Dialogue-Abraham
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Invitation au Carême 2016

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Invitation au Carême 2016

Message  Roque le Jeu 11 Fév - 10:09

Beaucoup de monde hier dans ma paroisse en ce début de Carême. Je note que ce phénomène est de plus en plus net d'année en année. Le rituel de l'imposition des cendres semble être très parlant malgré son " archaïsme " ...

Cette attraction pour le Dieu, trois fois Saint, cette réponse à l'invitation de l'intériorité (méditation et prière) et du don gratuit - si contraires à l'ambiance sur les médias et sur la scène politique (!) - font lentement leur chemin. Le Père qui voit au plus profond du secret nous attend et nous conduit.
Sermon de saint Charbel (Youssef Antoun Makhlouf), 1890  

" La prière vous sanctifie, ne la sanctifiez pas. Le jeûne vous fortifie, ne le divinisez pas. Les mortifications vous purifient, ne les adorez pas. Vos chants sont faits pour louer Dieu, mais ne les glorifiez pas. N'échangez pas le Christ contre des discours sur lui, car ainsi vous adoreriez ce que vous dites. N'identifiez pas les expressions à la vérité, car ces locutions passeront pour la vérité. Pour vous, jamais la parole ne sera plus importante que l'idée qu'elle exprime, ni la pensée plus importante que la vérité qu'elle contient. Jamais le coffre-fort ne peut être plus important que le trésor qu'il contient, ni le verre plus important que le vin qu'il contient, ni la boulangerie plus importante que le pain, ni le tabernacle plus important que le Saint-Sacrement. "

:arrow: Sur le Blog de Patrice de Plunkett : 11 février 2016 (je ne parviens pas à copier le lien !)

Roque

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Re: Invitation au Carême 2016

Message  Idriss le Jeu 11 Fév - 18:45

Bon entrée en Carême à tous , puisse-t-il vous rapprochez de Dieu puisse que cela semble être le but!

Roque a écrit:Beaucoup de monde hier dans ma paroisse en ce début de Carême. Je note que ce phénomène est de plus en plus net d'année en année. Le rituel de l'imposition des cendres semble être très parlant malgré son " archaïsme " ...

Pour mémoire:
Wikipédia a écrit:
Mercredi des Cendres
Pour les catholiques, le mercredi des Cendres, lendemain du Mardi gras, est un jour de pénitence qui marque le début du Carême. C'est une fête mobile. Chez les Églises d'Orient, c'est le Lundi Pur qui marque l'entrée en Carême deux jours avant le mercredi des Cendres, soit 48 jours avant la fête de Pâques.
Présentation générale:

Le terme pénitence peut se résumer en trois actions : la prière, l'aumône et le jeûne. Le but essentiel est de se préparer à la fête de Pâques, résurrection du Christ. C'est une manière concrète pour le catholique de s'unir à Jésus Christ, qui lui-même a jeûné quarante jours dans le désert pour se préparer à sa mission, celle de sa mort et de sa résurrection. C'est aussi l'occasion de se détacher de tout ce qui éloigne de Dieu, c'est pourquoi le jeûne ne prend pas toujours la forme de « privation de nourriture », mais peut être plus large. Aussi, se priver de nourriture permet de mieux prendre conscience de ce que tant d'êtres humains sur Terre vivent au quotidien, et rester dans une attitude d'accueil : que le prochain en difficulté ne nous soit pas étranger (cf. Deus caritas est, 15). En effet, l'apôtre saint Jean dit dans sa Première Lettre « Si quelqu’un possède des richesses de ce monde et, voyant son frère dans la nécessité, lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? » (1Jn 3,17). Dans les premières communautés chrétiennes, ce qui était mis de côté par ceux qui jeûnaient était redistribué aux pauvres.

Dans l'église catholique, les fidèles se rendent à l'église pour assister à une célébration, où le prêtre après la proclamation de l'Évangile et de l'homélie leur trace une croix sur le front avec de la cendre, en prononçant ce verset de l'Évangile selon saint Marc (Mc 1,15): « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile. » ou bien ce verset de la Genèse (Gn 3,19): « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » (en latin, Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris)1. Cette cérémonie fut instituée par Grégoire Ier aux alentours de l'an 591. L'imposition de cendres au front du pénitent est une évocation symbolique de la mort. Ces cendres sont obtenues en brûlant les rameaux bénis l'année précédente le Dimanche des Rameaux. Les cendres sont elles-mêmes bénites solennellement pendant la célébration.

Les fidèles qui suivent le rite catholique-romain sont tenus à l'abstinence et au jeûne le Mercredi des Cendres (canons 1249 à 1251 du Code de Droit Canonique) sauf cas particuliers (jeunes enfants, personnes malades, personnes âgées, personnes ayant un métier physiquement difficile)


L'imposition de cendres au front du pénitent est une évocation symbolique de la mort. Ces cendres sont obtenues en brûlant les rameaux bénis l'année précédente le Dimanche des Rameaux. Les cendres sont elles-mêmes bénites solennellement pendant la célébration.

Pourquoi qualifier ce rituel d’archaïsme?

Il me semble que les rituels font parti de la Tradition ( Celle de Guénon  avec un T majuscule ) . Les rituels répondent à un besoin, et ils sont efficients.  Assumez avec fierté et conviction, ne lâchez rien,  n'abandonnez pas le terrain aux traditionalistes!
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Re: Invitation au Carême 2016

Message  Idriss le Jeu 11 Fév - 18:49

Roque a écrit:Sur le Blog de Patrice de Plunkett : 11 février 2016 (je ne parviens pas à copier le lien !)


http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/02/11/que-le-tabernacle%C2%A0ne-soit-pas-plus-important-que-le-saint-sa-5758408.html

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Re: Invitation au Carême 2016

Message  Idriss le Jeu 11 Fév - 20:36


Des centaines de millions de chrétiens entrent discrètement en carême de par le monde

Rédigé par Henry Fautrad | Mercredi 10 Février 2016

Le carême commence ce mercredi 10 février et s’achèvera dimanche 27 mars. D’une durée de 40 jours, il est une période de prière, de jeûne, de partage et un temps de préparation à la fête de Pâques. Le P. Henry Fautrad, prêtre dans la ville du Mans (Sarthe) et délégué diocésain en charge des relations avec l’islam, est souvent sollicité par des musulmans pour leur expliquer ce que vivent les chrétiens. Il nous fait partager ici son texte consacré au carême

Spoiler:

Les chrétiens consentent spirituellement à une mise en quarantaine volontaire pour accueillir de façon purifiée la grande nouveauté apportée par le Christ-Jésus : la libération de la mort et des péchés par Dieu lui-même. Le chiffre 40 intervient souvent dans la Bible pour dire « libération », «nouvelle vie », « nouvelle naissance ».

Le carême, c’est naître de nouveau à Pâques. Durant ces 40 jours, comme Jésus nous vivons :
• une prière intime,
• un jeûne sans spectacle,
• une aumône secrète.

Car le Seigneur invite toujours ses disciples à faire chaque chose « sans tambour ni trompette » (Évangile, selon Saint Matthieu 6). Seul compte en effet la vérité de la décision de l’intelligence en harmonie avec la générosité du cœur.

Le temps du carême est associé au désert, en particulier en raison des 40 jours qu’y passe le Christ-Jésus. Mais cette référence au désert ne va-t-elle pas chercher plus loin dans les Saintes Écritures ?

Le carême est un voyage au désert

Le temps du carême s’enracine dans la tradition d’Israël qui pérégrine vers sa libération durant deux générations depuis la terre d’esclavage jusqu’à la Terre promise. C’est un parcours dynamique qui s’offre à une famille humaine élue, renouvelée sans cesse, par la souveraine liberté de Dieu. La purification d’Israël ne peut s’accomplir sans pérégrination. Mais on ne peut comprendre la dynamique de l’exode permanent que si l’on fait mention de la tour de Babel et de l’orgueil humain : « Construisons-nous une ville... et nous ne serons jamais dispersés sur toute la terre » (Genèse 11, 4).

Des centaines de millions de chrétiens entrent discrètement en carême de par le monde
La cité des hommes est toujours bâtie dans l’objectif d’un confortable repli sur soi. Au contraire, le départ en voyage avec l’insécurité qu’il comporte conduit à la confiance. C’est le cas de la mise en route d’Abraham : « Va, quitte ton pays… va vers le pays que je te montrerai » (Genèse 12, 1).

La condition de l’homme est ainsi définie par une aventure permanente sur proposition divine. Le carême s’organise en 40 jours dès le IVe siècle en référence aux 40 jours de Jésus dans le désert reprenant la période libératrice d’Israël peuple élu, peuple choisi par Dieu pour toujours.

L’Église a choisi cet exercice liturgique comme préparation à la célébration de Pâques. Elle l’inscrit dans la liturgie comme un temps conséquent et renouvelable de pérégrination nécessaire à toute conversion intérieure, c’est-à-dire de reddition de la volonté propre entre les mains de son Seigneur.

Certaines expériences deviennent de véritables pédagogies divines
J’ai découvert le Sahara en 1992. Saisi par cette immensité, je partis quelques jours en retraite avec des amis et des guides chameliers. À mesure que nous quittions l’activité du monde, le silence se faisait progressivement et chacun retenait ses paroles. L’air était frais et je le sentais comme jamais, à chaque respiration et sur mon visage, j’expérimentais simplement le fait de vivre à la manière d’un arrêt sur image.

Une prise de conscience s’opérait tout simplement. Le silence, la confiance en nos guides, le ciel d’azur, le panorama ouvert à perte de vue, tout conduisait à la réflexion. Le soir venu, lors du bivouac, je contemplais un ciel immense, l’univers semblait à portée de main. Je ne parvenais pas à fermer les yeux devant un firmament que je n’avais jamais contemplé en 22 années de vie !

Pourtant, la marche au Sahara fut une rude épreuve pour tous dès le lendemain matin. L’exotisme des premiers instants avait disparu. Chacun faisait l’expérience de sa dépendance au groupe et de sa vulnérabilité dans l’environnement hostile. Chacun apparaissait de plus en plus à découvert, sans artifice. Nous étions mis face à nos propres fragilités.

La monotonie des paysages occasionnait une contemplation plus intérieure, une quête plus personnelle. C’est la question du sens qui s’impose progressivement. Les prières bibliques quotidiennes permettent une rencontre cœur à cœur avec Dieu comme on en a rarement dans le tourbillon des activités habituelles.

La nudité de ces espaces rend plus tangible la transcendance de Dieu. En réalité, la première fois on ne sait pas pourquoi on va au désert. En revanche, on y retourne comme par nécessité de répondre à un appel, un appel spirituel, un appel mystique, un appel divin.

Nous parlons souvent du désert en paroisse dans les églises pour illustrer le dépouillement du Christ dans son offrande, pour inviter au silence qui fait surgir la Parole de Dieu et redonner à chacun sa dimension de pèlerin de l’existence dans son carême annuel.

La vie chrétienne du XXIe siècle en milieu urbain s’organise dans un cadre de vie où le temps est compté, le bruit omniprésent et la vie communautaire à la fois épisodique et distendue. Il faut inventer chaque année un itinéraire adapté, invitant à la conversion et à l’apaisement.

Dans nos quartiers populaires sévit une grande misère sociale liée à la détresse économique, à la précarisation de l’humain ainsi qu’aux blessures relationnelles multiples. La vie paroissiale est devenue un creuset de la rencontre.

Les chrétiens inventent sans cesse de nouveaux chemins grâce à la Tradition
Voici trois exemples d’itinéraires de Carême : « Prière-Pain-Pomme ».

Chaque vendredi midi de carême, nous proposons une itinérance œcuménique dans des lieux de culte chrétiens de toute la ville. Permettant de se réapproprier le jeûne par la frugalité offerte du pain, de l’eau et d’une pomme. Le temps de prière fixe ensemble le regard de tous vers l’essentiel qui est le Christ, en qui nulle division ne tient.

Des centaines de millions de chrétiens entrent discrètement en carême de par le monde
Il y a ensuite le Chemin de croix, préparé par des migrants qui nous emportent dans leur formidable élan au-delà des frontières du confort et du consumérisme, pour nous enseigner à sortir de nos sédentarités pour devenir nomade à la rencontre des autres.

Enfin, un pèlerinage urbain de quelques kilomètres à pied permet de rejoindre le cœur de la cité d’où jaillit autrefois la proclamation de l’Évangile, au premier temps de notre diocèse au tombeau de saint Julien du Maine. Cette marche permet de faire mémoire de la naissance de la foi depuis Jérusalem jusque dans nos contrées.

Être croyant dans les grandes villes des temps postmodernes

Le désert, avec ce qu’il comporte d’inconfort, d’hostilité, de monotonie et de sécheresse, se retrouve comme composante interne, habituelle de la vie des êtres dans les quartiers des grandes villes.

C’est pour cette raison que la perspective pastorale ne consiste pas tant à ajouter du jeûne aux privations alimentaires, de l’aridité à la sécheresse relationnelle ou du silence à l’angoissante solitude des gens déplacés ou abandonnés ; que de donner du sens à chaque élément de l’existence.

Expérimenter sa désolation, c’est aspirer déjà à la consolation. Si nous partageons l’expérience du désert pour transmettre que l’Espérance d’une oasis habite tous les déserts. Je conclurai avec cette phrase : « Je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur » (Prophète Osée 2, 16). 

Pâques arrivera bientôt, tout en fleur, promesse de vie éternelle en Dieu. Amen.
http://www.saphirnews.com/Des-centaines-de-millions-de-chretiens-entrent-discretement-en-careme-de-par-le-monde_a21965.html
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Re: Invitation au Carême 2016

Message  Idriss le Jeu 11 Fév - 20:49

Le carême, c’est naître de nouveau à Pâques. Durant ces 40 jours, comme Jésus nous vivons :
• une prière intime,
• un jeûne sans spectacle,
• une aumône secrète.

Cette dimension intime et secrète du Carême m'avait échappée jusqu'à présent! C'est un différence notable avec le ramadan...
Le coté moins ostentatoire c'est pas mal. Cependant la dimension collective du Ramadan c'est pas mal non plus!
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Re: Invitation au Carême 2016

Message  Roque le Ven 12 Fév - 12:09

Idriss a écrit:
Le carême, c’est naître de nouveau à Pâques. Durant ces 40 jours, comme Jésus nous vivons :
• une prière intime,
• un jeûne sans spectacle,
• une aumône secrète.

Cette dimension intime et secrète du Carême m'avait échappée jusqu'à présent!  C'est un différence notable avec le ramadan...
Le coté moins ostentatoire c'est pas mal. Cependant la dimension collective du Ramadan c'est pas mal non plus!
Cette prescription du secret trouve son origine dans l'enseignement même de Jésus sur les pratiques pieuses des juifs : l'aumône, la prière et le jeûne (Mt 6, 1-18). Jésus y dénonce des pratiques concrètes de son temps : la pratique de la religion " pour attirer les regards ", l'appel " au clairon " des pauvres pour l'aumône publique aux abord des lieux de culte, les longues prières dans les lieux de cultes ou " dans les rues " afin d'être vus des hommes " - et la prière consistant à rabâcher croyant qu'on se fait exaucer par Dieu " à force de paroles ".

Mais les hommes ont - avec le temps - inventé beaucoup d'autres manières de pratiquer la religion avec ostentation.

Pour moi ce texte a deux idées de fond :

- Sur la question de la " récompense " : celui qui cherche le " regard des hommes " n'aura d'autre récompense que cette notoriété parmi les hommes et n'aura rien auprès du Père dans les cieux. Cela réduit à néant la " religion de la récompense ", autrement dit : la religion des " mérites " quand elle est pratiquée avec ostentation ou en rabâchant - c'est à dire une religion de pratiques extérieures et mécanique sans engagement du cœur et de l'esprit. Cette religion que prône Jésus est celle du plus grand détachement - notamment intérieur - où aucune récompense n'est attendue autre que celle que Dieu donnera en Son temps. Cette religion est une religion " sans marchandage " avec Dieu (Jn 2, 16). Cette religion " sans rabâchage ", je dirais que c'est la " religion de la vigilance " à laquelle Jésus appelle souvent. Une attitude intérieure sans temps mort, réellement très difficile, il faut l'avouer.

Accessoirement, l'idée d'un Dieu situé dans les nuages (si chère aux athées ... qui justement ne connaissent rien en cette matière) n'est pas validée. Ce que Jésus met au centre de cet enseignement ce sont plutôt les deux conditions très simples (la chambre retirée et verrouillée + chercher Dieu " dans le secret ") pour être dans la proximité du Dieu Transcendant au sein de sa propre maison - sans même se rendre au Temple.

Autre remarque : Celui qui donnera la récompense est " votre Père qui est aux cieux " (Mt 6, 1) et ton Père qui voit dans le secret (Mt 6, 6-7). Dieu " au cieux " ou " dans le secret " sont donc deux formulations qu'on peut considérer de sens équivalent dans les Evangiles - elles ne désignent pas un lieu concret.

Saint Charbel met en garde, justement, contre cette tendance au " confort spirituel ", au " ron-ron " dans nos petites limites et au glissement insidieux vers  religion appuyé sur des pratiques codifiées et finalement " matérialistes ". Saint Charbel dit en effet : " La prière vous sanctifie, ne la sanctifiez pas. Le jeûne vous fortifie, ne le divinisez pas. Les mortifications vous purifient, ne les adorez pas. etc .... " Sans imprévu, ni innovation, ni dérangement, ni déstabilisation, etc ... à quelle " vie spirituelle " véritable pouvons-nous prétendre ?

Spoiler:

" Gardez-vous de pratiquer votre religion devant les hommes pour attirer leurs regards; sinon, pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux " ou " Quand donc tu fais l'aumône, ne le fais pas claironner devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, en vue de la gloire qui vient des hommes. En vérité, je vous le déclare: ils ont reçu leur récompense. " ou " Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air sombre, comme font les hypocrites: ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. En vérité, je vous le déclare: ils ont reçu leur récompense. "


- Sur la question de la prière : le Dieu auquel Jésus s'adresse et nous dit de nous adresser n'est pas " extérieur " à l'homme, mais Jésus Le situe " dans la chambre la plus retirée " - après avoir verrouillé la porte - et là le Père est " dans le secret ". Jésus donne donc des conditions pratiques pour la prière et un " critère d'auto-évaluation " intérieur à l'homme qui est la recherche du " vis à vis avec Dieu " dans le plus secret - c'est à dire également au plus secret de soi-même. C'est éventuellement une voie d'union à Dieu puisque cherchant Dieu dans le plus secret, on tend a tourner son regard vers Dieu seul et il peut arriver de s'oublier soi-même.

Spoiler:


" Pour toi, quand tu veux prier, entre dans ta chambre la plus retirée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le secret. Et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. "


Je pense que cette clause du secret s'applique d'abord aux actes personnels de chaque jour. Pour la question des assemblées, c'est un peu différent. Ces célébrations collectives sont un moyen irremplaçable de transmettre et de vivre ensemble les grandes convictions qui constituent notre foi - entre chrétiens (dogme très développé). Elles me semblent indispensables (en dehors même de l'aspect sacramentel) et cependant l'ostentation que Jésus condamne radicalement peut s'y retrouver effectivement.

Ce phénomène d'ostentation est plus fréquent s'il y a des avantages matériels ou de réputation à être pratiquants (religion d'Etat, théocratie, moralisme social, ...), si on pratique une religion des mérites (comptabilité des pratiques qui s'additionnent en vue d'une récompense de Dieu). Il y a une pratique chez les catholiques qui s'apparente à cette religion des mérites : ce sont les " indulgences ". Malgré mes efforts, je ne la comprends pas du tout !

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Re: Invitation au Carême 2016

Message  Idriss le Ven 12 Fév - 16:25

Salam Roque

Le sujet de l'ostentation est un sujet riche , commun à toute les religions. Cela nous éloigne un peu du sujet de Carême.
De plus nous sommes dans la partie enseignement débat interne christianisme aussi, plutôt que de commenter ta contribution fort instructive, je propose d'ouvrir un nouveau sujet dans général:

http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t2831-de-l-ostentation-dans-les-religions#59048
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Re: Invitation au Carême 2016

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