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Tu veux ou tu veux pas?

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Tu veux ou tu veux pas?

Message  gad le Mer 12 Sep - 10:10

INTRODUCTION



J’hésite entre la vie et la mort. Certains disent que le concept de mort est vide; nous reviendrons plus loin sur cette remarque.
D’une façon ou d’une autre, je n’échappe pas à la vie puisque je vis. Je n’échappe pas à la mort non plus puisque je suis sorti du néant et y retournerai. J’assiste à la lente tombée de mon corps vers la tombe, les cheveux tombent, les dents tombent, la peau tombe, les joues tombent, mes testicules tombent, les pectoraux tombent, la vue et l’ouïe baissent, le squelette se voute, les jambes s’arquent, tout vous ramène à la terre. Est-ce que pendant ce temps mon âme s’élève? Je ne sais pas, par contre je n’ai pas l’impression que celle de ceux qui son atteints par la maladie d’Alzheimer ou tout simplement par la sénilité s’élève. Il est vrai qu’il y a tant de choses que nous ignorons. Donc quand je dis que j’hésite entre la vie et la mort, ce n’est pas de l’état de fait dont je parle, mais de l’amour que je leur porte.
La vie me paraît tantôt chaude, souriante et accueillante, lumineuse, drôle, surprenante, passionnante, jouissive tantôt cruelle, monstrueuse, burlesque, irrespectueuse, obscène, ridicule et vaine. Pour quelques humains ayant atteint un haut degré de spiritualité, elle est dit-on et fut peut-être une joie transcendante, mais pour des milliards elle est et fut un vrai cauchemar (“Projection” dirait ma psychologue). C’est d’ailleurs aussi l’opinion de Schopenhauer. Alors, faut-il en finir avec la vie? Je ne parle pas ici d’un suicide personnel, car il ne permet pas d’échapper à la vie mais de tout l’univers. Nous savons que l’homme a les moyens de détruire la planète, mais pour ce qui est du cosmos, c’est une autre affaire; il lui a en effet fallu un million d’années pour parvenir à la technologie moderne, combien lui en faudrait-il pour avoir les moyens de détruire le cosmos ? Donc, pour pas mal de temps encore nous ne pourrons échapper à la vie.
Ceci dit, quand j’ai fait part à ma psy des doléances des chenilles grignotées de l’intérieur par les larves du sphex, elle m’a répondu “ Tu es un prédateur”. Qu’est-ce à dire ? Qu’il faut mordre la vie à pleines dents ? Soit ! C’est d’ailleurs ce que fait un correspondant amoureux de la vie que j’ai rencontré sur un forum internet et avec qui j’ai échangé quelques idées. Ce que firent aussi Boris Vian, Hemingway, Joseph Kessel et bien d’autre dont certains finirent par se suicider. Fut-ce un désaveu de la vie ou au contraire l’apothéose d’un hymne à la vie?

Ce matin, je regardais les derniers moments d’un frelon, qui s’était introduit dans mon atelier et ne pouvant trouver la sortie, mourrait d’épuisement. Mais incapable de mouvoir ses ailes, il continuait tout de même à ramper sur le sol, efforts dérisoires, dernières manifestations de cette fameuse volonté de vivre si bien dénoncée par Schopenhauer. Encore, quand il s’agit d’un insecte, il est peut probable qu’il soit conscient de sa fin proche, mais quand il s’agit d’un vieil homme, courbé, vacillant, baveux, ridé, haletant, à la respiration sifflante, et qui malgré tout s’accroche à la vie, c’est poignant, pitoyable, quelle tristesse! Heureusement, certains hommes, se voyant déchoir choisissent de mettre fin à leur vie ( Hemmingway, Emile Ajar, ( Je crois) ). Ce sont eux les grands hommes, et qui sauvent l’honneur de l’humanité. Mais ils sont bien rares, et moi-même je me sais trop lâche pour le faire un jour.
Quand je regarde l’homme comme si je n’appartenais pas à son espèce, je vois d’abord les yeux, puis la bouche et la bouche, c’est terrible, gouffre ouvert sur le néant, bardé de dents qui font joli quand elles sont blanches et régulières mais dont je sais bien qu’elles sont là pour retenir, déchirer et broyer des proies.

Quand je pense qu’aux USA un homme un jour, a proposé “ pour faire moderne”, d’utiliser l’électricité pour tuer les condamnés à mort ! Et le pire, c’est qu’il s’est trouvé une majorité d’imbéciles pour le suivre !!!! De pauvres bêtes ont du sans doute faire les frais d’une expérimentation préalable.
Quand je vois les femmes étaler leurs cuisses et leurs seins sous prétexte d’être à l’aise « sans plus » disent-elles, elles me font rigoler. Inconsciemment, elles ne font qu’obéir à la volonté de vivre, pour exciter les mâles, se faire féconder et multiplier le nombre des êtres vivants. L’homme, animal dénaturé ( “Les animaux dénaturés”, Vercors ), a bien sûr détourné ces motivations profondes pour faire de la copulation uniquement un plaisir. Mais, à l’origine, je le répète, il y a la fameuse volonté de vivre.
Quand je vois que pour vivre, la nature a inventé des crocs, des griffes, des dards, des mandibules, les formes les plus variées, les stratagèmes les plus cruels ( œufs pondus dans un être vivant pour que les larves disposent de chair fraîche à leur naissance).

D’aucuns louent la splendeur du monde, j’appelle ça la beauté du diable.

Certes, il y a aussi de la douceur, de la joie, de l’amour, de la solidarité, de l’abnégation, de la musique, des œuvres d’art, et on peut donc considérer que la vie est belle et la volonté de vivre la bienvenue, je suis moi-même en contact avec des personnes sympathiques, je vis des moments de bonheur tout simples.
Mais la cruauté et la souffrance ne l’emportent-elles pas de loin sur la douceur et la joie?
D’ailleurs, la joie, la douceur et l’amour seraient -ils majoritaires dans l’univers, je n’en affirme pas moins que, n’y eusse-t-il qu’un seul enfant, dans tout l’univers, un seul, qu’on arrache à sa mère, la détresse de l’enfant et le désespoir de la mère le disqualifient.
Mais ce n’est que mon jugement, et comme me l’écrivait un ami, “Arrête de juger, arrête de penser, mets fin à ta colère. Que d’orgueil! Accepte, aime, et tu recevras le meilleur de la vie”. Cela m’est actuellement très, très difficile. Mon cerveau tourne comme un moteur de formule 1 et je ne peux m’empêcher de juger.
Soit, acceptons! Mais je vous préviens, si vous accepter vous devenez complice non seulement de la splendeur du monde, mais aussi de ses horreurs. C’est exactement comme une SARL qui vous proposerait un séjour paradisiaque gratuitement mais qui, pour vous assurer ce séjour devrait, en coulisse et en arrière boutique se livrer à des actes horribles, par exemple tuer des humains pour vous fournir des mets délicieux.
A vous de décider, “ Tu veux ou tu veux pas?” comme dit la chanson.
Et c’est ainsi qu’on en revient à Nietzsche.
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Re: Tu veux ou tu veux pas?

Message  indian le Mer 12 Sep - 14:45

J'aime la vie aussi :)


et ca ca m'a bien fait rire :)
Inconsciemment, elles ne font qu’obéir à la volonté de vivre, pour exciter les mâles, se faire féconder et multiplier le nombre des êtres vivants

merci pour votre avis :)

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