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Islam : le "paradigme hégémonique" ?

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Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  -Ren- le Sam 1 Juil - 13:00

Le titre fait référence à l'une de mes récentes lectures : http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t43p300-que-lisez-vous-en-ce-moment#64413

Extrait de l'interview de l'auteur dans Le Monde (papier) de ce jour :
Omero Marongiu a écrit:Vous défendez l’idée que les autorités et les prescripteurs de l’islam ne sont pas en mesure d’opposer un contre-discours religieux à Daech (...) car ils partagent une même orthodoxie, une même vision du monde et de l’islam. En quoi consiste-t-elle ?
J’ai résumé cette vision du monde par une expression : le « paradigme hégémonique ». Cette notion contient cinq éléments :

  1. la vision d’un dieu dominateur sur le monde qui est essentiellement préoccupé par le comptage des actions humaines ;
  2. le rapport de soumission à ce dieu qui se traduit par un système de contrainte sur le musulman parfois très violent ;
  3. la nécessité de dominer les non musulmans et le fameux statut de dhimmi ou « protégé » de l’Etat musulman ;
  4. le rapport de domination sur la femme ;
  5. enfin, le contrôle strict de la vie privée et publique par un système de contrainte assez élaboré.
Ces cinq éléments du paradigme hégémonique forment, selon moi, un système cohérent qui continue à structurer la façon dont les leaders religieux musulmans pensent la « société musulmane parfaite » dans un monde qui a changé (...) Ces courants partagent finalement, avec l’islam politique, la même vision de ce que devrait être la société musulmane parfaite. Cette proximité est d’autant plus problématique qu’elle empêche, finalement, de condamner Daech parce qu’il dévoierait l’islam (...)

Depuis deux siècles au moins, des théologiens et des penseurs musulmans produisent des ouvrages de qualité pour poser les jalons d’une lecture critique des textes et de l’histoire de l’islam. Cela les a conduits à critiquer des pans entiers de la charia médiévale mais aussi de l’interprétation du Coran et de l’histoire mythique de l’islam (...) Jusqu’au milieu du XXe siècle, des savants musulmans ont soutenu des thèses de doctorat à la Sorbonne, en français, dans lesquelles ils discutaient les thèses des philosophes contemporains ! De son côté, l’Empire ottoman a entrepris, depuis l’avènement de Soliman le Magnifique au XVIe siècle, de vastes réformes du droit musulman sur le modèle du droit positif – seul le code de la famille est resté sur le modèle de la charia médiévale (...)

Les mouvements islamistes du XXe siècle et le wahhabisme contemporain ont joué un rôle moteur dans la rupture avec le réformisme du XIXe (...) C’est tout d’abord l’émergence des groupes islamistes, au début du XXe siècle, avec en tête les Frères musulmans. C’est ensuite la réorientation des études au sein de l’université d’Al-Azhar, au début des années 1950, qui se traduit entre autres par l’éradication des enseignements éclectiques qui avaient été développés au siècle précédent. C’est enfin l’émergence du wahhabisme sur la scène musulmane mondiale grâce aux pétrodollars. Avec la création de l’université de Médine, au début des années 1960, l’Arabie Saoudite se met à dépenser des sommes colossales (...)

Prenez n’importe quel ouvrage doctrinal musulman, même en langue française, et vous trouverez que son vocabulaire ne change quasiment pas d’un iota par rapport aux ouvrages écrits par les théologiens musulmans au Moyen Age. Vous y trouverez des dispositions juridiques relatives à l’esclavage, même s’il y a parfois une petite précision des auteurs disant qu’ils ont laissé ces dispositions à titre purement historique. C’est très problématique car certains pays musulmans, comme la Mauritanie, le Soudan et plusieurs pays du Golfe, sont confrontés aux pratiques esclavagistes ou même continuent à les légitimer sur la base de cette charia médiévale. Tant qu’il n’y aura pas une rupture claire avec cette charia, rien n’empêchera un groupe de type Daech de se revendiquer d’une lecture puriste de l’islam (...) Aujourd’hui, on assiste à l’émergence d’un malékisme de langue française qui ne bouge pas d’un iota sur les dispositions de la charia médiévale, tout en incitant le musulman à être un bon citoyen respectueux des lois françaises ! (...)

Le travail historico-critique commencé au XIXe siècle a été poursuivi, dans l’espace francophone, par des penseurs musulmans comme Mohammed Arkoun, qui a travaillé sur les « impensés » de l’islam et les « clôtures dogmatiques ». Il faut maintenant faire un pas supplémentaire et proposer des pistes de compréhension de ce qu’a pu être l’islam des premiers temps en éliminant l’histoire mythique (...)

Quelles sont les questions que les musulmans devraient se poser aujourd’hui ?
J’en retiens personnellement deux.

La première est la suivante : dans quelle mesure les leaders religieux musulmans sont-ils capables de désacraliser leur rapport aux textes de l’islam pour produire une pensée ancrée dans le monde d’aujourd’hui et de demain ? Cela renvoie à leur capacité à se détacher de l’histoire mythique de l’islam pour entrer dans une histoire critique, au sens scientifique du terme.

La deuxième question concerne le lien entre le paradigme hégémonique et la normativité, c’est-à-dire la prétention à vouloir gérer, au nom de Dieu, tous les aspects de la vie des individus, en n’hésitant pas à les contraindre par la force ou à les éliminer physiquement s’ils sont soupçonnés de rendre la société impure : Dieu a-t-il réellement besoin de cette façon d’assujettir les gens ?

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  -Ren- le Sam 1 Juil - 13:10

En lien avec ce postulat du problème posé par le "paradigme hégémonique", je rappelle ici les propos de M.Bajrafil dans une interview dont nous avons récemment discuté :
Mohamed Bajrafil a écrit:(...) On essaie de nous placer dans une situation de majorité versus minorité. Or, la jurisprudence musulmane a été établie dans un contexte de majorité et de domination politique des musulmans. On oublie de le rappeler. De la même manière que les Etats-Unis font ce qu’ils veulent, la jurisprudence musulmane est dans une situation qui n’est pas bien différente de celle des Etats-Unis aujourd’hui. Raison pour laquelle on y trouve des choses proprement abracadabrantesques (...)

Il faut affronter en face cet héritage car ce qui est en train de se passer est que certains vont quitter l’islam car d’autres musulmans reviennent à cet héritage (...) La première étape de la solution est donc la reconnaissance du mal que l’on diagnostique pour le guérir, ce qui passe par la fin du déni. Pour 90 % des musulmans, le fiqh c’est l’islam. La distinction entre shari’a et fiqh n’est pas acquise. Certains condamnent les agissements de Daesh sans reconnaître que ces agissements s’appuient sur le fiqh (...)
http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t137p25-oummanitaire-videos-de-mohamed-bajrafil#63028

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  -Ren- le Lun 9 Oct - 20:20

Tribune d'Omero dans Saphirnews (exceptionnellement, je la poste dans son intégralité) :
Il faut euthanasier la tradition musulmane hégémonique

À en croire les diatribes récurrentes de leaders religieux musulmans français à propos du « réformisme », celui-ci serait synonyme de fourvoiement, d'asservissement à l’Occident dominateur, ou encore d'une tentative d’individus égarés pour obtenir de quelconques avantages auprès d'institutions et de représentants politiques.

Pour ma part, j’y vois plutôt une façon de dédouaner l’islam –dans ses aspects historique, civilisationnel et juridique– de toute interrogation et de toute critique. Après les attentats de janvier 2015, j’avais cosigné plusieurs tribunes appelant à une « réforme islamique » et appelant à un débat sur la façon dont l’héritage musulman médiéval doit être analysé, trié, pour être dépassé par une véritable refonte paradigmatique. C’est une position assumée et elle ne date pas de la période post-attentats. Bien au contraire, cela fait maintenant plus de deux siècles que les pays d’islam se débattent de manière acharnée dans l’océan d’une modernité dont ils ont raté les prémices.

L’initiative « Al-Kawakibi pour la réforme islamique », dont j’étais l’un des partisans, avec entre autres Félix Marquardt, Ghaleb Bencheikh et Mohamed Bajrafil, a été l’objet de calomnies venues des milieux islamistes, salafistes et conservateurs. Je me souviens, entre autres, de la façon dont Moncef Zenati, l’un des doctrinaires de Musulmans de France (ex-UOIF) avait utilisé le terme de « crypto-chiites » à notre encontre. Il sous-entendait par-là que nous tentions de déstabiliser l’islam de l’intérieur, à l’instar de ses premiers sectateurs. Sur les réseaux sociaux de tendance salafiste, nous étions qualifiés de musulmans dévoyés, de buveurs, voire de consommateurs de prostituées. Depuis, plusieurs de ces détracteurs ont fait amende honorable et une ébauche de débat a pu émerger, timidement mais sereinement.

Personnellement, cela fait des années que j’ai raccroché les gants du pugilat stérile, en privilégiant le débat avec toutes les sensibilités musulmanes, y compris salafistes et islamistes, quitte à être taxé de naïf ou de complaisant par les partisans des positionnements irréductibles. Aussi, après cette période tendue, les bases d’un dialogue intra-musulman sont plus ou moins consolidées, les tenants de différentes tendances, actifs sur les réseaux sociaux et sur le terrain, ont appris à « s’apprivoiser », même si un bon bout de chemin reste à parcourir.

Au sein même des milieux islamistes, les lignes bougent. J’ai eu l’occasion de débattre en privé, depuis près de quatre ans, avec plusieurs cadres nationaux de l’ex-UOIF. Ceux-ci réprouvent la façon dont l’organisation s’est constituée en référence à l’idéologie des Frères musulmans et sur son évolution depuis la fin des années 1980. Ils critiquent également les jusqu’au-boutistes qui, en interne, prônent une fidélité désuète et anachronique à un système totalisant qui les a conduits dans l’impasse. La culture de l’oralité n’aidant pas, il leur faut maintenant passer le cap de la mise par écrit d’une histoire militante – au-delà des parcours autobiographiques – qui a contribué, clairement, à l’involution des musulmans dans l’aire occidentale.

Nous sommes également plusieurs à avoir accepté de porter un discours, entre autres, sur l’historicisation de l’islam, la critique de l’islamisme, le primat de l’éthique sur le normatif, au sein même de la Rencontre annuelle des musulmans de France. J’en retiens, pour ma part, la faible capacité des acteurs religieux à sortir du cadre totalisant, de l’histoire mythique et de la littérature hagiographique des « pieux prédécesseurs » dans lesquels ils ont été socialisés et qu’ils continuent à ressasser auprès de musulmans déboussolés, en attente d’un discours religieux définitivement ancré dans la réalité.

Le même constat peut être établi au sujet des milieux salafistes et conservateurs. C’est ce qui conduit certainement une grande partie de tous ces leaders et militants religieux à vouloir sacrifier toute approche réformiste sur l’autel de la « fidélité » aux anciens et à vilipender les protagonistes d’une lecture analytique des sources et de l’histoire de l’islam. La controverse se joue également sur le terrain conceptuel. Les réformistes sont ainsi accusés pèle-mêle de s’engouffrer dans les affres du libéralisme et de l’individualisme pour orienter les musulmans vers une forme islamique de « sortie de la religion » à l’instar du christianisme d’Occident. En filigrane, c’est la reconnaissance d’une pluralité intra-musulmane qui est en jeu ainsi que le fait, pour les institutions et des leaders religieux, d’adopter une approche non hégémonique et non coercitive sur les fidèles.

De ce point de vue, la fermeture de « l’espace religieux musulman » à la diversité de la formulation des rapports au croire est plutôt inquiétante. Elle rejoint la thèse que je soutiens depuis de nombreuses années : les institutions et les leaders religieux musulmans, en s’arc-boutant sur une vision de l’islam hors-temps et hors-sol, puisée à un héritage en grande partie obsolète, sont en train d’accélérer la fracture inéluctable avec la majeure partie des musulmans. Et ce n’est pas en poussant des cris d’orfraie ou en se rattachant à la nostalgie de la « tradition » et des « pieux prédécesseurs » que ceux-ci pourront relever le défi de proposer un islam intelligible à un monde qui a définitivement changé.

Depuis quelques mois, c’est du côté de la « Tradition », guénoniste cette fois, que de nouvelles salves sont apparues pour tenter de discréditer les réformismes qui seraient inféodés à la « modernité insolente ». Alors qu’il avait publié, en début d’année 2017, une analyse des quelques problématiques liées à la pensée réformiste, le journaliste et non moins ami Fouad Bahri a publié plus récemment un article dans lequel il accuse les « réformistes-libéraux » d’être ni plus ni moins des agents au service de la destruction de l’islam et des figures de l’autorité religieuse. Leurs armes seraient les sciences humaines et plus particulièrement l’approche déconstructiviste développée par Mohamed Arkoun, pour offrir « un accomplissement individuel sous le sceau de la liberté et de la célébration œcuménique d’un humanisme obtenu au prix d’une révolte métaphysique contre Dieu ».

Quelques jours auparavant, on trouvait sur son site Web Mizane.info, une vidéo intitulée Islam, restauration et non réforme. L’auteur, Slimane Rezki, est écrivain et vice-président de la fondation Conscience soufie, créée par l’islamologue Éric Geoffroy. Dans cette attaque frontale contre les « réformistes » qu’il peine à définir, Slimane Rezki réitère des propos déjà tenus en qualifiant ces derniers de « traîtres, vendus et collabos ». Des noms ont été cités, en privé, mais ils ne sont pas assumés publiquement. De mon point de vue, une telle attitude ne peut seoir à une personne qui co-préside une institution soufie. Plus récemment encore, la barre a été franchie par Sofiane Meziani, professeur d’éthique au lycée Averroès de Lille.

Après son « Petit manifeste contre la démocratie », celui-ci a publié successivement sur Saphirnews trois articles aux titres évocateurs : « En finir avec la démocratie française » en avril 2017, « Réformer l’islam ou le brader ? » et « L’islam, la déconstruction et le redressement de l’Occident » en septembre 2017. Sur un ton de défiance à la France et à la démocratie, l’auteur présente la modernité et les réformistes musulmans, qu’il ne définit pas au demeurant, sous les traits d’une véritable hydre venue profaner la Tradition et l’ordre ancien dans une révolte acharnée contre Dieu.

Sofiane Meziani statue sur le doute chez Descartes, sur la philosophie de la connaissance chez Kant, il revisite la Tradition guénonienne, puis il passe en revue ces musulmans dévoyés au service de l’Occident destructeur, pour aboutir à cettepéroraison : « Les grands maîtres mystiques, au premier rang desquels Ibn Arabi, ont clairement souligné que la Voie (tariqa) conduisant à la Vérité (haqiqa) exige une fidélité sans faille et un respect strict de la Loi (charia). » En résumé, il n’existe point de salut pour le musulman qui ose sortir des limites fixées par les gardiens du temple.

Je passerai sur la façon de ne pas nommer les personnes qu’on cible en entretenant la confusion, cela ne m’intéresse pas. Comme leurs prédécesseurs, ces derniers contradicteurs du « réformisme » sont en train de faire fausse route en se trompant de combat, tout en affirmant à la fois une chose et son contraire. Pour les connaître, je sais qu’ils sont acquis à la nécessité de combattre les interprétations mortifères de l’islam directement issues de l’époque médiévale.

Pourtant, à défaut de les nommer, de les analyser et de condamner leurs propagateurs, ils prennent le relais de la stigmatisation d’une approche critique de l’islam qu’ils ne sont même pas en mesure de restituer dans sa complexité. Cette attitude d’exclusion pose problème dans la mesure où elle freine un débat intra-communautaire serein. On peut user de tous les concepts pour disqualifier l’Occident, fustiger le néo-colonialisme, accuser la modernité de « Tradicide », affubler les « réformistes » de quolibets, discréditer les chercheurs en sciences sociales, tout cela n’est que le soubresaut d’une « tradition musulmane » à l’agonie.

Le courage, s’il y a, c’est d’administrer la dose létale pour euthanasier l’hégémonisme religieux issu de l’islam médiéval qui gangrène les musulmans de par le monde. Certainement pas, en tout cas, de s’en prendre aux penseurs qui, parfois au péril de leur vie, tentent de proposer des voies pour sortir de l’impasse alors que les institutions religieuses se cramponnent aux piliers d’un temple effondré. Ce n’est pas non plus de crier à tue-tête que l’islam est la religion de la paix ou de se raccrocher à des concepts qu’on galvaude en espérant préserver les lambeaux d’une tradition religieuse en loques.

Depuis l’avènement de l’islam, les musulmans ont toujours connu la tradition qui, loin d’être figée, a su épouser les contours des des sociétés où ils ont vécu. C’est un leurre de vouloir les replonger dans un mirage anhistorique où la « fidélité aux anciens » viendrait à nouveau se substituer au primat du rapport intime à Dieu.
http://www.saphirnews.com/Il-faut-euthanasier-la-tradition-musulmane-hegemonique_a24512.html

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  da_niel le Mar 10 Oct - 17:11

"Depuis l’avènement de l’islam, les musulmans ont toujours connu la tradition qui, loin d’être figée, a su épouser les contours des des sociétés où ils ont vécu."

C'est malheureusement inexact.

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  Idriss le Mar 10 Oct - 18:09

Depuis l’avènement de l’islam, les musulmans ont toujours connu la tradition qui, loin d’être figée, a su épouser les contours des des sociétés où ils ont vécu.

Tout à fait exacte ...
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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  gfalco le Mar 10 Oct - 18:30

Il est étonnant de constater que beaucoup ne comprennent pas que le wahhabisme (et l'islam rigoriste qui en découle) est une réforme de l'islam de la fin XIXè - début XXè (donc relativement récente et moderne, bien que pas progressiste pour un sou).
Beaucoup considèrent que cet islam rigoriste est celui qui a prédominé dans l'histoire de l'Islam, pourtant l'histoire nous enseigne l'exact opposé.

Cette réforme saoudienne est bâtie sur une opposition aux valeurs occidentales, ce qui est sa particularité d'ailleurs, puisqu'il se pose en parfait opposant aux valeurs occidentales, contrairement aux autres mouvements dans l'histoire de l'Islam dont la priorité ne fût pas cette opposition.

Le principal problème que pose la lecture des commentaires tels que ceux de daniel, est l'essentialisation de l'Islam autour de (et sa réduction à) la doctrine wahhabite - comme si elle était la seule véridique, ce qui est exactement le parti pris des autorités religieuses wahhabites, à croire que l'on ne trouve parfois pas meilleur allié que parmi ses détracteurs.

Cordialement.

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  -Ren- le Mar 10 Oct - 19:22

gfalco a écrit: beaucoup ne comprennent pas que
...Certains ne veulent pas non plus comprendre... :w:

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  musulman79 le Mar 10 Oct - 21:31

gfalco a écrit:Il est étonnant de constater que beaucoup ne comprennent pas que le wahhabisme (et l'islam rigoriste qui en découle) est une réforme de l'islam de la fin XIXè - début XXè (donc relativement récente et moderne, bien que pas progressiste pour un sou).
Beaucoup considèrent que cet islam rigoriste est celui qui a prédominé dans l'histoire de l'Islam, pourtant l'histoire nous enseigne l'exact opposé.

Cette réforme saoudienne est bâtie sur une opposition aux valeurs occidentales, ce qui est sa particularité d'ailleurs, puisqu'il se pose en parfait opposant aux valeurs occidentales, contrairement aux autres mouvements dans l'histoire de l'Islam dont la priorité ne fût pas cette opposition.

Le principal problème que pose la lecture des commentaires tels que ceux de daniel, est l'essentialisation de l'Islam autour de (et sa réduction à) la doctrine wahhabite - comme si elle était la seule véridique, ce qui est exactement le parti pris des autorités religieuses wahhabites, à croire que l'on ne trouve parfois pas meilleur allié que parmi ses détracteurs.

Cordialement.

Ne trouves-tu pas étrange que ce régime wahhabite qui n'existe qu'en arabie saoudite soit autant protéger par les puissants de l'Occident alors que les valeurs sont en totale opposition ?

N'es-ce pas de la responsabilité de tout gouvernement musulman de denoncer des usurpateurs qui veulent imposer au monde musulman une doctrine relgieuse qui rabaisse l'Islam à un niveau archaique de civilisation ?
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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  gfalco le Mar 10 Oct - 21:58

Je ne trouve pas cela étrange mais profondément logique : ça fait bien longtemps que je considère que les gouvernements ne sont que des outils du pouvoir, et que toute notion de morale en est absente, et l'histoire tend à le prouver de manière systématique.

De plus le pétro-dollar permet d'acheter bien des consciences et de faire renoncer à bien des engagements et cela bien au delà des pays dit "musulmans". Quant à l'archaïsme de ces civilisations, c'est un jugement de valeur qui est émis par l'Occident (jugement qui n'est pas dénué de bon sens) , tout en soutenant bien évidemment ces régimes. Mais la vente d'avions et d'armes pèse bien plus dans la balance qu'aucune notion morale (idem pour la Chine et les US avec la peine de mort et bien d'autres).

Les talibans ont également été soutenus par l'Occident pour combattre l'URSS, pour ensuite en faire un épouvantail. Laurent Fabius a lui-même déclaré que "Al-Nosra fait du bon boulot en Syrie".

Donc étrange - non. Moralement condamnable - oui, mais une fois de plus la morale dans le jeu des puissants n'est qu'une ombre chinoise. Et je n'attends plus grand chose des gouvernements en termes de dénonciations d'injustices - cela relève plus de la sphère civile et associative - selon ce que je connais du monde.

Cordialement.

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  da_niel le Mar 10 Oct - 22:09

gfalco a écrit:Il est étonnant de constater que beaucoup ne comprennent pas que le wahhabisme (et l'islam rigoriste qui en découle) est une réforme de l'islam de la fin XIXè - début XXè (donc relativement récente et moderne, bien que pas progressiste pour un sou).

C'est inexact.Les liens avec l'école hanbalite, une école juridique parfaitement reconnue par les autres et le wahhabisme sont patents.

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  indian le Mer 11 Oct - 1:56

Connaissez vous la théoloqie musulmane, islamique, des Ismaélites Nizarites? Dont l'Imam est l'Aga Kahn...

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  indian le Mer 11 Oct - 1:57

"Depuis l’avènement de l’islam, les musulmans ont toujours connu la tradition qui, loin d’être figée, a su épouser les contours des des sociétés où ils ont vécu."



Tout à fait vrai pour la majorité des branches de toutes les religions.

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  indian le Mer 11 Oct - 1:59

indian a écrit:"Depuis l’avènement de l’islam, les musulmans ont toujours connu la tradition qui, loin d’être figée, a su épouser les contours des des sociétés où ils ont vécu."



Tout à fait vrai pour la majorité des branches de toutes les religions.
C'est même le fondement même de toute religion.

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  gfalco le Mer 11 Oct - 5:49

da_niel a écrit:
gfalco a écrit:Il est étonnant de constater que beaucoup ne comprennent pas que le wahhabisme (et l'islam rigoriste qui en découle) est une réforme de l'islam de la fin XIXè - début XXè (donc relativement récente et moderne, bien que pas progressiste pour un sou).

C'est inexact.Les liens avec l'école hanbalite, une école juridique parfaitement reconnue par les autres et le wahhabisme sont patents.

Qu'est-ce qui est inexact? Vous parlez d'autre chose en signifiant que ce que je dis est inexact. C'est étonnant. Je ne parle pas des liens du wahhabisme avec quelconque école, ni de ce qui l'a inspiré.

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  Thedjezeyri14 le Mer 11 Oct - 5:55

gfalco a écrit:Il est étonnant de constater que beaucoup ne comprennent pas que le wahhabisme (et l'islam rigoriste qui en découle) est une réforme de l'islam de la fin XIXè - début XXè (donc relativement récente et moderne, bien que pas progressiste pour un sou).
Beaucoup considèrent que cet islam rigoriste est celui qui a prédominé dans l'histoire de l'Islam, pourtant l'histoire nous enseigne l'exact opposé.

Cette réforme saoudienne est bâtie sur une opposition aux valeurs occidentales, ce qui est sa particularité d'ailleurs, puisqu'il se pose en parfait opposant aux valeurs occidentales, contrairement aux autres mouvements dans l'histoire de l'Islam dont la priorité ne fût pas cette opposition.

Le principal problème que pose la lecture des commentaires tels que ceux de daniel, est l'essentialisation de l'Islam autour de (et sa réduction à) la doctrine wahhabite - comme si elle était la seule véridique, ce qui est exactement le parti pris des autorités religieuses wahhabites, à croire que l'on ne trouve parfois pas meilleur allié que parmi ses détracteurs.

Cordialement.


Tout a fait !! Je m'etonne toujours de voir des forumeurs non musulmans qui repettent sans cesse que le wahabisme est l'islam authentique.

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  Thedjezeyri14 le Mer 11 Oct - 6:05

da_niel a écrit:
gfalco a écrit:Il est étonnant de constater que beaucoup ne comprennent pas que le wahhabisme (et l'islam rigoriste qui en découle) est une réforme de l'islam de la fin XIXè - début XXè (donc relativement récente et moderne, bien que pas progressiste pour un sou).

C'est inexact.Les liens avec l'école hanbalite, une école juridique parfaitement reconnue par les autres et le wahhabisme sont patents.


Le Hanbalisme represente et a toujours representé a peine 5% des musulmans ensuite, seulement une partie du hanbalisme est partisane d'Ibn taymiya finalement , seulement une partie de ces partisans suit Abdel Wahab donc ,même si les pétrodollars sont entrain de wahabiser les musulmans on est très très loin d'une majorité et encore moins d'une quelconque authenticité .

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  -Ren- le Mer 11 Oct - 6:49

Thedjezeyri14 a écrit: Je m'etonne toujours de voir des forumeurs non musulmans qui repettent sans cesse que le wahabisme est l'islam authentique.
Processus tout naturel de simplification idéologique : ce mouvement sectaire est tellement caricatural qu'il permet toutes les instrumentalisations.

Maintenant, les soucis dont il est question sur ce fil de discussion ne se résument pas au seul wahhabisme ; cf par ex cet extrait de la première interview publiée en haut de cette page :
Prenez n’importe quel ouvrage doctrinal musulman, même en langue française, et vous trouverez que son vocabulaire ne change quasiment pas d’un iota par rapport aux ouvrages écrits par les théologiens musulmans au Moyen Age. Vous y trouverez des dispositions juridiques relatives à l’esclavage, même s’il y a parfois une petite précision des auteurs disant qu’ils ont laissé ces dispositions à titre purement historique. C’est très problématique car certains pays musulmans, comme la Mauritanie, le Soudan et plusieurs pays du Golfe, sont confrontés aux pratiques esclavagistes ou même continuent à les légitimer sur la base de cette charia médiévale. Tant qu’il n’y aura pas une rupture claire avec cette charia, rien n’empêchera un groupe de type Daech de se revendiquer d’une lecture puriste de l’islam (...) Aujourd’hui, on assiste à l’émergence d’un malékisme de langue française qui ne bouge pas d’un iota sur les dispositions de la charia médiévale, tout en incitant le musulman à être un bon citoyen respectueux des lois françaises !

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  Roque le Mer 11 Oct - 9:34

Thedjezeyri14 a écrit: Je m'etonne toujours de voir des forumeurs non musulmans qui repettent sans cesse que le wahabisme est l'islam authentique.
Cher Thedjezeyri14, ce que je vais dire ne va pas vous plaire. Pour ce qui concerne notre pays, ici, je pense que c'est difficilement évitable dans le contexte, dans l'état des informations actuels. Pour quelqu'un qui ne connaît rien de rien à la vie ordinaire des musulmans, à l'Islam, au Coran ... que voit-il, qu'entend-il à longueur de journée ?

Pour moi qui ai vécu en pays d'Islam pendant 28 ans en pays à majorité musulmane, c'est assez différent. Je déplore l'écart qu'il y a entre l'Islam que j'ai connu en Afrique (tolérant jusqu'à une certaine limite : j'ai vécu dans la partie du Niger qui est actuellement aux mains de Boko Haram!) et cet Islam venu d'Arabie. Je vois parfaitement la différence. J'avais une formule pour dire ça, une formule peut-être malheureuse que : " l'Islam noir n'est pas l'Islam blanc ".

Malheureusement cet Islam noir est de plus en plus contaminé par cet Islam blanc, par exemple au Mali à Bamako même - je ne parle même pas de ceux qui crapahutent dans le désert. Il y a un peu le même phénomène à Ndjaména au Tchad ... J’ai régulièrement des informations sur ça par des gens qui y vivent et que je juge fiables - dont certains musulmans. Ce n'est vraiment pas rassurant cette augmentation progressive des femmes en burquas noires, parfois le visage complètement recouvert d'un voile noire avec gants et chaussettes. Pas rassurant non plus la multiplication rapide des mosquées (sans doute financées de l'extérieur) dans tous les quartiers, y compris les quartiers exclusivement peuplés de chrétiens... d'où imposition du muezzin à 04h00 du matin ... (Ndjaména). C'est un phénomène inconnu, ici en France, mais assez mesurable dans ces pays.

Le refus de l'état non religieux est total et manifeste ... dans la pratique quotidienne, difficile d'affirmer que c'est le paradigme qui veut ça ... mais c'est cette minorité active parmi les musulmans (+ leurs financements) qui fait pression sur le reste de la société. Personne ne se cache derrière son petit doigt dans ces pays !

La cohabitation est " pacifique " au quotidien, lors des fêtes (mais il existe cependant une violence économique, des rentes de situations au bénéfices de clans, une violence sur les femmes dans la rue (des pierres si une femme est en pantalon) et la violence institutionnelle d'une justice aux ordres des dominants), mais il ne faut pas idéaliser cette cohabitation dite pacifique, c'est souvent un statu quo, une situation figée ... pas si pacifique de part et d'autre. Beaucoup n'osent pas toucher à cet équilibre fragile par prudence et les plus faibles simplement par peur ou par lassitude. J'en ai une expérience directe de ces choses : ma famille étant en quasi totalité africaine - d'origine musulmane et pour la plupart rejetant si fort ces pratiques qu'ils en sont devenus " chrétiens " (souvent à leur façon ...  :) ).

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  da_niel le Mer 11 Oct - 11:39

indian a écrit:Connaissez vous la théoloqie musulmane, islamique,  des Ismaélites Nizarites? Dont l'Imam est l'Aga Kahn...

Ce sont des marginaux.

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  Thedjezeyri14 le Mer 11 Oct - 15:45

-Ren- a écrit:
Prenez n’importe quel ouvrage doctrinal musulman, même en langue française, et vous trouverez que son vocabulaire ne change quasiment pas d’un iota par rapport aux ouvrages écrits par les théologiens musulmans au Moyen Age. Vous y trouverez des dispositions juridiques relatives à l’esclavage, même s’il y a parfois une petite précision des auteurs disant qu’ils ont laissé ces dispositions à titre purement historique. C’est très problématique car certains pays musulmans, comme la Mauritanie, le Soudan et plusieurs pays du Golfe, sont confrontés aux pratiques esclavagistes ou même continuent à les légitimer sur la base de cette charia médiévale. Tant qu’il n’y aura pas une rupture claire avec cette charia, rien n’empêchera un groupe de type Daech de se revendiquer d’une lecture puriste de l’islam (...) Aujourd’hui, on assiste à l’émergence d’un malékisme de langue française qui ne bouge pas d’un iota sur les dispositions de la charia médiévale, tout en incitant le musulman à être un bon citoyen respectueux des lois françaises !



Je comprend ce que dit l'auteur, moi qui ai baigné dans le millieu savant malékite j'ai enormement de chose a critiquer et a redire, je sais que cette école de pensée s'est figé au 11 ème siècle mais , je sais aussi qu'elle accepte beaucoup mieu la critique et le changement que le Hanbalisme puisque , les Oussoul même de cette école affirment que la raison peut l'emporter sur le texte . Le problème des forum et d'aujourd'hui en géneral , c'est qu'on doit d'abbord prouver que l'islam n'est pas wahabisme pour qu'enfin on puisse critiquer les écoles traditionnels.

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  Thedjezeyri14 le Mer 11 Oct - 16:20

Roque a écrit:
Thedjezeyri14 a écrit: Je m'etonne toujours de voir des forumeurs non musulmans qui repettent sans cesse que le wahabisme est l'islam authentique.
Cher Thedjezeyri14, ce que je vais dire ne va pas vous plaire. Pour ce qui concerne notre pays, ici, je pense que c'est difficilement évitable dans le contexte, dans l'état des informations actuels. Pour quelqu'un qui ne connaît rien de rien à la vie ordinaire des musulmans, à l'Islam, au Coran ... que voit-il, qu'entend-il à longueur de journée ?

Tu n'a pas tort , même si je pense que la majorité a la capacité de faire quelque heures de recherche , je peux aussi comprendre qu'il est assez facil de tomber dans le piège d'ailleur , quand j'en parle autour de moi ,  les gens sont assez bien receptifs et du coup ils sont soulagés.Par contre , dans les forums c'est bien different tu as bel bien essayer de leur( non musulmans)prouver avec des arguments solides rien n'y faire a croire qu'ils se sont fait laver le cerveaux par les salafistes.



Pour moi qui ai vécu en pays d'Islam pendant 28 ans en pays à majorité musulmane, c'est assez différent. Je déplore l'écart qu'il y a entre l'Islam que j'ai connu en Afrique (tolérant jusqu'à une certaine limite : j'ai vécu dans la partie du Niger qui est actuellement aux mains de Boko Haram!) et cet Islam venu d'Arabie. Je vois parfaitement la différence. J'avais une formule pour dire ça, une formule peut-être malheureuse que : " l'Islam noir n'est pas l'Islam blanc ".

Malheureusement cet Islam noir est de plus en plus contaminé par cet Islam blanc, par exemple au Mali à Bamako même - je ne parle même pas de ceux qui crapahutent dans le désert. Il y a un peu le même phénomène à Ndjaména au Tchad ... J’ai régulièrement des informations sur ça par des gens qui y vivent et que je juge fiables - dont certains musulmans. Ce n'est vraiment pas rassurant cette augmentation progressive des femmes en burquas noires, parfois le visage complètement recouvert d'un voile noire avec gants et chaussettes. Pas rassurant non plus la multiplication rapide des mosquées (sans doute financées de l'extérieur) dans tous les quartiers, y compris les quartiers exclusivement peuplés de chrétiens... d'où imposition du muezzin à 04h00 du matin ... (Ndjaména). C'est un phénomène inconnu, ici en France, mais assez mesurable dans ces pays.

Le refus de l'état non religieux est total et manifeste ... dans la pratique quotidienne, difficile d'affirmer que c'est le paradigme qui veut ça ... mais c'est cette minorité active parmi les musulmans (+ leurs financements) qui fait pression sur le reste de la société. Personne ne se cache derrière son petit doigt dans ces pays !

La cohabitation est " pacifique " au quotidien, lors des fêtes (mais il existe cependant une violence économique, des rentes de situations au bénéfices de clans, une violence sur les femmes dans la rue (des pierres si une femme est en pantalon) et la violence institutionnelle d'une justice aux ordres des dominants), mais il ne faut pas idéaliser cette cohabitation dite pacifique, c'est souvent un statu quo, une situation figée ... pas si pacifique de part et d'autre. Beaucoup n'osent pas toucher à cet équilibre fragile par prudence et les plus faibles simplement par peur ou par lassitude. J'en ai une expérience directe de ces choses : ma famille étant en quasi totalité africaine - d'origine musulmane et pour la plupart rejetant si fort ces pratiques qu'ils en sont devenus " chrétiens " (souvent à leur façon ...  :) ).



Ce que tu dis est malheureusement très vrai , je suis de cette géneration neo salafiste , cette vague financé par les pétrodollars est apparu en même temps que les media en trois étapes, une première dans les années 90 avec les secoupe de satellite et le financement de mosqué par les saoudiens ainsi que les prix symboliques de leurs livres alors, que les livres malékites coutent une fortune . Une deuxième étape dans les debut 2000 avec le numérique qui proposait des centaines de chaines salafistes très moderne et bien organisé à un tel point que les prof d'education islamique ne suivaient pkus le programme officiel et preferaient nous enseigner à partir de ces chaines et de livres salafistes et finalement avec l'accès a Internet , la grande majorité des sites est salafistes .
Ceci etant dit , par experience je sais que la majorité des salafistes ne le sont qu'en surface il suffit de leur poser les bonnes question pour les voir remettre en dout cette idéologie et je remarque une certaine prise de conscience parmis les jeunes qui arrivent de plus en plus a diversifier leurs sources .


Dernière édition par Thedjezeyri14 le Mer 11 Oct - 20:02, édité 1 fois

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  indian le Mer 11 Oct - 17:17

da_niel a écrit:
indian a écrit:Connaissez vous la théoloqie musulmane, islamique,  des Ismaélites Nizarites? Dont l'Imam est l'Aga Kahn...

Ce sont des marginaux.

Donc ils ont torts?

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  Roque le Mer 11 Oct - 18:32

Thedjezeyri14 a écrit:Ceci étant dit , par expérience je sais que la majorité des salafistes ne le sont qu'en apparence il suffit de leur poser les bonnes question pour les voir remettre en doute cette idéologie et je remarque une certaine prise de conscience parmis les jeunes qui arrivent de plus en plus a diversifier leurs sources .
Cher Thedjezeyri14, je ne suis plus entouré de personnes pratiquant la religion musulmane depuis un moment. Depuis ma retraite, il y a 8 ans je réside en France exclusivement et n'ai plus de contact au quotidien avec les musulmans (y'a bien une mosquée sur la route de l'Eglise, mais je ne fait que passer comme à coté des écoles juives d'ailleurs ...). Comment évoluent les musulmans très pratiquants (salafis) actuellement, je n'en ai aucune idée.

Mais si après la vague de " radicalisation dure et sommaire " des plus jeunes (pas chez les vieux shibanis venus travailler en France il y a 40 ou 25 ans) vient une autre vague portant d'autres jeunes à rejeter l'idéologie pour une nouvelle prise de conscience, ce sera une véritable grâce de Dieu. Que Dieu vous entende.

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  red1 le Mer 11 Oct - 21:21

Je ne peux m'empêcher de lire ce genre d'article sans me dire qu'ils sombrent dans la démagogie .

Un bouc émissaire c'est toujours utile . Aujourd'hui le wahabbisme est devenu le bouc émissaire de tout les musulmans qui veulent se donner un semblant de crédit chez les "occidentaux" .
D'ailleurs on voit clairement que ces musulmans ne se fondent pas dans la masse et affiche même leur volonté de se désolidariser du monde occidentale . Mais sont ils réellement désolidariser de ce monde ?

ensuite il est très bien de critiquer les puissants , les personnes qui ont un certains pouvoir , les guénoniens , les réformistes , les frères musulmans ... feraient ils mieux s'ils avaient les capacités des wahhabites ? Je n'en sais rien .

Ce que je peux dire c'est que le salafiste et le wahhabite condamnent le jihad armé et les actes terroristes .

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

Message  Thedjezeyri14 le Mer 11 Oct - 22:38

red1 a écrit:Je ne peux m'empêcher de lire ce genre d'article sans me dire qu'ils sombrent dans la démagogie .

Un bouc émissaire c'est toujours utile . Aujourd'hui le wahabbisme est devenu le bouc émissaire de tout les musulmans qui veulent se donner un semblant de crédit chez les "occidentaux" .
D'ailleurs on voit clairement que ces musulmans ne se fondent pas dans la masse et affiche même leur volonté de se désolidariser du monde occidentale . Mais sont ils réellement désolidariser de ce monde ?

ensuite il est très bien de critiquer les puissants , les personnes qui ont un certains pouvoir , les guénoniens , les réformistes , les frères musulmans ... feraient ils mieux s'ils avaient les capacités des wahhabites ? Je n'en sais rien .

Ce que je peux dire c'est que le salafiste et le wahhabite condamnent le jihad armé et les actes terroristes .


Je trouve ton intervention surprenante et interessante à la fois , je passe mon temps moi même a descriditer le salafisme et wahabisme et j'aimerais bien rectifier le tir si je me trompe .


Le salafisme condamnent le Jihad armée ?? Merci de developper .

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Re: Islam : le "paradigme hégémonique" ?

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