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Ce que révèle "l’affaire de Jérusalem" de l'évolution des rapports de force dans le monde

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Ce que révèle "l’affaire de Jérusalem" de l'évolution des rapports de force dans le monde

Message  Invité le Sam 23 Déc - 12:34


Ce que révèle "l’affaire de Jérusalem" de l'évolution des rapports de force dans le monde


La Bible, cache sexe de la gestion américaine des affaires du monde.


23/12/2017


Sébastien Boussois Chercheur en sciences politiques associé à l’ULB (Bruxelles) et l’OMAN (Montréal), spécialiste des relations euro-méditerranéennes

Doit-on finir par admettre que la prophétie de Samuel Huntington du "Choc des civilisations" est en train de s'auto-réaliser à la lueur des derniers évènements survenus depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche ? Pas si sûr mais les faits sont de plus en plus troublants. Nous pensions avoir déjà atteint des sommets de culturalisme, avec la politique binaire de Georges W. Bush, basée sur une polarisation du monde entre l'Occident et l'Orient. Avec Trump, nous allons aujourd'hui encore plus loin : crise avec le Mexique, crise avec la Corée, avec l'Iran, proclamation de Jérusalem comme capitale d'Israël et crise avec les pays arabo-musulmans, etc. Nous faisons face à une vision millénariste du monde qui font de ceux qui en veulent aux USA les ennemis de toute l'humanité.


Dans le contexte d'une politique internationale populiste basée sur la peur et la haine de l'Autre, nombre de chercheurs en sciences humaines, luttent depuis des années contre la vision d'un monde en proie au choc des religions et civilisations. Mais force est de constater que l'ennemi est retord, toujours à se nourrir de cette vision d'un monde clairement manichéen: le bien d'un côté, le mal de l'autre. Avec la Bible à la main d'un côté, certains acteurs seraient là pour sauver la planète ; avec le Coran, d'autres pour la détruire. Qu'en est-il exactement?

Une frontière devenue floue entre religion et politique


Il faut dire que les hommes politiques des grandes puissances ont tout fait pour nous conduire depuis le 11 septembre 2001 vers ce que prédisait en effet Samuel Huntington: le fameux "Clash of Civilization", du nom de son ouvrage, cette confrontation violente entre des blocs civilisationnels que tout oppose. Nous avons passé des années à expliquer que tout était politique, que le religieux était un vernis dont on ne voulait voir l'effritement et qui serait finalement emportée avec lui. Rien n'y a fait: le "nouvel ordre mondial", a toujours du mal à se "multipolariser". Malgré l'importance croissante du continent asiatique et des tensions en mer de Chine, des grandes entreprises et organisations transnationales (Google comme Al Qaïda) représentent des acteurs à part entière du système international. Ils défient ou se situent hors de contrôle des Etats. Quelle est la réalité de la menace pour le monde des deux jumèles idéologiques qui s'entretiennent mutuellement: les tensions entre le bloc de la civilisation judéo-christiano-évangélique conduit par les Etats-Unis (peut-être en fin de règne absolu en réalité), et le monde arabo-musulman qui implose de partout ?

Le "réenchantement du monde" depuis les années 1970 s'accélère


Tout cela tombe à point nommé puisque nous sommes dans un contexte mondial de résurgence du facteur religieux depuis la fin des années 1970 : révolution iranienne en 1978; arrivée de la droite nationaliste et religieuse en 1977 en Israël; influence politique de l'Eglise Catholique avec le rôle de Jean Paul II dans la lutte contre le communisme.

La politique américaine a balayé la demi-mesure et a eu tout loisir de se radicaliser et de revenir vers ses fondamentaux de Peuple élu pour sauver le monde. La politique américaine depuis 1991 prend alors tout son sens: sauver le monde du bloc communiste, sauver le monde du péril islamiste. Le combat des Bush pour le nouvel ordre mondial, contre l'axe du mal, en évoquant "L'axe des Croisés" renvoie à l'histoire au temps où les Chrétiens lancèrent les mouvements qui devaient permettre de libérer le tombeau du Christ à Jérusalem des Musulmans.

Nous vivons en France, dans un pays où la laïcité stricte fait voir pour certains la main invisible théologique dans la conduite de la politique peut-être trop rapidement. Mais ce qui est clair, c'est que ce mix politico-religieux a ressurgi dans le monde comme jamais non seulement depuis les années 1970 mais également depuis les attentats du World Trade Center à New-York.

Il y eut la chute du Mur et de l'Ex-URSS, puis le 11 septembre 2001 et le péril rouge fit place au péril vert. La ligne de fracture entre les pays occidentaux se déplaça de l'est vers le sud. Le Nord se trouva le sud pour ennemi, après avoir enterré la guerre un temps Ouest-Est. Les dommages collatéraux apparurent rapidement: multiplication des zones de tension dans un Moyen-Orient gangréné par les dictatures, le clientélisme, la trahison avec l'Ouest, la corruption, l'échec des révolutions, l'inertie au lieu du changement, le déclenchement de guerres par procuration dans la région AFPAK, le développement de mouvements islamistes et terroristes soutenus à l'origine par les USA pour éteindre la contagion soviétique et communiste en Asie centrale.

Un jour ou l'autre, les USA ne seront plus la première puissance mondiale. En attendant, on observe l'implication de grands acteurs internationaux comme la Chine qui se positionne sur la question syrienne comme la question israélo-palestinienne alors qu'il n'en était rien il y a quelques années. Déjà la Chine, avec sa population, son PIB, son budget recherche et son développement, sa politique étrangère désormais offensive sur les mers et sur les terres, redistribue les rôles dans le concert des nations. Dans "God is back", les journalistes John Micklethwait et Adrian Wooldridge prédisent la poursuite de l'ascension de la Chine sur la scène internationale... notamment avec l'explosion du nombre de Chrétiens, évangélistes, commerçants et plutôt capitalistes: les mêmes qu'aux USA, ceux qui sont inscrits dans une vision millénariste, persuadés que la fin des temps n'est pas loin et que l'Armageddon permettra à l'humanité de renaître de ses cendres sur de meilleures bases. En attendant, la Chine a en partie abandonné le modèle communiste et la progression des Chrétiens d'un nouveau genre n'y serait pas pour rien. Selon David Aikman, ancien correspondant de Time en Chine, les chrétiens évangéliques seraient dans l'Empire du Milieu près de 100 millions. Et toujours selon lui, le taux de progression annuel serait de 7% ! Dans moins de 15 ans, ils seront donc autant que le nombre d'Américains. De quoi donner le vertige sur l'évolution de la politique millénariste du monde, dans un pays qui n'aura d'autre choix que de s'ouvrir à l'expression de ses citoyens! Ce que certains appellent déjà la Déclaration de Trump, concernant Jérusalem en est un des meilleurs exemples.

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Re: Ce que révèle "l’affaire de Jérusalem" de l'évolution des rapports de force dans le monde

Message  indian le Sam 23 Déc - 12:39

je dirai: dernier soubresaut du NAZIonalisme

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Re: Ce que révèle "l’affaire de Jérusalem" de l'évolution des rapports de force dans le monde

Message  Invité le Sam 23 Déc - 12:45

@Indian : vous faites la distinction entre patriotisme et nationalisme (comme la faisait De Gaulle) vous ?

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Re: Ce que révèle "l’affaire de Jérusalem" de l'évolution des rapports de force dans le monde

Message  indian le Sam 23 Déc - 13:03

Madhyamaka a écrit:
@Indian : vous faites la distinction entre patriotisme et nationalisme (comme la faisait De Gaulle) vous ?

Oui, bien que je ne sais pas ce que De Gaulle a dit.

Mais je ne suis ni en faveur d'une patrie, ni d'une nation.

Car les ''-ismes'' divisent.

Pour moi l'essentiel est le partage de valeurs humaines communes en tout respect  de la biodiversité dont nous sommes partie intégrante..

indian

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Re: Ce que révèle "l’affaire de Jérusalem" de l'évolution des rapports de force dans le monde

Message  Invité le Sam 23 Déc - 13:26

On prête à De Gaule la nuance suivante :


Le patriotisme c'est l'amour des siens. Le nationalisme c'est la haine des autres.


Il aurait repris cela à Romain Gary.


Personnellement, à malgré moi, je crois que je deviens petit à petit patriote. Bien malgré moi. Je développe petit à petit avec l'age un certain soucis de défendre la culture de mon pays. Ce qui ne m'empêche nullement d'éprouver un grand interêt pour certaines cultures et religions étrangères ! La preuve je suis issu d'un milieu judéo-chrétien et j'ai migré vers le bouddhisme, sans compté que ma compagne est métisse.


Mais j'avoue que je commence à être parfois agacé par certains "recules" culturels dans mon pays. Néanmoins je fais mon possible pour ne pas transformer cela en une hostilité contre des personnes en particulier.


Je crois qu'on peut trouver cela normal de vouloir protéger la culture et le patrimoine, l'histoire de son pays (je suis historien de formation donc...) tout en étant intéressé et respectueux de la diversité des cultures et traditions étrangère, si il y a réciprocité.


Je suis pour la réciprocité (positive évidemment pas la vendetta - je parle l'éthique de réciprocité), si la réciprocité est respectée alors la coexistence pacifique peut se faire (hors ce n'est pas le cas). Et aussi pour l'adaptation à la culturel du pays d'adoption quand on migre. Cela doit marcher dans les 2 sens.

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Re: Ce que révèle "l’affaire de Jérusalem" de l'évolution des rapports de force dans le monde

Message  Idriss le Sam 23 Déc - 14:28

Madhyamaka a écrit:


Mais j'avoue que je commence à être parfois agacé par certains "recules" culturels dans mon pays. Néanmoins je fais mon possible pour ne pas transformer cela en une hostilité contre des personnes en particulier.


Je crois qu'on peut trouver cela normal de vouloir protéger la culture et le patrimoine, l'histoire de son pays (je suis historien de formation donc...) tout en étant intéressé et respectueux de la diversité des cultures et traditions étrangère, si il y a réciprocité.


Je suis pour la réciprocité (positive évidemment pas la vendetta - je parle l'éthique de réciprocité), si la réciprocité est respectée alors la coexistence pacifique peut se faire (hors ce n'est pas le cas). Et aussi pour l'adaptation à la culturel du pays d'adoption quand on migre. Cela doit marcher dans les 2 sens. [/justify]

Vous faite sans doute allusion à la colonisation culturelle de la France par la culture Nord Américaine ? Les Anglicismes de partout, cette mentalité néo libérale  qui glorifie l'individualisme , cette marchandisation de tout, même du spirituel  qui instrumentalisé devient synonyme de développement personnel !

Je ne pense pas que vous ayez succombé à la lepénisation des esprits ...Même si vous laissez entrevoir dans vos bagages ici ou là un certain fond culturel ...
Si vous distinguez nationalisme et patriotisme ,  pour ma part je ne me revendique ni de l'un , ni de l'autre ! Par contre je suis un paysan, j'aime mon pays , ses campagnes , sa culture et son histoire qui se trouve dans toutes ses murettes battis à flan de collines , ses ruines de vieux moulinages , ses châteaux , ses grottes...
Mais aussi son patrimoine immatériel fait du souvenir de ses luttes , de ses combats de ses victoires et de ses défaites...Devant un monument au morts ce n'est ni la nation , ni la patrie qui m'émeut , mais le souvenir de ceux arrachés à leur terre et à leurs proches pour aller faire une guerre aussi absurde que pathétiquement stupide.

Enfin pour ma part je fait la distinction entre tradition et folklore..Autant j'ai de l'estime , de l'affection pour les chrétiens de foi , aujourd'hui minoritaires dans ce pays , autant  j'ai du mépris pour le christianisme identitaire  porté par exemple par un R. Ménard ...

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Re: Ce que révèle "l’affaire de Jérusalem" de l'évolution des rapports de force dans le monde

Message  Invité le Sam 23 Déc - 14:46

Idriss a écrit:Vous faite sans doute allusion à la colonisation culturelle de la France par la culture Nord Américaine ? Les Anglicismes de partout, cette mentalité néo libérale  qui glorifie l'individualisme , cette marchandisation de tout, même du spirituel  qui instrumentalisé devient synonyme de développement personnel !


Ça peut en faire partie. Je n'ai que peu de sympathie pour les excès du système capitaliste ultra-libéral en effet.


Idriss a écrit:Je ne pense pas que vous ayez succombé à la lepénisation des esprits

Oui et non, mais nous sommes sur terrain glissant :pff:

Idriss a écrit:Même si vous laissez entrevoir dans vos bagages ici ou là un certain fond culturel ...

Ne sachant pas trop comment comprendre cette phrase... sans doute oui. Peut être, je ne sais pas.

Idriss a écrit:Si vous distinguez nationalisme et patriotisme ,  pour ma part je ne me revendique ni de l'un , ni de l'autre ! Par contre je suis un paysan, j'aime mon pays , ses campagnes , sa culture et son histoire qui se trouve dans toutes ses murettes battis à flan de collines , ses ruines de vieux moulinages , ses châteaux , ses grottes...

C'est une forme d'amour de son pays. On peut l'inclure dans du patriotisme. C'est possible. Mais pas que.

Idriss a écrit:Mais aussi son patrimoine immatériel fait du souvenir de ses luttes , de ses combats de ses victoires et de ses défaites...Devant un monument au morts ce n'est ni la nation , ni la patrie qui m'émeut , mais le souvenir de ceux arrachés à leur terre et à leurs proches pour aller faire une guerre aussi absurde que pathétiquement stupide.

Idem ci-dessus. Il m'est arrivé adolescent d'être ému pendant une visite scolaire au cimetierre américain en Normandie, les circonstances s'y prétaient. Comme je l'ai dis, ma formation et mon gout pour l'histoire me sensibilisent à certaines choses. Ainsi je comprend par exemple l'émotion d'égyptologues lorsqu'ils ouvrent un sarcophage et étudient un momie vieille de millénaires, ils ont un être humain entre les bras. De même, si je l'avais vécu j'aurais surement pleuré devant les premiers pas d'Armstrong sur la Lune, peut être que ce sera le cas si je vois les premiers pas de l'homme sur Mars.

Idriss a écrit:Enfin pour ma part je fait la distinction entre tradition et folklore..Autant j'ai de l'estime , de l'affection pour les chrétiens de foi , aujourd'hui minoritaires dans ce pays , autant  j'ai du mépris pour le christianisme identitaire  porté par exemple par un R. Ménard ...


Pour les différentes formes de christianisme je ne sais pas. J'essais d'apprendre à comprendre l'autre plutôt qu'a blâmer, comprendre ne signifie pas cautionner évidemment. J'ai essayé de comprendre le Siddharta, Muhammad, Hitler, Jésus, des personnages marquants. En me mettant à leur place. En me disant : si j'essais de me replacer dans leur contexte est ce que, au delà de tout jugement moral, je peux comprendre pourquoi ils ont agît comme ils l'ont fait ? (Je sais, cette liste peut paraître curieuse, mais bon... )


Et je précise que je n'ai pas toujours eu cette approche, loin delà, mais depuis quelques années... j'apprends. Afin de me sentir mieux. Plus en paix avec moi même et les autres. C'est le but.


Pour Mr Ménard... il m'est arrivé quelques fois de lui donner raison, parfois non, je suis aussi agacé par sa propre mauvaise foi mais aussi par celle de ses accusateurs. Je ne le connais pas personnellement.  Je n'ai pas d'avis tranché. Les individus comme les situations sont complexes, il est rare que tout soit blanc ou noir.

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Re: Ce que révèle "l’affaire de Jérusalem" de l'évolution des rapports de force dans le monde

Message  Idriss le Jeu 4 Jan - 12:25

Pour revenir au sujet très belle argumentation de cette courageuse personne, qui plus est , est juive , ce qui ne fait qu'augmenter la pertinence de sa réflexion !



Dernière édition par Idriss le Jeu 4 Jan - 13:22, édité 1 fois (Raison : changement : VOST)
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Re: Ce que révèle "l’affaire de Jérusalem" de l'évolution des rapports de force dans le monde

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