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"Islamogauchisme" de quoi parle-t-on?

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"Islamogauchisme" de quoi parle-t-on?

Message  Idriss le Sam 21 Oct - 18:18

Wikipédia a écrit:L'islamo-gauchisme (parfois orthographié islamogauchisme) est un néologisme, d'usage rhétorique, qui établit un lien entre des personnalités classées à gauche ou à l'extrême gauche et les milieux islamiques ou islamistes.

Utilisée par certains auteurs pour dénoncer cette proximité, la locution est critiquée par d'autres qui l'estiment non pertinente, voire stigmatisante.

Histoire:
Selon Leyla Arslann n 1 le terme, d'origine anglo-saxonne, consiste à soutenir « que l'islam peut contribuer à faire émerger un souffle révolutionnaire ». Pour elle, c'est Chris Harman, dirigeant trotskiste du «Socialist Workers Party», qui le premier affirme dans son article The prophet and the proletariat (en 1994)3 que « les islamistes, en reprenant la vulgate anti-impérialiste, construiraient des groupes sociaux importants dont la colère devrait être canalisée vers des objectifs progressistes »4.

Il est employé, en 2002, par le sociologue Pierre-André Taguieff dans son ouvrage La Nouvelle Judéophobie. L'auteur explique qu'il l'a utilisé pour essayer de « montrer qu’un certain tiers-mondisme gauchiste se retrouvait côte à côte dans les mobilisations pro-palestiniennes notamment, avec divers courants islamistes »5.

Selon Laurent Lévy, le terme connaît son premier grand essor en 2003, lorsque des personnalités en faveur de l'adoption de la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises l'utilisèrent régulièrement pour qualifier leurs opposants, qu'ils considéraient comme des gauchistes, « idiots utiles » de l'islamisme.

« Il est difficile de retracer l’origine de cette nouvelle expression, qui semble avoir été d’abord utilisée par les intégristes laïques de l’UFAL et de la feuille électronique ResPublica, mais le fait est qu’elle s’est répandue comme une traînée de poudre dans de larges secteurs de la mouvance prohibitionniste, et a été reprise telle quelle par des auteurs aussi “divers” que Alain Finkielkraut, Pierre-André Taguieff ou Caroline Fourest6. »

Selon Olivier Christin — qui a dirigé avec Marion Deschamp — le Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines (Métailé, 2016), l'islamo-gauchime appartient à ces expressions dont les « usages montent en flèche mais [qui] subissent une usure accélérée. Ils vieillissent terriblement vite ! » Des mots qui, selon Libération, appartiennent à la novlangue. Olivier Christin estime que cette prolifération de termes dans la langue politique peut être considéré « comme un signe de sa vacuité […] », mais également comme « un indicateur de la vitalité démocratique du pays […] »7.

Selon Geoffrey Bonnefoy (L'Express), l'expression est devenu, en 2017, un concept à la mode qui qualifie « des personnalités de gauche accusés d'être trop laxistes vis-à-vis de l'islam », des adversaires n'ayant pas la même approche de la laïcité, jugés complaisants à l'égard du communautarisme. Le journaliste considère que le terme est péjoratif et rapporte les propos du sociologue Marwan Mohammed qui déclare : « En qualifiant quelqu'un d'islamo-gauchiste, l'idée n'est pas de débattre avec lui, mais bien de le disqualifier […] Ceux qui l'emploient refusent d'envisager la complexité des phénomènes sociaux et se contentent d'excommunier leurs adversaires. » Pour Bonnefoy, le terme « réducteur et insultant […] qui est apparu dans le débat public au début des années 2000 selon Libération, est progressivement devenu l'équivalent du point Godwin », il permet « d'asséner une accusation, sans preuve, et de clore le débat sur un sujet politiquement sensible »8

L'expression revient régulièrement dans le discours des partisans d’une laïcité « parfois qualifiée de “combat”, qui revendiquent un “parler vrai” sur l’islam et l’islamisme », et qui se voient, pour cette raison, parfois accusés d'islamophobie. En réponse à cette qualification, un « procès en islamo-gauchisme » est renvoyé aux accusateurs — les deux termes vont souvent de pair dans ces débats5.

En France, Caroline Fourest, Élisabeth Badinter, Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy utilisent le terme et en assurent la diffusion. Selon Shlomo Sand, des personnalités comme Edwy Plenel, Michel Tubiana, Alain Gresh, et Raphaël Liogier sont devenus des islamo-gauchistes archétypiques9.

1 « Autour de l'auteur » [archive], sur puf.com (consulté le 9 mars 2017)
2 « Leyla Arslann » [archive], sur lecese.fr (consulté le 9 mars 2017)
3 (en) Chris Harman, « The prophet and the proletariat » [archive], sur marxists.org, automne 1994 (consulté le 23 février 2017).
4 Leyla Arslan, Enfants d'Islam et de Marianne: Des banlieues à l'Université, Presses Universitaires de France, 2010 (lire en ligne [archive]).
5 a, b, c, d, e, f, g et h Sonya Faure et Frantz Durupt, « Islamo-gauchisme, aux origines d'une expression médiatique » [archive], sur Libération.fr, 14 avril 2016 (consulté le 5 janvier 2017)
6 Laurent Lévy, La gauche", les Noirs et les Arabes, Paris, La fabrique, janvier 2010, 200 p. (ISBN 2358720046), « Les "islamogauchistes" », p. 68-69
7 Noémie Rousseau, « La novlangue politique décodée », Libération,‎ 5 juillet 2016, p. 20-21 (lire en ligne [archive] [PDF])
8 Geoffrey Bonnefoy, « "Islamo-gauchiste", le nouveau point Godwin de la campagne politique » [archive], sur lexpress.fr, 24 janvier 2017.
9 a et b Shlomo Sand, « Du "judéo-bolchévisme" à "l'islamo-gauchisme" : une même tentative de faire diversion » [archive], sur leplus.nouvelobs.com, 9 juin 2016 (consulté le 8 janvier 2017)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Islamo-gauchisme
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Re: "Islamogauchisme" de quoi parle-t-on?

Message  Idriss le Sam 21 Oct - 18:24

Le sociologue Marwan Mohammed a écrit:« En qualifiant quelqu'un d'islamo-gauchiste, l'idée n'est pas de débattre avec lui, mais bien de le disqualifier […] Ceux qui l'emploient refusent d'envisager la complexité des phénomènes sociaux et se contentent d'excommunier leurs adversaires. »

Geoffrey Bonnefoy (L'Express) a écrit:  le terme « réducteur et insultant […] qui est apparu dans le débat public au début des années 2000 selon Libération, est progressivement devenu l'équivalent du point Godwin », il permet « d'asséner une accusation, sans preuve, et de clore le débat sur un sujet politiquement sensible »
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Re: "Islamogauchisme" de quoi parle-t-on?

Message  Madhyamaka le Sam 21 Oct - 19:30

Même logique que pour "islamophobe". Disqualifier pour ne pas discuter.


Personnellement j'ajouterais une dose de "naïveté" et de sous estimation du problème de l'islamisme chez les dits "islamo-gauchistes". D'autres pouvant aussi être accusés d'adopter ces attitudes pour des raisons électoralistes dans le but de récolter les voix de français de confession musulmane.
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Re: "Islamogauchisme" de quoi parle-t-on?

Message  -Ren- le Lun 23 Oct - 10:33

Article de Libé évoqué sur la page Wiki :
C’était le 2 avril dans le Monde, dans la bouche d’Elisabeth Badinter : « Etre traité d’islamophobe est un opprobre, une arme que les islamo-gauchistes ont offerte aux extrémistes. »
Spoiler:
«Islamo-gauchiste» : le mot n’est pas nouveau, mais il revient régulièrement dans les discours des défenseurs d’une laïcité parfois qualifiée de «combat», qui revendiquent un «parler vrai» sur l’islam et l’islamisme. « Taxer d’islamophobie ceux qui ont le courage de dire : "Nous voulons que les lois de la République s’appliquent à tous et d’abord à toutes" est une infamie », poursuit ainsi la médiatique philosophe. Aux accusations d’islamophobie répond ainsi le procès en islamo-gauchisme – les deux termes vont souvent de pair dans les débats.

Pour ceux qui l’utilisent, l’expression «islamo-gauchisme» est une alerte, un mot «choc» pour décrire l’alliance contre-nature d’une partie de la gauche avec un islamisme réactionnaire. « Il désigne ceux qui, au nom d’une vision communautariste et américanisée de l’identité, combattent le féminisme universaliste et la laïcité », estime ainsi l’essayiste Caroline Fourest (...) « Une expression valise qui sert simplement à refuser le débat et à stigmatiser », pointe Edwy Plenel, le patron de Mediapart. Le terme, à vocation médiatique, n’a en tout cas pas d’assise scientifique. Il se rapprocherait plutôt du montage séduisant et efficace pour dire un phénomène complexe et discuté (...)

En janvier 2002, Pierre-André Taguieff l’utilise ainsi dans son livre la Nouvelle Judéophobie. L’historien des idées y condamne l’antisionisme de « la nouvelle configuration tiers-mondiste, néo-communiste et néo-gauchiste, plus connue sous la désignation médiatique de "mouvement antimondialisation" ». «Des Juifs, écrit-il, peuvent être tolérés, voire acceptés dans cette mouvance islamo-gauchiste, à condition qu’ils fassent preuve de palestinophilie inconditionnelle et d’antisionisme fanatique. »
Spoiler:
A l’époque, Taguieff est actif au sein de la Fondation du 2-Mars, d’une tendance souverainiste et d’orientation chevènementiste, aux côtés du démographe Emmanuel Todd ou encore de la future plume de Sarkozy, Henri Guaino. « Je ne peux pas dire avec certitude que l’expression est une invention personnelle, explique-t-il aujourd’hui à Libération. Mais les réactions de mes contemporains après mon premier usage de ce mot, en 2000-2001, exprimaient leur étonnement : à l’époque, on disait plutôt, ironiquement, "islamo-progressistes", ou, dans les années 80, "palestino-progressistes". En utilisant cette expression, j’ai essayé de montrer qu’un certain tiers-mondisme gauchiste se retrouvait côte à côte, dans les mobilisations propalestiniennes notamment, avec divers courants islamistes. »

La thèse prend de l’ampleur en 2003, à l’occasion du Forum social européen de Saint-Denis. Des centaines d’ONG, des dizaines de milliers de militants sont réunis lors de ce grand rassemblement altermondialiste. Mais c’est la présence d’un homme qui va créer à elle seule la polémique : le théologien musulman Tariq Ramadan, invité à débattre avec José Bové, de la Confédération paysanne, et Daniel Bensaïd, de la Ligue communiste révolutionnaire. L’année suivante, le Nouvel observateur et Charlie Hebdo se lancent dans la bataille à l’occasion d’un nouveau forum organisé à Londres. Dans le premier, Claude Askolovitch signe un article titré « Les gauchistes d’Allah », tandis que dans le second, c’est Fiammetta Venner qui se demande ironiquement si « un autre jihad est possible ». Sans parler expressément d’islamo-gauchisme, tous deux dénoncent des rapprochements entre altermondialistes et «islamistes».

Dans la même période, l’utilisation du mot explose, à l’occasion cette fois d’un débat très français : les défenseurs de la loi interdisant les signes religieux ostensibles à l’école, qui vise avant tout le voile et sera votée en 2004, l’utilisent alors à l’envi pour désigner les militants de la gauche, souvent radicale, qui y sont opposés.
Spoiler:

Sylvie Tissot, sociologue à Paris-VIII, et les membres du collectif Une école pour tous en ont fait les frais. « L’expression avait évidemment pour but de nous disqualifier, estime-t-elle. A l’époque, le terme désignait un militantisme hétéroclite où l’on retrouvait aussi bien des chrétiens de gauche que des personnes engagées dans la solidarité internationale… D’où, j’imagine, le qualificatif de "gauchistes". Nous travaillions avec des associations musulmanes, comme le Collectif des musulmans de France (CMF). Pour ceux qui nous traitaient d’islamo-gauchistes, c’était une compromission avec des gens "infréquentables". » Comme le relève Laurent Lévy dans son livre «la Gauche», les Noirs et les Arabes (Ed. La Fabrique, 2010), « des personnalités de la gauche radicale » sont accusées par ce sobriquet d’être les «idiots utiles» de l’islamisme, des « gauchistes en mal de combat tiers-mondiste »

Pour jutifier l’emploi du terme, une référence historique revient régulièrement : un article rédigé en 1994 par Chris Harman, leader du Socialist Workers Party (SWP), le parti trotskiste britannique, intitulé « Le Prophète et le prolétariat »
Spoiler:
Cette longue réflexion sur la nature de l’islamisme et l’état des luttes sociales de l’époque conclut que la gauche a commis deux erreurs : la première est d’avoir considéré les islamistes comme «fascistes», la seconde de les avoir imaginés «progressistes». Il faudrait par conséquent que la gauche s’adresse aux convaincus de l’islamisme pour les ramener dans son giron, conclut-il. La position est plus nuancée qu’un simple appel à s’allier aux islamistes – c’est pourtant cette idée qui demeurera.

Autre exemple convoqué : le lancement, au début des années 2000 en Grande-Bretagne, du Parti du respect, fondé par l’ancien travailliste George Galloway avec, notamment, l’universitaire Salma Yaqoob. Mais aussi, plus ancien, le pablisme, un mouvement trotskiste allié au FLN lors de la guerre d’Algérie – une ligne politique plus communément appelée «tiers-mondisme».
Autrement dit, si l’islamo-gauchisme n’est pas un courant politique auto-défini, certains estiment qu’il existe et peut être désigné ainsi. C’est le cas de Claude Askolovitch, qui explique à Libé qu’il continue d’utiliser le mot dans cette acception, tout en refusant les interprétations qu’en font Caroline Fourest et Elisabeth Badinter. Contrairement à elles, Askolovitch accepte en effet le terme «islamophobie» et ce qu’il désigne.

Plusieurs essayistes vont quoi qu’il en soit reprendre le mot, et faire évoluer son sens.
Spoiler:
Comme Pascal Bruckner, dans son livre la Tyrannie de la pénitence (Grasset, 2006) – ce qui lui vaut l’honneur d’être considéré comme le maître d’œuvre du concept, sur la version anglaise de la page Wikipédia consacrée à l’islamo-gauchisme (traduit : islamo-leftism). La même année, Caroline Fourest consacre un livre à la «tentation obscurantiste» : « Une partie de la gauche semble avoir perdu tous ses repères. Celle que l’on surnomme "islamo-gauchiste" alors qu’il vaudrait peut-être mieux parler de gauche obscurantiste, pro-islamiste. »

Puis c’est au tour du philosophe Alain Finkielkraut. Lors d’une conférence sur l’enseignement de la Shoah organisée par le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, en 2010, il dit craindre « un mouvement islamo-gauchiste ostensiblement indifférent à la mémoire de la Shoah ». Il précise ce qu’il entend par cet «arc islamo-gauchiste» à l’AFP – et la définition du terme déjà s’élargit : « L’union de gens issus de l’immigration et d’intellectuels progressistes. »

Depuis, l’islamo-gauchisme resurgit régulièrement au fil des aléas de l’actualité – de l’affaire Siné en 2008 («De quoi Siné est-il le nom ?» se demande alors BHL dans le Monde) à l’affaire Kamel Daoud aujourd’hui, en passant par la polémique sur la candidate voilée Ilham Moussaïd sur les listes du NPA en Paca, en 2010. Les accusés sont de plus en plus nombreux : José Bové, Alain Gresh (du Monde diplomatique), Annick Coupé (de l’union syndicale Solidaires), Michel Tubiana (de la Ligue des droits de l’homme) hier ; la conseillère régionale Clémentine Autain, Edwy Plenel ou des journalistes de Libé aujourd’hui. « Désormais ce mot ne désigne plus des personnes minoritaires – la laïcité inclusive a gagné des sympathisants – mais des institutions, comme l’Observatoire de la laïcité et son président, Jean-Louis Bianco », note Sylvie Tissot (...)

Dans les Intellectuels faussaires (Ed. Jean-Claude Gawsewitch, 2011), le géopolitologue Pascal Boniface critique férocement ces « concepts aussi creux intellectuellement que clinquants dans la formulation». «L’originalité du concept pourrait plaider en sa faveur, mais c’est en réalité un non-sens, comme l’étaient par le passé les expressions "hitléro-trotskistes" ou "judéo-bolcheviques". Elles aussi se voulaient disqualifiantes. Elles aussi ne reposaient que sur des fantasmes. »

Certains islamo-gauchistes désignés ont fini par s’emparer du terme pour le retourner et s’en revendiquer ironiquement, ou au moins revendiquer ce qu’il désigne. Ainsi, Clémentine Autain assume : « Je ne comprends pas exactement ce que veut dire le mot, mais si ça désigne l’intersectionnalité des luttes, alors oui, c’est ça qui me préoccupe. Je suis de gauche, et je me bats contre le rejet des musulmans en France. »
http://www.liberation.fr/debats/2016/04/14/islamo-gauchisme-aux-origines-d-une-expression-mediatique_1445857

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Re: "Islamogauchisme" de quoi parle-t-on?

Message  Emmanuelle78 le Lun 23 Oct - 11:41

J'ai tellement recu ce qualificatif que j'en suis venue à me l'approprier avec ironie.

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Re: "Islamogauchisme" de quoi parle-t-on?

Message  Idriss le Lun 23 Oct - 20:09

Dans l'actualitée:


"La France Insoumise  est-elle islamo-gauchiste"?  :


Ce point a été analysé avec rigueur par "Désintox", la rubrique de vérification des faits du journal Libération.
(http://www.liberation.fr/desintox/2017/10/05/peut-on-accuser-les-deputes-fi-d-islamo-gauchisme-comme-l-a-fait-valls_1601030)

Le terme "islamo-gauchisme" provient notamment de l'historien des idées Pierre-André Taguieff, pour désigner une fraction de l'extrême gauche qui, par jusqu'au-boutisme de la défense des peuples géopolitiquement et économiquement dominés, en viennent à défendre ou excuser le communautarisme, la misogynie, l'homophobie, ou encore le rejet de la laïcité, au nom du droit des dominés à la différence.

Spoiler:
Rappelons d'emblée qu'en France, les organisations islamo-gauchistes au sens ainsi défini n'ont jamais réussi à dépasser le stade du groupuscule marginal. Je pense par exemple aux "Indigènes de la République", ayant pour porte-parole Houria Bouteldja, dont j'ai combattu les positionssur le plateau de feue l'émission Ce soir (ou jamais !). En dépit de leurs propos et événements provocateurs (notamment un "camp d'été décolonial interdit aux Blancs"), destinés à attirer l'attention des médias mainstream pour avoir de la publicité gratuite (dont beaucoup tombent stupidement dans le panneau), ce groupuscule n'arrive pas à devenir un mouvement de masse. La raison en est simple : l'écrasante majorité des Français de confession musulmane sont contre le communautarisme, contre le racisme envers qui que ce soit, pour l'égalité hommes-femmes, et pour la laïcité: l'enquête sociologique quantitative publiée par l'Institut Montaigne en 2016 en atteste.

Cela étant, lorsqu'elle était militante antiraciste avant d'être députée de la France insoumise, Danièle Obono compta les Indigènes de la République parmi ses voisins de combat. Le mensonge anti-FI repose donc, à nouveau, sur un sophisme par amalgame :

   "Danièle Obono a voisiné les Indigènes de la République dans son militantisme antiraciste,

   Et les Indigènes de la République sont communautaristes, misogynes, anti-laïcité, racistes,

   Donc Danièle Obono l'est aussi,

   Donc à travers elle, la FI inclut une composante qui l'est aussi".

Contrer ce mensonge est facile, à plusieurs titres :

   Danièle Obono a des points communs avec les Indigènes de la République: elle pense par exemple qu'il y a encore une mentalité coloniale dans la société française. Cependant cela ne permet pas de déduire "Obono = Indigènes".
   Danièle Obono n'a rigoureusement jamais exprimé de position qui soit communautariste, misogyne, anti-laïcité, ou raciste.
   Rigoureusement rien dans le programme de la France insoumise, "L'Avenir en commun", n'est communautariste, misogyne, anti-laïcité, ou raciste.

Par parenthèse, ces dernières semaines Danièle Obono est régulièrement attaquée pour avoir dit que parler de "radicalisation" est hors-sujet à propos d'un chauffeur de bus qui refuserait pour motif religieux de toucher un volant touché par une femme. Or, il se trouve qu'en toute rigueur, elle a raison : le fait d'adhérer à un islam puritain et réactionnaire est une chose, le fait de devenir djihadiste en est une autre.

Elle est également attaquée pour avoir dit que "la radicalisation n'est pas un concept scientifique arrêté". Or, là aussi, en toute rigueur elle a raison : la question de savoir si le djihadisme est la dernière étape d'une radicalisation religieuse ou si au contraire, les djihadistes sont majoritairement sans pratique religieuse avant de devenir terroristes, agite encore les experts antiterroristes et les islamologues. Je pense par exemple au débat entre les islamologues Gilles Kepel et Olivier Roy. Bref, là aussi les accusations sont des procès mensongers.
source: http://www.huffingtonpost.fr/thomas-guenole/le-top-5-des-mensonges-anti-france-insoumise-et-comment-y-repondre_a_23242571/
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Re: "Islamogauchisme" de quoi parle-t-on?

Message  -Ren- le Jeu 26 Oct - 20:25

Interview de Jean-Louis Bianco (Observatoire de la Laïcité) parue ce jour :
(...) Vous êtes régulièrement accusé d’être le complice de ce que certains appellent l’«islamo-gauchisme». Que répondez-vous ?
Que c’est débile.
A titre personnel, j’en ai vu d’autres. Sur le terrain, on n’entend jamais parler de ces polémiques qui agitent Paris et les réseaux sociaux.
En revanche, cela m’inquiète pour le débat public. Parce qu’en lançant ainsi des anathèmes, nous ne sommes plus très loin d’une police de la pensée.
C’est aussi méconnaître notre travail. Dans beaucoup de cas concrets, nous demandons la fermeté. Même si ce ne sont pas toujours des questions de laïcité, nous avons affirmé notre opposition à la non-mixité dans les piscines ; nous encourageons à des procédures disciplinaires si quelqu’un dans une entreprise refuse de serrer la main d’une collègue parce que c’est une femme ; nous prônons aussi la fermeté à l’égard de propos tenus dans certaines mosquées, etc. (...)
http://www.liberation.fr/france/2017/10/26/jean-louis-bianco-nous-ne-sommes-pas-tres-loin-d-une-police-de-la-pensee_1605833

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Re: "Islamogauchisme" de quoi parle-t-on?

Message  Spin le Mar 31 Oct - 7:07

Madhyamaka a écrit:
Personnellement j'ajouterais une dose de "naïveté" et de sous estimation du problème de l'islamisme chez les dits "islamo-gauchistes". D'autres pouvant aussi être accusés d'adopter ces attitudes pour des raisons électoralistes dans le but de récolter les voix de français de confession musulmane.  
Bien d'accord. Cela n'exclut pas des convergences réelles profondes entre réfractaires au jeu normal de la démocratie et à ses frustrations.

Il y a toujours eu une telle convergence, jamais vraiment affichée, entre FN et Islam :
- Jean-Marie Le Pen rappelle, quand ça l'arrange et seulement quand ça l'arrange, qu'il a perdu son oeil dans une bagarre électorale où il soutenait la candidature d'un ami musulman, qu'il se veut le seul officier français à avoir fait enterrer les morts égyptiens selon le rite islamique lors de l'expédition de Suez de 1956, qu'il y a toujours eu des musulmans dans les instances dirigeantes du FN, etc.
- Marine Le Pen, en tant qu'avocate (son métier à la base), a défendu des musulmans menacés d'expulsion. Je doute fort que ce soit par humanisme, mais je doute encore plus que ce soit par inadvertance ou contrainte et forcée.
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Re: "Islamogauchisme" de quoi parle-t-on?

Message  indian le Ven 3 Nov - 12:22

Idriss a écrit:
Wikipédia a écrit:L'islamo-gauchisme (parfois orthographié islamogauchisme) est un néologisme, d'usage rhétorique, qui établit un lien entre des personnalités classées à gauche ou à l'extrême gauche et les milieux islamiques ou islamistes.

Utilisée par certains auteurs pour dénoncer cette proximité, la locution est critiquée par d'autres qui l'estiment non pertinente, voire stigmatisante.

Histoire:
Selon Leyla Arslann n 1 le terme, d'origine anglo-saxonne, consiste à soutenir « que l'islam peut contribuer à faire émerger un souffle révolutionnaire ». Pour elle, c'est Chris Harman, dirigeant trotskiste du «Socialist Workers Party», qui le premier affirme dans son article The prophet and the proletariat (en 1994)3 que « les islamistes, en reprenant la vulgate anti-impérialiste, construiraient des groupes sociaux importants dont la colère devrait être canalisée vers des objectifs progressistes »4.

Il est employé, en 2002, par le sociologue Pierre-André Taguieff dans son ouvrage La Nouvelle Judéophobie. L'auteur explique qu'il l'a utilisé pour essayer de « montrer qu’un certain tiers-mondisme gauchiste se retrouvait côte à côte dans les mobilisations pro-palestiniennes notamment, avec divers courants islamistes »5.

Selon Laurent Lévy, le terme connaît son premier grand essor en 2003, lorsque des personnalités en faveur de l'adoption de la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises l'utilisèrent régulièrement pour qualifier leurs opposants, qu'ils considéraient comme des gauchistes, « idiots utiles » de l'islamisme.

   « Il est difficile de retracer l’origine de cette nouvelle expression, qui semble avoir été d’abord utilisée par les intégristes laïques de l’UFAL et de la feuille électronique ResPublica, mais le fait est qu’elle s’est répandue comme une traînée de poudre dans de larges secteurs de la mouvance prohibitionniste, et a été reprise telle quelle par des auteurs aussi “divers” que Alain Finkielkraut, Pierre-André Taguieff ou Caroline Fourest6. »

Selon Olivier Christin — qui a dirigé avec Marion Deschamp — le Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines (Métailé, 2016), l'islamo-gauchime appartient à ces expressions dont les « usages montent en flèche mais [qui] subissent une usure accélérée. Ils vieillissent terriblement vite ! » Des mots qui, selon Libération, appartiennent à la novlangue. Olivier Christin estime que cette prolifération de termes dans la langue politique peut être considéré « comme un signe de sa vacuité […] », mais également comme « un indicateur de la vitalité démocratique du pays […] »7.

Selon Geoffrey Bonnefoy (L'Express), l'expression est devenu, en 2017, un concept à la mode qui qualifie « des personnalités de gauche accusés d'être trop laxistes vis-à-vis de l'islam », des adversaires n'ayant pas la même approche de la laïcité, jugés complaisants à l'égard du communautarisme. Le journaliste considère que le terme est péjoratif et rapporte les propos du sociologue Marwan Mohammed qui déclare : « En qualifiant quelqu'un d'islamo-gauchiste, l'idée n'est pas de débattre avec lui, mais bien de le disqualifier […] Ceux qui l'emploient refusent d'envisager la complexité des phénomènes sociaux et se contentent d'excommunier leurs adversaires. » Pour Bonnefoy, le terme « réducteur et insultant […] qui est apparu dans le débat public au début des années 2000 selon Libération, est progressivement devenu l'équivalent du point Godwin », il permet « d'asséner une accusation, sans preuve, et de clore le débat sur un sujet politiquement sensible »8

L'expression revient régulièrement dans le discours des partisans d’une laïcité « parfois qualifiée de “combat”, qui revendiquent un “parler vrai” sur l’islam et l’islamisme », et qui se voient, pour cette raison, parfois accusés d'islamophobie. En réponse à cette qualification, un « procès en islamo-gauchisme » est renvoyé aux accusateurs — les deux termes vont souvent de pair dans ces débats5.

En France, Caroline Fourest, Élisabeth Badinter, Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy utilisent le terme et en assurent la diffusion. Selon Shlomo Sand, des personnalités comme Edwy Plenel, Michel Tubiana, Alain Gresh, et Raphaël Liogier sont devenus des islamo-gauchistes archétypiques9.

1 « Autour de l'auteur » [archive], sur puf.com (consulté le 9 mars 2017)
2 « Leyla Arslann » [archive], sur lecese.fr (consulté le 9 mars 2017)
3 (en) Chris Harman, « The prophet and the proletariat » [archive], sur marxists.org, automne 1994 (consulté le 23 février 2017).
4 Leyla Arslan, Enfants d'Islam et de Marianne: Des banlieues à l'Université, Presses Universitaires de France, 2010 (lire en ligne [archive]).
5 a, b, c, d, e, f, g et h Sonya Faure et Frantz Durupt, « Islamo-gauchisme, aux origines d'une expression médiatique » [archive], sur Libération.fr, 14 avril 2016 (consulté le 5 janvier 2017)
6  Laurent Lévy, La gauche", les Noirs et les Arabes, Paris, La fabrique, janvier 2010, 200 p. (ISBN 2358720046), « Les "islamogauchistes" », p. 68-69
7 Noémie Rousseau, « La novlangue politique décodée », Libération,‎ 5 juillet 2016, p. 20-21 (lire en ligne [archive] [PDF])
8 Geoffrey Bonnefoy, « "Islamo-gauchiste", le nouveau point Godwin de la campagne politique » [archive], sur lexpress.fr, 24 janvier 2017.
9 a et b Shlomo Sand, « Du "judéo-bolchévisme" à "l'islamo-gauchisme" : une même tentative de faire diversion » [archive], sur leplus.nouvelobs.com, 9 juin 2016 (consulté le 8 janvier 2017)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Islamo-gauchisme

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Re: "Islamogauchisme" de quoi parle-t-on?

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