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Correctif pour Jeby : bouddhisme, monisme, atman, anatman

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Message  Invité le Ven 16 Fév - 8:12

Jeby a écrit:Je vais résumer brièvement les différentes positions : pour Madhyamaka, évidemment, on reste dans le monisme spiritualiste/idéaliste (la conscience universelle impersonnelle) propre au bouddhisme moderne. La deuxième question, corrélée à la précédente, est : et l'Atman dans tout ça ?


Un auteur dont j'ai cité l'ouvrage (livre issu du CNRS) du nom de Kamaleswar Bhatacharya, a montré en citant les écritures bouddhiques que le Bouddha ne niait pas l'Atman de l'hindouisme. Une des forces de cette ouvrage du CNRS, c'est que l'auteur a puisé directement aux sources dans la langue d'origine, c'est un spécialiste (dont je conseille vivement la lecture aux chercheurs de vérité, un ouvrage très rare).


Le fil étant fermé, je reprends ici :


http://www.histophilo.com/monisme.php#Monisme_Bouddhiste


Philosophie.com a écrit:Le Bouddhisme ne se veut ni moniste, ni dualiste, ni pluraliste.

L'unité n'oblitère pas la multiplicité, la différence n'oblitère pas l'Identité ; toute chose (y compris l'Absolu) a pour caractéristique la vacuité (Śūnyatā), mais chaque phénomène est ainsi, tel qu'il est, c'est-à-dire Tathata, «ainsité, telléité». L'école Madhyamaka enseigne que tout est vide, sans que cette vacuité forme un substrat identique au Brahman hindou. Cependant c'est à la Tathata, ou à un de ses équivalents, comme le Dharmakaya, que les enseignements des sutras du Tathagatagarbha accordent ce rôle identique. Pour ces derniers la vacuité de Substance n'est pas une vacuité d'essence. Cela dit étant donné qu'on peut se permettre de telles transpositions de concepts occidentaux. Cette essence (svabhava) transcendante est dite présente dans l'ensemble des phénomènes et former leur ultime réalité.


Dans le Mahaparinirvana Sutra du Mahayana le Bouddha Shakyamuni affirme avoir enseigné la Vacuité comme expédient salvifique (Upaya) pour déraciner notre conception du soi des objets et spécifiquement du soi des personnes, à l'origine de notre égarement (samsara), mais, dit-il :Quand j'ai enseigné le non-soi, les sots ont enseigné qu'il n'y avait pas de soi. Par cette méprise, ils sont incapables de comprendre le véritable soi. Voyant cela le Tathatagata a toujours recours aux moyens habiles (Upaya), et il leur apprend à éteindre le feu rageant des innombrables distorsions (Kleshas), et leur révèle et leur explicite le tathatgata-dhatu[6], l'élément ou dimension (Dhatu) de Bouddhéité. Sous la boue des passions ils déterrent le diamant de leur indélébile Nature de Bouddha.


Ici, la profusion des synonymes de cette essence n'est pas qu'un expédient poétique mais une façon, du moins pour les écoles du Mahayana, de verbaliser l'ineffable'ultime'dont l'intuition serait principale à notre libération. En ce sens, la croyance en une seule vérité "toute-inclusive" est un monisme (seul existe authentiquement l'Absolu). Par contre, le Bouddhisme hīnayāna maintient un dualisme marqué entre Saṃsāra et Nirvāna, alors que l'école Cittamātra affirme un certain monisme (seul le mental est réel) et que l'école Madhyamaka n'est ni dualiste ni moniste.


Les enseignements du Tathagatagarbha et ceux de la Non-dualité sont les deux principaux points de rapprochement de l'Hindouisme et du Bouddhisme modernes dans leur approche de la Réalité (Dharma).


Comme vous le constatez (y a pas mal de termes techniques compliqués même pour un bouddhistes) et il y a plusieurs écoles et courants et des interprétations variées. Le maître que je suis dit d'ailleurs que les enseignements initiaux du Bouddha sont très simples et qu'au fil du temps des intellectuels les ont compliqués (mais bon c'est un maître zen alors forcément...).


Personnellement comme mon pseudo l'indique, je suis le courant Mahayana tendance Madhyamaka. Le Maître que je suis indique que si l'on s'enferme dans une certaine conception de "la vérité" alors on risque de ne pas la reconnaître quand elle viendra frappé à notre porte car elle ne correspondra pas à l'image que nous nous en sommes faites (il a un petit conte édifiant pour expliquer cela d'ailleurs) .


Donc je ne peux souscrite à l'idée que le bouddhisme soit un monisme. Le monisme est un concept issu de notre mental d'être non encore eveillés. C'est donc une conception dont il faut se méfier. Car si il y a monisme, il y a aussi non-monisme, donc dualité, dualisme, pensée dualiste qui mène à dukkha/souffrance. Le Sutra du Coeur de la Perfection de la Sagesse (un des sutras les plus importants du courant Mahayana, dit très clairement d'aller toujours au-delà, au-delà de toute forme de pensée dualiste, de ne jamais s'arrêter. Et sa Sainteté le Dalaï Lama va dans le sens de cette interprétation dans un commentaire vidéo de ce Sutra.


Si l'on pense en terme dualistes, alors on enrichit le couple désir/répulsion, on s'attache à ce que l'on veut croire, aux conceptions que l'on a sur les choses et les gens, et l'on rejette avec répulsion ce qui n'est pas en accord avec notre vision de choses. Ballotés entre désir et répulsion on ne trouve pas la paix et la cessation de dukkha. Et quand la réalité ne correspond pas à l'image qu'on en a, on souffre.


Un jour, un renonçant rencontra le Bouddha et lui dit :

- Je n'adhère à aucune vue (aucune conception philosophique).

Le Bouddha lui répondit :

- Adhérez vous à la vue/conception de n'adhérer à aucune vue ?

Le renonçant fut troublé.


Concernant atman et anatman, sans rien présager bien-sûre de la prestigieuse référence fournie qui affirme qu'il y a atman dans le bouddhisme.
(Je peux éventuellement vous renvoyer a un autre très grand érudit bouddhiste aujourd'hui défunt qui était moine du Théravada, très versé aussi dans la Mahayana, et qui ne sera pas d'accord je pense avec l'indianiste cité).


Anatman a écrit:Anātman (en sanskrit IAST ; devanāgarī : अनात्मन् ; pali : Anattā ; japonais : 無我, muga) est le concept bouddhique d'impersonnalité, par opposition à la croyance hindoue de l'ātman1,2. D'après la théorie bouddhique, il n'existe aucun soi (ātman) à trouver, pas d'« entité-ego »3, mais une simple agrégation de phénomènes corporels et mentaux conditionnés.


1) Paul Masson-Oursel, Esquisse d'une histoire de la philosophie indienne [archive], p. 92
2) À noter que dans l'école philosophique de l'Advaita Vedānta, le terme sanskrit « Atman » signifie pure conscience d'être[réf. nécessaire], ce qui est très différent du concept d'ego (petit soi ou soi avec un « s » minuscule), d'âme ou d'esprit tel qu'on l'entend en Occident. Ce terme est souvent confondu avec le vocable sanskrit jīvātman.
3) Nyanatiloka, Vocabulaire pali-français des termes bouddhiques, 1995, p. 18
Voir page wiki complète sur la notion d'anatman :

https://fr.wikipedia.org/wiki/An%C4%81tman


Le Bouddha a très clairement réfuté une conception "éternaliste"(rien n'est éternel dans le sens d'immuable) de la réalité (cela rend donc caduc la conception d'atman) mais il a aussi réfuté la conception "nihiliste" de la réalité (ce qui signifie qu'anatman ne signifie pas que rien n'existe, cela signifie que rien n'existe "en soi" et "par soi" - tout existe en interdépendance - la réalité existe en interdépendance constance - c'est d'ailleurs la vacuité qui fait que la réalité existe justement).


Il est aussi très important de ne jamais perdre de vue que le seul objectif du Bouddha est faire cesser la souffrance chez ceux qui le suivent, il n'est pas là pour affirmer des vérité philosophiques et cosmologique pour le plaisir de démontrer qu'il a raison sur la nature de l'univers et de la réalité.


C'est pourquoi on peut avoir l'impression que parfois il dit quelque chose et parfois le contraire. En fait, en fonction des sutras, il s'adresse à des interlocuteurs ayant différents niveaux de compréhension. Un sutra ou il s'adresse à des gens du peuples n’emploiera pas le même niveau de raisonnement et de complexité qu'un sutra ou il s'adresse à ses propres moines qui sont déjà bien avancés dans la pratique et donc comprennent l'arrière plan de non-dit quand il s'expriment, et donc savent comprendre le sens profond derrière le langage apparent. Hier encore dans la séance de pratique collective à laquelle j'ai assisté, la personne en charge de la soirée a lu un sutra qui a troublé un des auditeurs. Alors l'enseignant laïc a expliqué qu'il fallait avoir les outils adéquats pour comprendre certains textes. Si on a pas déjà la "bonne méthode" pour les lire, on risque de comprendre de travers et d'en souffrir. Donc vous avez peut-être des textes du bouddhisme ancien qui donnent l'impression que le Bouddha prêche en faveur de l'existence d'un atman. C'est possible. Mais il ne faut pas s'arrêter là je pense.


Un jour un brahmane ou renonçant vint voir le Bouddha, celui ci était accompagné d'un de ses disciples les plus proches. Le brahmane/renonçant demanda au Bouddha si il y avait un "Soi", le Bouddha garda le silence. Après un moment le brahmane/renonçant dit : si le Bouddha ne dit rien c'est qu'il pense qu'il n'y a pas de "Soi". Le Bouddha garda le silence. Lassé le brahmane/renonçant finit par partir. Alors le disciple proche du Bouddha s'adressa à son maître et lui demanda : Maître, je ne comprends pas, quand nous sommes entre nous, vous nous dites qu'il n'y a pas de "Soi", mais à cet homme vous n'avez rien dit, pourquoi ? Et le Bouddha de répondre : si je lui avait dit qu'il existe un "Soi" il serait tombé dans la vue "éternaliste", si je lui avait dit qu'il n'existe aucun "Soi" il serait tombé dans la vue "nihiliste". Ces 2 vues sont néfastes.


Donc le Bouddha préféra, par compassion, laissé celui qui le questionnait dans un certain "doute" qui laissait les possibilité ouvertes, plutôt que de le conforter dans l'une ou l'autre des deux vues erronées. Le Bouddha avait compris qu'il avait en face de lui quelqu'un qui pensait toujours en terme dualistes. Il ne pouvait pas l'encourager dans cette façon de penser. Alors, pour ne pas causer de torts, il ne dit rien. Il préféra laissé celui qui le questionnait repartir sans réponse précise et continuer à chercher par lui même. C'est cela aussi la compassion du Bouddha : faire le moins de torts possible. Et parfois, la non-action ou non-parole est le moyen le plus "habile" pour ne causer aucun tort.
Bon, j'aimerais autant que faire se peu ne pas trop m'engager plus loin. Cette histoire d'atman/anatman est un sujet très délicat et source de discordes entre monothéismes et bouddhisme. Je ne crois pas utile d'insister, ni utile ni profitable. Je n'ai mentionné tout ceci que pour corrigé ce qui avait été dit et parce que je ne pouvais le faire sur la fil concerné qui était clôt.
Merci. :jap:

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