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Religion et Politique

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Religion et Politique

Message  rosarum le Mar 2 Aoû - 19:05

extrait d'un livre de Douglas HARDING.

RELIGION ET POLITIQUE

La religion n'a pour ainsi dire jamais été non politique. Ce n'est pas qu'elle se soit malheureusement trouvée en mauvaise compagnie. A l'origine, la religion et la politique étaient une seule et même chose, et l'histoire politique est celle de leur lent démêlage. Parfois le roi était aussi le grand prêtre ou même un dieu, mais en tous cas sa personne et sa fonction étaient sacrées. Toutes ses lois étaient d'origine divine et non humaine. En fait toute la structure sociale, y compris les règles morales, le barème des punitions en cas de manquement aux règles, des institutions telles que l'esclavage, les castes et l'assujettissement des femmes - tout était loi divine. Remettre en question la moindre des choses, c'était remettre en question la religion elle-même. Aussi n'est-ce pas étonnant que partout dans le monde et tout au long de l'histoire, la religion ait eu (à quelques honorables exceptions près, comme on le verra) une influence extrêmement conservatrice. Elle a presque toujours pris parti pour l'Establishment contre les réformes. Aujourd'hui encore, l'Église d'Angleterre, par exemple, fait partie de l'État, et dans l'ensemble doit défendre le maintien de l'ordre économique, social et politique existant. Et en tant qu'organe officiel, elle n'a jamais manqué d'enrôler Dieu du côté anglais en temps de guerre. Est-il surprenant, alors, que tant de gens sensibles et intelligents ne veuillent pas se dire chrétiens et, en fait, ne professent aucune religion du tout?

On a appelé Karl Marx le dernier grand prophète hébreu. Il est mort en 1883. Avec toute la passion de la vieille indignation morale, il a dénoncé la religion comme «l'opium du peuple». Il ne voulait pas dire que (par exemple) un seigneur féodal dans l'Angleterre du Moyen Âge soutenait l'Église simplement parce qu'elle maintenait ses pauvres serfs dans la soumission en leur enseignant que leur maître était désigné par Dieu. Rien d'aussi simple, d'aussi calculé que cela. C'était la religion elle même qui était corrompue et qui corrompait, plutôt que ceux qui s'en servaient. Ceux-là étaient pris dans ce mécanisme. Dans tous les cas, la rébellion contre l'oppression impliquait naturellement la rébellion contre la religion qui était devenue l'un des principaux instruments de cette oppression.

Évidemment, les prophètes hébreux sont trop «possédés» pour être justes. Marx ne réalisait pas à quel point son arsenal moral puisait dans l'autre camp. L'égalité de tous les hommes devant Dieu Tout-Puissant qui ne s'en laisse imposer par personne, et l'ordre d'aimer son prochain comme soi-même - ces principes sont une condamnation permanente de toute injustice et de toute tyrannie. Et ce sont des intuitions religieuses permanentes comme celles ci qui inspirent les révolutions successives contre le mauvais ordre social, et la mauvaise religion qui le soutient.

Trois points essentiels ressortent.
Premièrement, en pratique la religion est à la fois morale et immorale, elle agit à la fois en faveur de la justice et de la compassion, et contre elles.
Deuxièmement, de temps en temps il devient nécessaire de condamner la religion dans les termes les plus énergiques possibles.
Et troisièmement, cette condamnation, cette protestation antireligieuse est elle même - sous sa forme la meilleure - une réaction, un élan moral d'ordre vraiment religieux. Sous sa forme la plus négative, elle n'est évidemment rien de tout cela : mais ça, c'est une autre affaire
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rosarum

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