenisLouis le Sam 16 Jan - 11:34

Une remarque de Patricia Crone dans l'émission "Jésus et l'islam", me parait intéressante, elle parle à propos du Coran de composition de type musical : exposé d'un thème, abandon, nouveau thème, évocation du premier thème, répétitions, etc ce qui correspond bien à l'aspect auditif des "versets pour ceux écoutent", joint à l'aspect rythmique, tantôt plus régulier s'approchant ou se conformant aux règles de la prosodie, tantôt plus lâche.

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Roque le Sam 16 Jan - 20:21

DenisLouis a écrit:Une remarque de Patricia Crone dans l'émission "Jésus et l'islam", me parait intéressante, elle parle à propos du Coran de composition de type musical : exposé d'un thème, abandon, nouveau thème, évocation du premier thème, répétitions, etc ce qui correspond bien à l'aspect auditif des "versets pour ceux écoutent", joint à l'aspect rythmique, tantôt plus régulier s'approchant ou se conformant aux règles de la prosodie, tantôt plus lâche.
Oui, j'ai aussi noté cet avis. Mais est-ce plus qu'une impression ? Dans son interview, elle ne systématise pas son analyse. Ellle ne met pas son avis en rapport avec quoi que ce soit de " concret ", par exemple en relation avec une pratique contemporaine de la musique, du chant, de la danse (pourquoi pas) ou le récitation psalmodiée (récit épique, poésie, etc ...) En fait son avis fait " joli " mais n'est pas très consistant.

C'est un peu dommage qu'elle n'ait pas un peu plus travaillé à expliciter les " règles de composition " de ce qu'elle n'a perçu que de façon intuitive.

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Idriss le Ven 25 Mar - 21:41

Michel Cuypers a écrit: cette étude rhétorique prendra le contre-pied de la plupart des commentaires anciens et modernes du Coran, qui expliquent les versets les uns après les autres, le plus souvent sans tenir compte de leur contexte littéraire, c’est-à-dire, de la structure rhétorique dont ces versets font cependant partie. Or, tout le monde sait le danger de sortir un verset de son contexte : on peut lui faire dire n’importe quoi !
Les règles de la rhétorique sémitique n’ont malheureusement pas été consi­gnées par les scribes du monde ancien proche-oriental, comme l’ont été les règles de la rhétorique grecque. Du moins n’a-t-on trouvé nulle part un équivalent sémitique de La Rhétorique d’Aristote ou de l’Institution oratoire de Quintilien. La seule solution reste donc l’examen minutieux des textes eux-mêmes, pour dégager, par induction, les principes qui gèrent leur composition.

Salam
La rhétorique sémitique semble étrangère à la culture islamique et à l'étude du Coran.
A part Cuypers ( et quelques un de ses disciples) personne ne semble avoir remarqué l'existence de cette structuration du Coran, si bien que l'on peut douter de sa réalité: n'est-ce pas juste un fantasme , des rapprochement un peu forcés?

Petite découverte du soir:

Il y a un verset du Coran très important , le verset 255 de la sourate 2 , un verset  si important que l'on lui a donné un nom: le verset du trône:



Vous avez vu? Cela saute au yeux non!?

Quoi? Ce verset part dans tous les sens , cela n'a ni queue ni tête , cela change de sujet sans logique apparente ( pour notre esprit formaté par la rhétorique grec surement...)

Pourtant:

Réponse:

La rhétorique sémitique c'est long et laborieux , sauf là c'est rapide à montrer!
Bon je ne suis pas un génie , non je l'ai trouvé ici:

quand des musulmans font de la rhétorique sémitique sans le savoir ( ou le dire?! ):


Bon ils parlent de miracle alors que c'est juste de la rhétorique sémitique ! N'empéche qu'il y a un filon avec beaucoup d'autres exemples...
J'y reviendrai inch'Allah ( Si cela intéresse quelqu'un ..!!!)
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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  -Ren- le Ven 25 Mar - 21:58

Wow ! Magnifique !
...Décidément, cette approche du texte me semble vraiment une clef de lecture essentielle pour comprendre réellement ce que dit le Coran :poucevert:

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Idriss le Dim 27 Mar - 14:57

Merci -Ren- pour tes encouragements!


Avant que je perde le lien  ( Les commentaires à suivre inch'Allah )

https://nakespanol.wordpress.com/2015/05/20/sura-al-baqara-un-analisis-estructural/


L'article détaillé suit la même méthode que Cuypers, mais il est en espagnol! L'auteur est musulman!
En spoiler sa conclusion traduite par Google ( donc permet juste de se donner une idée)


structure réthorique sémitique de la sourate  la vache ( Al baquara ) traduction google:


Faith = Foi ( il faut lire donc foi contre incrédulité)

Pour certain nous avons vu que la sourate "al baqara" a un grand nombre d'auteurs différents : L'analyse avec le super programme n'a pas permis de mettre en évidence que celui qui aurait fait la synthèse s'est appliqué à y mettre une grande cohérence.

Quel qu'il en soit des hypothèses de la critique scientifique orientée, la sourate Al baqara a été révélée par morceaux, répondant a des circonstances historiques précises, voir des nécessitées pratiques. Il est pourtant possible de mettre en évidence une structure cohérente  avec une intention sous-jacente.
Que l'on attribue a des scribes ou a Dieu cette intention ,  peut importe je serais tenté de dire , l'important serait-il pas de déterminer  cette intention:
Dans la rhétorique sémitique l'important c'est le centre: centre de gravité, axe de rotation :

Ici dans la sourate al Baqara le centre de gravité est:

"E - la Kaaba est la nouvelle qibla; ceci est un test de la foi; concurrence à faire du bien"

On peut méditer les conséquences exégétiques  de l'analyse structurelle  à l'aide  de la rhétorique sémitique!
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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  -Ren- le Dim 27 Mar - 15:11

Dans le même temps, j'étais justement en train d'expérimenter ce que tu as présenté au sujet du verset du Trône sur un passage de la sourate Baqara (II, 164). Essai concluant !
Regarde :

'Inna

*Fī Khalqi As-Samāwāti Wa Al-'Arđi
**Wa Akhtilāfi Al-Layli Wa An-Nahāri
***Wa Al-Fulki Allatī Tajrī Fī Al-Baĥri Bimā Yanfa`u An-Nāsa
Wa Mā 'Anzala Allāhu Mina As-Samā'i Min Mā'in Fa'aĥyā Bihi Al-'Arđa Ba`da Mawtihā
***Wa Baththa Fīhā Min Kulli Dābbatin
**Wa Taşrīfi Ar-Riyāĥi
*Wa As-Saĥābi Al-Musakhkhari Bayna As-Samā'i Wa Al-'Arđi

La'āyātin Liqawmin Ya`qilūna
Certes

*dans la création des cieux et de la terre,
**dans l'alternance de la nuit et du jour,
***dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens,
dans l'eau qu'Allah fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte
***et y répand des bêtes de toute espèce,
**dans la variation des vents,
*et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre,

en tout cela il y a des signes, pour un peuple qui raisonne

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  -Ren- le Dim 27 Mar - 16:51

Idriss a écrit: L'article détaillé suit la même méthode que Cuypers, mais il est en espagnol! L'auteur est musulman!
En spoiler sa conclusion traduite par Google ( donc permet juste de se donner une idée)
Je suis en train d'étudier son découpage, en comparant avec celui de Cuypers évoqué au sujet de la discussion sur l'abrogation...
Dans la forme en arche proposée ci-dessus (oui, "forme en arche" est le terme que nous employons en musique pour ce type de structure), il y aurait une partie C de 40 à 103, et une partie D de 104 à 141.
Du point de vue de Cuypers, par contre, il y a une forme en arche de 87 à 121.
Bilan : les deux semblent ne pas correspondre.
MAIS
...La partie centrale pointée par Cuypers est 104-110.
Bref : rien n'interdit donc d'accepter le méta-découpage proposé dans ta source espagnole SI on parvient à trouver une autre forme en arche "à la Cuypers" reliant D' et C'.
Affaire à suivre... :refl:

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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  Idriss le Dim 27 Mar - 19:36

-Ren- a écrit:

Du point de vue de Cuypers, par contre, il y a une forme en arche de 87 à 121.

...La partie centrale pointée par Cuypers est 104-110.
Bref : rien n'interdit donc d'accepter le méta-découpage proposé dans ta source espagnole SI on parvient à trouver une autre forme en arche "à la Cuypers" reliant D' et C'.

Peux-tu me redonner le lien de ta source pour Cuypers?
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Re: La rhétorique sémitique appliquée au Coran

Message  -Ren- le Dim 27 Mar - 19:41

Idriss a écrit: Peux-tu me redonner le lien de ta source pour Cuypers?
Ma source n'est pas un lien, mais l'ouvrage collectif "Le Coran, nouvelles approches" que j'ai eu sur les genoux une partie de l'après-midi ;)
...oui, au final, je constate que je suis en train de passer ma journée là-dessus... :study:

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