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Message  -Ren- le Jeu 24 Fév - 19:42

Tel est le titre de l'éditorial de la dernière lettre du SRI. Je vous en fait part, car il y a selon moi matière à méditer dans cette synthèse de Christophe Roucou :
A Alexandrie, en Egypte, l’année 2010 s’est achevée par une tragédie : celle de l’attentat contre l’église « Al Quidissein » avec 21 morts et près de cent blessés parmi les chrétiens venus prier, selon la tradition, la nuit du 31 décembre. Choc, colère, peur chez nos frères chrétiens coptes après ceux d’Irak. Choc ressenti aussi ici non seulement chez les chrétiens mais aussi chez nos compatriotes musulmans. Cette tragédie a provoqué de multiples réactions d’indignation dont pour la première fois une déclaration commune des responsables de tous les cultes de France et le premier appel de personnalités françaises de toutes formes d’appartenance à l’islam dénonçant l’usage de l’islam pour tuer.

Les 6/7 janvier, la fête de Noël en Orient fut l’occasion de gestes et de paroles de solidarité et de fraternité. Mais déjà dans le monde arabe, si proche de nous par la géographie, l’histoire, les liens humains, une clameur commençait à s’élever après la mort de Mohammed Bouazizi à Tunis, le 4 janvier, des suites de son immolation par le feu, geste de désespoir devant un avenir bloqué pour des milliers de jeunes de son pays. Sa mort provoqua le déclenchement de ce qui est aujourd’hui appelée la révolution tunisienne : soulèvement du peuple contre un régime policier et dictatorial et fuite de Ben Ali. Les Tunisiens ont osé sortir de la peur qui les enfermait, braver un régime policier et corrompu et réclamer la liberté.

Cette attitude semble avoir, à son tour, libéré de la peur les citoyens d’autres peuples arabes. Le 25 janvier, la première grande manifestation au Caire, place Tahrir (place de la libération) ouvrait à son tour la longue et patiente obstination des Egyptiens pour obtenir la chute du régime et le départ de Moubarak

Certes, les situations sociales, culturelles, géopolitiques de ces pays sont différentes mais ce qui frappe c’est qu’en Tunisie comme en Egypte les premiers acteurs de ces révolutions sont de jeunes diplômés. Une nouvelle génération, qui s’est mobilisée grâce aux réseaux sociaux, a été capable de dire en paroles et en actes : « C’est assez » (Kefaya), de braver la peur de la répression policière habituelle, de la torture fréquente, pour réclamer la fin du statu quo d’oppression, le respect de la dignité de chacun (en arabe karâma). Ils l’ont fait de manière non-violente. Ils l’ont fait, en Egypte, jeunes musulmans et chrétiens ensemble alors que leurs responsables religieux s’alignaient sur le pouvoir.

Ces mouvements ont fait tomber les idées reçues chez nous selon lesquelles seuls des régimes autoritaires peuvent gouverner ces peuples, que seuls des régimes autoritaires peuvent éviter les dérives islamistes. Ils montrent que des populations arabes réclament la citoyenneté et les droits de l’homme. Espérons qu’il leur sera possible d’inventer leur manière de vivre la démocratie et que les Européens sauront être à leurs côtés.

Rien n’est acquis, nul ne peut prédire la suite en Tunisie, en Egypte et dans d’autres pays arabes. Mais nous ne pouvons pas ne pas lire dans ces événements des signes d’espérance, un appel à la cohérence de nos principes et de nos actes quand nous demandons le respect de toutes les libertés, une invitation à prier Dieu pour qu’il accompagne ceux et celles qui portent cette espérance de peuples entiers.

Au milieu des peurs qui montent chez des européens, et parmi eux des catholiques, un autre signe d’espérance nous est donné par Benoît XVI en annonçant qu’il se rendra à Assise pour les 25 ans de l’initiative de Jean-Paul II, le 27 octobre 1986. : inviter tous les croyants à être ensemble pour prier pour la paix du monde.

Tout au long de l’année, il nous revient de faire confiance à Dieu pour garder vivant l’Esprit d’Assise et passer ensemble de la peur à l’espérance, en Europe comme sur les autres rives de la Méditerranée.

Christophe Roucou, 17 février 2011

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Message  brutus le Mer 2 Mar - 8:04

-Ren- a écrit:Tel est le titre de l'éditorial de la dernière lettre du SRI. Je vous en fait part, car il y a selon moi matière à méditer dans cette synthèse de Christophe Roucou :
A Alexandrie, en Egypte, l’année 2010 s’est achevée par une tragédie : celle de l’attentat contre l’église « Al Quidissein » avec 21 morts et près de cent blessés parmi les chrétiens venus prier, selon la tradition, la nuit du 31 décembre. Choc, colère, peur chez nos frères chrétiens coptes après ceux d’Irak. Choc ressenti aussi ici non seulement chez les chrétiens mais aussi chez nos compatriotes musulmans. Cette tragédie a provoqué de multiples réactions d’indignation dont pour la première fois une déclaration commune des responsables de tous les cultes de France et le premier appel de personnalités françaises de toutes formes d’appartenance à l’islam dénonçant l’usage de l’islam pour tuer.

Les 6/7 janvier, la fête de Noël en Orient fut l’occasion de gestes et de paroles de solidarité et de fraternité. Mais déjà dans le monde arabe, si proche de nous par la géographie, l’histoire, les liens humains, une clameur commençait à s’élever après la mort de Mohammed Bouazizi à Tunis, le 4 janvier, des suites de son immolation par le feu, geste de désespoir devant un avenir bloqué pour des milliers de jeunes de son pays. Sa mort provoqua le déclenchement de ce qui est aujourd’hui appelée la révolution tunisienne : soulèvement du peuple contre un régime policier et dictatorial et fuite de Ben Ali. Les Tunisiens ont osé sortir de la peur qui les enfermait, braver un régime policier et corrompu et réclamer la liberté.

Cette attitude semble avoir, à son tour, libéré de la peur les citoyens d’autres peuples arabes. Le 25 janvier, la première grande manifestation au Caire, place Tahrir (place de la libération) ouvrait à son tour la longue et patiente obstination des Egyptiens pour obtenir la chute du régime et le départ de Moubarak

Certes, les situations sociales, culturelles, géopolitiques de ces pays sont différentes mais ce qui frappe c’est qu’en Tunisie comme en Egypte les premiers acteurs de ces révolutions sont de jeunes diplômés. Une nouvelle génération, qui s’est mobilisée grâce aux réseaux sociaux, a été capable de dire en paroles et en actes : « C’est assez » (Kefaya), de braver la peur de la répression policière habituelle, de la torture fréquente, pour réclamer la fin du statu quo d’oppression, le respect de la dignité de chacun (en arabe karâma). Ils l’ont fait de manière non-violente. Ils l’ont fait, en Egypte, jeunes musulmans et chrétiens ensemble alors que leurs responsables religieux s’alignaient sur le pouvoir.

Ces mouvements ont fait tomber les idées reçues chez nous selon lesquelles seuls des régimes autoritaires peuvent gouverner ces peuples, que seuls des régimes autoritaires peuvent éviter les dérives islamistes. Ils montrent que des populations arabes réclament la citoyenneté et les droits de l’homme. Espérons qu’il leur sera possible d’inventer leur manière de vivre la démocratie et que les Européens sauront être à leurs côtés.

Rien n’est acquis, nul ne peut prédire la suite en Tunisie, en Egypte et dans d’autres pays arabes. Mais nous ne pouvons pas ne pas lire dans ces événements des signes d’espérance, un appel à la cohérence de nos principes et de nos actes quand nous demandons le respect de toutes les libertés, une invitation à prier Dieu pour qu’il accompagne ceux et celles qui portent cette espérance de peuples entiers.

Au milieu des peurs qui montent chez des européens, et parmi eux des catholiques, un autre signe d’espérance nous est donné par Benoît XVI en annonçant qu’il se rendra à Assise pour les 25 ans de l’initiative de Jean-Paul II, le 27 octobre 1986. : inviter tous les croyants à être ensemble pour prier pour la paix du monde.

Tout au long de l’année, il nous revient de faire confiance à Dieu pour garder vivant l’Esprit d’Assise et passer ensemble de la peur à l’espérance, en Europe comme sur les autres rives de la Méditerranée.

Christophe Roucou, 17 février 2011

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Message  idbtaoo le Ven 6 Mar - 5:43

Tahrir (place de la libération) ouvrait à son tour la longue et patiente obstination des Egyptiens pour obtenir la chute du régime et le départ de Moubarak?

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