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Bouddhisme et judaïsme

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Message  Invité le Mar 20 Fév - 7:25

Pour commencer un article de socio-anthropologie de Lionel Obadia.


Article a écrit:Bouddhisme et judaïsme

Entre traces et récits, légende et histoire

Lionel Obadia

15 mai 2004

(Depuis juin 2005, l'IEB publie une revue scientifique intitulée Les Cahiers bouddhiques7. Son Comité scientifique est composé de Stéphane Arguillère, Françoise Bonardel, Philippe Cornu, Raphaël Liogier et Lionel Obadia.)

Traversant les millénaires, le bouddhisme et le judaïsme paraissent n’être entrés en contact qu’à la fin du XXe siècle et ce dans le contexte des nations occidentales. Loin de se réduire à une simple « découverte » mutuelle, cette rencontre se révèle au contraire au cœur d’un entrelacs complexe de questions d’ordre généalogique. Ce sont des enjeux sous-jacents aux débats actuels sur les rapports entre le judaïsme et le bouddhisme, où la nature et l’interprétation des « traces » mêlent et confondent les discours scientifique et apologétique.

Dans l’optique d’une histoire des religions « classique », le caractère tardif et inédit d’une rencontre réunissant deux traditions religieuses aussi importantes s’explique aisément par référence aux différences constatées entre leurs propriétés intrinsèques, ainsi qu’à leurs développements culturels et géogra­phiques : alors que le bouddhisme rayonnait sur tout le continent asiatique, le confinement du judaïsme aux limites des mondes chrétien et musulman a considérablement restreint ses possibilités de contact direct avec le bouddhisme, d’où la mutuelle indifférence que ces deux religions se sont témoignée au cours de l’histoire. Une telle représentation ne résiste pas à l’épreuve des faits.

La présence du judaïsme en Asie ainsi que les contacts que la tradition abrahamique a entretenu avec les religions extrême-orientales sont, en fait, loin d’être méconnus des historiens des religions modernes. Le judaïsme d’Asie – en particulier sous ses formes sinisée et indianisée – occupe une place tout à fait identifiée dans les sciences religieuses contemporaines et est un domaine d’étude en plein essor. Son objectif – la reconstitution des modes de vie et les vicissitudes d’une diaspora éparpillée entre l’Asie mineure et l’Extrême-Orient – se heurte néanmoins à plusieurs difficultés. La principale réside sans doute dans la variété des indices et des témoignages dont dispose actuellement la communauté savante. Ceci soulève plus de questions que n’apporte de réponses précises.
Trajectoire historique :

L’implantation de la diaspora juive en Asie, loin du monde chrétien et « à la périphérie de l’islam1 » n’est pas à proprement parler un phénomène historique localisé, mais un processus étendu dans le temps et dans l’espace. Les communautés juives d’Asie sont, à ce jour, disséminées entre, d’une part, l’Inde, la Chine (Hong-Kong) et le Japon pour les plus importantes (plusieurs milliers d’individus), et d’autre part, Singapour, la Thaïlande, la Corée du Sud, la Chine continentale, l’Indonésie, Taiwan et la Birmanie pour les plus réduites (moins de trois cents individus)2. Brossé à grand traits, l’itinéraire des commu­nautés juives en Asie part du bassin méditerranéen, suit les routes de communication de l’Asie mineure (la Turquie et la Perse) et d’Asie centrale (via les actuels Turkménistan et Kirghizstan), pour parvenir au nord puis au sud de l’Inde, et enfin plonger au cœur de la Chine. Pressés de s’expatrier pour des raisons politico-religieuses (en premier lieu, les persécutions dont ils faisaient l’objet), les migrants juifs nourrissaient également des ambitions de nature économique.
En suivant les traces des marchands musulmans, ils furent appelés à jouer un rôle essentiel dans les échanges et dans le développement local de l’économie monétaire, et se sont par ailleurs implantés près des ports ou des voies commerciales terrestres. Quelles qu’aient été les motivations à l’origine de cette diaspora, les civilisations confucéenne et hindouiste se sont avérées bien plus hospitalières et – nonobstant d’inévitables périodes d’oppression – bien moins hostiles pour les juifs que ne l’ont été les environnements chrétiens ou musulmans. Certaines communautés ne se sont fixées en Asie que de manière temporaire (comme ce fut le cas à Shanghai3) pour fuir, par exemple, la montée du nazisme en Europe dans les années 1930 et 1940.

L’ancienneté, la pérennité et le poids démographique des communautés d’Inde et de Chine (continentale) font néanmoins de ces deux dernières des objets privilégiés de recherches sur le judaïsme d’Asie. Leur origine reste toutefois encore assez mal connue.

Celle-ci se fond dans le creuset mythique des temps bibliques et balance perpétuellement entre la légende et l’histoire événementielle. Outre les traditions orales et textuelles locales et les annotations dispersées dans les récits de voyageurs, les matériaux utilisés à des fins de reconstruction historique ne sont parfois que de simples traces. Les chercheurs doivent ainsi se satisfaire d’éventuelles proximités phonologiques et/ou séman­tiques entre des termes hébreux et les langues vernaculaires, de comparaison entre des termes de parenté ou des catégories religieuses, ainsi que de reliquats d’une culture matérielle dont l'inventaire et l’examen sont rendus difficiles par la présence massive d’influences stylistiques asiatiques.

Communautés juives en Inde:

Plusieurs communautés juives se sont établies en Inde à Cranganore, Cochin ou encore Bombay. A une première vague de migration, sans doute originaire de Perse et d’Asie centrale (au IVe, au Ve ou au VIIIe siècle)4, s’adjoint une seconde issue du Portugal et d’Espagne (au XVIe siècle) et enfin de Perse (les Baghdadi) au XVIIIe siècle. L’histoire des juifs de Cranganore, une communauté distincte de la première vague et consignée sur des tablettes de cuivre dont il existe trois traductions fort différentes5, est très ancienne. Fuyant la pression portugaise au XVIe siècle, elle fusionnera ultérieurement avec une autre communauté, celle de Cochin. Un groupe distinct des précédents, les Bene Israël fait, quant à lui, remonter sa présence en Inde à plus de deux millénaires6. Etablis au Bengale, ils se seraient dispersés à travers tout le pays et notamment sur la côte du Malabar. L’histoire de ces communautés hésite entre une généalogie longue, qui remonte directement au règne du roi Salomon7, et des généalogies plus courtes associant les différentes vagues d’émigration vers l’Asie au démantèlement du royaume d’Israël (722 avant J.-C.), à la destruction du second temple (70 après J.-C.) ou, enfin, à l’expulsion des juifs de Jérusalem (135 après J.-C.). Récemment la fondation de l’Etat d’Israël, en 1948, fut à l’origine d’une importante migration des Bene Israël, qui ont pratiquement disparu d’Inde, et des juifs de Cochin, où réside encore une communauté numériquement importante, ultime témoignage vivant du judaïsme indien.

Communautés juives en Chine:

Le judaïsme chinois, s’est, pour sa part, progressivement fondu dans les milieux confucéen ou musulman8 et il n’en demeure actuellement que des vestiges. Il n’en est pas moins ancien. Si on le fait parfois remonter à la période Han (du IIIe siècle avant J.-C. au IIIe siècle de l’ère chrétienne), le périple des juifs à destination de la Chine a sans doute débuté entre le VIIe et le IXe ou le Xe siècles9. Les avis des spécialistes divergent en fait quant à savoir si les juifs chinois étaient originaires d’Inde et auraient gagné la Chine sous la dynastie Song (960-1279) ou s’ils ont, comme leurs co-religionnaires indiens, rejoint l’Asie à partir de la Perse, après la destruction du second temple de Jérusalem. L’existence de larges communautés, quoique révélée par les voyageurs arabes dès le IXe siècle, n’est attestée que bien plus tardivement dans des récits de voyageurs, comme ceux de Marco Polo ou de Jean de Marignolli, et dans les missives des jésuites installés à Pékin qui devaient n’en informer l’Occident qu’au XVIIe siècle. Leur présence dans la ville de Kaifeng aurait abrité la plus large communauté juive de l’empire du milieu, dont une synagogue reconstruite à plusieurs reprises. Elle est attestée par des stèles gravées à des dates différentes (1489, 1512 et 1663 pour les plus « lisibles »), offrant des versions controversées – parce que discordantes – des généalogies prophétiques mais aussi de l’origine des juifs chinois.

Controverses:

Confondus avec des musulmans ou avec des chrétiens, – quand ils n’étaient pas purement et simplement convertis –, disparaissant des archives et des récits durant de longues périodes (en Inde, entre les XIIIe et XVe siècles) avant d’y réapparaître subitement, alternativement absents des catégories religieuses locales ou pleinement identifiés (en Chine, comme Zhuhu ou encore Wotuo10 – terme contesté par l’historien chinois Wen Tu-Chien11), les juifs d’Asie se laissent difficilement saisir par l’histoire et l’anthropologie. Leur visibilité est largement fonction, par ailleurs, d’enjeux politiques ou stratégiques (c.-à-d. les rivalités qui les opposaient aux autres représentants de religions « étrangères »).

La publication récente de l’ouvrage The City of Light (1997) par David Selbourne a, de plus, révélé la fragilité des témoignages sur lesquels repose l’histoire du judaïsme asiatique. The City of Light a été présenté par son auteur comme la traduction d’un texte rédigé par un commerçant juif nommé Jacob d’Ancona qui aurait séjourné en Asie au XIIIe siècle.
Sur bien des points plus plausible que le récit de Marco Polo, l’ouvrage a pourtant suscité une vive polémique au sein des cercles académiques. Il comprendrait trop d’omissions ou d’erreurs factuelles pour ne pas susciter les plus grandes réserves dans la communauté des historiens modernes.
Les refus répétés de Selbourne de fournir le manuscrit original à des fins d’expertise ont achevé de convaincre qu’il s’agissait d’un faux12.

S’il avait effectivement existé, Jacob d’Ancona n’aurait pas été le premier voyageur de confession et de culture juives dans l’histoire des grands explorateurs médiévaux de confession chrétienne, tels Jean Plano de Carpini (arrivé en Asie en 1245) ou de Guillaume de Rubrouck (en 1253). Outre l’antériorité du voyage d’Ancona (entre 1270 et 1273) sur celui de Marco Polo, le principal enjeu autour de la publication de Selbourne est de nature historique et anthropologique. A la différence de ses prédécesseurs, qui n’ont jamais foulé le sol de l’Asie du Sud (en particulier Benjamin de Tolède, dans les années 1160), le récit d’Ancona offrait un manuscrit rédigé de la main d’un témoin direct qui aurait permis de trancher la question de la démographie des juifs de Zaitun13, celle des juifs de Chine dans leur ensemble et aurait fourni un matériau précieux pour l’examen des mécanismes d’acculturation des communautés désormais disparues14.

De la trace à l’origine :

A certains égards, l’intérêt des débats autour de telles « traces » réside au moins autant dans la possibilité qu’elles offrent de combler les carences d’une histoire événementielle que dans les appropriations dont elles ont récemment fait l’objet à l’occasion d’événements qui allaient inaugurer une série de contacts réguliers entre le bouddhisme et le judaïsme en Occident et en Asie.

Après une première rencontre avec le quatorzième Dalaï-lama sur le sol américain en 1989, un groupe de rabbins et d’intellectuels juifs a entrepris de se rendre en Inde, à Dharmasala sur l’invitation du chef spirituel du bouddhisme tibétain, justifié par le désir de celui-ci d’approfondir sa connaissance de la tradition juive. Cette amorce de dialogue inter-religieux s’est prolongée par deux visites du Dalaï-lama en Israël (en 1994 et en 1999). Les débats ont cette fois porté sur des « similitudes » constatées entre les destinées des nations juive et tibétaine, en l’occurrence, l’expérience de la haine et du déracinement, l’attachement à une terre et une histoire sacrée, et surtout, le souci, témoigné de part et d’autre, de préserver les traditions culturelles et religieuses en situation d’exil. L’exemplarité de la nation tibétaine, répondant par la « non-violence » à l’annexion par son voisin chinois15 – qui a valu le prix Nobel au Dalaï-lama en 1989 – revêtait en fait une signification particulière dans le contexte israélien où certains mouvements juifs, ralliés à la cause tibétaine, cherchent également une solution pacifiste au conflit qui les oppose à leurs voisins palestiniens.

Dans le même temps, le bouddhisme – au même titre que d’autres religions extrême-orientales – rencontre un écho de nature plus « existentielle » auprès d’Occidentaux d’origine juive (en particulier aux Etats-Unis et en Israël même16) dont l’engagement, à défaut d’être statisti­quement significatif, à donné naissance à la catégorie des JuBu (Jewish Buddhists), une synthèse identificatoire mêlant des « racines juives et des pétales bouddhistes » (selon l’expression de Lieberman). L’écrivain Roger Kamenetz, acteur et témoin de cette double rencontre, voit dans les « similitudes » qu’il constate entre la mystique juive et la mystique bouddhique (1994) une explication plausible – mais non exclusive – à l’attrait des juifs pour le bouddhisme17. Mais c’est sous la plume de l’historien américain Nathan Katz que l’idée de parenté (analogique), sous-jacente à ces réflexions, est étendue à sa seconde acception (généalogique). Spécialiste des contacts antiques et médiévaux entre la nation juive et les traditions bouddhistes, Katz a suggéré, à plusieurs reprises, l’existence d’une inter­-fécondation religieuse et culturelle entre la nation juive et les nations asiatiques d’Asie du Sud (bouddhiste et hindouiste) à une époque médiévale18. Ceci permet d’expliquer les affinités actuelles entre le bouddhisme et le judaïsme – qu’elles prennent la forme du dialogue inter-religieux ou de conversion.

Pour intéressante qu’elle soit, la démarche de N. Katz est loin d’être originale. Elle s’inscrit dans une idée aujourd’hui répandue selon laquelle le succès du bouddhisme en Occident participerait moins d’une découverte que d’une redécouverte, une affirmation elle-même inspirée d’une idée de type diffusionniste selon laquelle les philosophies et doctrines religieuses de l’Occident auraient été nourries d’influences indiennes19. Devant l’absence manifeste d’influence bouddhiste dans le christianisme et le judaïsme d’Occident (du moins avant leur confrontation actuelle avec les traditions bouddhiques établies dans les nations occidentales), on ne peut alors que s’interroger sur la mystérieuse opération qui aurait permis que se conserve, dans les tréfonds d’un improbable inconscient collectif, un « héritage boud­dhiste » et que ce dernier soit réactivé après des siècles de léthargie.

Epilogue:

De toutes les tentatives de réinvention de l’histoire, où s’entremêlent rencontre interconfessionnelle et généalogie histo­rique, la plus originale est sans doute celle proposée par David M. Bader, lui-même JuBu, qui offre un bel exemple de synthèse entre l’humour juif et la sagesse bouddhiste. En préface de son Zen Judaism (2002), recueil de haïkus à destination des Occidentaux, l’auteur réécrit, contre toute exactitude historique mais avec le ton décalé qui a fait les beaux jours de l’humour juif new-yorkais, le mythe fondateur du bouddhisme  :

« La pratique du judaïsme zen » écrit-il  « remonte au fameux Bouddha Gautama du VIe siècle avant J.-C. (…) Il était connu sous le patronyme de Siddhârta, de son vrai nom Sidney Arthur Bouddha. Les parents du Bouddha, Max et Helen, étaient un couple aisé de la banlieue de Kapilavatthu. Ils étaient fiers de leur fils Sidney qu’ils vénéraient presque (…). Les professeurs du Bouddha avaient prédit qu’il deviendrait un jour un grand sage. L’idée effrayait ses parents : pourvu qu’il fasse son droit d’abord ! Mais Sidney avait d’autres plans. Jeune homme las de sa vie confortable et affecté par la souffrance qu’il observait autour de lui, il se décida à renoncer à tous ses biens et devint un moine mendiant. “ Moine ? s’écria son père, c’est un métier, ça ? ”20 »

Notes:


1 Selon l’expression de Salo W. Baron, A Social and Religious History of the Jews, vol. XVIII, seconde édition, revue et augmentée, New York, Columbia University Press, 1983, p. 363 et suiv.
2 Estimations disponibles au mois de mars 2002 sur plusieurs sites Internet : http://www.us.israel.org/jsource/Judaism/jewpop.html ; http://www.wjc.org.il/wjcbook/chartmap.htm
3 Voir à ce sujet l’excellent ouvrage de M. Reynders Ristaino, Port of Last Resort. The Diaspora Communities of Shanghai, Stanford, Stanford University Press, 2001.
4 S. Mendelssohn, Jews of Asia, Londres, Kegan Paul, Trench, Trubner & Co. New York, E. P.  Dutton & Co, 1920, p. 99-100.
5 Ibid. p. 101.
6 K. Blady, Jewish Communities in Exotic Places, Northvale (New Jersey), Jerusalem, Jason Aronson, 2000, p. 215.
7 L’« Ophir » biblique se confondant, dans la légende, avec l’Inde. Cf. S. W. Baron, op. cit., p. 389.
8 Blady, op. cit., p. 257.
9 Le récit du voyageur Abou Saïd signale la présence d’individus de confession juive dès les IXe et Xe siècles.
10 S. Shapiro (ed.), Jews in Old China, Studies by Chinese Scholars, 3e édition revue et augmentée, New York, Hippocrene Books, 2001, p. 4.
11 Wen Tu-chien, « A study of Wotuo (1941) », ibid., p. 12-14.
12 Cette controverse a été révélée au grand public par le journaliste américain N. D. Kristof  « A 13th-Century Traveler to China Comes to Light », New York Times, 21/9/1997.
13 Actuellement Quanzhou, ville située au sud-est de la République Populaire de Chine. La communauté juive aurait été forte, selon Ancona/Selbourne, de deux mille individus, et aurait cohabité avec de nombreux chrétiens européens, musulmans d’origine diverse, et « d’Africains », catégorie non précisée.
14 Le traitement d’un matériau exclusivement textuel n’interdit toutefois pas l’étude des formes de l’acculturation des communautés juives d’Asie. Cf. N. Katz,  « The Judaisms of Kaifeng and Cochin : parallel and divergent styles of religious acculturation », Numen, vol. 42, 1995, p. 118-140.
15 Une telle conception est – faut-il le rappeler ? –  foncièrement réductrice : elle occulte les diverses manifestations de résistance active et les soulèvements du peuple tibétain face à l’envahisseur chinois, dont la célèbre révolte des Khampas, en 1959.
16 Pour un panorama synthétique de ces faits et des questions qu’ils soulèvent, cf L. Obadia, « Buddha in the Promised Land ? Outlines of the Settlement of Buddhism in Israel », in Martin Baumann, Charles Prebish, (eds.) Westward Dharma : Buddhism Beyond Asia, Berkeley, Los Angeles, University of California Press (sous presse).
17 Pour la version française : R. Kamenetz, Le juif dans le lotus : des rabbins chez les lamas, Paris, Calmann-Lévy, 1997.
18 N. Katz, « Contacts Between Jewish and Indo-Tibetan Civilizations Through the Ages : Some Explorations », The Tibet Journal, vol. 16, no. 4, 1991, p. 90-109; et « From Legend to History : India and Israel in the Ancient World », SHOFAR, vol. 17, no. 3, 1999, p. 8-22.
19 Idée que l’on retrouve dans nombre de réflexions actuelles sur le bouddhisme en Occident et qui a été vigoureusement défendue par S.-C. Kolm, Le bonheur-liberté, bouddhisme profond et modernité,  Paris, PUF, 1982.
20 Traduction de l’auteur, extrait de D. M. Bader, Zen Judaism. For You, a Little Enlightenment, New York, Harmony Books, 2002, p. 12-13.



Les 2 dernières parties apparaîtront peut être comme les plus intéressantes du point de vue doctrinal. Personnellement je ne suis pas d'accord quand à l'absence de preuves évidentes de l'influence du bouddhisme sur le christianisme.

Bonne lecture. :)

J'ai mis en gras les passages que je trouves intéressants.

:jap:


@Ren : tu noteras l'effort de présentation. :lol:

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Message  Invité le Mar 20 Fév - 16:48

Un autre texte (que je me suis permis de critiquer car il y avait matière à, amplement...) :

http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=416

BOUDDHISME ET JUDAÏSME a écrit:
Nombreux sont les juifs qui se tournent vers le Bouddhisme pour atteindre des sommets spirituels. Le Judaïsme leur répond: " Elevez le Monde avec Vous !"(1)

Pendant 17 ans, j'ai pratiqué la méditation, généralement trois fois par jour. Mon but était d'atteindre un état de conscience élevée que les Hindous appellent samadhi : l'expérience de l'Unité Totale sous-jacente à la multiplicité apparente de ce monde.

Sri Ramakrisna, le chef de file de mon ashram (groupe de gourous) avait l'habitude de dire que l'esprit est comme un étang. En raison de ses nombreuses ondulations (formes de pensées), la surface de l'étang ne peut pas réfléchir fidèlement le soleil de la Vérité. Lorsque l'étang, ou l'esprit, est parfaitement immobile - pendant la méditation - le soleil, ou Vérité, peut se refléter alors parfaitement.

Une seule fois pendant les 11 années où j'ai demeuré dans mon ashram, cette retraite spirituelle propre aux hindous, j'ai réellement expérimenté cet état transcendantal. Alors que je conduisais mon groupe de méditation vers un lieu saint, j'ai senti ma conscience s'élever en dehors de mon corps. Laissant derrière moi le monde du temps et de l'espace, je suis entrée dans un état d'Unité Absolue.

Laissant derrière moi le monde du temps et de l'espace, je suis entrée dans un état d'Unité Absolue.

Je n'ai pas eu du tout conscience d'avoir passé une heure dans cet état, ni remarqué que les autres membres de la communauté étaient sortis sur la pointe des pieds afin de commencer les prières du matin. Lorsque finalement, avec beaucoup de difficultés, j'ai enfin réussi à "descendre" et à ouvrir les yeux, il m'a fallu encore 15 minutes pour réorienter mon esprit à ce monde de formes et de mouvements.

Après la cérémonie religieuse, j'ai quitté le sanctuaire et j'étais occupée à plier mon cheddar (châle de prières) lorsque Sœur Baroda s'approcha de moi. Je m'occupais alors de la programmation des journées de travail des membres de la communauté, et elle me demanda si elle pouvait permuter son "jour de cuisine" avec quelqu'un d'autre. Jusqu'alors, je sentais que je descendais sur la terre petit à petit, en douceur, comme en parachute, mais la question de Soeur Baroda me fit l'effet d'un trou énorme dans mon parachute ! J'ai atterri plutôt brusquement ! Je lui ai hurlé dessus d'avoir gâché ainsi mon extase ! En colère, je suis sortie de la chambre, je n'avais aucune envie d'écouter les discussions frivoles et sans intérêts des membres de l'ashram à propos du petit-déjeuner !


LES BHUJUIFS:

Un nombre assez important de juifs adhèrent actuellement au bouddhisme. Rodger Kamenetz, l'auteur de "Le Juif dans le Lotus" déclare: "Un tiers des leaders du Bouddhisme occidental ont des racines juives". La moitié des participants de la retraite de méditation Vipassana, à coté de Dharamsala en Inde, sont israéliens. Selon une certaine estimation, 3 sur 4 visiteurs occidentaux du centre spirituel du Bouddhisme tibétain et de la résidence du Dalai Lama sont juifs ! La plupart des affiches dans les rues de Dharamsala portent des caractères hébraïques !

Le Jérusalem Report a récemment porté à la une de son journal l'expérience de trois juifs qui ont vécu des années au Dharamsala.

Vénérable Tenzin Josh, autrefois Stevens Gluck de Londres. Ruth Sonam, autrefois Ruth Berliner d'Irlande du Nord. Itamar Sofer, un israélien qui a fui la tension de son service militaire à Gaza pour trouver la paix dans les Himalayas.

Les Quatre Nobles Vérités sur lesquelles est basé le Bouddhisme sont:

Le monde est souffrance. La cause de la souffrance est le désir. La cessation de la souffrance est la cessation du désir. La cessation du désir est réalisée en pratiquant le Noble Chemin aux Huit Tournants: le discours juste, l'action juste, le gagne-pain juste etc.(3)

Le but du Bouddhisme est d'échapper à la roue de la naissance et de la mort. Puisque le suicide mène seulement à la réincarnation, la seule voie pertinente d'échapper à ce monde est d'atteindre le nirvana, un état transcendantal de conscience qui tient lieu de porte de sortie de la roue naissance-mort.

Tenzin Josh explique comment il est passé d'un style de vie punk à Londres à être un moine bouddhiste : "Aussi bien un punk nihiliste qu'un moine bouddhiste ne distingue pas l'essentiel de la vie et cherche simplement une voie en dehors d'elle."

L'israélien Itamar Sofer explique de la même manière son voyage en Inde après l'armée. "Quel espoir te reste-t-il lorsque toute ta vie est un combat incessant pour ta survie personnelle et nationale?"


RELIGIONS DU CIEL, RELIGION DE LA TERRE:

Au contraire, le judaïsme est une voie d'engagement total par rapport au monde.(4)

Les 613 commandements de la Thora servent de "mode d'emploi" pour savoir comment utiliser chaque partie de notre corps et chaque élément du monde physique en vue d'une action sacrée. Même un commandement "émotif' ou "mental" tel que "Aime ton prochain comme toi-même" a des conditions spécifiques physiques, à savoir: s'inquiéter du bien-être physique de son voisin, l'honorer, parler du bien de lui etc...(5)

Le Talmud, vaste compilation des 63 traités de la Loi Orale, approfondit dans les moindres détails de manière à inclure le moindre objet physique imaginable. Ainsi, à propos de la question: quel est l'ustensile considéré comme étant cacher pour l'ablution des mains le matin ? Chaque ustensile en terre, en bois, fait de peau d'animal, cassé ou ébréché etc..., est envisagé par le Talmud, à la lumière de l'étude de la Thora. Rien n'est trop "terrestre" ou ordinaire pour que l'on ne s'intéresse pas à lui afin d'examiner s'il est propre ou impropre à un acte saint.(6)

Suivant la Kabbala, chaque objet physique recèle des étincelles de sainteté. L'utilisation d'un objet dans la manière prescrite par la Thora permet à ces étincelles d'être libérées et de remonter ainsi vers le Créateur. Le rôle du juif dans ce monde est d'élever la création entière.

Plus l'objet ou l'activité est bas, plus hautes les étincelles peuvent s'élever.(7) Ainsi, après avoir utilisé les w.c. le juif est obligé de réciter la bénédiction "Acher Yatsar" qui comprend ces mots "...il est révélé et connu devant Ton Trône de Gloire...". Les sages font remarquer que la sanctification de la plus basse des actions fournit en fait la force potentielle de s'élever jusqu'au Trône Divin.(8) A la lumière de ceci, nous pouvons comprendre cette curieuse déclaration du Gaon de Vilna, un grand sage du 18 ème siècle: "Le judaïsme est comme la terre, les autres religions sont comme le ciel."

Le but des autres religions est de transcender ce monde. Le but du judaïsme est d'élever ce monde, et, ce faisant, se perfectionner soi-même.(9)

Nul part ailleurs que dans leur approche de la sexualité, la dichotomie entre le judaïsme et les autres religions n'est autant prononcée. Le Bouddhisme, l'Hindouisme et le Janaïsme (autre religion de l'Inde) ont proclamé le célibat comme étant la voie la plus élevée parce que se livrer au sexe signifie s'abandonner à son moi le plus bas. Tous les sérieux Bhujuifs vivant au Dharamsala ont renoncé à une vie sexuelle.

Par contre, la Thora a examiné le phénomène de la sexualité; elle l'a étudiée pour la régulariser, l'interdire dans certaines relations, et l'a finalement sanctifiée par le mariage comme étant la voie la plus puissante et la plus apte à s'unir à D.ieu dans ce monde. La discipline est une composante essentielle d'une sexualité sanctifiée. Les relations incestueuses, entre autres, sont prohibées et les couples mariés adhérent aux lois de pureté familiale, quand l'abstention est requise durant le cycle menstruel de la femme.

La Thora a ordonné à l'homme de satisfaire sexuellement sa femme (bien au delà du commandement de procréer). Selon la tradition orale, l'union de l'homme et de la femme est ce qui se rapproche le plus de l'union de D.ieu dans ce monde. C'est le "Saint des Saints".

Il est à noter que la religion tantrique (tant hindoue que bouddhiste) utilise l'énergie de l'union sexuelle comme instrument spirituel; mais la sexualité tantrique n'est pas censée être pratiquée avec sa propre femme; il est même préférable que ce soit avec quelqu'un d'étranger. Pour le judaïsme, ce genre de relation est frappé d'anathème; l'union la plus haute doit inclure chaque aspect du couple: aussi bien émotionnel, mental, spirituel que physique. C'est pourquoi le judaïsme interdit le mariage si l'un ou l'autre des deux conjoints fantasme à propos d'une tierce personne. La chéhina - la présence de D.ieu - ne peut s'établir que lorsque le mari et la femme forment une unité parfaite, à tous les niveaux.


BUTS ET SIGNIFICATIONS:

Une autre différence d'importance entre le bouddhisme et le judaïsme est que le bouddhisme se présente comme étant une religion non théiste (ne croyant pas à l'existence de D.ieu). Bien que, plus tard, le bouddhisme mayabana a fait virtuellement de Bouddha un dieu, le bouddha Gautama (qui a vécu au 5ème siècle avant J.C.) n'a jamais fait mention de D.ieu. Ainsi, l'existence de D.ieu et même l'existence d'une âme éternelle ont de tout temps été reniées et hors de propos dans la religion bouddhiste.

Le judaïsme, au contraire, est totalement centré sur D.ieu. D.ieu est non seulement la source de toute existence mais aussi la source de la Thora - système complexe du comportement idéal pour toute l'humanité. Toute sagesse découle de la Thora de D.ieu, "mode d'emploi" pour la vie !

De plus, D.ieu est non seulement le créateur de l'univers mais II le maintient à chaque instant, en supervisant notre participation à celui-ci. Vivre en ayant conscience de l'Unité de D.ieu, de l'amour de D.ieu et de la crainte de D.ieu sont les trois commandements de base que l'on doit suivre de façon constante.

Selon le Bouddhisme et l'Hindouisme, ce monde-ci est en définitif sans but aucun. L'Hindouisme, qui pose vraiment le principe du Créateur divin, décrit la direction divine de ce monde comme cela: un "sport espiègle" sans plus de but ni de signification qu'un jeu de balle. Selon le Rabbin Aryeh Kaplan, la base du Judaïsme (et la base de toute vraie religion) est la prise de conscience que l'existence a un sens et que chaque homme a un but dans la vie. Aussi bien l'homme que la nature ont une signification car tous deux ont été créés par un Etre Réfléchi, constant. (Manuel de la pensée juive 1:1 et 1:2 ). C'est l'intuition profonde de cette vérité qui fait des juifs "des sortes de drogués", toujours en manque de cette vérité, ils sont toujours à la recherche du sens de la vie et des évènements, incapables de rester comme un spectateur passif devant le déroulement de la vie.(10) Ironiquement, c'est cette recherche du sens de la vie qui entraîne beaucoup de juifs vert l'Orient. Là, ils se raccrochent à un but : atteindre l'éclaircissement.

Cependant, le judaïsme affirme que le but de la vie n'est pas seulement la conscience spirituelle, mais une action essentiellement épurée, raffinée. De fait, ce but ne peut pas être atteint par la seule méditation mais grâce aux mitsvot: actions minutieusement prescrites, consacrées. Bien sûr, la conscience spirituelle - ce que le judaïsme appelle Kavana - doit fournir le fond de ces actions. Une mitsva accomplie sans la conscience que l'on fait la volonté de D.ieu (afin de s'unir à D.ieu) ne réalise pas tout son potentiel. D'autre part, la conscience exaltée qui ne s'exprime pas dans des actes concrets est sans valeur. Le but de la méditation, dans laquelle les Bhujuifs passent de longues heures, est de clairement percevoir la vérité suprême, dans l'univers et dans leur propre vie. Malheureusement, on peut être expert en méditation et commettre un adultère, se mettre en colère et être rempli d'orgueil.(11) J'ai connu de grands maîtres de la méditation qui ont succombés aux trois ! La conscience spirituelle, dans, et par l'homme, ne mène pas à l'action adéquate
.


LA MISSION HUMAINE:

Les Sages du mouvement du Moussar (une technique de croissance spirituelle développée par Rabbi Israël Salenter au 18ème siècle) explique de cette manière la mission humaine:

L'être humain est composé d'une âme et d'un corps. L'âme est toujours parfaite, nous n'avons pas à travailler sur elle. Par contre, nous sommes dans ce monde afin de perfectionner notre corps ( ainsi que nos émotions et nos traits de caractères). Le corps ressemble à un enfant qui nous a été confié. Nous sommes obligés de le nourrir, de le baigner, de lui faire prendre le repos nécessaire. Nous sommes obligés de discipliner notre corps, de l'engager dans des actes de bonté, de l'empêcher de faire du mal, à lui -même et aux autres. Les commandements de la Thora sont physiques parce que leur but est de former le corps. Le but du judaïsme est non seulement d'avoir un esprit éclairé mais aussi un corps sanctifié.(12)

Ainsi, bien que la méditation ait été pratiquée par les anciens prophètes et continue à être pratiquée au sein du hassidisme moderne, les envolées de la conscience ne peuvent être que secondaires au judaïsme.

Le travail spirituel du juif est d'apprendre à son visage à sourire à un voisin désagréable, d'apprendre à sa main à mettre une pièce de monnaie dans la paume d'un mendiant désagréable, de retenir sa langue à ne pas dire de paroles négatives, d'alimenter son estomac seulement avec des produits alimentaires permis, d'obliger son esprit à juger les autres toujours favorablement, apprendre à son cœur à aimer D.ieu, à aider son prochain, particulièrement si on ne l'aime pas et à contrôler sa bouche au moment de la colère.(13) La contemplation béate de l'Unité Divine n'appartient pas à ce monde-ci mais au monde futur. Le but de ce monde est de se mettre en défi et de s'accomplir. Bien que les juifs - et particulièrement les israéliens - ont souvent le désir de s'échapper vers un endroit paisible, notre but dans ce monde est mieux servi lorsque nous nous trouvons dans des situations éprouvantes qui exigent énormément de nous.

Le but de ce monde est de se mettre en défi et de s'accomplir.

Dans le Jérusalem Report, Tenzin Josh (Steven Gluck) définit ainsi la différence entre le judaïsme et le bouddhisme: " Le bouddhisme maintient que la vie est douleur, mais les enseignements de Bouddha nous apprennent à y échapper. Le judaïsme essaie simplement de s'adapter".

C'est faux.

Le judaïsme ne se résigne pas à un monde d'obscurité. Le judaïsme déclare justement qu'il faut combattre, faire face à son mauvais penchant pour le neutraliser. Il faut extirper la bassesse, de ce monde-ci et de nous-mêmes.(14)

C'est vrai, c'est dur pour un moine de ne pas toucher à l'argent et de vivre sans les conforts de ce monde. Mais il est plus difficile encore de peiner pour gagner sa vie et de donner ensuite 10% de son salaire pour un acte de charité (maasser), surtout lorsque vous pensez que vous avez besoin de chaque franc pour faire réparer votre machine à laver !(15)

C'est vrai, il est difficile de vivre dans le silence et la solitude des monastères, mais il est encore plus difficile de rester concentrer sur D.ieu et sur ses idéaux les plus hauts au milieu de l'agitation quotidienne et les distractions de la vie familiale.

Ce monde est une place de défi, et d'accomplissement. Plus grand est le défi, plus grand sera l'accomplissement.


LES CHEERIOS ET L'ECLAIRCISSEMENT:

Ces six derniers mois, j'ai pris sur moi de travailler à surmonter ma colère, que le Talmud compare au péché d'idolâtrie, car la colère est le résultat de l'idolâtrie de sa propre volonté. Pendant 15 ans, j'ai vécu dans un ashram; pendant 16 ans, j'ai pratiqué le végétarisme et le yoga; pendant 17 ans, je me suis engagée dans la méditation; je n'ai jamais réussi à contrôler mon caractère instable.

Les jeunes enfants fournissent un environnement idéal pour celui qui veut surmonter sa colère !

Ils sont irrationnels, contrariants, exigeants, spécialistes pour réveiller leur mère au beau milieu de la nuit ou pour mettre du désordre et salir le plancher de la cuisine, généralement juste après que leur mère vient de finir de tout ranger et de tout laver, et qu'elle se trouve au point le plus bas de son cycle de biorythme.

Je remercie D.ieu chaque jour pour mes enfants bien-aimés - bien que je leur crie dessus aussi, trop souvent...

Maintenant, je participe à un groupe de Moussar grâce auquel je travaille sur moi afin de surmonter ma tendance invétérée à sermonner n'importe qui arrive à m'acculer dans un coin.

Mardi matin dernier, mon mari, un arrangeur musical, avait une importante séance d'enregistrement. Essayant de me modeler sur "la femme idéale", je lui ai proposé de lui préparer des carottes et du humous pour son déjeuner. Reconnaissant, il a accepté ma proposition, mais connaissant mes habituels retards, il m'a averti qu'il devait partir de la maison à 8h30 exactement. "Pas de problème." l'ai-je rassuré. Mon fils de 6 ans doit sortir à 8h20 pour arriver à l'heure à l'école. Dix minutes seraient suffisantes pour préparer des bâtons de carottes et transvaser le humous dans une boite plus petite. C'était gagné d'avance l

A 8h19 mon fils a eu la bonne idée de renverser la boite de Cheerios (céréales que l'on mange au petit déjeuner, en forme de petites roues) qui se trouvait sur le bord de la table: Ma bouche s'est ouverte sous le coup de l'horreur: la vision de dizaines de petites roues croquantes couvrant le plancher de la cuisine !

Dans ma tête se sont allumés une douzaine de rayons x rouges qui hurlaient: Opération Clandestine ! Le désordre, le gaspillage, l'argent ( les Cheerios sont importés d'Amérique). Le temps. Mon auto-portrait de la femme idéale.

Je ne pouvais pas arriver jusqu'au réfrigérateur sans pulvériser sous mes pieds un tapis de Cheerios. Si je prenais le temps de tout nettoyer maintenant, je me serais mise en retard pour préparer le déjeuner de mon mari. Ma première réaction était que je hurle à mon fils de tout nettoyer maintenant même si pour cela il devait arriver en retard à l'école. Ma seconde réaction était de crier après mon mari à cause de sa damnée exactitude qui me mettait sous une telle pression.

Je n'ai pas hurlé. Je ne me suis pas mise en colère. D'un ton calme, j'ai envoyé mon fils à l'école. Alors, précautionneusement, j'ai pris le balai et j'ai poussé sur le côté tous les Cheerios. J'ai pu ainsi arriver sans encombre au frigidaire; j'ai sorti les carottes, je les ai épluchées et couper le plus rapidement possible. J'ai pris toute la boite de humous ( "Ce ne sera pas en trop" me suis-je dit) et j'ai tout mis dans un grand sac ! Avec un immense sourire, j'ai remis à mon mari son déjeuner à 8h33 exactement !

J'ai senti une vague d'enthousiasme passer sur moi. J'avais réussi ! Pour cette fois au moins, j'étais arriver à dominer ma colère !

C'était un accomplissement plus grand que le samadhi.

L'auteur:

Sarah LEVINSKY RIGLER a terminé ses études à l'université Brandeis avec les félicitations du jury. Pendant 15 ans, elle a appris et pratiqué la philosophie de védanta(2) et la méditation. Elle est l'auteur de "Un Pont de Rêves". Elle réside actuellement dans la vieille ville à Jérusalem avec son mari et ses deux enfants.

Commentaires personnels - notes:

(1)La courant Mahayana du bouddhisme, est précisément appelé « Grand Véhicule »,  ou « Véhicule des Bouddhisattvas », car le pratiquant du Grand Véhicule alimente sa démarche de transcendance spirituelle justement par la volonté de libérer tous les êtres de la souffrances. C'est la prise de conscience aiguë de la souffrance des autres qui, comme pour le Bouddha, motive le pratiquant du Grand Véhicule à atteindre l'illumination afin d'être en mesure de libérer tous les êtres. Peut être que l'auteur n'a pratiqué que dans le courant du Théravada ou « Petit Véhicule ». Pour un pratiquant du Grand Véhicule « Élever le Monde avec soi » c'est enfoncé une porte ouverte.

(2)Le védanta n'est pas une école bouddhique :
Le Vedānta est issu de l'hindouisme ancien qui se consacre à la relation de l'humain à Dieu et la réalisation de la réalité ultime : le moksha. Il a été commenté par de nombreux sages (rishi) au cours des siècles.
(3)Pour le moins caricatural et... incomplet.

Même si l'auteur raconte des choses très intéressantes en matière d'expériences de vie, il est regrettable qu'il mélange allègrement hindouisme et bouddhisme et en tire donc des analyse disons... caricaturale, incomplètes.

(4) Voie que partageait entièrement le Bouddha, pour peu qu'on se renseigne un peu sur sa vie après sont Illumination.
(5) Non soi et interdépendance de tous les phénomènes (principes bouddhiques).

(6) Le Dharma du Bouddha peut se trouver partout si on regarde assez profondément. En soi, dans un pierre, un arbre, un ami, un nuage, un repas, un bouse de vache...

(7) Maître Taisen Deshimaru aurait dit "Gros ego ? Grand Satori !" (sous entendu plus le "moi" est fort, plus son dépassement sera grand.

(8) On peut même pratiquer la médiation en pleine conscience en déféquant (s'amuse Thich Nhat Hanh !)

(9) Il est sûre que pratiquer le Noble Octuple Sentier n'est en rien un effort de perfectionnement personnel... :roll:

(10) Tout comme Siddharta Gautama refusa de rester passif face à la question de la souffrance humaine.

(11) Sans doute mais on est alors un bon technicien rien de plus. Le Dharma Bouddhique c'est une conduite éthique (le Noble Sentier Octuple) et des pratiques de méditation. L'une ne va pas sans les autres. Si la parole et l'acte ne sont pas juste la pensée et les perceptions ne peuvent l'être et inversement.

(12) Certaines notions sont en parfait accord avec le bouddhisme.

(13) La conduite éthique bouddhique est plus ou moins identique.

(14) Même son de cloche du coté bouddhiste.

(15) Quelques mois dans un ermitage dans la jungle d'Asie du Sud-Est ou dans des montagnes tibétaines avec des conditions de confort et d'accès aux soins ou d'alimentation des plus réduites devrait pouvoir faire évoluer ce point de vue. :lol:

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Message  Horapollon le Mar 20 Fév - 21:05

Le mouvement Jewbu c'est surtout un mouvement très syncrétiste de tout le mouvement new age orientale que s'approprie une partie des juifs.
Il ne faut pas s'attendre à voir présenter une tradition bouddhiste bien déterminée et présentée critiquement. Cela peut autant désigner un hare krishna, une nonne bouddhiste d'origine juive qu'une bobo qui fait du reiki en buvant du jus detox.

D'ailleurs on le voit, cet article vient d'un site religieux orthodoxe dont le seul et unique but est d'essayer de convaincre les gens que la communauté juive peut dorénavant subvenir aux besoins d’espérance, d'ouverture et de développement personnel (voir thérapie spirituelle) de ses membres, besoins auxquelles elle n'a pas su répondre efficacement depuis la fin de la Shoah. On se base plus sur les représentations qu'on les occidentaux des religions orientales en leur disant que ce n'est pas bien afin de les ramener sur le droit chemin, faire une étude comparée et critique n'intéresse au final pas du tout la propagande religieuse juive.

Amicalement
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Message  gad le Mer 21 Fév - 18:23

Enfin un forum où j' apprends énormément, où les intervenants ne se contentent pas de donner leur opinion qu'ils considèrent bien sûr comme vraie. Merci, et bonne continuation.
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Message  Invité le Mer 21 Fév - 22:47

@Gad : excusez moi de poser la question mais votre remarque est ironique ? (J'ai parfois du mal à repérer l'ironie chez les gens, c'est encore plus difficile si l'on a pas l'interlocuteur en face de soi).


Personnellement j'ignorais totalement l'existence de ces "jewbus" jusque là ! Je découvre. Cela me paraît d'ailleurs assez incompatible. On peut peut-être faire coexister en soi pendant un moment les pratiques et croyances juives/musulmanes/chrétiennes mais a partir d'un certain point ou l'on étudie le fond il faut faire un choix. Ou laisser tomber les 2 vues (Théïste et non-théïste) pour une absence totale d'opinion spirituelle ou pour une 3ème voie dans aucun rapport.

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Message  gad le Jeu 22 Fév - 9:57

Aucune ironie dans mes compliments! :)

Par contre, en ce qui concerne l'orthographe, bonjour les dégâts! :pff:
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Message  Invité le Jeu 22 Fév - 10:12

Je ne "vois" pas les fautes quand j'écris même après plusieurs relectures j'en laisse passer (mon fils aussi mais lui et suivi actuellement). Pour moi le français n'est pas logique et il est exagérément et gratuitement compliqué (et c'était délibéré d'ailleurs à l'époque de Charlemagne, j'ai appris cela il y a quelques années, les clercs ont fait exprès de créer des règles compliquées pour continuer à être indispensables auprès du pouvoir une fois que toute la population saurait lire et écrire comme le souhaitait l'empereur). . J'écrivais encore plus mal autrefois. Dysorthographie sans doute, jamais vraiment traitée quand j'étais jeune. Donc cela laisse des traces.

En tout cas merci pour la précision. Du fait de la tournure un peu "particulière"
de mon cerveau les rapports sociaux sont un peu compliqués pour moi.

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Message  gad le Jeu 22 Fév - 10:19

Madhya, merci de votre honnêteté et de vos confidences, dorénavant je ne vous ferai plus de remarque ..... hormis pour " hors" au lieu de "or" :)
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Message  Invité le Jeu 22 Fév - 10:22

@gad : faites faites, cela ne me dérange pas, je me le suis entendu dire tellement souvent par le passé que maintenant j'assume, cela ne me touche plus, j'essais de corriger mais je n'y arrive pas toujours.

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Message  gad le Jeu 22 Fév - 10:29

Non, non, hormis pour " hors" au lieu de "or". J'en ai vu sur d'autres fora qui font des fautes bien plus horribles que les vôtres.
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Message  mister be le Ven 23 Fév - 9:52

Je vous recommande le témoignage d'Arouna Lipzhitz dans son Livre "L'Un n'empêche pas l'autre"
Cette jeune juive espérant trouver plus de spiritualité dans le bouddhisme ou l'hindouisme???pardon pour mon ignorance et dont son chemin initiatique a renforcé ses racines hébraïques

http://www.souffledor.fr/boutique/produits_l-un-n-empeche-pas-l-autre-arouna-lipschitz__2452.html
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Message  Invité le Ven 23 Fév - 10:08

Certaines techniques de méditation peuvent enrichir et renforcer des pratiques chrétiennes par exemple, cela c'est déjà vu, j'ai posté il y a quelques temps une vidéo ou une moine chrétien catholique expliquait dans une émission bouddhiste comment la méditation zen avait enrichi et renouvelé sa pratique de la prière.


Mais là on ne se place qu'au niveau des méthodes de méditation, des modes d'emploi. Certes cela apporte des bienfaits au corps et à l'esprit, mais il ne faut pas limiter la pratique bouddhique uniquement à des méthodes de méditation. il y a quand même un arrière plan "doctrinal" qui est très proche des monothéïsmes au niveau de l'éthique inter-humaine mais qui diverge sensiblement quand on touche aux questions théologiques, il y a des incompatibilités incontournables.


Donc oui, des pratiquants de religions monothéistes peuvent enrichir leur propre pratique avec des méthodes bouddhique (et les bouddhistes peuvent aussi s'enrichir de leur contact avec les monothéïstes - pourquoi suis je ici d'après vous ? :lol: )mais un croyant en Dieu , si il persévère dans sa connaissance du bouddhisme et sa pratique du bouddhisme, notamment en étudiant les textes et principes philosophiques, arrivera tôt ou tard à un moment ou il devra faire un choix et rester pleinement dans l'une ou l'autre tradition et donc rejeter certains principes philosophiques de l'une au profit de l'autre.


Pour avoir lu certains textes anciens considérés comme canoniques au sein du bouddhisme il y a des concepts bouddhiques qui sont clairement incompatibles avec les fois monothéistes.


De plus, et il est toujours très important de le rappeler, un bouddhiste et un croyant en Dieu ne visent tout simplement pas le même but. Il est donc normal qu'a un moment il faille choisir entre 2 objectifs assez différents. Même si l'école de la Terre Pure (bouddhisme dévot dédié au Bouddha transcendantal Amitabha peut faire beaucoup penser aux religions monothéïste mais pas entièrement).

:jap:

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Message  mister be le Ven 23 Fév - 10:27

J'en suis bien conscient c'est ce que nous démontre le témoignage d'Arouna et ce choix elle a dû le faire!
Ce qui m'intéresse n'est pas le prosylétisme mais comment un pratique philosophique peut enrichir une religion qui s'oppose à toutes les philosophies
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Message  Invité le Ven 23 Fév - 10:48

Mister be a écrit:Ce qui m'intéresse n'est pas le prosylétisme mais comment un pratique philosophique peut enrichir une religion qui s'oppose à toutes les philosophies


Ça tombe bien le prosélytisme ne m'intéresse pas non plus (comme je le dis souvent, je n'ai rien à "vendre" si ce n'est à parler de mon vécu et de mes connaissances à l'occasion quand les circonstances s'y prêtent selon moi). Activement j'entends.


Il y a une religion qui s'oppose à toutes les philosophies ?

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Message  mister be le Ven 23 Fév - 11:36

Oui le Judaïsme est contre toutes philosophies et Hannoukkah nous le rappelle chaque année

http://www.akadem.org/sommaire/cours/levinas-judaisme-et-philosophie/
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Message  Invité le Ven 23 Fév - 11:55

Ah. Intéressant. C'est vraiment le discours de toutes les formes de judaïsme :?: Remarquez la pratique bouddhique déconseille certaines spéculations :refl: (plutôt théologiques en fait mais pas que) car elles n'apportent rien à l'objectif fixé propre au bouddhisme :no: , mais c'est une "incitation a ne pas" non un interdit formel et dogmatique. :jap:


J'avais en terminal dans le lycée catholique ou j'ai fait ma scolarité secondaire un professeur de philosophie qui avait aussi la casquette de professeur de catéchèse. Il distinguait nettement évidemment les 2 cours. Il était catholique pratiquant.A l'époque il avait des fonctions dans l'Eglise catholique française, des années après je l'avais même vu comme invité sur LCI. Nous avions été visité Rome, le tombeau de St Pierre, avions même assisté à une audience papale. Un voyage assez épique. Des soeurs nous avaient accueilli a Rome. Un voyage assez épique dans mon souvenir. :pff:
Je ne me souviens plus de son nom, faudrait que je le recherche... curieux de savoir ce qu'il est devenu.


D'un coté il disait que (de son point de vue), la philosophie n'avait pas grand chose (voir rien) à dire sur Dieu. :no:


De l'autre pour lui la philosophie c'était : apprendre à vivre, et vivre apprendre à mourir, donc que la philosophie c'était au fond apprendre à mourir. il ne jurais que par Socrate, Platon (et Nietzeche aussi il me semble). Nous avions surtout étudié la Caverne de Platon et l'Apologie de Socrate.

Ce que est amusant je trouve c'est que pour Mr Lenoir la théologie ne dit pas grand chose sur Dieu mais beaucoup sur les hommes. :lol:


Avec le recule je trouve que la définition de mon professeur de philosophie (pourtant occidentale) se rapprochait assez de certaines conceptions bouddhiques. D'ailleurs des auteurs récents ont écrit des livres comparant Socrate, Jésus et Bouddha il me semble.
(Socrate, Jésus, Bouddha. Trois maîtres de vie de Frédéric Lenoir - que je n'ai pas lu je précise)

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Message  Horapollon le Ven 23 Fév - 12:32

C'est surtout une tentative de limiter l'assimilation des juifs de l'époque à la culture grecque dominante. Les rabbins ne vont pas dire "sortez des écoles rabbiniques et aller apprendre les traditions des païens" alors qu'ils sont les maîtres en terre sainte. ^^

Mais dans les faits, ce n'est pas le cas. Maimonides est la grande référence actuellement dans le monde orthodoxe et c'est un aristotélicien notoire. Le Zohar est du néo-platonisme judaïsant, etc, etc...

On s'oppose toujours à la philosophie pas en tant que telle mais en tant qu'archétype qu'en à le judaïsme. Après il existe des oppositions plus moderne comme par exemple dans l'ouvrage du Ramhal "le philosophe et le cabbaliste" mais cela date du 18eme.

Sinon pour un lien entre judaïsme et bouddhisme, c'est plus vers la bibliothèque de Dunhuang et aux communautés associées qu'il faut à mon avis se tourner.
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Message  mister be le Sam 24 Fév - 19:27

C'est toujours le cas!
L'assimilation est la disparition du Judaïsme...si le Judaïsme perdure c'est grâce à la mise à l'écart du Monde...
j'ai envie de vous mettre cette vidéo...un peu longue mais écoutez à partir de la 7è minute sans pour autant tout écouter...c'est tellement édifiant pour moi



Voilà concernant le judaïsme et ensuite on entrera dans le guilgoul neshamot si ça vous intéresse...

J'avais posté une référence d'un livre qui en parle mais apparemment le message a été supprimé....

"L'Un n'empêche pas l'Autre" d'Arouna Lipschitz


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Message  Coemgen le Jeu 1 Mar - 1:02

Bonjour,

L'importante différence entre le bouddhisme et les religions monothéistes issues de la foi d'Israël, c'est le principe créateur (la présence du Très Haut, un être conscient).
Cordialement
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Message  Invité le Jeu 1 Mar - 7:55

Coemgen a écrit:Bonjour,

L'importante différence entre le bouddhisme et les religions monothéistes issues de la foi d'Israël, c'est le principe créateur (la présence du Très Haut, un être conscient).
Cordialement

Oui... et non.

Oui dans le sens ou tout phénomène a nécessairement des causes multiples pour le bouddhisme donc il ne peut pas y avoir une cause unique à tous les phénomènes (l'univers étant considéré comme un phénomène).


Oui aussi dans le sens ou le bouddhisme ne se soucie pas de questions comme le "Commencement" ou la "Fin" des temps et penche vers l'idée que les impressions de création et de destruction, de naissance et de mort, sont illusoires. En cela il se rapproche du principe de Lavoisier : rien ne se perd rien ne se créé tout se transforme.


Non dans le sens ou le bouddhisme intègre parfaitement l'existence d'êtres (au pluriel) d'une nature différente de la nôtre, qui nous nous qualifions de "dieux" et qui sur certains points (longévité, puissance, savoir) dépassent de très loin nos propres aptitudes. A l'exception de l'école de la Terre Pure (qui ne vise pas nibbana mais l'accès à la Terre Pure d'Amitabha ou il sera possible là d'atteindre nibbana dans un environnement idéal) le bouddhisme est une pratique de la "transcendance" par le pratiquant lui même et non par le passage obligé via une divinité (aussi puissante soit-elle).


Le bouddhisme n'est pas athée mais non-théïste.


Je dirais donc, à la lumière de ce que j'ai lu et appris et compris et médité que pour le bouddhisme celui que les monothéïstes appellent "Dieu" peut parfaitement exister mais il n'a pas la même place dans la pratique et les principes bouddhiques que pour les monothéïstes. Les sutras bouddhiques mentionnent de temps à autre le Brahma des hindoues (qui est ce qui se rapproche le plus je pense du Dieu des monothéïstes), sans être tout à fait semblable. Je lis que le Brahmane fondamental n'est pas mentionné dans les Vedas hindoues mais apparaît dans les Brahmanas qui sont des textes annexes aux Vedas, ces Brahmanas auraient été composés entre le Xème et le VIIème siècle.

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Message  Coemgen le Jeu 1 Mar - 12:34

Bonjour,
Merci pour ces petites précisions, j'en avais déjà entendu parler. C’était un point important à mentionner.
Ceci reflète bien la négation et un désintérêt concernant la source créatrice dont par les prophètes et le messie au sein du monothéiste. Bonne journée.
Coemgen
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Bouddhisme et judaïsme Empty Re: Bouddhisme et judaïsme

Message  Invité le Jeu 1 Mar - 13:01

Sachant que ce n'est pas une "négation" "militante", c'est plus l'expression d'un impossibilité ontologique consécutive liée à la façon dont le bouddhisme décrit la réalité (non-soi/vacuité, interdépendance, impermanence, co-production, conditionnalité) vous ne voyez pas des moines affirmer haut et fort ce point spécifique. En général ils ne s'expriment sur ce sujet que si on le leur demande et en général avec prudence et retenue. La théologie n'est pas un sujet d'étude pour un pratiquant du bouddhisme en principe. Un pratiquant correct n'est pas là pour détourner de leurs croyances les pratiquants d'autres traditions.
:jap:

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Message  Coemgen le Jeu 1 Mar - 13:31

Tout à fait, cette négation n'est pas militante, emprunte pacifiste de cette philosophie.
Mais il fallait mentionner ce point pour les lecteurs, la communication avec la certitude d'un Etre créateur source (Père) donne un sens à notre existence et à la vie assez différent.
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Message  Invité le Jeu 1 Mar - 13:38

Coemgen a écrit:Tout à fait, cette négation n'est pas militante, emprunte pacifiste de cette philosophie.
Mais il fallait mentionner ce point pour les lecteurs, la communication avec la certitude d'un Etre créateur source (Père) donne un sens à notre existence et à la vie assez différent.


J'ai explicité maintes fois ce point ici au fil des topic depuis que je suis là. :jap:

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Message  Coemgen le Jeu 1 Mar - 13:56

Et mon intervention nous a permis d'avoir plus de détails sur ce point essentiel : )
Oui et non. Bonne journée.

ps : je n'ai pas dit que c'était moi qui avait commencé à en parler.
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