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Révolutions pays arabes

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Message  -Ren- le Dim 13 Fév - 21:48

Un passionnant article dans Le Monde :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/12/revolution-post-islamiste_1478858_3232.html#ens_id=1470465  :study:

Extraits :
L'opinion européenne interprète les soulèvements populaires en Afrique du Nord et en Egypte à travers une grille vieille de plus de trente ans : la révolution islamique d'Iran (...) Mais si l'on regarde ceux qui ont lancé le mouvement, il est évident qu'il s'agit d'une génération post-islamiste. Les grands mouvements révolutionnaires des années 1970 et 1980, pour eux c'est de l'histoire ancienne, celles de leurs parents (...) Cette génération est pluraliste, sans doute parce qu'elle est aussi plus individualiste (...) Nous appelons islamistes ceux qui voient dans l'islam une idéologie politique à même de résoudre tous les problèmes de la société. Les plus radicaux ont quitté la scène pour le jihad international et ne sont plus là (...) Le jihad global est complètement déconnecté des mouvements sociaux et des luttes nationales (...) C'est le paradoxe de l'islamisation : elle a largement dépolitisé l'islam. La réislamisation sociale et culturelle (le port du voile, le nombre de mosquées, la multiplication des prêcheurs, des chaînes de télévision religieuses) s'est faite en dehors des militants islamistes, elle a aussi ouvert un "marché religieux" dont plus personne n'a le monopole (...)


Dernière édition par -Ren- le Sam 18 Avr - 15:21, édité 3 fois (Raison : Mise en Post-it)

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Message  brutus le Lun 14 Fév - 7:18

-Ren- a écrit:Un passionnant article dans Le Monde :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/12/revolution-post-islamiste_1478858_3232.html#ens_id=1470465 :study:

Extraits :
L'opinion européenne interprète les soulèvements populaires en Afrique du Nord et en Egypte à travers une grille vieille de plus de trente ans : la révolution islamique d'Iran (...) Mais si l'on regarde ceux qui ont lancé le mouvement, il est évident qu'il s'agit d'une génération post-islamiste. Les grands mouvements révolutionnaires des années 1970 et 1980, pour eux c'est de l'histoire ancienne, celles de leurs parents (...) Cette génération est pluraliste, sans doute parce qu'elle est aussi plus individualiste (...) Nous appelons islamistes ceux qui voient dans l'islam une idéologie politique à même de résoudre tous les problèmes de la société. Les plus radicaux ont quitté la scène pour le jihad international et ne sont plus là (...) Le jihad global est complètement déconnecté des mouvements sociaux et des luttes nationales (...) C'est le paradoxe de l'islamisation : elle a largement dépolitisé l'islam. La réislamisation sociale et culturelle (le port du voile, le nombre de mosquées, la multiplication des prêcheurs, des chaînes de télévision religieuses) s'est faite en dehors des militants islamistes, elle a aussi ouvert un "marché religieux" dont plus personne n'a le monopole (...)


Il faut être patient et voir dans l'avenir car certains ne vont pas manquer d'en profiter pour imposer leurs propres vues.
A suivre.......................
Mais chapeau pour les égyptiens qui remettent tout en état dans leurs villes.

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Message  -Aâya- le Lun 14 Fév - 23:16

Nous appelons islamistes ceux qui voient dans l'islam une idéologie politique à même de résoudre tous les problèmes de la société.

Les jeunes veulent vivre dignement, avoir un travail, un foyer ... La religion, certes, reste importante, mais parmi ceux qui revendiquent l'islam politique à leurs heures seront les premiers à mettre cela de côté si on leur propose un bon emploi, un bon logement etc.

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Message  brutus le Mar 15 Fév - 7:04

L'Iran, La Syrie, L'Algérie sont dans le collimateur des opposants et les dictature mollachiques ne l'accepte pas
L'erreur de l'islam c'est de croire qu'il est le seul à pouvoir résoudre les problèmes humains de la politique .
La religion et le pouvoir temporel ne font pas bon ménage car souvent les régimes religieux deviennent des pouvoirs tout aussi corrompus et dictatorial que les pouvoirs qu'ils ont renversés. L'Iran en est un exemple flagrant.
Les monarchie musulmanes se font des cheveux blancs et panique ?

Oui avoir un travail , un logement, de quoi faire vivre une famille sont les motifs essentiels de ces "révolutions" mais l'avidité de pourvoir existe toujours.
Mais la Tunisie , l'Egypte ne sont pas l'Iran ou l’Afghanistan Heureusement pour le monde islamique et heureusement pour le monde entier.

Les salafistes dont on ne parlent pas beaucoup sont un danger pour la paix car il sont trés anti face à ce qui n'est pas arabomusulman.

Il faut aussi tenir compte que l'influence arabe pert du terrain car les arabes origine de l'islam sont de moins en moins nombreux face aux pays comme l’Indonésie, et les pays asiatiques musulmans.

Ce qui apporte de la crainte c'est les expériences iraniennes et afghanes.
La crainte apporte la méfiance
La méfiance apporte la peur.
La peur apporte la déraison.

Les musulmans sont des gens raisonnables.

La justice Oui, La vengeance Non .

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Message  -Ren- le Mar 15 Fév - 7:24

brutus a écrit:L'Iran, La Syrie, L'Algérie sont dans le collimateur des opposants et les dictature mollachiques ne l'accepte pas
On ne peut utiliser votre néologisme ("dictatures mollachiques") pour la Syrie et l'Algérie, alors que le système des mollah est spécifique à l'Iran chi'ite... Evitons de tout mélanger, le débat n'en gagnera que plus de clarté.

Je reviens sur un passage de l'article qui mérite réflexion :
Partout les oulamas et les institutions religieuses officielles ont été domestiqués par l'Etat, tout en se repliant sur un conservatisme théologique frileux. Si bien que les clercs traditionnels, formés à Al-Azhar, ne sont plus dans le coup, ni sur la question politique, ni même sur les grands enjeux de la société. Ils n'ont rien à offrir aux nouvelles générations qui cherchent de nouveaux modèles pour vivre leur foi dans un monde plus ouvert

...Bon, que l'Islam d'Etat ne soit plus "dans le coup" dans ces pays n'est à mes yeux pas une news ; mais c'est la suite qui me semble essentielle :
Cette évolution touche aussi les mouvements politiques islamistes, qui s'incarnent dans la mouvance des Frères musulmans et de leurs épigones, comme le parti Nahda en Tunisie. Les Frères musulmans ont bien changé. Le premier point c'est bien sûr l'expérience de l'échec, aussi bien dans l'apparent succès (la révolution islamique d'Iran), que dans la défaite (la répression partout menée contre eux). La nouvelle génération militante en a tiré les leçons, ainsi que des anciens comme Rachid Ghannouchi en Tunisie. Ils ont compris que vouloir prendre le pouvoir à la suite d'une révolution conduisait soit à la guerre civile, soit à la dictature ; dans leur lutte contre la répression ils se sont rapprochés des autres forces politiques. Bons connaisseurs de leur propre société, ils savent aussi le peu de poids de l'idéologie. Ils ont aussi tiré les leçons du modèle turc : Erdogan et le parti AK ont pu concilier démocratie, victoire électorale, développement économique, indépendance nationale et promotion de valeurs sinon islamiques, du moins "d'authenticité". Mais surtout les Frères musulmans ne sont plus porteurs d'un autre modèle économique ou social. Ils sont devenus conservateurs quant aux mœurs, et libéraux quant à l'économie. Et c'est sans doute l'évolution la plus notable : dans les années 1980, les islamistes (mais surtout les chi'ites) prétendaient défendre les intérêts des classes opprimées et prônaient une étatisation de l'économie, et une redistribution de la richesse. Aujourd'hui les Frères musulmans égyptiens ont approuvé la contre-réforme agraire menée par Moubarak, laquelle consiste à redonner aux propriétaires terriens le droit d'augmenter les baux et de renvoyer leurs fermiers. Si bien que les islamistes ne sont plus présents dans les mouvements sociaux qui agitent le delta du Nil, où l'on observe désormais un retour de la "gauche", c'est dire de militants syndicalistes

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Message  brutus le Mar 15 Fév - 9:39

-Ren- a écrit:
brutus a écrit:L'Iran, La Syrie, L'Algérie sont dans le collimateur des opposants et les dictature mollachiques ne l'accepte pas
On ne peut utiliser votre néologisme ("dictatures mollachiques") pour la Syrie et l'Algérie, alors que le système des mollah est spécifique à l'Iran chi'ite... Evitons de tout mélanger, le débat n'en gagnera que plus de clarté.

Je reviens sur un passage de l'article qui mérite réflexion :
Partout les oulamas et les institutions religieuses officielles ont été domestiqués par l'Etat, tout en se repliant sur un conservatisme théologique frileux. Si bien que les clercs traditionnels, formés à Al-Azhar, ne sont plus dans le coup, ni sur la question politique, ni même sur les grands enjeux de la société. Ils n'ont rien à offrir aux nouvelles générations qui cherchent de nouveaux modèles pour vivre leur foi dans un monde plus ouvert

...Bon, que l'Islam d'Etat ne soit plus "dans le coup" dans ces pays n'est à mes yeux pas une news ; mais c'est la suite qui me semble essentielle :
Cette évolution touche aussi les mouvements politiques islamistes, qui s'incarnent dans la mouvance des Frères musulmans et de leurs épigones, comme le parti Nahda en Tunisie. Les Frères musulmans ont bien changé. Le premier point c'est bien sûr l'expérience de l'échec, aussi bien dans l'apparent succès (la révolution islamique d'Iran), que dans la défaite (la répression partout menée contre eux). La nouvelle génération militante en a tiré les leçons, ainsi que des anciens comme Rachid Ghannouchi en Tunisie. Ils ont compris que vouloir prendre le pouvoir à la suite d'une révolution conduisait soit à la guerre civile, soit à la dictature ; dans leur lutte contre la répression ils se sont rapprochés des autres forces politiques. Bons connaisseurs de leur propre société, ils savent aussi le peu de poids de l'idéologie. Ils ont aussi tiré les leçons du modèle turc : Erdogan et le parti AK ont pu concilier démocratie, victoire électorale, développement économique, indépendance nationale et promotion de valeurs sinon islamiques, du moins "d'authenticité". Mais surtout les Frères musulmans ne sont plus porteurs d'un autre modèle économique ou social. Ils sont devenus conservateurs quant aux mœurs, et libéraux quant à l'économie. Et c'est sans doute l'évolution la plus notable : dans les années 1980, les islamistes (mais surtout les chi'ites) prétendaient défendre les intérêts des classes opprimées et prônaient une étatisation de l'économie, et une redistribution de la richesse. Aujourd'hui les Frères musulmans égyptiens ont approuvé la contre-réforme agraire menée par Moubarak, laquelle consiste à redonner aux propriétaires terriens le droit d'augmenter les baux et de renvoyer leurs fermiers. Si bien que les islamistes ne sont plus présents dans les mouvements sociaux qui agitent le delta du Nil, où l'on observe désormais un retour de la "gauche", c'est dire de militants syndicalistes

Pardon pour ce mot qui , il est vrai n'existe pas "mollachiques"
Merci pour les informations complémentaires .
Elle me permettrons de remettre ma pendule à l'heure.

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Message  -Ren- le Mar 15 Fév - 11:00

brutus a écrit:Pardon pour ce mot qui , il est vrai n'existe pas "mollachiques"
Je n'ai rien contre votre néologisme... J'ai juste précisé que son usage se limitait aujourd'hui à l'Iran.

brutus a écrit:Merci pour les informations complémentaires .
Elle me permettrons de remettre ma pendule à l'heure
Un forum est un lieu où échanger des informations ; tant mieux si j'ai pu vous être utile sur ce point. Et si quelqu'un peut remettre mes propres pendules à l'heure sur ce sujet, je l'en remercie d'avance !

(d'ailleurs, en parlant d'informations, pourriez-vous m'en dire plus sur ceci :
http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t34-la-revision-de-vie :?: )

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Message  -Aâya- le Mer 16 Fév - 16:31

brutus a écrit:
L'erreur de l'islam c'est de croire qu'il est le seul à pouvoir résoudre les problèmes humains de la politique .

Ce n'est pas l'erreur de l'islam, mais celle de ceux qui utilisent l'islam pour arriver à leurs fins politiquement parlant.
L'Iran, pays dit musulman, soit disant appliquant la charia n'est pas islamiquement correct. L'islam donne la parole au peuple et lui laisse la liberté de choisir son dirigeant. L'islam instaure le concept de la choura (de la consultation), qui, s'il est appliqué empêche qu'une seule personne détienne le pouvoir et l'applique comme elle l'entend. Ce qui n'est pas le cas dans la majorité des pays actuels dits musulmans.

brutus a écrit:
Les salafistes dont on ne parlent pas beaucoup sont un danger pour la paix car il sont trés anti face à ce qui n'est pas arabomusulman.

Les salafistes sont très Anti tout ce qui n'est pas salafiste. On peut être arabomusulman ou musulman tout court et être sur leur ligne de mire malgré tout.

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Message  -Ren- le Dim 20 Fév - 17:16

Lu sur Rue89 :
C'est un phénomène générationnel : c'est l'arrivée d'une génération qui est née dans la crise, qui n'a jamais investi l'islamisme comme une solution à tous ses problèmes, parce que l'islamisme faisait déjà partie du paysage politique quand elle est devenue politiquement consciente. Cette génération n'est pas idéologique (...) Dans toutes ces révolutions, les islamistes sont absents. Ça ne veut pas dire qu'ils ne vont pas revenir. L'islamisme est fini, comme solution politique et comme idéologie. Mais les islamistes sont là, et c'est donc la grande inconnue (...) Les islamistes se sont embourgeoisés. Ils sont devenus parlementaristes, mais ils sont aussi conservateurs, ils n'ont plus de projet social, et sont donc absents des luttes économiques et sociales. C'est très net en Egypte : les Frères musulmans sont devenus des libéraux en économie. Ils sont pour les privatisations et contre la grève. Et ça, c'est vrai partout : les islamistes sont dans une fuite vers la morale, les mœurs, la vertu. Ils ne sont plus du tout à même de récupérer un mécontentement social (...) Ce n'est pas l'Iran de 1979, où les islamistes ont fait la révolution, ou l'Algérie de 1991 quand le Front islamique du salut était à la tête de la contestation. Les islamistes étaient à l'avant-garde. Aujourd'hui, ils ne sont pas du tout dans la contestation (...) C'est une défaite pour Al Qaeda. Comme Moubarak, Al Qaeda vivait de la polarisation : d'un côté, des régimes pro-occidentaux, et de l'autre, l'islam. Désormais, Al Qaeda est aussi paumée que Moubarak (...) Ça casse la «fatalité musulmane», ressassée par les islamophobes de droite ou de gauche, qui disent que l'islam serait incompatible avec la démocratie. Selon eux, pour que les immigrés musulmans s'intègrent, il faudrait donc une réforme théologique. Ce qui se passe dans les rues de Tunis et du Caire casse ce logiciel. Ça casse tous les logiciels populistes. On n'entend pas en ce moment des gens comme Riposte laïque, ou alors pour nous annoncer une victoire des islamistes
http://www.rue89.com/entretien/2011/02/20/olivier-roy-comme-solution-politique-lislamisme-est-fini-191153 :study:

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Message  TetSpider le Ven 4 Mar - 11:42

L'explication est simple, c'est le Califat Islamique qui est en train de renaitre.
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Message  -Ren- le Ven 4 Mar - 12:47

TetSpider a écrit:L'explication est simple, c'est le Califat Islamique qui est en train de renaitre.
Donc pour toi il ne s'agit pas de révolutions post-islamiques mais "islamiques". Les islamistes ont pourtant été particulièrement absent des événements tunisiens ou égyptiens...

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Message  TetSpider le Ven 4 Mar - 12:55

-Ren- a écrit:Donc pour toi il ne s'agit pas de révolutions post-islamiques mais "islamiques". Les islamistes ont pourtant été particulièrement absent des événements tunisiens ou égyptiens...
Ces révolutions étaient musulmanes...

Si tu dis que les islamistes étaient particulièrement absents c'est parce que tu connais rien de ce qui s'est passé sur le terrain.
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Message  -Ren- le Ven 4 Mar - 13:41

TetSpider a écrit:Ces révolutions étaient musulmanes...
Les coptes étaient par exemple eux-aussi sur la place Tahrir.
...Que des musulmans fasse partie des révolutionnaires ne fait pas plus de ces révolutions des révolutions islamiques que la présence de coptes n'en a fait une révolution chrétienne.

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Message  TetSpider le Ven 4 Mar - 13:47

Bah oui quelques protestants évangéliques et des catholiques dans les derniers jours, les orthodoxes qui sont 95% des coptes, eux au nom de leur Pope ont déclarer soutenir le dictateur jusqu'au dernier souffle.

C'est bien les peuples musulmans qui se réveillent, c'est eux qui ont crée la révolution et c'est bien le Règne et l'Unité de l'Islam qui est en chemin.
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Message  -Aâya- le Dim 13 Mar - 14:27

-Ren- a écrit:
On ne voir que ce qu'on veut voir... Voici l'interview de 2 amis égyptiens, l'un copte, l'autre musulman :
Un mois jour pour jour après la démission d'Hosni Moubarak, Mohamed dit « Moe », jeune musulman du Caire et Alfred, son ami copte, se sont retrouvés place Tahrir, pour la manifestation du vendredi qui, cette semaine a été organisée pour appeler à l'unité nationale, suite aux derniers affrontements entre chrétiens et musulmans (...) Alfred souligne que selon certains documents, des membres de la sécurité d'Etat seraient impliqués dans l'attentat contre une église à Alexandrie dans la nuit du nouvel an. Ce qui ne l'étonne absolument pas puisque, d'après lui, l'ancien régime a poussé pendant des années les Egyptiens aux violences sectaires.

A propos de l'incendie d'une église dans le village de Soul, au sud du Caire, vendredi dernier, il dit : «Tout est parti d'une histoire d'amour entre un chrétien et une musulmane. Le chrétien avait quitté le village il y a longtemps pour éviter le conflit. Les hommes de la sécurité d'Etat l'ont fait revenir, en lui offrant une boutique. Du coup, il a été vu dans le voisinage et les tensions ont recommencé. Alors bien sûr, ce sont les gens qui se battent, les musulmans et les chrétiens, mais les hommes de la sécurité d'Etat provoquent les situations»

Il en est de même selon lui pour les affrontements qui ont eu lieu ce mardi au Moqattam, quartier des chiffonniers du Caire, à majorité copte. Le jeune chrétien raconte : «J'ai des témoins là-bas. Les coptes manifestaient pacifiquement quand des voitures de la police sont arrivées, avec plusieurs autres personnes. Ces dernières ont commencé à attaquer les chrétiens. Mais ce sont des voyous, des hommes payés par la sécurité d'Etat !»

Moe pense que les violences ne vont pas dégénérer en guerre de religion, mais Alfred est plus inquiet : «Il y a énormément d'Egyptiens qui ne sont pas éduqués. (...) Ils écoutent les prêtres et imams qui leurs disent de ne pas se mélanger entre chrétiens et musulmans. La division est encouragée depuis des années, et cela ne va pas changer du jour au lendemain»
http://www.rue89.com/2011/03/12/egypte-lex-police-politique-cause-les-violences-religieuses-194591 :study:

Diviser pour mieux régner ... ça ne m'étonnerait pas, surtout vu les épisodes des supposés pro-Moubarak à dos de chameaux.
Mon Dieu que le monde est pourri ! :(
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Message  -Aâya- le Sam 26 Mar - 13:52

Et en Jordanie :


Des centaines de "jeunes du 24 mars", un groupe de différentes tendances, y compris des islamistes, s'étaient rassemblés sur la place "Jamal Abdel Nasser" où ils avaient dressé un campement pour appeler le régime jordanien à des "réformes" et au "jugement" des dirigeants corrompus.

"Le peuple veut des réformes du régime", "nous voulons le jugement des symboles de la corruption", "la révolution éclate autour de nous, Jordanie ton tour va venir", avaient-ils scandé.

"Nous voulons des amendements constitutionnels qui garantissent des gouvernements parlementaires", a déclaré à l'AFP Alaa Fazaa, un contestataire qui compte camper "indéfiniment jusqu'à la satisfaction de nos demandes".

En Jordanie, où des manifestations se poursuivent depuis trois mois, l'oppposition islamiste ainsi que les mouvements de gauche et nationalistes, n'ont pas appelé à un changement de régime, mais à de profondes réformes politiques et à la fin de la corruption.

Le dialogue national entamé en Jordanie peine à réaliser des progrès, la puissante opposition islamiste ayant refusé de s'y joindre.


http://www.france24.com/fr/20110325-jordanie-rassemblement-jeunes-attaque-loyalistes-blesses
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Message  -Ren- le Ven 3 Juin - 20:24

L'avis d'Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (Cf2R) :
Quelle lecture faites-vous du « printemps arabe » ?

Il y a dans ces pays une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie. Par ailleurs, je ne crois pas à la spontanéité de ces « révolutions », qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l'égide d'ONG américaines, comme Freedom House, l'International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l'URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie.

Mais pourquoi ont-elles éclaté en 2011 ?

Des contestations populaires ou étudiantes dans les pays arabes se produisent régulièrement, mais elles sont à chaque fois réprimées par l'armée et la police. Pour la première fois, l'armée s'est désolidarisée de la police, en refusant de réprimer les soulèvements en Tunisie comme en Égypte, et les mouvements ont été observés par la presse internationale. Mais surtout, dans la semaine précédant les événements, les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d'Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l'essentiel du financement de l'armée, pour obtenir le feu vert des États-Unis à un renversement des dirigeants. Ils ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir.

Ces révoltes seraient donc des coups d'État militaires prenant le visage de mouvements démocratiques spontanés ? Les manifestants de la place Tahrir n'avaient pourtant pas l'air manipulés ?

En êtes-vous si sûre ? Il est tout de même étonnant que dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C'est bien l'indice d'une « révolution » sérieusement encadrée. Quant à la « nouvelle équipe » au Caire, elle comprend le chef d'état-major de l'armée ainsi que l'ancien chef du service des renseignements, et s'est immédiatement engagée à respecter les accords internationaux signés, notamment les accords de Camp David auxquels est hostile une large partie de la population.

Et en Tunisie ?

Le ras-le-bol face face à l'avidité du clan Trabelsi était profond et touchait l'ensemble de la population confrontée à des difficultés économiques croissantes jusqu'aux entrepreneurs, dont beaucoup devaient « céder » des parts entières de leur business pour ne pas être inquiétés. C'est pour cela que des manifestations se sont produites dans toutes les villes du pays. La révolte y a été plus populaire et plus profonde qu'en Égypte, où les événements se sont, pour l'essentiel, limités à la place Tahrir. Mais comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l'ex-président Ben Ali. Dans les deux cas, tout s'est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de « faire sauter le bouchon » qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime. L'imminence d'un coup d'État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi n'est-il pas approprié de parler de « révolution ». L'Iran, en 1979, et l'URSS, en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé : les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc.

Rien de tel dans les événements récents. Il s'agit d'un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l'accord de Washington, organisé des coups d'État « en douceur », en profitant d'une vague de contestation populaire qu'elles ont intelligemment exploitée. Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d'une grande légitimité et donne le sentiment d'une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente. D'ailleurs, pour Washington, c'est un « changement dans la continuité » modifiant peu l'équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. Washington encourage et appuie les armées d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour qu'elles évoluent vers un rôle « à la turque » : c'est-à-dire qu'elles n'occupent pas le pouvoir - sauf cas de force majeure - mais soient les garantes de la stabilité du pays contre l'islamisme, qu'elles contribuent à la stabilité régionale et qu'elles ne manifestent pas d'hostilité réelle à l'égard d'Israël.

Comment lisez-vous la situation actuelle ?

Beaucoup de problèmes risquent de surgir : dans les deux pays, un fossé inédit est apparu entre l'armée, qui sort grandie des événements, et la police, qui a longtemps assumé la répression des manifestants. Les forces de l'ordre - surtout en Tunisie - en sont sorties profondément désorganisées. On pourrait voir une recrudescence de la criminalité nuisant à l'équilibre intérieur. Enfin, très vite, une partie de la population va réaliser qu'elle a été flouée. D'où de possibles chocs en retour et une reprise des émeutes. Nous en voyons peut-être déjà quelques signes avant-coureurs à travers les manifestations populaires qui semblent reprendre ici et là. Enfin, les islamistes se sont pour l'instant montrés plutôt discrets. Mais jusqu'à quand ?
:arrow: http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110601trib000626151/les-revolutions-arabes-ne-sont-que-des-coups-d-etat-militaires-masques.html

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Message  -Ren- le Ven 10 Juin - 8:05

mario-franc_lazur a écrit:qu'aurait-il dit si ses fidèles avaient été des Benghazaoui,qui n'ont été sauvés d'un massacre programmé que grâce à ces bombes
La folie de Khadafi n'est plus à prouver depuis longtemps... Mais méfions-nous de la propagande à laquelle nous avons été soumis en ce qui concerne la Lybie.

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Message  rosarum le Mar 2 Aoû - 22:38

franjuant a écrit:Le massacre continu

il ne faut pas se voiler la face, dans les pays où la tradition démocratique n'existe pas, c'est l'armée qui détient le vrai pouvoir.

si l'armée lâche le régime en place comme en Tunisie et en Egypte la révolution peut gagner, sinon on a une guerre civile comme en Lybie ou une répression dans le sang comme en Syrie.

qui se souvient des "normalisations" soviétiques ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_de_Prague

Le Printemps de Prague est une période de l’histoire de la République socialiste tchécoslovaque durant laquelle le parti communiste tchécoslovaque introduit le « socialisme à visage humain » et prône une relative libéralisation. Il débute le 5 janvier 1968, avec l'arrivée au pouvoir du réformateur Alexander Dubček et s’achève le 21 août 1968 avec l’invasion du pays par les troupes du Pacte de Varsovie.

Dubček introduit la liberté de la presse, d’expression et de circulation dans la vie politique et enclenche une décentralisation de l’économie. Il dote le pays d'une nouvelle constitution qui reconnait l'égalité des nations tchèque et slovaque au sein d'une république désormais fédérale. Cette innovation politique sera la seule à survivre à l’intervention soviétique.

Le Printemps de Prague provoque la réaction de l’URSS qui, après l’échec des négociations, envoie tanks et soldats pour imposer une « normalisation ». L’occupation soviétique entraîne des manifestations non violentes et une vague d’émigration parmi la population tchécoslovaque. Gustáv Husák remplace Alexander Dubček à la tête du parti et la plupart des réformes libérales sont abandonnées.
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Message  -Aâya- le Mar 11 Oct - 22:37

Tariq Ramadan : ni printemps arabe, ni révolutions.

Le paysage politique en Tunisie est devenu trouble et en Egypte, on a le sentiment que l'armée est en train de récupérer le soulèvement ; que certains dirigeants sont en train de jouer un double jeu.

... dans les deux pays, le paysage politique ressemble de près au chaos. La polarisation entre des courants laïques et islamistes empêchent toute discussion sérieuse relative aux défis sociaux et économiques majeurs auxquels les pays respectifs font face. Les Forces Armées regardent, si ce n'est surveillent, les développements au sein de la société tunisienne et égyptienne, tandis que des pays étrangers réajustent leurs positions et leurs stratégies ... Nous ne pensons point qu'il s'agisse d'une question de temps, mais plutôt d'un problème d'influence et de considérations géopolitiques. Ce à quoi nous assistons est loin d'être "un printemps arabe".

... la situation demeure instable, Kadhafi a disparu, et très rapidement le pays sera sous contrôle. Ce dernier sera économique et géopolitique au lieu d'être une voie démocratique vers la liberté. De la confusion, en effet - mais clairement pas une révolution.

... il n'y a pas de soutien clair au soulèvement syrien. Une fois de plus, il ne s'agit pas d'une question de temps, ni d'une question de démocratie : les considérations géopolitiques sont ici les facteurs décisifs ... Les Grandes Puissances se moquent au fond de la démocratie : aussi longtemps que leurs intérêts sont protégés, elles demeureront silencieuses même si des milliers de civils sont massacrés. Les peuples yéménites ou bahreïni peuvent bien se sentir oubliés : ils le sont en effet, car leur cause, leur espoir, leur sang ne méritent pas les sacrifices des puissants.

... La Turquie semble tenter de réconcilier sa "bonne volonté" avec des intérêts économiques significatifs et des alliances géopolitiques.

... Le "Réveil Arabe" demeure une réalité confuse, une énigme. Il n'est pas facile, à la fois, de partager et de respecter les espoirs et l'optimisme des populations tout en évaluant froidement les calculs cyniques des gouvernements et des hommes politiques.
L'attitude la plus sage semble consister à marier cohérence et étude approfondie en adoptant une position éthique qui valorise les rêves sans oublier de dénoncer les vérités qui dérangent, les mensonges et la corruption. Ceux des dictateurs, comme ceux des libérateurs ; ceux des ennemis comme ceux des amis.

http://www.wizzblog.com/10-10-2011-tariq-ramadan-ni-printemps-arabe-ni-revolutions
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Message  -Aâya- le Dim 27 Nov - 19:18

Un colloque sera organisé à l'Institut du Monde Arabe le 15 et 16 décembre 2011 sous le thème : La démocratisation dans le monde arabe, alternance pour quelle alternative ?

Organisé, sous le patronage de M. Axel Khan, président de l’Université Paris Descartes et sous la direction des Professeurs Dominique Maillard Desgrées du Loû et Rahim Kherad, et avec le soutien du ministère des Affaires étrangères et européennes et de l’Institut du monde arabe, par le Centre Maurice Hauriou (Université Paris Descartes), ce colloque s’inscrit dans le cadre du Forum des printemps arabes.

Le jeudi matin seront abordées quelques thèmes importants structurant une aspiration au changement, compte tenu de la spécificité de situations nationales, en interrogeant le rôle des médias, des organisations féminines et des femmes, des mouvements religieux, et la situation propre à la Libye en ce qui concerne le facteur tribal dans sa population.

Le jeudi après midi, les orateurs seront plus proches des événements. Ils réfléchiront sur l’attitude des différents acteurs concernés au moment de l’alternance et dans ses suites immédiates. L’alternance a présenté des traits particuliers en Tunisie, en Egypte et en Libye, et reste à réaliser dans d’autres pays (Syrie, Yémen…).

Le rôle des forces armées nationales, des organisations nationales de défense des droits de l’homme, des Nations unies ainsi que les positions de l’Union africaine, de la Ligue des Etats arabes, de l’Union européenne, de la France et des Etats-Unis seront examinés.

Le vendredi matin, les orateurs aborderont les conditions juridiques dans lesquelles se sont construites les différentes alternances – ou les changements institutionnels, comme au Maroc – notamment des points de vue des évolutions constitutionnelles et des processus électoraux.

Une Table ronde clôturera les travaux, dans laquelle sera soulevée la question fondamentale de savoir quelle démocratie se construit dans le monde arabe.

Les conclusions générales seront tirées par M. Ahmed Mahiou.

Le programme détaillé : http://www.imarabe.org/colloque/la-democratisation-dans-le-monde-arabe-alternance-pour-quelle-alternative
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Message  -Ren- le Dim 18 Déc - 5:54

Comment expliquer la genèse de l’islamisme ?
Disons que dans le contexte post-colonial, ce sont des forces politiques dont l’agenda a consisté surtout à se démarquer de la première génération des élites indépendantistes (francophones dans le cas du Maghreb). Elles leur reprochaient de n’avoir pas parachevé -sur le terrain culturel- cette «remise à distance» de l’Occident que les luttes pour les indépendances, puis pour les nationalisations (du canal de Suez égyptien ou des hydrocarbures algériens) avaient respectivement opérée, sur le terrain politique d’abord, puis sur celui de l’économie (...)

La capacité de mobilisation des islamistes vient du caractère «endogène» (...) du langage et des références qu’ils entendent réhabiliter, bien plus que de leur dimension «religieuse» ou «sacrée». Progressivement les revendications des islamistes, d’abord spécifiquement sociétales, ont englobé le spectre tout entier des demandes des autres composantes des oppositions politiques, y compris les demandes démocratiques. Dès lors qu’ils sont apparus comme les oppositions les plus populaires, ils ont été les principales victimes de la répression. Ils sont donc devenus de ce fait non seulement les porteurs de leurs revendications culturelles spécifiques mais également, plus largement, le fer de lance de la lutte contre l’autoritarisme des régimes (...)

L’usage que font en politique les islamistes de leurs références musulmanes s’est avéré extrêmement variable, selon les configurations politiques et sociales, locales et régionales, où ils évoluaient. La référence religieuse permet en effet de légitimer des attitudes conservatrices, sectaires et radicales. Mais elle permet tout autant, le regard occidental tarde à s’en apercevoir, d’ancrer dans la culture populaire des postures plus modernisatrices que l’on pourrait comparer à celle des «démocrates chrétiens» européens des années d’après-guerre (...)

Les partis islamistes ont certes en commun un certain conservatisme social. Mais il se trouve que ce conservatisme qui choque l’opinion occidentale est en prise avec des sociétés où la religion joue, en 2011, un rôle comparable à celui qu’elle jouait au Portugal, en Italie ou en Pologne il y a peine deux ou trois décennies, et en France pas beaucoup plus. Ce cocktail de «nationalisme» post-colonial et d’un conservatisme qui n’interdit en rien la modernisation, semble être en fait aujourd’hui, à l’heure de la mondialisation, une des façons pour ces sociétés d’affirmer leur identité. C’est en tous les cas ce que viennent de démonter les résultats relativement convergents des élections en Tunisie, au Maroc et en Egypte (...)

Le label «islamiste» en vaut bien un autre, et il ne me pose aucun problème en tant que tel. Ce qui pourrait inquiéter est que nous n’ayons pas de terme moins stigmatisant pour qualifier les citoyens qui, un peu partout dans cette région du monde, sont en train de composer des majorités politiques. De deux choses l’une : ou la conjoncture historique a produit au sud de la Méditerranée une génération de monstres politiques, ou bien l’image que nous en avons est quelque peu simplificatrice et se doit d’être corrigée (...)

Des «terroristes», dites-vous, «brandissent haut la religion pour expliquer leurs actes sanguinaires ?» De tels sinistres individus existent sans doute. Mais ils ne sauraient en aucune façon rendre compte de tout ce que nous regroupons sous l’étiquette islamiste, et encore moins de l’origine et la répartition des responsabilités en matière de violence politique.

Je défie quiconque de démontrer que les islamistes, à l’échelle du siècle, auraient eu une propension ou une efficacité particulière à manier la violence politique par rapport à ceux (régimes arabes ou armées occidentales) contre qui ils se sont mobilisés. Ce ne sont d’ailleurs pas les dogmes «religieux» mais bien le stalinisme, le nazisme et les guerres de décolonisation qui ont, de loin, fait le plus de victimes au cours du siècle écoulé. S’agissant des deux dernières décennies, le nombre des victimes des bombes américaines ou israéliennes a été, au minimum, dix fois supérieur, sans doute beaucoup plus encore, à celui des victimes du terrorisme dit «islamique»

Pensez-vous qu’un processus de libéralisation politique ou de sécularisation ait quelque chance de s’ancrer dans le tissu des sociétés musulmanes ? L’islamisme s’est imposé pour les pays arabes en proie aux dictatures comme la seule alternative pour s’opposer au régime en place. Croyez-vous qu’à terme, les peuples de ces pays puissent se sortir de cet étau ?
Oui bien sûr, j’en suis convaincu. Mais la porte de sortie de cet étau ne se trouve pas dans l’émergence d’une miraculeuse «troisième force» que le regard occidental s’évertue à chercher depuis que les courants islamistes ont commencé à affirmer leur présence face aux régimes dictatoriaux. Elle ne se trouve pas davantage dans le «déclin», la «défaite» et autre «dépassement» des islamistes, pourtant tant de fois annoncés par les plus médiatisés de nos spécialistes. Pour entrevoir l’échappatoire à cet «étau», il faut en fait accepter l’idée que les élus islamistes des dernières semaines ont de bonnes chances de faire mieux que les titulaires des régimes dits «défenseurs de la laïcité» auxquels ils sont en train de succéder ; et que leur arrivée au pouvoir ne compromet pas l’avenir du lent et difficile processus de transition démocratique qui, en tout état de cause, ne pourra en aucune manière se faire sans eux. Le bilan actuel du Turc Erdogan, même s’il n’est pas parfait, ne permet pas de donner crédit aux thèses qui englobent dans un même discrédit sectaire toutes les composantes du courant islamiste.

Que pensez-vous de la formule de Jeannette Bougrab, «Il n’existe pas d’islamiste modéré !» ? ( http://www.leparisien.fr/politique/jeannette-bougrab-je-ne-connais-pas-d-islamisme-modere-02-12-2011-1749609.php )
C’est une formule éculée, usée par des centaines d’autres «experts» avant elle et, en dernière instance, fort coûteuse pour ceux qui l’ont prise à la lettre. C’est ce genre d’approximation sectaire qui a conduit la diplomatie française à soutenir pendant plusieurs décennies des régimes parfaitement discrédités aux yeux de leur population. Cette ligne-là n’est plus, fort heureusement, celle du gouvernement français (...)

Pensez-vous réellement que notre point de vue sur le conflit israélo-palestinien soit biaisé ? (...)
Toute personne qui le souhaite peut en fait aujourd’hui, notamment grâce à Internet, bénéficier d’une information relativement contrastée sur le conflit israélo-arabe. En revanche, dans les grands médias audiovisuels ou écrits, le rapport de force médiatique penche encore très nettement en faveur du camp israélien. Le téléspectateur passif consomme donc une information que l’on peut effectivement qualifier de «biaisée» (...)

Le 24 septembre 2011, le président palestinien Mahmoud Abbas a officiellement demandé à la tribune des Nations Unies l’adhésion de l’État palestinien à l’ONU. Pensez-vous que cette demande ait un jour la chance d’aboutir et si oui, quelles en seraient les conséquences ?
Oui, elle aboutira inévitablement un jour. Mais… ne me demandez pas de vous dire quand ! Cela dépend d’un rapport de force dans lequel les États-Unis sont directement impliqués. Et s’ils sont affaiblis, ils ne le sont pas encore assez pour se laisser imposer une telle décision que leur allié israélien refuse aveuglément, malgré tous ses discours de paix. La conséquence première d’une telle décision serait de redonner un peu de respiration économique et politique aux Palestiniens, que l’occupation civile et militaire israélienne maintient dans une condition –faite d’humiliation et d’asphyxie économique– que, pour l’avoir vue de près, je ne souhaiterais pas à mes pires ennemis.

Le 31 octobre 2011, l’UNESCO a admis la Palestine en tant qu'État membre. Quelle est la portée de cette admission ?
Une portée technique non négligeable puisque les Palestiniens pourront défendre leur patrimoine culturel et, notamment, déposer des demandes de reconnaissance pour des sites se trouvant dans des territoires occupés par Israël. Mais cette reconnaissance a plus encore une portée symbolique importante. On peut en juger par le fait que les États-Unis, qui ont tenté sans succès de s’y opposer, ont choisi de retirer leur contribution à l’organisation onusienne pour punir ses membres d’avoir «mal voté»

Récemment, en France, la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo a été la cible d’un incendie criminel que l’on attribue au fait d’avoir rebaptisé le temps d’un numéro ce journal «Charia Hebdo» avec Mahomet en rédacteur en chef (...)
Ce n’est pas la première fois que des tentatives criminelles sont faites en France pour porter atteinte à la liberté d’expression. Je me souviens de ces irruptions musclées de milice anti-palestiniennes dans des librairies pour y faire taire à coup de gourdins les auteurs qui déplaisaient. Ma réaction dans l’affaire Charlie Hebdo est donc la même. Tout en me désolant que la liberté de la presse prenne ici les habits du droit de «hurler avec les loups» en stigmatisant une communauté qui est la cible privilégiée de l’heure, je condamne bien sûr sans réserve et sans limite ces violences aussi stupides (et d’ailleurs parfaitement contre-productives) qu’absolument inacceptables (...)

Le vrai tabou qui menace cette précieuse liberté n'est certainement pas l’improbable danger que feraient peser sur les journalistes les zélateurs du prophète des dominés musulmans de l’heure. Il est beaucoup plus sûrement la dénonciation du mur d'argent élevé autour de la presse, concentrée comme rarement dans son histoire, dans un petit nombre des mains des dominants. Or, force est de constater que face à ce tabou-là, le courage de nos «défenseurs» autoproclamés de «la liberté d'expression» est singulièrement plus vacillant.

La guerre en Libye a duré huit mois jusqu’à la mort du despote Kadhafi. Comment voyez-vous l’avenir de ce pays ?
La Libye va devoir surmonter un vrai problème de construction institutionnelle et d’instauration d’un État de droit. L’héritage de la guerre de libération est lourd. Les arbitrages qui vont devoir être faits sont moins, à mes yeux, d’ordre idéologique (islamistes contre laïcs) que régionalistes et «clientélistes» : chacune des milices qui a pris part au soulèvement réclame aujourd’hui les dividendes de sa participation au combat armé à un conseil de transition, dont la légitimité reste encore largement théorique. Ces difficultés ne sont toutefois pas insurmontables. La lutte contre la dictature instaurée par Kadhafi a eu, à bien des égards, un effet unificateur sur une nation qui n’a encore jamais eu d’existence historique. Les élites libyennes ont été à la rude école de l’exil. C’est une souffrance, mais également une source de richesse et d’ouverture sur le monde. Les affirmations sur l’application de la «loi musulmane» (la charia) ont tout autant valeur d’affirmation identitaire que de déclaration de guerre aux libertés individuelles. Sans excès d’optimisme, il est dans tous les cas difficile de croire que le régime en cours de gestation fera plus mal que celui qui a précédé, auquel nous fournissions, jusqu’aux premières heures de la révolte, la technologie informatique lui permettant de mieux réprimer ses opposants (...)

Les «régimes» autocratiques de ces pays (...) ont longtemps pu compter sur le soutien sans faille de leurs partenaires et amis occidentaux, ce qui a conduit les diplomaties européennes dans l’impasse que l’on sait, et à leur brutal revirement. L’Occident joue-t-il avec l’Orient ? L’Occident a des intérêts commerciaux et géopolitiques dans cette région. Il a longtemps employé pour les protéger des méthodes qui n’étaient pas exemptes des raccourcis dominateurs et manipulateurs datant de la période coloniale. Cette phase d’hégémonie va bientôt appartenir au passé. En Irak et en Afghanistan, les limites du recours au hard power deviennent évidentes. L’ampleur des défis économiques auxquels font face l’Europe et les États-Unis, l’émergence d’acteurs alternatifs aussi importants que la Chine ou l’Inde et bientôt le Brésil, soulignent que l’unilatéralisme qui a prévalu depuis la Seconde Guerre mondiale est en passe d’appartenir au passé.

Pensez-vous que les «printemps arabes» aient été un coup porté aux groupes radicaux plus dur que ne l’a été la mort du chef d’Al-Qaïda, Ben Laden ?
Oui et non. Je n’aime pas beaucoup cette vision simplificatrice et triomphaliste qui a voulu voir une défaite d’Oussama Ben Laden dans la chute des dictateurs qu’il avait été en fait l’un des premiers à dénoncer et à combattre. En revanche, il est tout à fait exact que si les systèmes politiques arabes redeviennent fonctionnels et donc crédibles, tous ces jeunes (et moins jeunes) qui entendaient, souvent à juste titre, «changer le monde» seront moins tentés de le faire par la force. Ils s’en prenaient aux puissances étrangères qu’ils accusaient –pas nécessairement à tort– de soutenir ceux qui les privaient de leurs droits politiques et les réprimaient. Ils ont aujourd’hui –ou auront chaque fois que, comme en Tunisie, les soulèvements déboucheront sur de véritables ouvertures– un espoir crédible d’obtenir gain de cause par le biais des gouvernants qu’ils sont désormais autorisés à choisir.

Pour quelles raisons les révolutions au sein du monde arabe aboutissent-elles, comme en Tunisie, à l’élection d’un parti islamiste, même s’il se déclare modéré ?
Les islamistes ont été privés d’existence légale dans la plupart des pays concernés. La puissante dynamique identitaire qu’ils exploitent les place actuellement, un peu partout, au premier rang des choix des électeurs. Ils retrouvent donc la place qu’ils avaient dans la société et que leur déniait le système politique.

D’autres alternatives politiques vous semblent-elles possibles ?
Non, en tout cas, pas pour l’heure. Une alternative existe à cette menace apparente mais, comme je l’ai dit, pour la faire émerger, la balle est dans notre camp : il nous faut… adopter une vision plus proche de la réalité, et donc moins émotionnelle et moins simplificatrice de ces courants islamistes.

Pensez-vous, comme certains, que Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahda, le parti islamiste tunisien, tient en réalité un double discours sous ses airs de modéré ?
Non, je me distingue de ces «certains»-là. Non pas parce que j’ai eu l’occasion de connaître Rashed Ghannouchi depuis de nombreuses années, mais parce que je pense que cette vieille chanson du «double discours» est quelque peu éculée. En réalité, tous les acteurs politiques ont potentiellement un double discours, et Ghannouchi ni moins mais ni plus que les autres. Auriez-vous oublié les promesses faites lors de la campagne des présidentielles françaises de 2007 ? Les élus tunisiens, tous comme l’ont été ceux de l’AKP turque, réélus dans des conditions dont personne n’a critiqué la régularité, seront jugés sur leur bilan. C’est cela qui compte. Je n’ai pas pour ma part de raison de penser aujourd’hui que ce bilan, sur le terrain des libertés comme sur celui de l’économie, sera pire que celui du régime que la mobilisation pacifiste et consensuelle de millions de Tunisiens a réussi à faire tomber.

Croyez-vous que la fracture profonde qui sépare l’action des États-Unis et de leurs alliés d’une majorité de l’opinion publique du monde musulman puisse un jour se résorber ?
Nous ne faisons pas grand-chose pour, je le crains. La politique extérieure américaine peut difficilement être plus contre-productive dans ce domaine : entre le soutien aveugle et unilatéral aux pires dérives de l’État hébreu et la militarisation de la diplomatie pétrolière qui l’a conduit en Irak, les habitants de cette région du monde ont effectivement quelques raisons de se sentir persécutés. Il serait en fait possible de réguler ce que le sens commun continue à tort à appeler le terrorisme «islamique» : mais il faudrait payer un prix –accepter d’introduire un peu plus de justice dans les relations internationales– que personne des grands de ce monde ne semble pour l’heure décidé à payer.
:arrow: http://agentsdentretiens.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=196:entretien-avec-francois-burgat-dr-au-cnrs-politologue-sur-le-monde-arabe-et-musulman&catid=42&Itemid=80

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Message  -Ren- le Mer 8 Fév - 11:33

J'ai placé ce sujet en Post-it après avoir divisé les fils relatifs aux pays sur lesquels nous nous sommes le plus penchés ; merci d'utiliser ce Post-it pour les avis synthétiques, et d'aller sur les sujets dédiés pour les discussions locales :
http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t1031-printemps-arabe-tunisie
http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t1030-printemps-arabe-egypte
http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t1033-printemps-arabe-lybie
http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t1034-printemps-arabe-syrie

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Message  -Ren- le Sam 17 Aoû - 9:50

Un article intéressant pour éventuellement reprendre une réflexion plus "généraliste" :
Massacre sans précédent en Egypte, voiture-suicide près de Beyrouth, assassinats ciblés en Libye et en Tunisie, 100 000 morts dans la guerre civile en Syrie... La liste est incomplète, mais donne une idée des drames que traverse une bonne partie du monde arabe, un peu plus de trois ans après ce qui fut justement surnommé le Printemps arabe.

La référence explicite dans le choix de cette appellation avait été le Printemps des peuples de cette année fatidique 1848 à travers l’Europe, qui avait vu des soulèvements populaires, des barricades, des révolutions, réprimés dans le sang mais dont l’impact fut décisif sur l’évolution des systèmes politiques et des nations du continent.

Le Printemps de 1848 n’avait pas débouché du jour au lendemain sur la démocratie parfaite. Au contraire, en France, la révolution de 1848 s’achève dans le sang et les divisions.

Il fallait être d’un optimisme sans failles pour croire que le Printemps arabe de 2011 permettrait de passer sans écueils de la dictature à une démocratie pluraliste et tolérante comme les pays en question n’en ont jamais connue. Plusieurs décennies d’autoritarisme abêtissant laissent des traces durables.

Depuis le premier jour, le monde arabe défie les prédictions et les analyses des meilleurs experts, et fait exploser les illusions ou les effets d’optique de l’instant :
• Il y a eu la vague des blogueurs qui ont donné l’illusion qu’il suffisait de tweeter pour faire tomber les dictatures ;
• Il y a eu la contagion de la Tunisie à l’Egypte, avec le même succès, qui a fait penser que d’autres pays suivraient avec autant de facilité ;
• Il y a eu l’analyse un peu rapide selon laquelle l’absence des islamistes du déclenchement des soulèvements les priverait d’influence ou même de succès ;
• Il y a eu l’illusion «BHLienne» du coup de pouce sans douleur aux «démocrates» libyens, pour se retrouver avec une déstabilisation générale, sensible jusqu’au Mali ;
• Il y a eu le cliché maintes fois répété selon lequel l’«hiver islamiste» succédait désormais au «printemps démocratique» ;
• Il y a aujourd’hui le risque de croire que tout ça n’aura été qu’un interlude entre deux périodes de dictature, que deux ans et demi et beaucoup d’agitation plus tard, les peuples arabes n’auront réussi qu’à changer la photo du despote de l’heure.

L’échec de ces prophéties devrait inciter à la prudence analytique (...) Ce qui est certain, c’est que l’onde de choc partie d’une obscure bourgade tunisienne, Sidi Bouzid, a réveillé une région (...) Mais en même temps, elle a réveillé ou exacerbé des lignes de fractures colossales (...)
• La fracture sociale et culturelle à l’intérieur des sociétés arabes, comme le montrent à l’évidence les impasses politiques de Tunisie et d’Egypte, et l’impossible dialogue traditionnalistes/modernistes. Entre une partie de la population éduquée, connectée, qui aspire au changement, et des sociétés restées très conservatrices, la rupture est consommée là où un compromis serait nécessaire.
• La fracture chiite-sunnite, évidemment pas nouvelle (la guerre Iran-Irak des années 80 pour ne pas remonter au VIIe siècle), est centrale dans le conflit en cours en Syrie ou dans les événements de Bahreïn ou du Liban, et plus généralement dans la lecture des événements de nombreux Arabes.
• La rivalité Qatar-Arabie saoudite est aussi l’un des éléments importants en toile de fond de nombreuses situations (...)

Il est un acteur qui court derrière les événements sans grand impact : les Occidentaux. Ils ont été pris par surprise alors qu’ils pensaient eux-aussi que les dictateurs étaient inamovibles (...) et sont toujours en retard d’une crise. Les hésitations françaises, initialement en flèche pour aider l’opposition syrienne sans trop savoir désormais comment le faire, en sont le révélateur cruel.

Dernier piégé par l’imprévisibilité et la rapidité des événements, John Kerry, le Secrétaire d’Etat américain, qui a salué le renversement de Mohamed Morsi par l’armée comme un «rétablissement de la démocratie», pour mieux devoir aujourd’hui condamner le massacre commis par les mêmes militaires dans les rues égyptiennes. Les éditoriaux de la presse américaine qualifient ouvertement l’administration Obama de «complice» de la tuerie insensée de cette semaine (...)

Le risque d’un rétablissement autoritaire dans la région n’est pas à exclure, pas plus qu’une victoire relative de Bachar el-Assad n’est pas impossible. Mais tout comme l’écrasement du Printemps des peuples de 1848 en Europe n’a pas marqué la fin de l’histoire, les heures sombres que traverse le monde arabe ne marquent qu’une étape dans l’ère nouvelle ouverte depuis 2011 (...)
:arrow:   http://www.rue89.com/2013/08/16/non-massacre-egypte-signe-fin-printemps-arabes-244987

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Message  Idriss le Jeu 22 Aoû - 20:14

rosarum a écrit:
Idriss a écrit:
En fait, si M. Morsi et les Frères musulmans sont démis, c'est loin d'être une mauvaise nouvelle. Cela aura pu être pire. Et aujourd'hui l'avenir est ouvert, si Dieu veut.[/b]

« Or, il se peut que vous détestiez une chose alors qu’elle est un bien pour vous et il se peut que vous aimiez une chose alors que c’est un mal pour vous. Dieu [Seul] sait, alors que vous ne savez pas. » Coran 2/216

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http://globislam.over-blog.com/et-si-ce-n-%C3%A9tait-pas-une-mauvaise-nouvelle
en effet :
j'aurais préféré qu'il reste jusqu'à ce que tout le peuple égyptien ait bien compris que l'islam n'est PAS la solution tandis que comme le dit cet auteur, avec l'intervention militaire, l'islamisme n'est pas mort.
Je me suis fait à peut prés la même réflexion...J'ai même pensé que l'on en reprenait pour 10 ans aux moins...
Dans le même ordre d'idée, si Saddam n'avait pas attaqué l'Iran la révolution islamique serait déjà reparti...
Si l'islam tel que"envisager par l'islamisme conservateur" n'est pas la solution, l'islam n'est pas non plus le probléme ....
Mais effectivement si les FM avait pu mener leur politique encore quelques années avant de passer démocratiquement la main cela aurait sans doute contribuer à dépasser l'islamisme ( http://www.tariqramadan.com/spip.php?article13031 ).
Et il y a une certaine urgence à passer à la suite .... les défis humains, économiques et environnementaux sont tels que nous allons avoir besoin de tous, sans distinction de religions ou de culture pour les surmonter. ( En attendant la venue hypothétique d'un sauveur....)

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