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Samuel Grzybowski : « 6 ans de ma vie pour Coexister »

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Samuel Grzybowski : « 6 ans de ma vie pour Coexister »

Message  -Ren- le Ven 9 Oct - 12:32

Le premier président de Coexister va bientôt passer la main :
Samuel tu es le fondateur de l’Association Coexister, que tu présides depuis 2009. Le 9 octobre a lieu l’Assemblée générale de Coexister, à l’occasion de laquelle tu quitteras cette fonction.
Je quitte la présidence de Coexister après avoir été président pendant deux mandats de trois ans. C’est important de permettre un changement régulier de nos cadres, de nos visages, de nos expériences. Il n’y a rien de plus dangereux qu’une association qui se confond avec une personne. Par ailleurs, en tant qu’initiateur de Coexister, je mettrais clairement en danger notre aventure collective si à force de m’attacher à la structure –même en croissance– je devais provoquer chez mes camarades une envie de me voir partir (...) J’ai commencé la présidence de Coexister à 16 ans, c’est toute une partie de ma jeunesse à laquelle j’ai consacré cet engagement qui m’a rendu très heureux. Mais j’ai beaucoup donné et aujourd’hui, à 23 ans, j’ai besoin de me recentrer sur ma vie personnelle (...) Après mon départ, je pense que je vais rester environ 4 ou 5 ans présent sur les formations (...) Je vais aussi assurer la présidence symbolique d’un conseil de surveillance au niveau européen qui coordonnera les associations Coexister de France, de Belgique, de Suisse et d’Angleterre, avec trois autres anciens.

Pourquoi avoir décidé de te « lancer » dans cette aventure associative, à un si jeune âge ?
Je n’ai pas vraiment « décidé » de lancer Coexister (...) Il se trouve que le 14 janvier 2009, pendant une manifestation pro-paix vis à vis du conflit israélo-palestinien, j’ai pu lancer un appel aux jeunes pour qu’ils me rejoignent et que nous organisions un don du sang ensemble. On était 11, il y avait deux juives, trois musulmans, cinq chrétiens (dont moi), un agnostique. Au moment de faire cet appel, on m’a donné la parole. J’ai improvisé (...) J’aimais l’idée de créer du lien, au service de l’harmonie, dans la société. C’est à la portée de chacun de nous. On peut créer des ponts en bas de nos portes, mais aussi entre les autres.

Qu’est-ce que cet engagement associatif t’a apporté ? Et quels sont les « résultats » les plus importants, dont tu es le plus fier, autour de toi ?
La liste serait trop longue pour vous dire ce que Coexister m’a apporté ! J’ai envie de dire en éclatant de rire : j’avais 16 ans au début ! J’ai tout appris pendant cette période : l’organisation, la rigueur, la régularité, le travail en équipe, la communication non violente, le dialogue, l’écoute, les épreuves à traverser. J’ai compris en rentrant du tour du monde qu’aucun de « nos gros résultats » n’avait de la valeur finalement. La seule valeur, la seule chose dont je suis fier à ce moment-là de ma vie, c’est d’avoir créé des liens entre des jeunes de toutes les convictions religieuses (...)

Tu es catholique, de quelle manière ta foi anime vos engagements ? Le fait de rencontrer beaucoup de personnes de religions différentes ou athées, a-t-il provoqué des remises en question ?
La remise en question a été violente oui. Surtout pendant le tour du monde. La France, ses terroirs et son histoire étaient restés pour moi un cadre assez favorable pour tenir les racines de mon identité bien plantées en terre. Une fois arrivé en Asie j’étais perdu. Je n’avais plus ce terreau. J’ai paniqué. Pendant le tour du monde, j’ai redécouvert le chapelet. Nous étions au Liban, après une journée chargée de peurs dans une ville sous occupation militaire. Le soir j’ai prié le chapelet. Il est devenu mon compagnon toute l’année (...) Sur cette route de mon engagement à Coexister, beaucoup d’événements et de rencontres m’ont aidé à découvrir et mieux rencontrer le Christ. J’ai ré-appris à prier, régulièrement, patiemment. J’ai redécouvert l’importance de la retraite tous les ans. J’ai creusé la spécificité de l’Évangile par rapport aux autres dites « révélations. » J’ai lu et étudié Vatican II pour présenter l’Église à mes camarades (...) Je dirai que la foi a été le moteur de mon engagement, l’huile dans les rouages, mais pas la cause (...) Ma très grande joie à cet instant, c’est que je commence une préparation au mariage, je me sens tout petit vis-à-vis de ce choix. Ça me paraît carrément plus balaise que de fonder une association, c’est une autre dimension. J’ai envie de me donner du temps pour ça.

Quel message aimerais-tu faire passer à de jeunes cathos d’aujourd’hui, déjà engagés dans des mouvements, ou bien réticents, un peu « tièdes » ?
Je pense que le monde a besoin de jeunes convaincus. Je distinguerai vraiment la conviction de la certitude. Nous n’avons pas besoin justement de jeunes sûrs ou certains. Ils donneraient l’impression de l’arrogance ou du mépris. Il faut écouter le vent à l’intérieur, celui qui souffle sur notre petite flamme et tenir la flamme allumée. Les convictions sont extrêmement différentes, mais pour les jeunes cathos nous avons tous une conviction en commun : celle que le Christ est ressuscité ! (...) Je sais que ma génération est particulièrement soucieuse de la place de l’islam et des musulmans dans le monde et la France d’aujourd’hui. Je comprends cette inquiétude. J’ai vraiment envie de leur dire de ne jamais se fier à ce qu’ils entendent ou ce qu’ils lisent. L’Église a bien compris comment un texte révélé ne parle pas de lui-même. Il parle au travers de la foi des croyants qui le suivent. Alors pour comprendre l’islam et les musulmans, cessons des parler des autres mais parlons aux autres. Parlons aux musulmans eux-mêmes. Prenons le temps de l’interrogation fraternelle. N’oublions pas non plus les étapes. Souvent une première rencontre est trop prématurée pour aborder les questions qui fâchent, construisons d’abord les bases communes avant de regarder lucidement ce qui nous sépare.
http://blog.jeunes-cathos.fr/2015/10/08/samuel-grzybowski-6-ans-de-ma-vie-pour-coexister/

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