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Louis Massignon

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Louis Massignon

Message  -Ren- le Sam 27 Oct - 0:40

La Toussaint approche... Et cette année, cette fête que j'aime tant ( http://gfic.net/Pub4/DossierTraitement/Article.asp?id=121 ) correspond presque avec la principale fête de la religion de ma femme ( http://dialogueabraham.wordpress.com/2012/10/26/aid-al-kabir-2012/ )

Cette rencontre entre nos deux religions ne peut m'empêcher de penser à Louis Massignon.
Je dois au Pardon des 7 Saints ( http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t285-blogvieux-marche-et-les-7-saints ) d'avoir découvert celui qui, désormais, est pour moi un "Grand Frère dans la Foi"
Et je remercie ici ceux qui me l'ont fait découvrir.

Pourquoi lancer ce sujet aujourd'hui ?
Parce qu'au Pardon des 7 Saints, des personnes ayant connu Massignon m'ont dit qu'il avait souhaité mourir à la veille de la Toussaint.
Il est mort il y a 50 ans. Un cinquantenaire qui coïncide presque avec l'Aïd !

Et parce que Louis Massignon partage avec moi une forme de reconnaissance pour l'Islam à qui lui, moi, et d'autres, devons d'être catholique, si paradoxale cette déclaration puisse paraître.

Alors voilà, je lance ce fil.
Pour qui veut ;)

Lien Wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Massignon
Site des Amis de L. Massignon : http://www.louismassignon.org/

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Re: Louis Massignon

Message  Ghazali le Sam 24 Nov - 15:33

Louis Massignon est un cas assez complexe, comme Henri Corbin.
Sous leur apparente sympathie à l'égard de l'islam et une certaine érudition appréciable (et digne d'intérêts), ils n'ont pas hésité à déformer les doctrines spirituelles (métaphysiques, ésotériques) de l'islam, comme celles de Ibn 'Arabî ou de Al-Ghazâlî, qu'ils ont voulu réduire à un vulgaire théologien de bas-étage alors qu'il était un initié (et donc un métaphysicien) de haute stature.

Concernant l’origine du Sheikh al-Akbar, je pense qu’il est intéressant de dire quelque chose là-dessus. Ibn ‘Arabî – radiyallâh ‘anh wa ardâh – (VI° H/ XII° EC) que l’on appellait aussi Ibnul ‘Arabî signifie « Fils de l’Arabe » ; d’ailleurs, il portait souvent le nom plus complet que l’on retrouve dans ses livres de « al-Cheikh al-Akbar al-Kibrît al-Ahmar, Muhyî-d-Dîn Muhammad Abû Bakr Ibn ‘Alî Ibn Muhammad Ibn ‘Arabî al-Hâtimî at-Tâî al-Andalusî », c’est-à-dire « le plus grand des maîtres, le Soufre Rouge, Le Vivificateur de la Religion, Muhammad Abû Bakr, Fils de Ali Fils de Muhammad, Fils de l’Arabe Hâtim at-Tâî, l’Andalou ».
Les orientalistes, souvent des fonctionnaires coloniaux à un moment ou un autre de leur carrière à l’instar de Massignon, devaient peut-être prendre un malin plaisir d’appeler le Sheikh al-Akbar, le « mystique andalou », le mot mystique étant là de façon consciente ou inconsciente, pour occulter le caractère initiatique de l’ésotérisme islamique, et « andalou » étant là en quelque sorte pour oublier son origine arabe.

Il faisait partie en effet des grandes familles arabes qui se sont installés en Espagne dès le II° siècle de l’Hégire (VIII° EC) et occupaient les hautes fonctions dans l’administration et dans l’armée. Il descendait plus précisément de Hâtim at-Tâî (Hâtim Ibn ‘Abd Allâh Ibn Sa’d at-Tâî an-Najdî) qui fut le célèbre poète arabe de Najd de la période antéislamique qui mourut en 578 EC. L’ancêtre du Sheikh al-Akbar était reconnu pour sa grande générosité devenue proverbiale, reconnue par le Prophète – sallallâh ‘alayhi wa sallam – qui ordonna la libération de la fille de Hâtim qui fut faite prisonnière lors d’une expédition en lui disant : « Ton père aimait les nobles caractères.».

Il existe parmi les traducteurs de textes du tasawwuf des universitaires qui sont aussi des musulmans rattachés à des turûq et ont lu des livres de René Guénon. On aurait pu s’attendre de ces derniers une attitude plus traditionnelle, mais que nenni pour la plupart d’entre eux. Au lieu du respect des convenances et de faire des commentaires inspirés ou s’appuyant sur des autorités traditionnelles on se retrouve avec la « sacro-sainte » liste de références par ordre alphabétique, noyant parmi des orientalistes ou universitaires profanes tels que Nicholson, Arberry, Schimmel, Douté, Massignon, Berque, Corbin, Goldziher, Nyberg, Chittick, Isutzu,,… des autorités traditionnelles ou des maîtres du tasawwuf comme Jandî, Nabulusî, Qunawî, Qushayrî, Jilî, Tirmidhî, Râzî, ad-Dabbâgh, al-Kattânî – radiyya-Llâh ‘anhum ajma’îne -…

Tout d’abord, ces multiples références profanes citées le long du texte traduit ne permettent pas la concentration nécessaire lorsqu’on lit la traduction, et nous renvoie vers du « bavardage » externe à la tradition.

Ensuite, il faut savoir que d’un point de vue traditionnel, tout le monde n’est pas égal : l’avis des orientalistes ou universitaires profanes que ces traducteurs citent comme des autorités ne valent pas grand chose. Leur apport se situe au niveau de l’érudition qui a certes son intérêt mais qu’on doit mettre à sa place, c’est-à-dire au rang inférieur. Et même parmi les autorités traditionnelles, il existe une hiérarchie selon le rang initiatique.

De plus, ces traducteurs ne citent pratiquement jamais René Guénon : plus grave encore, ils n’utilisent pas l’enseignement du maître même lorsque ces derniers l’ont lu et prétendent y adhérer. Faire cette impasse, c’est se jeter dans les bras de la « langue de Molière » qui manque de termes appropriés pour traduire les doctrines initiatiques et est fort peu métaphysique (Cf. Difficultés lingusitiques : http://esprit-universel.over-blog.com/article-rene-guenon-difficultes-linguistiques-1-2-60890287.html). C’est aussi prendre pour seuls mots et seules expressions, celles utilisées par les orientalistes qui sont généralement fausses et ont œuvré à déformer les doctrines traditionnelles en général et du tasawwuf en particulier.

Seul René Guénon a su fournir de façon autorisée à l’Occident une « langue française restituée », mettant un sens traditionnel derrière chaque mot ancien comme tradition, initiation, mysticisme, sacré et profane, métaphysique, philosophie, raison, ésotérisme, exotérisme, âme, esprit, intellect, conscience, essence, être, infini, indéfini, petits et grands mystères, rites et symboles, salut et Délivrance,…

Il a aussi forgé de façon hautement inspirée des expressions qui permettent de parler métaphysique et ésotérisme convenablement et dignement sans le bricolage profane et ignorant des orientalistes. Ne pas utiliser le langage guénonien c’est aussi se priver des expressions telles que : influence spirituelle, transmission initiatique, influence psychique, résidus psychiques, centre spirituel, organisation initiatique, centre du monde, états multiples de l’Etre, état grossier, état subtil, état individuel humain, état primordial, états formels et non formels, états de manifestation et de non-manifestation, homme primordial, homme véritable, homme universel, Soi et moi, Etre et Non-Etre, Existence, monde subtil, antitradition, pseudo-initiation, contre-tradition, contre-initiation, Autorité spirituelle et pouvoir temporel, Infini et Possibilité, centre et circonférence,…

René Guénon – qaddasa Llâh sirruh – soulevait dès les toutes premières lignes de son livre Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues le problème de la mentalité qu’il est absolument nécessaire d’avoir pour un Occidental si celui-ci veut espérer comprendre quelque chose aux doctrines orientales de façon générale que ce soit l’Hindouisme, le Taoïsme ou l’Islam :

Bien des difficultés s’opposent, en Occident, à une étude sérieuse et approfondie des doctrines orientales en général, et des doctrines hindoues en particulier ; et les plus grands obstacles ; et les plus grands obstacles, à cet égard, ne sont peut-être pas ceux qui peuvent provenir des Orientaux eux-mêmes. En effet, la première condition requise pour une telle étude, la plus essentielle de toutes, c’est évidemment d’avoir la mentalité voulue pour comprendre les doctrines dont il s’agit, nous voulons dire pour les comprendre vraiment et profondément ; or, c’est là une aptitude qui, sauf de rares exceptions, fait totalement défaut aux Occidentaux. D’autre part, cette condition nécessaire pourrait être regardée en même temps comme suffisante, car, lorsqu’elle est remplie, les Orientaux n’ont pas la moindre répugnance à communiquer leur pensée aussi complètement qu’il est possible de le faire.

(René Guénon, Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, première page de l’Avant propos)

Il faut avoir ou acquérir cette « finesse orientale » pour comprendre, ne serait-ce que théoriquement au départ et à défaut d’une connaissance directe (par l’initiation effective ou le dhawq du tasawwuf), un certain nombre de concepts et de notions. Seule cette « finesse » permet d’acquérir le talent de replacer les mots pouvant désigner tel ou tel concept, selon le contexte et le point de vue.

Ainsi en est-il du mot intellect qui peut désigner l’esprit à un certain niveau ou l’intellect divin à un autre niveau (cf. esprit et intellect et les idées éternelles sur mon blog). Dans l’ésotérisme islamique, le mot dhât peut désigner à la fois le corps (physique, psychique ou spirituel : les jinns ou les anges peuvent prendre « corps » dans la vaste terre d’Allâh), ou l’Essence (et le mot essence a plusieurs niveaux).

Autre exemple : le mot al-wujûd peut désigner une certaine chose au degré existentiel, une autre au degré ontologique, et encore une autre au degré suprême : un seul mot pour désigner une réalité unique vue à des degrés divers.
C’est ce genre de subtilité des mots et des concepts qui peut donner le tournis à des esprits pas assez souples.

Sur l'enseignement traditionnel :


L’enseignement traditionnel se transmet dans des conditions qui sont strictement déterminées par sa nature ; pour produire son plein effet, il doit toujours s’adapter aux possibilités intellectuelles de chacun de ceux auxquels il s’adresse, et se graduer en proportion des résultats déjà obtenus, ce qui exige, de la part de celui qui le reçoit et qui veut aller plus loin, un constant effort d’assimilation personnelle et effective. Ce sont des conséquences immédiates de la façon dont la doctrine tout entière est envisagée, et c’est ce qui indique la nécessité de l’enseignement oral et direct, à quoi rien ne saurait suppléer et sans lequel, d’ailleurs, le rattachement d’une « filiation spirituelle » régulière et continue ferait inévitablement défaut, à part certains cas très exceptionnels où la continuité peut-être assurée autrement, et d’une façon trop difficilement explicable en langage occidental pour que nous nous y arrêtions ici. Quoi qu’il en soit, l’Oriental est à l’abri de cette illusion, trop commune en Occident, qui consiste à croire que tout peut s’apprendre dans les livres, et qui aboutit à mettre la mémoire à la place de l’intelligence ; pour lui, les textes n’ont jamais que la valeur d’un « support », au sens où nous avons déjà souvent employé ce mot, et leur étude ne peut être que la base d’un développement intellectuel, sans jamais se confondre avec ce développement même : ceci réduit l’érudition au rang inférieur qui seul lui convient normalement, celui de moyen subordonné et accessoire de la connaissance véritable.

(René Guénon, Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, Partie III, chap.XVI : L’enseignement traditionnel, p.269-272).

Il y a une parfaite similitude avec les écoles coraniques d’antan (que les forces antitraditionnelles s’efforcent avec une volonté démoniaque de supprimer, de dévier ou effacer par tous les moyens et en invoquant de faux-principes). J’aurais quelques remarques et commentaires par rapport à celles-ci :

- Constitution d’un espace haram (1),
- On y circule pieds nus (2),
- Peu d’élèves,
- Têtes couvertes par un turban (maître) et taguiya (élèves) (3),
- Position assise de la baraka (4),
- Respect absolu du maître (5),
- Les disciples retranscrivent les paroles sacrées sur une planchette en bois (luha) (6),
- Une branche fine d’arbre (sacré comme l’olivier) est tenue par le maître (7),

(1) On enlève ses sandales lorsqu’on pénètre un espace sacré (hurm) : mosquée, mausolée, pièces des maisons où on se réunit,… Selon l’ordre d’Allâh donné à Seyyidunâ Mûsâ (Moïse) – ‘alayhi salâm – lorsqu’il arriva à la vallée sacrée de Tuwâ : Innî anâ rabbuka fa-khla’ na’layka innaka bi-l-wâdi-l-muqaddasi Tuwâ : Je suis ton Seigneur. Enlève tes sandales : car tu es dans la vallée sacrée Tuwâ (Cor.20.11).
(2) Afin de profiter de la Baraka de cet espace de dhikr. J’avais évoqué l’anecdote sur le Cheikh Abd al-Hayy al-Kattânî – rahimahu-Llâh – lorsqu’il avait visité un défunt de la famille des chorfas (descendants du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue ! -), il enleva ses chaussures et marcha pieds nus dans la maison. On s’étonna, il leur répondit : On ne doit entrer dans les maisons de nos seyyid les chorfas que pieds nus. buyût as sâda ash shurafâ’ Lâ yadhkhuluhâ illâ hâfî al-qadamayn.
(3) La coiffe est aussi porteuse de baraka, turban du Prophète.
(4) La posture de la Baraka, position indiquée par le Prophète sallallâh ‘alayhi lorsqu’on mange en jama’a (groupe) pour profiter de la Baraka.
(5) Le respect absolu est la condition sine-qua-non pour profiter de la baraka véhiculée par l’enseignement oral (même au niveau exotérique). Chacun à sa place, le maître sait les paroles sacrées qui lui ont été transmises par son maître, qui l’a lui-même reçu de son maître et on peut remonter ainsi jusqu’au Prophète sallallâh ‘alayhi wa sallam (dans le cas de l’Islam). L'enseignant a failli être un envoyé (kâda al-mu'allimu an yakûna rasûlâ), disait le poète Ahmed Chawqî.
(6) On a déjà vu que la planchette en bois (ou luha) devient porteuse de baraka et permettait l’extension de l'espace sacré par la personne qui porte la luha en dehors de cet espace. Ce qui explique aussi que l’eau avec laquelle on efface les écritures soient bues.
(7) La branche est utilisée à la fois pour montrer et pour frapper (légèrement) ceux qui font des erreurs dans les paroles traditionnelles (l’erreur est interdite dans la formulation des paroles sacrées),… Même la branche d’arbre est porteuse de baraka.

Dans la tradition, la seule chose vraie qui se transmet est une influence spirituelle (baraka) à laquelle on participe. C’est la raison pour laquelle, tout ce qui appartient à ce bas-monde (dunyâ) qu’il soit physique ou psychique (étendu), n’a qu’un rôle de support à notre travail intérieur qui permet sous certaines conditions de bénéficier de cette influence spirituelle qui est déposée en germe. Ceux qui prennent possession des états supérieurs ont acquis définitivement des influences spirituelles (barakât) qu’ils ont concentrées en eux-mêmes, et qui ne peuvent être enlevées.

Pour la compréhension des doctrines initiatiques et de « profiter » (istifâd) des enseignements des maîtres, il en est de « même » des écritures sacrées : la compréhension véritable n’est possible que si on cherche à comprendre « Celui qui parle » ; celle-ci consiste en la descente du Coran dans le cœur (dans sa dimension supra-physique), siège de l’Esprit (connaissance synthétique à dissocier des processus et calculs analytiques du cerveau).


Il t’incombe de distinguer entre comprendre la Parole et comprendre Celui qui parle. C’est cette seconde forme de compréhension que l’on doit rechercher. Or elle n’est obtenue que lorsque le Coran descend sur le cœur alors que la première appartient au commun des fidèles. Ceux des gnostiques qui reçoivent leur compréhension de Celui qui parle comprennent la Parole. Ceux qui comprennent seulement la Parole ne comprennent pas de manière distincte, en totalité ou en partie, ce qu’a voulu dire Celui qui parle (…) Le serviteur dont le regard intérieur (al-basîra) est illuminé – celui qui est dirigé par une lumière de son Seigneur (Cor.39.22) – celui-là obtient chaque fois qu’il récite un verset une compréhension nouvelle distincte de celle qu’il avait obtenu pendant la récitation précédente et de celle qu’il obtiendra pendant la récitation suivante. Dieu a répondu à la demande qu’il Lui avait adressé en disant : ô mon Seigneur, augmente-moi en science ! (Cor.20.114). Celui dont la compréhension est identique lors de deux récitations successives est perdant. Celui dont la compréhension est nouvelle à chaque récitation est gagnant. Quand à Celui qui récite sans rien comprendre, que Dieu lui fasse miséricorde.

(Sheikh al-Akbar Ibn Arabî, al-Futûhât al-Mekkiyyah, III, p.128-129 de l’édition Bûlâq en 4 volumes, 1329 H/1911, trad. par M.Chodkiewicz, un océan sans rivages, p.47)
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