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Futuwah , Traité de chevalerie soufie

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Futuwah , Traité de chevalerie soufie

Message  Bruno76 le Mar 26 Fév - 13:24

Bonjour , je lis ce traité riche en manère de se comporter vis à vis de l'autre , je suis en train de faire une fiche de lecture de l'introduction

d'abord le livre en ligne sans l'introduction de Faouzi Skali

http://www.slideshare.net/CAROLUSS/trait-de-chevalerie-soufie-futuwah-sulami-livre-entier-5275125




Bruno76

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Re: Futuwah , Traité de chevalerie soufie

Message  -Ren- le Mar 26 Fév - 13:27

Bruno76 a écrit:Bonjour , je lis ce traité riche en manère de se comporter vis à vis de l'autre , je suis en train de faire une fiche de lecture de l'introduction
A ajouter à ma loooooooooooongue liste de lecture ! ^^

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Re: Futuwah , Traité de chevalerie soufie

Message  Bruno76 le Mar 26 Fév - 13:28



FUTUWAH – Traité de Chevalerie Soufie
Traduction de Faouzi Skali
Introduction


Soufisme et Futuwah

page 7-10

Les écrits d'Abu ' Abd al Rahman al Sulami ( 325/932-412/1021), dont le présent traité, sont la source principale de la connaissance de la vie et des voies de réalisations spirituelles des premiers siècles de l'Hégire .Ils en sont aussi sans doute l'un des meilleures témoignages .

La qualité de celui-ci tient au fait que Sulami était lui-même tout à la fois une des grandes figures de la spiritualité islamique et un fin connaisseur de la science du Hadith .
Son usage des méthodes propres à cette science l'a amené à nous transmettre les paroles et les enseignements de différents maîtres selon des chaînes de transmission ( Asanid) qui en assurent, dans une certaine mesure, la fidélité .
Sa connaissance de la voie lui permit de situer et de classer ceux-ci selon une vision synthétique, propre à la “saisie” d'un homme qui goûtait lui-même l'intense saveur spirituelle des sentences qu'il consignait.

C'est dans l'antique foyer de civilisation de Nishâpur, au Khurassan, que Sulami reçut , sous l'égide de son grand-père maternel , Ibn Nujayd, sa double formation théologique et spirituelle . Son père mort, l'enfant encore en bas âge , était aussi un soufi réputé .

A l'exemple de beaucoup de ses contemporains, Sulami consacre une partie de sa vie à voyager dans le but de “ recherche de la science” , science qu'il allait receuillir auprès de maîtres réputés, à Bagdad, à Rayy, Hamadan, Merv, dans le Hijaz et autre hauts lieux réputés de cette époque. C'est ainsi qu'il put, dans de nombreux cas, recevoir l'enseignement direct des spirituels de sa Tabaqa, sa classe d'âge, et, à travers eux, celui de maîtres plus anciens .

D'une manière générale, le IVième et le Vième siècle de l'Hégire furent une époque riche en écrits sur le “soufisme” , ce terme générique où on a voulu désigner les voies de réalisations spirituelles en Islam.
Le premier traité du genre que nous connaissions, Kitab al luma'fi at Tasawwuf est dû à al Sarraj al Tusi
( m 378/937) , l'un des maîtres de Sulami . D'autres écrits célèbres, pour ne citer ici que des maîtres du Khurassan, sont dus à deux de ses disciples : Al Qushayri (m.465/1072) (Risala) et Abu Nu'aym (m. 430/1038) ( Hilyat al awliya).

A des degrés divers, les auteurs de l'école du Khurassan sont marqués par le fait d'être des spirituels doublés d'hommes du Hadith .

On attribue à Sulami une centaine d'ouvrages . Parmi ceux-ci, outre ses célèbres Tabayat al sufiyya ( “classes des soufis”) qui fit l'objet d'une édition arabe, figurent le Kitab al-Malamatiyyah, la Muqaddima fi al Tasawwuf, et le présent traité sur la Futuwah.



La notion de Futuwah, en tant que mode ou type de réalisation spirituelle, serait, pensons-nous, difficilement perceptible si nous n'essayions pas de clarifier d'abord le sens même de la notion de “spiritualité “ et celle concomittante de “sainteté” telles qu'elles nous apparaissent à travers la tradition de l'Islam.

Sainteté et degrés de réalisation ( page 10 -15)

La notion de réalisation spirituelle implique l'existence d'une hiérarchisation de degrés, d'une progression vers un état d'être .

Réalisation idéale qu'incarne dans plusieurs traditions le personnage du “saint”

Ce terme n'a pas , dans son acception étymologique ( latin sanctus) d'équivallent direct dans les sources scripturaire de l'Islam . Son aura sémantique se rapproche du sens que l'on donne d'ordinaire au mot
“ Salih “ ( homme de bien) .

Nous le prenons cependant dans un sens plus large qu'il nous restera à préciser . Toujours est-il que la notion d'une élite, d'un étagement par degrés des hommes selon leur élévation spirituelle, est quand à elle, largement attestée.

Il y a bien sûr les prophètes , mais aussi d'autres catégories telles que “les Véridiques” (Siddiqin), les “témoins ou martyrs” (Shuhada) et “les hommes de bien” ( Salihin ).

Il y a aussi les “Muhsinun” ceux qui tendent vers l'excellence du comportement et dont il est dit dont plusieurs versets , qu'Allah les pourvoit de son amour ( voir Coran II, 195 – III,134-III-138 etc)

un Hadith célèbre dit que Jibril détermine l'Ihsan ( d'où “al muhsinun”) comme une étape supérieure à celle de l'Iman ( d'où al-Muminum – les croyants, les hommes de foi )

l'excellence de ce comportement est dans ce Hadith lié à un degré de certitude plus grand que dans la foi, s'approchant de celui de la contemplation directe ( Ru'yah).
Le Hadith dit : “ c'est adorer Allah comme si tu le voyais, car si tu ne Le voit pas, Lui te voit”

Il y a aussi d'autres termes tels que “ Al-Muqarrabun “ ( Coran LVI, 88) – ou Al Sabiqun ( “ les avancés” )

Le terme qui cependant eut dans le soufisme la plus grande postérité est celui de “ Wilawa” ou
“ Walaya” ( selon le texte coranique XVIII, 44 ) . ce terme est à la fois d'une portée beaucoup plus générale que les autres mais les implique tous implicitement .

Sa racine arabe nous donne le sens de proximité , d'alliance (amitié), d'assistance divine .

Le Coran dit : “ Allah est le Wali de ceux qui croient . Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière”
( coran II , 257 )





les termes d'amitié , d'alliance et de proximité impliquent nécessairement une relation de réciprocité.
Ainsi, dans un grand nombre de versets, le nom “ Wali” peut s'appliquer à l'homme lui-même
le Coran dit : “ non , vraiment les Awliya ( pluriel de wali) d'Allah n'éprouveront plus aucune crainte et ne seront point affligés . Ceux qui croient en Allah et qui Le craignent, ils recevront la bonne nouvelle dans cette vie et dans l'autre”( Coran X , 62-63-64)

Enfin, un Hadith Qudsi précise pour nous le sens de cette wilaya de la façon suivante :

“ Mon serviteur ne cesse de s'approcher de Moi
par des oeuvres surérogatoires jusqu'à ce que Je l'aime
et lorsque Je l'aime
c'est Moi qui suit son ouïe par laquelle il entend
sa vue par laquelle il perçoit
sa main par laquelle il saisit
et son pied avec lequel il marche .
S'il Me sollicite
Je lui accorderai certainement ce qu'il me demande
et s'il cherche refuge en Moi
Je lui accorderai certainement Ma protection”

L'éclairage respectif donné par ces sources scripturaires nous fait saisir la Wilaya, la sainteté telle qu'elle nous apparait en Islam comme le fruit d'une rencontre entre l'effort humain ( chercher à se rapprocher d'Allah) et une élection divine , une élection d'amour d'Allah pour Son serviteur .

Celle-ci appelle à son tour l'amour de l'homme qui devient alors le moteur réel de sa progression ou ascension spirituelle vers Dieu.

Le Coran dit : “ Il ( Allah) les aime , et ils L'aiment” ( V, 54)
amour dont les actes cultuels , les actes d'adorations ne sont plus que l'expression extérieure .

C'est sans doute dans cette réciprocité d'amour que s'actualise la plus haute signification de la Wilaya, celle en laquelle converge tous les autres sens .

Mais cette ascension vers Dieu implique forcément aussi une élévation dans des degrés de connaissance. La modalité purement spirituelle de celle-ci est exprimée par la notion de “proximité”
Se rapprocher d'Allah c'est mieux Le connaître . Le connaître , c'est L'aimer .

Dans ce sens , la relation de connaissance s'exprime aussi comme un processus d'illumination, un passage des ténèbres du “Moi” vers la lumière , au plus haut degrés de la réalité “Al-Haqq”

“Allah est la lumière des cieux et de la terre” ( Coran XXIV, 35)
Allah opère en l'homme en tant qu' Il est son Wali ( Coran II, 257)
processus qui se présente aussi comme une intégration progressive de la multiplicité (ténèbres) vers l'Unité ( lumière)

La préférence des sources scripturaires pour la notion de “proximité” plutôt que de “connaissance”
s'explique par le fait que Allah dans son infinitude reste au-delà de toute détermination .
Aucune connaissance , aussi élevée soit-elle , ne peut en épuiser l'Absolu.

On ne peut alors parler que de degrés illimités de proximité , de degrés de connaissance,

Le terme de “connaissance” ,que nous aurons à expliciter, sera alors ici entendu dans le sens d'une tendance infinie de rapprochement de Dieu en tant que Réalité absolument transcendante.

Cette tendance est un processus de réalisation qui passe de la “connaissance de Dieu” à la “connaissance par Dieu” propre à l'homme qui , revêtu de l'attribut du Wali , entends , voit , parle ..
appréhende la multiplicité des existants à partir de l'Unité de l' Être divin ( cf Hadith Qudsi)

Cependant, du fait même qu'il s'agit d'un processus de rapprochement, de connaissance ou d'illumination, les spirituels de l'Islam ont considéré qu'il n'y avait pas une Wilaya , mais des degrés de réalisation de celle-ci .

Il y a autant de degrés de Wali qu'il y a de degrés de proximité , de connaissance,de réalité divine.

Un Hadith du Prophète dit :
“ Les hommes ont la même valeur , pareils aux dents d'un même peigne. Ils ne sont supérieurs les uns aux autres que sous le rapport de la science de la piété “

C'est ainsi que nous retrouvons dans le soufisme la description d'une hiérarchie spirituelle des Walis.

Dans son ensemble, la réalité du Wali nous ouvre donc au mystère de l'Être divin et reste par la même insondable . Il en serait à fortiori de même pour celle du Prophète, qui , dans la hiérarchie spirituelle, se trouve toujours placé au delà des saints ( Awliya) qui ne portent pas cette qualification de Prophète ( Nabi) ou Messager ( Rasul ) divin .

Cette réalité spirituelle du Prophète fut désignée par les soufis du terme de “ Réalité Muhammadienne”
[ Al Haqiqa al Muhamadiyya] ou “ Lumière Muhammadienne” [ Nur Muhammadi]

Nous ne pouvons évidemment ici en développer toutes les implications métaphysiques .

Celle-ci , qui recevra sa pleine explication chez Ibn Arabi , trouve sa justification dans le texte coranique lui-même ( Coran XXXIII,46 où Muhammad est présenté comme un “ Flambeau qui éclaire “ )

Ce qui nous importe de remarquer ici , c'est que, pour les spirituels de l'Islam, le degrés de proximité de Dieu passe par celui du rapprochement de la réalité spirituelle du Prophète .

Chacun reçoit la connaissance d'Allah en proportion de sa participation à cette dernière .


La hiérarchie des saints et des prophètes n'est que l'expression extérieure d'une hiérarchie de degrés de connaissance . De ce fait, le rapport que le Wali a avec Dieu et Son Prophète
( en lequel s'inclut dans cette perspective toute la hiérarchie des saints et prophètes antérieurs en tant que degrés divers de connaissance) est un rapport actuel qui échappe aux limitations de l'espace et du temps.



Si le cycle de la Révélation ( Wahy) fut donc effectivement scellé par la mort physique du Prophète, il n'en est pas de même de celui de l'Inspiration ( Ilham).

De ce fait, la question classique qui consiste à savoir si le Wali est conscient ou non de sa Wilaya reçoit dans ce contexte une réponse affirmative :

La Wilaya est en elle-même la plus haute forme de connaissance, celle de Dieu en tant qu'Il est la Réalité ( Al-Haqq).

Mais on ne peut connaître Allah que dans la mesure où Il se révèle à nous .

Connaissance qui est inspiration divine et qui fonde le soufisme comme voie d'Initiation .

( à suivre , toujours dans introduction , “la connaissance “)




Dernière édition par -Ren- le Mar 26 Fév - 13:30, édité 1 fois (Raison : Attention à notre charte sur la taille des images ;))

Bruno76

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