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Que veut dire "inspiré"????

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Message  Olivier C le Dim 4 Sep - 20:21

Et quand l'Écriture se contredit elle-même je choisis quel livre ? Prenons un exemple type facilement vérifiable qui ne prêtera pas à litige : pour l'évangéliste Jean la vie publique de Jésus dure un an, pour les trois autres évangélistes 3 ans. Si je m'en tiens à une "évidence des Écritures, c'est à dire à une lecture au pied de la lettre, il y a un problème : soit Jean est un menteur, soit ce sont les trois autres. C'est bien d'ailleurs ce que nous reproche les détracteurs de la Bible sur les points de contradictions qu'ils peuvent relever de ci de là...

Alors soit je feins d'ignorer le problème, soit je tente une réponse, à la suite des premiers commentateurs de l'Écritures que furent les Pères de l'Église par exemple : L'interprétation de l'Écriture chez les Pères de l'Église

Olivier C

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Message  Invité le Dim 4 Sep - 22:13

Olivier C a écrit:Et quand l'Écriture se contredit elle-même je choisis quel livre ? Prenons un exemple type facilement vérifiable qui ne prêtera pas à litige : pour l'évangéliste Jean la vie publique de Jésus dure un an, pour les trois autres évangélistes 3 ans. Si je m'en tiens à une "évidence des Écritures, c'est à dire à une lecture au pied de la lettre, il y a un problème : soit Jean est un menteur, soit ce sont les trois autres. C'est bien d'ailleurs ce que nous reproche les détracteurs de la Bible sur les points de contradictions qu'ils peuvent relever de ci de là...
Bonsoir Olivier, non, les contradictions ne sont qu'apparentes et pour ceux qui veulent voir des contradictions ! Par exemple, les 4 évangiles donnent la même longueur au ministère de Jésus puisque Jean mentionne 4 pâques du ministère de Jésus Jean 2:13 ; 5:1 ; 6:4 ; 12:1 et 13:1.!
Bonne soirée,
Pierre
PS, vous n'avez pas répondu à ma question sur les âges des patriarches avant déluge.

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Message  Olivier C le Jeu 8 Sep - 8:59

Félicitations pour votre relecture de St Jean sur la Pâque juive ! Ne vous est-il pas venu à l'esprit qu'un même mot trouvé dans un verset pouvait recouper la même fête ? Peut-être faudrait-il lire l'évangile de saint Jean dans son ensemble pour le comprendre... Au passage : en 5, 1 il n'est fait mention que d'une "fête des juifs" (ἦν ἑορτὴ τῶν Ἰουδαίων) et non de la Pâque, sachant que les fêtes liturgiques étaient nombreuses. Comme quoi il n'y a pas besoin d'être "sage et intelligent" pour faire des lectures perso des Écritures... Cette première argumentation évidente n'ayant pas aboutie de vous fais donc grâce de ce que je pense des patriarches.

Au fait, voici ma vision de la disposition des "tous petits" devant la lecture de la Bible :
Actes 8, 26-38 a écrit:L'Ange du Seigneur s'adressa à Philippe et lui dit : "Pars et va‐t'en, à l'heure de midi, sur la route qui descend de Jérusalem à Gaza ; elle est déserte." Il partit donc et s'y rendit. Justement un Ethiopien, un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, reine d'Ethiopie, et surintendant de tous ses trésors, qui était venu en pèlerinage à Jérusalem, s'en retournait, assis sur son char, en lisant le prophète Isaïe. L'Esprit dit à Philippe : "Avance et rattrape ce char." Philippe y courut, et il entendit que l'eunuque lisait le prophète Isaïe. Il lui demanda : "Comprends‐tu donc ce que tu lis" ‐‐ "Et comment le pourrais‐je, dit‐il, si personne ne me guide ?" Et il invita Philippe à monter et à s'asseoir près de lui. Le passage de l'Ecriture qu'il lisait était le suivant : Comme une brebis il a été conduit à la boucherie ; comme un agneau muet devant celui qui le tond, ainsi il n'ouvre pas la bouche. Dans son abaissement la justice lui a été déniée. Sa postérité, qui la racontera ? Car sa vie est retranchée de la terre. S'adressant à Philippe, l'eunuque lui dit : "Je t'en prie, de qui le prophète dit‐il cela ? De lui‐même ou de quelqu'un d'autre ?" Philippe prit alors la parole et, partant de ce texte de l'Ecriture, lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus. Chemin faisant, ils arrivèrent à un point d'eau, et l'eunuque dit : "Voici de l'eau. Qu'est‐ce qui empêche que je sois baptisé ?" Et il fit arrêter le char. Ils descendirent tous deux dans l'eau, Philippe avec l'eunuque, et il le baptisa.
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Message  Invité le Jeu 8 Sep - 12:07

Olivier C a écrit:Félicitations pour votre relecture de St Jean sur la Pâque juive ! Ne vous est-il pas venu à l'esprit qu'un même mot trouvé dans un verset pouvait recouper la même fête ? Peut-être faudrait-il lire l'évangile de saint Jean dans son ensemble pour le comprendre... Au passage : en 5, 1 il n'est fait mention que d'une "fête des juifs" (ἦν ἑορτὴ τῶν Ἰουδαίων) et non de la Pâque, sachant que les fêtes liturgiques étaient nombreuses. Comme quoi il n'y a pas besoin d'être "sage et intelligent" pour faire des lectures perso des Écritures...
Olivier C a écrit:Félicitations pour votre relecture de St Jean sur la Pâque juive ! Au passage : en 5, 1 il n'est fait mention que d'une fête. Comme quoi il n'y a pas besoin d'être "sage et intelligent" pour faire des lectures perso des Écritures... Cette première argumentation évidente n'ayant pas aboutie de vous fais donc grâce de ce que je pense des patriarches.
Bonjour Olivier,
C'est incroyable cet acharnement à vouloir salir la Bible ! Qu'avez-vous de différent des musulmans ?
Eux c'est pour valoriser le Coran, vous c'est pour valoriser des interprétations humaines !
J'invite tout le monde à relire le récit de Jean pour voir s'il n'y a qu'une année de ministère ou plusieurs. Jean fait un récit plus concis puisque 3 évangiles décrivent déjà en détail le ministère de Jésus.
Concernant Jean 5 : 1 il est interressant de savoir de quel fête Jean parle avant de dire que ce n'est pas la pâque !
Précédemment (en Jean 4:35), Jésus avait dit qu’il y avait “ encore quatre mois avant [...] la moisson ”. Or, la moisson, et notamment celle des orges, commençait vers la Pâque (14 Nisan). Jésus fit donc cette déclaration quatre mois avant cette date, vers le mois de Kislev (novembre-décembre). La fête de l’Inauguration, instituée après l’Exil, avait lieu au mois de Kislev, mais elle n’était pas au nombre des grandes fêtes auxquelles la présence à Jérusalem était obligatoire (Ex 23:14-17 ; Lv 23:4-44). Si on en croit la tradition juive, elle était plutôt célébrée dans les nombreuses synagogues disséminées dans tout le pays Plus loin, en Jean 10:22, il est dit précisément de Jésus qu’il assistait à une fête de l’Inauguration à Jérusalem ; il semble cependant qu’il se trouvait déjà dans la région depuis la fête précédente, celle des Huttes, et qu’il n’y était donc pas allé exprès. En revanche, le texte de Jean 5:1 sous-entend clairement que si Jésus quitta la Galilée (Jn 4:54) pour se rendre à Jérusalem, c’était pour cette “ fête des Juifs ” particulière.
La seule autre fête qui avait lieu entre Kislev et la Pâque était celle des Pourim, célébrée en Adar (février-mars), environ un mois avant la Pâque. Mais la fête des Pourim, qui était également d’origine postexilienne, était elle aussi célébrée dans les foyers et les synagogues par tout le pays Selon toute vraisemblance, c’est donc la Pâque que désigne l’expression “ fête des Juifs ” en Jean 5:1, fête pour laquelle Jésus était à Jérusalem conformément à la loi que Dieu avait donnée à Israël. Jean, il est vrai, ne rapporte ensuite que peu d’événements avant de parler de la Pâque suivante (Jn 6:4), mais un examen du tableau des “ Principaux événements de la vie de Jésus sur la terre ” montrera que Jean s’étendit très peu sur le début de son ministère et omit de nombreux événements déjà rapportés par les trois autres évangélistes. D’ailleurs, le récit de l’activité impressionnante de Jésus que firent les autres évangélistes (Matthieu, Marc et Luc) tend à confirmer la conclusion selon laquelle il s’intercala effectivement une Pâque entre celles qui sont mentionnées en Jean 2:13 et 6:4.
Quant aux interprétations des "pères" de l'Eglise, ils ont vu dans la Sagesse de Dieu de Proverbes l'image de Jésus alors que l'Eglise Catholique rejette aujourd'hui cette idée. Alors l'esprit saint a t'il moins soufflé sur les "pères" de l'Eglise ?
Bonne journée,
Pierre

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Message  Olivier C le Sam 10 Sep - 9:37

Les recherches d'exégèse n'abondent pas de manière aussi formelle dans ce sens, beaucoup pensent aussi à la Pâque mentionnée en 6, 4 (TOB), d'autres pensent aussi à la "fête des tentes". Quoi qu'il en soit cela ne donne pas trois ans de vie publique chez saint Jean. J'aurais pu citer bien d'autre détails : le sermon sur la montagne chez Matthieu qui se déroule dans une plaine chez saint Luc, etc. Le but de la démonstration étant de montrer que les Écrits sacrés n'ont pas pour but une transcription historique de ce qui s'est passé mais délivrent d'abord un message d'ordre théologique, appuyés sur des éléments historiques dépeint de manière plus ou moins précise.
né de nouveau a écrit:Quant aux interprétations des "pères" de l'Eglise, ils ont vu dans la Sagesse de Dieu de Proverbes l'image de Jésus alors que l'Eglise Catholique rejette aujourd'hui cette idée. Alors l'esprit saint a t'il moins soufflé sur les "pères" de l'Eglise ?
N'est-ce pas moi qui disait tantôt que vous faisiez les questions et les réponses au sujet de notre propre foi ? Comme le dit Saint Augustin nous n'avons pas une interprétation d'un passage biblique, plusieurs sont possibles, bref, l'image de Jésus comme sagesse est toujours valable chez nous, elle est d'ailleurs souvent utilisée dans les enseignements.
né de nouveau a écrit:C'est incroyable cet acharnement à vouloir salir la Bible ! Qu'avez-vous de différent des musulmans ? Eux c'est pour valoriser le Coran, vous c'est pour valoriser des interprétations humaines !
De la part d'un représentant d'une "religion" qui transforme les Écritures à son gré pour faire coller le texte à sa doctrine je trouve cela un peu poussé. Ce type de réactions injustifiées ne me touche aucunement. Après de tels mots vous pouvez vous dispenser des formules de politesses distribuées à la fin de vos mails. Ce type de "conversation" se poursuivra sans moi, je vous souhaite bon vent.
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Message  Roque le Lun 12 Sep - 0:10

Voici le résumé d'un chapitre sur les notions d'inspiration et de révélation. Je m'aperçois que la question de l'interprétation des textes (vrai, faux, etc.) - qui est le vrai sujet de ce fil en fait - est encore une autre question. Ce développement ne donne que quelques indications qui ne peuvent que contribuer à orienter l'interprétation biblique. Sont certainement plus déterminantes pour l'interprétation : la découverte de style propre à chaque livre de la Bible et de la constitution de la Loi à partir de plusieurs sources convergentes (JPED) lors du judaîsme post-exilique, etc. (non exhaustif)

Source : Nouvelle Introduction à la Bible. W. Harrington. Seuil. 1971. ISBN : 2-02-003240.6 pages 43 à 60.

L’Eglise à la suite de Jésus-Christ et des Apôtres considère que les Ecritures ont un caractère sacré et que l’Esprit Saint, c'est-à-dire Dieu a parlé, par exemple par la bouche de David ou d’Isaïe. En dehors de 2 Tim 3,16 et de 2 P 1,21, il n’existe aucun verset de la Bible traitant directement de l’inspiration biblique. Les deux citations, ci-dessus, donnent deux enseignements de base : « Toute Ecriture est inspirée de Dieu » (2 Tim 3,16) et que « ce n'est pas la volonté humaine qui a jamais produit une prophétie, mais c'est portés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 P 1,21) mais il n’y a pas, à proprement parler de doctrine explicite et constituée sur ce qu’est l’inspiration biblique dans l’Ancien ou dans le Nouveau Testament.

La foi des Pères de l’Eglise en l’inspiration des Ecritures peut se résumer à deux propositions :
1. Dieu (le Saint Esprit) est l’auteur de l’Ecriture ;
2. L’auteur humain a été l’instrument de Dieu.

Thomas d’Aquin a abordé la question de l’inspiration prophétique, mais s’en est tenu à son sens le plus restrictif. Pour lui : le prophète est celui qui reçoit de Dieu une révélation, c'est-à-dire le dévoilement d’une vérité spéculative. Sans qu’il l’ait tout à fait voulu, ses commentateurs ont été dans le sens d’une simple identification entre inspiration et révélation. L’erreur la plus répandue a donc été la confusion entre révélation et inspiration. Jusqu’à l’époque moderne, c'est-à-dire jusqu’au XIXème siècle, l’inspiration de la Bible a été assimilée à celle du prophète. Cette conception sans nuance a prévalu chez les catholiques comme chez les protestants. Il a fallu les travaux de l’exégèse moderne pour montrer que nous n’avons pas le droit d’ignorer le rôle de l’auteur humain. C’est seulement à travers ses idées et ses expressions que nous découvrons et nous comprenons le message divin qu’elles renferment.

L’inspiration prophétique, dans le sens strict où la prend Thomas d’Aquin, est tout à fait rare dans la Bible, si même elle n’est pas complètement absente. Il importe ici de se rappeler que, pour la définir comme il l’a fait Thomas d’Aquin a été influencé par la culture dont il était l’héritier, celle de Planton et d’Aristote. Dans ce système de pensée, la connaissance spéculative tient la première place. On atteint les dieux par la réflexion et la contemplation. Pour les Grecs, les oracles divins étaient des vérités supérieures communiquées aux hommes par le truchement des poètes et des prophétesses. Se plaçant dans la même perspective, la tradition patristique a regardé les auteurs sacrés comme des agents transmetteurs de « révélations » faisant ainsi de la Bible, elle-même, un recueil de vérités proposées aux hommes.

Mais il n’en va plus de même aujourd’hui, grâce aux recherches historiques de l’époque moderne – à partir de la fin du XIXème siècle. La mentalité sémitique est mieux connue formant contraste avec le monde grec. D’un bout à l’autre de la Bible l’accent est moins mis sur la connaissance et la spéculation que sur l’action et l’amour. Il en va de même pour l’Ancien Testament, comme du Nouveau Testament : le Verbe fait chair s’y est montré moins préoccupé de faire connaître aux hommes les objets les plus élevés de la contemplation que de leur adresser une suprême invitation à l’amour et de leur tracer, par son exemple, cette voie de renoncement et d’action de grâces de foi et d’obéissance qui conduit au Père.

A partir d’un examen systématique de tout le corpus biblique, le développement d’Harrington va tendre à distinguer inspiration de la révélation, mais en montrant leur association quasi constante et leur complémentarité.

Sur l’inspiration, Harrington va d’abord développer la thèse selon laquelle que la réalité décrite et la plus fréquente dans la Bible est celle de la « possession par l’Esprit » : 91 citations viennent à l’appui de cette thèse. Il s’agit en effet et d’abord d’une force mystérieuse, d’une impulsion à parler et à agir qui est perçue et décrite de façons diverses et variées, mais souvent comme une emprise de Dieu, le prophète est saisi par la « main de Dieu » (Is 8,11), une pression impérieuse pour contraindre à parler fût-ce à l'encontre de leur propre inclination. Ils parlent; mais il peut leur coûter de le faire, et les paroles leur sont pour ainsi dire tirées de la bouche. Ils savent d'ailleurs que leurs discours ne leur appartiennent pas : ils sont les discours mêmes du Seigneur qui les a envoyés. Ce qui fait du prophète une puissance : « Pour moi, je suis rempli de puissance, rempli par l'Esprit du Seigneur. » (Mi 3,8 ). L'Esprit de YHWH fait du prophète « une ville forte, une colonne de fer » (Jr 1,18 ). L’Esprit, présent tout au long de la vie de Jésus, est une force, une puissance motrice proche de la conception de l’Ancien Testament.

Etant donné l'intérêt de cette démonstration nous en donnons le détail plus bas après la conclusion.

Sur la révélation, Harrington va rappeler d’abord la conception de la « dabar » ou « parole ». En hébreu, dabar ne signifie pas seulement « parole » mais aussi « chose » ou « action ». La dabar ou parole de Dieu, qui est à la fois créatrice et révélation est une réalité dynamique, une force qui obtient infailliblement les résultats que Dieu a en vue. Cette dabar est donc génératrice d’événements et dirige l’histoire du salut d’Israël. Si dans cette conception de la Bible, même la « parole » humaine a un pouvoir et une efficacité, il apparaît tout de suite que celle de Yahweh est bien plus agissante encore. La notion de dabar déborde largement la notion du Logos grec. Israël est conscient de se trouver en présence de trois types de porte-paroles désignés par Dieu : le prophète, le sage et le prêtre. A travers 72 citations sur la révélation, Harrington développe des notions bien mieux connues : la parole prophétique constitue une force décisive dans l’histoire d’Israël ; la parole de YHWH prononcée par le prophète apporte le salut ; la parole de YHWH agit avec puissance sur le prophète, mais au contraire avec douceur sur le sage ; la parole divine est créatrice ; la parole de YHWH est révélation, Après coup on s’aperçoit que les paroles des prophètes ont une portée qui dépassait leur contexte immédiat. En s’adressant aux hommes, Dieu se révèle Lui-même. Sa parole est une loi, une règle de vie, elle dévoile la signification des choses et des événements. Elle renferme une promesse pour l’avenir et jusqu’à la signification ultime du temps présent et futur (eschatologie).

Dans le Nouveau Testament, l’expression « parole de Dieu » s’entend fréquemment du message du salut, autrement dit de la Bonne Nouvelle, elle-même (Evangile). Mais la Bonne Nouvelle prêchée par Paul et les Apôtres est en réalité le Christ (1 Co 1,23 ; Gal 3,1 ; Ac 2,36 ; Ac 4,12). « Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé autrefois aux pères dans les prophètes, Dieu, en la période finale où nous sommes, nous a parlé à nous en un Fils qu'il a établi héritier de tout, par qui aussi il a créé les mondes ». (Hé 1,1-2) Jean pour sa part enseigne que le verbe, le Logos existe de toute éternité, qu’il est divin et qu’il est créateur de toute chose. Finalement, il déclare dans une admirable formule, que « le Verbe s’est fait chair ». Jean souligne ici que si Dieu s’est révélé dans le Logos c’est bien d’abord pour nous qu’Il l’a fait.

La manière concrète, existentielle, dont le terme « parole » est employé dans la Bible - c'est sous cet aspect qu'on l'y trouve surtout - nous indique la voie à suivre pour comprendre, dans son contexte biblique, la notion corrélative de « révélation ». La Bible n'est pas une somme de « vérités » abstraites, un corps de doctrine. Ce que l'Écriture révèle, c'est Dieu lui-même, c'est-à-dire un Etre vivant et personnel : le Créateur qui gouverne le monde (Is 45, l2), le Saint qui convie les hommes à un service d'amour (Ex 20, 1 ss; Ex 34, 6 ; Os 11,1ss), le Maître de l'histoire qui dirige temps et événements vers un but de salut (Ex 14, 8 ; Am 2,9-10 ; Jr 32, 20 ; Is 45, I ss; Is 52, l0).

Dieu se révèle lui-même par ses interventions dans la vie des individus et dans celle de la nation tout entière. Et dans la pleine révélation du Nouveau Testament, ce que Jésus fait connaître n'est pas un système qu'il importerait de bien saisir, mais une voie qu'il faut suivre (cf. Jn 11,6). Il parle, mais sa personne et ses actions parlent, mais la personne et ses actions parlent plus haut que ses paroles, et son message est un message de salut. « Les biblistes se déclarent de plus en plus d’accord pour reconnaître que la Révélation s’est faite essentiellement dans le cadre d’une histoire et qu’elle est « économique » ou « fonctionnelle » : il n’y a de mystère de Dieu ou du Christ que dans le témoignage transmis sur ce qu’ils ont fait et font pour nous, que dans le rapport à notre salut ». (Y. Congar. "Le Chrits dans l'économie salutaire et dans nos traités dogmatiques Concilium", 11, 1965, p. 12).

Il est clair que si nous voulons tenir compte des données bibliques nous ne pouvons pas limiter le champ de la « révélation » à des déclarations portant sur des vérités abstraites, purement spéculatives. Ce champ de la « révélation » doit inclure le domaine tout entier des manifestations de Dieu, embrasser les actions autant que les paroles ; car Dieu n’est pas une entité abstraite, mais un Être personnel et bien vivant. Le prophète na pas seulement reçu une vision ou un oracle, c’est aussi un homme qui a rencontré Dieu, a reconnu en lui le Sauveur et le Créateur et a expérimenté un amour créateur et sauveur dont il rend compte.

Restreindre la révélation à la prophétie en sens strict du terme fait courir plusieurs risques :
- Négliger le contexte existentiel d’action, de l’histoire, d’interventions personnelles qui entourent d’une parole vivante et vécue les mots proférés par Dieu. Il y a une révélation dans les événements de l’histoire sainte tout autant que dans les lumières données au prophète ;
- Appauvrir dangereusement des possibilités illimités de la encontre que Dieu offre aux hommes dans la Bible ;
- Ne retenir que l’enseignement de Jésus sans prendre garde à ce qu’Il a fait, ce qu’Il a été aboutissant finalement à ne pas Le connaître, c'est-à-dire ne pas percevoir que la personne du Verbe incarné domine en fait tout le Nouveau Testament. Ce qui fonde le christianisme n’est pas le Sermon sur la Montagne, mais le Seigneur Jésus-Christ toujours vivant.

Cette compréhension de la révélation est en plein accord avec la religion biblique qui est fondamentalement et essentiellement historique. En elle les événements parlent plus haut que les discours. C’est bien pourquoi les écrivains sacrés se préoccupent tellement de découvrir leur signification et se tournent tant vers le passé. Que ce soit dans l’Ancien Testament ou dans le Nouveau Testament, l’Esprit et la Parole de Dieu ne cessent d’agir de concert. La révélation est manifestation du Verbe, l’inspiration est mouvement de l’Esprit, deux forces distinctes, mais inséparables, ou, si l’on veut, deux aspects corrélatifs de la puissance divine. Dans la perspective biblique, on risue de s’égarer si on considère inspiration et révélation comme deux charismes entièrement distincts. Distincts, ils le sont, mais ils opèrent simultanément.

Qu’un homme soit suscité et mû par le Saint Esprit pour diriger une phase de l’histoire du salut, pour parler en qualité de prophète ou pour mettre par écrit les traits essentiels de la pédagogie divine, toute cette activité est « révélation », manifestation personnelle du Dieu vivant. La vérité qu’il est en lui-même, Dieu la révèle dans les termes des expériences vécues, parlées et écrites de son peuple, et c’est à cette fin qu’ils inspire cefs, prêcheurs et écrivains, qu’il leur fait percevoir cette vérité et la transmettre au peuple en la vivant, en l’exprimant en paroles et en la mettant par écrit.

Conclusion

1. La révélation, dans la Bible, n'est pas la communication de vérités abstraites, mais la manifestation concrète et vivante d’un Dieu personnel se faisant connaître comme Créateur et Sauveur. Cette manifestation peut se faire dans les événements de l’histoire sainte (Heilsgeschichte) et dans les merveilles de la-nature, aussi bien que dans les paroles des prophètes er les œuvres des écrivains inspirés.

2. L’inspiration qui meut ces derniers les pousse à comprendre et à transmettre lé révélation divine par l’action et par la parole tout autant que par l’écriture ; elle n’est pas seulement « scripturaire » mais aussi et d’abord, « pastorale » et « prophétique ». Elle n’est pas seulement un charisme d'ordre intellectuel, mais une impulsion plus ample qui agit sur l’homme dans n’importe quel domaine où peut se situer une rencontre vivante avec Dieu.

3. Inspiration et révélation ne sont pas identiques, mais elles n'entrent-pas en conflit. On ne saurait dire que l’une suit l’autre : elles opèrent simultanément et harmonieusement. Dieu se révèle dans la nature, dans l'histoire et, en dernier lieu, à l'esprit des hommes et par leur intermédiaire. Dans ce dernier cas, il élève l’homme au dessus de lui-même et le remplit de son Esprit, le rendant capable de vivre, d’exprimer en paroles, et finalement de mettre par écrit le message de vérité vivante qui découle de cette rencontre avec lui.

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

Développement sur l'inspiration, comme "possession par l'Esprit". (les inter-titres sont de moi !)

Mis à part le théopneustos de 2 Tm 3,16, le mot « inspiration » n’apparait donc pas dans la Bible. Mais on y trouve quelque chose de plus important qu’un terme spécifique : une réalité, celle de la « possession par l’Esprit » ; et celle-ci est mentionnée très souvent.

La manière dont cette « possession » est décrite est extrêmement variée. Ce dont parle Harrington sur cette « possession » ne peut se comprendre sans la lecture des citations. En raison de leur abondance nous les avons mises dans un post à part, à la suite de ce résumé. Pour Harrington, les différentes façons selon lesquelles Dieu a mû les hommes dans le cadre de son plan de salut constituent un ensemble beaucoup plus large que le charisme particulier accordé aux écrivains bibliques, plus large que le cadre limitatif qu’il est convenu d’appeler « inspiration scripturaire ».

A. L’Esprit de Yahweh, une force mystérieuse

Dans l'Ancien Testament, l' « Esprit de Yahweh » est une force mystérieuse qui entre avec puissance dans l'histoire du peuple élu et accomplit les œuvres de Yahweh, sauveur et juge. Il qu’il s'empare d'hommes choisis et les transforme, dirigeant ainsi les destinées d'Israël et l'histoire du salut dans ses différentes étapes. Dans les textes primitifs, l'action de l'Esprit est brusque et passagère. Il « agite » (Jg 13,25), « descend sur le prophète » (Ez 11,5), « emporte » (l R 18,12 ; 2 R 2,16), « fond dessus avec puissance » (Jg 14,6). Il peut éveiller chez ceux qu'il touche une force physique extraordinaire (Jg 13,25; Jg 14,6.19 ; Jg 15,l4), ou bien leur faire réaliser des prouesses au cours d'une bataille (Jg 6,34 ; Jg 11,29 ; 1 S 11,6-11). L'action de l'Esprit les rendit capables d'actions extraordinaires de force et d'audace; elle les revêtit d'une personnalité nouvelle qui fit d'eux les chefs et les sauveurs de leur peuple.

B. L’Esprit provoque prophétie et extase

L'Esprit sait aussi provoquer prophétique et l'extase (Nb 11, 24-30 ; 1 S 10,5-13 ; 1 S 19,20-24), donner le pouvoir de faire des miracles (l R 17,14.17.24 ; 2 R 2,15; 2 R 4,1-44), le don de prophétie (Nb 24,2 ; 1 Ch 12,19 ; 2 Ch 10,14 ; 2 Ch 24,20), celui d'interpréter les songes (Gn 40, 8 ; Gn 41,16.38 ; Dn 4,5; Dn 5,11; Dn 6,4). Dans tous ces cas, l'Esprit « vient sur » certains hommes comme un don suprêmement libre de Dieu.

C. L’Esprit de Yahweh ou l’emprise de la main de Dieu

Des textes postérieurs montrent l’Esprit de Yahweh reposant à demeure sur des chefs charismatiques. Il vient et repose sur Moïse (Nb 11, 17.25), sur Josué (Nb 27, 18 ; Dt 34, 9), sur Saül (1 S 16,l4), sur David (1 S 16,13 ; 2 S 23,2). A la différence des Juges, les rois recevaient une fonction permanente, et le rite d'onction qui les consacrait manifestait l'emprise de l'Esprit et les revêtait d'une majesté sacrée (l S 10, l ; l S 16, 13). Mais l'Esprit repose aussi sur Élie (2 R 2,9), sur Élisée (2 R 2,15); et les prophètes furent les porteurs privilégiés de l'Esprit. Il est vrai que les prophètes préexiliques ne se prévalurent pas expressément d'une mainmise sur eux de l'Esprit et préféraient nommer la force qui les avait saisis la « main de Dieu » (Is 8,11 ; Jr l, 9 ; Jr 15, 17; Ez 3,l4). Mais c'est que les prophètes extatiques vivant en groupe, et tout autant les faux prophètes, prétendaient être mus par l'Esprit du Seigneur. En Os 9,7, cependant, le prophète est appelé « l'homme de l'Esprit », et Michée (3,8 ) déclare : « Pour moi, je suis rempli de puissance, rempli par l'Esprit du Seigneur. »

D. L’Esprit de Yahweh est l'âme de l'inspiration prophètique

Après l'exil, certains textes disent formellement que Dieu, par son Esprit, a parlé par les anciens prophètes (Za7,12 ; Ne 9, 30). Et de son côté Ezéchiel proclame avec non moins de clarté que l'Esprit de Yahweh est l'âme de l'inspiration prophétique (Ez 2,2 ; Ez 3,24 ; Ez 11,5). Les prophètes reconnaissaient qu'une pression impérieuse s'exerçait sur eux pour les contraindre à parler, fût-ce à l'encontre de leur propre inclination (Am 3,8 ; Am 7,14-15; Jr 20,7-9). Ils parlent; mais il peut leur coûter de le faire, et les paroles leur sont pour ainsi dire tirées de la bouche. Ils savent d'ailleurs que leurs discours ne leur appartiennent pas : ils sont les discours mêmes du Seigneur qui les a envoyés.

E. L’Esprit de Yahweh fait du prophète une ville forte, une colonne de fer

C'est par l'Esprit de Yahweh que les prophètes reçoivent la parole de Yahweh (Is 30,l ; Za 7,2). L'Esprit fait du prophète « une ville forte, une colonne de fer » (Jr l, 18; cf. l, 8; 20, 11); il rend leur front « dur comme le diamant, qui est plus dur que le roc » (Ez 3, 8-9; cf. Is 6, 6-9). A l'époque messianique, tous ceux d'Israël jouiront de l’inspiration prophétique ; et cela proviendra d’une effusion générale de l’Esprit (Jl 3,1ss ; cf Is 32,15 ; Ez 39,29)

F. L’Esprit de Yahweh est la source de la vie morale et religieuse

Après l’exil encore, et ceci est remarquable, l’Esprit de Yahweh est la source de la vie morale et religieuse. L'auteur du Psaume 5l [50] demande à Dieu que l'esprit saint ne lui soit pas enlevé (verset 11) : cet esprit qui réside dans l'âme du juste et lui donne la force de vivre une vie sainte (cf. Is 63, l0-13). L'effusion de l'Esprit instaurera le règne du droit et de la justice (Is 32, 16) et donnera aux hommes une sensibilité neuve à la parole de Dieu (Is 59,21; Ps 143 [421],10) et à son alliance (Ez 32,27). Régénéré par l'Esprit, Israël reconnaîtra son Dieu et marchera dans ses voies : « Je mettrai mon Esprit au dedans de vous... Vous serez mon peuple, et moi je serai votre Dieu ; » (Ez 36,27-28).

G. L’Esprit dans le Nouveau Testament est une force, une puissance motrice proche de la conception de l’Ancien Testament

Si nous nous tournons maintenant vers le Nouveau Testament, nous observons que dans les écrits de saint Luc, l'idée que l'auteur se fait de l'Esprit est proche de celle qu'on trouve dans l'Ancien Testament. De presque toutes les personnes mentionnées en Lc l-2, il est dit qu'elles étaient mues par le Saint Esprit ou qu'elles en étaient remplies : Jean le Baptiste, dès le sein de sa mère (1, 15.18), ses parents Zacharie (1,67 ss) et Elisabeth (1,41 ss) ; de même Syméon (2, 27 ss) et Anne (2, 36). Dans tous ces cas, l'esprit qui est donné est l'esprit de prophétie.

Tout au long du même Évangile, l'Esprit est représenté comme une puissance surnaturelle et divine (cf. l, 35). Que Jésus, en tant que Messie, soit le porteur de l'Esprit, c'est là une vérité que Luc aime à souligner. Après le baptême et la tentation, c'est « dans la puissance de l'Esprit » que Jésus retourne en Galilée et commence à accomplir son œuvre messianique (4, l4). Ses toutes premières paroles sont une citation d'Is 61, l-2 : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a désigné pour prêcher la bonne nouvelle aux pauvres » (4, l8). Tout le ministère public est ainsi placé sous le signe de l'Esprit, ct toutes les œuvres et l'enseignement du Christ doivent être mis dans la lumière de cette introduction.

A la fin, le Seigneur assurera à ses disciples qu'il va leur envoyer « la promesse du Père », la « Force d'en-haut » (24, 49 ; Ac 1, 8 ), car l'Esprit-Saint est le don du Seigneur ressuscité et monté au ciel (Jn 7, 38-39 ; 14,26). A partir de la Pentecôte, l'Esprit est le guide et la puissance motrice de la mission chrétienne. Lui qui avait conduit le Messie est maintenant répandu sur son Église par le Seigneur ressuscité (Ac l, 8;2,4), et la prophétie de Joël (3, l-5) s'accomplit (Ac 2, 17-21). Cette activité de l'Esprit est multiple. Les charismes, le don des anges en particulier, et la prophétie en sont l'expression évidente et frappante (Ac 2, 33 ; 10, 46 ; 19, 6 ; 11, 28 ; 21, l1-12 ; 13, l ; 15, 32 ; 2l, 9) ; mais son rôle comme guide et principe de force des prédicateurs chrétiens.

H. Finalement la notion d’inspiration biblique selon Harrington

Harrington distingue deux manifestations de l’Esprit Saint :

- Une inspiration à agir : un mouvement efficace de l’Esprit qui s’empare d’une personne et la pousse à agir et ainsi à orienter le cours de l’histoire sainte. Ce type d’inspiration pourra être qualifié d’ « inspiration pastorale » c'est-à-dire exercée sur les pasteurs et les guides du peuple ;

- Une inspiration à parler, principalement chez les prophètes, il en résulte des « oracles de Yahweh » qui forment l’enseignement du peuple et dirige sa conduite. Ce type d’inspiration pourra être qualifié d’ « inspiration oratoire » ;

Ces deux premières inspirations étant prolongées et achevée par l’ « inspiration scripturaire ». L’ensemble des trois inspirations constitue l’ « inspiration biblique ». Mais à coté de ces deux genres de motion (inspiration pastorale et inspiration oratoire) la Bible ne parle jamais d’une prise de possession par laquelle un homme serait mû d’en haut – exclusivement – à penser ou à écrire. Nous pouvons, bien entendu, continuer à parler d’inspiration scripturaire, mais le témoignage des textes doit nous rendre attentifs à ne pas faire de celle-ci un absolu comme si dans l’Ecriture l’inspiration ne se manifestait –exclusivement – que comme inspiration scripturaire.

Nous avons le droit de parler d’inspiration scripturaire parce que la Bible est en vérité l’aboutissement visé et voulu par Dieu, des événements de l’histoire sainte et de cet enseignement oral pour qu’il soit mis par écrit, mais il serait faux de restreindre l’inspiration à cette ultime étape. Mais à l’inverse quand nous affirmons que la Bible ne montre jamais, l’Esprit venant sur un homme pour le mouvoir – exclusivement - à penser, nous ne voulons pas dire qu’il n’y a pas de place dans la Bible pour la pensée et la connaissance. La réalité est, nous l’avons vu, que dans la Bible, la connaissance n’est jamais spéculative ; elle est affaire de cœur et d’action autant que d’intelligence. Cette conception relie, donc, fortement l’inspiration scripturaire à ses antécédents et à sa situation historique. « Avant d’être mis par écrit le message a commencé par être vécu et parlé : cette expérience de vie et cette parole concrète vibrent encore dans le texte. Elles y sont renfermées comme dans un condensé merveilleux, voulu par Dieu, mais elles le précèdent, l’accompagnent, le suivent, le débordent, le commentent. Or toute cette richesse vient de l’Esprit » (cité dans Concilium art. cité, p. 18-19).

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Message  Olivier C le Ven 21 Oct - 16:27

Pour info : suite à cette conversation j'ai eu l'occasion de réaliser un petit devoir de théologie sur le contexte d'élaboration constitution Dei Verbum et ses avancées dans la compréhension de l'inspiration. Cela peut vous intéresser en guise de récapitulatif, c'est ici : Présentation de la constitution dogmatique Dei Verbum.
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Message  -Ren- le Ven 21 Oct - 16:58

Merci pour ce lien :jap:

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Que veut dire "inspiré"???? - Page 3 Empty Moïse plus fort qu'Obelix?

Message  Tsiyon le Mer 26 Oct - 4:31

Voici mon point de vue de Juif sur la question (je n'ai pas dit le point de vue du Judaïsme). Encore une fois (c'est mon dada) le problème vient des traductions. Moïse a-t-il reçu la Torah écrite ou dictée par YHWH sur le Sinaï? Le mot Torah en Hébreu signifie enseignement. Bien sur on peut l'utiliser pour définir les 5 premiers livres de la Bible. Mais comment imaginer que Moïse est redescendu du Sinaï en portant l'ensemble du Pentateuque (peut-être écrit sur des pierres) dans ses bras? Pire, il aurait donc dès le départ eu connaissance de ses fautes à venir (les eaux de Mériba) et les aurait quand même commises. Cette conception fait de lui un pervers; ce qui est un comble. La Torah reçue est à mon avis simplement les 10 paroles (commandements). Et encore ... puisqu'il y a deux versions.
Cependant la lecture régulière de la Torah en Hébreu ne cesse de m'étonner. Je suis tout à fait conscient qu'elle a été écrite par un ou des humains. Ce sont alors les plus grands écrivains qui aient jamais existé tant le texte est une source intarissable de sens et tant les détails psychologiques sont d'une grande finesse.
Ce qui m'amène à penser que celui ou ceux qui ont écrit ce texte étaient inspirés comme l'ont été plus tard les prophètes parce que nul n'est maître du langage qui en réalité nous traverse.
Mais qu'est-ce que l'inspiration? Tout d'abord il semblerait que ce n'est pas une chose agréable à vivre puisque Moïse, Jonas tentent de se défiler. On peut les comprendre car c'est une expérience où l'on perd par définition son libre arbitre. L'inspiration est-elle stricto-sensu la parole de Dieu et ce que disent les prophètes ou les auteurs de la Bible "pure" parole de Dieu? Le reproche d'être trop excessif fait par Dieu à Isaïe (je crois) va à l'encontre de cette vision des chose. De plus comment imaginer qu'alors qu'il est écrit "nul ne peut me voir et vivre", on puisse cependant "contenir" la parole d'un Dieu qui se définit comme sans limite spatiale ou temporelle; une parole si intense qu'elle a pu créer le monde?
Je pense donc qu'il y a une "trace" de Dieu dans la Bible et que c'est être enseigné (de signe) que de la rechercher.Cet enseignement est donc selon moi quelque chose qui demande notre participation active.

Tsiyon

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Message  Roque le Ven 3 Juil - 19:35

Comme suite à l'échange avec MrCheshire sur :arrow: http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t64p540-le-paraclet#56126 .... je joins un lien sur l'expérience d'une mystique moderne qui me fait penser à ce qu'a pu être l'inspiration prophétique biblique un dialogue de l'esprit humain avec l'Esprit qui réside dans l'homme : :arrow:   http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t998p30-vassula-sur-l-unite-des-chretiens#56130 dont voici un extrait :

« Lorsque je fais une si forte expérience des paroles, je suis également consciente que la forme écrite et la manière dont je devrais exprimer les paroles dépendent toujours de mes capacités limitées de langage et d’expression. La manière dont je reçois les paroles de Dieu est par une lumière de compréhension dans mon intellect, sans qu’il soit prononcé de parole. C’est comme si Dieu transmettait Sa pensée dans la mienne. Je sais exactement ce que Dieu veut ou voudrait dire. Alors, je dois écrire ce « message non exprimé » aussi bien que je le peux, en choisissant mes propres mots. » Réponse de Vassula à la CDF. Vatican, 26 juin 2002.

Mais attention ce n'est qu'une éventuelle similitude, pour savoir ce qu'a pu être l'inspiration prophétique, c'est plus sûr de s'appuyer sur l'analyse biblique développée ci-dessus : http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t363p45-que-veut-dire-inspire#9451

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