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origines des malheurs du monde

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Re: origines des malheurs du monde

Message  Madhyamaka le Ven 22 Sep - 22:15

Honnêtement je crois être quelqu'un d'assez "bon", j'ai une éthique, une conscience, une morale, j'ai des défauts évidemment, mais je pense qu'en moi c'est plutôt le "bien" et le "bon" qui domine, toutefois je me connais aussi assez pour savoir qu'il y a aussi des coins de mon "intériorité" comme vous dites que vous ne souhaiteriez vraiment mais alors vraiment pas connaître, même brièvement. Et ma compagne à la même lucidité sur elle même. Et vous pouvez remercier le "Ciel" que je sois doté d'une conscience, d'une morale, et que les circonstances ne m'aient pas pousser à manifester le pire de moi, parce qu'il y a certains coin de mon "intériorité" qu'il vaut mieux garder en sommeil, faites moi confiance.

Je pense que vous ne savez pas ce que vous "souhaitez". Vous fantasmez sur quelque chose que, je crois, vous regretteriez vivement d'avoir si vous le possédiez.

Je doute que vous seriez heureux de connaître les abîmes de noirceur et de malveillance que peut receler le mental humain. Parce que chacun a des ténèbres en soi, pires je pense que tout ce que les scénaristes de romans ou de films peuvent imaginer.

Je pense à une parabole connue que je résume ici :

Un jour, un guerrier se rend auprès d'un moine et lui demande :
- Qu'est ce que l'Enfer et qu'est ce que le Paradis ?
Le moine le regard avec mépris, et dit d'un ton moqueur :
- Toi ? Un guerrier ? Sale ? Débraillé ? Laid ? Sentant mauvais ? Tu me demandes ce que sont l'Enfer et le Paradis ?
Le guerrier et alors en proie à une profonde colère, son corps se tend, ses veines s gonflent sur son cou, son visage devient tout rouge et grimaçant, il sort son épée, la lève et s'apprête à frapper le moine avec toute la force de sa haine.
Le moine dit alors :
- Ceci est l'Enfer.
Le guerrier suspend alors son geste. Il comprend. Il lache son arme et fond en larmes éperdu d'amour et de reconnaissance pour ce moine qui est allé jusqu’à risquer sa vie pour lui répondre.
Et le moine de dire :
- Ceci est le Paradis

Le mental humain contient l'Enfer et le Paradis. Vous avez les vôtres et moi les miens. Je doute que vous ayez envie de goûter à l'enfer des autres.

Madhyamaka

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Re: origines des malheurs du monde

Message  Emmanuelle78 le Ven 22 Sep - 22:53

Moi ce qui me chiffonne dans ce sujet c'est le mélange des genres... ou en tout cas, il est question à mon sens de choses distinctes.

Le fait d'admettre en implicite, en postulat, le fait même que nous existons et que nous sommes réels est une base incontournable. Certes dans l'absolu le postulat peut être écarté, mais alors tout se vaut, rien n'a de sens, on a plus qu'à fermer le rideau. Donc ce postulat sert de base, sans qu'il soit pour autant question de croyance ou de peur, il sert de base car il permet de fonctionner dans notre référentiel. Donc soit on fonctionne, soit on ne fonctionne pas. Si on veut fonctionner on part de ce postulat. Bref du coup, c'est à mon sens sans objet de remettre en cause le postulat.

Ensuite, la solitude ontologique est également un fait. Après le postulat que le monde est réel, la solitude ontologique du sujet est ce qui définit l'"être"... La solitude ontologique est ce qui fait l'"être"...
Henri Bergson : esprit et langage

Le vivant est un centre de communication et un centre d'action. Ils se présente comme "un acteur égocentrique" dont "l'activité est entièrement une activité de soi pour soi." L'idée de référence à soi vient juste de se faire jour dans la recherche biologique. C'ets vers cette idée, toutefois, que vont se concentrer de plus en plus les recherches d'un nombres importants de spécialistes ( Löfgren, Gunter, Von foerster, varela, ect..) (Morin, 1980,2,157). Et cela car il est de plus en plus évident que "tout être vivant, de la bactérie à l'homo sapiens" qu'il soit éphémère, particulier, marginal, " se prend comme centre de référence et préférence; il se dispose de la façon la plus naturelle au centre de son univers, et il s'y auto-transcende, c'est à dire qu'il s'élève au dessus du niveau des autres êtres vivants. Il s'affirme, ainsi, dans un site particulier et unique, dans lequel il devient le centre de son univers et d'où il exclut tout autre congénère,  y compris son jumeau homozygote. C'est l'occupation exclusive de ce site égocentrique qui fonde et définit le terme de sujet. (Morin,1980,2,164)
Nous sommes désormais autorisés à supposer "une réflexion de soi archaïque" de la cellule: "Cette réflexion de soi archaïque ne comporte ni représentations, ni images, ni idées. Elle est antérieure à toute réfexions de soi cérébrale qui s'effectue au moyen de représentations (...) Elle est, enfin, inséparable de la praxis auto-organisatrice de l'être. (Morin, 1980,2,189).
"Ce qui produit "l'unité fondamentale du physique, du biologique, du cognitif, c'est le calcul. C'est celui qui produit le je suis C'est à dire l'unité de l'être-individu qui autrement ne serait qu'"un amas de molécule, un fourmillement de réactions physico-chimique, un combinat d'organite et sous-systèmes hétérogènes" (Morin,1980,2,191)

Mais ce concept de solitude ontologique qui est une définition, une conceptualisation de la notion d'"être", n'induit pas pour autant un absolu.

La vie comporte une grande ambivalence... L'individu n'étant pas possible sans d'autres individus. Aucun être vivant n'est seul, la nature est symbiotique. Un être vivant isolé ne peut se concevoir. La notion d'individu peut être également parfois floue en botanique par exemple...

Si on se focalise plus sur l'être humain, sa sociabilité est ce qui l'a amené là où il est. Un être humain ne peut se concevoir seul... Un être humain a besoin d'autres humains pour se construire, pour vivre, pour tout.

L'empathie à l'aide des neurones miroir est un outil social... C'est une potentialité forte et l'éducation, la culture se charge ensuite de définir comment est utilisé cette potentialité.


Mon job est basé sur l'empathie... si je n'arrive pas à ressentir, comprendre et analyser ce que pense la personne en face de moi, incapable de verbaliser, je suis démunie. Je pense effectivement que cela se travaille....
Mais ce n'est qu'un outil, pas la finalité, car l'empathie peut servir aussi à savoir ce qui fera le plus mal à l'autre pour torturer efficacement...

Bref, l'interconnexion du vivant, l'empathie, la sociabilité ne change rien à la solitude ontologique primaire. Mais la solitude ontologique n'est pas une prison... C'est un fait. Ce fait n’empêche pas les "je" d'être également un "nous" car la symbiose est autant incontournable que la solitude ontologique.

Cela me conduit à penser que mettre en avant la solitude ontologique comme une prison infranchissable où l'individu est seul n'est pas une description complète de la réalité et cela biaise à mon sens les réflexions.

Emmanuelle78

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