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Le Prologue de l’Évangile de Jean et le Sutra du Coeur

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Le Prologue de l’Évangile de Jean et le Sutra du Coeur

Message  Madhyamaka le Sam 14 Oct - 21:22

Bonsoir :)

Deux textes que j'ai mis en parallèle récemment m'ont frappé.

Le prologue de l'Evangile de Jean :

Traduction du Prologue de l'évangile selon Jean par Augustin Crampon (rédaction: 1864; édition: 1894):

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu.Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui : non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés. Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, (et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu’un fils unique tient de son Père) tout plein de grâce et de vérité. Jean lui rend témoignage, et s’écrie en ces termes : « Voici celui dont je disais : Celui qui vient après moi, est passé devant moi, parce qu’il était avant moi. » et c’est de sa plénitude, que nous avons tous reçu, et grâce sur grâce ; parce que la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Dieu, personne ne le vit jamais : le Fils unique, qui est dans le sein du Père c’est lui qui l’a fait connaître.


Le Sûtra du Cœur de la prajñâ pâramitâ


Traduit par Xuanzang, le maître de la loi de la triple corbeille sous la dynastie Tang


Lorsque le bodhisattva Maître-en-contemplation pratique la profonde prajñâ pâramitâ, il voit que les cinq agrégats sont tous vides et se libère de toutes les souffrances.

Shâriputra, les formes ne sont pas différentes du vide, le vide n’est pas différent des formes, les formes sont le vide, le vide est les formes. Il en va de même des sensations, des perceptions, des constructions mentales et des consciences.

Shâriputra, tous ces éléments ayant l’aspect du vide, ils n'apparaissent ni ne disparaissent, ils ne sont ni souillés ni purs, ils ne croissent ni ne décroissent. C’est ainsi que dans le vide, il n’y a pas de forme ni de sensation, de perception, de construction mentale et de conscience.

Il n’y a pas d'œil, d'oreille, de nez, de langue, de corps ni de mental. Il n’y a pas de forme, de son, d'odeur, de saveur, de tangible ni d'élément. Il n’y a pas de domaine du visuel et ainsi de suite il n'y a pas de domaine de la conscience mentale.

Il n’y a pas d'ignorance et non plus cessation de l’ignorance et ainsi de suite il n'y a pas de vieillesse ni de mort et non plus cessation de la vieillesse et de la mort. Il n’y a pas de souffrance, d'origine, d'extinction ni de chemin. Il n’y a pas de connaissance et pas plus d'obtention puisqu'il n'y a rien à obtenir.

Comme le bodhisattva s’appuie sur la prajñâ pâramitâ, son esprit ne connaît plus d'empêchement et comme il ne connaît plus d'empêchement, il est dénué de crainte. Libéré des méprises et des pensées illusoires, il accède au nirvâna. Comme les bouddhas des trois temps s’appuient sur la prajñâ pâramitâ, ils réalisent l'anuttarâ samyak sambodhi.

Sache donc que la prajñâ pâramitâ est la grande formule magique, la grande formule du savoir, la formule suprême, la formule inégalée qui permet de supprimer toutes les souffrances, elle est vraie et non pas vaine. C'est pourquoi j'enseigne la formule de la prajñâ pâramitâ. J'enseigne ainsi la formule : Gate, gate, pâragate, pârasamgate, bodhi, svâhâ!


Référence canon sino-japonais de Taishô : volume VIII, livre 251, p. 848c.


Dans la pratique bouddhique, on parle de la Vacuité ou du Vide (mal interprété comme "néant"). La vacuité c'est le fait qui rien n'a de "soi" indépendant, que tout est interdépendant. Hors loin d'exprimer le néant de toute chose, au contraire il est dit que c'est la vacuité qui permet que tout existe, que tout soit possible. Hors ici il est dit que le Verbe permet de créer tout ce qui existe.


Le Bouddha était vacuité mais aussi forme, vous comme moi sommes vacuité et forme, forme et vacuité sont interdépendants.


Hors je me demande si ce que le chrétiens nomment "le Verbe" n'est pas la vacuité, et il est dit que le Verbe s'est fait chaire (la forme), en la personne de Jésus. Jésus justement est aussi un exemple de non-soi, il a sacrifié sa propre existence pour les autres, il était à la fois vacuité et forme (puisqu'il a eu un corps qui a souffert).


Dans les 2 textes il est de plus fait référence au fait que Dieu et le Verbe sont l'un dans l'autre. La vacuité est forme et la forme est vacuité.


Les 2 textes font référence à des négations pour ceux qui comprennent les paroles.


Et les 2 textes font référence au temps, d'un coté la position de Jean devant puis derrière, de l'autre les Bouddhas des 3 temps.


Je me demande sincèrement si les 2 textes ne parlent pas de la même chose.


Après tout ceux qui croient en le Christ sont promis au Paradis, lieu de non-souffrance, ceux qui réalisent en eux la vacuité de tous les phénomènes sont promis à nirvana, la cessation de la souffrance.


La seule différence que je verrais c'est que les chrétiens "personnalisent" ou "donnent une identité" à la vacuité, une forme donc, là ou les bouddhistes ne donne pas de nom à la vacuité hors du fait qu'elle est vacuité, elle n'est pas "personnalisée" sous la forme d'un être divin créateur.


Chez les bouddhistes il y a un bodhisattva très important : Avalokiteshvara, qui représente la compassion. Il est celui qui entend et voit les souffrances du monde. Et bien sûre y répond.


Hors Jésus n'est t'il pas une réponse à la souffrance des damnés depuis le péché originel ? Jésus n'est-il pas un être de compassion qui fait passé la Salut de tous avant sa propre sécurité au point de sacrifier sa vie ?

Je ne parle même pas des nombreux points de ressemblance entre les récits de vie du Bouddha et de Jésus.
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Madhyamaka

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