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Interprétation chrétienne de "Vous êtes des dieux" et de « Celui que le Père à consacré » (Jn 10,31-42)

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Interprétation chrétienne de "Vous êtes des dieux" et de « Celui que le Père à consacré » (Jn 10,31-42) Empty Interprétation chrétienne de "Vous êtes des dieux" et de « Celui que le Père à consacré » (Jn 10,31-42)

Message  Roque le Ven 5 Aoû - 17:37

" Vous êtes des dieux " (Jn 10, 34)

Source : La sève et le sarment. Homélies au Carmel sur l'Evangile de Jean. Jean Levêque.

Dans sa réponse à ceux qui veulent le lapider, Jésus fait passer un enseignement très profond sur sa personne et sa mission.

« Toi qui n’es qu’'un homme, tu te fais Dieu": tel est le reproche que l'on fait à Jésus, un reproche de blasphème. Jésus répond en citant cette parole de Dieu dans l'Écriture: " J'ai dit: Vous êtes des dieux ! "

+ Dans le psaume cité (Ps 82.6), Dieu s'adresse aux mauvais juges, pour leur rappeler qu'ils sont des êtres fragiles: « Moi, j'avais dit : Vous êtes des dieux, des fils du Très-Haut, vous tous. Mais non ! Comme tout homme vous mourrez ! ».

Pourquoi les juges sont-ils comparés à des fils du Très-Haut ? Parce que leur fonction, en fait, est une fonction divine (Ex 21,6; 22,9; Dt 1,17; Dt 19,17) et que le jugement appartient à Dieu seul. On comprend dès lors la réponse et le raisonnement de Jésus: si déjà on appelle des juges " fils du Très-Haut " parce que leur sentence reflète en quelque sorte une parole de Dieu, à plus forte raison Jésus mérite-t-il le titre de Fils de Dieu, puisqu'il est même toute la Parole de Dieu !

On ne peut abolir les Écritures, insiste Jésus. Cette parole du psaume doit trouver son accomplissement; justement, c'est lui qui l'accomplit, lui, le Juge suprême, lui, l'Envoyé de Dieu

Note complémentaire sur les "dieux" ou "fils de Dieu" qui sont, en fait, des "élohim" et des "fils de élohim" dans l'Ancien Testament

Dans le texte hébreu, ce qui est traduit en français par : « vous êtes des dieux » (Ps 82,6) s’écrit : « אֱלֹהִים אַתֶּם » dévrait être traduit par : « vous êtes des élohims ».

Ce verset (Ps 82,6) peut être rapproché de la thématique des « Fils de Dieu (élohim) » pour deux raisons ; d’abord parce que ces Fils de Dieu font partie de l’audience de Dieu (Jb 2,1-3 ; 1 R 22,19-22 ; Ps 82,1 ; Dn 7,9-10 et Ap 5,11), c'est-à-dire le conseil de jugement et de gouvernement de Dieu et en second lieu parce que ces Fils de Dieu sont eux-mêmes des « élohims ». En effet : « les Fils de Dieu s’écrit «בְּנֵי הָאֱלֹהִים » en hébreu, on y reconnait le mot « élohims » en rouge. Source : http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t296-vous-etes-des-dieux-des-fils-du-tres-haut#6883

On trouve ces « élohims- Fils de Dieu » en 13 occurrences : Gn 6,2 ; Gn 6,4 ; Dt 32, 8 ; Dt 32, 43 ; Os 2, 1 ; Jb 1,6 ; Jb 2,1 ; Jb 38,7, Ps 29,1 ; Ps 38, 7 ; Ps 89,7 ; Dn 3, 25 et Sg 2, 18 (TOB + SF et vraiantes). Voir : http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t1271-qui-sont-ces-fils-de-elohim#31031 Ils sont en règles traduit par le pluriel : « les Fils de Dieu » et non par le singulier : « le Fils de Dieu », sauf Ps 29,1 mais le contexte n'autorise pas la confusion. Dans certaines versions de la Bible, on trouve également ces « élohims- Fils de Dieu » en Dt 32,8 et Dt 32,43 (versets additifs). Les élohims entendus au sens des « fils de Dieu » sont sans doute dérivés de la mythologie cananéenne. Dans la Bible YHWH n’ayant pas d’épouse, cette dénomination n’a plus qu’une signification atténuée : elle souligne seulement la participation des anges à la vie céleste (Source : Vocabulaire de Théologie Biblique, article « Fils »)

On trouve ces « élohims » aussi traduits par « dieux » en français dans de très nombreuses occurrences de la Bible en hébreu. Ce mot « élohim » (féminin pluriel) n’apparait pratiquement plus dans certaines traductions françaises récentes (TOB) cependant il existe bel et bien dans le texte hébreu. Ce mot " élohim " est traduit de diverses manières selon les contextes : TOB ou version juive sur sefarim.fr (SF). :

- « וִהְיִיתֶם, כֵּאלֹהִים » (Gn 3,5) qui se traduit par « vous serez comme Dieu » (SF) ou « vous serez comme des dieux » (TOB). Rappelons que ce verset (Gn 3,5) est la suggestion du serpent à Adam et Eve ;

- « בְּקֶרֶב אֱלֹהִים » (Ps 82,1) qui se traduit par « au milieu des juges » (SF) ou « au milieu des dieux » (TOB) ;

- « בִּבְנֵי אֵלִים » (Ps 89,7) qui se traduit par « parmi les fils de Dieu » (SF) ou « parmi les dieux » (TOB).

- « אֱלֹהִים יְהוָה » (Ps 50,1) littéralement : « YHWH, élohims » qui se traduit par « Le Dieu tout-puissant, l’Eternel » (SF) ou « Le Dieu des dieux, le Seigneur » (TOB) ;

- « אֱלֹהִים אֲחֵרִים » (R 9,6) qui se traduit pas « des dieux étrangers » (SF) ou « d’autres dieux » (TOB). Soulignons qu’il s’agit ici des « faux dieux » en quelque sorte les « élohims étrangers » ou les « faux élohims » à qui le Peuple d’Israël ne doit pas rendre de culte et dont il ne doit pas se faire d’images (c'est-à-dire des idoles).

Dans tout l'Ancien Testament on ne trouve qu'une autre occurrence de l'expression " fils de Dieu " en Sg 2,18 (TOB). La filiation du Peuple d'Israël ou la filiation dans la lignée royale de David sont, certes, des thèmes majeurs de la Bible, mais elles ne sont jamais exprimées en passant par l'expression littérale " fils de Dieu ". Exemple : " Je publierai le décret : le Seigneur m'a dit: " Tu es mon fils; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. " (Ps 2,7)

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Conséquence pour l’interprétation de « vous êtes des dieux » (Jn 10, 34).

Jésus aurait dit « vous êtes des dieux » (Jn 10, 34), mais une interprétation comprend : « vous êtes divins, c’est-à-dire « vous êtes des dieux au même sens que moi-même. » Ce qui signifierait indirectement un aveu de Jésus : « Entre nous : ni vous, ni moi nous ne sommes Dieu ».

Cette interprétation fait l’impasse ou se trompe sur plusieurs éléments de compréhension du texte :

1. Premier point : Jésus ne dit pas de Lui-même à ses interlocuteurs : « Vous êtes des dieux », Il cite l’Ecriture - le psaume 82 verset 6 : « Moi, j'avais dit : Vous êtes des dieux, des fils du Très-Haut, vous tous. Mais non ! Comme tout homme vous mourrez ! » (version Bible de Jérusalem). Il est donc important de savoir qui seraient ces « élohims » ou « fils de élohim » ou « fils du Très Haut » - dans l’Ancien Testament - pour comprendre de quoi parle Jésus ;

2. Second point : dans l’Ancien Testament, ces « élohim » ou « fils de élohim » sont soit des « anges » au jugement de Dieu au ciel, soit des « juges » ou des « justes » quand l’expression est appliquées à des hommes sur terre. Voir l’analyse détaillée sur : http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t1271-qui-sont-ces-fils-de-elohim#31031. L’expression n’évoque ni une filiation charnelle, ni une nature divine au sens propre malgré certaines traductions dans la Bible juive, même. Cette expression n’a aucun rapport non plus avec l’idée chrétienne du Verbe de Dieu, Fils Unique Engendré de l’Evangile de Jean.

3. Troisième point : le psaume 82 vise les juges et princes d’Israël – non l’israélite de base auquel s’adresse Jésus. La note TOB de Jn 10, 34 explique pourquoi et comment Jésus cite ce psaume 82, 6 « l’exégèse juive appliquait cette parole non seulement aux juges, mais à l’ensemble des Israélites. Il est a fortiori normal d’appliquer la formule à l’envoyé par excellence : il n’y a donc pas de raison de parler de blasphème ».

4. Quatrième point : par avance, il faut lever la confusion habituelle sur le terme « envoyé » dans le Nouveau Testament. Voir : http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t277-lenvoye-de-dieu-des-evangiles-cest-le-fils-de-dieu. Dans les Evangiles, ce terme est utilisé pour Jean Baptiste et Jésus. Dans le cas de Jésus, les Evangiles associent constamment : Jésus « celui qui est envoyé » et Jésus « fils de Dieu » (Jn 3,13 ; Jn 3,17-18 ; Jn 5,21-27 ; 1 Jn 4,9-10 ; 1 Jn 4,14-16 et Gal 4, 4-6). Jésus affirme que celui qui n’honore pas Jésus, le Fils, au même titre que le Père ne connaît et n’honore pas Dieu. Exemple : « Le Père ne juge personne, il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils, n'honore pas non plus le Père qui l'a envoyé. » (Jn 5,22-23). Une même déclaration de Jésus de même contenu se retrouve en Jn 3,17-18 ; Jn 3,32-33 ; Jn 3,34-36 ; Jn 6,27 ; Jn 12,44-48 ; Jn 15,23-24 et Jn 16,2-3. En Jean : 1 Jn 2,22-23 ; 1 Jn 4,14 -15 ; 1 Jn 5,18-21 et 1 Jn 2,23-25 et ).

5. Essai d’interprétation de Jn 10, 22 à 39 : replaçons maintenant la déclaration de Jésus dans le récit évangélique – au lieu de s’en tenir, comme trop souvent, à une version tronquée du verset de Jn 10, 34 :

22 : « On célébrait alors à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. » […]
La fête juive de la Dédicace du Temple ou Hannoukka se situe vers la 15 décembre et c’est aussi la date de naissance de Jésus dans la tradition araméenne (voir plus bas)
24-31 : « Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le-nous ouvertement ! » Jésus leur répondit : « Je vous l'ai dit et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père me rendent témoignage, mais vous ne me croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix et je les connais et elles viennent à ma suite. Et moi, je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais et personne ne pourra les arracher de ma main. Mon Père qui me les a données est plus grand que tout, et nul n'a le pouvoir d'arracher quelque chose de la main du Père. Moi et le Père nous sommes un. » Les Juifs, à nouveau, ramassèrent des pierres pour le lapider.
L’œuvre de Jésus est celle du Père, celle que le Père Lui a donnée à faire. Elle consiste à prendre à sa suite les brebis que le Père Lui a données. Le Père est Tout Puissant. Jésus et le Père sont UN. Première affirmation de Communion parfaite entre le Père et Jésus et donc affirmation par Jésus de Sa divinité. Premier blasphème et première tentative de lapidation.
34-35 : Jésus leur répondit : « N'a-t-il pas été écrit dans votre Loi : J'ai dit: vous êtes des élohim ? Il arrive donc à la Loi d'appeler élohim ceux auxquels la parole de Dieu fut adressée. Or nul ne peut abolir l'Écriture. A celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous dites : « Tu blasphèmes », parce que j'ai affirmé que je suis le fils de élohim. "
Jésus dit : affirmer je suis un « fils d’élohim » - au sens du psaume 82 - n’est pas un blasphème cette expression peut vous être appliquée à vous aussi. Cette expression s’applique non à de vrais dieux, mais à des hommes. Le psaume dit en effet bien que ces juges humains sont des mortels : « Mais non ! Comme tout homme vous mourrez ! » (Ps 82, 6). Je suis Celui qui a été consacré et Celui a été envoyé par le Père. Par excellence Je mérite plus que tout autre ce titre de « fils d’élohim ». Quand Jésus dit : « Nul ne peut abolir l’Ecriture », il suggère que le le psaume 82 a une valeur prophétique. Il signifie que – par son humanité – Il accomplit la figure du « fils de élohim » au sens de l’Ancien Testament. Indirectement cela signifie aussi que Jésus est un Juge - digne de ce titre – à la différence de ceux qui L’ont précédé.
38-39 : « afin que vous connaissiez et que vous sachiez bien que le Père est en moi comme je suis dans le Père. " Alors, une fois de plus, ils cherchèrent à l'arrêter, mais il échappa de leurs mains. »
Second blasphème et seconde tentative de lapidation.


6. Ma compréhension du blasphème ressenti par les auditeurs de Jésus:

Je vois un blasphème à plusieurs dimensions - en quelque sorte - à plusieurs étages « ajoutés » les uns sur les autres. Ce qui est innovant et sans doute choquant pour les juifs, c’est que Jésus cumule et concentre trois affirmations :
1. Jésus dit que le Père Tout Puissant et Lui sont UN. Jésus ne dit pas seulement que Dieu est son Père, il affirme une intimité sans limite entre le Père et Lui ;
2. Jésus affirme par cette intimité ou Communion sans limite avec le Père: Sa divinité ;
3. Jésus suggère qu’il est – à titre personnel - l’accomplissement du « fils de élohim » de l’Ancien Testament. Indirectement, Jésus affirme aussi qu’Il est LE juste Juge prophétisé au psaume 82 sur l’ensemble du Peuple d’Israël ; -
4. Jésus affirme le jour de la consécration du Temple qu’Il est LE consacré du Père ;
5. Jésus affirme – également – qu’Il est L’envoyé du Père ;
6. Jésus affirme Son intériorité et Sa réciprocité parfaite, c’est-à-dire sa Communion parfaite avec le Père : « le Père est en moi comme je suis dans le Père » ;
7. Jésus affirme par cette intériorité et cette réciprocité parfaite avec le Père : Sa divinité.

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" Celui que le Père a consacré " (Jn 10, 36)

Source : La sève et le sarment. Homélies au Carmel sur l'Evangile de Jean. Jean Levêque

+ Jésus ajoute: "Je suis celui, que le Père a consacré "; et cette parole prend tout son sens dans le cadre de la Dédicace, fête qu'on célébrait alors à Jérusalem-

L’Evangile de Jean (chapitres 5 à 10) présente successivement le sabbat et toutes les grandes fêtes du Temple, soulignant à chaque fois l'accomplissement apporté par Jésus :

1. À propos de l'aveugle-né et du sabbat (chapitre 5), Jésus se défendait en disant: Je fais simplement. en tant que Fils ce que le Père lui-même continue de faire le jour du sabbat : donner la vie et juger ceux qui retournent à lui ;

2. Dans le cadre de la Pâque (chapitre 6), Jésus a remplacé la manne de l'Exode en multipliant les pains, lui, le pain vivant venu du ciel ;

3. À la fête des Huttes (chapitre 7), où avaient lieu les rites du puisage de l'eau à Gihôn et l’illumination des parvis du Temple, Jésus s'est présenté solennellement comme la source de l'eau vive et la lumière du monde ;

4. Et maintenant, lors de la fête de la Dédicace (chapitre l0), où l'on célébrait la consécration de tous les temples s'étaient qui s’était succédés à Jérusalem, Jésus proclame qu'il est lui-même celui que le Père a consacré comme le nouveau Temple (Jn 1,14) et comme le Saint de Dieu (Jn 6,69) ;

+ À nous aussi la parole de Dieu a été adressée, et nous aussi sommes fils et filles du Très-haut. A quelques jours du grand anniversaire du passage pascal de Jésus à son Père, nous comprenons toute la force de la parole de saint Jean : « Voyez quel grand amour le Père nous a montré: que nous soyons appelés enfants de et nous le sommes » (1 Jn 3,1).

Nous le sommes et nous savons à qui nous le devons: nous sommes fils dans le Fils, filles dans le Fils, et c’est vers le Fils que nous nous tournons dans la foi, pour lui dire, au cœur de cette Eucharistie:

« Oui, Seigneur, tu es celui que Dieu a consacré et envoyé dans le monde,
tu fais encore aujourd'hui les œuvres du Père,
tu es dans le Père et le Père est en toi,
tu es le Fils de Dieu
».


Note complémentaire sur " Celui que le Père a consacré "

La fête juive de la Dédicace du Temple: Hannoukka

Cet épisode de l’Evangile de Jean (Jn 10,31-42) a lieu, comme il vient d’être dit, le jour de la Dédicace du Temple de Jérusalem (Jn 10,22). Cette fête marque le triomphe de la résistance juive contre la persécution d’Antiochus IV – après 10 ans de guerre – en 165 avant l’ère commune. La date de cette fête est celle de la purification du Temple et de la consécration de l’autel : le 25 kislev (2 M 10,5-6).

On raconte que lorsque les Juifs voulurent rallumer la lampe perpétuelle, ils ne trouvèrent qu'une seule fiole d'huile pure, scellée par le Grand Prêtre, une seule fiole d'huile épargnée des souillures, une quantité à peine suffisante pour brûler tout un jour et huit jours étaient nécessaires pour que les prêtres puissent préparer une nouvelle provision... Or par miracle cette fiole d'huile permit d’entretenir l'éclat de la lampe du Temple durant huit jours, miracle qui est à l'origine de la prescription de la fête de Hanoukka. Cette lumière symbolise le rayonnement de la Tora, la victoire d'un petit nombre sur le grand, de l'esprit sur la force, la supériorité du judaïsme sur le paganisme, l'âme impérissable d'Israël. http://www.sefarad.org/publication/lm/045/12.html

Ce 25 kislew est aussi la date de naissance de Jésus dans la tradition araméenne, ce qui tombe vers le 15 décembre et non le 25 décembre.


Le baptême de Jean figure de Mort et de Résurrection

Matthieu à la différence de Luc, choisit de présenter les histoires de Jean baptiste et de Jésus comme des histoires qui s’entremêlent et s’influencent. Jean Baptiste dit de Jésus : « celui qui vient après moi » (Mt 3,11) ce qui signifie que l’évangéliste Matthieu fait de Jésus un disciple de Jean Baptiste. L’annonce initiale de Jésus est : « Convertissez-vous : le Règne des cieux s’est approché » (Mt 3,2). Matthieu met dans la bouche de Jésus la même annonce que Jean Baptiste (Mc 4,17). Matthieu veut ainsi montrer la continuité entre Jean baptiste et Jésus. Jean Baptiste préfigure ainsi Jésus par sa personnalité et par sa vie, vouée au martyr. Jean-Baptiste est précurseur de Jésus par son annonce du Règne de Dieu, mais aussi parce qu’il est l’occasion et le témoin privilégié de la descente de l’Esprit Saint sur Jésus.

Jean Baptiste comprend que le Jourdain – qui signifie « descente » est lieu de mort symbolique pour Jésus. Mais Jésus lui confirme qu’il l’accompagnera, lui aussi : Jean, dans la descente à cette mort : « c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice. » (Mt 3,15) Ainsi Jean Baptiste, ayant compris bien avant les Apôtres le sens de l’accomplissement dans le martyr, comprend aussi qu’il est l’ami de l’Epoux qui n’a plus qu’à se réjouir et à disparaître : « Celui qui a l'épouse est l'époux; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il l'écoute et la voix de l'époux le comble de joie. Telle est ma joie, elle est parfaite. Il faut qu'il grandisse et que moi, je diminue. » (Jn 3.29)

Le baptême de Jean Baptiste est singulier : les pénitents ne se plongent pas eux-mêmes dans l’eau, mais c’est Jean Baptiste qui donne lui-même le baptême : « Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui; ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en confessant leurs péchés. » (Mc 1,5). Ce baptême est le rituel juif prévu pour le baptême des prosélytes et des esclaves. Si Jean baptise lui-même ses pénitents juifs, il signifie qu’il les considère comme ayant rompu l’alliance et comme des esclaves, esclaves du péché. Jésus accepte ce baptême de pécheur et d’esclave : « Laisse faire pour le moment, c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice. » (Mt 3,15). Jésus n’avoue pas de péché, mais la situation s’inverse en quelque sorte, c’est Jean Baptiste qui avoue : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi et c’est toi qui viens à moi ! ». (Mt 3,14) Jean Baptiste reconnait donc que son baptême ne marque qu’une intention de conversion, mais n’a pas la force suffisante pour lutter contre le mal et apporter la grâce de la conversion effective : « Moi, je vous baptise dans l'eau en vue de la conversion; mais celui qui vient après moi est plus fort que moi: je ne suis pas digne de lui ôter ses sandales; lui, il vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. » (Mt 3,8 ) Le lieu choisi par Jean Baptiste pour effectuer est le baptême est aussi symbolique de la réintroduction dans la l’Alliance, car c’est en ce lieu du Jourdain que le Peuple hébreu pénétra dans la Terre Promise au temps de Josué (Jos 3,1-17)

La consécration trinitaire de Jésus lors de Son baptême par Jean

« Voici que les cieux s’ouvrirent » (Mt 3,16b) est une allusion à : « … Ah! si tu déchirais les cieux et si tu descendais, tel que les montagnes soient secouées devant toi. » (Is 63,19b) qui rappelle la venue du Règne des cieux, la venue de Dieu, Lui-même, parmi les hommes pour refaire les merveilles de l’Exode, redonner la vraie liberté et la nouvelle alliance.

« il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui » (Mt 3,16b) La descente de l’Esprit Saint est chez Matthieu le témoignage de Dieu, même, car chez Matthieu l’Esprit est identique à Dieu. La colombe évoque les épousailles du Cantique des Cantiques, autre image de l’alliance. C'est là que Jean Baptiste comprend que Jésus est désigné comme l’Epoux, c'est-à-dire Dieu. Le peuple d’Israël est « épouse de Dieu ». Ainsi le nouveau peuple inauguré par le baptême le fait entrer dans une alliance d’épousailles.

« Et voici qu'une voix venant des cieux disait: " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu'il m'a plu de choisir. » (Mt 3,16c) Avec l’affirmation de la divinité de Jésus, comme Epoux, la descente de l’Esprit et la voix du Père, la présence trinitaire est affirmée. Le Fils reçoit aussi le double témoignage du Père et de l’Esprit : « Celui-ci est mon fils bien aimé » (Mt 3,17) ; ce terme de " fils bien aimé " désigne le bon plaisir du roi, la liberté divine, la prédilection el l’élection. La voix du Père convoque aussi la théologie du Serviteur souffrant d’Isaïe d’où est extraite la citation : souffrance, mort innocente et rédemptrice. Cette voix rappelle en effet, dans Isaïe : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu que préfère mon âme. J’ai mis sur lui mon Esprit pour qu’il parle aux nations » (Is 42,1). En traduisant (également en Mt 12,18) « serviteur » par « fils » Matthieu veut signifier que les deux termes sont pour lui équivalents. Le terme grec veut dire en effet « serviteur » ou « jeune enfant ». Il y a l’idée de naissance – comme lors du sacre royal – comme une sorte de naissance adoptive. La lignée de David a fait l’objet d’une élection particulière qui associe de façon définitive la lignée davidique et le Peuple de Dieu : « Je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils » (2 S 7,14 ; cf. Ps 89,27s). désormais le titre de « fils de YHWH » est un titre royal et deviendra naturellement un titre messianique (Ps 2,7) quand l’eschatologie prophétique visera la naissance du roi par excellence (Is 7,14 ; Is 9,1, etc.). C'est après avoir entendu la voix du Père que Jean Baptiste témoigne, avant tout autre, que Jésus est le Fils de Dieu (Jn 1,34)

Lors du baptême de Jean, Jésus reçoit du Père et de l'Esprit la consécration qui est filiation et don de l’Esprit en vue de la mission qu’il a à accomplir par sa Mort et Sa Résurrection. En résumé, Jésus est consacré, c'est à dire qu'Il reçoit d'adoption filiale du Père et la force de l'Esprit pour Sa mission terrestre qui est de faire Son chemin de Croix jusqu'à bout, c'est à dire jusqu'à la Résurrection.

Roque

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