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Encyclique "Laudato Si"

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Re: Encyclique "Laudato Si"

Message  mario-franc_lazur le Jeu 2 Juil - 17:57

Deux pages passionnantes, mon cher REN'

mario-franc_lazur

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http://www.dialogueislam-chretien.com/

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Re: Encyclique "Laudato Si"

Message  Blaise le Sam 8 Aoû - 3:22

C'est vraiment une belle encyclique.

Elle se démarque des précédentes encycliques sociales - c'est un trait frappant - par sa dénonciation répétée des intérêts impliqués dans l'activité économico-industrielle et des relations de pouvoir gravement mortifères dont celle-ci est tissée. Un Jean-Paul II, par exemple, adoptait un ton beaucoup plus consensuel dans sa critique pourtant radicale du capitalisme. Il se positionnait à un niveau de généralité suffisamment commode pour n'avoir pas à se prononcer sur ces réalités "vulgaires". La question centrale du pouvoir était trop souvent éludée, rangée dans un coin. Peut-être par souci de se démarquer du marxisme; plus surement par crainte de choquer ses lecteurs, de les braquer. François ne s'empêtre pas dans un tel irénisme, il nomme les choses par leur nom. On peut y voir un écho de la démarche pastorale latino-américaine dont les trois étapes sont : voir, juger, agir.

Parce que, c'est une des forces de l'encyclique, François ne se complaît pas dans des considération générales : il part du réel, se nourrit d'exemples concrets. C'est sa force.

C'est aussi la première fois qu'un pape se montre aussi sévère à l'égard des gouvernants, et table sur la mobilisation des peuples davantage que sur les "chefs" pour un changement en profondeur. Que de chemins parcourus depuis la première encyclique sociale! Il semble que laudato si' soit la pointe la plus aboutie du mouvement de "démocratisation" progressive de l'enseignement social de l'Eglise, à l'origine très lié à une vision fortement hiérarchique de la société (et de l'Eglise).

Un autre point important, bien sûr, c'est la dimension œcumenique et interreligieuse de l'encyclique. François nous dit en substance que lui, le pape, peut apprendre d'un frère séparé - en l'occurrence le patriarche Bartolomé; que les chrétiens peuvent même trouver un aliment spirituel dans la pensée d'un soufi qui ne partage pas leur foi. Ce changement dans la manière de concevoir et d'écrire une encyclique est particulièrement réconfortant. Surtout relativement au dialogue islamo-chrétien. Cela doit en faire grimacer plus d'un. Même si la référence à Alî al-Khawwâç ne trouve pas sa place dans le corps du texte mais dans une note en bas de page, sa seule présence est hautement significative.
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Blaise

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Re: Encyclique "Laudato Si"

Message  Blaise le Sam 8 Aoû - 3:58

On ne peut être d'accord avec l'affirmation péremptoire de Nicolino, selon qui la prise de conscience écologique dans l'Eglise débuterait avec Laudato si'. Les papes Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI en ont tous parlé. Les différents épiscopats a travers le monde également. Et il est difficile de faire l'impasse sur la conférence d'Aparecida en 2007, à laquelle François à participé, et qui constitue pour lui une référence importante. C'est de son document final que vient l'expression "maison commune", et non pas de Gorbatchev comme l'affirme le sociologue Edgar Morin.

Je lis, dans la version française du document :

À Medellin et Puebla nous avons terminé en disant «NOUS CROYONS». À Aparecida, comme nous l'avons fait à Saint-Domingue, nous proclamons de toutes nos forces : NOUS CROYONS ET NOUS ESPERONS.

Nous espérons…

[...]

Prendre soin de la création, notre maison commune, en fidélité au projet de Dieu.

L'opposition à une internationalisation de l'Amazonie se trouve déjà, soit dit en passant, dans ce document du CELAM.
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Re: Encyclique "Laudato Si"

Message  Blaise le Sam 8 Aoû - 4:22

Il faut dire qu’Edgar Morin l’écotartuffe dit beaucoup de bêtises concernant saint François d’Assise. La spiritualité du poverello n’a pourtant rien de particulièrement révolutionnaire ; ou si elle est « révolutionnaire » c’est par l’insistance avec laquelle il a mis le doigt sur un article de la foi chrétienne : Dieu est père et nous sommes ses créatures. Mais sans cette prise de conscience de ce qui était déjà su, il n’y aurait pas d’ordre franciscain.
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Re: Encyclique "Laudato Si"

Message  Blaise le Sam 8 Aoû - 5:03

Et que dire de l’abruti qui se plaint que François ne parle pas suffisamment du féminin et de la femme dans un texte sur la crise écologique ? Comme si les papes n’avaient pas usé et abusé – jusqu’à l’indigestion – du thème du « génie féminin ». Pas besoin d’en rajouter une couche. Si Maxime Egger avait un peu de jugeote, il s’apercevrait que la compassion, la douceur et la coopération ne sont pas des « valeurs féminines » mais des compétences humaines propres à l’un et l’autre sexe et sans lesquelles aucune société humaine ne pourrait tenir. La douceur, en rapport étroit avec l’humilité, est même une vertu évangélique.
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Re: Encyclique "Laudato Si"

Message  Blaise le Sam 8 Aoû - 15:49

J'y pense ! Le « panenthéisme » dont se revendique Maxime Egger vient très probablement de Leonardo Boff, lequel a proposé ce néologisme en 1993 dans son livre : Ecologia, mundialização, espiritualidade: A emergência de um novo paradigma. (En traduction française : La Terre en devenir: une nouvelle théologie de la libération, publié un an après chez Albin Michel.)

Le titre original me paraît plus judicieux que celui retenu par l'éditeur français, car il met l'accent d'entrée de jeu sur la nécessité de passer à un nouveau paradigme. Et de fait, l'analyse critique du « paradigme technocratique dominant » telle que proposée par l'encyclique Laudato si' est d'une grande proximité avec ce qu'écrivait Leonardo Boff dans les années 90 du siècle dernier. Jugez-en :

Leonardo Boff a écrit:Nous l’avons dit, l’axe structurel de la société moderne est l’économie, vue comme un ensemble de pouvoirs et d’instruments de production des richesses par l’exploitation de la nature et des hommes. Pour l’économie basée sur la croissance, la nature est réduite à un simple réservoir de « ressources naturelles » ou encore à de la « matière première », mise à la disposition des intérêts de l’homme. Les travailleurs sont considérés comme des « ressources humaines » en fonction d’un but productif. Ce point de vue est instrumental et mécaniste : les personnes, les animaux, les plantes, les minéraux, tous les êtres enfin, perdent leur autonomie relative et leur valeur intrinsèque. Ils sont réduits à de simples moyens pour une fin établie subjectivement par l’être humain, considéré comme roi de l’univers et centre de tous les intérêts.


Dans cette relation entre l’homme et la nature persiste une guerre incessante. Un hypothétique équilibre entre développement et écologie ne signifierait même pas l’ombre d’une trêve. La logique destructrice engagée avec le choix du développement quantitatif serait à peine redéfinie. La trêve, pour la nature, consisterait à se reconstituer (le temps de la nature est beaucoup plus lent que le temps de la technique), pour à nouveau être victime de la cupidité développementaliste. Une logique perverse est ainsi mise à jour : on utilise la force pour obtenir un certain type d’ordre social, qui assure la production et la reproduction de biens et privilèges à une partie de la société. Les autres parties participent de façon subalterne, sans pouvoir codéfinir le sens de la vie sociale. C’est avec cette même force agressive que l’on arrache à la nature ses richesses, qui sont ensuite inégalement distribuées. La même logique de domination s’exerce sur les personnes et sur la nature. Clive S. Lewis disait avec sagesse : « Ce que nous appelons le pouvoir de l’être humain sur la nature est en réalité le pouvoir exercé par quelques hommes/ femmes sur d’autres hommes/ femmes, en utilisant la nature comme un instrument. » L’injustice sociale conduit à l’injustice écologique, et vice versa.

Source : BOFF Leonardo, La Terre en devenir. Une nouvelle théologie de la libération, Paris, Albin Michel, 1994, p. 45-47

Boff a d'ailleurs écrit un excellent article à propos de Laudato si', disponible en traduction française sur le blog du prêtre lyonnais Michel Durand :
économie et politique qui doivent servir le bien commun et créer des conditions pour une plénitude humaine possible

Boff voit dans cette encyclique - la formulation est belle - « La Grande Charte de l’écologie intégrale ».

Pour une mise en bouche :


Leonardo Boff a écrit:Un élément mérite d’être souligné car il révèle la ‘forma mentis’, la manière de penser, du Pape François. Il tire parti de l’expérience pastorale et théologique des églises latino-américaines qui, à la lumière des documents de leur épiscopat CELAM (Medellin, 1968, Puebla, 1979 et Aparecida, 2007) firent l’option pour les pauvres contre la pauvreté et en faveur de la libération.

Le texte et le ton de l’encyclique sont typiques du Pape François et de la culture écologique qu’il a accumulée, mais je me rends bien compte que, dans beaucoup d’expressions et de manières de penser, on retrouve surtout ce qui a été pensé et écrit en Amérique Latine. Les thèmes de ‘la maison commune’, de la ‘Mère Terre’, du ‘cri de la Terre – cri des pauvres’, du ‘soin’, de ‘l’interdépendance entre tous les êtres’, des ‘pauvres et vulnérables’, du ‘changement de paradigme’, de ‘la Terre comme un être humain’ qui sent, pense, aime et vénère’, de ‘l’écologie intégrale’... sont habituels parmi nous.

La structure elle-même de l’encyclique obéit à la méthode rituelle en usage dans nos églises et dans la réflexion théologique liée à la pratique de la libération, maintenant donc assumée et consacrée par le Pape : voir... juger... agir...et célébrer.
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Re: Encyclique "Laudato Si"

Message  -Ren- le Ven 15 Jan - 7:00

Une autre réaction, tirée du 2e numéro de "Limite" :
Avec une grande cohérence, le pape parvient à associer en un même élan une théologie de la nature d’une grande beauté (« Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu »), une écologie que l’on pourrait dire profonde dans la mesure où elle reconnait la valeur intrinsèque de la Création et des créatures. Il s’en prend ensuite explicitement à l’anthropocentrisme et en appelle à une réforme non seulement technico-économique mais aussi morale. Et évoque enfin une écologie sociale et politique directement inspirée par la théologie de la libération, et sa fameuse « option préférentielle pour les pauvres ».

​François insiste en effet beaucoup sur le sort des pauvres – « la détresse des pauvres et la détresse de la terre sont une seule et même détresse », nous dit-il en substance – et il ne cesse de mettre l’accent tout au long de son livre sur le lien entre inégalités écologiques et inégalités économiques (...) L’encyclique papale n’ayant pas pour vocation de provoquer une polémique mais plutôt de susciter un consensus, le pape n’emploie jamais des termes comme « capitalisme » ou « socialisme ».

Pourtant, il est évident que sa critique de la technoscience, du consumérisme, de la réduction de la nature au statut de ressource et de l’idée d’un progrès matériel indéfini équivalent à une critique du capitalisme, et plus fondamentalement de l’imaginaire de domination rationnelle du monde qui est au cœur de celui-ci. De même, l’insistance du pape sur les inégalités et sur les problématiques sociales – voir les excellentes pages qu’il consacre à la migration, au travail, à la privatisation des ressources et des espaces, à la destruction de la paysannerie – ouvrent clairement la voie d’un éco-socialisme chrétien.

​Même si le rapprochement peut sembler incongru, le concept « d’écologie intégrale » mobilisé tout au long de l’encyclique m’a beaucoup fait penser aux « trois écologies » de Felix Guattari, qui distinguait une écologie environnementale, une écologie sociale et une écologie mentale. Il constatait que la logique du capital les détruisait toutes trois, s’attaquant de façon indifférenciée à la nature non-humaine en dehors de nous, au « socius » et à la psyché individuelle. Or le texte papal ne cesse d’attirer notre attention non seulement sur les ravages environnementaux, mais également sur les ravages sociaux et psychiques de notre modèle de civilisation actuel. Il ne cesse de souligner que l’écologie ne saurait se réduire au souci et à la préservation de la nature, et que protéger cette dernière, c’est également « protéger l’homme de sa propre destruction », tant au niveau individuel qu’au niveau collectif.

Intégrale, l’écologie du pape François l’est également par son intérêt marqué pour les problématiques urbaines ; si l’écologie ne peut être réduite au souci du monde non-humain mais doit plutôt être comprise en sons sens étymologique, comme la logique et le souci des lieux que nous habitons, alors il nous faut non seulement prendre soin de cet « habitat biosphérique et écologique » dont nous héritons et qui nous a donné naissance, mais également de cet habitat rural et urbain que nous avons façonné et bâti, auquel nous avons donné naissance (...)
:arrow: la suite sur http://revuelimite.fr/lencyclique-laudato-si-lue-par-un-ecolo-radical

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Re: Encyclique "Laudato Si"

Message  Idriss le Ven 24 Fév - 21:29

La Chaire Jean Bastaire de l'université catholique de Lyon et Chrétiens et pic de pétrole co-organisent un cycle de conférence sur le thème de "La réception de l'encyclique Laudato si' dans la militance écologique"

Le séisme d'une encyclique - Corinne Morel-Darleux


Corine Morel-Darleux est une "Insoumise" laïc ( voir laïcarde )  qui commente l'encyclique  Laudato si à l'invitation d'une série de conférences organisé par l'Université Catholique de Lyon.

Loin des appareils et de la politique politicienne , la convergence des écologistes toutes tendances, toutes orientations  ce construit ici par exemple !
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Re: Encyclique "Laudato Si"

Message  Idriss le Ven 24 Fév - 21:52

Chrétiens et pic de pétrole »(CPP)


http://www.chretiens-et-pic-de-petrole.org/



Qui sommes nous?:
Qui sommes nous?
À l’origine de « Chrétiens et pic de pétrole »(CPP), il y a ce constat, simple mais ignoré, voire refusé, par le système dominant : il ne peut y avoir de croissance infinie dans un monde fini.
Alimentant et croisant cette évidence, qui fait des membres de CPP des objecteurs de croissance, un autre constat renforce l’originalité et la posture de notre association : alors que nous ne pouvons nier que l’Eglise peine à remettre en cause ce système dominant, de nombreuses paroles et actions qui se réclament du message de la “Bonne Nouvelle”, donnent de réels signes d’espérance.
En remettant en cause le système qui génère la domination d’une minorité d’hommes sur tous les autres et détruit irrémédiablement la planète pour leur seul profit, ces “mobilisations dans les pas du Christ” démontrent que la Bible est toujours vivante, toujours au service des pauvres.Les deux colloques et les laboratoires organisés depuis 5 ans par CPP ont ainsi positionné l’association au croisement de trois principes d’équilibre : la cohésion sociale, l’économie au service de l’homme et la préservation de la planète. CPP est convaincu que le message du Christ est consubstantiel à cette recherche d’équilibre et que le «bien vivre» de tous, et particulièrement des plus pauvres, passe par cet harmonieux équilibre et donc par la sortie du productivisme et du consumérisme destructeurs. Ces trois principes sont galvaudés par le concept de développement durable et détournés par celui de la dite « croissance verte ». CPP souhaite donc continuer à mener cette réflexion essentielle qui concerne tous les secteurs de recherche, convaincue que de la confrontation d’idées venues du socialisme, de l’écologie et du christianisme ouvriront de nouveaux champs du possible jusque-là barrés par des positions idéologiques indépassables dans le système actuel.
CPP se veut élément déclencheur de mises en œuvre concrètes à partir de nos options intellectuelles. C’est, finalement, en rejoignant les associations, les regroupements, les réseaux, les syndicats, les partis politiques, que les actions possibles envisagées trouvent leur concrétisation.
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Re: Encyclique "Laudato Si"

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