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L'Imaginal

Message  Bruno76 le Sam 2 Mar - 8:30

Salem , bonjour

j'aborde tout doucement la lecture de cet ouvrage :



je cite plus bas la présentation au dos du livre et une petite présentation de l'ouvrage


Ibn'Arabi (Murcie 1165-Damas 1241), philosophe, théologien et mystique musulman, est reconnu dans la tradition du Soufisme comme le plus grand Maître. C'est le philosophe qui a sans doute le mieux théorisé l'unicité de Dieu, reconnaissant la présence divine en toute forme et toute image. Disant de lui : " Je ne suis ni un prophète, ni un Envoyé, je suis simplement un héritier, quelqu'un qui laboure et ensemence le champ de la vie future ". Ibn'Arabi se donnait la capacité de convoquer les prophètes hors de " présences imaginales " se considérant comme l'équivalent des Envoyés de Dieu. Plus qu'une biographie du Maître Ibn'Arabi, l'ouvrage est une étude, une analyse approfondie de l'univers de la spiritualité comme source de l'" imagination créatrice ".

Selon ces réflexions et méditations, la Création, macrocosme cosmique, ombre visible de la lumière originelle est d'abord une matérialisation du verbe divin.

Aux conditions initiales de la création des mondes répond la créature imaginant aussi son monde ou ses mondes, poursuivant elle-même la création et renouvelant.

C'est par cette étude, fondatrice dans son œuvre, que Corbin a forgé le concept " d'imaginal ", initiant ici le décloisonnement qu'il poursuivra à travers toute son œuvre entre l'imaginaire et la science.


---------------------------

Cette notion de mundus imaginalis va se révéler indispensable dans notre approche de la voie des afrâd parce qu'elle est la conjonction ésotérique du Christianisme et de l'Islam, la reconnaissance de leur filiation orientale – au sens métaphysique et non géographique du mot.

Cette « filiation » ouvre la perspective d'un troisième monde, entre le monde de l'Intelligible et celui du Sensible. Un troisième monde de l'imaginatif que le soufisme nomme âlam al-mithal et pour lequel l'orientaliste Henri Corbin a inventé ce néologisme, l' « Imaginal », afin de bien montrer qu'il est autre chose que l'imaginaire tel que le conçoit notre psychologie exotérique – et son obédience psychanalytique plus précisément.

Car il ne s'agit pas ici d'un onirisme psychique, tel que certains surréalistes par exemple le pratiquèrent dans notre littérature, mais d'un véritable onirisme spirituel, celui que devinèrent Rimbaud, Nerval ou Villiers de l'Isle-Adam.

L'Imaginal, c'est le monde de la réalité objective de la Révélation – et l'Annonce faite à Marie appartient à ce monde spirituel que l'on peut aussi concevoir comme celui des analogies et des symboles.

Entre le Divin et l'Humain, le symbole, loin de nier la réalité tangible de l'événement, lui rend son sens anagogique, le verticalise.

C'est ce mundus imaginalis que le platonisme néo-zoroastrien de Sohrawardî désigne comme la « terre céleste d'Hûrqalyâ », cette terre qui, selon la très belle expression de Corbin,(23) est « la théurgie de son ange » car, par sa féminité sans cesse virginale, elle est la coupe qui aimante les « Intelligences » chérubiniques.

Nous découvrons ainsi un triple univers :
le monde de l'homme, qui est celui de la perception sensible ;
le monde de l'âme , qui est celui de la perception imaginative ;
et le monde de l'ange, qui est celui de la perception intelligible.

« Voir les choses en Hûrqalyâ », c'est découvrir le sens caché des choses, l'histoire spirituelle transparaissant sous l'histoire évènementielle.

Ce monde intérieur, visionnaire, n'a jamais sans doute été aussi bien décrit que dans les récits mystiques de Sohrawardî, le philosophe iranien du XIIème siècle, dont la pensée s'inspira aux sources mêmes du mazdéisme ancestral. (24)

C'est le monde où s'accomplissent les événements de notre hiéro-histoire, les théophanies, les manifestations du Xvarnah – la lumière de Gloire de la théosophie zoroastrienne –, si proche des manifestations de notre Saint Graal.

Bruno76

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Re: L'Imaginal

Message  Bruno76 le Sam 2 Mar - 8:32

je suis ouvert à toute critique constructive et éclaircissement au sujet de cette notion d'imaginal

d'abord cette notion : âlam al-mithal si une âme instruite pouvait m'éclairer sur sa définition

Bien à vous

Bruno76

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Re: L'Imaginal

Message  -Ren- le Sam 2 Mar - 10:11

Bruno76 a écrit:je suis ouvert à toute critique constructive et éclaircissement au sujet de cette notion d'imaginal
Pour ma part, je suis encore trop néophyte :lol:

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Re: L'Imaginal

Message  Bruno76 le Sam 2 Mar - 10:21

Un de mes frères vient de m'éclaircir sur le fait que c'est une approche par moment de par trop intellectuelle et un mélange avec le chi'isme iranien donc cela corrobore la pensée qu'à émi l'un des membres du site ;)

pas que le chi'isme iranien soit mauvais , mais les mélanges embrouillent

je ne suis pas parfait et je cherche à apprendre et suis aussi un débutant cher ami Ren ,

juste que certains points m'interessent

si on pouvait donc juste m'éclaircir sur la notion de : âlam al-mithal

merci d'avance chers ami(e)s

Bruno76

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Re: L'Imaginal

Message  Ghazali le Sam 2 Mar - 17:23

Salam.
Déjà Ibn 'Arabî n'était pas philosophe mais métaphysicien. Il n'était pas mystique mais initié (ou ésotériste), ce n'est pas la même chose (même si certaines personnes entendent par le mysticisme, l'ésotérisme).
Ibn 'Arabî avait rencontré Ibn Rushd (Averroés) lorsqu'il avait 12 ans, et Ibn Rushd plus de la quarantaine il me semble. Ibn Rushd avait été très surpris, et Ibn 'Arabî avait fait comprendre à Ibn Rushd que la métaphysique dépassait le domaine philosophique.

Voici ce qu'avait développé un frère mutasawwûf :

J’aimerais tout d’abord commencer par une remarque importante sur la signification usuelle du mot français imagination qui ne rend pas du tout et déforme même la signification du mot arabe khayâl (خَيَال) utilisé dans les doctrines ésotériques de l’Islam.



Si le mot imagination signifie la capacité à inventer, créer des choses ou la capacité à reproduire dans son « esprit » des choses que l'on a déjà vues ou perçues, le terme khayâl chez Ibn Arabî désigne des réalités bien « concrètes » si je peux m’exprimer ainsi. Il ne s’agit pas du tout, comme le suggère le terme imagination, d’invention, de pensée, de fantaisie ou de chimère.

Le terme khayâl désigne, par rapport à la doctrine des trois mondes (1), le monde psychique Intermédiaire (ou subtil), et de l’état psychique de l’être. Ce mot désigne aussi la faculté (2) qui permet à l’être d’accéder à cet état ou monde psychique.

A partir de là, le khayâl muttasil (muttasil = lié) correspond à la fois à l’état psychique de l’être et la faculté qui permet d’y accéder. Le khayâl munfasil (munfasil = dissocié) correspond à la fois au monde psychique Intermédiaire (ou subtil), et la faculté qui permet d’y accéder.

Le rêve se « situe » dans le domaine du khayâl muttasil, alors que la vision sous forme corporelle d’anges ou de jinns fait partie du khayâl munfasil. Par exemple, les anges envoyés par Allah – exalté soit-Il - au Prophète Ibrahîm – Paix sur lui ! – pour lui annoncer le châtiment du peuple de Loth, avaient pris forme corporelle dans le khayâl munfasil ; le verset du Coran est le suivant :


Et Nos émissaires sont, certes, venus à Abraham avec la bonne nouvelle, en disant : « Salam ! ». Il dit : « Salam ! », et il ne tarda pas à apporter un veau rôti (Coran.11.69 : wa laqad jâat russulunâ ibrâhîma bi-l-bushrâ qâlû salâman qâla salâmun famâ labitha an jâa bi-’ijlin hanîdhin).

Ces anges ne mangèrent pas de ce rôti (et c'est là qu'Abraham pris peur parce qu'il a compris qu'il était en présence d'Anges) et ils ont été vus (ou entendus) par la femme de Seyyidunâ Ibrahîm ; les réalités du khayâl munfasil sont plus « extérieures » et peuvent être partagés par d’autres ayant accès aussi à ces réalités. Contrairement à un rêve qui appartient khayâl muttasil, et qui est plus « intérieure » à l’être (3).

(1) La doctrine des trois mondes considère l’être constitué d’un esprit (rûh), d’une âme (nafs) et d’un corps (jism) qui appartiennent respectivement aux mondes spirituel (‘alam rûhî), psychique (‘alam nafsî ou latîf), et physique (‘alam tabi’a ou jismî). Le mot psychique est dans le sens étendu tel que défini par René Guénon.
(2) Il ne s’agit pas du tout de faculté imaginative au sens usuel de l’expression.
(3) Pour une compréhension métaphysique de ce dont il s’agit (avec la théorie des états multiples de l’être), lire le chapitre XIII : L’Etre et le milieu du livre La Grande Triade.


Le khayâl munfasil (munfasil = dissocié) est un monde qui existe vraiment, c’est le monde psychique Intermédiaire (ou subtil), c’est la partie commune (qui peut être « vue » par d’autres êtres qui en sont capables) de la fameuse Terre de la Réalité (ard al-haqîqa) dont le Cheikh al-Akbar – qu’Allâh l’agrée – avait dit : « tout ce qui y réside est incorruptible, vit et parle, les corps sont subtils (…) Les connaissants par Allah n’y pénètrent que par l’esprit et laissent leur enveloppe corporelle en ce bas monde (…)et où résident les âmes dans l’attente du Jugement dernier (…) »



Pour la faculté correspondante, c’est « pénétrer dans le subtil » (comme dans les films fantastiques quelqu’un qui pénètre dans un miroir). Cette faculté n’a rien à voir avec la pensée.

Le khayâl muttasil (muttasil = lié) correspond à l’état psychique de l’être c’est la partie privée (non « visible » par d’autres êtres) de la fameuse Terre de la Réalité (ard al-haqîqa) dont le Cheikh al-Akbar – qu’Allâh l’agrée – avait dit : « dans cette Terre se déploient aussi les visions des contemplatifs, se déroulent les rêves ».

Une autre personne publiait ceci :

La partie citée est tirée du " livre des Haltes", traduit par A. PENOT p 309


Dans "les révélations de la Mecque" , p 68 et 69, traduit par le même auteur, cette notion est développée ainsi :


Qu’est ce que l’Imaginal ?


Le terme khayal désigne chez Ibn Arabi le monde intermédiaire mais aussi la faculté qui permet chez l’être d’y accéder/…/ Pour Ibn Arabi, le terme « imagination » désigne une réalité ou une « présence » qui devient manifeste en trois lieux différents :

- dans le cosmos comme tel, où l’existence est identique à l’imagination ;
- dans le macrocosme, où le monde intermédiaire entre les mondes spirituels et corporels est imaginal ; et
- dans le microcosme où l’âme humaine considérée comme une réalité distincte de l’esprit et du corps relève de l’imagination.

Il emploie aussi le terme dans un sens voisin pour désigner la faculté de l’imagination considérée comme une des nombreuses facultés de l’âme, avec la raison, la réflexion et la mémoire (81).


81. The sufi path of knowledge p117-117. Il convient de préciser aussi, bien entendu, que le terme “imaginal” n’a rien à voir avec l’emploi qui en est fait en psychanalyse. Le khayal désigne littéralement « le monde de l’image »


/…/Le monde de l’Imaginal constitue une forme de "magasin des formes" ou si l’on prefere un "magasin de l’imaginaire" (khizama al khayal). D’une façon fénérale, l’imagination se distingue de la réflexion (fikr) et permet une perception intérieure des idées à travers leurs formes sensorielles et imagées. Elle s’opère par une vision ou par une audition qui ne passent pas par le relais des yeux ni des oreilles corporelles et dont les reves fournissent une forme que chacun expérimente quotidiennement. Elle ouvre sur le monde des images ou des symboles. Dans le vocabulaire d’Ibn Arabi « image » (mithal) sans jamais etre entendue comme une faculté est cependant synonyme d’imaginal. On parlera indifféremment ici de « monde imaginal » (‘alam al khayal) ou de « monde des symboles » (‘alam al mithal)


Et le frère lui répondit ceci :


Concernant le texte écrit par Jean Annestay (c’est lui qui a écrit la partie citée plus haut dans "les révélations de la Mecque"), elle permettra de faire un début de clarification importante sur la génèse de la traduction de khayâl dans le sens monde subtil et faculté permettant d’y accéder par monde imaginal et imagination créatrice.


J’ai souligné le nom d’Annestay parce qu’il est important de savoir que l’ouvrage "Les révélations de la Mecque" est un ouvrage collectif A. Penot/Jean Annestay : « les deux Introductions (p.23 à 106) et textes additionnels (notice sur Ibn Arabî, bibliographie, index des noms propres et lexique des termes arabes) sont sous copyright de Jean Annestay ».

Pourquoi est-il important de savoir qui est l’auteur de quoi ? C’est une question de compétence et de références utilisées. Il faut savoir que Jean Annestay est à l’origine un éditeur de Bandes dessinées (co-éditeur de Jean Giraud alias Moebius auteur de Blueberry) qui n’est pas un auteur traditionnel, ni un universitaire. Pour cette partie qu’il a rédigée, il s’est largement inspiré des ouvrages du défunt professeur William Chittick qu’il cite abondemment : The sufi path of knoweledge, The Self-Disclosure of God, Faith and practice of Islam.

Il faut savoir que William Chittick était un américain shiite qui enseignait à Téhéran et collaborait dans les cercles pérennialistes. Il a subi une grande influence de la part de Seyyed hossein Nasr et de Henry Corbin (Cf. The Corbin Trylogy p.154) dont il a emprunté la notion d’imagination créatrice forgée dans les cercles d’Eranos en collaboration avec Carl Gustav Jung.

Il faut savoir aussi que l’œuvre de Henry Corbin est l’un des détournements les plus subtils et raffiné de l’œuvre du Cheikh al-akbar Ibn Arabî (il faudrait que j’écrive un article un de ces jours là-dessus). Le termes même d’imagination créatrice constitue une des clés de voûte de cette construction déviante inspirée par le sulfureux cercle d'Eranos (avec celui de mysticisme introduit par Nicholson et diffusé par le groupement des Etudes Carmélitaines auquel collaborait Louis Massignon).

Par conséquent, le véritable traducteur de khayâl par monde imaginal et imagination créatrice n’est ni A. Penot, ni Jean Annestay, ni William Chitticks mais Henry Corbin et même Henry Corbin a été influencé par Carl Gustav Jung pour élaborer ce terme.

Bien que Corbin ait justifié qu’il s’agit du monde intermédiaire, j’ai des raisons justifiées de croire qu’il ne s’agit pas du tout du même monde intermédiaire que celui du Cheikh al-Akbar Ibn Arabî mais plutôt celui de Jung (ou de Harry Potter). Pas plus que le mot mysticisme ne peut désigner l’initiation.


Il faudrait voir le texte original avec les expressions exactes en arabe. D’ailleurs d’un point de vue traditionnel, la partie frontale en avant ne correspond pas au mental : il y aurait des choses à dire là-dessus par rapport à Kundalini (Cf. L’homme et son devenir selon le Vêdanta) et le troisième œil. Le dimagh n’est pas seulement le mental, c’est comme traduire ‘aql par raison, c’est enlever toute la partie supra-humaine de notre être. Il n’y pas plus anti-métaphysique comme démarche.



Je voudrais revenir maintenant sur un passage d’un texte de René Guénon en rapport avec notre sujet qui peut paraître étrange ou incompréhensible, mais qui devient plus « compréhensible » par rapport à ce qu’on a dit dans ce fil. Je reproduit également un passage des Futûhât qui parle de ce qui était évoqué par Guénon.

"Par tout ce que nous avons exposé jusqu’ici, il est facile de se rendre compte maintenant du sens général dans lequel s’effectuent ces changements : ce sens est celui que nous avons caractérisé par la « solidification » du monde, qui donne à toutes choses un aspect répondant d’une façon toujours plus approchée (quoique pourtnat toujours inexacte en réalité) à la manière dont les envisagent les conceptions quantitatives, mécanistes ou matérialistes ; c’est pour cela, avons-nous dit, que la science moderne réussit dans ses applications pratiques, et c’est pour cela aussi que la réalité ambiante ne semble pas lui infliger de démentis trop éclatants.

Il n’aurait pas pu en être de même à des époques antérieures, où le monde n’était pas aussi « solide » qu’il l’est devenu aujourd’hui, et où la modalité corporelle et les modalités subtiles du domaine individuel n’étaient pas aussi séparées (bien que, comme nous le verrons plus loin, il y ait, même dans l’état certaines réserves à faire en ce qui concerne cette séparation). Non seulement l’homme, parce que ses facultés étaient beaucoup moins étroitement limitées, ne voyait pas le monde avec les mêmes yeux qu’aujourd’hui, et y percevait bien des choses qui lui échappent désormais entièrement ; mais, corrélativement, le monde même, en tant qu’ensemble cosmique, était vraiment différent qualitativement, parce que des possibilités d’un autre ordre se reflétaient dans le domaine corporel et le « transfiguraient » en quelque sorte ; et c’est ainsi que, quand certaines « légendes » disent que les pierres précieuses étaient aussi communes que le sont maintenant les cailloux les plus grossiers, cela ne doit peut-être pas être pris dans un sens tout symbolique. Bien entendu, ce sens symbolique existe toujours en pareil cas, mais ce n’est pas à dire qu’il soit le seul."

(René Guénon, Le règne de la quantité et les signes des temps, chap.XIX : Les limites de l’histoire et de la géographie, p.129)


Et Ibn 'Arabî disait : "J'ai vu dans ce monde, une mer de sable aussi fluide que l'eau; j'ai vu des pierres, petites et grandes, mutuellement attirées les une vers les autres, tel le fer vers l'aimant. Jointes les unes aux autres, elles ne peuvent se dissocier à moins qu'on n'intervienne directement, de la même façon que l'on sépare le fer de l'aimant sans qu'il puisse s'y opposer. Mais, si on s'abstient de le faire, ces pierres continuent d'adhérer les une aux autres sur une distance déterminée. Lorsqu'elles sont toutes unies, cela constitue la forme d'un navire. J'ai moi même vu ainsi {se former} une petite embarcation et deux nefs. Quand un vaisseau est ainsi constitué, les habitants le mettent à l’eau, puis ils embarquent pour voyager où bon leur semble. Le plancher du navire est fait de particules de sable ou de poussière soudées les une aux autres de manière spécifique. Jamais je n'ai rien vu d'aussi merveilleux que ces vaisseaux de pierre voguant sur un océan de sable! Toutes les embarcations ont la même silhouette; le vaisseau possède deux flancs à l'arrière desquels se dressent deux énormes colonnes plus hautes que la taille d'un homme. Le sol du navire à l'arrière est à hauteur de la mer sur laquelle il s'ouvre sans qu'un seul grain de sable pénètre à l'intérieur." (Cheikh Muhyî-d-Dîn Ibn Arabî, Futûhât, I, p.129, trad. C.Addas)

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Re: L'Imaginal

Message  Bruno76 le Sam 2 Mar - 18:53

un grand grand merci Ghazali :jap:

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Re: L'Imaginal

Message  -Ren- le Sam 2 Mar - 22:10

Je me joins aux remerciements :jap:

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Re: L'Imaginal

Message  Ghazali le Sam 2 Mar - 22:28

Et moi je remercie au passage les deux personnes concernées desquelles j'ai publié les échanges :).
Ce n'était que quelques extraits significatifs, j'y reviendrai peut-être plus tard Si Dieu le Veut.
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Re: L'Imaginal

Message  -Ren- le Mer 1 Mar - 21:16

Interview d'Henri Corbin lui-même :


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Message  -Ren- le Mer 1 Mar - 21:17

Autre document audio :

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