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L'Imamat chez les chi'ites ?

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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

Message  Jassim le Mar 1 Juil - 14:28

Salam,

Ishraqi a écrit:Les zaydites ont une conception de l'Imāmat... très, très modéré. Pour eux, l'Imām est simplement l'équivalent du calife sunnite. Il peut se tromper et, s'il se trompe, il doit être renversé. L'Imām zaydite est une sorte de roi, les zaydites sont d'ailleurs souvent appelés simplement "monarchistes" au Yémen. Il est désigné par la communauté et n'a pas vraiment d'autorité spirituelle.
Désolé, mais je ne pense pas que ce soit très exact... Contrairement au calife sunnite, l'Imām possède une autorité spirituelle. Il est chargé de guider la communauté à la fois sur le plan religieux et temporel. Ainsi, Zayd ibn 'Alī (sur lui la paix) pour ne citer que lui, a écrit plusieurs ouvrages de fiqh (jurisprudence) touchant à des sujets divers.

Généralement, ceux qui se révoltent contre un Imām sont dissidents et ne croient pas en son Imāmat. C'est l'Imām qui a le devoir de se révolter contre l'oppression en de tels cas et qui doit se montrer apte à défendre la Ummah et à la guider vers la liberté. Il y a plusieurs manières de désigner l'Imām : soit il se manifeste lui-même, et s'il rassemble les conditions requises, il est accepté comme Imām ; soit il est choisi par la communauté, et même s'il y a un meilleur Imām qui aurait pu être choisi, il peut légitimement prendre le pouvoir (c'est la doctrine d'al-fadhil wa al-mafdhul) : c'est d'ailleurs pour cette raison que les zaydites acceptent les califats d'Abu Bakr et d'Umar, bien que 'Alī (sur lui la paix) leur soit supérieur.

N'hésitez pas à poser des questions et à me faire part de vos réflexions.

Bonne journée et bon jeûne,
Jassim

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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

Message  Ishraqi le Mer 2 Juil - 3:41

Jassim a écrit:
Désolé, mais je ne pense pas que ce soit très exact... Contrairement au calife sunnite, l'Imām possède une autorité spirituelle. Il est chargé de guider la communauté à la fois sur le plan religieux et temporel. Ainsi, Zayd ibn 'Alī (sur lui la paix) pour ne citer que lui, a écrit plusieurs ouvrages de fiqh (jurisprudence) touchant à des sujets divers.
J'imagine bien que les Imāms zaydites ont une sorte d'autorité spirituelle, mais le calife a lui aussi ce genre d'autorité et j'ai rarement vu des zaydites attribués à leurs Imāms des qualités qui ne pourraient être transposés aux califes des sunnites par ces derniers. J'ai même l'impression que les califes bien guidés sont, pour les sunnites, beaucoup plus importants que ne peuvent être les Imāms pour les zaydites.

Dans tous les cas, ça reste complètement incomparable à la dimension spirituelle et divine qui est au centre de la conception de l'Imāmat chez les duodécimains et les ismaéliens.
Jassim a écrit:Généralement, ceux qui se révoltent contre un Imām sont dissidents et ne croient pas en son Imāmat. C'est l'Imām qui a le devoir de se révolter contre l'oppression en de tels cas et qui doit se montrer apte à défendre la Ummah et à la guider vers la liberté.
J'avais des sources qui parlaient de la question quand j'avais écrit ça mais je ne les ai plus sous la main. Ces deux sites zaydites semblent en revanche évoquer la possibilité de renverser un Imām qui s'égarerait : http://zaydiya.blogspot.ca/2009/10/zaidiya-zaidia-zaydiya-zaidism.html et http://zaidism.blogspot.ca/2010/07/selecting-imam.html

Mais je reviendrais quand j'aurais retrouvé les livres où j'avais lu cela. :heu: 
Jassim a écrit:N'hésitez pas à poser des questions et à me faire part de vos réflexions.
Oui, oui, je vais en profiter, j'ai rarement parlé à des zaydites !

Et bon ramadan !
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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

Message  Idriss le Dim 8 Mar - 18:39

Bonne émission ce matin sur France culture:


Les dimensions spirituelles du chi'isme avec Mohammad Ali Amir-Moezzi


Mohammad Ali Amir-Moezzi, Professeur des universités, agrégé d’arabe, diplôme de l’Institut des Langues Orientales, Docteur ès-Lettres, est Directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes à la Sorbonne, spécialiste de la pensée islamique classique. Membre de plusieurs société savantes en France et à l’étranger et de plusieurs comités scientifiques de revues spécialisées, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur l’islam en général et sur le chiisme en particulier, notamment Le Guide divin dans le shi’isme originel (Verdier, 1992, 2007), La religion discrète : croyances et pratiques spirituelles dans l’islam shi’ite (Vrin ,2006, 2014), Le Coran silencieux et le Coran parlant (CNRS Editions, 2011). Il a dirigé le Dictionnaire du Coran (Robert Laffont, 2007) et vient de publier l’ouvrage collectif Controverses sur les écritures canoniques de l’islam (Cerf, 2014).
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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

Message  Idriss le Dim 8 Mar - 18:56

erreur d’aiguillage!
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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

Message  Musashi974 le Lun 9 Mar - 5:31

Les dimensions spirituelles du chi'isme avec Mohammad Ali Amir-Moezzi

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Mohammad Ali Amir-Moezzi, Professeur des universités, agrégé d’arabe, diplôme de l’Institut des Langues Orientales, Docteur ès-Lettres, est Directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes à la Sorbonne, spécialiste de la pensée islamique classique. Membre de plusieurs société savantes en France et à l’étranger et de plusieurs comités scientifiques de revues spécialisées, il est l’auteur de nombreux livres et articles sur l’islam en général et sur le chiisme en particulier, notamment Le Guide divin dans le shi’isme originel (Verdier, 1992, 2007), La religion discrète : croyances et pratiques spirituelles dans l’islam shi’ite (Vrin ,2006, 2014), Le Coran silencieux et le Coran parlant (CNRS Editions, 2011). Il a dirigé le Dictionnaire du Coran (Robert Laffont, 2007) et vient de publier l’ouvrage collectif Controverses sur les écritures canoniques de l’islam (Cerf, 2014).

Emission excellente! Merci pour le lien...
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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

Message  Musashi974 le Dim 4 Oct - 13:46

Extrais d'un article fort intéressant sur l'Imamat :

Spoiler:
Extrait de l'article "Chiisme", par M. A. Amir-Moezzi, Dictionnaire du Coran, Robert Laffont  :
"Fonction et nature du Coran.


Pour saisir la fonction du Coran, comme de toute autre Ecriture sainte, il faut l'envisager dans le cadre d'une des caractéristiques les plus importantes et sans doute la plus essentielle du chiisme, celle qui consiste en une "vision duelle" du monde. Selon celle-ci, toute réalité, de la plus transcendantale à la plus anodine, possède au moins deux niveaux : un niveau manifeste, obvie, apparent (en arabe zâhir), et un niveau secret, non manifeste (bâtin), caché sous le niveau apparent et pouvant comporter d'autres niveaux encore plus secrets (bâtin al-bâtin). La dialectique du manifeste et du caché, de l'exotérique et de l'ésotérique constitue un crédo fondamental et est en oeuvre dans différentes disciplines religieuses.

Et d'abord en théologie.

Dieu lui-même comprend deux niveaux d'être, et en premier lieu celui de l'essence [dhât], à jamais inconcevable, inimaginable, au-delà de toute pensée et tout savoir [1]. Ce niveau caché, l'ésotérique de Dieu, est celui de l'inconnaissable absolu. Mais si les choses en restaient là, aucune relation ne serait possible entre le Créateur et les créatures. Alors Dieu, dans sa bonté, fit éclore en son propre être un autre niveau : celui des noms et attributs [sifât] à travers lesquels il se révèle et se fait connaître [2]. Ce niveau révélé, l'exotérique de Dieu, n'est plus Dieu l'inconnaissable, mais Dieu l'inconnu qui aspire à être connu [3]. Cette connaissance est même le but ultime de la création.

Or, les noms et les attributs [Sifât] agissent dans l'univers à travers des véhicules, des "organes" de Dieu, son oeil, sa langue, ses mains, etc, qui sont autant de manifestation de Dieu, autant de théophanies. La théophanie par excellence, le plus noble lieu de révélation des noms divins, c'est-à-dire de ce qui peut être connu en Dieu, c'est un être métaphysique que les sources chiites, selon les époques et selon les auteurs, ont notamment appelé l'Imam céleste, l'Imam de lumière, l'Homme cosmique ou Ali (le nom du premier et le plus important des imams historiques) céleste [1]. Il s'agit de l'Imam (avec un I majuscule) dans son acception ontologique universelle. La connaissance de sa réalité équivaut ainsi à celle de ce qui peut être connu en Dieu, puisque le véritable Dieu révélé, celui qui manifeste ce qui est "manifestable" en Dieu - d'où l'usage des termes "noms" et "attributs" - , c'est bien l'Imam cosmique. A son tour, ce dernier possède aussi une dimension cachée et un niveau manifeste. Son aspect ésotérique, sa face non révélée, c'est justement son aspect métaphysique, cosmique, "dans le ciel", selon la plus ancienne expression. Son exotérique, son niveau apparent, son lieu de manifestation, ce sont les amis [Awliya] de Dieu, les imams ou guides historiques (avec un i minuscule) des différents cycles de l'Histoire sainte [2]. Ici nous abordons déjà un autre chapitre, la prophétologie

Dans le chiisme, chaque grand prophète est accompagné dans sa mission d'un ou de plusieurs imams. Pourquoi ? D'Adam, premier homme et premier prophète, à Mahomet, "Sceau de la prophétie législatrice", tous les prophètes législateurs, c'est-à-dire "fondateurs" de religion, ont fait parvenir aux hommes la Parole de Dieu, sous forme d'un Livre saint. Or cette Parole ou ce Livre possèdent eux aussi un aspect apparent, exotérique, une "lettre" dirait saint Paul, et un aspect secret, ésotérique - un "esprit" toujours selon le sage de Tarse. Le prophète - envoyé connaît bien entendu les deux niveaux, cependant sa mission consiste à présenter la lettre de la révélation, son niveau exotérique, en somme "ce qui est descendu" (tanzil) à une majorité de gens, à la masse des fidèles de sa communauté. En même temps, le ou les imâms qui l'accompagnent ont pour mission de faire connaître l'esprit de la révélation, son niveau ésotérique révélant le secret de son origine (ta'wil), non pas à tous mais à une minorité d'initiés, à l'élite de la communauté appelée les "chiites" [1] . Ainsi, chaque religion, outre son prophète, a eu son ou ses imâms et ses chiites [partisans, fidèles], c'est-à-dire cette minorité d'initiés aux secrets de cette religion par leur(s) imâm(s). Selon les listes les plus recurrentes, Seth fut l'imâm d'Adam ;Sem fut l'imâm de Noé ; Aaron ou Josué celui de Moïse ; Simon Pierre ou l'ensemble des apôtres ceux de Jésus ; Ali et ses descendants ceux de Mahomet.

Ainsi le chiisme historique, celui de l'Islam, se présente-t-il comme le dernier chaînon d'une longue suite de doctrines initiatiques qui ont existé au sein des religions, puisque les "chiites musulmans" sont cette élite minoritaire initiée par Ali et les autres imâms aux mystères du Coran. En effet, selon cette conception, le Coran, comme tout autre livre saint, est une écriture codée qui a besoin d'être déchifrée ; ou encore un Livre qui ne présente les secrets divins que sous une forme condensée ; ce sont les enseignements des différents imâms qui apportent les clés de déchiffrement du Livre ou bien l'explication détaillée du discours concentré de celui-ci. Sans l'enseignement initiatique de l'Imam, le Livre reste inintelligible. Sans l'esprit, la lettre ne peut que demeurer morte ; c 'est pourquoi dans le chiisme le Coran est appelé "le guide silencieux" (imâm sâmit), alors qu'en même temps l'imâm est qualifié de "Coran parlant" (qur'an nâtiq). Sans le ta'wil de l'imâm, l'herméneutique spirituelle menant à l'origine du Texte, le tanzîl, la Révélation reste incompréhensible. Et quel est en définitive le secret ultime, le mystère des mystères du Coran, comme de tout autre Livre divin ? Pour le chiisme c'est la réalité spirituelle de l'imâm terrestre, théophanie terrestre de l'Imâm céleste, lui-même théophanie du Dieu révélé. Autrement dit le secret du Guide, en même temps face de Dieu et face de l'Homme, constitue la substance des révélations divines. Ainsi, soutenu par une théologie de "théophanies en cascades", l'imâm historique est présenté comme le gardien et le transmetteur d'un enseignement initiatique dont l'Imâm cosmique est le contenu ultime. Le Coran, explicité par l'enseignement des imâms, c'est-à-dire ce que les chiites reconnaissent comme leur corpus de hadiths, dirige vers le dévoilement de ces secrets divins.

La notion d'un homme qui serait la théophanie des Attributs divins n'est pas spécifique au chiisme. Cette notion, nous la retrouvons également dans le soufisme, surtout à partir du XIIe siècle, avec le concept de l'Homme Parfait (Insan Kamil) sous la plume de mystiques tels que Rûmî, Aziz al-Din Nasafi, ou Ibn Arabi, surnommé le Shaykh al-Akbar, le Grand Maître. Ce dernier a consacré une part importante de son oeuvre à la méditation et à l'exposé du concept de l'Homme Parfait.

Ibn Arabi fait comme les chiites la distinction dans la Divinité entre d'un côté l'Essence de Dieu (dhât) à jamais inconnaissable et transcendante, et de l'autre côté, la manifestation de cette Essence en Noms et Attributs qu'il appelle la forme de Dieu (Surat al-Haqq). L'Essence de Dieu, poussée par le désir d'être connue, s'est manifestée en Noms et Attributs [1]. Comme pour les penseurs ismaéliens, Ibn Arabi fait dériver le mot Allah de la racine ', l et h qui signifie tristesse, nostalgie [2]. C'est la tristesse de l'Essence de Dieu recluse dans Sa Transcendance et aspirant à être connue.

De la forme de Dieu procède ensuite toute la création. Chaque élément de la création possède en lui une parcelle de cette forme de Dieu et est par conséquent la théophanie d'un nom divin issu d'entre les Noms et Attributs divins. La forme de Dieu, poussée à son tour par le désir d'être connue par sa création, s'est manifestée en celle-ci sous la forme d'un homme afin de rendre son Etre accessible aux croyants et aux amoureux de Dieu. Cet homme (insan), recevant en lui laforme de Dieu dans toute sa plénitude et sa perfection, peut être qualifié alors de parfait (kamil). Cet Insan Kamil se présente donc à nous comme la théophanie (tajalli ilahi) des Noms et Attributs de Dieu et, en tant que tel, il récapitule en lui la somme de toutes les théophanies existantes et possibles dans la création. Il est celui dont il est dit dans le Coran au verset 36, 12 : "Nous avons dénombré toutes choses dans un Imam manifesté (Wa kullu shayn ahsaynahu fi Imam mubin)".

L'Homme Parfait, de par son nature divine (lahut) parfaite, est la Face de Dieu devant les hommes, et de par sa nature humaine (nasut), est la face de l'homme devant Dieu. Il est le Calife (Représentant, Lieutenant) de Dieu sur terre et en même temps l'Intercesseur et l'Avocat des hommes devant Dieu. Il est la Porte du Salut (Dar al-Salam) pour tous les hommes et le Vecteur de la Miséricorde (Rahma) de Dieu envers ses créatures en quête de secours moral, de direction spirituelle, de Lumière. Il est le Khidr dont parle le Coran (18, 65-82), ce jouvenceau éternel qui apparaît par intermittence tel un éclair pour parfaire l'initiation mystique de son disciple, que celui-ci soit Prophète (Moïse) ou simple anonyme. Le croyant qui se fait le disciple de Khidr a l'assurance de saisir en lui le Câble de Dieu (habl Allah, Coran 3, 103), l'Anse la plus solide (al-Urwa al-wuthqa, Coran 2, 256) dont parle le Coran et de cheminer vers Dieu, comme les hébreux dans le désert, précédé par une lumière éclatante (Nur-um mubin, Coran 4, 174) qui lui montre la Voie vers la Terre Promise, sa patrie spirituelle.

A travers ce raccourci sommaire du concept de l'Homme Parfait chez Ibn Arabi, on voit à quel point ses développements sur ce thème se rapprochent du chiisme et notamment de l'Ismaélisme. Aussi, n'est-il pas étonnant qu'Ibn Arabi ait été accusé d'être un crypto-chiite et qu'il ait eu des démêlés avec les docteurs de la Loi (Fuqaha). Quoi qu'il en soit, comme l'affirme Henry Corbin, on ne peut plus négliger les influences chiites sur le Shaykh al-Akbar. [3]

Rûmî a également considérablement médité sur le concept de l'Homme Parfait qu'il considère comme le Guide spirituel parfait et l'aboutissement de la recherche spirituelle de tous les soufis en quête de Dieu :
C'est de l'Homme Parfait, Son Représentant sur la terre, que Dieu, bien qu'absolument suffisant à Lui-même, Se sert comme d'intermédiaire pour Se faire connaître et Se manifester : il est donc la raison d'être du Cosmos parce qu'il est le chaînon qui relie le Divin et les choses créées. De là découle son rôle de médiateur. Il purifie comme une Mer de pureté, ce qui était souillé (Le Livre du Dedans, chap. 8) ; il restaure dans l'union ceux qui se sont coupés de l'Esprit (Mathnawi, VI, 157) ; il est la Porte ; c'est par lui que passe la voie pour aller à Dieu :
Tu es la Porte de la cité de la Connaissance, puisque tu es les rayons de Soleil de la clémence.Sois ouverte, ô Porte ! pour celui qui cherche la porte...Sois ouverte jusqu'à l'éternité, ô Porte de la Miséricorde...
(Mathnawi, I, 3763).

Ailleurs, dans le Mathnawi, Rûmi fait dire à l'Homme Parfait :
C'est pour moi, dit le Saint, que le Roi a libéré des centaines de milliers de captifs (du monde)...Attachez-vous à moi, afin de connaître la béatitude et de devenir des faucons royaux, bien que vous ne soyez que des hiboux. (Mathnawi, II, 1162)

http://forteresses.blogspot.ca/2009/10/homme-parfait-theophanie-des-attributs.html
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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

Message  Idriss le Dim 4 Oct - 14:40

Merci Musashi pour cet extrait qui par sa clarté met à mon niveau des notions qui habituellement me dépassent complétement.
La proximité d'Ibn 'Arabi avec le notion d'Imamat chez les chiites est en effet assez confondant...
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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

Message  Tala le Sam 4 Mar - 7:43

Bonjour à tous,

Je souhaitais vous remercier pour la qualité de vos échanges sur ce fil, c'est vraiment un plaisir à lire, tout en étant très enrichissant.

Je suis née dans un milieu purement sunnite que j'ai rejeté il y a de cela un bon nombre d'années, depuis j'ai beaucoup lu sur le chiisme, et sur le soufisme que je trouve effectivement dans le fond très souvent rapprochés. Aujourd'hui sans faire de Taqqiya je n'appartiens plus à aucun courant, même si j'ai une large préférence aux enseignements des ahl al bayt qu'à celui des quatre courants de jurisprudence sunnite, mais je reste cependant ouverte à toutes les lectures, c'est l'avantage de ne pas se cloisonner :lol: .

Pour en revenir sur votre fil, j'ai découvert au cours de ma lecture l'ismaélisme que je ne connaissais pas bien, et j'ai été bien agréablement surprise. Je ne vais pas relever les points avec lesquels je ne suis pas d'accord mais plutôt un écrit qui m'avait paru important de Musaschi974 sur cette histoire de "supériorité des imams aux prophètes", et je le remercie pour cette clarification qui allait dans le sens que je supposais. Nous sommes bien en présence de deux populations différentes, avec deux missions différentes.

Ce qui m'étonne un peu est le fait que le sunnisme soit passé à la trappe de la dimension de l'imamat dans le coran. Cette notion de guide spirituel est clairement établie dans le verset (2:124) qui à mon sens ne laisse aucun doute sur l'imamat et sur la qualité des personnes qui y accèdent, le coran va même plus loin en liant l'imamat (dans son sens de guidance spirituelle) à "l'ordre de Dieu" soit "A'mr", ce dernier étant lui-même en lien avec le Malakout, comme cité dans les versets.

ووهبنا له إسحاق ويعقوب نافلة وكلاً جعلنا صالحين وجعلناهم أئمة يهدون بأمرنا (21 :72-73)

Et Nous lui donnâmes Isaac et, de surcroît Jacob, desquels Nous fîmes des gens de bien. 
Nous les fîmes des dirigeants qui guidaient par Notre ordre. Et Nous leur révélâmes de faire le bien, d'accomplir la prière et d'acquitter la Zakât. Et ils étaient Nos adorateurs.

 وجعلنا منهم أئمة يهدون بأمرنا لما صبروا وكانوا بآياتنا يوقنون (32 :24)

Et Nous avons désigné parmi eux des dirigeants qui guidaient (les gens) par Notre ordre aussi longtemps qu'ils enduraient et croyaient fermement en Nos versets.

إنما أمره إذا أراد شيئاً أن يقول له كن فيكون فسبحان الذي بيده ملكوت كل شيء (36 :82-83)

Quand Il veut une chose, Son commandement consiste à dire: «Sois», et c'est.
Louange donc, à Celui qui détient en Sa main la royauté sur toute chose! Et c'est vers Lui que vous serez ramenés.

Pour en finir, il est clair selon moi que chaque religion a eu son lot de "guides spirituels".
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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

Message  Tala le Sam 4 Mar - 7:49

Musashi974 a écrit:Extrais d'un article fort intéressant sur l'Imamat :

Spoiler:
Extrait de l'article "Chiisme", par M. A. Amir-Moezzi, Dictionnaire du Coran, Robert Laffont  :
"Fonction et nature du Coran.


Pour saisir la fonction du Coran, comme de toute autre Ecriture sainte, il faut l'envisager dans le cadre d'une des caractéristiques les plus importantes et sans doute la plus essentielle du chiisme, celle qui consiste en une "vision duelle" du monde. Selon celle-ci, toute réalité, de la plus transcendantale à la plus anodine, possède au moins deux niveaux : un niveau manifeste, obvie, apparent (en arabe zâhir), et un niveau secret, non manifeste (bâtin), caché sous le niveau apparent et pouvant comporter d'autres niveaux encore plus secrets (bâtin al-bâtin). La dialectique du manifeste et du caché, de l'exotérique et de l'ésotérique constitue un crédo fondamental et est en oeuvre dans différentes disciplines religieuses.

Et d'abord en théologie.

Dieu lui-même comprend deux niveaux d'être, et en premier lieu celui de l'essence [dhât], à jamais inconcevable, inimaginable, au-delà de toute pensée et tout savoir [1]. Ce niveau caché, l'ésotérique de Dieu, est celui de l'inconnaissable absolu. Mais si les choses en restaient là, aucune relation ne serait possible entre le Créateur et les créatures. Alors Dieu, dans sa bonté, fit éclore en son propre être un autre niveau : celui des noms et attributs [sifât] à travers lesquels il se révèle et se fait connaître [2]. Ce niveau révélé, l'exotérique de Dieu, n'est plus Dieu l'inconnaissable, mais Dieu l'inconnu qui aspire à être connu [3]. Cette connaissance est même le but ultime de la création.

Or, les noms et les attributs [Sifât] agissent dans l'univers à travers des véhicules, des "organes" de Dieu, son oeil, sa langue, ses mains, etc, qui sont autant de manifestation de Dieu, autant de théophanies. La théophanie par excellence, le plus noble lieu de révélation des noms divins, c'est-à-dire de ce qui peut être connu en Dieu, c'est un être métaphysique que les sources chiites, selon les époques et selon les auteurs, ont notamment appelé l'Imam céleste, l'Imam de lumière, l'Homme cosmique ou Ali (le nom du premier et le plus important des imams historiques) céleste [1]. Il s'agit de l'Imam (avec un I majuscule) dans son acception ontologique universelle. La connaissance de sa réalité équivaut ainsi à celle de ce qui peut être connu en Dieu, puisque le véritable Dieu révélé, celui qui manifeste ce qui est "manifestable" en Dieu - d'où l'usage des termes "noms" et "attributs" - , c'est bien l'Imam cosmique. A son tour, ce dernier possède aussi une dimension cachée et un niveau manifeste. Son aspect ésotérique, sa face non révélée, c'est justement son aspect métaphysique, cosmique, "dans le ciel", selon la plus ancienne expression. Son exotérique, son niveau apparent, son lieu de manifestation, ce sont les amis [Awliya] de Dieu, les imams ou guides historiques (avec un i minuscule) des différents cycles de l'Histoire sainte [2]. Ici nous abordons déjà un autre chapitre, la prophétologie

Dans le chiisme, chaque grand prophète est accompagné dans sa mission d'un ou de plusieurs imams. Pourquoi ? D'Adam, premier homme et premier prophète, à Mahomet, "Sceau de la prophétie législatrice", tous les prophètes législateurs, c'est-à-dire "fondateurs" de religion, ont fait parvenir aux hommes la Parole de Dieu, sous forme d'un Livre saint. Or cette Parole ou ce Livre possèdent eux aussi un aspect apparent, exotérique, une "lettre" dirait saint Paul, et un aspect secret, ésotérique - un "esprit" toujours selon le sage de Tarse. Le prophète - envoyé connaît bien entendu les deux niveaux, cependant sa mission consiste à présenter la lettre de la révélation, son niveau exotérique, en somme "ce qui est descendu" (tanzil) à une majorité de gens, à la masse des fidèles de sa communauté. En même temps, le ou les imâms qui l'accompagnent ont pour mission de faire connaître l'esprit de la révélation, son niveau ésotérique révélant le secret de son origine (ta'wil), non pas à tous mais à une minorité d'initiés, à l'élite de la communauté appelée les "chiites" [1] . Ainsi, chaque religion, outre son prophète, a eu son ou ses imâms et ses chiites [partisans, fidèles], c'est-à-dire cette minorité d'initiés aux secrets de cette religion par leur(s) imâm(s). Selon les listes les plus recurrentes, Seth fut l'imâm d'Adam ;Sem fut l'imâm de Noé ; Aaron ou Josué celui de Moïse ; Simon Pierre ou l'ensemble des apôtres ceux de Jésus ; Ali et ses descendants ceux de Mahomet.

Ainsi le chiisme historique, celui de l'Islam, se présente-t-il comme le dernier chaînon d'une longue suite de doctrines initiatiques qui ont existé au sein des religions, puisque les "chiites musulmans" sont cette élite minoritaire initiée par Ali et les autres imâms aux mystères du Coran. En effet, selon cette conception, le Coran, comme tout autre livre saint, est une écriture codée qui a besoin d'être déchifrée ; ou encore un Livre qui ne présente les secrets divins que sous une forme condensée ; ce sont les enseignements des différents imâms qui apportent les clés de déchiffrement du Livre ou bien l'explication détaillée du discours concentré de celui-ci. Sans l'enseignement initiatique de l'Imam, le Livre reste inintelligible. Sans l'esprit, la lettre ne peut que demeurer morte ; c 'est pourquoi dans le chiisme le Coran est appelé "le guide silencieux" (imâm sâmit), alors qu'en même temps l'imâm est qualifié de "Coran parlant" (qur'an nâtiq). Sans le ta'wil de l'imâm, l'herméneutique spirituelle menant à l'origine du Texte, le tanzîl, la Révélation reste incompréhensible. Et quel est en définitive le secret ultime, le mystère des mystères du Coran, comme de tout autre Livre divin ? Pour le chiisme c'est la réalité spirituelle de l'imâm terrestre, théophanie terrestre de l'Imâm céleste, lui-même théophanie du Dieu révélé. Autrement dit le secret du Guide, en même temps face de Dieu et face de l'Homme, constitue la substance des révélations divines. Ainsi, soutenu par une théologie de "théophanies en cascades", l'imâm historique est présenté comme le gardien et le transmetteur d'un enseignement initiatique dont l'Imâm cosmique est le contenu ultime. Le Coran, explicité par l'enseignement des imâms, c'est-à-dire ce que les chiites reconnaissent comme leur corpus de hadiths, dirige vers le dévoilement de ces secrets divins.

La notion d'un homme qui serait la théophanie des Attributs divins n'est pas spécifique au chiisme. Cette notion, nous la retrouvons également dans le soufisme, surtout à partir du XIIe siècle, avec le concept de l'Homme Parfait (Insan Kamil) sous la plume de mystiques tels que Rûmî, Aziz al-Din Nasafi, ou Ibn Arabi, surnommé le Shaykh al-Akbar, le Grand Maître. Ce dernier a consacré une part importante de son oeuvre à la méditation et à l'exposé du concept de l'Homme Parfait.

Ibn Arabi fait comme les chiites la distinction dans la Divinité entre d'un côté l'Essence de Dieu (dhât) à jamais inconnaissable et transcendante, et de l'autre côté, la manifestation de cette Essence en Noms et Attributs qu'il appelle la forme de Dieu (Surat al-Haqq). L'Essence de Dieu, poussée par le désir d'être connue, s'est manifestée en Noms et Attributs [1]. Comme pour les penseurs ismaéliens, Ibn Arabi fait dériver le mot Allah de la racine ', l et h qui signifie tristesse, nostalgie [2]. C'est la tristesse de l'Essence de Dieu recluse dans Sa Transcendance et aspirant à être connue.

De la forme de Dieu procède ensuite toute la création. Chaque élément de la création possède en lui une parcelle de cette forme de Dieu et est par conséquent la théophanie d'un nom divin issu d'entre les Noms et Attributs divins. La forme de Dieu, poussée à son tour par le désir d'être connue par sa création, s'est manifestée en celle-ci sous la forme d'un homme afin de rendre son Etre accessible aux croyants et aux amoureux de Dieu. Cet homme (insan), recevant en lui laforme de Dieu dans toute sa plénitude et sa perfection, peut être qualifié alors de parfait (kamil). Cet Insan Kamil se présente donc à nous comme la théophanie (tajalli ilahi) des Noms et Attributs de Dieu et, en tant que tel, il récapitule en lui la somme de toutes les théophanies existantes et possibles dans la création. Il est celui dont il est dit dans le Coran au verset 36, 12 : "Nous avons dénombré toutes choses dans un Imam manifesté (Wa kullu shayn ahsaynahu fi Imam mubin)".

L'Homme Parfait, de par son nature divine (lahut) parfaite, est la Face de Dieu devant les hommes, et de par sa nature humaine (nasut), est la face de l'homme devant Dieu. Il est le Calife (Représentant, Lieutenant) de Dieu sur terre et en même temps l'Intercesseur et l'Avocat des hommes devant Dieu. Il est la Porte du Salut (Dar al-Salam) pour tous les hommes et le Vecteur de la Miséricorde (Rahma) de Dieu envers ses créatures en quête de secours moral, de direction spirituelle, de Lumière. Il est le Khidr dont parle le Coran (18, 65-82), ce jouvenceau éternel qui apparaît par intermittence tel un éclair pour parfaire l'initiation mystique de son disciple, que celui-ci soit Prophète (Moïse) ou simple anonyme. Le croyant qui se fait le disciple de Khidr a l'assurance de saisir en lui le Câble de Dieu (habl Allah, Coran 3, 103), l'Anse la plus solide (al-Urwa al-wuthqa, Coran 2, 256) dont parle le Coran et de cheminer vers Dieu, comme les hébreux dans le désert, précédé par une lumière éclatante (Nur-um mubin, Coran 4, 174) qui lui montre la Voie vers la Terre Promise, sa patrie spirituelle.

A travers ce raccourci sommaire du concept de l'Homme Parfait chez Ibn Arabi, on voit à quel point ses développements sur ce thème se rapprochent du chiisme et notamment de l'Ismaélisme. Aussi, n'est-il pas étonnant qu'Ibn Arabi ait été accusé d'être un crypto-chiite et qu'il ait eu des démêlés avec les docteurs de la Loi (Fuqaha). Quoi qu'il en soit, comme l'affirme Henry Corbin, on ne peut plus négliger les influences chiites sur le Shaykh al-Akbar. [3]

Rûmî a également considérablement médité sur le concept de l'Homme Parfait qu'il considère comme le Guide spirituel parfait et l'aboutissement de la recherche spirituelle de tous les soufis en quête de Dieu :
C'est de l'Homme Parfait, Son Représentant sur la terre, que Dieu, bien qu'absolument suffisant à Lui-même, Se sert comme d'intermédiaire pour Se faire connaître et Se manifester : il est donc la raison d'être du Cosmos parce qu'il est le chaînon qui relie le Divin et les choses créées. De là découle son rôle de médiateur. Il purifie comme une Mer de pureté, ce qui était souillé (Le Livre du Dedans, chap. 8) ; il restaure dans l'union ceux qui se sont coupés de l'Esprit (Mathnawi, VI, 157) ; il est la Porte ; c'est par lui que passe la voie pour aller à Dieu :
Tu es la Porte de la cité de la Connaissance, puisque tu es les rayons de Soleil de la clémence.Sois ouverte, ô Porte ! pour celui qui cherche la porte...Sois ouverte jusqu'à l'éternité, ô Porte de la Miséricorde...
(Mathnawi, I, 3763).

Ailleurs, dans le Mathnawi, Rûmi fait dire à l'Homme Parfait :
C'est pour moi, dit le Saint, que le Roi a libéré des centaines de milliers de captifs (du monde)...Attachez-vous à moi, afin de connaître la béatitude et de devenir des faucons royaux, bien que vous ne soyez que des hiboux. (Mathnawi, II, 1162)

http://forteresses.blogspot.ca/2009/10/homme-parfait-theophanie-des-attributs.html

Cet extrait est à mon avis tiré du livre de Mortada Motahari sur la "justice divine", même si je l'ai lu il y a quelques temps déjà, je me rappelle très bien de cette partie, que j'ai souvent réutilisé.
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Tala

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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

Message  Musashi974 le Sam 4 Mar - 8:13

Je souhaitais vous remercier pour la qualité de vos échanges sur ce fil, c'est vraiment un plaisir à lire, tout en étant très enrichissant.
Merci a toi pour ta contribution et bienvenue en ces lieu :poucevert:
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Musashi974

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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

Message  Tala le Sam 4 Mar - 8:32

Merci pour ton accueil Musashi974 :) .
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Tala

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Re: L'Imamat chez les chi'ites ?

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