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Esaü et Jacob ou la dispute d'Israël

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Esaü et Jacob ou la dispute d'Israël

Message  Chaël le Jeu 5 Avr - 13:10

La paix soit avec vous,
ne pouvant répondre à mon interlocuteur dans un cadre strictement judaïque cf. http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t3490-de-esau-a-joseph-ou-la-confusion-d-isaac ,
j'ouvre donc ce nouveau sujet.
mister be a écrit:
Edom est le surnom de Rome.(...)
La théologie du remplacement d’IsraEl par l’Eglise a fixé l’identité spirituelle édomite de cet empire et de sa religion. ‘Essav est celui qui, armé de sa puissante apparence, revendique une responsabilité spirituelle pour laquelle il n’est pas formé par D.ieu.
D.ieu a douloureusement choisi et formé Ya’âqov.
En effet, je pense que les chrétiens qui ont appuyé la thèse de la substitution de l'"ancien Israël": les Juifs, par le "nouvel Israël": L’Église se place dans l'Héritage spirituel édomite marqué par le rouge depuis le rouge des légionnaires romains jusqu'au drapeau nazi, lequel étant flanqué de plus par un simulacre de croix chrétienne.
Écoutons Paul, l'ex pharisien zélé quand il s'adresse justement aux... Romains:

"si la racine de l’arbre est sainte, les branches le sont aussi.
De ces branches, quelques-unes ont été coupées, alors que toi, olivier sauvage, tu as été greffé parmi les branches, et tu as part désormais à la sève que donne la racine de l’olivier.
Alors, ne sois pas plein d’orgueil envers les branches ; malgré tout ton orgueil, ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte.
Tu vas me dire : « Des branches ont été coupées pour que moi, je sois greffé ! »
Fort bien ! Mais c’est à cause de leur manque de foi qu’elles ont été coupées ; tandis que toi, c’est par la foi que tu tiens bon. Ne fais pas le fanfaron, sois plutôt dans la crainte.
Car si Dieu n’a pas épargné les branches d’origine, il ne t’épargnera pas non plus."
(Rm 11.16-17)
Ne fais pas le fanfaron! Ce n'est pas toi qui porte la racine, c'est la racine qui te porte.
N'est-ce pas là une réponse magnifique pour tous ceux qui seraient tentés de se laisser aveugler par l'orgueil?
En tout état de cause, cet appel a été entendu puisque c'est bien L’Église de Rome qui a officiellement rejeté la théorie de la substitution depuis le Concile Vatican II (Nostra AEtate 1965) en confirmant le caractère irrévocable de l'Alliance de Dieu avec le peuple juif.
Cela est signifié par la Torah quand Isaac dit:
"« La voix est la voix de Jacob, mais les mains sont les mains d’Ésaü. »"(Gn 27.22)
En effet, même si l’Église reste reste héritière de l'empire romain dans sa structure, le discours n'est plus marqué par le rejet et la violence mais par le respect et l'accueil.
Ainsi l'Eglise, peuple de l'Emmanuel est trouvée digne d'être greffée au peuple d'Israël pour que les deux peuples ne forme plus qu'un c'est-à-dire le Peuple de Dieu.
Mais comme Esaü est Jacob sont jumeaux, on peut aisément les confondre et cela va dans les deux sens.
En effet, les Juifs furent les premiers à persécuter les chrétiens ce qui n'a rien d'étonnant puisqu'ils avaient persécuté Jésus auparavant.
Il y a ces paroles mystérieuses rapportées par l’Évangile selon saint Matthieu: « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »(Mt 27.25) que je mets en relation avec la demande d'Esaü à Jacob:  « Laisse-moi donc avaler cette sauce, le roux qui est là, car je suis épuisé ! »(Gn 25.30).
Pourquoi une parole mystérieuse?
Parce que pour tous les peuples le sang de Jésus, tel le sang de l'agneau de la Pâque juive, est le signe du salut, c'est Le signe de la bénédiction. Mais pour celui qui ne discerne pas le signe du salut cela peut devenir jugement:
"Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur."(1Co 11.29)
Comment cette malédiction se traduit-elle?
Alors que les chrétiens sont sensés savoir que Jésus est mort pour racheter les péchés du monde entier, les Juifs qui réclame le sang de Jésus sur eux, semblent vouloir en endosser la responsabilité exclusive (peuple déicide). Mais ce n'est pas le péché des Juifs qui a tué Jésus, c'est le péché d'Adam, présent en tout homme.
Cette faute se perpétue quand un Juif essaie de justifier l'injustifiable à savoir l'exécution de Jésus.  
Il y a aussi chez les Juifs la tentation de vouloir exclure les chrétiens de l'héritage d'Israël.
Les Juifs ne furent-ils pas les premiers persécuteurs des chrétiens?
Ceux qui agissent ainsi sont marqués par le rouge du sang du Corps du Christ (l’Église): lapidation d’Étienne (Ac.7.57-60), décapitation de l'apôtre Jacques (Ac 12.1-3). Ils échangent la bénédiction du peuple d'Israël contre le rouge qui marque le persécuteurs de ses propres frères.
Ainsi la bénédiction passe de l'un à l'autre comme Jésus le déclare aux Juifs qui le rejette: "Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits."(Mt 21.43)
Mais celui que les Juifs assimilaient à Edom, se révèle être non pas un ennemi mais un frère, bien que sa reconnaissance ne se fait pas tout de suite, en effet:
"Joseph avait reconnu ses frères, mais eux ne l’avaient pas reconnu."(Gn 42.8)
Jésus en tant que Messie est héritier de Joseph: rejeté et vendu par ses frères et vendu comme esclave à des mains étrangère (crucifixion= exécution réservée à l'esclave, exécutée par les Romains), vainqueur de la tentation, Maître de L’Égypte (des nations).
L'initiative de la reconnaissance provient donc de L’Église.
Mais Joseph tout d'abord se montre dur avec ses frères: "« Vous êtes des espions ! C’est pour découvrir les points faibles du pays que vous êtes venus ! »"(Gn 42.9): persécution des Juifs par les chrétiens y compris L’Église catholique.
Malgré tout Joseph les sauve: "partez en emportant ce qu’il faut de blé pour éviter la famine à votre clan."(Gn 42.19) et je ne peux m'empêcher de penser à tous ces chrétiens déclarés "justes parmi les nations" pour avoir sauvé des Juifs pendant la Shoa et tous ceux qui se sont battus pour mettre un terme à l'abomination nazie.
Après bien des tribulations, les Hébreux comprennent en leur chair le lien entre amour et sacrifice que Dieu veut leur enseigner à travers Joseph car Juda finit par dire au sujet de Benjamin (fils de Rachel, préféré de Jacob après la disparition de Joseph):  
"Maintenant donc, que ton serviteur reste à la place du garçon comme esclave de mon seigneur et que le garçon retourne avec ses frères !
Comment retournerai-je vers mon père sans que le garçon soit avec moi ? Je ne veux pas voir le malheur atteindre mon père ! »"
(Gn 44.33-34)
C'est une autre théologie de la substitution qui enseigné là. En effet Jésus est mort à notre place, Il s'est chargé de notre péché: "le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous."(Is 53.6). Juda découvre ainsi cette logique de en voulant se substituer à Benjamin par amour pour son père.  
La leçon étant faite Joseph se découvre à leurs yeux:
"Joseph ne put se contenir devant tous les gens de sa suite, et il s’écria : « Faites sortir tout le monde. » Quand il n’y eut plus personne auprès de lui, il se fit reconnaître de ses frères.
Il pleura si fort que les Égyptiens l’entendirent, et même la maison de Pharaon.
Il dit à ses frères : « Je suis Joseph ! Est-ce que mon père vit encore ? » Mais ses frères étaient incapables de lui répondre, tant ils étaient bouleversés de se trouver en face de lui.
Alors Joseph dit à ses frères : « Approchez-vous de moi ». Ils s’approchèrent, et il leur dit : « Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour qu’il soit emmené en Égypte.
Mais maintenant ne vous affligez pas, et ne soyez pas tourmentés de m’avoir vendu, car c’est pour vous conserver la vie que Dieu m’a envoyé ici avant vous."
(Gn 45.1-5)

La mort de Jésus sur la croix fait partie du plan de salut de Dieu et les Juifs ne doivent à eux seuls en porter l'entière responsabilité.
Les fils de mère Egyptienne avec Joseph sont bénis:
"Puis Jacob dit à Joseph : « Le Dieu-Puissant m’est apparu à Louz au pays de Canaan et il m’a béni.
Il m’a dit : “Voici que je te rendrai fécond et multiplierai ta descendance, je ferai de toi une assemblée de peuples et je donnerai ce pays à ta descendance, en propriété perpétuelle.”
Et maintenant, tes deux fils – ceux qui te sont nés au pays d’Égypte avant que je t’y rejoigne – ils sont à moi. Éphraïm et Manassé sont à moi comme Roubène et Siméon."
(Gn 48.3-5)
             
Les fils des nations que Jésus a rassemblé sont reconnus comme fils d'Israël et ils représentent une assemblée de peuples: l’Église.
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Chaël

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Re: Esaü et Jacob ou la dispute d'Israël

Message  -Ren- le Jeu 5 Avr - 16:41

Chaël a écrit:ne pouvant répondre à mon interlocuteur dans un cadre strictement judaïque cf. http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t3490-de-esau-a-joseph-ou-la-confusion-d-isaac ,
j'ouvre donc ce nouveau sujet.
Merci pour cette initiative ! :jap:

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Re: Esaü et Jacob ou la dispute d'Israël

Message  mister be le Jeu 5 Avr - 23:03

Verset 22 chapitre 27:

וַיֹּאמֶר, הַקֹּל קוֹל יַעֲקֹב, וְהַיָּדַיִם, יְדֵי עֵשָׂו.

vayomer hakol kol-Ya'akov vehayadayim yedey Essav.

La voix c’est la voix de Jacob et les mains sont les mains de Essav

 

Dans la pensée de Isaac c’est un Esaü qui parle comme Jacob puisqu’il croit que c’est Esaü. Mais dans la réalité c’est un Jacob qui a les mains d’Esaü.

 

J’isole une des 4 figures :

Jacob –Jacob.

Jacob - mains d’Esaü.

Esaü –Esaü.

Esaü - la voix de Jacob.

Un Esaü qui parle comme Jacob : Un goy lisant la bible.

Il faut donc corriger l’idée qu’il suffit de s’occuper des choses de l’esprit pour être Tsadik(Juste).

De même que l’idée qu’il suffit de s’occuper des choses de la matière pour être Rashâ(mécréant).

C’est une impression que nous avons à travers de pseudo-évidences qui au fond viennent des données immédiates de la conscience occidentale, suivant laquelle la matière est impure et l’esprit est pure. Or, la matière n’est pas impure puisque créée par D.ieu avec toutes les vocations qui vont avec. L’esprit n’est pas nécessairement pure puisque donné à l’option de la libert

Résumé :

Ce que la Torah nous raconte concerne la problématique essentielle des deux vocations humaines.

Nous en sommes au 1er moment : Nous sommes toujours dans le problème de la Qlipah Pnimit de Aram. Les deux vocations sont a prirori inconciliables : pour être un homme de la vocation matérielle il faut être entièrement un homme de la vocation matérielle.
Pour être un homme de la vocation spritituelle, il faut être entièrement un homme de la vocation spirituelle.
On ne peut pas mélanger la voix de Jacob et les mais d’Esaü. Et pourtant l’idéal est d’arriver à faire émerger un type d’homme qui serait les deux à la fois. Quand ce type d’homme - capable d’avoir la voix de Jaocb en tant que Tsadik et les mains de Essav en tant que Tsadik – apparaît l’identité messianique, et elle s’appelle Israël, synthèse réussie des deux vocations.

Jacob c’est une seule vocation et Esaü c’est une seule vocation.

Le 1er mot de Qol est écrit ‘Hasser sans le vav

Cela veut dire une voix faible.
Quand la voix de Jacob est faible alors les mains sont les mains d’Esaü. Quand la voix de Jacob est pleine, même les mains sont les mains de Jacob et cela s’appelle Israël.

La voix c’est la voix de Jacob c’est la prière
Les mains sont les mains de Esaü c’est la guerre.

« Tu ne trouves pas de prière efficace qui ne soit pas liée à la descendance de Jacob. Tu ne trouves pas de guerre triomphante qui ne soit pas liée à la descendance d’Esaü (les fabricants d’armes)».

Le drame, l’échec provient du manque de la clause de fraternité.
Nous avons évacué la pseudo-évidence que l’option matérielle mène fatalement à l’impureté. Il y a un apriori de la moralité : cela dépend de qui s’en occupe.  

Survient plus tard un personnage que la Guémara va définir comme « sitno shel Essav » l’antagoniste d’Esaü qui va être capable d’abattre Esaü et qui est Yossef - Joseph – hatsadik. Il possède la vocation temporelle et matérielle et est Tsadik. La figure, le profil d’identité de Yossef Ha-Tsadik est très importante. C’est Yéhoudah qui va hériter de la vocation spirituelle de Jacob. Le verset dit « Shémâ Hashem Qol Yéhoudah ». On retrouve dans ce verset le Qol de Yaaqov. Et lorsque Yéhoudah et Yossef s’allient alors il y a Israël.

Ce problème non résolu entre Jacob et Esaü nous allons le retrouver intériorisé dans la descendance de Yaaqov avec les deux polarités de Joseph et Judah.

Jusqu’au bout on va douter de Joseph, on va croire - Ki Kamokha Ké-Faro - qu’il a pris fait et cause pour Esaü. Il se dévoilera que Joseph est Tsadik. Et lorsque les frères se reconnaissent, le livre de Bereshit s’achève parce qu’Israël est né.

C’est donc la réussite convergente de ces deux vocations – les deux dans l’option de Tsadik – qui fait naître Israël.

Rappel des principes essentiels :

-  Il y a une destinée des vocations mais pas un destin moral et une fatalité morale.

-  La vocation d’Israël n’est pas que la vocation de Jacob.

C’est les deux vocations et lorsque les deux réussissent, il y a Israël. La preuve c’est que pour mériter l’aînesse, la Bekhorah, qui est une des étapes, recevoir le nom d’Israël, il fallait que Jacob fasse la preuve qu’il savait faire à manger lui aussi : cf l’épisode du « rouge » cette nourriture qui rend le goût de vivre à celui qui l’a perdu, Esaü.

Isaac est un prince avec quantité de serviteurs qui auraient pu servir son fils affamé... mais ici il s‘agit d’autre chose : Jacob est capable de préparer cet elixir qui rend le goût de vivre à celui qui l’a perdu. Esaü est revenu fatigué de sa propre vocation, fatigué de vivre. Il est Ayef, fatigué. Il s’est fait avoir par son problème. Comme tous ces hommes qui à force de n’avoir que des métiers et aucune vocation ont perdu le goût de vivre. C’est un peu le drame existentiel de Esaü.
Alors il cherche quelqu’un qui lui redonne le goût de vivre, une espérance : c’est Jacob préparant le roux, le plat de lentilles.

Le vol de la bénédiction :

Nous allons voir l’accusation habituellement portée contre Jacob d’avoir dérobé la bénédiction.
Isaac avait deux bénédictions différentes.

-  la bénédiction temporelle, et dans le plan de Isaac elle devait aller à Esaü avec la raisonnement suivant : Esaü a choisi la vocation temporelle et c’est très bien, il en sera capable et il partagera avec Jacob.

-  La bénédiction spirituelle celle qui vient d’Abraham et qui dans tous les cas devait être donnée à Jacob.

Verset 4 chapitre 28:

Lorsque Jacob va devoir s’enfuir devant la colère d’Esaü et aussi pour aller prendre femme dans la famille d’Abraham, alors Isaac le bénit lui disant :

וְיִתֶּן-לְךָ אֶת-בִּרְכַּת אַבְרָהָם, לְךָ וּלְזַרְעֲךָ אִתָּךְ--לְרִשְׁתְּךָ אֶת-אֶרֶץ מְגֻרֶיךָ, אֲשֶׁר-נָתַן אֱלֹהִים לְאַבְרָהָם  

Veyiten-lekha et-birkat Avraham lekha ououlezar'akha itakh

Et Il te donnera la bénédiction d’Abraham à toi et à ta postérité

lerishtekha et-erets megoureykha asher-natan Elohim le-Avraham.

Afin que tu hérites du pays de tes pérégrinations que Dieu a donné à Avraham.

Si nous nous référons aux promesses données à Avraham nous voyons qu’il y a toujours un faisceau de trois promesses à la fois qui sont rappelées à Isaac et confirmées à Jacob et qui sont : la terre, le peuple et la Torah.

Le plan est clair : il y a deux bénédictions de nature différente qui doivent être transmises.  

Jacob a choisi la vocation spirituelle :il sera béni et il partagera avec Esaü. Esaü a choisi la vocation matérielle et il sera béni et il partagera avec Jacob. C’est le plan de Isaac.

Rivqah, elle, sait que Esaü a choisi d’être Rashâ et que Jacob a choisi d’être Tsadik et que ce plan ne fonctionnera pas.
C’est pourquoi elle intervient. Elle sait que Esaü ne pourra pas être Israël parce qu’il a pris pour femmes des femmes cananéennes.
Le texte nous dit en fin du chapitre 26 que les femmes que Esaü avait prises étaient mauvaise aux yeux de Isaac et de Rebeccah.
Mais c’est Rebeccah qui prend l’initiative de dire à Isaac : « si Jacob prend des femmes cananéennes on a tout perdu, envoie-le chez mon frère. Peut-être que le miracle qui s’était produit pour la génération Isaac-Rivqah se reproduira pour Jacob ».

C’est pourquoi Rivqah va imposer par sa stratégie la seule issue possible.

Reprenons les 4 données de notre problème :

-  Un Jacob qui ne serait que Jacob c.à.d. une vocation spirituelle exclusive coupée de la vocation matérielle.

-  Esaü qui ne serait que Esaü = une vocation matérielle qui ne serait que matérielle coupée de la vocation spirituelle.

-  La prétention de la chrétienté à travers Esaü qui a sa racine en Esaü : l’homme de la vocation matérielle s’emparant de la vocation spirituelle.

-  Celle du plan de Rivqah, celle de l’histoire d’Israël, l’homme de la vocation spirituelle s’occupant de la vocation matérielle.

 

Avec les deux premières options c’est le surplace : le problème humain n’est pas résolu : la vocation spirituelle se sépare de la vocation matérielle et réciproquement.

La 3ème la prétention d’Esaü abouti à l’échec total. L’homme de la matière s’occupant du problème de l’esprit va projeter la réalité de la matière dans  l’esprit. C’est-à-dire l’impureté totale.

Avec le fait que la culture grecque - qui préfigure déjà tout ce qui va être la culture occidentale dans ce problème – a projeté dans le domaine de la vie de l’esprit les règles du matérialisme déterministe qui ne sont valable que dans le domaine matérielle.

Dans le cas romain, c’est le goy lisant la bible et disant : « c’est moi Israël ! »

Rabbi Asterix dirait : « ils sont fou ces Romains ! ».

Le Talmud prophétise que la majorité des convertis vient de Edom.

On a projeté la mort de la matière dans la vie de l’esprit. Tout le mythe chrétien tient là-dedans.

Le plan de Rivqah qui a réussi (après 6000 ans) c’est que Jacob soit capable de devenir Israël. C’est-à-dire que Jacob s’occupant des tâches matérielles les transfigure. Alors que la matière s’occupant de l’esprit la rend impure. Et la clause de fraternité n’a pas joué.

C’est ce schéma qui nous a accompagné dans l’histoire globale : il y a un antisémitisme chrétien qui est préalable au christianisme lui-même. Ce n’est pas tellement que l’antisémitisme provient du christianisme mais que le christianisme provient de l’antisémitisme des Romains.

Cette clause de la haine d’Esaü contre Jacob. C’est clair : Esaü ne peut pas aimer Jacob. Jacob ne peut pas aimer Esaü étant donné que Jacob est l’homme de l’esprit devenu Tsadik.

Rivqah le sait et Isaac ferme les yeux là-dessus car finalement c’est son plan préalable qui va réussir mais chez les enfants de Jacob avec Yéhoudah et Yossef et avec Issakhar et Zévoulon.    

Dans l’histoire c’est Rivqah qui intervient pour sauver ces principes de l’identité d’Israël qui est en cours d’engendrement. Et c’est finalement la seule équation possible dans cette problématique.
En faisant un bilan rapide : Rome est en train de découvrir que c’est Jacob qui est Israël et non pas Esaü. Nous sommes à la fin de cette histoire.

Abraham Livni a écrit un livre extraordinaire sur ce sujet dans sa virulence polémique contre le christianisme. Il ne livre au lecteur le fait qu’il est un chrétien converti qu’à la 15ème page.

C’est la 1ère fois de notre temps que le peuple juif reprend le courage de dire ce qu’il pense d’Esaü. Jusqu’à maintenant, Jacob a courbé l’échine 7 fois devant Esaü, Israël est un Jacob redressé.

Les Juifs d’Israël ne sont plus les Juifs courbés de cour. Il y a là une mise au point à faire, un bilan à faire, et Rome est en train de découvrir que Jacob est Israël. Les conséquences de cette découverte annonce la fin de Rome. Esaü est déjà fini et il ne le sait pas encore. Il l’était d’ailleurs depuis le commencement.
le nom de Essav vient de la  racine Assouï= complétement fait – fini.

La découverte préfigurative de tous les travaux des théologies contemporaines de cette espèce de projection d’identité inversée entre le chrétien et le juif est le fait que, cela concerne surtout les juifs de diaspora.
Nous sommes encore imprégnés de la culture de diaspora et il y a encore un conflit ouvert.
Pour l’israélien comme tel ce conflit est résolu et fermé : c’est Jérusalem qui est Jérusalem et non pas Rome.
L’israélien n’est pas préoccupé par le conflit chrétienté–judaïsme car c’est dépassé. C’est une absurdité que les Romains se prennent pour Israël.
Alors que nous Juifs de la diaspora avons vécu dans cet univers kafkaïen pendant 2000 ans. Il faut sortir de cela.

La fin de l’histoire est claire : Esaü finit par reconnaître que c’est Jacob qui est Israël. En d’autres termes que ce sont les Juifs qui sont Israël. Les implications de cette découverte sont énormes. Cela explique une grande partie des crispations dans l’antisémitisme israélien d’une grande partie de l’Eglise. L’état d’Israël est bien la preuve et confirme que c’est le peuple juif qui est Israël. ..

Pardon d'avoir été si long mais c'est un résumé de la parasha Toldot
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Re: Esaü et Jacob ou la dispute d'Israël

Message  Chaël le Lun 9 Avr - 17:43

La paix soit sur vous,
merci pour ce commentaire de la parasha Toldot.

Jésus Christ dit à son Église à travers saint Paul: "vous êtes corps du Christ"(1Co 12.27).
Or qu'a fait le Christ?
Lui le Tsadik: "Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché"(2Co 5.21) a revêtu l'apparence du Rashâ. Il a subi le châtiment que nous nous méritions par notre impiété.
Ainsi par la foi en Jésus Christ, les fils des nations bénéficient de la protection de son sang versé pour eux. Ils reçoivent en héritage la foi d'Israël et ainsi lui appartiennent.
Justifié par la foi reconnu fils de Dieu par le baptême, le goy se couvre de la passion du Christ, ainsi même si son géniteur (Isaac) ne le reconnaît pas, c'est bien Israël qui se cache derrière l'apparence d'Esaü.
Sans ce don spirituel issu de la foi en Jésus Christ, l'homme demeure "matériel" et ne peut comprendre les implications de la vocation spirituelle du peuple juif. Il peut devenir jaloux et laisser ainsi apparaître les germes de l'antisémitisme.
Si c'est un chrétien ou assimilé comme tel, ce ne peut être qu'un chrétien coupé de ses racines. L’Église de Rome est bâtie sur le sang qu'ont versé des juifs pour la cause du Christ (Simon Pierre et Paul). C'est de cette Église que Jésus Christ a dit: "la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle"(Mt 16.18) tandis que concernant le Temple il avait dit: "« Vous voyez tout cela, n’est-ce pas ? Amen, je vous le dis : il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit. »"(Mt 24.2).
En Jésus Christ la synthèse entre le matériel et le spirituel est accomplie.
Par l'Incarnation du Verbe, la vocation humaine est rétablie, la chair est rendue capable de célébrer et de rendre gloire au Seigneur. En Jésus Christ sur Lequel est répandu l'Esprit du Seigneur, le cœur de pierre devient coeur de chair.
Par sa résurrection la matière corrompue, celle qui a connu les affres du péché, devient glorieuse.
Ceux qui se plongent dans la mort de Jésus Christ dans le baptême, ressuscitent avec Lui:  "Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements : Je vais faire entrer en vous l’esprit, et vous vivrez."(Ez 37.5)
Jésus Christ n'est pas le Roi parmi les nations de ceux qui combattent le judaïsme, bien au contraire plus les temps avanceront, plus Il se révèlera comme le défenseur des Juifs. En tant que "Fils de Joseph", il se révèle être roi parmi les nations. C'est devant Lui, le prenant pour Esaü que les fils de Jacob ont courbé 7 fois l'échine.
Mais en tant que Fils de David, Il est le Roi des Juifs.
Lorsque Yossef et Yéhoudah s'allient alors il y a Israël. Lorsque l’Église de Jésus Christ et le judaïsme s'unissent alors il y a Israël c'est-à-dire le peuple du Dieu d'Israël.
C'est l’Église qui représente l'héritage spirituel d'Israël car en elle il n'y a pas de prétentions matérielles car hormis leurs lieux saints, les chrétiens ne revendiquent pas la terre d'Israël.
Les chrétiens ne réclament même pas d'être agrégés à Israël, mais c'est un don qu'ils reçoivent gratuitement en même temps qu'ils reçoivent la foi dans le Dieu d'Abraham à travers la foi en Jésus Christ.
C'est au peuple juif également d'être marqué dans sa chair par la Torah (circoncision et autres commandements).
Les Juifs reçoivent donc un héritage spirituel et matériel.
Le transfert de bénédiction se fait par le rouge, l'eucharistie.
"Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »
Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous,
car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés.
"(Mt 26.26-28)
Ainsi Jésus donne à manger à son Église le "rouge" de son corps et de son sang. Ceux qui étaient jusque là relégués deviennent les bénis, ils entrent dans l'Alliance nouvelle et éternelle.
Le risque pour les Juifs serait d'oublier le Messie.
Ce serait de se croire en sécurité en ne comptant que sur ses propres forces.
Or si le Messie, tel Joseph, se cache derrière une appartenance aux nations, l’Écriture sainte nous montre à quel point le salut des Juifs dépend des nations:
Joseph sauve les Hébreux en tant que: Safnath-Panéah et a pour femme Asnath l’égyptienne
Moïse avant de devenir le sauveur de son peuple est lui-même sauvé des eaux par la fille du pharaon qui lui donne son nom et le traite comme son propre fils. Il a épousé une femme éthiopienne.
Esther sauve son peuple par son mariage avec Assuerus le roi de Perse.
L'alliance entre les Juifs et les nations imprègne l’Écriture et est synonyme de salut. C'est à travers le Messie que se réalise cette alliance.
La rejeter, ne serait-ce pas comme rejeter le Messie?
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Re: Esaü et Jacob ou la dispute d'Israël

Message  mister be le Lun 9 Avr - 20:06

Je supploie à peu près à tout ce que vous écrivez sauf, selon moi qu'Israël ne se cache pas derrière l'apparence d' Essav car toujours selon moi Israël est le résultat de la lutte entre Yaakov et Esav.
C'est bien aujourd'hui les fils de Yaakov qui refusent de reconnaître la messianité de Yéshoua et je pense que les textes sont très claires là-dessus

-soit Esaü reste Esaü et Jacob reste Jacob et dans les deux cas, c’est l’échec puisqu’il faut unifier ces deux mondes,(Maison de judah et maison d'Israël)

Je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle (Jér. 31:31).
cette alliance nouvelle rendrait possible le pardon des péchés sans que des sacrifices d’animaux soient nécessaires. Des siècles plus tard, Yéshoua a institué le Repas du Seigneur, le 14 Nisan . À propos de la coupe de vin, il a dit à ses 11 apôtres fidèles : « Cette coupe représente la nouvelle alliance grâce à mon sang, qui va être répandu pour vous » (Luc 22:20). Matthieu, pour sa part, rapporte ainsi ce qu’a dit Jésus au sujet du vin : « Ceci représente mon “sang de l’alliance”, qui va être répandu en faveur de beaucoup pour le pardon des péchés » (Mat. 26:27, 28). Le sang versé de Yéshoua valide la nouvelle alliance(Brit Hadasha veut dire aussi l'Alliance renouvelée car en fait depuis Adam jusqu'à Masshia'h, c'est toujours la même alliance). De plus, il rend possible le pardon définitif des péchés


- soit un Esaü qui se prend pour Israël : la voix c’est la voix de Jacob et les mains sont les mains d’Esaü : ce que la chrétienté a réussi dans l’histoire : la première rencontre avec un curé est la rencontre d’un romain qui parle comme un hébreux citant la bible avec une voix empruntée. Le curé citant la bible cela fait froid dans le dos, c’est la terreur d’Isaac : les chrétiens ont inversé leur croix et en ont fait une épée...

C’est pourquoi Rivqah réussit à ce que Jacob qui a pour vocation la vie spirituelle assume aussi les tâches de la vie matérielle et c’est cela Israël.
C’est le grand débat entre l’Israël des israéliens et les Juifs des communautés juives de l’exil.
Ces communautés juives de l’exil se définissent comme Israël voué à l’esprit et la matière est laissée aux Goyim chez lesquels ils vivent. Alors qu’Israël, c’est Jacob qui réussit les tâches de Esaü, c’est-à-dire les tâches matérielles en tant qu’il est Israël. Le niveau Jacob et le niveau Israël sont toujours en tension : quand Jacob a peur des tâches matérielles, c’est le juif du ghetto. Lorsque Jacob réussit les tâches d’Esaü et reste Tsadik, c’est Israël.

Jacob lutte d’en-bas contre le Sar de Essav en haut et Dieu attend que Jacob gagne finalement contre lui-même puisque le Sar de Essav, c’est aussi Dieu. C’est dire si l’épreuve est sérieuse. Ce n’est pas un effet de style littéraire, c’est la réalité que nous vivons à l’extérieur dans notre confrontation aux puissances des civilisations qui sont des mythes vivant qu’elles véhiculent etc... Abraham déjà avait réussi à détruire les idoles, c’est ce qu’Israël fait à travers l’histoire. Nous luttons contre des forces réelles.

un Sar est vraiment un Sar Shel Maalah, c’est donc une vraie terreur de lutter contre de telles puissances. Elles sont un infini en soi.

Actuellement, déjà depuis une centaine d’années nous essayons contre l’assimilation de lutter avec les valeurs permanentes du judaïsme contre les grandes cultures des Goyim.Pour lutter contre ces géants que sont la culture grecque ou romaine... leurs universités...

C’est la manière d’être homme des Juifs et d’Israël, qui le veuille ou pas qu’il le sache ou pas, qui est Jacob luttant contre l’ange. Nous luttons vraiment contre ces forces infinies avec un bâton dans la main.

Je suis heureux de vous lire Chaël :pok:






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mister be

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Re: Esaü et Jacob ou la dispute d'Israël

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