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L'être juif selon la mezouza

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L'être juif selon la mezouza

Message  Chaël le Lun 24 Oct - 11:50

Voilà un enseignement qui me parait lumineux et qui m'a beaucoup inspiré sur l'"authentique" esprit du judaïsme :



(...)Nous avons montré dans le chapitre sur le Talit que le nom de Dieu pouvait se mettre en mouvement par déplacement interne dans la série alphabétique. Le tétragramme YHVH signifie grammaticalement le passé (HYH), le présent (HVH) et le futur (YHH). Les quatre lettres du tétragramme donnent donc la possibilité d'écrire les trois modalités du temps vivant, celui de la vie, tendu entre la mémoire et l'espoir. Placé à la porte de la maison, la Mezouza rappelle à l'homme qui vient d'un long chemin, que le voyage ne doit pas s'arrêter, et que l'homme doit continuer à s'inventer.
Mais la Mezouza qui fait signe vers la mise en mouvement indique aussi la manière de réaliser cette mise en mouvement : c'est le langage en mouvement dont l'exemple clef est celui du Kouzou.
L'homme, être de langage accède au temps vivant un langage vivant : celui de l'étude et de l'interprétation. Refusant les sens morts et les sens uniques, il ouvre les mots à leurs sens multiples et éclatés, sortant ainsi de tout enfermement, de toute lassitude, pour s'inventer, vivre et renaître à chaque instant.
Le rite de la Mezouza est une invitation perpétuelle au chemin. Il est intéressant de noter que bon nombre de textes du Talmud et du Midrach sont introduits par l'idée du cheminement : « Rabbi et Rabbi Hiya étaient en chemin... » En fait, tout texte talmudique s'ouvre par l'énoncé inaugural de
l'  « être en chemin », même lorsque l'expression n'est pas formulée explicitement.
Le Talmud, le Midrach, la Kabbale et le Hassidisme possède une pensée voyageuse, celle d'hommes qui pensent en marchant et selon la vérité de la marche. C'est là sans aucun doute, un des sens du verset : « Tu en parleras... quand tu es en chemin » (Deutéronome 6-7).
Tout tient au chemin : nous sommes plus près du lieu recherché quand nous sommes en chemin que lorsque nous nous persuadons être arrivés à destination et n'avoir plus qu'à nous établir. Comme dit Edmond Jabès : « n'oublie jamais que tu es un voyageur en transit ».
Le mot « chemin » n'a pas nécessairement une signification spatiale ; il n'évoque pas quelque promenade champêtre ou forestière de la pensée vagabonde. Il ne nous fait passer d'un lieu à un autre. Il est le passage de la pensée elle-même.
Le chemin met en mouvement, met en cause, en balance. Il invite et inquiète, incite et sollicite. L'homme du chemin n'est pas seulement l'homme juif, c'est l'homme de manière générale.
Dans l'un des plus beaux textes écrits sur l'être juif, Maurice Blanchot, inspiré ici par l'oeuvre d'André Neher, approfondit et développe cette idée centrale du judaïsme. Nous en reprenons ici les idées essentielles :
« Que signifie être juif ? 
Pourquoi cela existe-t-il ? Cela existe pour qu'existe l'idée du « chemin »comme mouvement juste ; cela existe pour que , dans et par le « chemin », l'expérience de l'étrangeté s'affirme auprès de nous dans un rapport irréductible ; cela existe pour que, par l'autorité de cette expérience, nous apprenions à parler.
Etre « homme du chemin », c'est en tout temps être prêt à se mettre en route : exigence d'arrachement, affirmation de la vérité nomade.
Ainsi l'être juif s'oppose à l'être païen ; être païen, c'est ce fixer, se ficher en terre en quelque sorte, s'établir par un pacte avec la permanence qui autorise le séjour et que certifie la certitude du sol. Le cheminement, le nomadisme répondent à un rapport que la possession ne contente pas.
Se mettre en chemin, être en chemin, c'est déjà le sens des paroles entendues par Abraham : « Va-t-en de ton lieu natal, de ta parenté, de ta maison ».  »
Mais insistons avec force sur un point. Ces paroles portent un sens qui n'est pas négatif. « S'il faut se mettre en route et errer, est-ce parce qu'exclus de la vérité, nous sommes condamnés à l'exclusion qui interdit toute demeure ? N'est-ce pas plutôt que cette errance signifie un rapport nouveau avec le « vrai » ?
N'est-ce pas aussi que ce mouvement nomade s'affirme non pas comme l'éternelle privation d'un séjour, mais comme une manière authentique de résider, d'une résidence qui ne nous lie pas à la détermination d'un lieu, ni à la fixation auprès d'une réalité d'ores et déjà fondée, sûre,
permanente ?
Comme si l'état sédentaire était nécessairement la visée de toute conduite ! Comme si la vérité était nécessairement sédentaire !
Il faut sortir de la demeure, aller et venir de manière à affirmer le monde comme un parcours. »

Voilà la leçon de la Mezouza (1) !

(1) On comprend pourquoi la Mezouza est placée penchée vers la gauche, mimant ainsi le mouvement du buste d'un homme en marche.


Extrait de l'ouvrage : Les symboles du judaïsme de Marc-Alain Ouaknin

Pour aller plus loin je dirais qu'il y a une destination au bout du chemin, c'est la Terre promise !
Arriver à destination, c'est arriver à l'accomplissement des promesses de Dieu c'est-à-dire au retour des exilés sur la terre d'Israël et à la glorification du messie fils de David. Alors ce sera un nouveau chemin, parce que se sera Le chemin ! où tous, du plus petit au plus grand, tous connaîtront La vérité et tous ceux qui l'auront accueillie possèderont pour toujours et pour l'éternité La vie et la vie cette fois éternelle...
Amen ! Alléluia !
Comme il est beau de voir courir sur les montagnes le messager qui annonce la paix, le messager de la bonne nouvelle, qui annonce le salut, celui qui vient dire à la cité sainte : « Il est roi, ton Dieu ! »

Écoutez la voix des guetteurs, leur appel retentit, c'est un seul cri de joie ; ils voient de leurs yeux le Seigneur qui revient à Sion. Éclatez en cris de joie, ruines de Jérusalem, car le Seigneur a consolé son peuple, il rachète Jérusalem ! Le Seigneur a montré la force divine de son bras aux yeux de toutes les nations. Et, d'un bout à l'autre de la terre, elles verront le salut de notre Dieu.

Livre d'Isaïe 52,7-10.
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