Dialogue-Abraham
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Message  -Ren- le Mar 2 Fév - 12:43

2016 sera peut-être une autre année historique :)
Plus de 50 ans après la demande formulée par le patriarche œcuménique Athenagoras, 14 Églises orthodoxes seront réunies en juin pour aborder des questions comme la diaspora, l’autonomie de Églises, le sacrement du mariage et les relations de l’Eglise orthodoxe avec le reste du monde chrétien

Le grand concile panorthodoxe se déroulera à l'Académie orthodoxe de Crète, du 16 au 27 juin. La synaxe des primats des Eglises orthodoxes, réunis à Chambésy près de Genève, a confirmé, le 28 janvier, la tenue de la rencontre historique, rapporte l’agence Apic.

Selon le P. Viorel Ionita, consultant à la réunion de préparation du concile, la rencontre de Genève a permis de mettre d’accord les 14 Eglises présentes sur les thèmes soumis à l’examen du Concile de juin. Celui-ci aura ainsi pour tâche d’aborder la mission de l’Eglise orthodoxe dans le monde contemporain, la question de la diaspora, l’autonomie et la façon de la proclamer, le sacrement du mariage et ses empêchements, l’importance du jeûne et son application aujourd’hui, ainsi que les relations de l’Eglise orthodoxe avec le reste du monde chrétien, précisent les patriarches dans un communiqué.

« Nous avons pu ressentir lors de cette assemblée que ce sont seulement nos traditions culturelles qui sont différentes, mais nous partageons une même théologie et nous constituons une seule et même Eglise », affirme le P. Viorel Ionita, qui assure que les différences de vue ayant pu exister entre les patriarcats de Moscou et Constantinople se sont effacées. Les deux grands pôles orthodoxes étaient en particulier en désaccord sur les modalités de vote au concile. Il a finalement été décidé que les décisions devaient être prises à l'unanimité des 14 Eglises (...)
http://www.lavie.fr/religion/orthodoxie/le-concile-panorthodoxe-confirme-en-crete-29-01-2016-70247_541.php

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Message  -Ren- le Mar 2 Fév - 12:47

Le père Alexandre Volkov, chef du service de presse du patriarcat de Moscou, confirme que le Concile panorthodoxe sera tenu le 19 juin en Crête en précisant que l'île grecque située dans la juridiction du patriarche de Constantinople et «offre les conditions les plus favorables: il y a une salle de 400 places, des possibilités d'hébergement et la Crète organise souvent toutes sortes de conférences, y compris théologiques » (...)

Les dirigeants orthodoxes seraient donc parvenus à s'accorder l'ordre du jour pour ce grand concile panorthodoxe sans précédent qui se tiendra en Crète en Juin comme annoncé précédemment. Les trois sujets prioritaires seraient :
- L'autonomie dans les églises orthodoxes;
- L'importance de jeûne.
- Les relations entre l'Eglise orthodoxe et d'autres groupes chrétiens;

Les sujets suivants ont été retirés faute d'accord:
- Proclamation de l'autocéphalie,
- Diptyques,
- Établissement d'un calendrier commun.

Quatre points restent à régler avant la réunion en Crète:
- Le fonctionnement du Concile
- Les invitations d'observateurs,
- L'assurance que les décisions du Concile seront considérées comme valides
- L'exigence d'un consensus dans toutes les déclarations officielles (...)

Notons d'abord qu'avec ses 50 participants cette réunion constitue un "modèle réduit" du Concile (à l'échelle 1/8 environ). L'obtention d'un accord, même à minima, constitue évidement un évènement historique sans précédent.

Nous savions qu'un consensus avait été atteint en commission préparatoire sur l'autonomie et le jeûne. L'accord sur l'important sujet des relations interconfessionnelles (le mot "œcuménisme" aurait été banni…) est par contre nouveau !

Les questions écartées sont à l'évidence au cœur des désaccords et les primats semblent avoir décidé qu'un Concile à minima serait déjà un succès historique et ouvrirait la voie à une poursuite des discussions… Mais celles qui "restent à régler avant la réunion en Crète" sont aussi des points d'achoppement, en particulier la question du consensus liée aux règles de fonctionnement, qui semble être une condition sine qua non de la participation de certaines Églises et de la réception des décisions du Concile…

Remarquons aussi l'absence de la question de la diaspora, alors même qu'il y en avait plusieurs représentants à Chambésy.
http://www.egliserusse.eu/blogdiscussion/L-ordre-du-jour-du-Concile-panorthodoxe-est-adopte_a4598.html

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Message  -Ren- le Mar 2 Fév - 12:49

Communiqué de la synaxe des primats des Églises orthodoxes à Chambésy, 21-28 janvier 2016

Sur l’invitation de Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée, la synaxe des primats des Églises orthodoxes autocéphales a eu lieu au Centre orthodoxe du Patriarcat œcuménique à Genève-Chambésy du 21 au 28 janvier 2016.

Les primats suivants y ont assisté : Patriarche Œcuménique Bartholomée; Patriarche Théodore d’Alexandrie; Patriarche Théophile de Jérusalem; Patriarche Cyrille de Moscou; Patriarche Irénée de Serbie; Patriarche Daniel de Roumanie; Patriarche Néophyte de Bulgarie; Patriarche Élie de Géorgie; Archevêque Chrysostome de Chypre; Archevêque Anastase d’Albanie; Archevêque Rastislav des Terres tchèques et de Slovaquie

Les primats suivants ont été dans l’impossibilité de participer : Leurs Béatitudes le patriarche Jean X d’Antioche et le métropolite Sava de Varsovie et de toute la Pologne, ce pour des raisons de santé, et l’archevêque Jérôme d’Athènes et de toute la Grèce, pour des raisons personnelles. Néanmoins, tous les trois ont été représentés par des délégations officielles de leurs Églises.

Les primats des Églises orthodoxes se sont réunis afin de finaliser les textes destinés au Saint et Grand Concile. Dans le cadre de la synaxe, le dimanche 24 janvier, la divine liturgie a été célébrée en la sainte église stavropégique Saint-Paul. Avec le patriarche œcuménique, qui présidait, leurs Béatitudes et chefs des délégations des Églises orthodoxes ont concélébré la liturgie, à l’exception du chef de délégation du Patriarcat d’Antioche.

Pendant la synaxe, dont les sessions ont été tenues dans l’esprit apostolique de « professer la vérité dans la charité » (Eph. 4,15), dans la concorde et la compréhension, les primats ont affirmé leur décision de convoquer le Saint et Grand Concile. Celui-ci sera tenu à l’Académie orthodoxe de Crète du 16 au 27 juin 2016. À cette fin, les primats invoquent humblement la grâce et la bénédiction de la Sainte Trinité et invitent ardemment à la prière le plérôme de l’Église, clergé et laïcs, durant la période menant au Saint et Grand Concile et durant celui-ci.

Les thèmes approuvés officiellement pour examen et adoption par le Saint et Grand Concile sont : La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain, la diaspora orthodoxe, l’autonomie et la façon de la proclamer, le sacrement du mariage et ses empêchements, l’importance du jeûne et son application aujourd’hui, et les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien. Par décision des primats, tous les documents approuvés seront publiés.

Les primats ont également discuté et défini l’établissement d’un secrétariat panorthodoxe, le règlement interne du Concile, la participation d’observateurs non-orthodoxes lors des sessions d’ouverture et de clôture, ainsi que les coûts budgétaires relatifs au Concile.

En outre, les primats ont exprimé leur soutien pour les chrétiens persécutés du Moyen-Orient et leur préoccupation constante pour les deux métropolites, Paul Yazigi du Patriarcat d’Antioche et Gregorios Yohanna Ibrahim de l’Archidiocèse Syriaque, qui ont été kidnappés.

Les débats de la synaxe ont pris fin le mercredi soir 27 janvier 2016 par le discours de clôture de Sa Toute-Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée.
http://www.trinite-hilaire.com/concile-panorthodoxe/

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Message  -Ren- le Ven 17 Juin - 12:05

(...) « Il les appela tous à l'unité ». Le message évangélique de ce «saint et grand concile» devait marquer la concorde retrouvée de la «communion orthodoxe». Forte de 250 millions de fidèles, cette dernière regroupe 14 Eglises autocéphales, à savoir des Eglises gouvernées par elles-mêmes.

Mais la longue «divine liturgie» inaugurale n'offrira pas au monde l'image d'unité escomptée. Plusieurs primats seront absents. Fâché de se voir disputer sa juridiction sur le Qatar par le primat de Jérusalem, le patriarcat d'Antioche a été le premier à demander un report.

Puis les Eglises de Bulgarie et de Géorgie ont annoncé qu'elles ne feraient pas le voyage. Elles critiquent notamment l'absence de plusieurs «thèmes importants». Quant à celle de Serbie, elle considère le rendez-vous crétois comme une simple réunion préparatoire.

L'Eglise russe s'est appuyée sur ces oppositions pour demander un ajournement et porter ce qui ressemble à un coup de grâce. Sans Moscou, le concile aura du mal à se dire «panorthodoxe». La Russie représente démographiquement la moitié de la communion orthodoxe (...) Mais le patriarche oecuménique de Constantinople Bartholomée, président du concile, ne compte pas renoncer à «son» assemblée (...)

Préparée depuis plus de cinquante ans, la tenue de ce concile a été actée fin janvier lors d'une synaxe (sommet des primats) à Genève. La règle du consensus a été choisie pour l'élaboration des textes, au risque de favoriser les plus petits dénominateurs communs. « Il n'y a que six sujets à l'ordre du jour et au moins la moitié paraissent assez mineurs aux yeux du monde », cingle l'historien Antoine Arjakovsky (...) « On dit parfois que le seul vrai point à l'agenda c'est la photo de groupe », glisse le spécialiste de l'orthodoxie Jean-François Colosimo (...)

Au moins 500 évêques et 250 conseillers, sans compter les observateurs, sont attendus du 19 au 26 juin à l'Académie orthodoxe de Crète près de La Canée, dans le nord-ouest de l'île. La date n'a pas été choisie au hasard : dimanche sonnera pour les orthodoxes la Pentecôte, la fête de l'Eglise chez les chrétiens.

L'événement est très attendu. D'autant plus que les hiérarques orthodoxes ne se sont pas réunis en grand concile depuis celui de Nicée II en 787
http://www.tdg.ch/monde/La-Crete-accueille-un-concile-orthodoxe-/story/25159921

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Message  -Ren- le Ven 17 Juin - 12:08

L’Eglise orthodoxe russe a exprimé sa “certitude que la libre participation des délégations de toutes les Eglises orthodoxes autocéphales reconnues de tous était une condition nécessaire à la tenue du Concile panorthodoxe“, peut-on lire sur le site internet du Patriarcat de Moscou. L’institution remarque qu'”il était particulièrement important de résoudre avant le Concile les difficultés intervenues dans les relations des Patriarcats d’Antioche et de Jérusalem”

Les Eglises de Bulgarie, de Géorgie, de Serbie et d’Antioche ont déjà annoncé qu’elles ne participeraient pas au premier rassemblement panorthodoxe depuis mille ans. Toutes demandent des amendements à certains documents préliminaires que les 14 Eglises autocéphales doivent promulguer en Crète, et qu’un nouveau Concile soit convoqué (...)

Le professeur de théologie russe Vladislav Petrushko s’étonne, sur le site internet orthodoxe Pravmir.ru, que les difficultés en rapport à la tenue du Concile aient surgi de façon si tardive. Il se demande pourquoi, s’il y a eu des erreurs dans la préparation du Concile, elles n’ont pas été déclarées ouvertement et directement traitées de façon appropriée.

Le site internet du Patriarcat de Moscou explique ainsi “qu’un travail d’étude des remarques critiques émanant de l’épiscopat, du clergé et des laïcs” sur les projets de documents conciliaires, publiés après la Synaxe préparatoire, qui s’est déroulée du 22 au 28 janvier 2016 à Chambésy, près de Genève, a pu être examiné seulement le 3 juin. Le rapport est arrivé aux mêmes conclusions que les quatre autres Eglises réfractaires sur la nécessité d’amender un certains nombre de documents préliminaires. Suite à quoi, le Patriarcat moscovite a émis la proposition d’une “assemblée préconciliaire panorthodoxe extraordinaire” immédiatement refusée par l’Eglise de Constantinople, notamment à cause des délais extrêmement courts que cela aurait impliqué. Le patriarcat de Moscou affirme donc que la seule solution possible “est de poursuivre le travail de préparation du Saint et Grand Concile et de parvenir à un accord de l’ensemble des Eglises orthodoxes sur sa tenue à d’autres dates” (...)

Selon de nombreux commentateurs, la principale pierre d’achoppement du Concile est l’ancienne rivalité entre le Patriarcat de Moscou et celui de Constantinople pour acquérir une forme d’hégémonie sur l’orthodoxie. L’Eglise russe, qui regroupe entre un tiers et la moitié des fidèles orthodoxes, a pour elle la puissance démographique et économique, alors que le Patriarcat de Constantinople revendique son rôle d’Eglise historique. Le différend est augmenté par le soutien de Constantinople à une Eglise ukrainienne séparée du Patriarcat de Moscou. Ce dernier reproche également au patriarche Bartholomée 1er d’être trop proche des Etats-Unis (...)
https://www.cath.ch/newsf/leglise-orthodoxe-russe-refuse-de-participer-concile/

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Message  -Ren- le Ven 17 Juin - 12:12

Interview du métropolite Niphon, archevêque de Târgovişte (Patriarcat de Roumanie) :
Votre Éminence, à quel point le saint et grand Concile est-il important pour la vie de l’Église orthodoxe ?
Le saint et grand Concile est très important pour toute l’orthodoxie et au-delà, parce que c’est un événement qui a été préparé pendant presque cinq décennies. Il provient du besoin de manifester l’unité et la joie de se trouver ensemble dans une fraternité conciliaire. C’est pourquoi la synaxe des primats orthodoxes, en 2014 et au mois de juin 2016, a décidé de tenir le Concile et de le réunir en juin 2016. Il est important également en fonction de l’importance des thèmes choisis durant le processus de préparation, et la majorité d’entre eux ont été approuvés par la dernière synaxe des primats orthodoxes. Nous sommes conscients qu’il y a de nombreuses autres questions encore concernant l’Église au XXIème siècle, qui nécessiteraient une future attention de la part de toute l’orthodoxie, au moyen de conciles panorthodoxes qui auraient lieu à l’avenir. Je suppose que chaque orthodoxe souhaiterait voir dans l’événement présent une expression de la conciliarité globale et de l’unité, même s’il y a différentes nuances d’opinion ayant pour but d’améliorer les documents qui pourraient être adoptés.

Peu de jours avant la tenue du Concile, dont l’un des objectifs est de souligner l’unité de l’Église orthodoxe une, il semble que cette unité doit être testée, l’orthodoxie semble faire face à une crise. Êtes-vous préoccupé par le fait que certaines Églises autocéphales se mettent à l’écart, voire même ne viennent pas finalement au Concile ?
Oui, nous sommes à la fois préoccupés et optimistes au sujet de certains problèmes soulevés par certaines Églises autocéphales orthodoxes sœurs. Nous sommes également tristes que bien des nuances de ces problèmes ne soient pas résolus jusqu’à maintenant, comme c’est le cas, par exemple, du conflit entre les patriarches d’Antioche et de Jérusalem. Le fait qu’il y a certains malentendus dans notre monde orthodoxe sur différents sujets signifie que nous avons réellement besoin de la réunion d’un Concile panorthodoxe, nous avons besoin de cheminer ensemble et d’essayer de les clarifier dans un esprit d’unité et de responsabilité pour l’amour de notre orthodoxie (...)

Pensez-vous que le saint Concile aidera au dialogue avec les autres Églises et confessions chrétiennes ?
Le monde d’aujourd’hui qui est le nôtre a besoin du dialogue dans de nombreux domaines, parce que le dialogue représente une occasion pour la mission et le témoignage de l’orthodoxie. Les dialogues pourraient être utiles si nous procédons périodiquement « à des évaluations sérieuses des rencontres théologiques afin de s’assurer qu’elles sont sur la bonne voie constructive », comme l’a dit S.B. le patriarche de Roumanie Daniel. Nous espérions que le saint Concile pourrait aider à diriger correctement le dialogue avec nos amis chrétiens non-orthodoxes. Ce dialogue devrait être un témoignage de la vérité de l’Église orthodoxe en direction des communautés non orthodoxes (...)
http://orthodoxie.com/le-metropolite-niphon-patriarcat-de-roumanie-le-saint-et-grand-concile-est-important-pour-toute-lorthodoxie-et-au-dela/

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Message  -Ren- le Ven 17 Juin - 16:03

Lu sur FB :
Le Saint et Grand Concile panorthodoxe :
son programme – ses acteurs – ses enjeux

Conférence du P. Michel Kubler, aa
- Centre St Pierre- St André de Bucarest, 15/06/2016 -

* Introduction

= Hier, en fin d’après-midi, le Bureau de presse du concile panorthodoxe a publié un communiqué avec ce titre : « L’Église orthodoxe se réunit en Crète – Le saint et grand Concile se poursuit ». L’expression paraît étrange : pour que le concile puisse « se poursuivre », il fallait d’abord qu’il ait commencé !
Spoiler:
Or, lundi soir (avant-hier, donc), un autre communiqué, publié cette fois par le saint-synode du Patriarcat de Moscou, avait annoncé que l’Eglise russe ne participerait pas à ce concile – dont beaucoup d’observateurs et d’acteurs se demandèrent, dès lors, s’il aurait bien lieu. Mais la formule « Le concile se poursuit » est à entendre, dans ce contexte, comme la volonté réaffirmée par ses initiateurs (à la tête desquels, le Patriarcat de Constantinople) d’aller jusqu’au bout du long processus déjà engagé (lire communiqué).
= L’incertitude a donc duré jusqu’au dernier moment : le concile (ou « synode », dans le langage ecclésial roumain p. ex.) aura-t-il lieu ou pas, finalement ? Pour des raisons très complexes (que nous allons essayer de discerner), la réponse est ainsi restée indécise jusqu’à la veille de son début, prévu pour demain !
Spoiler:
Car on pourrait dire de ce rendez-vous en Crète ce qu’on a dit déjà du rendez-vous entre le patriarche Kirill de Moscou et le pape François, en février dernier à Cuba – c’est, en tout cas, mon point de vue personnel : l’essentiel est que la rencontre ait lieu… si possible avec la totalité des 14 Eglises autocéphales formant la chrétienté orthodoxe dans le monde, puisqu’une telle réunion n’a pas eu lieu, d’une certaine façon, depuis des siècles ! Selon toute probabilité, on va le voir, plusieurs d’entre elles ne seront toutefois pas au rendez-vous de Crète.
= Pour traiter ce sujet, nous souhaitions évidemment un intervenant orthodoxe, mais cela n’a pas été possible : vu les difficultés apparues depuis plusieurs semaines pour la tenue de ce concile, les responsables roumains ont été requis pour tenter de les résoudre, et il était délicat de solliciter d’autres intervenants du fait de l’incertitude qui planait. Je vais donc le faire comme un observateur catholique, qui suit de près ce sujet depuis longtemps et qui, bien que « hétérodoxe », se sent concerné directement par cet événement
Spoiler:
pour reprendre le mot du secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises en 1962, quand Jean XXIII a invité des observateurs non catholiques au concile Vatican II : « Nostra res agitur ! », s’est exclamé le Dr Visser’t Hooft : « Cela nous concerne ! ». Comme catholique, je suis, de même, concerné par un événement si déterminant pour mes frères orthodoxes !

1) La préhistoire : Un événement à la fois très attendu et sans véritable précédent
- En toile de fond : l’immense tradition conciliaire qui jalonne toute l’histoire de l’Eglise, au plan général, mais plus particulièrement l'Eglise byzantine, qui aime à se définir comme « l’Eglise des sept conciles » (cf. Kallistos Ware)
Spoiler:
qui ont réagi aux hérésies du temps et fixé la foi de l’Eglise indivise entre le 4e et le 8e siècle, i.e. de Nicée I (325) à Nicée II (787) en passant par Ephèse (431), Chalcédoine (451) et les trois conciles de Constantinople (381, 553, 680-681).
Mais il s’agit aussi, de manière plus fondamentale, de la conciliarité comme composante majeure du christianisme oriental, qui caractérise son ecclésiologie et son fonctionnement à tous les niveaux de la vie de l’Eglise (à la différence du catholicisme latin, par exemple, du fait de son grand attachement à la primauté romaine) : aucune décision ecclésiale ne doit être prise par une personne seule, fût-ce le primat, mais toujours de manière collégiale - que ce soit au plan de l’Eglise locale (diocèse), autocéphale (patriarcats et autres : 14 Eglises en tout formant l’Orthodoxie dans le monde) ou universelle (« œcuménique », comme on dit quand une instance ecclésiastique se situe au niveau de toute la terre habitée : oikouméné, en grec).
- Depuis plus d’un siècle, le Patriarcat de Constantinople a (re)lancé l’idée d’une assemblée conciliaire pour permettre aux 14 Eglises orthodoxes autocéphales de se réunir pour faire le point sur les questions qui les concernent ensemble.
Spoiler:
Principaux moments en ce sens :
= une encyclique du patriarche Joachim III (1902) [appelant les primats se réunir face aux questions de l’heure et du fait des Eglises nouvellement reconnues autocéphales] ;
= un congrès panorthodoxe en 1923, convoqué par le patriarche Meletios IV à Constantinople (mais auquel étaient absents Moscou, Alexandrie, Antioche et Jérusalem) ;
= un « Comité interorthodoxe préparatoire » réuni à Vatopédi en 1930 par le patriarche Photios II établissant une liste de 17 sujets à traiter (relations entre Eglises, calendrier…) ;
= une conférence orthodoxe à Moscou en 1948 au sujet du calendrier et des relations avec les autres Eglises (cf. COE nouvellement créé, relations avec l’Eglise catholique, etc.).
- Mais c’est le patriarche Athénagoras de Constantinople qui a enclenché, à partir de 1951 (il y a donc 65 ans !) tout un processus de préparation de ce qu’on appelle dès lors le « Saint et Grand Concile panorthodoxe »
Spoiler:
avec d’abord deux lettres à tous les primats (1951 & 1952) puis, surtout, une série de conférences panorthodoxes, tenues à Rhodes (1961, 1963 & 1964) puis à Chambésy (à partir de 1968), suivies de conférences et commissions préconciliaires. Au menu de ces réunions (toujours collégiales, regroupant des représentants des 14 Eglises) figuraient en particulier la définition de l’agenda du concile et la préparation des documents qu’il aurait à adopter. Certains textes étaient ainsi prêts depuis vingt ou trente ans, d’autres sont restés au point mort.
- Mais pour des raisons à la fois politiques (plusieurs Eglises, et non des moindres, se trouvant sous des régimes communistes) et ecclésiastiques (tensions rémanentes entre Eglises au sein de l’Orthodoxie), la convocation du Concile était toujours repoussée
Spoiler:
(en langage profane : « aux calendes grecques » et en langage ecclésiastique : « au surlendemain de la Parousie » !).
- Une précision : Les médias ont parlé de « 1er concile panorthodoxe depuis treize siècles » : cette formule n’est guère satisfaisante, car elle revient à situer l’assemblée de Crète dans le droit fil des « sept conciles œcuméniques » que j’évoquais il y a un instant. Or nombre d’orthodoxes font valoir que celui-ci n’est pas du même type, car sans agenda dogmatique. On note aussi que plusieurs assemblées tenues depuis le 8e siècle ont eu une dimension panorthodoxe, au sens des Eglises autocéphales
Spoiler:
p.ex. les conciles tenus sous le patriarche Photius 9e s.,, les conciles hésychastes (1341-1368), celui de 1484 qui a invalidé Ferrare-Florence, le concile de 1590, qui se caractérisait comme « œcuménique » (et sa suite en 1593, qui a reconnu l’autocéphalie de l’Église de Russie), le concile de Iaşi en 1642, celui de 1756 sur la réception des convertis, la décision des patriarches orientaux de 1848 au sujet du Filioque et de la primauté romaine, ou encore le concile de 1872 au sujet du phylétisme. Mais il semble tout de même que celui de Crète devrait être le premier depuis… très longtemps à réunir les primats et des délégations de toutes les Eglises orthodoxes pour faire le point sur un ensemble de questions, comme une sorte d’aggiornamento de l’Orthodoxie.

2) L’histoire : Une alliance inespérée entre la 2e et la 3e Rome
- C’est au printemps 2014 que les choses ont été vraiment relancées, à la faveur d’une visite du patriarche de Constantinople à Moscou
Spoiler:
là, alors que personne ne s’y attendait plus (dans le grand public, en tout cas), les patriarches Bartholomeos et Kirill, primats respectifs de la « 2e » et de la « 3e » Rome, se sont mis d’accord pour accélérer le processus préconciliaire qui s’était enlisé, et ont même précisé les échéances.
- Du coup, une synaxe (sommet) des 14 primats des Eglises autocéphales a été convoquée au Phanar (siège du Patriarcat œcuménique à Istanbul) du 6 au 9 mars de la même année 2014 (il y a deux ans : durée que beaucoup ont jugée extrêmement courte), afin que la décision soit vraiment celle de toute l’Orthodoxie.
Spoiler:
Principales décisions de cette synaxe :
= la date : du 16 au 27 juin 2016 (« sauf événement imprévu ») autour de la fête de Pentecôte;
= le lieu : l’île de Crète, sous juridiction de Constantinople (Bartholomeos voulait Ste-Irène, à Istanbul, mais Moscou a refusé pour motifs de sécurité des Russes sur le territoire turc ;
= la présidence : le patriarche œcuménique, comme « primus inter pares » des 14 primats, même si sa manière d’exercer cette primauté est parfois critiquée (certains lui reprochent d’être trop « œcuménique » - au sens à la fois d’une complaisance envers les hétérodoxes et d’un exercice jugé trop « papal » de sa primauté) ;
= les participants : 25 pour chaque Eglise, tous évêques, sauf pour les Eglises qui n’en comptent pas autant (d’où des reproches de non-représentativité), ce qui fait un total de 350 pères conciliaires (25 x 14), aidés par 6 experts et 3 assistants au maximum par Eglise, soit un nombre total de plus de 500 participants prévus (dans l’hypothèse où tout le monde vient !) ;
= les langues officielles : grec, russe, français et anglais (+ l’arabe comme langue de travail) ;
= et surtout, le principe d’adoption des textes : à l’unanimité, sur l’insistance de Moscou, ce qui met d’emblée une pression sur les travaux de l’assemblée.
- A partir de là, le processus de préparation s’est accéléré. Certains ont jugé que ça allait trop vite (jusque-là, on trouvait que c’était trop lent !). Les optimistes étaient sûrs que cette fois, ça y était ; les pessimistes pariaient que le projet allait, une fois de plus, capoter. Mais le travail a été fait, par une Commission préparatoire interorthodoxe qui a préparé tous les textes.
Spoiler:
Du 21 au 28 janvier 2016, une synaxe réunie à Chambésy a entériné ce dispositif et ces documents :
1) Les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien (document qui peut apparaître aux non-orthodoxes comme assez ouvert, et qui du coup choque considérablement beaucoup d’orthodoxes, ne serait-ce que du seul fait qu’il parle des « autres Eglises » !)
2) Le sacrement du mariage et ses empêchements (version à peine remaniée d’un schéma déjà ancien, peu en prise sur toutes les évolutions que peut connaître la famille aujourd’hui)
3) L’autonomie et la manière de la proclamer (texte juridique, veillant aux prérogatives des Eglises autocéphales et au rôle d’arbitre de Constantinople)
4) L’importance du jeûne et son observance aujourd’hui (jugé plus formel que spirituel)
5) La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain (document qui porte la trace de ses premières moutures, à l’époque du Rideau de fer, sans peut-être assez prendre en compte les multiples défis pour vivre et annoncer la foi dans une société mondialisée)
6) La diaspora orthodoxe (+ Règlement de fonctionnement des Assemblées épiscopales dans la diaspora orthodoxe) (seul texte ajouté à l’agenda initial des années 1960, il n’évoque pas la question de l’autocéphalie pourtant désirée par plusieurs de ces Eglises – cf. en particulier le problème choquant de la multiplicité d’évêques de diverses juridictions en un même lieu)
(S’ajoute un 7e document, le Règlement d’organisation et de fonctionnement du Concile)

Deux remarques :
1) Le document sur le mariage n’a pas été signé par la Géorgie, ni par Antioche qui a d’ailleurs refusé de signer l’ensemble des sept.
2) Trois autres thèmes, envisagés au départ, ont été supprimés de l’ordre du jour car pas assez aboutis ou trop clivants, risquant de compromettre le consensus souhaité à tout prix : le calendrier liturgique (certaines Eglises ne sont pas prêtes à envisager une réforme) ; puis, l’autocéphalie et la manière de la proclamer et, last but not least, les diptyques de l’Eglise orthodoxe (taxis, ordre de préséance des Eglises autocéphales) ont tous deux été reportés à un concile ultérieur, faute de consensus pour le moment.

- Les difficultés n’ont cependant pas tardé à surgir, de divers ordres :
Spoiler:
= entre Constantinople et Moscou, qui sont dans une rivalité de fait (jamais avouée) pour la suprématie sur l’ensemble de l’Orthodoxie : comme je le disais déjà ici même à l’occasion de la rencontre de Cuba, cette lutte entre la « 2e » et la « 3e » Rome pour la suprématie – voire la primauté – sur l’Orthodoxie mondiale pèse considérablement sur toute la vie de cette grande famille au sein du christianisme (ainsi que, par contrecoup, sur les relations œcuméniques). Moscou n’occupe en effet « que » la 5e place dans l’ordre des diptyques, derrière les quatre patriarcats d’origine (Eglises-mères formant la pentarchie des premiers siècles), alors qu’il regroupe à lui seul environ la moitié des 250 millions d’orthodoxes dans le monde ! (c’est une des raisons pour lesquelles Kirill est allé à Cuba s’afficher d’égal à égal avec l’évêque de Rome, pour damer le pion symboliquement à Bartholomeos).

= entre certaines Eglises, opposées par de conflits de juridiction : la perspective du concile panorthodoxe a fait remonter à la surface collégiale certaines tensions locales, notamment entre les patriarcats d’Antioche et de Jérusalem au sujet du Qatar (le premier reprochant au second de vouloir mettre la main sur ce territoire traditionnellement sous juridiction antiochienne), voire entre la Serbie et la Roumanie - la première ressortant de vieilles querelles au sujet de l’éparchie (diocèse) de Vârşeţ, sur ses terres frontalières.

= entre des conceptions théologiques différentes sur certains thèmes mis à l’agenda du concile : le débat le plus vif porte certainement sur le 1er dossier à l’ordre du jour, « Les relations de l’Église orthodoxe avec l’ensemble du monde chrétien », ce qu’on appelle généralement et positivement en Occident l’œcuménisme mais qui pose de gros problèmes à nombre d’orthodoxes, en tout cas la manière dont cela est formulé dans le document (pourtant validé par tous les primats à Chambésy en janvier dernier)

= voire sur certains aspects de l’organisation même du concile : ordre de préséance dans la salle des débats, disposition des tables, mais aussi rôle prééminent des primats, absence de tout délégué laïc (le peuple n’a pas été impliqué dans le processus conciliaire, contrairement à ce qui se pratiquait dans les premiers siècles), etc. Moscou, dans son communiqué annonçant lundi sa non-participation, a même ressorti son souhait qu’un futur concile panorthodoxe réunisse non pas 25 représentants par Eglise (avec une voix par Eglise et non par délégué), mais la totalité des évêques de toutes les Eglises… ce qui lui assurerait un poids considérable au sein de l’ensemble des 14 Eglises autocéphales : non plus une voix sur 14, mais une sur 3 ! (le Patriarcat de Moscou compte quelque 300 diocèses, donc davantage d’évêques encore, sur un total d’environ 850 évêques orthodoxes dans le monde - dont 600 ordinaires).

3) La multiplication des oppositions, dans la « dernière ligne droite »
Alors que les choses semblaient plus ou moins en place, même si tout n’était pas encore au point, les obstacles à la tenue du concile se sont multipliés dans les deux dernières semaines avant la date fixée pour sa tenue :
Spoiler:
- le 1er juin, le Patriarcat de Bulgarie ouvre la dissidence en demandant un report du concile (ordre du jour non satisfaisant, désaccords entre Eglises sur certains sujets, disposition non convenable de l’espace conciliaire…), sous peine de non-participation ;

- le 6 juin, le Patriarcat d’Antioche fait de même, priant Constantinople de trouver un accord avant l’ouverture du concile (cf. conflit avec Jérusalem sur le Qatar, maintien du sujet sur le mariage, retrait de celui du calendrier…) et annonçant ne pas s’y rendre en cas contraire ;

- le même jour, le Patriarcat de Serbie émet des réserves (à cause des absences annoncées et de la non-prise en compte de ses propres demandes), et propose que l’assemblée de Crète soit une simple « consultation préconciliaire interorthodoxe » à laquelle elle irait volontiers ;

- le 11 juin, cinq jours après avoir publié la liste de ses participants à l’assemblée de Crète, le Patriarcat de Géorgie annonce qu’il n’ira pas, (Constantinople n’ayant pas pris en compte ses questions sur les diptyques et ayant laissé de côté les sujets du mariage et du calendrier) ;

- le 13 juin, enfin, comme je l’ai déjà signalé, le Patriarcat de Moscou (qui avait dès le 3 juin pressé Constantinople de réunir une synaxe d’urgence pour régler les différends afin de rendre le concile possible) fermait le ban en déclarant, lors d’une session extraordinaire de son saint-synode, qu’il approuvait les quatre demandes de report et que, faute de l’unanimité requise pour qu’il y ait concile, il n’y avait plus de sens d’aller en Crète pour une assemblée qui ne pouvait plus être littéralement « panorthodoxe ».

N.B. Ces refus sont-ils définitifs ? Ce n’est pas sûr puisqu’on a appris, il y a deux heures à peine, que le Patriarcat de Serbie vient de changer d’avis et se rendra finalement en Crète !

Il y a eu aussi, « en face » de ces refus, des prises de positions ecclésiales pour le maintien du concile aux dates et selon les modalités prévues – décidées, elles aussi « à l’unanimité » ! -, comme les Eglises d’Alexandrie et d’Albanie, les primats de Grèce et de Pologne et bien sûr le Patriarcat de Constantinople lui-même dont le saint-synode a confirmé le 6 juin la tenue du concile (cf. expert du Patriarcat : « La théologie n’est pas une question d’arithmétique »).

Le Patriarcat de Roumanie, sans prendre parti directement dans les polémiques, a annoncé la liste de ses représentants, fait ses amendements et dit son attente positive à l’égard du concile.

Parallèlement à ces positions d’Eglises quant à leur participation au concile, on a vu durant la même période se multiplier des déclarations très critiques, provenant de certaines figures de l’Orthodoxie (comme le métropolite Kallistos – Ware – de Diokleia) et surtout, des milieux monastiques : ainsi du mont Athos (synaxe du 25 mai demandant la révision des textes sur l’œcuménisme et sur la mission de l’Eglise dans le monde), mais aussi de notre Moldavie roumaine (lettre ouverte de près de 200 moines et moniales au métropolite Teofan, au sujet du document, jugé « œcuméniste », sur les relations avec le monde chrétien).

Mais il y eu également des suppliques pour la tenue du concile, venant d’intellectuels de la diaspora (pétition de 925 savants orthodoxes, Fraternité orthodoxe en Europe occidentale).

A noter que le Vatican, tout en s’abstenant de toute ingérence dans les débats interorthodoxes, les a évidemment suivis de près, comme en témoigne une suite de quatre articles publiés du 8 au 15 juin dans l’Osservatore Romano par le P. Hyacinthe Destivelle, chargé des relations de l’Eglise catholique avec les Eglises orthodoxe (notamment slaves). Par-delà les questions de procédure, il insiste sur les enjeux ecclésiologiques de ces discussions et pour ce qui est de la tenue ou non de la réunion, il estime que « Il vaut mieux peu que rien du tout ».

4) Le programme prévu pour le Concile, du 16 au 27 juin :
Spoiler:
- 1er temps, du jeudi 16 au dimanche 19 juin : après l’arrivée des pères conciliaires (16 juin) et la tenue d’une synaxe des primats (le 17), la célébration de la Pentecôte (19-20) en plusieurs cathédrales de Kissamos et Héraklion, selon les offices successifs du samedi et du dimanche – il faut souligner le choix de cette fête liturgique, pour que le Saint-Esprit inspire les travaux synodaux, mais aussi la dimension eucharistique, essentielle à tout événement conciliaire : pas question de débattre ensemble, si l’on n’est pas en mesure de communier ensemble.

- 2e temps, du lundi 20 au samedi 25 juin : ouverture du Concile, à l’Académie orthodoxe de Crète (à Kolymbari, La Canée) en présence d’observateurs non orthodoxes et des médias, puis débats conciliaires sur les documents à l’ordre du jour, que le Concile doit adopter (toujours à l’unanimité, mais au sein des 14 délégations chaque membre aura voté en toute liberté).

- 3e temps, les 26 et 27 juin : dimanche, la clôture liturgique du Concile, en la fête orthodoxe de tous les Saints, à l’église Sts-Pierre-et-Paul de La Canée (Chania), avec les observateurs non orthodoxes et les médias. Puis, départs de Crète le lundi.

5) Les enjeux : Une remise en œuvre effective de la conciliarité
Spoiler:
- 1er enjeu : un but majeur de la convocation de cette assemblée était de manifester, voire de renforcer, l’unité du monde orthodoxe. Vu les défections annoncées, ce n’est pas gagné… Mais la question sous-jacente est la manière dont cette unité doit se réaliser ou se renforcer : on a vu ainsi, dans la préparation de ce concile, un clivage entre ceux qui affirmaient qu’il fallait arriver unis en Crète, tous les conflits et toutes les tensions ayant été surmontées au préalable, pour que l’assemblée panorthodoxe soit le signe éclatant de cette unité, conforme à la volonté de Dieu et à la prière du Christ (cf. Jn 17, 21) – et, d’autre part, ceux qui voyaient plutôt l’assemblée conciliaire comme le moyen tout indiqué pour parvenir à cette unité (ou, en tout cas, pour y tendre) en mettant à plat les différends et en cherchant un consensus. Peut-être la méthode adoptée pour les travaux conciliaires (la règle de l’unanimité, imposée par Moscou) a-t-elle un peu « plombé » le processus, du coup ?
On a vu, à ce sujet, que les points de vue exprimés durant tout ce processus, surtout dans les tensions des dernières semaines, dessinent trois sphères d’influence au sein de l’Orthodoxie : la sphère grecque (autour de Constantinople), qui a poussé à la tenue du concile quel qu’en soit le prix ; la sphère slave (autour de Moscou), qui ne voulait du concile qu’à condition d’avoir obtenu gain de cause sur ses exigences ; et une 3e sphère, la diaspora, agacée par les rivalités entre leurs Eglises-mères et porteuse d’un souci ardent du témoignage de l’Evangile dans un monde sécularisé, avec tout l’aggiornamento nécessaire pour cela à leurs yeux.

- 2e enjeu : la conciliarité. Cf. patriarche Bartholomeos, dans son encyclique du 20 mars 2016 convoquant le concile : « L’Eglise orthodoxe est l’Eglise de la conciliarité. » Son identité est en jeu à travers un tel événement, et le patriarche œcuménique ne veut évidemment pas la voir malmenée : « Le but premier de ce concile panorthodoxe, poursuit l’encyclique patriarcale, est d’enseigner que l’Église orthodoxe est l’Église une, sainte, catholique et apostolique, unie dans les sacrements, et en particulier dans la divine eucharistie et la foi orthodoxe, mais aussi dans la conciliarité. »
Cf. aussi le souhait de notre patriarche Daniel de Roumanie, après la synaxe de Chambésy en mars 2014 : qu’à partir de celui de Crète, de tels conciles aient lieu de manière régulière (tous les 10 ou 7 ans, voire tous les 5 ans, disait-il), pour ancrer la « culture conciliaire » dans la vie de l’Eglise et permettre de résoudre les questions ou les problèmes au fur et à mesure de leur apparition.

- 3e enjeu : l’œcuménisme qui se ressentira de toutes ces tensions autour du concile de Crète, quelle qu’en soit l’issue : ainsi les relations catholiques-orthodoxes, dopées du côté de Rome avec le pontificat de François (à la fois très proche de Constantinople, et fort de la rencontre historique avec Moscou à Cuba) mais suspectes aux yeux de beaucoup d’orthodoxes « de la base », pour qui le rapprochement entre chrétiens est pure et simple hérésie : cf. les réticences, fortes et nombreuses, face au document préconciliaire sur les relations avec les Eglises non orthodoxes !

- Mais par-delà ces enjeux intra-ecclésiaux (qui ressemblent parfois à des querelles intestines), la question la plus fondamentale reste, me semble-t-il, celle d’une réponse commune aux défis du monde contemporain (comme le disaient d’ailleurs déjà le patriarche Kirill et le pape François à Cuba) : ce que les orthodoxes aient à appeler « le témoignage de l’Eglise »au sein du monde : il faut ici dire et redire que l’Unité n’est pas une fin en soi, mais « afin que le monde croie » (Jn 17, 21) !

6) Les perspectives : On ne sait pas où on va…
- Il faut bien sûr attendre maintenant de voir ce qui va se passer en Crète (notamment quant à la venue ou non des Eglises qui ont marqué des hésitations, comme la Serbie, voire Antioche), comment cela va se passer (la mise en œuvre concrète de la synodalité dans les travaux du concile, mais aussi l’atmosphère des débats et de l’ensemble de la rencontre) et ce qu’il va en résulter : quels textes adoptés, avec quelle autorité ?

- Il faut aussi observer comment vont se situer les Eglises absentes de Crète, à commencer bien sûr par Moscou : vont-elles rejeter par principe tout ce qui peut en résulter, voire se retirer durablement de tout le processus panorthodoxe pour marquer leur désaccord avec le « forcing » de Constantinople ?

- La question finale dès lors, pourrait être la suivante : l’assemblée interorthodoxe de Crète (si l’on décide de ne pas y voir un concile, encore moins un événement panorthodoxe) est-elle un demi-succès, du simple fait qu’elle ait eu lieu, i.e. en fournissant aux Eglises autocéphales un lieu d’échange, de débat mais aussi de prière pour renforcer leur communion ? (ce serait alors une victoire, même limitée, du patriarche Bartholomeos de Constantinople) Ou bien est-elle un demi-échec, n’ayant pas réussi à rassembler la totalité des 14 Eglises, même autour d’un agenda déjà débarrassé de sujets pouvant trop fâcher ? (ce serait alors une victoire, même limitée, du patriarche Kirill de Moscou).

- Surtout, par-delà les rivalités pour la suprématie sur l’Orthodoxie, et bien au-delà du souci qu’on peut avoir pour l’image ainsi ternie de cette famille, la question est plutôt : est-ce que l’annonce de l’Evangile dans notre monde contemporain va être facilitée ou compliquée par ce qui vient de se passer ? Tel est bien le critère, me semble-t-il, qui doit guider toutes nos décisions (quelle que soit l’Eglise ou la confession à laquelle nous appartenons), et permettre de les évaluer.

* Conclusion

= L’essentiel : que la rencontre ait eu lieu (bis - cf. Introd.)… pour que d’autres conciles, de plus en plus « panorthodoxes », puissent lui succéder, selon le vœu du patriarche Daniel et poursuivre en améliorant ce qui va commencer en ce mois de juin 2016, après tant d’attente, en Crète !


P. Michel Kubler, aa
Directeur du Centre St Pierre – St André, Bucarest

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Vers le grand concile panorthodoxe ? Empty Re: Vers le grand concile panorthodoxe ?

Message  -Ren- le Ven 17 Juin - 17:11

Point de vue de Jean-François Colosimo :
L’Église orthodoxe russe a annoncé au dernier moment son refus de participer au concile panorthodoxe convoqué en Crête par le patriarche Bartholomée de Constantinople. Comment comprendre cette attitude ?
Il faut impérativement se situer sur le temps long. La rivalité entre les deux sièges patriarcaux remonte au XVe siècle avec la prise de Constantinople par les Ottomans (1453). Voyant dans cette chute la sanction des péchés de Constantinople, l’orthodoxie moscovite se sent dès lors investie du salut de la foi orthodoxe. Il est vrai que Moscou représente alors la seule orthodoxie libre. C’est donc à partir de là que se forge l’idéologie de la Troisième Rome. D’abord mimétique, cette rivalité devient également géopolitique. L’histoire de l’Église russe est inséparable des relations entre l’empire tsariste et l’empire ottoman (...) Enfin, la rivalité entre les deux sièges est ecclésiastique. Cela se traduit par le fait que les Russes ont longtemps aidé les chrétiens arabes du Patriarcat d’Antioche à se défaire de la tutelle grecque de Constantinople. Emerge ainsi, au cours du XIXe siècle, un véritable axe Damas-Moscou qui s’est maintenue durant la période soviétique et demeure opérationnel aujourd’hui à travers une solidarité financière et logistique entre les deux patriarcats.

Pour autant, Constantinople jouit toujours d’une primauté symbolique sur l’ensemble de l’orthodoxie…
C’est la question qui sous-tend cette rivalité multiséculaire : qui, au fond, a le véritable pouvoir ? Il va de soi qu’à partir du XVè siècle, Constantinople a perdu de sa force missionnaire. C’est la Russie qui envoie des missions en Amérique du Nord via l’Alaska, mais aussi en Chine, au Japon et dans toute l’Asie… D’où la question cruciale : qui accorde l’autocéphalie ? (...)

Moscou se livre donc à une démonstration de puissance ?
Ravivée après la chute du bloc communiste, la vieille rivalité qui l’oppose à Constantinople n’autorise pas pour autant Moscou à remettre en cause l’autorité du patriarche œcuménique. Aussi Moscou joue-t-elle sur son poids démographique. Avec ses 150 millions de croyants, elle représente certes la moitié de l’orthodoxie mondiale, mais c’est un colosse aux pieds d’argile : la moitié des orthodoxes russes sont en Ukraine où la guerre fait rage depuis plus de deux ans et menace de faire exploser l’Église orthodoxe d’Ukraine… À cette situation s’ajoute un autre problème d’ordre théologique. N’oublions pas que l’Église orthodoxe russe était avant la révolution de 1917 la plus progressiste du monde orthodoxe. C’est elle, via l’émigration d’intellectuels comme Vladimir Lossky et leur rencontre avec les grands penseurs catholiques (Lubac, Daniélou…), qui a fécondé sur les bords de la Seine la grande tradition théologique et Œcuménique occidentale, laquelle a rendu possible le concile Vatican II. Seulement voilà, au sortir de la longue parenthèse soviétique, l’Église orthodoxe russe est devenue une Église réactionnaire avec des réflexes d’appareil (...)

Que gagne l’Église russe dans ce boycott ?
Sa posture fondée sur la puissance cache en réalité un affaiblissement de l’institution. Paradoxalement, la non-venue du patriarche Kirill de Moscou au concile est une conséquence de sa rencontre avec le pape François. Cet événement, longtemps repoussé pour ne pas fâcher l’aile droite ultranationaliste de son Église et risquer un schisme, a finalement cristallisé une campagne contre Kirill au sein de son propre synode (...) Cela aboutit à une chaise vide qui consacre l’Église russe comme la championne d’une orthodoxie minoritaire et intransigeante. En simulant une sorte de contre-pouvoir momentané, l’Église orthodoxe russe joue la seule carte qui lui reste pour exister et pour ne pas avoir à plier devant Bartholomée. À ce titre, elle apparaît plus marginalisée que renforcée.
http://www.la-croix.com/Religion/Monde/Pourquoi-l-Eglise-orthodoxe-russe-refuse-de-participer-au-concile-2016-06-15-1200768849

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Vers le grand concile panorthodoxe ? Empty Re: Vers le grand concile panorthodoxe ?

Message  Roque le Ven 17 Juin - 17:49

Paradoxalement, la non-venue du patriarche Kirill de Moscou au concile est une conséquence de sa rencontre avec le pape François. Cet événement, longtemps repoussé pour ne pas fâcher l’aile droite ultranationaliste de son Église et risquer un schisme, a finalement cristallisé une campagne contre Kirill au sein de son propre synode (...) Cela aboutit à une chaise vide qui consacre l’Église russe comme la championne d’une orthodoxie minoritaire et intransigeante.
Il me semble capital que ce concile pan-orthodoxe puisse avoir lieu à un moment ou un autre. La marche vers la réunification des Eglises catholiques et orthodoxes en dépend. A notre que pour une fois - il faut le souligner - la pape est bien obligé de tenir compte de l'avis des " Evêques " que sont les Patriarches des Eglises auto-céphales. L'Esprit Saint nous aide, Dieu va nous permettre d'y arriver ... et cela passera d'abord par la réunification des dates de Pâque demandée par Jésus à Vassula (et d'autres " voyants " car elle n'est pas seule à avoir reçu ce message).

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