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"Dossier Tabou : L'islam en France" ?

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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  dan26 le Sam 18 Nov - 17:11

[quote]
musulman79 a écrit:

Alors si tu te sens envahi et agressé par ces musulmans que tu considères "fanatiques, integristes" , va les combattre par le coeur, les mots, les mains tant que tu apportes du bien et non du mal, mon ami :h:
Voilà comment on déforme les propos , depuis des années et que les sujets deviennent tabou (comme le titre l'indique ), Si tu m'avais lu attentivement mon cher musulman , tu aurais lu que je dis bien que ces fanatiques sont minoritaire , et les modérés majoritaire . Je ne fais donc contrairement à toi aucun amalgame .C'est toi meme et seul qui le fait


Et contrairement à ce que tu peux penser, le systeme laique des pays dit democratiques n' a rien à voir avec le fait ou non d'avoir une pratique religieuse perso ou non mais c'est un autre débat, à discuter dans un autre sujet
je ne comprends pas ta phrase, là aussi tu semble ne aps avoir bien compris .

P.S : je ne suis pas ton ennemi, mon cher Dan26

je ne suis l’ennemi de personne, et n'ai aucun enemi .
Par contre avec tout le respect que je te dois , tu sembles ne pas bien comprendre mes propos . Je n'ai strictement jamais dit que tous les musulmans n'étaient pas les bien venus . Seulement ce qui ne nous respectent pas . Il me semble que c'est simple à comprendre .
Amicalement

dan26
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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  Invité le Sam 18 Nov - 18:37

dan26 a écrit:
musulman79 a écrit:

Alors si tu te sens envahi et agressé par ces musulmans que tu considères "fanatiques, integristes" , va les combattre par le coeur, les mots, les mains tant que tu apportes du bien et non du mal, mon ami :h:
Voilà comment on déforme les propos ,  depuis des années  et que les sujets deviennent  tabou (comme  le titre l'indique ), Si tu m'avais lu attentivement mon cher musulman  , tu aurais lu que je dis bien que ces fanatiques  sont minoritaire , et les  modérés majoritaire . Je ne fais donc contrairement à toi aucun amalgame .C'est toi meme et seul qui le fait


Et contrairement à ce que tu peux penser, le systeme laique des pays dit democratiques n' a rien à voir avec le fait ou non d'avoir une pratique religieuse perso ou non mais c'est un autre débat, à discuter dans un autre sujet
je ne comprends pas ta phrase,  là aussi tu semble ne aps avoir bien compris .

P.S : je ne suis pas ton ennemi, mon cher Dan26

je ne suis l’ennemi de personne,  et n'ai aucun enemi .
Par contre avec tout le respect que je te dois  , tu sembles ne pas bien comprendre mes propos . Je n'ai strictement jamais dit   que  tous les musulmans  n'étaient  pas les bien venus . Seulement ce qui ne nous respectent   pas . Il me semble que c'est simple à comprendre .
Amicalement

Pourquoi es-tu aussi agressif d'un coup ? Es-ce qu'à force d'ètre en opposition avec les autres sur le forum, tu finis par développer une attitude d'auto-défense et de défiance envers celui qui t'appelle "ami" ??

Au contraire je comprends parfaitement tes propos, si la perfection existe dans ce monde, mais toi, comprends-tu mes mots quand je te dis : "je ne suis pas ton ennemi, mon cher Dan26 ?

Que penses-tu de moi ? Un intégriste fanatique à fond pour la charia, un musulman modéré respectueux des gens, un type bizarre débarqué de la planète complot.... ?

Que croix-tu que je pense de toi ? Un chrétien devenu athé à tendance islamophobe, un homme de conviction long à la détente quand on lui veut du bien, un vieux bonhomme aigri par la vie et qui croit comprendre mieux que les autres.... ?

En fait, que croix-tu comprendre en réalité dans ton incompréhension de l'autre ??

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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  -Ren- le Lun 20 Nov - 6:50

dan26 ayant détourné le sujet au service de sa croisade personnelle, je me vois contraint de verrouiller.
Merci de votre compréhension :jap:

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fermeture mosquée

Message  Invité le Jeu 14 Déc - 13:05

Le sujet sur l'Islam de France étant verrouillé je post ici  :


http://www.liberation.fr/france/2017/12/12/marseille-la-mosquee-d-une-des-figures-du-salafisme-en-france-fermee_1616208


La préfecture des Bouches-du-Rhône ferme pour six mois la mosqué As Sounna, dirigée par l’imam El Hadi Doudi.

Marseille : la mosquée d’une des figures du salafisme en France fermée


C’est un coup très dur porté à la mouvance salafiste en France. La préfecture des Bouches-du-Rhône a ordonné la fermeture pour six mois, à partir de jeudi de la mosquée As Sounna, l’une des plus importantes situées dans le centre-ville de Marseille. Au-delà même de la cité phocéenne, le lieu de culte est très renommé à cause de la personnalité et de la notoriété de son imam. Arrivé d’Algérie dans les années 80, El Hadi Doudi a été l’un des introducteurs du salafisme en France, demeurant l’une de ses références.

Pour motiver sa décision, la préfecture des Bouches-du-Rhône invoque des prêches qui légitiment «le djihad armé et la mise à mort des adultères et des apostats».
«On attendait depuis longtemps cette décision», a commenté, mardi, à l’AFP, le vice-président du CRCM (Conseil régional du culte musulman), Abderrahmane Ghoul. «On l’a averti, on a essayé de le convaincre mais malheureusement il n’écoute pas», a-t-il ajouté.
Depuis l’instauration de l’état d’urgence, une vingtaine de mosquées ont fait l’objet d’arrêtés de fermeture. La nouvelle loi antiterroriste, adoptée en octobre, a élargi les possibilités de fermeture des lieux de culte.

La mise en cause directe d’El Hadi Doudi risque de provoquer des remous au sein de la mouvance salafiste française. Il est régulièrement présenté comme la principale figure du salafisme dit quiétiste, c’est-à-dire apolitique et qui a toujours pris garde à se démarquer du terrorisme islamique.

Avec une dizaine d’autres personnalités, il avait signé, en novembre 2015, un communiqué condamnant les attentats qui avaient frappé Paris et le Stade de France à Saint-Denis.

La décision de la préfecture des Bouches-de-Rhône laisse préfigurer une sévérité accrue des autorités à l’égard de ce courant ultrafondamentaliste de l’islam.

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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  -Ren- le Ven 15 Déc - 7:14

Madhyamaka a écrit:Le sujet sur l'Islam de France étant verrouillé
Il ne l'est plus ;)

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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  Invité le Ven 15 Déc - 7:41

Dans ce cas faut transférer le message ci-dessus dedans, il y est davantage à sa place je pense.

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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  -Ren- le Ven 15 Déc - 20:56

Fait ^^

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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  Invité le Ven 15 Déc - 21:03

:poucevert:

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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  yacoub le Ven 29 Déc - 18:15

Ils font rire avec leurs mosquées salafistes. Le salafisme c'est le retour à l'islam de PBSL. Il n'est pas plus radical que modéré.

Il y a des musulmans qui ne veulent pas obéir aux ordres d'Allah, on les appelle modérés. Le vrai musulman est celui qui obéit aux ordres d'Allah
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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  gfalco le Ven 29 Déc - 20:44

yacoub a écrit:Ils font rire avec leurs mosquées salafistes. Le salafisme c'est le retour à l'islam de PBSL. Il n'est pas plus radical que modéré.

Il y a des musulmans qui ne veulent pas obéir aux ordres d'Allah, on les appelle modérés. Le vrai musulman est celui qui obéit aux ordres d'Allah

Ils font rire ces athées et agnostiques qui passent leur temps à expliquer l'Islam aux autres.

Le vrai musulman est celui que vous ne connaissez pas.

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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  -Ren- le Ven 29 Déc - 21:28

yacoub est un apostat de l'Islam avec lequel il vous est inutile de chercher à discuter, il a trop de comptes à régler... Avertissez-nous lorsqu'il joue au troll, c'est suffisant !

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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  Invité le Lun 15 Jan - 12:56

https://blogs.mediapart.fr/variation/blog/040118/la-communaute-un-livre-contre-le-deni


La communauté, un livre contre le déni




4 JANV. 2018 PAR VARIATION BLOG : LE BLOG DE VARIATION


À l'occasion de la sortie du livre de Raphaëlle Bacqué et d'Ariane Chemin, La communauté, Albin Michel, 333 pages, ce jeudi 4 janvier, un formidable dossier sur Trappes en une de l'Obs, sous la direction de Sylvain Courage.


« Dans cette enquête au long cours, Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin déroulent des fils de vies tissés les uns avec les autres, enchevêtrés dans l'histoire nationale et internationale. Elles ne jugent pas, elles retracent sous nos yeux le palimpseste des événements, sérieux ou pas sérieux, absurdes, insignifiants, parfois drôles, parfois tragiques, qui année après année, a façonné un passé dont chacun est, qu'il le sache ou non, plus ou moins tributaire. Un passé fait de pauvreté, d'exil, d'injustice aussi, d'isolement, de ségrégation.


On découvre en suivant ces fils de vie comment Trappes a pu produire tant d'hommes et de femmes qui n'ont survécu à leurs blessures que par des coups d'éclat. On admire leur verve, leur panache. Puis on s'aperçoit que ces stars ont presque toutes été instrumentalisées par le spectacle et le pouvoir. Parallèlement, on suit la lente métamorphose de ce qui n'était au départ qu'une pratique spirituelle parmi d'autres, et l'on voit comment, de déception en déception, « la religion » s'est peu à peu muée en un étendard, un bouclier, une cuirasse identitaire et pour certains une arme qui déshumanise et qui tue. Car cette ville, en quelques années, est devenue la plus grande pépinière de djihadistes d'Europe.


C'est un livre jeté à la face de notre déni. Déni des familles qui ne veulent pas voir que leurs enfants sont des proies faciles pour les islamistes qui quadrillent la ville. Déni des institutions culturelles ou sociales et de leurs représentants qui œuvrent quasiment comme si de rien n'était. Déni des politiques qui se sont nourris des voix de « la communauté » et qui, en dépit des avertissements lancés depuis plus de dix ans (comme celui du très documenté Rapport Obin), n'ont jamais voulu prendre de mesures politiques pour lutter contre les causes d'un tel délitement du lien social et humain. Après avoir lu ce livre, on se demande si ce gouvernement continuera ou non dans le déni. On se dit qu'il y a un moment où, de toute façon, il faudra bien sortir de la schizophrénie dans laquelle nous vivons ! On pense aux morts. À la bêtise humaine. Et l'on aimerait que ce livre, au demeurant si joliment écrit, soit lu et entendu. »


Didier Lemaire, prof de philosophie au Lycée de La Plaine de Neauphle à Trappes


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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  Invité le Dim 11 Fév - 17:23

Huffington post a écrit:
Pourquoi Macron se montre particulièrement prudent sur l'organisation de l'Islam de France

Le président de la République affirme vouloir "avancer touche par touche" sur ce dossier complexe.

POLITIQUE - Code du travail, CSG, éducation nationale... Depuis son élection, Emmanuel Macron a plusieurs fois affiché son ambition "d'aller vite" dans ses réformes. Un rythme effréné qui a surpris jusqu'aux rangs de sa majorité. Il y a pourtant un dossier sur lequel le chef de l'État préfère lever le pied, tant il est sensible et difficile à résoudre: l'organisation de l'islam de France.

Ce dimanche 11 janvier dans le JDD, le président de la République affirme vouloir "poser les jalons" d'une réforme profonde au cours du "premier semestre 2018". Pour le reste, le locataire de l'Elysée fait preuve d'une prudence de Sioux. "Ma méthode pour progresser sur ce sujet, c'est d'avancer touche par touche", a-t-il indiqué, affirmant qu'il en dira davantage "quand le travail sera abouti". Rien avant cet été donc.

Une précaution qui sonne pour ses adversaires politiques comme un aveu de faiblesse. "Emmanuel Macron fait ce qui est devenu pour lui une habitude. Il ouvre des portes, et en réalité il ne les referme jamais", a réagi sur Europe 1 Marine Le Pen, qui pointe le "flou" des pistes évoquées dans le JDD.

Pour autant, Emmanuel Macron a bien des idées en tête. Au dîner du Conseil Français du Culte du Musulman au mois de juin, il a exprimé son souhait de mettre un terme à "l'islam consulaire", c'est à dire l'envoi en France d'imams étrangers. Ce dimanche dans le JDD, son entourage évoque les différentes options qui ont atterri sur son bureau, comme un cadre pour la collecte des dons, une taxe particulière sur le halal pour financer la formation des imams, la possibilité d'un nouveau concordat ou encore la "création de nouvelles instances représentatives".


Des précédents qui incitent à la prudence

Ce ne sont donc pas les idées qui manquent. Mais sur ce sujet précisément, l'expérience des dernières années montrent que c'est surtout la méthode qui conditionne le succès ou l'échec d'une nouvelle organisation.

L'organisation d'un "islam de France" est un serpent de mer qui hante les pouvoirs publics depuis les années 1990. Du Corif ("Conseil de réflexion sur l'islam de France") lancé en 1988 par Pierre Joxe au CFCM (Conseil français du culte musulman) créé par Nicolas Sarkozy en 2003, la représentation des français musulmans n'a jamais trouvé de cadre pour s'épanouir pleinement.

Dans un sondage réalisé par l'Ifop en septembre 2016, on apprenait que seulement 68% des musulmans de France connaissaient le CFCM, pourtant censé les représenter. Par ailleurs, seuls 16% se sentaient représentés par Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris et ex-président du CFCM.

La faute selon certains au fonctionnement complexe et opaque de cette structure, qui a pour effet d'écarter les fidèles de ses recommandations. Autre reproche couramment exprimé, une forme d'immobilisme. "L'échec du CFCM c'est de n'avoir rien fait. On attendait qu'ils se prononcent sur des questions intérieures comme la question de la viande halal, de la burqa ou de la formation des imams, mais ils n'ont rien fait. Il y avait une méfiance à leur égard dès le début, et comme ses membres n'ont pas agi, le CFCM n'a pas gagné de légitimité", expliquait en 2015 à Slate le spécialiste Olivier Roy.

Autre élément montrant les limites de cette structure, moins de 1000 mosquées sont affiliées à cette structure, alors que le territoire compte plus de 2500 lieux de culte.


Quel(s) islam(s) de France?

Outre la spécificité de l'islam qui n'a pas de clergé constitué (et donc d'institutions définies faisant le lien avec les pouvoirs publics), il existe plusieurs sensibilités dans l'exercice du culte. Ce qui peut créer une logique de concurrence dans les structures de représentation.

"Le problème vient essentiellement de la domination de fait du CFCM par les trois fédérations de mosquées des principaux pays d'origine de l'immigration –Algérie, Maroc, Turquie. Le président de la République a souhaité que soit améliorée la représentativité du CFCM", expliquait récemment au Parisien Jean-Pierre Chevènement, nommé par François Hollande à la tête de la Fondation de l'Islam de France.

Emmanuel Macron sait donc qu'il marche sur des œufs en la matière. "Il faut trouver une formule qui tienne compte de la plasticité du sunnisme français, sans que les musulmans soient les otages des rivalités entre leurs pays d'origine", indique au JDD l'islamologue Gilles Keppel, qui conseille le chef de l'État sur le sujet.


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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  -Ren- le Mar 13 Fév - 7:48

L'avis de Rachid Benzine :
Après plus d'une décennie d'existence du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) qui ne peut se prévaloir d'aucune grande réalisation, face au constat de la pénétration profonde du salafisme dans l'Hexagone, et surtout suite aux attentats de 2015 et 2016, on observe une accélération des propositions pour (re)structurer l'organisation et le financement du culte musulman en France. La mission sénatoriale de 2016, la note de Gerald Darmanin sur le sujet (avant de devenir secrétaire d'Etat), ou plus récemment le rapport "Un autre islam est possible" de l'Institut Montaigne repris et commenté dans le dernier ouvrage d'Hakim el Karoui en témoignent. Dans ses voeux aux représentants des cultes, le Président Macron a affiché sa volonté d'en finir avec les problèmes structurels de l'islam de France (manque de représentativité, poids des pays d'origine, blocages divers...) et, dans un entretien pour le JDD paru dimanche 11 février, esquisse quelques pistes. Si cette volonté est louable, il faut bien prendre garde de poser le bon diagnostic sur la réalité de l'islam de France, et partir de la réalité de la "base humaine" plurielle de l'islam de notre pays plutôt que de se précipiter avec des méthodes managériales "top-down".

On ne peut pas considérer que la présence de l'islam en France constitue seulement une "question privée" pour les fidèles de cette religion.
Spoiler:
En effet, une religion, ce n'est pas seulement des convictions intérieures, des pratiques vécues dans l'espace des lieux de culte et dans la famille: c'est, aussi, une manière de comprendre le monde, de vouloir l'organiser, de se comporter dans la relation aux autres et dans l'espace public. L'installation – que l'on peut désormais supposer définitive – de l'islam dans la société française – société où il n'était presque pas présent il y a seulement soixante-dix ans – constitue, de ce fait, une véritable "révolution française". Dans nombre de quartiers de France, la vie de la majorité des gens qui ne sont pourtant pas musulmans, est désormais marquée par cette présence de plus en plus visible, de plus en plus prégnante de l'islam. Le phénomène ira, de surcroit, en augmentant, à la fois parce que les flux migratoires vont dans ce sens, et aussi parce que nous sommes dans une période de "revivalisme" de l'islam dans le monde, un islam militant et ostentatoire. Il faut commencer par poser ce constat sans détour pour affronter les tensions qu'il suscite manifestement au sein de notre société.

C'est une distinction chère à toute une partie de la droite: "Non à un islam en France, oui à un islam de France!". Mais peut-on séparer ainsi les choses?
Spoiler:
L'islam, comme le christianisme, est une religion à dimension universelle. On pourra tenir tous les discours que l'on voudra, le coeur de l'islam restera toujours la Péninsule arabique, et la Grande Mosquée de Paris ne remplacera jamais La Mecque et sa Kaaba! D'ailleurs, demande-t-on aux Juifs de France de vivre un "judaïsme de France"? Aux catholiques ou aux protestants de vivre un "christianisme de France"? (et aux évêques français de rompre leur allégeance au pape de Rome?!). En fait, avec le temps, toute religion à dimension universelle se laisse "colorer" par la culture dominante dans laquelle elle se trouve plongée. Si on compare ce que vivent les musulmans de France et ce que vivent les musulmans de Grande Bretagne , on voit bien qu'il y a des différences liées autant à l'origine historique de ces musulmans (le Maghreb surtout pour la France, le sous-continent indien surtout pour la Grande Bretagne ) qu'aux systèmes politiques différents de la France et de la Grande Bretagne avec des modes d'intégration et des rapports au religieux très différents. Toutes les études montrent qu'à l'heure actuelle (mais cela peut changer ces prochaines années si on laisse les courants fondamentalistes pendre toute la place!), la majorité des musulmans de France, toutes nationalités confondues (mais la majorité a la nationalité française) n'éprouvent aucune difficulté avec le principe de laïcité et la République. L'islam de France existe bien!

La volonté de provoquer une rupture des musulmans de France avec les influences de leurs pays d'origine (principalement: Algérie, Maroc, Tunisie, Sénégal et Turquie), influences souvent désignées sous l'appellation d'"islam consulaire", se comprend, en particulier quand on sait combien le conflit Algérie/Maroc paralyse depuis quarante ans la plupart des initiatives de construction d'institutions musulmanes "françaises". Cette demande de "rompre le cordon ombilical" avec, principalement, l'islam d'Algérie et du Maroc, se retrouve aussi, d'ailleurs, chez un certain nombre d'acteurs musulmans de la scène française, aussi bien de tendances "libérales" que d'appartenances "Frères Musulmans". pour des raisons évidemment différentes. Mais peut-on être sûr que cette option soit la plus raisonnable?
Spoiler:
D'une part, on ne peut négliger le fait que ces pays sont les "pays de coeur" de la majorité des musulmans de France, lesquels sont, pour la majorité d'entre eux, des bi-nationaux. Mettre comme condition à la construction d'un "islam de France" cette rupture, c'est un peu comme si l'on voulait imposer aux Juifs de France la rupture avec les institutions de l'Etat d'Israël, et aux catholiques la rupture avec les institutions du Vatican! Il s'avère, de surcroit, que la plupart des dits pays sont des pays amis de la France, dont les gouvernements sont généralement nos alliés dans la lutte contre le développement et les ravages d'un islam intégriste meurtrier.

D'autre part, quelles garanties pouvons-nous avoir qu'un islam "délivré" des influences étatiques maghrébines, sub-sahariennes ou turques, sera "naturellement" un islam davantage "français", au sens de davantage en harmonie avec l'esprit de la République démocratique et laïque tel que nous sommes nombreux à l'appeler de nos vœux? Le diagnostic que l'on peut poser actuellement sur "l'islam des mosquées" de France ( à distinguer de l'islam de la majorité des musulmans de France qui ne fréquentent pas les lieux de culte pour des motifs divers ) nous oblige à constater que celui-ci est de plus en plus influencé par les grands courants transnationaux, salafistes et Frères Musulmans, qui se sont imposés, ces dernières décennies, comme dominants au sein de l'islam mondial. La plupart des grandes mosquées de France, de nos jours, à l'exception des mosquées de Paris ( liée au gouvernement algérien ), d'Evry et de Saint-Etienne ( liées au trône chérifien ), de Lyon ( dont le recteur veille à une indépendance absolue, mais cela pourra-t-il lui survivre? ) sont davantage sous influence salafiste ou/et Frères Musulmans... et les acteurs de ce raidissement doctrinal et de cette politisation de la religion sont bien des citoyens français, quelles que soient leurs origines! D'ailleurs, les courants Frères Musulmans ont été parmi les premiers, en France, à vouloir cette rupture.

Si l'on a le souci d'un véritable diagnostic de ce qu 'est devenu, en 2018, l'islam des mosquées et des organisations islamiques de France (or ce diagnostic n'existe pas, surtout depuis que les Renseignements Généraux ont été "dynamités" à l'époque de Monsieur Sarkozy ), on relèvera aussi que l'Algérie et le Maroc financent de moins en moins celui-ci, ont de moins en moins d'influence sur lui, les gouvernements de ces pays ayant déjà trop de difficultés à maîtriser ce qui se passe sur la scène islamique de leurs propres frontières. Le seul pouvoir étranger actuellement vraiment très entreprenant sur toute la scène islamique française, est le gouvernement turc islamo-conservateur de Monsieur Erdogan qui, aidé aussi bien de son département religieux international DITIB que du mouvement islamiste Milli Gorus, mène une politique dynamique de construction de grands centres islamiques à travers l'Hexagone, en ayant pour souci d'influencer les musulmans de notre pays bien au-delà de la seule diaspora turque. Une influence qui renforce le courant Frères Musulmans.

L 'honnêteté consiste à reconnaître que, en vérité, nous sommes en "terrain miné". Certes il peut y avoir un islam sous influences étrangères qui se présente comme nocif pour le présent et l'avenir de notre pays, mais il peut y avoir également un islam "délivré" de ces influences étatiques bien plus dommageable encore! La question, dès lors, devrait être d'abord: quel islam appelons-nous de nos vœux pour la France? Seulement, il n'appartient pas, dans un régime laïc, à l'Etat de définir quel doit être le "bon islam" ( ou le "bon christianisme" )! La seule liberté en ce domaine qui reste aux Pouvoirs Publics, est de ne pas se tromper dans les choix de ses partenaires.

Parce que l'islam organisé est une réalité neuve en France, il n'est pas étonnant que celui-ci ne possède pas encore en son sein un corps suffisant de vrais savants religieux. Dès lors, on ne saurait refuser à cet islam de France d'aller chercher la science religieuse là où celle-ci a déjà une longue histoire, en particulier dans les pays d'origine des musulmans de France.
Spoiler:
Quand ces pays et leurs institutions religieuses professent réellement un islam d'ouverture, un islam de la concorde avec les non-musulmans, un islam du refus clair de l'extrémisme meurtrier, dans quel intérêt nous priverions-nous de leur collaboration? De vrais partenariats devraient pouvoir s'ouvrir avec un certain nombre d'institutions religieuses du Maghreb et de l'Afrique sub-saharienne, en particulier pour la formation des cadres religieux, mais aussi pour l'apparition, en France, de vrais lieux de promotion d'une culture savante, autant académique que religieuse. L'islam de France a besoin de ces apports savants traditionnels, mais la France peut certainement apporter, aussi, dans de tels échanges, sa propre habitude de la pensée critique, ses approches profanes du "fait religieux", ses outils universitaires historico-critiques.

Depuis le début des années 1980, les gouvernements français qui se sont succédé ont essayé de faire émerger une structure unique de représentation des musulmans de France. Car même si les institutions de la République se doivent de ne pas interférer dans le domaine religieux, elles ont légitiment la préoccupation d'avoir des interlocuteurs représentatifs des secteurs religieux de la société.
Spoiler:
Avec Pierre Joxe, ministre socialiste de l'Intérieur, il y a eu la tentative de faire naitre une sorte de "Fédération musulmane de France" à l'image de la Fédération protestante de France, réunissant plusieurs courants de l'islam, plusieurs sensibilités, qui a abouti à la création du CORIF (Conseil Représentatif de l'Islam de France).

Charles Pasqua puis Nicolas Sarkozy ont, quant à eux, cédé à la tentation de mener une politique "bonapartiste", imposant aux musulmans une instance représentative comme Napoléon Ier avait imposé le Consistoire et le séminaire rabbinique aux Juifs de France.

Avec Jean-Pierre Chevènement, en partie repris par Nicolas Sarkozy, on a assisté à une volonté de faire émerger une structure élue démocratiquement par les pratiquants musulmans, à partir du nombre de fidèles supposés par lieu de prière. Mais quand les élections organisées sous Nicolas Sarkozy ont marginalisé la Grande mosquée de Paris– et, donc, les priants d'origine algérienne – on s'est vite empressé de "corriger" les élections par des nominations du fait du prince!

En tout cas, aucune de ces tentatives n'a abouti à une situation satisfaisante, pour quatre raisons principales (l'ordre n'est pas hiérarchique):
  1. Le manque de personnalités à la fois savantes, pieuses, consensuelles et désireuses de s'engager au sein des quelque 6 millions de musulmans de France;
  2. le fait que l'immense majorité des musulmans de France se désintéresse de cette problématique et n'est pas en demande d'institutions centralisatrices ;
  3. le fait que les courants musulmans les plus militants ( Frères Musulmans et salafistes ) ont des stratégies parallèles d'organisation et ont tout fait pour saboter les efforts gouvernementaux ;
  4. la rivalité Algérie-Maroc pour la préséance dans l'organisation de l'islam de France et la lutte entre les deux pays à tous les niveaux.


Ces derniers mois, des personnalités (avec l'Institut Montaigne) ont imaginé que l'Etat devrait davantage prendre en mains l'organisation de l'islam, en "ressuscitant" la FOIF ( Fondation des Œuvres de l'islam de France créée à l'instigation de Dominique de Villepin et quasi mort-née) et l'AMIF, l'association qui lui a été associée, en vue de l'existence d'une structure représentative unique. Mais cette proposition se heurte, comme d'autres qui ont précédé, au principe central de la loi de 1905, qui est aujourd'hui une des rares lois considérées par la majorité des Français comme "sacrée": celui de la séparation des Eglises et de l'Etat.
Spoiler:
Nous ne sommes plus à l'époque de Napoléon, imposant aux juifs de France la mise en place du Consistoire israélite et le séminaire rabbinique! Comment pourrait-on imaginer, de nos jours, pouvoir imposer une instance unique de direction du culte musulman dans une société de libertés? Qui imaginerait imposer cela aujourd'hui à d'autres religions, par exemple aux Eglises protestantes de France qui comptent plusieurs fédérations, ou aux Eglise orthodoxes qui comptent plusieurs Eglises séparées? Ainsi, une Fondation de l'islam de France a-t-elle été créé en 2017, mais elle ne porte "que" sur le domaine culturel (très important, du reste) et non sur l'organisation du culte.

Derrière cette aspiration à faire surgir une structure représentative unique, il y a, en particulier, la question du financement de l'organisation de l'islam de France. Il est certain, en effet, qu'il y aurait de l'argent disponible, des acteurs nouveaux avec des projets pourraient surgir.

Avoir le souci de trouver les moyens d'un financement "français" de l'islam de France est, de ce fait, certainement louable. Mais à partir de quelles (re)sources?

– Les revenus du halal (taxe liée au contrôle de la véritable "halalité" des viandes ) dont une partie, recueillie par l'AMIF, pourrait servir à financer les grands projets au service d'un islam de France (construction des mosquées, formation et salariat des imams principalement) ont été évoqués comme piste récurrente. Mais comment, dans une société de libertés, l'Etat pourrait-il prétendre organiser le financement du culte musulman ?
A fortiori partir d'une norme cultuelle toute relative... Les Eglises comme les institutions juives accepteraient-elles une telle tutelle pour elles-mêmes? Certes le ministère de l'agriculture a compétence pour délivrer les autorisations de certification halal (et rappeler les normes environnementales et sanitaires à respecter). Mais la compétence de l'Etat peut-elle aller au-delà? Actuellement, trois institutions musulmanes bénéficient de ce privilège du contrôle de la licéité et en retirent des revenus appréciables: Grande mosquée de Paris, Grande mosquée d'Evry, Grande mosquée de Lyon. Envisage-t-on d'élargir le privilège à d'autres? Les trois institutions précitées vivent aujourd'hui essentiellement grâce à cet argent. Sans lui, elles auraient beaucoup plus de difficultés!

– Ont été également évoqués les revenus de l'organisation du pèlerinage aux Lieux Saints de l'islam (hajj), dont une partie, recueillie par l'AMIF, pourrait servir aux mêmes buts qu'une partie de l'argent du halal. Va-t-on, aussi, contrôler les revenus des pèlerinages chrétiens, à Lourdes, à Rome ou à Jérusalem? Comment dans une société libérale et laïque peut-on imaginer imposer une "taxe religieuse" que l'on ferait peser sur des entreprises privées?

– La centralisation et le contrôle de la "zakat", "impôt religieux volontaire", a enfin été évoquée. Il serait recueilli par l'AMIF et servirait aux mêmes buts que l'argent récupéré sur le halal et sur le pèlerinage. Va-t-on, pareillement, introduire un contrôle étatique sur le recueil du "denier de l'Eglise" et sur les dons des fidèles juifs aux synagogues? Comment peut-on imaginer un pareil "régime d'exception", contraire à nos lois et à la Constitution?

Ces dernières années, de nombreux responsables politiques ont préconisé que soit interdit tout financement étranger de l'islam. Ainsi, il serait possible de recevoir de l'argent étranger pour toutes les activités possibles (entreprises, clubs de foot, télévision, etc ), et non pour des entreprises religieuses? On ne voit pas bien, là aussi, comment cela serait légalement possible? Et ferait-on là encore une distinction entre l'islam et les autres religions? La cathédrale russe de Paris récemment construite l'a été avec des fonds russes! Des églises chrétiennes de rite oriental installées en France ont aussi bénéficié, ces dernières années, de fonds étrangers ( notamment libanais ). De même des Eglises évangéliques peuvent avoir des subventions venues de l'étranger (USA, en particulier ). Au plan financement, peut être vérifiée la licéité des fonds versés, comme pour tout financement, mais c'est probablement tout ce qui peut être fait!

Lorsqu'il s'agit de l'argent venu d'Algérie (de plus en plus rare) ou du Maroc, pays amis et d'où est originaire la majorité des musulmans de France, doit-on se plaindre de cette solidarité et s'en priver? La Grande mosquée d'Evry et la Grande mosquée de Saint-Etienne ont été en grande partie payées par le Maroc. Cela constitue-t'il un dangereux trouble à l'ordre public? Celle d'Evry a bénéficié aussi d'argent saoudien, comme la Grande mosquée de Lyon. Pour autant, l'influence saoudienne y est manifestement sans importance.

L'islam de France manque encore cruellement de cadres religieux bien formés intellectuellement. Vouloir aider à l'émergence d'un "islam savant" est, dès lors, certainement respectable. En même temps, ce n'est pas à l'Etat laïque qu'il appartient de s'immiscer dans le contenu de la formation des "ministres du culte", qu'ils soient musulmans, juifs, chrétiens, bouddhistes...

L'Etat peut seulement faire deux choses:
1) – D'une part vérifier que les cadres religieux qui interviennent dans des institutions fermées (Armée, prisons, hôpitaux, lycées... ) dépendantes de l'Etat ou de Collectivités locales et qui bénéficient d'un traitement ou d'un défraiement public, puissent faire état d'une formation sérieuse, notamment d'une formation à la connaissance des institutions de la République. Depuis quelques années, de telles formations à la connaissance des institutions républicaines existent à travers les Diplômes Universitaires civils et civiques (désormais au nombre de 18 à travers la France) et c'est une très bonne chose.
2) – D'autre part favoriser la recherche et l'enseignement académiques sur l'islam dans les Universités et dans l'Education Nationale en général, de sorte que les gens puissent accéder à une approche critique et pas seulement pieuse ou idéologique de cette religion (comme des autres religions ).

Depuis plusieurs années, des voix se font aussi entendre pour dénoncer le fait que la plupart des associations musulmanes sont sous le régime de la loi sur les associations de 1901 et pas sous le régime des associations religieuses et des congrégations de 1905. Mais il se trouve que le régime de 1901 est moins contraignant! Et les musulmans ne sont pas les seuls à le préférer à celui de 1905: il en va ainsi aussi de toutes les Communautés évangéliques très dynamiques en France. Vouloir, de surcroit, restreindre l'usage du régime de 1901, serait s'en prendre au droit d'association.

Parmi les autres propositions relevées dans le rapport de l'Institut Montaigne:
– Une modification de la Loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905, en vue, d'établir une réelle égalité entre les cultes présents en France avant 1905 et ceux présents depuis.
Des propositions – dont la première serait "révolutionnaires" -- à ce sujet:
a) municipaliser tous les lieux de culte chrétiens, musulmans construits en France depuis 1905 ;
b) inclure la possibilité "d'unions d'associations" relevant aussi bien du régime des associations selon la loi de 1901 et selon la loi de 1905.
Aujourd'hui déjà, les municipalités n'arrivent pas à entretenir l'immense patrimoine immobilier religieux de France. Comment imaginer que de nouvelles charges leur soient imposées? Les municipalités ne sauraient accepter pareille proposition. De plus, les Eglises ne sont probablement pas prêtes à abandonner aujourd'hui toute une part de ce qu'elles possèdent encore.

– Faire passer le Bureau des Cultes du Ministère de l'Intérieur à celui du Cabinet du Premier Ministre.. Le rattachement au Ministère de l'Intérieur se justifie notamment par le fait que le Ministre de l'Intérieur est garant de la liberté de culte et de l'ordre public et qu'il dispose des moyens de coercition pour faire respecter ce droit ( police et gendarmerie), ce qui n'est ni la fonction ni les prérogatives de Matignon.

– La création d'un Secrétariat d'Etat pour les religions et la laïcité auprès du Premier ministre. Quel serait le rôle et les prérogatives d'un tel membre du gouvernement? Etre un "commissaire politique" chargé des religions? Là encore, ce serait en contradiction avec la loi de 1905, selon laquelle "la République ne reconnaît aucun culte".

Je souhaite terminer ce billet en soulignant qu'actuellement, une tendance particulière de l'islam –souvent celle inspirée par les Frères Musulmans– se construit dans la discrétion, avec des citoyens français, sans chercher à mettre à contribution l'Etat. A côté de tout un "islam officiel", existe un autre islam "non-officiel" et certainement encore mieux organisé. Qui connaît celui-ci au sein des responsables politiques? Aujourd'hui en France, il manque d'une bonne connaissance de "l'islam réel", celui des "gens ordinaires", comme d'une bonne connaissance de "l'islam militant" qui est probablement l'islam qui dominera demain si nous posons les mauvais diagnostics et apportons les mauvaises réponses à la problématique (complexe) de l'organisation du culte musulman en France.
http://www.huffingtonpost.fr/rachid-benzine/les-fausses-pistes-autour-de-lislam-de-france_a_23358648/

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Re: "Dossier Tabou : L'islam en France" ?

Message  Idriss le Ven 30 Mar - 17:54

ARRÊT SUR IMAGES

BELATTAR : "J'AI INVITÉ PUJADAS À BOIRE UN VERRE AU BAR DE SEVRAN"
Valls, Macron, CCIF, Printemps Républicain : Yassine Belattar parle

Mais pourquoi tant de haine ? Depuis de longs mois, un humoriste en France est objet de la vindicte vigilante de quelques twittos bien organisés, et aussi de certains responsables politiques alors que tout de même d’autres responsables politiques, parfois même très éminents, le protègent discrètement. Pourquoi tant de haine contre Yassine Belattar, alors qu’il pratique un humour, somme toute, bienveillant, ou chacun en prend pour son grade. Est-ce que ça veut dire que décidément, certains ne supportent pas la réussite en France d’un artiste surnommé Yassine, ou alors cette aversion contre vous est elle aussi provoquée par votre propre désir de vous instituer en symbole des victimes de l’islamophobie en France. Grand entretien avec l’humoriste Yassine Belattar, animateur des "30 Glorieuses" sur Radio Nova, en tournée avec son spectacle "Ingérable" et animateur du podcast "Indéfendable".

Spoiler:
DE LA NOMINATION DE BELATTAR AU CONSEIL PRÉSIDENTIEL DES VILLES
Retour sur la dernière polémique en date : le 13 mars, le Bondy Blog révèle que Yassine Belattar (déjà reçu en juillet 2016 sur notre plateau) a été approché, parmi d’autres personnalités, pour faire partie du nouveau conseil présidentiel des villes d’Emmanuel Macron. Une décision qui déplaît fortement à l’ancien premier ministre, Manuel Valls, qui la qualifie de "faute". Mais qu’est-ce donc que le conseil présidentiel des villes ? Il s’agit de réunir des membres de la société civile pour évoquer leurs expériences liées à la banlieue, explique Belattar. "Ce qui m’inquiète vraiment, c’est l’islamisation des quartiers", confie l’humoriste : "Le fait qu’on les a tellement appelés musulmans qu'aujourd'hui, beaucoup de gens dans les quartiers se considèrent davantage comme musulmans que comme Français".

Mais quelle efficacité pour ce conseil, alors qu’une mission est déjà menée par l'ancien ministre Jean-Louis Borloo, à laquelle collabore également Belattar, pour faire des propositions pour les quartiers et leurs habitants ? Un rapport, prévu au départ pour mars, n’a pas encore été rendu. Et la mission ne se déroule pas sans accroc, au vu de la démission, mardi 27 mars, du maire de Sevran Stéphane Gatignon. La goutte d’eau ? Une réunion avec Borloo, le ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard… et le chien de ce dernier, qui a aboyé. "Le ministre, quand il vient avec son chien, il n’est plus ministre", note Belattar. "Ça montre qu’il y a des maires qui n’en peuvent plus, et qui tentent de parler avec un Etat qui, parfois, ne s’en rend pas compte". Comment changer cela ? "La vraie question c’est : qu’est-ce qu’un Français peut faire aujourd'hui pour aider l’Etat ?", insiste Belattar, qui précise qu’il n’est pas payé pour participer au conseil présidentiel des villes. "Nous on est juste des médecins, on pose des diagnostique, mais c’est pas moi qui opère, c’est le rôle de Macron".

BELATTAR INVESTIT DANS LE BAR "INTERDIT AUX FEMMES"
Retour sur la ville de Sevran : Yassine Belattar a annoncé avoir investi dans le "Jockey Club". Le fameux bar "interdit aux femmes" (selon le JT de France 2 en décembre 2016) – et qui ne l’était pas, comme l’avaient prouvés le Bondy Blog et notre propre émission. "Le but c’est que ça ne soit pas le bar de Sevran, mais un bar à Sevran". Pourtant, aucun journaliste ne l’a contacté pour rencontrer le patron du bar, regrette l’humoriste. "Quand on fait une erreur journalistique, qu’est-ce que ça nous coûte de s’excuser ?". Il explique avoir même invité David Pujadas, ancien présentateur du JT de France 2, à "boire un verre" dans le fameux bar. Invitation renouvelée sur notre plateau. Pujadas a-t-il admis que ce reportage sur le bar de Sevran était erroné ? "Pour lui c’est pas un histoire de faux, parce qu’il a pas tous les bons interlocuteurs – il a qu’une moitié de la vérité", modère Belattar.

UN ARTICLE OUTRANCIER DE MARIANNE CONTRE BELATTAR
Retour maintenant sur "l’affaire Marianne". Mi-décembre, l’hebdomadaire publie un article au vitriol, qualifiant Yassine Belattar de "faux clown et vrai danger", faisant dans le "déni de l’islamisme" et "shooté au néo-racisme". Au cœur de ces reproches : une citation tronquée et modifiée. A cette occasion, on a appris qu’Emmanuel Macron avait envoyé des SMS de soutien à Belattar.

La vérité rétablie, l'histoire est-elle finie ? "Je peux faire 700 émissions de bon sens, ça ne vaudra jamais le bad buzz qu’a enclenché Marianne". Belattar explique souffrir encore aujourd'hui de l’insinuation d’antisémitisme véhiculée par Marianne. "Qu’est-ce que c’est que cette connerie de journalisme d’opinion, où on peut insulter quelqu'un et dire « mais j’ai juste donné mon point de vue »", s'énerve l'humoriste. "Sur le service public, on a remplacé des émissions comme Arrêt sur images par des gens comme Eric Zemmour".

LE PRINTEMPS RÉPUBLICAIN CONTRE BELATTAR
Mais qui est derrière ces attaques et accusations répétées contre Belattar ? Parmi ses détracteurs, le Printemps Républicain, un mouvement politique lancé en mars 2016. Il a été co-fondé par le politologue Laurent Bouvet, récemment nommé au "Conseil des sages" du ministre de l’éducation, et Gilles Clavreul, à l’époque délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra), placé sous l’autorité de Manuel Valls, à l’époque premier ministre. Ils se présentent comme un mouvement de défense de la laïcité, mais leurs détracteurs leur reprochent d’en avoir une vision trop radicale. Le Printemps Républicain s’est distingué ces deux dernières années par les multiples batailles et polémiques Twitter déclenchées au fil des semaines sur des sujets se rapportant très souvent à l’islam et la laïcité. Dernière grosse polémique en date : ils ont été accusés d’avoir poussé au départ de la jeune chanteuse Mennel Ibtissem de The Voice.

Parmi les reproches principaux faits à Belattar : celui selon lequel celui-ci serait proche du CCIF, le collectif contre l’islamophobie en France. Le CCIF existe depuis une quinzaine d’années, et est très actif médiatiquement depuis une petite dizaine d’années. Il est notamment à l’origine d’un rapport annuel recensant les actes d’islamophobie En 2015, l’humoriste a animé leur gala annuel. "A ce moment-là, je n’ai aucun problème à animer ce gala", se souvient Belattar. "Ça raconte quelque chose en France, le CCIF". Mais les contacts avec le CCIF s’arrêtent là, ajoute l’humoriste. "Depuis maintenant trois ans, la ligne dans laquelle a pu aller le CCIF, a pu ne pas être la mienne". Concernant par exemple la non-sélection de Karim Benzema en coupe de l’Euro, dénoncée par le CCIF. "Je n’aime pas qu’on racialise tout, d’un côté comme de l’autre". Yassine Belattar dénonce les campagnes menées par le Printemps Républicain, contre Mennel Ibtissem ou encore Rokhaya Diallo (nommée puis évincée du Conseil national du numérique).

Belattar dénonce une forme de radicalisation de la laïcité. "Pendant trente ans, on m’a volé le mot patriote, c’était le mot du FN. Je suis très fier de dire que je suis patriote. Maintenant j’enclenche un nouveau combat, c’est le mot laïcité". Malgré les conséquences néfastes que cela peut avoir : Belattar rappelle que sept de ses dates de spectacle ont été annulées. "Si je n’avais pas fait partie de l’espace médiatique, j’aurais été balayé", maintient l'humoriste. Cette entreprise de "dieudonnisation" n’est-elle pas contrebalancée par le soutien de Macron ? Non, pour l’humoriste.

En novembre 2017, Yassine Belattar qualifiait Manuel Valls de "premier ministre sordide". Y aurait-il un Belattar sur scène, et un autre sur les plateaux ? "Je parle avec mon cœur, avec mes tripes", se défend Belattar, quel que soit le lieu. "Le terreau de la haine n’était pas celui sur lequel je voulais m’appuyer pour faire des blagues", admet-il. Pourtant, des événements comme le meurtre de Mireille Knoll ne peuvent que l’inquiéter.

"JE NE SOUTIENS PAS AVEUGLÉMENT EMMANUEL MACRON"

N’est-ce pas gênant d’être proche de présidents de la République, que ce soit François Hollande ou Emmanuel Macron, quand le travail d’un humoriste est aussi de se moquer des politiques ? Comment Yassine Belattar perçoit-il le projet économique macronien ? "Je pense que l’ubérisation de la société est extrêmement préjudiciable", répond l'humoriste. "Oui je suis indigné qu’on ait pris 5€ sur les APL, sur la façon dont on traite les migrants". Même ton sur le projet de privatisation de la SNCF : "Je ne soutiens pas aveuglément Emmanuel Macron".

"Toute l’actualité me touche, évidemment". Mais "si je commence à m’engager sur la cause des migrants, je vais mal le faire, je ne suis pas légitime". Yassine Belattar, donc, se concentre sur les banlieues. Avec un nouveau projet, notamment : il a aidé Théo Luhaka, agressé il y a plus d’un an par des policiers (nous avions consacré une émission à cette affaire), à fonder une association. L’idée : demander à des footballeurs français de reverser 1% de leur salaire pour que cet argent soit reversé dans la construction d’équipements culturels. "Mon rôle, c’est de construire des ponts : si les gens aujourd'hui arrivent à rire avec moi d’eux-mêmes, ce sera une belle victoire".

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