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Histoire de l'exégèse biblique

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Histoire de l'exégèse biblique

Message  Jans le Dim 5 Aoû - 11:58

Je vous propose ici un condensé de mes nombreuses lectures sur ce sujet. Des 15 paragraphes de l'ensemble, voici les trois premiers :

Histoire de l’exégèse de la bible (1)

Avec la seconde moitié du XVè siècle, la bible change de statut : elle passe de l’oralité transmise par les clercs à celui d’un écrit imprimé, diffusé, et on sait en Allemagne le rôle déterminant joué par Luther, même si des bibles en langues vernaculaire ont existé avant lui. Pour l’Eglise catholique, la seule référence est la Vulgate en latin de St Jérôme, traduite entre 390 et 405, directement depuis le texte hébreu pour l'Ancien Testament et du texte grec pour le Nouveau Testament. En ceci, elle s’oppose à la Vetus Latina (« vieille bible latine »), traduite du grec de la Septante. Le fait de puiser directement aux sources judaïques lui donne aux yeux des chrétiens latins, un « plus ». Force est de constater, cependant, que la différence entre la Vetus Latina et la Vulgata est relativement cosmétique, essentiellement stylistique.

Les commentaires écrits d’exégètes catholiques (par exemple le Verbo Dei) sont en fait jusqu’à cette date des écrits théologiques destinés à entraîner la soumission à l’autorité romaine. Les écrits de Calvin et Luther restent dans ce sillage, revendiquant bien sûr leur liberté et le droit de chacun à lire la Bible, selon l’adage : « sola scriptura ». Des controverses disputent de savoir s’il faut privilégier la Vulgate ou la Septante, de la justesse des temps bibliques. Mais le premier vrai tournant de la réflexion exégétique se produit quand certains théologiens protestants se rendent compte de l’importance du savoir (pris ailleurs que dans la bible) sur le pays (Palestine), les un et coutumes juives, l’époque de Jésus... Ainsi, on parvient aux problèmes soulevés dans le NT = : Jésus a-t-il institué l’eucharistie la veille (dit Jean) ou le jour de la Pâque juive (disent les synoptiques) ? au vu des nouvelles connaissances, il apparaît impensable que le procès de Jésus ait eu lieu un jour solennellement chômé, donc Jean a raison. La bible entière se voit ainsi à la fois éclairée et questionnée par le savoir profane, et ce mouvement va s’accentuer tout au long du siècle des Lumières.

Histoire de l’exégèse de la bible (2)

En réaction, les théologiens gallicans (Fleury, Bossuet, Fénelon) enseignent aussi que la foi ne repose pas sur l’Ecriture, mais sur l’autorité de l’Église, garantie par la succession apostolique. Allant plus loin que les Luthériens, les Sociniens, dissidents protestants, plus radicaux, ne trouvent dans le NT aucun des dogmes chrétiens ; à la fin du XVIIè siècle, le « retour à l’Écriture » revendique la place du philologue dans le commentaire biblique et exprime l’aspiration à situer le texte en son temps. Une « histoire critique du Vieux Testament » apparaît ; ainsi, la construction de la tour de Babel ou l’endurcissement de Pharaon par Dieu peut se comprendre comme des manières de parler propres aux Hébreux.

L’interprétation de l’Apocalypse subit aussi une relecture protestante : leurs commentateurs lurent le texte comme une immense prédiction des châtiments successifs qui, par la main des différents réformateurs, s’abattaient sur l’Église romaine. Cette interprétation connut une énorme fortune en Angleterre au XVIIè siècle et soutint l’espérance de ceux qui luttaient contre le catholicisme latent des Stuarts. L’apologétique catholique réplique en soulignant que, l’Écriture étant pleine d’obscurités, la foi ne peut reposer en dernière analyse que sur l’autorité de la Tradition de l’Église, laquelle est infaillible. D’où le mépris envers la distinction établie par Spinoza entre les passages législatifs du pentateuque qu’il faut attribuer à Moïse et le reste de la collection (Moïse racontant sa propre mort dans le Deutéronome, ch. 34). Mais avec les Lumières, la prééminence de la raison va fortement ébranler l’apologétique catholique, assez naïve du XVIIè siècle.

Histoire de l’exégèse de la bible (3)

Le véritable grand coup de tonnerre vint d’un théologien protestant allemand, David Friedrich Strauss, qui, en 1835, à l’âge de 27 ans, en s’appuyant sur la littérature juive non biblique, publia une « Vie de Jésus » (Leben Jesu), qui à la fois le rendit célèbre et lui enleva toute perspective d’enseignement biblique (il devint professeur de lycée). Car Strauss tend à montrer, le premier, que l’historicité du NT est fortement contestable. Ainsi, il montre la contradiction de la descendance de David par Joseph, pense que le récit lucanien de la virginité de Marie est une légende poétique-mythique — car que Joseph a eu ensuite des enfants avec elle (on lit en Mtt 1,25 : « il ne la connût pas jusqu’à ce que / avant que.. : ἕως οὗ ἔτεκεν τὸν.. ), soutient Strauss (qui bien sûr pense aux frères et soeurs de Jésus, considérés d’abord comme des demi-frères, avant de devenir chez Jérôme, adepte de la virginité perpétuelle, des cousins), qui souligne ensuite que Mtt 21,7 est une impossibilité due à une mauvaise lecture de Zacharie 9,9.. Le théologien Karl Barth critiqua ce livre, tandis qu’il inspira bien des chercheurs après lui, dont le célèbre Albert Schweitzer, qui loua son sens de la précision. « la vie de Jésus » fut traduite en français par Littré.

Pour le philologue et exégète strasbourgeois Euduard Reuss (1804-1891), l’approche de la bible (« Histoire de l’Écriture sainte, le Nouveau Testament », 1842, en allemand) doit être plus nuancée. Pour Reuss, la formation de la Bible doit tenir compte de l’histoire culturelle du judaïsme pour l’ancien Testament et du christianisme primitif pour le Nouveau Testament. Il rejette l’explication « mythique » des miracles évangéliques, qui sont essentiellement des signes pour la foi. Les récits de la résurrection de Jésus sont difficiles à appréhender par notre raison, mais la proclamation de la résurrection constitue le fondement de la transcendance du message biblique. Vis-à-vis du protestantisme francophone, l’influence de Reuss fut importante, en lui révélant la richesse de la recherche biblique allemande. Témoin des controverses sur la Bible et la Réforme auxquelles le Réveil avait donné naissance en France, il estimait que les différents protagonistes connaissaient insuffisamment les sources de l’inspiration chrétienne en négligeant l’étude objective des documents bibliques. Avec Timothée Colani, il crée en 1850 la Revue de théologie et de philosophie chrétienne, plus connue sous la désignation de Revue de Strasbourg, dont le but était d’initier le protestantisme de langue française aux nouvelles méthodes d’étude de la Bible. Toujours avec le souci de ne pas détruire l’autorité de la Bible et de concilier science et foi, il a permis aux protestants orthodoxes ou évangéliques de mieux accepter les résultats de la critique biblique, établissant ainsi un pont entre les deux tendances du protestantisme français de son époque. Le retentissement de son œuvre fut considérable tant en France qu’à l’étranger, en particulier en Grande Bretagne.

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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Roque le Dim 5 Aoû - 12:54

Jans a écrit:Le véritable grand coup de tonnerre
Peut-être peut on commencer par Hermann Samuel Reimarus (1694-1768) un homme de lettres et philosophe allemand.
Wikipédia a écrit:Il est le gendre et collaborateur de Johann Albert Fabricius. Maîtrisant l'hébreu et d'autres langues orientales, il est connu pour son déisme profond, conforme aux exigences de la pure rationalité. Il rejette les miracles et les mystères à l'exception de la Création, et défend comme vérité naturelle l'existence de Dieu bon et sage, et l'immortalité de l'âme.
Il est - à ma connaissance - le premier qui a initié la (les) " quêtes du Jésus historique ". De multiples auteurs (athée, rationalistes, libéraux, disciples de la Formgeschichte, ...) obscurs ou renommés se sont jetés dans cette quête pendant un siècle et demi - étant entendu que l'exégèse de chacun de ces auteurs s'est pliée, s'est adaptée à la thèse de chaque auteur. Ce gauchissement de l'exégèse est particulièrement sensible lorsque les questions posées sont " indécidables " et/ou que l'incertitude est complète. C'est - à la limite - un grand terrain de jeu pratiquement totalement dérégulé ...

Avec plus ou moins de bonheur chaque auteur a publié, a produit des résultats, des visions nouvelles, bonnes ou mauvaises ... selon le point de vue du lecteur.

Au final, il semble bien que tout cet immense travail de critique et de déconstruction (qui signifie destruction en fait) informe plus sur l'idéologie et les préjugés des chercheurs que sur le Jésus historique. Je pense que tel était - en substance - le point de vue d'Albert Schweitzer au premier quart du 20ème siècle constatant que les résultats de cet immense mouvement n'étaient pas très probants ... Ce " Jésus historique " est même jugé totalement inaccessible par certaines écoles (Formgeschichte).

Le mouvement maintenant à plus de deux siècles de son initiateur sous l'influence des Lumières, me semble marquer le pas et manquer d'inspiration pour se renouveler, pour poursuivre ... Une fois que les experts du Jésus Seminar on reconnu que pour la plupart ils ne croyaient pas authentiques les textes [des Évangiles] qu'il étudiaient, il n'y a plus grand chose à " dire " ... sinon " fermer la boutique " ! Mais la quête (encore actuelle) du " Jésus historique " qui considère Jésus comme un véritable juif - semble la plus prometteuse.

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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Jans le Dim 5 Aoû - 13:39

Merci pour ces remarques ! Il est bien clair que l'aperçu que je livre ici ne saurait être exhaustif, à moins d'occuper 200 pages, et encore...

Je pense qu'il n'est que partiellement vrai que l'on voit s'affronter partisans et adversaires du christianisme dans ces travaux d'exégèse, car bien des chercheurs et savants sont des croyants en quête de vérité et d'approfondissement, que leur formation et haute culture empêchent d'avoir une lecture "naïve" de la bible ; je ne parle bien sûr pas de la dogmatique, où une approche scientifique est par définition impossible, car le spirituel ne relève pas de la science — ce qui n'a pas empêché des générations d'athées assez obtus de croire pouvoir démontrer que, pour la résurrection par exemple, les apôtres avaient été victimes d'hallucinations, ou que les guérisons de Jésus seraient toutes explicables un jour... Du côté catholique, la frilosité dans la recherche a été la cause de bien des malentendus et de reculs dans la compréhension du Jésus historique et du christianisme primitif.

J'ajoute ici 3 autres paragraphes :

Histoire de l’exégèse de la bible (4)

La « Vie de Jésus » de Renan, qui connut 13 éditions de 1863 à 1864, part sur d’autres bases. Renan prend ses distances vis-à-vis de Strauss, parce qu’il n’estime pas devoir reconnaître la présence de mythes dans les évangiles (il s’appuie sur Reuss). Renan critique cependant l’exégèse du protestantisme libéral, et interprète l’histoire de Jésus à la lumière d’un comparatisme qui ne s’appuie plus sur la philologie, mais sur la psychologie clinique, or celle-ci s’emploie à traiter le phénomène religieux comme une illusion (ce sera aussi la thèse de Freud, qui n’apportera pas non plus de démonstration pertinente). Pour Renan, Jésus apporte une morale ; son style, facile et fleuri, ne reflète pas les grandes connaissances philologiques et culturelles qu’il avait du moyen Orient, on passe avec Renan de l’étonnement à la déception. Pour l’exégèse catholique, point n’est besoin d’entrer dans des analyses fines : Ébranlée dans ses certitudes traditionnelles, elle amalgame toutes recherches exégétiques autres que la catholique en les qualifiant de « rationalistes ». C’est un trait de la culture catholique, depuis le XVIIè siècle, de voir dans le protestantisme un ferment de dissolution intellectuelle et sociale. Sous le Second Empire, et avec en plus la traduction française de l’origine des espèces (Darwin) en 1866, elle va devoir faire front de tous côtés.

Un grand exégète catholique, Fulcran Vigouroux, préside en 1873 à l ‘édition de La Sainte Bible (40 volumes), comportant le texte de la Vulgate avec une traduction française, et de substantielles introductions. L’introduction générale, due à un prêtre normand, Charles Trochon, recadre l’ensemble : « Rien n’est plus opposé au mythe que la Bible, qui offre partout le caractère historique le plus formel et le moins discutable » ; voilà qui a le mérite d’être clair, à défaut d’être subtil. L’épiscopat français applaudit. Un autre manuel, celui de Gilly, futur évêque de Nîmes, trouve sa voie dans les années 1880 avec plus de subtilité : « Le Christ et les apôtres se sont adaptés aux conceptions juives sur la place des païens dans le Royaume de Dieu et sur le caractère temporel de celui-ci » ; il a donc l’intuition de certaines difficultés d’interprétation du NT, qui vont faire irruption un quart de siècle plus tard.

Histoire de l’exégèse de la bible (5)

La Bible, livre humain et/ou divin ? telle est une des grandes interrogations des exégètes catholiques face aux critiques développées par les adeptes des méthodes littéraires et historico-critiques, car le fondement catholique, c’est la doctrine de l’Inspiration : Si Moïse n’est pas le rédacteur du Pentateuque, la Bible est livrée au mensonge, sauf à reconnaître un fait actuel d’évidence, à savoir que les auteurs n’écrivent pas selon les normes d’exactitude modernes. Mais les catholiques sont-ils prêts à cela ? Le théologien Le Hir tente une percée, mêlée de perplexité, fin des années 70 : « On sait ce que c’est que l’inspiration divine, c’est-à-dire que Dieu a dicté l’Écriture Sainte, mais comme on voit aussi dans ces livres les efforts du travail de l’homme, il est difficile de dire précisément jusqu’où les livres saints sont l’oeuvre de Dieu et combien le travail de l’homme y a concouru. » Le théologien Henri Vollot, professeur à la Sorbonne, dit prudemment : « il faut lire la Bible comme un document oriental auquel l’unité rigoureuse fait défaut ».

De son côté, Charles Lenormant, bon catholique, et qui professait à la Sorbonne un cours à forte tendance religieuse sur les origines du peuple hébreu, note que le Christ ayant laissé son oeuvre entre les mains des apôtres, il entra, dès les origines chrétiennes, un élément de discussion dans les affaires de l’Église, ce qui laisse un certain espace à la liberté des écrivains de l’âge apostolique. ». Ces propos tiennent leur intérêt historique de leur précocité, ayant été prononcés de 1836 à 1846. Dans des travaux postérieurs (1883), Lenormant annonce son ralliement à deux conclusions importantes de l’exégèse critique. Il admet l’hypothèse documentaire : « Je ne crois pas possible de maintenir la thèse de ce qu’on appelle l’unité de composition des livres du Pentateuque... je tiens pour démontrée la distinction de deux documents fondamentaux, élohiste et jéhoviste, qui ont servi de sources au rédacteur définitif. » ; Pour la Genèse, celle-ci « est une édition expurgée de la tradition chaldéenne, ou bien l’on verra dans les deux narrations deux formes divergentes du même rameau de la tradition primitive. » Les déclarations de Lenormant furent vivement critiquées. Une brochure de l’abbé Rambouillet, vicaire à Saint-Philippe-du-Roule, signala l’opinion de Lenormant sur l’inspiration comme contraire à la doctrine de l’Église. Si Dieu est l’auteur des livres, il ne peut y avoir d’erreur. Pour Jean-Baptiste Hogan, sulpicien, il n’y a aucune erreur dans les textes de la bible, mais « chaque genre de composition a ses formes propres, ses exigences variables suivant l’époque et le milieu dans lesquels il se produit. » La véracité de Dieu n’est pas engagée, dit-il, si les hommes, par leur faute ou par suite de leur infirmité native se trompent sur le vrai sens de ses paroles.

Histoire de l’exégèse de la bible (6)

L’histoire de l’exégèse devient de plus en plus celle de l’inerrance biblique : Dieu étant l’Inspirateur, le véritable rédacteur, tout est vrai, on n’y peut rien changer, car il n’y a pas d’errement. Cette doctrine deviendra le pivot de la lutte contre le modernisme, qui constitue l’essentiel du livre de François Laplanche « La crise de l’origine » (où, disons-le franchement, la part belle est faite aux exégètes catholiques ; mais étant donné à la fois l’ampleur des problèmes et la stature de leurs contradicteurs, ce livre intéressera des lecteurs d’horizons idéologiques divers).

Entre alors en scène Alfred Loisy (1857-1940), personnage considérable, dont il nous faut esquisser la biographie. En 1874, il entre au Grand Séminaire de Chalons-en-Champagne . Après avoir été ordonné sous-diacre, il est envoyé à l’École de Théologie de l'Institut catholique de Paris. Tombé malade, il revient en Champagne où il est ordonné diacre (mars 1879) puis prêtre (juin 1879). Il est alors brièvement curé de Landricourt avant d'être nommé à Paris. À l'Institut catholique de Paris, où il entra par la suite, il avança si vite dans l'étude de l'hébreu que le recteur, Mgr d'Hulst, lui confia rapidement un cours. Dès 1886 il est chargé de l'enseignement de l’Écriture sainte à l'Institut Catholique de Paris tout récemment ouvert. La publication de sa leçon de clôture de l'année 1891-1892, intitulée La composition et l'interprétation historique des Livres Saints l'expose à l'hostilité de sa hiérarchie ; Mgr d'Hulst, qui l'avait soutenu jusque-là, le suspend d'abord d'enseignement, puis le révoque définitivement en 1893. Il est nommé aumônier, chargé de l'éducation des jeunes filles dans un couvent de dominicaines à Neuilly. Il n'en continue pas moins ses recherches, mais se trouve en porte-à-faux de plus en plus prononcé avec les dogmes de l'Église romaine. Tombé gravement malade en 1899, il quitte son aumônerie et croit devoir l'année suivante renoncer par honnêteté à la petite pension que l'archevêché sert aux prêtres infirmes. C'est alors que des amis le font nommer à l'École pratique des hautes études, ce qui prenait de court sa hiérarchie : « censurer un enseignement donné en Sorbonne paraissait un coup trop hardi, et l'on n'y pensa pas, au moins sous Léon XIII6. »

En 1902, entendant réfuter L'Essence du Christianisme (Das Wesen des Christentums) du théologien protestant Adolf von Harnack, Loisy fait paraître L'Évangile et l'Église. Ce livre, qu'on appellera le petit livre rouge, pour son format et la couleur de la couverture, fait un énorme scandale ; il est condamné dans plusieurs diocèses. En décembre 1903, cinq de ses livres sont mis à l'index. Ayant refusé de souscrire à l'encyclique Pascendi, promulguée en 1907, Loisy fait l'objet d'un décret d'excommunication vitandus par la Congrégation du Saint-Office le 7 mars 1908 — ce qui interdisait à tout catholique de lui adresser la parole. L'année suivante, il est nommé à la chaire d'histoire des religions du Collège de France (où il enseigne jusqu.à son départ à la retraite en 1932).

Comment Loisy aborde-t-il la question de l’inerrance fin 1893 ? Avec subtilité et fidélité envers Rome : La Bible vient, selon lui, tout à la fois de Dieu et de l’homme. Les énoncés bibliques sont vrais pour leur temps ; Dieu parle aux hommes de chaque époque le langage qu’ils peuvent comprendre ; ce langage est donc relativement vrai ; la perpétuité de la doctrine chrétienne est celle d’une doctrine qui vit et qui grandit sans cesser d’être identique à elle-même... La vérité religieuse contenue dans la Bible ne peut être mise au jour que par le travail de l’interprétation.. La vérité des Écritures est coordonnée à l’infaillibilité de l’Église qui l’interprète. Monseigneur D’Hulst exprime des pensées voisines. L’effort de l’apologétique se porte maintenant sur l’affirmation de la continuité sans faille entre Jésus-Christ et l’Église.

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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Roque le Mar 7 Aoû - 10:36

Jans a écrit:Je pense qu'il n'est que partiellement vrai que l'on voit s'affronter partisans et adversaires du christianisme dans ces travaux d'exégèse,
Je pense différemment de vous sur ce point ... on est en présence d'écoles avec des options parfois très tranchées s'opposant à d'autre écoles souvent au prix d'un " unilatéralisme systématique " qui est à l'esprit critique ce que le lance flamme est au pistolet à bouchon. Beaucoup d'egos surdimensionnés ... et de coups de menton. Il me semble qu'avec le recul du temps beaucoup de prises de positions flamboyantes ressemblent à l'enfoncement de portes largement entre'ouvertes (la course pour trouver la " formule juste " en premier, c'est à dire un challenge rhétorique ... sans grand rapport à la " vérité ") ou même sont " forcées et inutiles " ... Beaucoup de ces textes vieillissent mal ...
Jans a écrit:car bien des chercheurs et savants sont des croyants en quête de vérité et d'approfondissement, que leur formation et haute culture empêchent d'avoir une lecture "naïve" de la bible ;
Permettez moi de n'avoir pas une vision aussi naïve que vous ...

Au point où en est arrivé votre exposé, il me semble possible déjà de souligner que dès le début du 20ème siècle la conception du texte biblique du NT a changé et est devenue progressivement commune notamment aux catholiques et aux protestants. Je veux dire qu'à partir des 17ème et 18ème siècles on a découvert une masse très importantes de manuscrits anciens ou très anciens du Nouveau Testament.

Alors qu'on s'écharpait  avant cette période sur une base de division religieuse (disons jusqu'au 16ème siècle) en disant : " C'est mon manuscrit qui est la source authentique " - " Non c'est moi qui ai la source authentique " ... on a réalisé que devant près de vingt mille  manuscrits en latin et en grec provenant de plusieurs centres géographiques dispersés, il fallait arrêter de jouer aux imbéciles sectaires et qu'il fallait bien se résigner à faire un tri, à choisir parmi les leçons jugées les plus authentiques probables. Ce travail a été fait à la fin du 19ème siècle.

Pratiquement toutes les Bibles depuis la première de ce type : la Segond 1910 sont établies sur le même principe pour le Nouveau Testament : le texte retenu est issu de la critique textuelle (c'est vrai pour toutes les Bibles chrétiennes désormais). Un accord sur le texte grec de référence commun du NT a même été possible entre catholiques et protestants en 1996, si ma mémoire est bonne. Cet appui sur la critique textuelle a un impact certain sur la pratique de l'exégèse actuelle.

Le texte araméen du Nouveau Testament n'a pas été pris en compte dans cet examen des leçons et cet accord final, car il est très méconnu des Eglises développées à partir de Rome et de Constantinople. La reconstitution de la prosodie et des " colliers  " de récitation de ces quatre Évangiles, la redécouverte assez récente de manuscrits indiquant les modalités de récitation alternée et - même - les balancements rythmiques accompagnant cette récitation plaident cependant pour le caractère original de ces textes en araméen (non traduit du grec). Ces textes ont, en grande partie, été conservés par les Eglises dites orientales - araméophones, puis syriaques.

En fait j'attends un peu la suite, car nous sommes en 2018 et le panorama a rudement changé depuis Loisy ! Je suis assez curieux de voir comment cet auteur traite le devenir de la théorie documentaire et de l'approche historico-critique notamment au sein de l'Eglise catholique ...

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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Jans le Mer 8 Aoû - 17:36

bonjour Roque,

je percois bien votre irritation, il est toujours desagreable de voir ses connaissances bousculees. je ne parle pas de l’etablissement du texte definitif mais de la critique historico-culturelle qui a forcement un volet linguistique. Vous dites bien du mal de gens que vous n’avez pas lus. Or je cite des erudits universitaires chercheurs et linguistes internationaux.
les manuscrits syriaques ou armeniens ont un interet mais ils datent du V,VI siecle. Quand on lit bien le grec, on voit bien que c’est la langue originale des evangiles . ainsi en Jean chap 3, nicomede comprend mal : le terme grec veut dire de nouveau ou d’en haut ; l’ambiguite n’existe pas en hebreu.
je suis en conge et ne reviens que dans 12 jours.
l’approche catholique ? elle obeit a la theologie, d’ou ses limites.
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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Roque le Mer 8 Aoû - 23:20

Jans a écrit:l’approche catholique ? elle obeit a la theologie, d’ou ses limites.
Attendons donc pour voir comment vous allez démontrer cela.

Bonnes vacances :poucevert:

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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Jans le Jeu 9 Aoû - 9:07

bonjour Roque,
je suis dans une demarche de dialogue, d’echange d’informations, pas de polemique ni d’affrontement, ce qui n’aurait aucun interet sauf pour les imbeciles et les sectaires en mal de conversion !
Vous ne m’agressez pas ni ne m’irritez si vous pensez differemment de moi. je vous expose le resultat de longues annees de travail, c’est tout.
Il est bien vrai que l’Eglise cathholique a toujours eu un probleme a accepter les recherches exegetiques, Loisy et le Pere Lagrange en ont fait mes frais. Quand c’est delicat, le probleme est minimise, detourne ou tu. De grands linguistes ont demontre depuis longtemps que nazoraios et sa variante plus rare nazarenos ne derivaient pas de Nazareth et que Matthieu fait une citation de l’AT qui n’existe pas et donc l’a probablement inventee : la TOB dira au bas de la page « citation non trouvee » !! La fin de Marc est un pieux ajout tardif : on dira seulement « fin non attestee dans plusieurs manuscrits » ! En clair : on sait depuis un siecle que la communaute primitive l’a ajoutee. Et pourquoi serait ce interddit ? l Esprit saint continue d agir ! idem pour les sacrements : ils n’existent pas formellement dans le judaisme de Jesus mais ont montre leur pleine efficience !
donc l’entetement n’est pas toujours la bonne voie...
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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Roque le Jeu 9 Aoû - 13:46

Jans a écrit:Il est bien vrai que l’Eglise catholique a toujours eu un problème a accepter les recherches exégétiques, Loisy et le Père Lagrange en ont fait mes frais. Quand c’est délicat, le problème est minimisé, détourné ou tu.
C'était certainement le cas au moment de la crise dite " moderniste ", mais c'était il y a 100 ans et le coup de frein sur les recherches exégétiques a lui aussi montré ses limites. Il a fait son temps et beaucoup de choses sont arrivées depuis lors. Pour ma part, je pense que la déconstruction exégétique de la Bible a jeté ses derniers feux et est à bout de souffle. Le tigre est devenu un chat mouillé. C'est pourquoi j'attends de voir où votre auteur va nous mener su ce sujet de la résistance de l'Eglise aux nouvelles méthodes exégétiques.
Jans a écrit:De grands linguistes ont demontre depuis longtemps que nazoraios et sa variante plus rare nazarenos ne derivaient pas de Nazareth
Le réponse à cette question est plus facile à trouver en passant par l'hébreu.  :arrow: (je cherche le lien qui est sur ce forum, c'est dans un sujet sur Nazareth : les notzrim correspondaient à un clan tribal davidique (descendant du roi David) venu de Babylone et implanté en Galilée sous Jean Hyrcan dans une opération de re-judaïsation de cette région désertée depuis l'effondrement du royaume du nord ...) En attente du lien pas encore trouvé !
Jans a écrit:Matthieu fait une citation de l’AT qui n’existe pas et donc l’a probablement inventée : la TOB dira au bas de la page « citation non trouvée » !!
De quel verset s'agit-il ?
Jans a écrit:La fin de Marc est un pieux ajout tardif : on dira seulement « fin non attestée dans plusieurs manuscrits » !
Cela est évidemment connu et débattu. Je pense que c'est la version avec 16 chapitres qui est canonique. La question est alors de savoir précisément comment et quand le canon a été établi. Au tournant du premier et second siècle, les questions étaient bien différentes ... rien à voir avec les méthodes exégétiques de Loisy et Lagrange, évidemment !

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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Jans le Jeu 9 Aoû - 14:49

mais pourquoi parler de deconstruction exegetique ? les savants et erudits dont je parle ne m’ont jamais eloigne de l’essentiel, ils ne sont pas en guerre contre l’Eglise ! et moi non plus !
pour Matthieu c’est 2,23 . Marc s’arrete pour l’exegese internationale a 16,9 : »elles eurent peur ».
la recherche actuelle s’oriente aux USA sur le probleme fort delicat des ipsissima verba : les paroles authentiques du Seigneur. Avec une idee farfelue : decider en votant dans un groupe de chercheurs... Cela dit, pas besoin de longues etudes pour comprendre que Jesus n’a pas dit : »ils vous flagelleront dans LEURS synagogues ».
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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Roque le Jeu 9 Aoû - 22:51

Jans a écrit:mais pourquoi parler de deconstruction exegetique ?
Je dis que cette déconstruction a eu cours et qu'elle a atteint ses limites.
Jans a écrit:la recherche actuelle s’oriente aux USA sur le problème fort délicat des ipsissima verba : les paroles authentiques du Seigneur. Avec une idee farfelue : décider en votant dans un groupe de chercheurs...
Ceci est un bon exemple. L'idée de voter sur un tel sujet est effectivement étrange (en fait provocante pour se faire un coup de pub, je crois aussi)... mais quand 85% (de mémoire) des versets mis au vote sont jugées inauthentiques, la question devient alors : " Pourquoi continuer à travailler sur un matériau pourri ". Le mieux est alors d'abandonner complètement ce terrain de recherche qui n'a plus aucun sens. Et je pense bien que depuis plus de 10 ans ce groupe est en panne. Ce groupe est un des représentants de l'enlisement de la troisième quête du Jésus historique.
Jans a écrit:Cela dit, pas besoin de longues études pour comprendre que Jésus n’a pas dit : »ils vous flagelleront dans LEURS synagogues »

D'abord, l'expression " leurs synagogues " est utilisée 5 fois dans les Évangiles de Mt, Mc et Lc. Il faudrait trouver une explication dans chaque cas.
Ensuite : " Prenez garde aux hommes: ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. "  (Mt 10, 17) peut faire allusion aux " petits sanhédrins " tribunaux de 23 notables attachés à certaines synagogues (Mc 13, 9 ; Lc 21, 12-13) ; l'expression " leurs synagogues " désignant les synagogues de ces tribunaux. On voit donc qu'on peut interpréter cette formule " leurs synagogues " de deux façons différentes, comme vous (c'est impossible) et comme moi (c'est possible). Il y a une incertitude ;
Finalement : on peut questionner, mettre en doute, critiquer, c'est tout à fait légitime. Avoir des hypothèses préférentielles, des convictions construites ou non est tout à fait légitime également. Dire qu'on n'a pas d'avis sur ces sujets serait bien souvent mentir.

Mais, tout autre chose est de nier l'incertitude " en s'appuyant sur son a priori " et de décréter : " Jésus n'a pas dit ceci ou cela ". C'est une faute logique à deux volets : c'est une négation partiale et une affirmation arrogante. Cela prouverait - si c'était votre cas - que déjà vous avez trop confiance en votre capacité à discerner la vérité sans preuve claire et aussi que vous aimez plus vos préjugés que les Évangiles. Là, la faute devient une faute morale qui consiste à affirmer " voir " alors que c'est faux. C'est votre droit, mais c'est la voie certaine de sortie de la foi chrétienne.

Cette attitude est courante à titre individuel et de façon ponctuelle. Mais parfois elle est cultivée à grande échelle. Quand cette méthode est appliquée d'un bout à l'autre d'un ouvrage d’exégèse en ne retenant que ce qui sert la thèse soutenant et en occultant/disqualifiant (de façon partiale) tous les arguments incertains ou contraires, c'est ce que j'appelle " l'unilatéralisme systématique ". Quelque soit l'habillage intellectuel ou méthodologique on est proche de l'imposture. D'après moi, ça existe, je l'ai rencontré parmi les " pour " comme parmi les " contre ". C'est le même mal des egos surdimentionnés !
Roque a écrit:En attente du lien pas encore trouvé !
Le lien c'est celui-ci : http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t3191p150-nazareth-existait-il-a-l-epoque-de-jc#67702
Dans ce sujet vous trouverez une empoignade - à peine courtoise - de deux mois sur la question de l'existence ou non de Nazareth. Effectivement avant l'arrivée du clan davidique en Galilée, l'emplacement de Natzareth étant vacant depuis l'âge de bronze et n'avait donc pas de nom. Il est certain que ce lieu vacant n'a pas pu donner son nom aux Notzrim venus de Babylone.
Jans a écrit:Matthieu fait une citation de l’AT qui n’existe pas et donc l’a probablement inventee : la TOB dira au bas de la page « citation non trouvee » !!
Ma TOB ne dit pas « citation non trouvée ». Je trouve ceci : " Mt 21, 11 ; Mt 26, 71 ; Jn 1, 45 ; Ac 10, 38. "
Une explication possible de la " prophétie " de Mt 2, 23 se trouve dans le lien donné ci-dessus sur les Notzrim.
:arrow: http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t3191p150-nazareth-existait-il-a-l-epoque-de-jc#67702

Roque

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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Spin le Dim 12 Aoû - 8:52

Roque a écrit:En fait j'attends un peu la suite, car nous sommes en 2018 et le panorama a rudement changé depuis Loisy ! Je suis assez curieux de voir comment cet auteur traite le devenir de la théorie documentaire et de l'approche historico-critique notamment au sein de l'Eglise catholique ...
Au sein de l'Eglise Catholique, je sais que la BJ résumait la thèse documentaire (sous une forme aseptisée mais présentée comme largement acquise) il y a déjà quelques décennies.

Sur ses évolutions globales, à un niveau académique (telle qu'elle est enseignée à Harvard et autres universités prestigieuses) un mien résumé d'un livre qui n'a pas plus d'un quart de siècle http://bouquinsblog.blog4ever.com/qui-a-ecrit-la-bible-richard-friedman.
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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Jans Hier à 11:30

je vous remercie pour ces infos. n’etant pas chez moi, je cite de memoire, il faut m’excuser.
je persiste : Jesus n’a pas pu dire ´´dans LEURS synagogues’´, mais cela cadre parfaitement avec la situation du christianisme des annees 80. De meme, il est ahurissant que Jean (le redacteur) puisse laisser penser qu.en 30 chretiens et juifs etaient separes , pourtant il oppose les disciples aux Ioudaioi : les juifs !! terme inconnu des synoptiques !
vous semblez dire que je ne suis pas chretien, du fait de nos divergences, c est une erreur, je ne suis plus catholique stricto sensu, c est different.
Il est evident que les evangiles temoignent a la fois des annees 30 et 80, il y a longtemps qu’on s’en est apercu. Les redacteurs montrent Pilate comme un brave type, ll’inverse de ce qu’il etait : facon de ne pas s’aliener les Romains en 80...
soutenir la litteralite des textes, et l’historicite absolue, c’est impossible, sans parler des citations fantaisistes de Matthieu (il cite aussi. l’AT sur Bethlehem de facon erronee).
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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Spin Hier à 12:40

Jans a écrit: Les redacteurs montrent Pilate comme un brave type, ll’inverse de ce qu’il etait :  facon de ne pas s’aliener les Romains en 80...
Pas si simple. Flavius Josèphe montre Pilate comme impitoyable voire féroce quand son autorité était défiée (il était payé pour ça), mais pouvant aussi se montrer compréhensif face à une demande non-violente (voir l'histoire de la statue qu'il a fini par retirer à la demande de juifs, je vais essayer de retrouver).
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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  -Ren- Hier à 12:44

Spin a écrit:(voir l'histoire de la statue qu'il a fini par retirer à la demande de juifs, je vais essayer de retrouver).
C'est ici : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/guerre2.htm#_ftnref87

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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Jans Hier à 12:57

pas si simple ? Pilate a ete destitue en 36 pour cruaute envers le peuple juif !
Mais en 80, personne ne s’en souvient. Encore une fois : l’exegese linguistique et historico-critique n’est pas une entreprise de demolition, c’est le desir de vraiment comprendre et d’agir en adulte - et cela permet d’eclairer bien des choses.
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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Spin Hier à 14:17

Jans a écrit:pas si simple ? Pilate a ete  destitue en 36 pour cruaute envers le peuple juif !
Non, pas envers le peuple juif, dans la répression d'une révolte des Samaritains. Cette histoire n'est pas claire du tout. Il a été invité par son supérieur Vitellius à aller s'expliquer devant l'Empereur. Pas de chance pour lui, quand il est arrivé à Rome ce n'était plus Tibère mais Caligula, qui n'était peut-être pas aussi fou que sa réputation mais quand même pas net. La suite est aussi très floue (suicide ? si oui pourquoi ?).

Ce qui fait penser à ce passage de l'Evangile apocryphe des Douze Apôtres qui laisse entendre que Tibère a envisagé d'accepter Jésus comme roi, et qu'Hérode, qui n'entendait pas abandonner son trône de tétrarque, a fait capoter l'affaire. Et voir Luc 23:12.
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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Jans Hier à 19:34

il faut beucoup de bonne volonte pour accepter comme authentiques toutes les paroles soi disant dites lors des interrogatoires et proces, d’autant que l’obstacle d’un proces lors d’une fete ou la nuit est une circonstance aggravante. le reniement de Pierre, genant, doit etre authentique. Pour le reste.... on se dit que tout cela a une grande valeur theologique et catechetique, ce qui n’est deja pas si mal, mais on sait bien qu’on en a aucune trace chez Paul ni dans les discours de Pierre au debut des Actes. C qui est evident, c’est le souci de (de)montrer que les predictions de l’AT s.accomplissent..bref, tout cela est quand meme passablement tire par les cheveux.... y compris l’episode de Barrabas, inconnu du rabbinat...
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Re: Histoire de l'exégèse biblique

Message  Spin Hier à 19:46

Jans a écrit: y compris l’episode de Barrabas, inconnu du rabbinat...
Et absurde tel qu'il est raconté. On ne trouve nulle part ailleurs trace de cette coutume de libérer un prisonnier choisi par la foule (que se passe-t-il si cette foule est divisée ?). Dans les manuscrits les plus anciens, il s'agissait de Jésus Barabbas (Origène le dit quelque part et précise qu'on ne pouvait lui laisser ce nom). Une explication possible est que Barabbas et Jésus étaient le même homme et que quelqu'un dans la chaine de transmission n'a pas compris, ou pas admis que Jésus ait pu être accusé de meurtre (voir l'affaire des changeur du temple).
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