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La bibliothèque des chrétiens indignés

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La bibliothèque des chrétiens indignés

Message  serge lellouche le Mer 29 Jan - 23:05

Des ouvrages, récents ou anciens, connus ou moins connus, d'auteurs catholiques ou non catholiques, ont marqué notre cheminement de foi et cheminement intellectuel. Nous constituons peu à peu une petite «bibliothèque» de longues synthèses de ces livres qui nous semblent particulièrement éclairants pour comprendre les enjeux de notre temps, à la fois sur le plan spirituel, anthropologique, économique, écologique ou encore politique. Tous ces niveaux sont à la fois distincts et reliés entre eux.
Ces synthèses sont publiées sur le blog du journaliste Patrice de Plunkett. Nous ouvrirons bientôt sur le site des chrétiens indignés, une page regroupant l'ensemble des liens vers ces synthèses.
On vous en propose ici deux récentes....


André Gorz, Misères du présent, richesse du possible

Introduction : Il faut oser l'Exode. Il faut oser rompre avec cette société qui meurt et qui ne renaîtra plus. Il faut ne rien attendre des traitements symptomatiques de la «crise», car il n'y a plus de crise : un nouveau système s'est mis en place qui abolit massivement le «travail». Il restaure les pires formes de domination et d'asservissement en contraignant tous à se battre contre tous pour obtenir ce «travail» qu'il abolit. Ce n'est pas cette abolition qu'il faut lui reprocher : c'est de prétendre perpétuer comme obligation, comme norme, comme fondement irremplaçable des droits et de la dignité de tous, ce même «travail» dont il abolit les normes, la dignité et l'accessibilité. Il faut que le «travail» perde sa centralité dans la conscience et l'imagination de tous.
Il est rare que ces «travailleurs» puissent dire : «Voici ce que j'ai fait. Voici mon ouvrage. Ceci est mon oeuvre». Je hais les mystificateurs qui, au nom de la définition philosophique ou anthropologique du travail, justifient la valeur d'un «travail» qui en est la misérable négation. C'est précisément au sens de réalisation de soi, au sens de poièsis, que le travail disparaît.
Le «travail» remplit une fonction socialement identifiée et normalisée dans la production et la reproduction du tout social. Il doit être la mise en œuvre de compétences institutionnellement certifiées selon des procédures homologuées. Aucune de ces conditions n'est rempli par la mère au foyer. Pas plus que le travail de création, artistique ou théorique. La création n'est par essence pas codifiable. Le «travail» est un puissant moyen de normalisation et de standardisation.
L'abolition massive du «travail», sa déstandardisation postfordiste, auraient pu ouvrir l'espace social à un foisonnement d'activités auto-organisées. Cela aurait supposé la naissance d'une autre civilisation, mettant fin au pouvoir du capital sur le travail et à la prééminence des critères de rentabilité financière. Or la déstandardisation, la démassification et la débureaucratisation postfordistes poursuivaient le but inverse : substituer aux lois que les sociétés-Etats se donnent, les «lois» sans auteur du marché ; soustraire le capital au pouvoir politique.
Ce qui eut pu servir une libération des hommes a engendré une dépossession et un asservissement, voyant réapparaître les mêmes formes de sous-prolétariat et de misère physiologique qui avaient accompagné la naissance du capitalisme manufacturier, et voyant dans le même temps la réalisation de taux de profit sans précédent dans l'histoire.
L'argent est devenu un parasite qui dévore l'économie, le capital un prédateur qui pille la société. S'émancipant des Etats, le capital a réalisé enfin son essence idéale de pouvoir suprême, n'admettant ni partage, ni entraves : il a réussi son Exode.
Ce faisant, le capitalisme a réussi à surmonter la crise du modèle fordiste. Le capitalisme post-fordiste fait sienne la formule de Staline : «L'homme est le capital le plus précieux». L'homme est substitué dans le processus de production comme «ressource humaine», comme «capital humain». Il devient moyen de production dans sa totalité, jusque dans son être-sujet. Et dans la mesure où il n'y a pas d'usage pour ses capacités dans le système de valorisation du capital argent, il est rejeté, tenu pour inexistant.
Pourrons-nous répondre à son Exode par le nôtre vers des terres qu'il ne domine pas?
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/01/13/andre-gorz-miseres-du-present-richesse-du-possible-galilee-1-5270437.html
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/01/13/synthese-du-livre-d-andre-gorz-2-5270457.html


Cardinal Henri de Lubac, Le drame de l'humanisme athée

Avant-propos : Reniant ses origines chrétiennes et se détournant de Dieu, l'humanité occidentale vit une sorte d'immense dérive. Unissant à un immanentisme de nature mystique une conscience lucide du devenir humain, l'athéisme contemporain revêt trois visages principaux : humanisme positiviste, humanisme marxiste, et humanisme nietzschéen. Si opposés qu'ils soient entre eux, ils sont fondés dans un commun rejet de Dieu, et trouvent des aboutissements analogues dont le principal est l'écrasement de la personne humaine, dans les voies d'un double esclavage, social et spirituel. Ces athéismes se croient et se veulent définitifs.
Mais en même temps qu'ils se déployaient triomphalement, un génie inquiétant et véritable prophète, Dostoïevski, annonçait la victoire de Dieu dans l'âme humaine : son éternelle résurrection.
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/01/02/cardinal-henri-de-lubac-1896-1991%C2%A0-le-drame-de-l-humanisme-a-5261062.html#more
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/01/03/le-drame-de-l-humanisme-athee-d-henri-de-lubac%C2%A0-une-synthes-5261436.html
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/01/03/le-drame-de-l-humanisme-athee-d-henri-de-lubac-synthese-3-5261495.html
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