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Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Invité le Lun 1 Juil - 22:44

Materia a écrit:Dans la réalisation, nous sommes Dieu et Dieu est nous.

C'est ce qu'expérimente les éveillés. Et je pense que c'est ce qu'à expérimenté Rûmi

Même ceux que l'on considère comme "éveillés" ne sont pas à l'abri de l'erreur dans leur expérience mystique.

Materia a écrit:dans la réalisation, nous sommes Dieu et Dieu est nous

Ça m'étonnerait beaucoup que ce soit l'expérience mystique de Rûmi. A mon humble avis, tu as accordé ta confiance un peu trop vite aux enseignements de Mâ Ananda Moyî ou Maharshi, et c'est probablement ce qui t'a induit en erreur. Jamais tu ne liras textuellement ce que tu as écrit dans les poèmes mystiques ou la littérature soufie classique (à l'exception de Hallaj, ana al-Haq, comme vu un peu plus haut dans ce fil, et éclairci par Rûmi lui-même). Mais de là à dire que l'esprit humain est d'essence divine, ou que nous sommes Dieu, c'est être très téméraire selon moi....En ce qui me concerne, je ne m'aventurerai pas si loin, et je préfère arrêter la discussion ici sur le sujet.

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Materia le Mar 2 Juil - 7:48

Cebrâîl a écrit:

Même ceux que l'on considère comme "éveillés" ne sont pas à l'abri de l'erreur dans leur expérience mystique.
Je ne crois pas.


Cebrâîl a écrit:

Ça m'étonnerait beaucoup que ce soit l'expérience mystique de Rûmi. A mon humble avis, tu as accordé ta confiance un peu trop vite aux enseignements de Mâ Ananda Moyî ou Maharshi, et c'est probablement ce qui t'a induit en erreur. Jamais tu ne liras textuellement ce que tu as écrit dans les poèmes mystiques ou la littérature soufie classique (à l'exception de Hallaj, ana al-Haq, comme vu un peu plus haut dans ce fil, et éclairci par Rûmi lui-même). Mais de là à dire que l'esprit humain est d'essence divine, ou que nous sommes Dieu, c'est être très téméraire selon moi....En ce qui me concerne, je ne m'aventurerai pas si loin, et je préfère arrêter la discussion ici sur le sujet.

Je comprends. Mais je ne pense pas aller trop vite dans ma compréhension des choses.
Mais je comprends ton choix de ne pas continuer. C'est en effet un sujet sur lequel, il y a peu de chance que nous puissions nous accorder :jap:
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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  NARI le Mar 2 Juil - 10:31

Materia a écrit:Tout dépend de l'expérience de notre être.
Ne faire plus qu'un dans le "Je" en ayant effacé le "je".
Vous saisissez, sans nul doute, la difficulté dans tout cela, car la pratique de la religion, telle qu'elle est généralement conçue par les croyants ne devient plus qu'une simple illusion. L'ésotérisme comme vous l'expliquez devient clairement l'essence de la religion du fait même qu'il soit fondé sur la "Réalité" et sur le cœur qui désigne ce centre subtil de l’être, celui-la qui a la faculté de recevoir la Connaissance divine. Pour accéder donc a la Connaissance divine, l’ouverture de l’œil du cœur devient la condition primordiale. Et tout comme vous le précisez ci-haut les résultats dépendront principalement de l’état spirituel que chacun traverse. En fait depuis les premiers temps de l'islam, la fin ultime du Soufisme est de permettre au fidèle d'unir son âme à Dieu mais cela a suscité nombre de discussions sur la possibilité et la nature de cette union. Comment Le Dieu transcendant, auquel rien n'est semblable, pourrait-il s'unir de quelque manière que ce soit à une pauvre créature.. Heureusement que les connaissant précisent que ce degré dans l’élévation spirituelle et morale n'est atteint qu'après avoir connu l'extinction de l'existence relative qui aveugle l'œil du cœur.

Comme le précise un hadith authentique au sujet des saints amis de Dieu, Allah devient l'ouïe par laquelle ils entendent, la vue par laquelle ils voient, la main par laquelle ils agissent et le pied avec lequel ils marchent. Celui qui ne possède pas ces attributs n'a donc plus qu'à se considérer parmi les gens du commun et chercher à être en la compagnie des gens qui les ont déjà. De toute façon, concernant les termes "absolu" ou "infini" ils désignent clairement ce qui n'a proprement aucunes limites. Comment ne pas tirer de cela que tout point situé dans l'espace ou dans le temps est nécessairement nul au regard de l'infini, car s'il n'en était pas ainsi, il constituerait de fait une limitation à son égard. La principale source de l’incompréhension reste donc toujours ce moi dominant qui constitue cette limite irréelle. Mais heureusement, pour l’âme humaine en quête de l'universel, une très légère impulsion émanant de la réalité peut déclencher une compréhension profonde qui annihile définitivement ce pauvre moi égotique.

Pour les mystiques le problème est plutôt l'inverse car ils ne conçoivent pas comment peut-on observer une distance quelconque entre l'ego et le "Je" divin quand on est totalement immergés en Dieu au point de perdre toute autre identité. Bien au contraire dans un tel état ils arrivent plutôt à proférer des propos extatiques qui heurtent la conscience des croyants ordinaires. Mais consolons-nous puisque dans toutes religions les docteurs de la Loi conçoivent dans une certaine mesure que ces mystiques puissent être visités par l’extase et ils ne demandent que d’en contrôler les débordements, et de ne pas évoquer cela ouvertement devant des profanes.

Permettez moi, maître Materia, de rappeler que dans cette recherche de l’essence de l’être véritable, seul un maître pourra obliger le disciple à sortir des états dans lesquels il pourrait se complaire indéfiniment. Seul un connaissant pourrait le pousser à aller au-delà en lui montrant qu’en fin de compte ces états-là sont plus ou moins négligeables par rapport a l'absolu "Réalité". Un hadith affirme qu’il y a 70 000 voiles d’ombre et de lumière qui séparent le serviteur de Dieu. S’il s’avère assez facile de dépasser les voiles d’ombre qui génère des états plutôt désagréables, il est beaucoup plus difficile de ne pas s’attacher aux voiles de lumière qui permettent d’éprouver une forme de félicité et un évident leurre de vérité. La présence et le compagnonnage de maître comme Rûmî devient à cet égard fondamentale...

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Materia le Mar 2 Juil - 10:50

Selon moi (je le précise car je me doute que cela peut ne pas être l'avis de l'Islam général), cette union est déjà présente. Le lien a toujours été là. La pauvre créature que nous sommes n'est que l'état de notre ignorance, de notre oublie de ce lien.
L'essence divine a toujours été là. Seulement caché sous les voiles de l'oublie.

Et sur ce point, je rejoins tout à fait ta citation :
Code:
Comme le précise un hadith authentique au sujet des saints amis de Dieu, Allah devient l'ouïe par laquelle ils entendent, la vue par laquelle ils voient, la main par laquelle ils agissent et le pied avec lequel ils marchent. Celui qui ne possède pas ces attributs n'a donc plus qu'à se considérer parmi les gens du commun et chercher à être en la compagnie des gens qui les ont déjà.

Je ne cite que cela mais c'est l'ensemble avec lequel je plussois :jap:

Pourquoi "maître" Materia ? Je ne suis en rien un maître ni ne me voit ainsi.
Car si pour de simple propos répétés par de plus sages, je devais me qualifier ainsi, tu ne serais pas en reste à la vue de ta compréhension de la spiritualité :jap:
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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Invité le Mar 2 Juil - 19:19

Un hadith affirme qu’il y a 70 000 voiles d’ombre et de lumière qui séparent le serviteur de Dieu.

Il y a un livre là-dessus intitulé "Le révélateur des mystères", de Nûruddîn Abdurrahmân-e Isfarâyinî. Ce genre de livre en langue française est assez rare et mérite d'être signalé. Le problème, c'est que la langue originelle du livre est le persan (et non l'arabe) ; j'ignore s'il existe une traduction arabe de ce livre. 

EDIT : je pourrai en scanner quelques passages intéressants pour les éventuels intéressés. Voici le passage en question (que j'ai scanné), et mis sur un hébergeur (hadith à partir du point 5, page 130) :

:arrow: http://sd-2.archive-host.com/membres/up/117397135743551773/Revelateur_des_mysteres.pdf

Bonne lecture.

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  NARI le Mer 3 Juil - 9:23

Materia a écrit:Pourquoi "maître" Materia ? l
Maitre Materia, Si la sincérité et l’humilité sont considérées comme les clés majeures du cheminement spirituel, alors c'est avec grande confiance que je me trouve obligé de vous appeler "maître".. En fait tout en vous stimule l’éveil du cœur de celui qui vous lit et le dispose à recevoir pleinement la nourriture spirituelle.. Vous facilitez énormément a vos interlocuteurs la difficulté majeure de se débarrasser de leurs prétendues connaissances et de toutes leurs certitudes qui paradoxalement constituent les voiles qu'ils cherchent justement a en soulever un coin. On ressent vraiment a votre lecture que notre prétention à la connaissance, tout simplement livresque, est un grand voile à la connaissance intérieure et vous nous obligez donc a renoncer à l’illusion de pouvoir nous en approcher par notre simple intellect.. Les aspects et comportements intérieurs auxquels vous faites allusion dans la plupart de vos interventions sont tellement fondamentaux et centraux en islam et surtout dans les traditions soufies qu'ils constituent les voies d’accès incontournables à la connaissance spirituelle.. Je ne pense vraiment pas qu'un cœur, quelques soient les précautions prises par lui, autrement que vous le décrivez, puisse être irradié de lumière pour s’éteindre dans l’Unification qui vous tient a coeur..

Evidemment, on discutera sur la portée qu’il convient d’attribuer à tous vos rapprochements et poserons nos critiques, qui Seul Dieu en connait le nombre, en justifiant nos appréciations mais a mon humble avis j'ai l'intime conviction que votre approche est suffisante pour me permettre une conclusion favorable a vous appeler "Maître", allocution prise, bien sur, dans son acception la plus élevée..

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Materia le Mer 3 Juil - 10:01

Merci beaucoup, cela me touche :jap:

Mais pour notre amitié, s'il te plait, ne m'appelle pas ainsi et tutoies moi (je suis trop jeune pour être vouvoyé )^^
Je ne me considère pas comme maître et me voit bien souvent comme un piètre perroquet de beaucoup plus sages que moi.

Je n'ai que MA vérité pour moi. Aussi, comme tu l'as tout de même souligné, elle est sujette à critique mais reste la voie qui sied le mieux à ma progression spirituelle.
Et si j'ai les qualités que tu m'attribues, c'est avant tout grâce à l'interlocuteur dont le cœur est déjà prédisposé à s'ouvrir à mes propos (qui je le conçois ne sont pas toujours très orthodoxes).

Aussi, comme je l'ai dis, tu n'es pas en reste des louages que tu m'offres de si bon coeur.
Merci à toi :jap:
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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  NARI le Mer 3 Juil - 18:47

Materia a écrit:La pauvre créature que nous sommes n'est que l'état de notre ignorance, de notre oublie de ce lien. L'essence divine a toujours été là. Seulement caché sous les voiles de l'oublie.
Maitre, c'est bien en ce sens qu'un grand maître du Soufisme déclarait avec force que la plupart de ceux qui se prétendent "Connaisseurs" mais qui, quand même subordonnent la connaissance de l'Absolu à l'extinction de l'être, tombent gravement dans l'erreur et dans un manque de discernement manifeste. Pour lui, les choses n'ont pas d'être alors que l'extinction suppose l'affirmation préalable que ce qui s'éteint était. En plus si cette extinction était nécessaire, cela signifierait qu'elle a réussi a Le voiler, or cela est impossible.. On comprend par cet exemple qu'il n'y a en fait ni union, ni séparation mais l'unicité éternelle et continuelle. Il nous fait comprendre que seul l’amour est de nature à triompher des distances incommensurables et en même temps irréelles qui séparent la "création" du "Créateur" car quand l’éphémère s’associe à l’éternel, il s’imprègne de sa qualité d’éternité....

-Comment pourrait-on concevoir que quelque chose Le voile alors qu'Il est plus manifeste que toute chose ?
-Comment pourrait-on concevoir que quelque chose Le voile alors qu'Il est l'Unique, et qu'avec Lui n'existe nulle chose ?
-Comment pourrait-on concevoir que quelque chose Le voile alors qu'Il est plus proche de toi que toute chose ?
-Comment pourrait-on concevoir que quelque chose Le voile alors que, sans Lui, ne serait manifesté l'existence d'aucune chose ?


Nous constatons donc une fois de plus que c'est un exercice périlleux que de définir avec des mots une expérience spirituelle ayant trait au dépouillement intérieur et a l'effacement du moi.. Mais que faire devant la nécessité de la Réalité suprême, qui est à la fois immanente et transcendante, et qui est cause et finalité de toute la création. Se libérer de la dualité que nous impose notre ego dans sa vision du monde devient une exigence pour accéder a un minimum de connaissance.. Comme vous l'expliquez si bien, la vraie perception du monde devient donc pour les humains la quête incessante de l’Âme en vue de retrouver cette fibre lumineuse qui sommeille en elle. C'est en raison de tout cela que le Prophète - sur lui la Grâce et la Paix ! - a dit : "Celui qui se connaît soi-même connaît son Seigneur ".

Rûmî, en donnant l'exemple d'un Jardinier, a dit que s’il n’avait eu ni désir ni espoir du fruit, pourquoi aurait-il planté l’arbre ? Donc, selon la réalité intérieure, c'est le fruit qui a donné existence à l’arbre, même si, en apparence, on constate que c'est bien l’arbre qui a donné naissance au fruit....

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Invité le Mer 3 Juil - 20:56

NARI a écrit:Vous facilitez énormément a vos interlocuteurs la difficulté majeure de se débarrasser de leurs prétendues connaissances

Attention toutefois, dans un élan un peu trop enthousiaste, à ne pas tomber dans l'excès inverse, à savoir le dédain de la recherche de la Connaissance. Bien au contraire, la recherche de la connaissance est vivement encouragée par le prophète, salallahou 'alayhi wa sallam : "Cherchez la science du berceau jusqu'à la tombe, serait-ce jusqu'en Chine." La recherche de la connaissance est également vivement sollicitée dans le Coran (sourate 10, verset 3, "ne réfléchissez-vous pas ?" etc). Tout cela pour dire que la raison, l'intellect est évidemment un outil indispensable, y compris dans les expériences mystiques. C'est par l'usage de la raison qu'Ibn Arabi a pu systématiser les expériences intérieures et ainsi produire des chefs-d’œuvre spirituels, accessibles à tous et toutes. A mon sens, le danger réside dans la mécompréhension et l'ignorance de l'enseignement de ces grands maîtres du tasawwuf. Le livre que j'ai donné en lien plus haut est une belle illustration de cette systématisation rationnelle. Contrairement à de nombreuses critiques, je ne dédaigne pas la philosophie rationnelle du mysticisme, parce que d'une certaine manière, on peut dire que Ibn Arabi et Rûmi sont comme les deux faces d'une même pièce : Ibn Arabi emploie le langage rationnel ou philosophique tandis que Rûmi utilise le langage extatique, poétique ou mystique, parce que dans le monde de la vision extatique, le discours rationnel devient souvent impuissant, d’où le jonglage de Rûmi avec les symboles, les métaphores, les paraboles, ou encore l'allégorie. Mais évidemment, on ne peut pas dire que le langage extatique ou mystique de Rûmi soit meilleur que la systématisation rationnelle d'Ibn Arabi, car les deux vont de pair. Avant de lire du Rûmi, il est préférable de se familiariser avec la systématisation philosophique d'Ibn Arabi par exemple.

A votre place, je ferai preuve de plus de retenue dans mes propos, cela dit en toute fraternité !

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Materia le Jeu 4 Juil - 17:02

NARI, c'est tout à fait ça :jap:

Et c'est à partir de cette compréhension, selon moi, que la pratique doit se tourner.
Ainsi, je rejoins alors ce que dit si justement Cebrâîl.
C'est à dire qu'il reste important de ne pas délaisser les textes (ceux dans lesquels nous trouvons notre inspiration). Car en cultivant l'état d'esprit de l'Amour et de l'Unicité, nous interprétons alors différemment les enseignements que par une lecture purement littérale.

En cela, l'Islam, le Christianisme, l'Hindouisme ou le Bouddhisme (je ne cite que les religions dont je me suis référé aux textes) contiennent une richesse insoupçonnée.

Cependant, cet aspect littéral (toujours dans un état d'esprit de respect et de tolérance envers son prochain) garde une certaine importance. Car (toujours selon moi), ce sont les soutiens qui permettent la progression spirituelle.
Je m'explique.
J'espère que vous me pardonnerez l'image que je vais employer car si elle semble dénigrer l'importance de cet aspect "rationnel" formulé par Cebrâîl, il n'en est rien à mes yeux.

Cette image est celle d'un vélo. Au départ, il est utile d'avoir des soutiens (petites roues, personne qui nous guide, etc). Cela nous permet de nous habituer à la sensation de pédaler même si nous ne restons que dans notre rue pour en faire.
Puis viendra le moment où il faudra abandonner ces soutiens pour progresser plus loin. Sortir de notre rue et affronter un chemin qui ne se limite pas à l'allée de notre maison.
C'est ainsi que je pourrai imagé la quête spirituelle.
Par le soutien de la religion et des textes, nous apprenons à découvrir et à nous familiariser avec la spiritualité et le Divin.
Mais, pour progresser, il est bon de se défaire de certaines attaches pour expérimenter par nous-même l'Absolu, quitte à remettre en cause nos premières compréhensions de l'enseignement.

Je pense que c'est ce que Rûmi a fait et a comprit dans sa manière de vivre et de partager son expérience de Dieu.

Ainsi, l'enseignement donné si justement par Cebrâîl prend tout son sens :
"Cherchez la science du berceau jusqu'à la tombe, serait-ce jusqu'en Chine."
Cela m'inspire la nécessité de la quête du chaque instant mais aussi d'une quête qui ne doit pas se limiter à notre première compréhension (notre environnement proche) mais d'aller rechercher ce qui est "caché", au-delà de ce que l'on connait (jusqu'en Chine).
Ainsi, ce n'est pas seulement la connaissance propre que ce passage recommande de rechercher, mais de ce qui est au-delà de cette connaissance. Donc de l'expérience du Divin.
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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Invité le Jeu 4 Juil - 19:17

Materia a écrit:Ainsi, ce n'est pas seulement la connaissance propre que ce passage recommande de rechercher, mais de ce qui est au-delà de cette connaissance. Donc de l'expérience du Divin.

C'est là que je bloque, cher Materia. Car peut-on parler d'un au-delà de la connaissance des textes sacrés ? Justement, la réponse est non, puisque le divin s'y révèle. Il n'y a donc pas un "au-delà" de la connaissance des textes sacrés et de leur mise en pratique. Je pense que notre désaccord vient d'une incompréhension de l'enseignement du soufisme mevlevien : ce qu'enseigne Rûmi, ce n'est pas de laisser tomber le savoir livresque religieux, mais l'idée ici, c'est qu'une fois que l'homme est parvenu à un certain palier de développement spirituel, la science profane ne sert à rien : à ce niveau, la science profane ne peut plus rivaliser avec la science religieuse, c'est-à-dire avec le savoir et la sagesse qui est acquise par la méditation des textes sacrés. J'entends par "science profane" les sciences de façon générale : les sciences du vivant, la physique, les mathématiques etc.

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Materia le Jeu 4 Juil - 19:39

L'essence du Divin est Absolu.
Or par nos perceptions, nos compréhensions et par nos œuvres (ce qui implique l'écriture), nous sommes dans le relatif. Un domaine limité qui n'est pas capable de retranscrire l'essence complète et profonde du message.

En cela, ce qui est "caché" ne l'est pas en réalité. Mais cela ne peut se dévoiler si, de part notre condition première qui est relative, nous ne cherchons pas à aller "au-delà" de ce qu'implique cette condition.
Ainsi, par la quête de l'instant se révèle ce qui semblait "caché" mais qui ne l'était pas.

C'est un peu comme avec la devinette suivante qui dit : "quelle est la couleur du cheval blanc d'Henri 4".
La personne qui ne réfléchit pas un petit peu, peut se laisser avoir par la fluidité de la phrase et ne pas savoir la réponse ou dire une autre couleur.
Pourtant, la réponse a toujours été dans la phrase.
Il suffit juste d'y faire attention.

C'est un exemple très simpliste bien entendu mais qui illustre d'une certaine manière, selon moi, que ce qui est "caché" dans les enseignements sacrés, ne l'est pas en réalité.
Même si cela peut paraître l'être au premier abord.

Je ne dirai pas que la science "profane" ne sert à rien.
Mais il est bon de savoir pourquoi nous la recherchons.
La quête de la connaissance est juste et permise car nous pouvons l'approfondir.

Au fond, le monde est un terrain d'expérience. D'expérience de Soi.
Aussi, chercher la connaissance pour la connaissance, cela revient à faire pousser de vastes champs de blés sans jamais les récolter.
Accumuler la connaissance au profit de l'égo revient à construire autour de soi notre propre prison.
Mais rechercher la connaissance au profit des autres, pour les autres, alors c'est là une juste démarche.
Et cela participe alors à la progression spirituelle.

Car c'est par la compréhension du "sacré" que nous nous préparons pour l'après mort du corps.
Nos connaissances "profanes" ne nous seront pas d'un grand secours.

Lorsque l'activité profane, quelque qu'elle soit, devient une prolongation de l'activité et de la progression spirituelle, alors l'importance du "profane" prend tout son sens.
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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Invité le Jeu 4 Juil - 20:09

Materia a écrit:Je ne dirai pas que la science "profane" ne sert à rien.

Ce n'est pas ce que j'ai dit précisément. Ce que j'ai voulu dire, c'est qu'une fois que l'homme est parvenu à un certain palier de développement spirituel, la science profane ne lui sert à rien dans l’acquisition de la sagesse spirituelle. Car oui, religieusement parlant, la science profane nous mène à la connaissance de Dieu, mais cela, évidemment jusqu'à un certain palier. On ne peut pas dire qu'un prix Nobel de physique en sait beaucoup plus sur Dieu que les saints et les mystiques, toute religion confondue. Tu saisis l'idée ?

De même, le savoir exotérique (livresque ou non) est un préalable indispensable à la progression spirituelle, à l'inverse des prophètes qui ont reçu le savoir directement de Dieu (par inspiration ou par révélation directe), mais nous, simples hommes, nous ne sommes pas prophètes....!

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Materia le Ven 5 Juil - 16:16

La science "profane" à la base nous sert à comprendre le monde de la matière.
Mais c'est lorsque nous y incluons (démarche individuelle), l'idée de la démarche spirituelle, que le "profane" devient un lieu de progression spirituel.

Et tu as raison, on ne peut pas dire qu'un prix Nobel en sait plus sur le Divin qu'un prophète ou un saint. :jap:

A mes yeux, je ne vois aucune distinction entre un prophète et un être "normal".
Le prophète (à mon sens je précise) est un individu "normal" qui a su par sa pratique (et c'est là que l'implication des incarnations ajoutent à ce sens) et ses mérites, faciliter la capacité propre à chaque être humain de s'affranchir du voile de l'ignorance pour re-trouver le lien existant avec le Divin.
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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  NARI le Sam 6 Juil - 17:56

Materia a écrit:La science "profane" à la base nous sert à comprendre le monde de la matière.
Mais c'est lorsque nous y incluons (démarche individuelle)
Maître, justement c'est là ou se pose vraiment la question de comment différencier entre la science des lettres qu'il faut bien sur acquérir mais en même temps savoir mettre de coté quand il le faut, et le mystère du verbe divin qu'il y a nécessairement lieu de pénétrer pour parvenir a une véritable réalisation spirituelle.. Pour être plus sincère, je pense qu'il faut en fait pour cela une profonde faculté de discernement des niveaux d'où surviennent les simples lois ordinaires, de ceux d'ou jaillissent les sentences de la magnificence absolues bien que d'un autre coté toutes choses s'interpénètrent également.. Ce n'est point la parole du passé ou du futur, ni de la circonstance mais à partir de ces cieux universels que l'âme de tout adepte est revivifiée.. Ce n'est que de là qu'effusent les états mystiques car, on le sait, l’intérieur de l'âme relève du ciel..

Comme nous le précise Matéria, contrairement a notre ami Cebrail, je conclue a mon avis donc qu'effectivement, les voiles qui empêchent de saisir la Vérité sont immenses, et le plus épais d'entre eux est la science profane.. Le Coran nous a informé a travers ses versets, a titre d'exemple, que Satan savait clairement et mieux que quiconque que l'ordre d'Allah exigeait qu'il obéisse en se prosternant devant Adam; cependant malgré toute sa connaissance il n'a aucunement obéi et a été privé de ce fait de la béatitude éternelle qui forme justement toute sa vérité et sa réalisation....La science est devenu pour lui le voile le plus épais parce qu'elle exigeait de lui qu'il voit Adam dans la simple limite de la connaissance qu'il avait de lui. Il ne pouvait en conséquence plus avancer..

Ibn Arabi, Rûmî et les autres pensent tous que ce qui est éternel ne peut être distingué de ce qui est éphémère au moyen d’une qualification principielle qui pourrait faire l’objet d’une quelconque science. Il ne se distingue de lui que par la "négation" de tout ce par quoi l’éphémère est distingué de lui, et par rien d’autre.... Et justement, c'est bien en sens que la profession de foi en Islam commence par la négation de toute autre influence pour parvenir a l'absolue vérité...

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Invité le Sam 6 Juil - 19:53

NARI a écrit:je conclue a mon avis donc qu'effectivement, les voiles qui empêchent de saisir la Vérité sont immenses, et le plus épais d'entre eux est la science profane..

Je ne suis absolument pas d'accord avec vous sur ce point. A mon humble avis, vous vous trompez lourdement sur l'essence de l'enseignement du soufisme mevlevien. La science des Noms divins est l'élément central de toute connaissance véritablement religieuse. Or, toutes les sciences profanes et les arts se rattachent à la science des Noms ou attributs divins. L'univers dans son entier et tous les êtres qui s'y trouvent se rattachent à la science des Noms ou attributs. La science de façon générale (la physique, la médecine etc.) n'est que l'étude en grandeur nature des attributs divins : la médecine est l'étude de l'attribut Al-Shafi (le Guérisseur), la philosophie est basée sur le nom al-Hakim (le Sage), la géométrie est basée sur le nom Al-Muqtadir (le Tout-déterminant, l'Ordonnateur). L'univers n'est en réalité que la manifestation des divers Noms ou attributs divins, et vous avez tort de négliger comme vous le faites l'apport fondamental des sciences dans la progression spirituelle de l'homme. L'étude des attributs divins est loin d'être un simple détail. J'en reviens donc à mon propos initial : lorsque l'homme est parvenu à un certain palier de développement spirituel, la science profane ne lui est plus d'un grand secours. Et c'est là que la méditation minutieuse du texte sacré et sa pratique entre en jeu. Ce qu'enseignait Rûmi, ce n'est absolument pas de mettre à l'écart les sciences de façon générale, mais le point important développé par Rûmi est que la progression spirituelle ne peut finalement se poursuivre que par l'amour et la pratique quotidienne du souvenir de Dieu (prière, Dikhr), et c'est seulement là que le dévoilement des secrets peut se mettre en place dans le cœur du fidèle. Autrement dit, il faut savoir aller au-delà du visible et contempler dans son propre cœur la Lumière de la Majesté et de la Toute-Puissance divine. L'un (la science) ne peut que déboucher et s’enrichir de la contribution de l'autre (le Dikhr). L'univers est le miracle de Son Art. Pour prendre une image : il est difficile de faire totalement abstraction du tableau du peintre et se focaliser uniquement sur le peintre lui-même. Il n'existe pas de peinture sans peintre....


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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Materia le Dim 7 Juil - 15:17

NARI, ne m'appelle pas maître s'il te plait. Vraiment je ne pense pas mériter une telle appellation =I 

Tu as raison de mettre en évidence ce faculté de discernement.
Voilà pourquoi, il me semble nécessaire de travailler à développer la sagesse. Et pour cela, il convient d'arriver à prendre suffisamment de recul pour comprendre ce que l'Amour enseigne dans les épreuves et autres moments de la vie.
Ainsi, nous cultivons là une bonne base pour comprendre quand le support textuel peut être déposé pour la suite de la progression.
Cela ne veut pas dire d'abandonner sa religion ou ses enseignements. Bien au contraire. Mais cela signifie qu'il faille aussi faire confiance aux expériences d'amour que nous faisons et interpréter à nouveau les enseignements sous ce nouveau regard.

Lors que l'on vit l'Amour, nous vivons la nature de l'âme et par là nous vivons Dieu.


Par contre ce n'est pas la science profane qui en soit est un voile, mais la manière dont nous la percevons.
Ainsi, la science profane est tout à faire neutre. Et cela, comme je l'ai dis, peut être un terrain d'expérimentation du Divin si l'état d'esprit va en ce sens.
Et c'est bien, encore une fois, nous y revenons ^^, l'égo et l'ignorance qui sont alors les plus grands voiles. Car c'est eux que peut s'étouffer le désir de la quête spirituelle.

Cependant, tu as raison de rappeler que ce n'est pas par la compréhension intellectuelle que nous comprendrons la nature de Dieu. C'est par l'expérimentation spirituelle.
Voilà pourquoi, la seule compréhension littéraire des enseignements religieux n'aboutira jamais à l'expérimentation avec le Divin.
Nous aurons beau apprendre tout ce qu'il y a à savoir sur la natation, nous ne saurons pas nager pour autant ni savoir ce que signifie réellement nager :jap:
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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  NARI le Mar 9 Juil - 14:18

Cebrâîl a écrit:A mon humble avis, vous vous trompez lourdement sur l'essence de l'enseignement du soufisme mevlevien. La science des Noms divins est l'élément central de toute connaissance véritablement religieuse.
Cebrail,sur ce point vous ne risquerez jamais de vous trompez.. En fait pas seulement le Soufisme mevlevien mais c'est l'essence du Soufisme tout court qui peut a chaque fois nous échapper... Mais permettez moi de vous rappeler encore une fois que le terme « soufisme », Tasawwuf en arabe, est plutôt défini comme un enseignement initiatique, une progression spirituelle qui comporte différentes étapes de purification de l’âme et jamais comme une simple science livresque.. C'est une science qui est en réalité entièrement contenue dans les cœurs seulement où elle demeure pure connaissance et pure lumière. Vous pouvez déduire de tout cela que les mots prononcés ou écrits ne deviennent plus qu'une simple trace visible. Il est très facile de saisir qu'un coeur poli par la citation des plus beaux noms d'ALLAH ne peut traduire aux communs les attributs divins qui en lui sans cesse se reflètent par les effusions de la Réalité divine.. En fait, vous ne pourrez qu’être en plein accord avec moi, que seul en connaît toute la valeur celui qui y a également goûté, qui en a contemplé la demeure initiatique comme un état profond et interne...

Le Soufisme en ce sens n'est plus cet ensemble d'informations sur les noms divins et leurs effets sur le monde manifesté mais clairement une initiation et une expérience personnelle et spirituelle a vivre. C'est la présence divine vivante auparavant inconnue qui se dévoile et nous transporte au-delà de nous-même contre une véritable résistance des tendances égotiques qui s'opposent fermement. Le Soufisme c'est les effusions de cette présence divine qui accorde à l'initié fidèle des savoirs, des connaissances, des secrets, des effusions spirituelles, des sagesses, des états de certitudes qui ne relèvent plus de la connaissance livresque des noms divins précédemment étudiée. Il s'agit plutôt des secrets de la découverte de Dieu et de Soi.. Il n'y a plus de place pour la dialectique ou la pensée purement discursive, car on y découvre la science des saveurs et des états intérieurs ou les approches scientifiques connus, qui suffisaient largement pour avoir une connaissance parfaite de la religion dans son sens exotérique, ne deviennent qu'une simple approche mentale....Arrivé a ce niveau il s'agit surtout de se mettre en disposition de recevoir les dons de Dieu dans une situation ou l’esprit se doit d’être a chaque instant en profond état de pauvreté et d’humilité...C'est seulement dans cette façon d'agir et de voir les choses que se place le Soufisme et aucunement dans une quelconque prétention de grandeur, de supériorité ou de détention de science ou de vérité. Ce que vous décrivez est plutôt malheureusement défini comme étant la négation même du Soufisme..

Ce qui caractérise malheureusement la plus grande partie du monde de nos jours est précisément due à la perte, pour la plupart aujourd'hui, de ces moments privilégiés où l’on entre dans un rapport essentiel avec soi-même, et à la méconnaissance des voies qui mènent l’âme là où elle prend conscience de son origine et reconnaît la source de son être. C'est en ce sens qu'il appartient effectivement, tout comme vous le précisez, a ceux qui désirent sérieusement aller vers la réalité essentielle de considérer la création comme une théophanie des Noms divins (zuhûr el Hakk), et non comme une simple entité autonome. Il est bien sur très difficile d'expliquer la relation entre le Principe et la manifestation dans la théophanie des Noms divins. Comprenez, Cebrail, qu'il devient évident que le concept de théophanie est étroitement lié à l’affirmation que l’être est essentiellement unique puisque c’est une manière de montrer qu’il le reste dans la multiplicité de sa manifestation. Le passage de l’Un au multiple, du non manifesté au manifesté, à travers la théophanie des Noms divins, par l’intermédiaire de l’être qui en constitue le réceptacle les embrasse nécessairement de sa réalité..


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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  NARI le Mar 9 Juil - 15:06

Materia a écrit:Par contre ce n'est pas la science profane qui en soit est un voile, mais la manière dont nous la percevons.
Materia, Justement il ne peut vous échapper que la réalité essentielle, se définit nécessairement au-dessus de toute compréhension. Elle est si différente du monde que nous ne pourrons jamais la décrire. La réalité se tient au-delà des qualités qui lui sont généralement attribuées. Et donc nous pouvons conclure que la perception humaine a laquelle vous faites allusion est déficiente dans absolument tout les cas.. L'affirmation de l'incomparabilité divine est en ce sens, a titre d'exemple, défendue par tous les théologiens comme par les philosophes. Puisque Dieu et le monde sont sans commune mesure, Dieu, dans Son Essence absolue, est inconnaissable par aucune science. La perception devient justement a chaque fois le contraire même de la réalité a un point ou un exégète a dit ce qui s'apparente à : "Dieu est tout autre de ce que le mental arrive a concevoir du fait même qu'il nous est incommensurable". Quoi de plus clair quand on assimile que la perception n'est que l'ensemble des mécanismes et des processus par lesquels l'organisme prend connaissance du monde et de son environnement sur la base des informations élaborées par ses sens. Elle ne devient qu'un jugement extérieur aléatoire sur la réalité des choses et du monde en fonction de nos simples besoins et de nos valeurs.. C'est bien différent d'une contemplation passive amoureuse ou c'est plutôt l'universel qui se dévoile..

Les connaissants et leurs initiés dans le Soufisme se distinguent justement des autres hommes de science par le dévoilement de cette réalité dans la perception de la réalité essentielle malgré la multiplicité des formes.. Il ne se pose ici que la question de la capacité de l’homme à contempler la théophanie qui correspond à celle des êtres depuis la réalité essentielle dans son non-conditionnement absolu jusqu'à l’existence sensible dans ses dimensions concrètes ou celles encore plus universelles.. Vous comprenez toute la difficulté car c'est par un genre de remarques, subtiles et souvent inattendues, que sont élargies les interprétations des Maîtres connaissants...
L’explication du monde par l’effet des théophanies ne se limite plus à une simple doctrine scientifique des noms divins telle que prônée par notre ami Cebrail..

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Invité le Mer 10 Juil - 1:11

NARI a écrit:L’explication du monde par l’effet des théophanies ne se limite plus à une simple doctrine scientifique des noms divins telle que prônée par notre ami Cebrail..

Merci pour la leçon, mais ce n'est pas ce que j'ai dit....
Reprenons les choses plus posément. Je vais commencer par l'image que j'ai choisi un peu plus haut pour illustrer l’importance d'étudier la nature et l'univers et la nécessité de chercher à les comprendre le mieux possible.
Un fait indiscutable est qu'il n'existe pas de peinture sans peintre. Si on assimile l'univers à une œuvre d'art, on pourra dire que l'étude de cette œuvre d'art nous en apprendra suffisamment sur le peintre. Or, qui peut prétendre faire abstraction du tableau de l'artiste ou l'ignorer, et dire qu'il pourrait connaître directement la dextérité et la perfection du peintre dans l’exécution de son œuvre ? N'est-ce pas orgueilleux de croire que l'on peut connaître Dieu en ignorant Sa création ? Les hommes de science étudient la nature sous toutes ses coutures. Ils font usage de ce merveilleux outil qu'est l'intellect pour essayer de percer les mystères de la nature et du cosmos. Les savants sont des amoureux de la nature et du cosmos. L'étude de la nature est loin d'être une chose futile comme tu sembles le croire. Mais à un moment donné, il faut savoir se détacher de cela et aller au-delà du visible pour se tourner vers notre propre intériorité. Et c'est à ce moment-là que nous retrouvons le trésor que Dieu a déposé dans notre cœur, comme le précise ce hadith :

« Ni Mon Ciel, ni Ma Terre ne peuvent Me contenir ; seul le cœur de Mon serviteur fidèle peut Me contenir. » Hadith qudsi.

L'essence du tasawwuf, tel que je le comprends, est ce mouvement centripète du cœur qui va du monde perçu (l'univers) vers notre propre intériorité, vers notre amour instinctif pour la perfection de l'être divin, pour notre Créateur.
Or, la critique que je vous fais, c'est de vouloir court-circuiter cet élan du cœur (l'amour de l’œuvre d'art) pour nous proposer une sorte de vague ascèse mystique sentimentale et poétique, mais sans attache initiale avec la splendeur de l’œuvre de Dieu. La question que je vous pose est donc : Pourquoi Dieu a t-il créé l'univers dans ce cas, si c'est pour l'ignorer royalement, comme vous semblez le faire ?

Voici une petite vidéo pour mieux comprendre de quoi il est question :


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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Materia le Mer 10 Juil - 15:35

NARI, je suis en effet d'accord avec ce que tu dis, c'est d'ailleurs pour cela que je parle de la manière de percevoir la science profane.
Si nous la définissons comme une voie menant vers le Divin, sans y inclure la recherche spirituelle, alors c'est une erreur (selon moi).

Les Grands Maîtres spirituels nous l'enseigne dans leur exemple, l'exploration du Divin Intérieur est récurent.
Il n'est pas nécessaire d'y inclure une connaissance profane de ce qui nous entoure.

Maintenant, cette connaissance peut servir de support (si c'est là notre souhait) pour mettre en pratique notre démarche spirituelle et faire ainsi l'expérience de nos choix d'être.

Tout est question de perception.
Comme l'a enseigné le Bouddha, "la forme est vide et le vide est la forme". Par nos concepts, nous restreignons la Réalité et par là le Divin. Ce n'est cependant pas inutile ou "mauvais" d'agir ainsi. Car cela nous permet d'établir une certaine organisation complexe de nos systèmes sociaux mais c'est une illusion qu'il convient de dissiper dans la quête de l'expérience du Soi. :jap:
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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  NARI le Mer 10 Juil - 19:05

Cebrâîl a écrit:Mais à un moment donné, il faut savoir se détacher de cela et aller au-delà du visible pour se tourner vers notre propre intériorité. Et c'est à ce moment-là que nous retrouvons le trésor que Dieu a déposé dans notre cœur
Cebrail, mais c'est justement là que réside le propre du sujet.. Vous revenez clairement a notre point de vue.. Il nous faut donc nécessairement comprendre avant toute lecture que le résultat de la perception interne ne peut aucunement découler d’une simple prise de position mentale ou éthique après une étude livresque aussi profonde soit-elle, c'est cela l'essentiel. Vous convenez que c'est plutôt l’humilité, la pauvreté et l’abandon de la volonté propre ainsi que de tout recours a la pensée discursive qui constituent justement les vraies qualités dans le cheminement vers la réalité essentielle. C'est le fait de voir par l’oeil interne que nous pourrons justement être enfin libéré de tout doute par la certitude car la vision béatifique s’étend au-delà du champ du mental, du fait même qu'elle est fondée sur le dévoilement spirituel. Vous comprenez surement que c'est sur ce point que le Soufisme dérange et bouscule nos passions et nos illusions qui sans cesse nous assaillent en vue d’empêcher l’âme de retrouver son véritable espace antérieur et contempler les réalités de l’Esprit, la renvoyant a chaque fois a la case départ de la science profane. C'est en ce sens que la méthode du soufisme est l'intention et la détermination d'aller vers la Vérité par les moyens de l'amour et de la dévotion...

J'ai précisé dans un autre topic que l'homme se définit clairement comme étant un être mental qui dépend de la faculté de concevoir les choses qui le dépassent.. Étant donné sa nature, il va de soi qu'aucun humain ne peut survivre en tant que tel sans se faire une vision, une conception du monde, consciente ou non, qui oriente toutes sa manière d’être.. Il ne peut y avoir de vie sans construction mentale existentielle préalable pour décrire notre identité en vue d’élaborer nos décisions et nos actions. C'est ainsi que nous saisissons le danger du leurre qui peut resurgir a chaque fois dans nos conceptions, car la création d'une réalité ou d'une autre par le cerveau est une évidence liée a l'essence humaine..

La gravité s’annonce encore plus quand nous comprenons que nos constructions mentales ne traduisent et ne comprennent chaque révélation de l'absolu que par une forme très relative suite a l'anthropomorphisme qui s'attache a notre forme de pensée.. Chaque fois a la perception est attenante l'interprétation des données qui devient terre a terre et très humaine loin de toute réalité primordiale. Dans l’acte de perception de toute révélation, la connaissance relative se mêle à la pure sensation, d'ou la nécessité de savoir la mettre de coté quand le besoin se fait sentir. C'est en ce sens que le verbe religieux exige de la perception qu'elle ne soit en aucune façon un simple phénomène passif qui subit la forme singulière de sélection des données sensibles. Elle se doit plutôt être sans cesse combattue pour pouvoir enfin pénétrer la parole divine..C'est surtout a cela que je ne cesse de faire allusion.

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  Invité le Jeu 11 Juil - 4:30

NARI a écrit:l’abandon de la volonté propre ainsi que de tout recours a la pensée discursive qui constituent justement les vraies qualités dans le cheminement vers la réalité essentielle.

Et c'est là que réside notre désaccord....

La réflexion sur la création divine est vivement encouragée dans le Coran, et cela à de nombreuses reprises. En voici quelques passages :



Sourate 13, verset 3

Et c'est Lui qui a étendu la terre et y a placé montagnes et fleuves. Et de chaque espèce de fruits, Il y établit deux éléments de couple. Il fait que la nuit couvre le jour. Voilà bien là des preuves pour des gens qui réfléchissent
. - يَتَفَكَّرُونَ -





Sourate 30, verset 8

N'ont-ils pas médité en eux-mêmes ? - يَتَفَكَّرُوا۟ - Allah n'a créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux, qu'à juste raison et pour un terme fixé. Beaucoup de gens cependant ne croient pas en la rencontre de leur Seigneur.



Tout cela pour dire que la raison et le cœur doivent travailler en synergie. Il n'est pas forcément question de dissocier le travail de l’intellect et le travail du cœur. Car le travail du cœur, d'après certains érudits musulmans, n'est rien d'autre que l’intellect en action. Encore une fois, à mon sens, vous vous trompez sur la vraie signification de l'enseignement de Rûmi : Rûmi ne prône absolument pas un abandon de l'intellect sur l'autel de la divinité, mais l'idée ici est d'être à l'écoute des signes divins avec toutes nos capacités en alerte. La démarche intérieure du sage ne se situe pas dans un vague sentimentalisme et amour du divin, mais c'est la puissance réceptrice du cœur qui illumine l'intellect, qui n'en devient que plus solide et plus fort.

Voici ce qu'en dit Rûmi en personne :

« Au sujet de la Raison universelle, Dieu a dit : "la vue ne s'égara pas" (mâ zâgh), mais la raison individuelle regarde dans toutes les directions. La Raison dont la vue ne s'égare pas (ʿaql-i mâ zâgh) est la lumière de l'élite.
La raison individuelle n'est pas capable de produire, elle ne fait que recevoir la science et a besoin d'être instruite. Cette raison est capable d'apprendre et de saisir, mais seul l'homme qui possède l'inspiration divine peut l'instruire [c'est-à-dire : instruire la raison individuelle]. »

:arrow: Mathnawi, livre IV, page 916, 917.

La raison consiste en deux raisons ; la première est celle qui est acquise et grâce à laquelle on apprend, comme un élève à l'école,
Des livres, des maîtres, de la réflexion, de la mémorisation, des concepts et des sciences excellentes et originales.
Par ces moyens, ton intelligence devient supérieure à celle des autres ; mais par le fait de conserver toute cette connaissance dans l'esprit, tu es lourdement chargé.
Occupé à errer à la recherche du savoir, tu es une tablette qui garde ; la tablette gardée est celui qui est passé au-delà de cela.
L'autre raison est le don de Dieu ; sa source se trouve au sein de l'âme.
Quand l'eau de la connaissance divine jaillit de la poitrine, elle ne devient pas fétide, vieille ou impure ;
Et si elle ne peut plus jaillir à l'extérieur, qu'importe ? car elle jaillit continuellement de la demeure du cœur. »


:arrow: Mathnawi, Livre IV, page 957


A un autre endroit, il est écrit (je cite de mémoire) : Ce monde n'est que la manifestation de l'Intellect Universel. L'Intellect universel est Roi et instruit les Messagers. Et : La raison individuelle ne fait que recevoir la science et a besoin d'être instruite. Seul l'homme qui possède l'inspiration divine peut l'instruire. (Mathnawi, livre IV, page 916)

Conclusion :

Il ne s'agit donc pas, selon Rûmi, d'abandonner notre intellect comme vous semblez le croire, mais il s'agit de soumettre notre raison à la sagesse de Dieu, non pas en faisant "taire" notre raison ou notre intelligence, mais au contraire en la faisant vivre par une démarche humble de réceptivité du cœur, qui est le siège de l'intellect ou de la raison, et le réceptacle de la Sagesse, comme le précise ce verset coranique :

Sourate 22, verset 46 : Que ne voyagent-ils sur la terre afin d'avoir des cœurs pour comprendre....?

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  -Ren- le Jeu 11 Juil - 4:51

Cebrâîl a écrit:Voici ce qu'en dit Rûmi en personne
Merci pour ce recentrage du sujet :jap:

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  NARI le Jeu 11 Juil - 15:24

Cebrâîl a écrit:il s'agit de soumettre notre raison à la sagesse de Dieu, non pas en faisant "taire" notre raison ou notre intelligence, mais au contraire en la faisant vivre par une démarche humble de réceptivité du cœur, qui est le siège de l'intellect ou de la raison, et le réceptacle de la Sagesse
Cebrâîl, dans notre vision des choses que nous essayons d'exposer ce n'est point l'abandon de la science ou de la méditation qui est encouragé, bien au contraire, mais c'est surtout la volonté propre dans tout cela qui est remise en cause. Vous convenez surement que le désir et la volonté propre dans toute lecture présentent en fait de grands dangers en réduisant les choses aux causes secondes bien loin de la réalité essentielles.. C'est seulement en ce sens que le dénuement et le détachement forment la partie essentielle du Soufisme de Rûmî et de tout les autres du fait qu'il est plus que vrai qu'on ne peut parvenir a ce stade sans abandonner le monde de la causalité et briser les habitudes du monde physique. C'est a dire s’imprégner dans le Réel sans avoir recours a la pensée purement discursive qui n'en fait nullement partie mais qui plutôt distrait le cœur de la présence absolue.. Dans une véritable méditation le monde tel que nous le voyons se décline et s'incline et notre volonté avec.. Ceci est renforcé par le fait qu'aucun connaissant n'a pu atteindre la réalité essentielle dans un état de mondanité et de science extérieure.. Il ne peut vous échapper que dès lors que l’on s’investit dans le monde sensoriel, on réduit totalement sa compréhension des secrets spirituels du monde....

Ce ne sera donc que ravis à nous-mêmes que la perception du secret spirituel pourra être obtenue.. Un coeur orienté et détaché du monde est plus proche du fait que mentalement il se détourne des affaires du monde et se défait clairement de la lourdeur de ses attachements. Je reviendrais plus tard pour être plus explicite..

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Re: Djalâl-ud-Dîn Rûmî. Ses poèmes. Sa vision de Dieu.

Message  NARI le Ven 12 Juil - 18:54

NARI a écrit:Je reviendrais plus tard pour être plus explicite..
Cebrail, l'intelligence est effectivement une lumière, par laquelle l'esprit saisit toutes les connaissances nécessaires et théoriques, qui mettent l'homme en état de réceptivité vis-à-vis de la connaissance. Mais plus profond encore, C'est par l'effusion de l'Amour pur et éternel que Rûmî nous emmène dans une recherche intense de nous-mêmes et du monde dans quelque chose de plus profond, qui échappe à toutes les contingences, à toutes les limitations inexplicables par la science. Ceux qui l'ont lu et apprécié en ont surement détecté toute la saveur car il exprime cela dans une plénitude sans limites, dans la liberté vers laquelle toute âme aspire, parfois même dans une intensité douloureuse..

Signalons au passage qu'il y a une différence majeure entre la "science de la certitude" qui résulte de la simple démonstration, et la "vision de la certitude" qui résulte du dévoilement et de l'évidence contemplative et essentielle. C'est justement de ce fait que l'appréciation par le sens extérieur scientifique ou intellect de tout ce qui est convenable ou incompatible avec la réalité essentielle n'est point donnée a la simple pensée discursive. S’éveiller a l'absolu nécessite un véritable retrait du relatif et la sincérité dans cela c'est justement de faire abstraction des exigences et des voiles de l'âme dont la science profane fait surement partie.. Cela devient d'autant plus clair lorsqu'on saisit que c'est par une âme purifiée de toute préoccupation étrangère a l'absolu qu'on parvient a le pénétrer, ceci devant nécessairement se faire bien loin des complaisance de l'ego et des sollicitations de ses passions..

Loin donc de la simple pensée discursive, Rûmî chantre de l'amour mystique, nous fait comprendre le "Vrai" dans le recueillement qui a pour origine l'attendrissement du cœur, sa soumission et sa brûlure dans l'amour.... Pour lui, le vrai amour est synonyme de sacrifice et donc le disciple doit sacrifier son âme pour l’amour de la réalité essentielle. Il n'y a pas d'autres alternatives pour que l’intérieur puisse s’illuminer et s’orner des connaissances universelles réelles. Il ne faut surtout pas voir en cela un quelconque manque de liberté car en réalité c'est plutôt celui qui ne vit pas cela qui est l'esclave de son ego sauf celui qui, comme Rûmî et ses adeptes danseurs, par un combat intérieur ont su le dominer. Attention, de même que Dieu ne force pas notre volonté, les connaissant de la réalité essentielle n'ont aucunement l'intention de nous imposer quelque chose. Ils nous offrent tout simplement gratuitement toute leur ferveur communicative qui nous exhorte en l'abandon de nous-mêmes à cette force d'Amour supérieure.

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