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Bouddhisme et politique en Birmanie et la persécution des Rohingas

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Message  Disciple Laïc le Jeu 11 Juil - 16:58

Bénédicte Brac de la Perrière a écrit:

Bouddhisme et politique en Birmanie

Bénédicte Brac de la Perrière, chercheuse au Centre Asie du Sud-Est, CNRS

Date de publication:
April 2017


La Birmanie (Myanmar)1 expérimente aujourd’hui une phase de transition vers un régime démocratique. Cette phase a été inaugurée en mars 2011, lorsque le pouvoir a été remis à un gouvernement formellement civil, présidé par Thein Sein, dont le mandat était d’assurer la réforme politique. Alors que les premières élections générales de 2010 avaient suscité la critique de l’opinion internationale et amené au pouvoir un parti largement soutenu par l’ancienne junte (USDP), les élections de 2015, gagnées par la ligue démocratique nationale (NLD), le principal parti d’opposition dirigée par  la charismatique Aung San Suu Kyi, ont au contraire été saluées comme les premières élections libres, confirmant l’effectivité de la transformation du régime. Indéniablement, cette première période a ouvert le champ du politique et a vu se développer une vie parlementaire et une liberté d’expression nouvelles2. Le pays vit une période de changements extrêmes, politiques, sociaux et économiques, qui ouvre des perspectives nouvelles. Mais cette ouverture est aussi une source d’anxiété profonde et révèle des ressentiments trop longtemps ignorés.



L’importance politique des moines



Venant s’ajouter à la question du règlement des conflits avec les minorités des périphéries, une violente crise antimusulmane s’est invitée dans la transition politique. Au centre de la question religieuse figure la place réservée aux religieux dans cette société relevant massivement du bouddhisme du Théravada. La principale institution religieuse est l’ordre monastique, le sangha, qui compte environ 500 000 membres : il constitue aujourd’hui une force comparable, en nombre, à celle de l’armée et son influence semble formidable. Or, les analystes ont rarement considérés les moines comme un facteur déterminant de la situation politique, réagissant par la surprise, voir la stupeur, à la montée du nationalisme bouddhique qui a marqué cette période de transition. Il s’agit donc de réévaluer la place tenue, par défaut, par les moines dans un processus transitionnel piloté par les militaires, et dont ils ont été globalement tenus à l’écart.

Comme dans les autres pays de la tradition du Theravada, le pouvoir politique birman a toujours entretenu avec le sangha des relations indémêlables, que la période d’administration coloniale n’a pas réussi à dissoudre. En Birmanie, cependant,  l’interdépendance du politique et du religieux est devenue problématique lorsque l’institution monarchique sur laquelle elle s’appuyait, historiquement, a disparu, balayée par la colonisation britannique, en 1885. À l’époque, cette disparition du principal soutien du sangha fut perçue par les laïcs comme la source d’une menace directe à l’encontre du bouddhisme et motiva leur mobilisation au sein d’associations pour la défense de la religion3.


La question religieuse fut ainsi un des principaux moteurs de l’émergence du nationalisme birman dans les années 1920 et 1930 et certains moines en furent des acteurs éminents. Après l’indépendance (1948) et pendant toute la période parlementaire (1948-1962), l’ordre monastique resta au coeur de l’histoire de la Birmanie. Après le coup d’État de Ne Win (1962), la politique religieuse des administrations militaires qui se sont succédé a essentiellement consisté à la mise sous contrôle des moines. En 1980, une convention monastique générale est réunie pour lancer un programme de purification s’appuyant sur une nouvelle réforme constitutive du sangha : toutes ses branches sont placées sous l’autorité d’une nouvelle administration religieuse le Thangha Maha Nayaka, un corps de moines sénior dépendant du ministère des religions. Cette « constitution » monastique de 1980 est toujours en vigueur. Après le soulèvement de la population contre les militaires, en 1988, la nouvelle junte privée de légitimité électorale complète cette politique de contrôle par une politique de soutien systématique, par la donation religieuse, dont les principaux bénéficiaires sont les moines. Des segments importants du sangha en vinrent ainsi à être perçus comme corrompus tandis que d’autres contestaient radicalement, sous le boisseau, cette gestion de l’ordre monastique par les militaires ressentie comme une mise sous tutelle.


Ainsi, dès avant la phase d’ouverture politique, une nouvelle génération de moines s’est mobilisée, en se donnant les moyens d’agir indépendamment des régimes militaires. En septembre 2007, un mouvement connu sous le nom de la révolution Safran a attiré l’attention sur le mécontentement d’une partie du sangha et sur sa volonté alors nouvelle de peser sur le cours des événements en protestant au nom de la population contre la hausse soudaine des prix du carburant. Ce mouvement de protestation des moines suivi par leur participation décisive dans les opérations de secours aux victimes du cyclone Nargis qui frappait la Basse Birmanie en mai 2008 a marqué le retour de certains moines dans l’activisme. Ils se sont appuyé pour cela sur de nouvelles pratiques: le développement de l’action sociale, la prédication de masse et l’enseignement de la méditation à un large public, qui ont conféré à beaucoup d’entre eux une plus grande autonomie. Le sangha a ainsi acquis une capacité d’initiative indépendante des pouvoirs en place qui, dans la phase transitionnelle actuelle, lui a permis de réinvestir massivement le champ social et politique birman.


Par ailleurs, certains moines revendiquent désormais la défense de la religion qui releverait de leur responsabilité et à ce titre se positionnent comme les garants d’une identité nationale exclusivement bouddhiste faisant peu de cas du pluralisme religieux de la société. Dans cette fonction, ils réintègrent une place très forte que les militaires ont longtemps revendiquée et que, selon eux, le gouvernement actuel ne peut assumer. C’est dans ce contexte d’activisme monastique que s’inscrivent les violences antimusulmanes récentes qui ont secoué le pays et frappé les opinions.

Violences contre les musulmans


La question des musulmans d’Arakan – qu’on les appelle Rohingyas comme ces derniers le revendiquent ou Bengalis comme les autorités birmanes voudraient l’imposer – est au cœur de ces événements. L’épidémie de violences contre les musulmans qui a secoué tout le pays a ainsi éclaté, en juin 2012, dans l’Arakan, région occidentale où cette minorité religieuse est la plus nombreuse. Mais à partir de mars 2013, elle s’est propagée dans des localités de Birmanie centrale, jusqu’au dernier pogrom en date survenu en juillet 2014, dans la seconde ville du pays, Mandalay. Depuis octobre 2016, une autre crise sévit dans le nord de l’Arakan où, en rétorsion à l’attaque de deux postes frontières, l’armée s’est livrée, hors de tout contrôle, à des opérations de police poussant près de 80 000 Rohingyas à fuir vers le Bangladesh voisin. Dans la Birmanie à large majorité bouddhiste, dont l’identité repose sur cette religion, la présence de musulmans est désormais ressentie comme une menace. Cette situation suscite la perplexité quant à la responsabilité de certains moines dans son déclenchement. Ces émeutes ont en effet été alimentées pendant l’hiver 2012-2013 par une campagne massive de prédication monastique – connue sous le nom de campagne « 969 » – appelant au boycott des commerces tenus par des musulmans au nom de la défense du bouddhisme. Le moine Wirathu, qui revendique la responsabilité de la campagne, incarne la figure de ce nationalisme religieux extrémiste.

Concurrences idéologiques


La situation a suscité, en juin 2013, la fondation par une convention monastique d’une association « pour la défense de la religion nationale » (c’est-à-dire, du bouddhisme) connue sous l’acronyme de Ma Ba Tha, en marge de l’administration centrale du sangha, devenue en quelques mois incontournable et qui devait peser sur la campagne électorale de 2015. Cette association dirigée par un groupe de moines nationalistes a notamment réussi à faire adopter par l’assemblée nationale en août 2015 un ensemble de quatre lois portant sur les relations interconfessionnelles, la conversion religieuse et la démographie de certains groupes. Elle a alors organisé des rassemblements de célébration au cours desquels s’est révélée la dimension politique du mouvement. Que l’électorat birman n’ait finalement pas suivi les recommandations du Ma Ba Tha en votant massivement pour la NLD lors des élections de novembre 2015, alors même que l’influence du mouvement nationaliste bouddhique ne semble pas s’être démentie, montre que sa dimension politique est une question sensible.


Le Ma Ba Tha est aujourd’hui devenu l’organe incontournable de la reformulation monastique du nationalisme bouddhique birman et diffuse un discours en porte-à-faux avec la conception des droits de l’homme à l’occidentale, en termes de libertés individuelles, dont la NLD est au contraire porteuse. La prégnance de ce discours religieux nationaliste s’ajoutant à la persistance du contrôle militaire sur les affaires les plus sensibles pourrait expliquer que la NLD au pouvoir soit restée très passive dans la crise actuelle du nord de l’Arakan. Cependant, le gouvernement a quand même pris récemment des mesures témoignant de son souci de garder le nationalisme bouddhique dans certaines limites, par exemple, en interdisant de prêche le moine Wirathu qui s’était réjoui en public de l’assassinat du conseiller démocrate musulman, U Ko Ni. Il existe bien une opposition au discours envahissant du Ma Ba Tha, mais une opposition dont la voix ne peut s’exprimer pleinement tant la critique des moines est un exercice périlleux dans la société birmane.


Quoiqu’il en soit, on imagine difficilement une transition politique viable en Birmanie qui laisserait les moines à l’écart, comme le prévoit la Constitution actuelle, selon laquelle ces derniers n’ont ni le droit de vote, ni le droit de se présenter aux élections4. De fait, quelles que soient les questions que soulève l’action sociale et politique des religieux du point de vue de leur statut, on assiste aujourd’hui à une intense mobilisation de certains moines sur la scène publique, agissant selon des agendas complexes au nom de la défense du bouddhisme.

1. Myanmar est le nom officiel de la Birmanie imposé par la junte militaire en 1991. Bien que la mesure ait été prise pour rompre avec l’usage colonial, notamment celui de Burma, l’usage de l’un ou de l’autre de ces vocables est devenu politique
2. Egreteau, R. 2016. Caretaking Democratization. The Military and Political Change in Myanmar. London, Hurst & Company.
3. Cf. A. Turner, 2014. Saving Buddhism : The Impermanence of Religion in Colonial Burma. Honollulu : University of Hawai’i Press.
4. Sur la question de la franchise électorale des moines dans les pays de tradition theravadin, voir T. Larsson, 2014.

https://www.sciencespo.fr/enjeumondial/en/odr/bouddhisme-et-politique-en-birmanie


Moine Matthieu Ricard - Interprète français du Dalaï Lama a écrit:



Une conduite inhumaine et inexcusable : les ex-moines birmans qui persécutent les musulmans Rohingas  



Par Matthieu Ricard le 13 avril 2016


Il faut le dire et le redire haut et fort, les persécutions dramatiques de villages musulmans en Birmanie (Myanmar) perpétrées à l’instigation de moines bouddhistes sont totalement inexcusables.

En vérité il s’agit plus exactement d’ex-moines, car à partir du moment où l’on tue quelqu’un, où l’on incite une tierce personne à tuer quelqu’un et que l’on se réjouit de sa mort, on perd immédiatement les vœux monastiques.

Le Dalaï-lama l’a affirmé maintes fois avec fermeté : « il n’y a aucune justification, au sein du bouddhisme, pour utiliser la violence afin d’atteindre quelque but que ce soit. »
Lors d’une rencontre entre représentants de plusieurs religions à laquelle je participais au Forum Économique Mondial de Davos, l’archevêque Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix, déclara : « Je ne connais aucune religion qui affirme qu’il est admissible de tuer. » Lorsqu’il prononça ces mots je me permis de suggérer que ce point de vue fasse l’objet d’une déclaration commune, sans équivoque, destinée aux fidèles des différentes religions. La question fut éludée sous prétexte qu’il existait « une variété de points de vue à ce sujet ».

Pour le bouddhisme, il n’y a pas de différence entre le fait de tuer en temps de paix et en temps de guerre. Un soldat est responsable des meurtres qu’il a commis ; un général est responsable des meurtres commis sous ses ordres. Un bouddhiste sincère ne peut que refuser de participer à des actes de guerre ou à tout autre acte de violence. Il en va de même du jaïnisme qui prône une stricte non-violence, ahimsa. Les adeptes du jaïnisme sont des modèles en matière de transposition de cet idéal dans la vie de tous les jours. Ces deux religions non théistes fondent leur compréhension du monde sur les lois de cause à effet. Selon elles, l’ignorance, la haine, l’animosité, le désir sont les causes premières de la violence. La malveillance est toujours contre-productive parce qu’elle engendre ou perpétue la haine.

Si les religions se contentaient de pratiquer la règle d’or — « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » — l’humanité s’en porterait beaucoup mieux. Que l’on soit croyant ou non, la première tâche que nous devons accomplir est de devenir un meilleur être humain. Cela passe par la bonté, non par la haine.


https://www.matthieuricard.org/blog/posts/une-conduite-inhumaine-et-inexcusable-les-ex-moines-birmans-qui-persecutent-les-musulmans-rohingas
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Message  Disciple Laïc le Jeu 11 Juil - 17:12

Pour information :


La Croix du 31-05-2019 - extrait a écrit:

Mandat d’arrêt contre le moine bouddhiste extrémiste birman Wirathu


Ashin Wirathu, moine bouddhiste ultra-nationaliste ayant diffusé des discours de haine contre les musulmans rohingyas, devrait être arrêté après qu’un mandat d’arrêt a été émis contre lui mercredi 29 mai par les autorités birmanes.


Dorian Malovic

L’arrestation du moine bouddhiste extrémiste Ashin Wirathu est imminente. Un mandat d’arrêt pour incitation à la haine a été émis mercredi 29 mai par les autorités birmanes à l’encontre du moine ultra-nationaliste Wirathu, « visage de la terreur bouddhiste » anti-musulmane. Ce mandat d’arrêt a été déposé « en vertu de l’article 124 (a) », qui punit l’incitation à la haine, notamment anti-gouvernementale, a précisé la police.
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Message  indian le Ven 12 Juil - 13:41

Fascinant, que des soi-disant bouddhistes puissent agir de la sorte.

indian

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Message  Suleyman le Ven 12 Juil - 13:49

indian a écrit:Fascinant, que des soi-disant bouddhistes puissent agir de la sorte.

Rien de fascinant dans le comportement violent des hommes qui commettent des atrocités, la religion n'ayant rien à voir la dedans.
Comme je le dis souvent, le meurtrier a soif de violence, et qu'importe son étiquette socio-politico-religieux, un meurtrier n'est qu'un meurtrier dont le but est de détruire la vie au lieu de la préserver.
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Message  indian le Ven 12 Juil - 14:23

Suleyman a écrit:
indian a écrit:Fascinant, que des soi-disant bouddhistes puissent agir de la sorte.

Rien de fascinant dans le comportement violent des hommes qui commettent des atrocités, la religion n'ayant rien à voir la dedans.
Comme je le dis souvent, le meurtrier a soif de violence, et qu'importe son étiquette socio-politico-religieux, un meurtrier n'est qu'un meurtrier dont le but est de détruire la vie au lieu de la préserver.

je pourrais dire la même choses des soi-disants chrétien et soi-disant musulmans ou soi-disant athées qui agissent aussi de la sorte: fascinant.

indian

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Message  Disciple Laïc le Lun 15 Juil - 8:23

Je suis tombé par hasard sur ces lignes qui donnent une toute autre dimension au problème. Des informations dont je n'ai jamais entendu parlé dans les médias français :

Article a écrit:
L’AFFAIRE DES ROHINGYAS : UN « ICEBERG DE DÉSINFORMATION »
Dans un article publié en ligne le 16 septembre dernier, le site de réinformation Minurne s’interroge sur l’occultation par les médias de l’oligarchie d’un certain nombre d’éléments concernant l’affaire des Rohingyas

Pourquoi donc les Birmans s’en sont ils soudainement pris à ce petit peuple, immigré du Bangladesh, qu’ils toléraient depuis plus de deux cents ans ? Les Rohingyas y pratiquaient jusqu’à récemment un islam plutôt nonchalant, et cohabitaient très pacifiquement avec les bouddhistes. Et pourquoi donc les Rohingyas se sont ils tout à coup radicalisés ? Deux questions que les médias de l’oligarchie évitent soigneusement de poser.

Dès 2010, les Rohingyas sont travaillés par des missionnaires islamistes venus du Pakistan

Mais courant 2016, la situation prend un tour autrement plus dramatique. L’Etat islamique comprend en effet qu’en perdant la guerre en Syrie Irak, il perdait aussi les ressources pétrolières qui le finançaient, avec la complicité de la Turquie. Il a vu dans les champs pétroliers et gaziers, découverts en Birmanie dans l’Etat d’Arakan où vivent les Rohingyas, le moyen de se refaire une santé financière. Comment se les approprier ? En poussant les Rohingyas à réclamer au gouvernement birman la transformation de l’Etat d’Arakan en province islamique autonome. D’où l’explosion des assassinats de Birmans et des attaques meurtrières contre les forces de police. La réaction des autorités birmanes a été à la mesure de ces exactions.

Mais ces champs pétroliers et gaziers intéressent aussi la finance internationale ?

C’est en effet là qu’on retrouve un certain George Soros. Le « philanthrope » (sic) entend récupérer les Rohingyas à son profit. Avec le soutien de l’Arabie saoudite, Soros finance des achats d’armes pour les terroristes. Il lance, en 2017 le thème du « génocide du peuple Rohingya », amplement relayé par les médias de l’oligarchie. A ce propos, Aung San Suu Kyi a dénoncé, je cite : un « iceberg de désinformation ». But du milliardaire : une condamnation « internationale » du gouvernement birman sous l’égide de l’ONU et l’intervention militaire d’une coalition occidentale sur le modèle de ce qui a été fait en Irak, Syrie et Libye.


Comme cet article est tiré d'un site peu favorable à l'Islam (donc je n'en ferais pas la publicité) j'ai pris la peine de vérifier (cette fois) quelques informations :


Je suis allé vérifir pour les ressources de l'Arakan il est dit ceci :


Wikipédia a écrit:L'Arakan et ses eaux côtières recèlent des réserves d'hydrocarbures, prospectées par plusieurs compagnies internationales. En décembre 2008, un consortium dirigé par la compagnie sud-coréenne Daewoo a conclu un accord avec le régime birman pour l'exploitation du champ gazier offshore de Shwe. Un gazoduc devrait être construit depuis la côte jusqu'au Yunnan, pour l'exportation du gaz naturel vers la Chine. Ce gazoduc traverserait des zones fortement peuplées de la Région de Magway, ce qui, au vu de l'expérience du gazoduc de Yadana (dans la Région de Tanintharyi) fait craindre d'importants déplacements de population30.

Il est également question de la construction d'un port en eaux profondes, qui permettrait à la Chine de recevoir du pétrole du Moyen-Orient sans passer par le détroit de Malacca.


Concernant l’intérêt de l'homme d'affaire Georges Soros pour le Myanmar j'ai trouvé cet article du journal suisse Le Temps datant de 2013 :

Le Temps article de 2013 a écrit:George Soros mise sur le Myanmar
Les liens tissés par sa fondation «Open Society» sont très précieux

Le 26 décembre 2011, un passager de choix débarque de son jet privé à l’aéroport de Yangon: accompagné de ses deux fils, George Soros, 85 ans, est en terrain connu. Une année plus tôt, le milliardaire américain d’origine hongroise a déjà passé le Nouvel An à l’ombre des ors de la pagode Shwedagon, l’emblème de l’ancienne capitale du Myanmar.

Ses hôtes durant cette visite? Les leaders du collectif étudiant «Génération 88», successeurs des manifestants pro-démocratie qui prirent le maquis après les élections législatives «volées» du printemps 1990 et l’arrestation d’Aung San Suu Kyi par la junte militaire du général Ne Win.

Soutiens diplomatiques

Bis repetita en décembre dernier. A nouveau reçus par la lauréate du Prix Nobel de la paix 1991 et par Thein Sein, le chef de l’Etat, George Soros et ses héritiers passent une semaine à scruter la Birmanie nouvelle, que sa fondation «Open Society» a contribué à faire émerger à coups de millions de dollars d’aide. Sauf que l’agenda, cette fois, n’est pas que politique et philanthropique. L’intéressé avance ses pions sur un dossier sonnant et trébuchant: sa candidature, aux cotés du groupe singapourien Yoma, pour une licence de télécommunication ­mobile face à plusieurs poids lourds internationaux du secteur: France Télécom, Singtel (Singapour) ou KDDI (Japon).

L’intérêt de George Soros pour le Myanmar ne se résume pas à une aventure capitalistique de plus. Dans les camps de réfugiés birmans le long de la frontière thaïlandaise, les travailleurs humanitaires savent combien son aide fut précieuse. «Qu’il veuille aujourd’hui faire fructifier son soutien aux démocrates birmans n’est que justice», estime un journaliste du magazine Irrawady, basé à Chiang Mai (Thaïlande). «En plus, il connaît le pays et ses problèmes.»

La Chine (et l'Inde) on apporté leur soutient au gouvernement Birman quand à la répression des problèmes posées par la minorité Rohingyas.

Et la Chine lorgnerait aussi sérieusement sur les gisements d'hydrocarbures du Myanmar.

Donc en résumé, le problème Rohingyas était inexistant jusqu'a ce que depuis quelques années de prédicateur islamistes montent le bourrichon aux musulmans locaux. Et il y aurait derrière de gros intérêts et enjeux financier et énergétiques sans rapport avec les ethnies ou la religion.

Birmans et Rohingyas seraient donc victimes les uns et les autres d'enjeux économiques internationaux et de la propagande islamiste.

Enfin si je synthétise ce que j'ai compris.

Et pour ajouter à la chose, je lis que Tariq Ramadan aurait diffusé en 2017 des fausses images sur son compte tweeter a propos de victimes et de massacres de Rohingyas en Birmanie, 3 photos particulièrement difficiles dont 2 seraient en fait sans rapport (après vérification) avec la situation Birmane, l'une correspondrait à un accident terrible au Congo la seconde à une manifestation en Inde. D'après une journaliste du Monde.

Des images concernant le massacre d'hindoues en Birmanie par "L'armée du Salut des Rohingyas de l'Arakan" ne seraient (conditionnelle) jamais diffusées dans les médias français.

Il existe bel et bien une telle "Armée".
Wikipédia a écrit:L'Armée du salut des Rohingya de l'Arakan (ARSA), en birman :  (appelée aussi localement Harakah al-Yaqin, « Mouvement de la foi » en arabe) est un groupe armé composé de Rohingya, actif dans l'État d'Arakan en Birmanie. Il est dirigé par Ataullah abu Ammar Jununi (en), un Rohingya né à Karachi au Pakistan et dont la famille a émigré en Arabie saoudite pour échapper aux persécutions que subissaient les Rohingyas en Arakan. Depuis août 2017, le groupe est considéré comme un groupe terroriste par le gouvernement birman.

Le groupe commence à être actif à partir d'octobre 2016. Cette force connaît une notoriété importante à partir d'août 2017, à la suite des combats avec l'armée birmane, induisant de nombreux mouvements de population pour fuir ces combats.

L'ARSA est accusé par Amnesty International d'exactions contre des civils hindous et notamment du massacre de 53 villageois, dont 20 hommes, 10 femmes et 23 enfants, à Kha Maung Seik, près de Maungdaw, le 25 août 20175.

Je lis aussi dans une autre article belge celui-là (mais il faudrait vérifié bien que cela ai du sens ) :

Article belge a écrit:
Les Rohingyaq ont décidé de créer leur propre agence de presse pour prendre le monde à témoin de leurs malheurs, du rejet dont ils sont victimes, de l’islamophobie birmane.

La RNA (rohingya news agency) est installée à Djehhad en Arabie Saoudite dans les locaux de l’OCI.
Le site internet de la RNA, fonctionne au départ de Ramallah en Cisjordanie depuis les locaux de l’OLP.

Concernant l'OCI :

Wikipédia a écrit:
Le 25 septembre 1969, plusieurs dirigeants de pays à majorité musulmane se réunissent à Rabat au Maroc à la suite de l'incendie criminel de la mosquée al-Aqsa de Jérusalem le 21 août 1969 par un fondamentaliste chrétien de nationalité australienne. Cependant, en toile de fond, la création de l'OCI est la réponse saoudienne à l'influence du Mouvement des non-alignés créé, en 1955, par Nasser, Nehru, Soekarno, et Zhou Enlai.
Le 5 août 1990, la conférence des ministres des Affaires étrangères du Caire adopte la Déclaration des droits de l'homme en islam qui peut être vue comme une volonté de relecture des droits de l'homme dans un cadre compatible avec la charia.

Organisation de la conférence islamique prend le nom d'Organisation de la coopération islamique le 28 juin 2011.

Outre des clauses de solidarité et d'entraide entre les États membres, elle est destinée à assurer la sauvegarde des lieux saints de l'islam. Elle soutient également la cause palestinienne dans le conflit israélo-palestinien.

Les buts de l'Organisation de la coopération islamique, définis par une charte élaborée à Djeddah en mars 1972, sont les suivants :

- consolider la solidarité islamique entre les États membres ;
- renforcer la coopération entre les États membres dans les domaines économiques, sociaux, culturels, scientifiques ainsi que dans les autres domaines d'importance vitale et procéder à davantage de consultations entre les pays membres au sein des organisations internationales ;
- œuvrer à éliminer la discrimination raciale et le colonialisme sous toutes ses formes ;
prendre les mesures nécessaires pour consolider la paix et la sécurité mondiale fondées sur la justice ;
- coordonner l'action pour sauvegarder les lieux saints, soutenir la lutte du peuple palestinien et l'aider à retrouver ses droits et à obtenir par la diplomatie, les territoires revendiqués comme leurs ;
- consolider la lutte de tous les peuples musulmans pour la sauvegarde de leur dignité, leur indépendance et leurs droits nationaux ;
- créer l'atmosphère propre à promouvoir la coopération et la compréhension entre les États membres et les autres pays.

Mais ce n'est pas une organisation strictement religieuse, car ses buts sont politiques, économiques, sociaux et culturels. Elle regroupe aussi des États plurireligeux, laïcs ou séculaires (Albanie, Azerbaïdjan, Indonésie, Kazakhstan, Kirghizistan, Liban, Ouzbékistan, Sénégal, Syrie, Tadjikistan, Turkménistan, Turquie).Hormis la Turquie, l'Albanie est le seul État européen membre de l'OIC (depuis 1992).

D'autres États comptant des dizaines de millions de musulmans ne sont pas membres de l'OCI ou ne sont que membres observateurs, comme l'Inde (dont la participation a été bloquée par le Pakistan), la Russie (observateur depuis 2005) ou la Chine qui n'a pas de liens avec cette organisation.

Et au contraire, des pays comptant une minorité de musulmans en sont membres, comme le Guyana, l'Ouganda ou le Suriname.

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