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Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

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Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Lun 22 Oct - 18:45

Pour ouvrir le sujet sur l’adoption et l’homoparentalité, quatre sondages récents :

Un premier sondage IFOP d’Août 2012 pour la Lettre de l’opinion : « Les Français, les catholiques et les droits des couples homosexuels. » A la question : « Vous personnellement, pensez-vous que les couples homosexuels, hommes ou femmes, devraient avoir le droit en France... ? » le résultat 65% pour de droit de se marier et 53% pour le droit d’adopter en tant que couple des enfants.
:arrow: : http://www.ifop.com/media/poll/1956-1-study_file.pdf .

Un second sondage de l’IFOP de Septembre 2012 pour les Adoptés : « Les Français et l’adoption d’enfants par des couples de même sexe. » A la question : « Vous savez que le Gouvernement veut légaliser le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants par des couples de même sexe. A ce propos, lequel des deux principes suivants vous semble devoir être garanti prioritairement ? » 63 % des personnes interrogées répondent « qu’il faut que les enfants puissent avoir un père et une mère » et 34 % qui affirment « qu’il faut que les couples homosexuels puissent adopter des enfants »
:arrow: http://www.lesadoptes.org/wp-content/uploads/2012/10/sondage_Ifop-lesadoptes.pdf

Un troisième sondage de l'IFOP de Septembre 2012 pour Alliance Vita : " Le souhait de référendum sur le mariage homosexuel ".A la question : " Le gouvernement a présenté son projet de loi autorisant le mariage
homosexuel avec droit d'adopter des enfants. Ce projet va modifier en profondeur le code civil et le droit de la famille. Selon vous, sur un tel sujet, les Français doivent‐ils être appelés à décider par référendum ?
" 66% des personnes interrogées y sont favorables.
:arrow: http://www.alliancevita.org/wp-content/uploads/2012/09/Ifop-mariage-gay-alliance-vita.pdf

Un quatrième sondage de LH2 d’Octobre 2012 pour le Nouvel Observateur : « L’opinion des français sur les droits des couples homosexuels. » Cette enquête a été commanditée en perspective de la mise en œuvre de l’engagement 31 du programme de François Hollande (page 3). Les résultats très nombreux sont ici seulement résumés :
- 58% des Français sont favorables au mariage homosexuel, dont 27% tout à fait favorables et 38% y sont opposés, dont 24% tout à fait opposés. Néanmoins, en analysant de précédentes enquêtes sur le sujet, on observe une tendance à la baisse du taux d’adhésion au mariage homosexuel depuis la médiatisation du projet de loi. Les Français sembleraient donc moins convaincus de leur position (page 3 et 6) ;
- 49% d’entre eux se prononcent en faveur de ce droit à l’adoption par les couples homosexuels contre 48% qui y sont réfractaires.[…] La question de l’adoption n’est peut-être pas aussi claire aux yeux de l’opinion que ne le souhaiterait le Gouvernement, et semble encore faire débat (page 4).
- 51% se déclarent favorable à la procréation médicalement assistée pour les couples homosexuels féminins (page 8.).
:arrow: http://www.lh2.fr/_upload/ressources/sondages/politique_nationale/lh2nouvelobsfrancaisetdroitscoupleshomosexuels16octobre2012.pdf

Que pensez-vous de l’orientation de l’opinion des français à partir de ces trois sondages ?

Trois questions subsidiaires :

1. Que sait-on, que savez-vous du devenir des enfants vivant avec un couple homosexuel comparé avec des enfants vivant avec un couple classique ?

2. Que pensez-vous de ce paragraphe que je trouve dans l’essai du Grand Rabbin Gilles Bernheim : « Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption. » sur : http://crif.org/sites/default/fichiers/images/documents/Homoparentalit%C3%A9%20-%20ce%20que%20l%27on%20oublie%20souvent%20de%20dire.pdf
" L’homoparentalité n’est pas la parenté. Le terme « homoparentalité » a été inventé pour pallier l’impossibilité pour des personnes homosexuelles d’être parents. Ce mot nouveau, forgé pour instaurer le principe d’un couple parental homosexuel et promouvoir la possibilité juridique de donner à un enfant deux « parents » du même sexe, relève de la fiction. En effet, ce n’est pas la sexualité des individus qui a jamais fondé le mariage ni la parenté, mais d’abord le sexe, c’est-à-dire la distinction anthropologique des hommes et des femmes. "(page 9)
3. Jugez-vous que la stratégie de JM Ayrault qui prévoit la suppression du mot « père » et « mère » dans son projet de loi – sans la procréation médicalement assistée (pour l’instant) sera gagnante au niveau du parlement / serait gagnante au niveau de l’opinion publique en cas de référendum ?
La proposition de loi :arrow: http://www.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20121013/1775050_0bc4_projetdeloi.pdf

Roque

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  -Ren- le Mar 23 Oct - 20:39

Je me permets de poster cette information ici, tu me diras si ça te gêne !
Ce mardi, c’est un spectacle inhabituel qui attendait les salariés descendus de leurs tours à la Défense (...) Des manifestants –4000 selon les forces de l’ordre– se sont assis dos à la Grande Arche : à gauche, les hommes, tous en noir ; à droite les femmes en tee-shirt blanc pour la plupart. L’idée, c’est de «donner la spécificité du papa et de la maman», nous explique Michelle, 70 ans, venue pour «défendre les droits des enfants».

Cette retraitée trouve «effrayant» l’avant projet de loi sur le mariage et l’adoption pour des couples de même sexe, qui selon elle ne concerne de toute façon «qu’une minorité». Fière d’être la grand-mère de «plein de petits-enfants», elle craint que ce projet -qui sera débattu en janvier à l'Assemblée- n’entérine une «destruction de la famille et de la transmission». Elle a appris l’existence de cette manifestation sur internet, et elle est contente de venir défendre ses idées à la Défense.

A mesure qu’avance la pause déjeuner, des passants s’approchent, curieux, attirés par le refrain de «Mamma Mia» d'Abba qui passe plusieurs fois. Certains osent même s’asseoir parmi la foule, sandwich à la main. Le rassemblement est organisé par une association, «Alliance Vita», créé par Christine Boutin en 1993 même si aujourd’hui «elle n’a plus rien à voir avec nous», assure la responsable communication. Et pour cause : l’association, qui milite pour éviter les avortements, l’euthanasie et désormais le mariage gay, veut rester en dehors de tout positionnement politique ou religieux. D’ailleurs, «Alliance Vita» ne participera pas à la manifestation nationale du 18 novembre contre le projet d’union pour tous, organisée par l’institut Civitas, «qui porte un message dans lequel on ne se reconnaît pas du tout, en montrant les personnes homosexuelles du doigt»

Aujourd’hui, il s’agit, à travers ces manifestations simultanées dans 75 villes différentes, de montrer que le débat ne «se passe pas qu’entre Parisiens» et qu’il faut «le rendre aux français» : «Le débat a commencé à prendre, même si cela a un peu tardé», reconnaît Tugdual Derville, délégué général de l’association depuis 18 ans et catholique croyant, «même si cela n’a rien à voir avec le débat, qu’on ne doit pas confessionnaliser». Pour lui, le message, qu’il faut transmettre de manière paisible, est simple : «tous les enfants doivent avoir la chance d’avoir un père et une mère, si c’est possible». Centrer le discours sur la question du bien-être de l’enfant permettra, peut-être, d’être mieux entendu, lui qui avoue qu'il est difficile de porter un tel message sans être «vite taxé d’homophobe» (...) Le slogan du rassemblement, imprimé sur plusieurs des affichettes rose que chacun tient à la main : «Un papa, une maman : on ne ment pas aux enfants»

Dévisageant la foule, un passant s’étonne de voir «autant de vieux manifester, c’est fou le nombre de plus de 60 ans» (...) Mais, pour Gabrielle, la trentaine, «s’il n’y a pas beaucoup de jeunes, c’est parce qu’ils travaillent, en journée. Moi, je suis là pendant ma pause déjeuner, et je travaille dans la banque, dans le quartier». La jeune femme, qui a mis un tee-shirt blanc comme le demandaient les organisateurs, est venue avec son amie Camille, qui s’exclame : «j’ai eu la chance de grandir avec un père et une mère. Priver d’autres enfants de cette chance, pour moi, ça pose problème». Elle estime que les promoteurs de ce projet de loi n’ont pas «réfléchi aux conséquences qu’il pourrait avoir sur l’enfant». Et puis pour le mariage gay, «il y a déjà le PACS, donc il n’est pas justifié» (...)

Autour des manifestants, les réactions sont diverses. Beaucoup passent leur chemin sans s’arrêter, saisissant au vol un des tracts distribués par des militantes au tee-shirt rose. Certains s’arrêtent, intrigués par le spectacle. Un homme en costume-cravate confie à son collègue : «Je suis agréablement surpris : d’habitude, ce genre de manifestations rassemble des extrémistes ; là on dirait que non» (...)
:arrow: http://www.liberation.fr/societe/2012/10/23/a-la-defense-une-manif-en-noir-et-blanc-contre-le-mariage-gay_855334

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Hostiensis le Mar 23 Oct - 21:28

Personnellement, je suis d'une manière générale contre les formes de procréations médicalement assistées impliquant la destruction d'embryons surnuméraires.
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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Mar 23 Oct - 23:29

Un homme en costume-cravate confie à son collègue : «Je suis agréablement surpris : d’habitude, ce genre de manifestations rassemble des extrémistes ; là on dirait que non» (...)
C'est la volonté des organisateurs d'Alliance Vita de ne pas être confondus avec les extrêmistes politisés de Civitas (Cf. la manifestation contre les théâtres l'année dernière).

Leur stratégie d'abord est de développer une argumentation anthroplogique - non religieuse. Ils ont jugé qu'une argumentation religieuse n'intéresse pas les gens et les disqualifierait. Cette stratégie a été adopté par les catholiques, les protestants et les juifs (avec l'essai excellent du Grand Rabbin Gilles Bernheim). Leur analyse est aussi que les manifestations caricaturales et violentes de l'extrême droite sont contreproductives : elles confortent la marginalisation de cette opinion dans l'opinion publique et faciliterait la résistance à la demande d'ouverture d'un large débat - genre Etats Généraux - processus utilisé pour la révision de la loi bioéthique.

Alliance Vita a explicitement demandé à ceux qui la suivent de ne pas participer aux manifestations de Civitas, mais il est sûr que ce sont les manifestations de Civitas - même à 100 et 200 - qui seront les plus médiatisées. Les amalgames " religions + revendication identitaire extrêmistes " ... les médias adorent ça avce la thèse que les catholiques qui manifestent sont tous des intégristes. Ca permet d'esquiver toute tentative d'analyse :mm:

Ces manifestations bien maîtrisées donne peu de prise aux provocations :
Les rares militants pro-gay de Yagg présents sur place n’ont pas réussi à gâcher l’événement par leurs violentes interférences « anti-homophobie ».
:arrow: http://plunkett.hautetfort.com/archive/2012/10/23/aujourd-hui-happening-d-alliance-vita-contre-le-mariage-pour.html

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  -Ren- le Mer 24 Oct - 6:31

Roque a écrit:il est sûr que ce sont les manifestations de Civitas - même à 100 et 200 - qui seront les plus médiatisées
La partialité médiatique a déjà commencé : 4000 à Paris selon la police, "200 à 300" pour 20Minutes : http://www.20minutes.fr/societe/1028394-anti-mariage-homo-manifestent

Theobald a écrit:Personnellement, je suis d'une manière générale contre les formes de procréations médicalement assistées impliquant la destruction d'embryons surnuméraires
idem. Sans compter la marchandisation du corps humain avec la pratique des mères porteuses... Le fil de notre forum lié à ce sujet : http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t12-blog-statut-de-l-embryon

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Mer 24 Oct - 8:17

Je vois des aspects de dignité humaine, des aspects anthropo-psychanalytiques, médiatiques, juridiques et politiciens dans ce dossier pas si simple qu'il n'y parait à première vue.

Il me semble qu'il y a deux bornes opposées pour une solution raisonnable et pragmatique :
- D'une part : la surdité à la demande de nouveaux droits et de reconnaissance pour les personnes homosexuelles (aspect humain) ;
- D'autre part : le bouleversement du droit sur la filiation biologique et l'utilisation du corps humain comme marchandise (aspect juridique).

JM Ayrault a choisi, dans sa proposition de loi actuelle, de supprimer les mentions " père " et " mère " dans l'état civil. De ce fait il franchit la seconde borne, mais il y a une autre solution juridique parfaitement identifiée. De plus il traîne les pieds pour ouvrir un véritable débat et cherche à profiter de sa majorité absolue à l'assemblée nationale (aspect politicien).

Pour les grands médias rien de très nouveau, ils sont au service des courants de pensées dominants ou qu'ils jugent comme tels. Ce qui est nouveau, c'est le glissement de l'opinion de quelques % (les sondages récents + depuis 1 an) dans la dernière année et depuis la présentation de la proposition de loi - dans un sens qui n'arrange pas le gouvernement :)

Si un plus large débat est ouvert, il est probable qu'il y aura un plus large diffusion des arguments rationels au lieu d'une stigmatisation des intégristes identitaires qui chloroforme le débat... S'il y a une vraie diffusion des arguments rationnels sur :
1. Le droit à la dignité des personnes homosexuelles qui ne doivent pas elles-mêmes (les militants) se réduire à une " identité homosexuelle " - c'est à dire à n'être qu'un objet sexuel - voire une " espèce " à part (dixit Michel Foucault ... c'est pas de moi !) ;
2. L'option " mariage " ou " union civile avec droits élargis " pour les couples homosexuels ;
3. Le droit de l'enfant dans l'adoption - qui est d'avoir des parents dans les meilleures conditions ,
4. La " parentalité " (homoparentalité, en fait : l'hétéroparentalité n'existe pas) qui est une parenté fictive, arbitraire ;
5. La procréation médicalement assistée - pour les couples homosexuels féminins ; voire
6. La gestation pour autrui éventuellement (dans la logique LGBT) - pour les couples d'hommes ...

... il risque d'y avoir un glissement supplémentaire de l'opinion qui ferait passer l'adoption et la PMA sous la barre des 50% dans l'opinion et renforcer l'opposition très déterminée : 25% à 30% actuellement. Alors il sera nécessaire de parler raison et de faire quelques compromis, ce dont il n'est pas question actuellement . :D



.

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  -Ren- le Mer 24 Oct - 12:51

Roque a écrit:compromis, ce dont il n'est pas question actuellement :D
Hélas... Tout simplement parce que ce gouvernement ne cesse de faire des compromis sur les questions réellement importantes. Du coup, les nouvelles moeurs sont un cheval de bataille où il pense pouvoir se passer de cette pratique pour s'offrir une image de fermeté à moindre coût.

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Mer 24 Oct - 21:27

Léonetti souhaite un débat public sous forme d'états généraux ... mais c'est un député UMP dommage !
Le député UMP Jean Leonetti a souhaité aujourd'hui "un débat public sous forme d'états généraux" et portant sur le projet de loi de mariage "pour tous" et l'adoption par les couples homosexuels, qui doit être examiné au Parlement début 2013.

Aux yeux de ce député des Alpes-Maritimes s'applique la loi bioéthique qui prescrit un tel débat en cas de réforme sur "les problèmes éthiques et les questions de société soulevés par les progrès de la connaissance dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé". "De plus, toutes les associations auditionnées par le groupe de travail UMP, qu'elles soient pour ou contre le texte, sont favorables à un débat public sous forme d'états généraux", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Pour lui, le gouvernement veut "passer ce projet de loi en force, sans concertation et de manière précipitée". Le projet de loi de révision bioéthique, voté au printemps 2011, avait été précédé de débats sur les différentes thématiques. Au final, peu de changements avaient été opérés dans le texte.

Cette modalité de concertation des états généraux est plus susceptible de favoriser une élaboration commune du dossier en produisant le consensus le plus large possible. C'est ce qui s'est produit pour la loi de boiéthique. Les états généraux sont un processus qui peut être repris en fonction de l'évolution de la demande, des questions et des réponses scientifiques. Ce processus qui précède l'élaboration et l'adoption de la loiest une sorte de commission parlementaire très élargie, pour étalée dans le temps et beaucoup plus participative. Par contre un référendum peut figer les positions partisanes en simplifiant les questions avec une bipolarisation sommaire (51% / 49 %). Il peut en résulter un consensus médiocre. Le référendum qui est une procédure exceptionnelle peut aboutir à fixer comme une norme définitive dans le cadre de décisions qui dépassent la loi. Cette approche binaire est par définition peu adaptée aux faits humains ou faits de société - dépendant de facteurs multiples pas toujours très bien étudiés comme l'homosexualité. Enfin, le vote direct après quelques consultations autour du Premier Ministre et dans les couloirs de l'Assemblée, c'est encore pire.

Mais cela peut-être un bonne manière de prendre un revanche opportuniste sur ces couacs à répétition ... je le concède :)

Roque

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Jeu 25 Oct - 20:48

Les Pays-Bas sont " en avance " sur la France : pourquoi pas des couples à trois, c'est à dire des " trouples. "

Les Pays-Bas ont été le premier État au monde à légaliser le mariage homosexuel en 2001. Environ 25.000 enfants vivent aujourd'hui dans ce que l'on appelle poétiquement des «familles roses». Mais il n'y a actuellement pas de reconnaissance juridique spécifique ni pour les donneurs de sperme qui voudraient être impliqués dans la vie d'un enfant, ni pour les beaux-parents.

Pour protéger ces familles «roses», plusieurs partis politiques, dont les écologistes de GroenLinks mais aussi les formations qui négocient actuellement une coalition gouvernementale, les travaillistes du PvdA et les libéraux du VVD, réclament une enquête du ministère de la Justice: ils veulent que soient examinées les possibilités juridiques de reconnaître officiellement trois personnes ou plus comme parents d'un même enfant.
:arrow: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/10/25/01016-20121025ARTFIG00441-aux-pays-bas-bientot-trois-parents-pour-un-enfant.php

Dès que la fiction de la " parentalité " est admise dans la loi et se substitue à la parenté biologique, cela devient logique !

Un point sur lequel je n'ai encore rien lu, mais qui est possible : si la " parentalité " supprime la " parenté " dans le texte de la loi, je suppose qu'il devient possible de disqualifier et supplanter la " parenté biologique " en cas de conflit par exemple devant un tribunal pour l'attribution de l'autorité parentale. Un(e) conjoint(e) homo au casier judiciaire vierge pourrait ainsi " chiper " l'autorité d'un parent biologique - ayant un casier judiciaire chargé - avec la bénédiction de la loi. Je suppose ainsi que la " parentalité " pourra être opposable à la " parenté " devant la loi. La perspective est cocasse et un peu effrayante car tout dépendra d'un juge - qui n'aura même pas tenu la chandelle :)

Le meilleur des mondes !
Pour Liesbeth van Tongeren, «la manière dont vit une famille est plus importante que la lignée biologique. La réalité juridique doit prendre en charge ce qui est le mieux pour tous ceux qui sont concernés.»
Pour ceux qui aiment convaincre les victimes d'une injustice qu'ils sont eux-mêmes la cause de leur malheur (*), c'est le pied !

(*) Faire passer le dommage pour un avantage, le mal subi, la blessure morale pour une chance ou une responsabilité personnelle, la dégradation pour une marque de respect ... c'est le propre du pervers. Je pense que le pervers a une hyperpersensibilité, un réel " flair " (6ème sens) au sens de la culpabilité, de l'inconfort moral ou physique, au sentiment de gêne ou de malaise de l'autre et en a une représentation intellectuelle très claire nettement érotisée - alors qu'il est très peu sensible à son propre sens de la culpabilité, de gêne ou d'inconfort pour ce qui le concerne lui-même et en a une faible représentation intellectuelle. A la limite, le pervers est complètement a-moral, ce qu'il prend pour un signe de liberté, d'audace et de suprême élégance. Source : expéreince personnelle d'en avoir fréquenté un ou une de très près. L'exemple type de la perversion c'est un homme qui enjoint à un enfant de 3 ans de monter un escalier avec des marches de 1,20 mètre de haut. L'homme ordonne, encourage, se moque, s'amuse, fait mine d'éduquer et d'aimer, puis traite l'enfant d'incapable et que " c'est de sa faute " parce qu'il ne fait pas assez d'efforts, qu'il est bon à rien et qu'il " n'y arrivera jamais ".

Dans les faits la plupart, sinon tous les pouvoirs humains ont ce caractère pervers plus ou moins accentué, confortant son " autorité " (corrompue) des manquement à la loi et des échecs de ses administrés. Le libéralisme est par essence pervers lorsqu'il qu'il se structure par principe sur l'échec et sur la domination des plus faibles. Et s'en félicite même comme une preuve de son sens de la réalité.

Roque

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Ven 26 Oct - 12:14

Que sait-on sur ce sujet quand on nous posons incidemment un question sur ce sujet ? Pour ma part, pas grand chose en dehors de mes propres opinions plus ou moins construites, plus ou moins cohérentes ? Je m'en suis aperçu en commençant à m'intéresser à ce dossier. J'ai vu que je n'avais pas de " bases " de reflexion pour situer le discours médiatique dont nous sommes abreuvés de façon épisodique.

Ces " bases " sont je crois d'abord :
1.- Les études scientifiques sur l'impact des couples homos sur " leurs " enfants ;
2.- L'anthopologie et la psychananlyse ; et
3.- La démographie homosexuelle dans la population générale.

Voici quelques reflexions que j'ai pu articuler - essentiellement à partrir du blog de koz - donc rien d'original :
:arrow: http://www.koztoujours.fr/?p=14674
:arrow: http://www.koztoujours.fr/?p=14598
:arrow: http://www.koztoujours.fr/?p=14386


1. Les études montrent … que dalle

RESUME : On avance souvent que " les études outre atlantique prouvent " ... En fait l'état des recherches et publications prouve que dalle. Charlotte Patterson (1992)(1) et Stéphane Nadaud (2002)(2) ont recensé plus d’une trentaine d’études qui ont été faites dans les dernières décennies sur la question de l’homoparentalité, mais les études qui tendent à démontrer que les parents homosexuels sont « des parents comme les autres » souffrent de biais considérables qui les disqualifient. Nous ne citerons que trois biais en renvoyant pour le reste à l’article de Xavier Lacroix (3) :

Spoiler:

- Les échantillons retenus sont ridiculement faibles : de 11 à 38 cas par étude chez Patterson et du même ordre de grandeur pour l‘étude de Nadaud ;
- L’âge retenu est surprenant. Les études se limitent en quasi-totalité aux enfants pré-pubères alors qu’on pourrait penser que l’impact de l’homoparentalité peut se situer au-delà : dans l’adolescence ou chez les jeunes adultes, voire quand ces « enfants » deviennent à leur tour parents (l’inconscient a une action à très long terme) ;
- Les adultes interrogés dans ces études ont été sélectionnés par des associations homosexuelles et sont pour l’essentiel des militants de la cause homosexuelle.

Il est juste de conclure que ces quelques dizaines d’ « enquêtes » n’ont qu’une valeur militante – mais aucune validité scientifique.

Par contre une étude plus récente de Mark Regnerus (mars 2012)(4) montre que s’il y a une différence entre les enfants élevés par des couples homo- ou hétérosexuelles, cette différence est statistiquement en défaveur des couples homosexuels pour l’usage de la marijuana, le tabagisme, le temps passé devant la télévision, les arrestations, le plaider- coupable pour les infractions non mineures et parmi - les filles – pour le nombre de partenaires à la fois hommes et femmes – donc de relations homosexuelles :
« LM [Lesbian Mothers] respondents report statistically greater marijuana use, more frequent smoking, watch television more often, have been arrested more, pled guilty to non-minor offenses more, and—among women—report greater numbers of both female and male sex partners than do IBF [Intact Biological Family] respondents. »
L’étude de Mark Regnerus est scientifique (échantillon aléatoire de 15.000 Américains âgés de 18 à 39 ans, comprenant 175 personnes dont la mère a eu au moins une relation homosexuelles et 73 personnes dont le père a eu au moins une relation homosexuels). L’auteur ajoute par honnêteté que de ce constat on ne peut déduire directement aucune causalité. Il ne faut pas se livrer à des extrapolations - surtout a partire d'une seule étude !

Pour finir, une étude un peu plus ancienne d’Anderson and al (2004)(5) en Suède et en Norvège démontre l’instabilité significativement plus élevée des mariages entre homme par rapport au mariage homme-femme et l’instabilité encore plus élevée des mariages entre femmes : pratiquement deux fois plus élevé que le mariage entre hommes :
Finally, we provided a divorce-risk study. We found that divorce risks are higher in same-sex partnershpis tthan opposite-sex marriage, and that unions of lebians are considérably lesse stable, or more dynamic, than union of gay men. In Normay as welle as in Sweden, the divorce risk in female partnership is practically double that of the risk in partnerships of men.
En conclusion, prétendre qu’il est indifférent d’avoir ou non des parents homosexuels est faux. Mais la morale essentielle nous est fournie par Xavier Lacroix (in La confusion des genres , p.117)(6). Là encore l’auteur met en garde contre les conclusions hâtives qu’on pourrait déduire de cette approche exclusivement statistique :
« Plus fondamentalement, il y a un biais à s’en remettre à la scientificité pour une question qui relève en dernier ressort de choix éthiques et anthropologiques, c’est-à-dire philosophiques. Les enjeux de la paternité comme de la maternité, comme de la notion de santé ou de bien-être, ne relèvent pas seulement du constat; ils relèvent de l’éthique, c’est-à-dire du souci de la croissance de l’humain. Il est tout de même paradoxal d’appliquer des méthodes médicales à des questions fondamentales. Se réfugier derrière l’apparente objectivité du quantitatif, c’est éviter de poser les questions de sens et de valeur. Il y a là une option délibérée selon laquelle toute évaluation morale, tout jugement normatif paraissent littéralement insupportables. »
Le problème est que si les " scientifiques " se sont précipités pour critiquer le manque de " scientificité " de l'expérimentation récente sur les OGM, pratiquement personne - surtout dans les médias - ne veut regarder les choses en face et ne dit en clair (radio, TV) qu'il s'agit d'un phénomène nouveau mal connu dans son impact au niveau des enfants.

Sources :

1. Charlotte J. Patterson, « Chlidren of Lesbian and Gay Parents », in Child Developpement, 1992, 63, p. 1025-1042
2. Stéphane Nadaud, Homoparentalité, une chance pour la famille ? Fayard, 2002
3. Homoparentalité. Les dérives d’une argumentation : http://www.cairn.info/revue-etudes-2003-9-page-201.htm
4. Mark Regnerus. How different are the adult children of parents who have same-sex relationships? Findings from the New Family Structures Study. : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0049089X12000610
5. Gunnar Andersson, Turid Noack, Ane Seierstad, and Harald Weedon-Fekjær.Divorce-Risk Pattern in Same sex « Marriages » in Norway and Swenden. http://www.uni-koeln.de/wiso-fak/fisoz/conference/papers/p_andersson.pdf
6. Xavier Lacroix. La confusion des genres. Réponses à certaines demandes homosexuelles sur le mariage et l'adoption. Bayard. 2007.


2. Les médias, les psychiatres et psychanalystes

RESUME : Beaucoup de présentations déséquilibrées par le passé, mais ça s'arrange un peu dans la période récente. Nous prenons comme exemple le Journal télévisé de 20h00 sur la 2 présenté par David Pujadas le 08 octobre 2012. Le dossier a été préparé par Laetitia Legendre et de Vincent Baral avec le bureau de Montpelier. Deux " équipes " face à face : un psychiatre et un psychanalyste " défavorables " contre un psychiatre et une psychanalyste " favorables ". C’est une confrontation d’arguments opposés qui ne touche pas au fond des choses et ne donne pas de réponse aux questions annoncées en ouverture du dossier.

Spoiler:

QUE SAIT-ON DES ETUDES ?

1. Pierre Levy-Soussan. Psychiatre.
« Par rapport aux études sur ce grand fourre-tout de l’homoparentalité, actuellement aucune étude n’est crédible d’un point de vue scientifique, c’est-à-dire toutes ces études ont été faites dans un contexte idéologique extrêmement précis, qui ont été menées par des militants avec des familles d’enfants issus de militants avec des auto-questionnaires remplis par ces mêmes couples, donc aucune de ces études n’est valable scientifiquement. »
2. Serge Hefez. Psychiatre.
« La plupart [des études] en tout cas au moins ont l’intérêt d’être concordantes, c’est-à-dire que le devenir de ces enfants n’est pas différent des autres enfants élevés dans les autres familles ni par rapport aux troubles d’identité qui pourraient survenir pour savoir s’ils sont masculins ou féminins, garçons ou filles, ni par rapport à leur orientation sexuelle. C’est la même chose que dans toutes les familles. »
Mon commentaire : les études sont effectivement concordantes comme le dit Serge Hefez, mais elles sont concordantes parce qu’elles ont été faites dans le milieu militant pro-homoparentalité comme le dit Pierre Levy-Soussan. Par ailleurs la seule étude scientifique valide et la plus récente celle d’Anderson & al. est passée sous silence par la voix off de la présentatrice : « De nombreuses études ont été publiées notamment à l’étranger sur l’équilibre de ces enfants de couples homosexuels. Pour la plupart elles arrivent à la même conclusion : pas de risque psychologique majeur, mais ces études sont-elles crédibles ? » C’est la seule inflexion partiale ou erronée de ce dossier par ailleurs bien fait.

LA FIN DU MODELE TRADITIONNEL ?

3. Pierre Levy-Soussan. Psychiatre.
« Cette idée de la famille a fait ses preuves. Le problème c’est : est-ce qu’une autre idée de la famille donnerait des repères aussi solides à l’enfant ? Actuellement tout ce que nous pouvons dire c’est que : non. Est-ce qu’on a besoin d’une loi qui va mettre délibérément un enfant dans une situation plus à risques que d’autres. »
4. Elisabeth Roudinesco. Psychanalyste.
« C’est une aberration parce que ça suppose, ça supposerait qu’un enfant a besoin de la présence dans sa famille de deux personnes de sexe différent tout le temps pour qu’il ait conscience de la différence des sexes. Ce n’est pas du tout ça, la différence des sexes, elle est spontanée, elle est spontanée parce qu’il y a la socialisation, parce qu’une enfant très tôt sait différencier un homme d’une femme. »
Mon commentaire : Elisabeth Roudinesco dit que la socialisation permet par simple observation de faire la différence entre un homme et une famme, ce qui est vrai. Mais c’est un propos qui semble insuffisant de la part d’une psychanalyste, d’autant que la question n’est pas de distinguer, savoir reconnaître une femme d’un homme, mais bien de savoir par quels mécanismes sous l’effet de quels facteurs - favorables ou non - se structure l’identité de l’enfant et de l’orientation sexuelle au sein de la famille. La question anthropologique ne se limite pas à la fonction adaptative minimale qui consiste à distinguer un homme d’une femme (« un chien d’un chat », « une table d’une chaise », « la concierge et mon oncle »), la question est celle de la structuration profonde dès l’enfance. Sur ce point Elisabeth Roudinesco est évasive : « elle est spontanée, elle est spontanée ». Pierre Levy-Soussan est rationnel parce que, pensant que les données scientifiques manquent, il préfère s’en tenir au principe de précaution.

UNE REVOLUTION POUR LA SOCIETE ?

5. Jean Pierre Winter. Psychanalyste.
« Est-on est prêt à accepter, par exemple, qu’on fasse disparaître de l’état civil les notions de père et de mère au profit des notions de parent A et parent B ou parent 1 et parent 2 ? Est-ce qu’on est prêt à accepter ça et donc à changer les termes mêmes de la filiation pour tous les enfants, c’est-à-dire pas seulement pour les enfants élevés dans des familles homoparentales ou est-ce qu’on n’est pas prêt à ça ? »
6. Pierre Levy-Soussan. Psychiatre.
« Est-ce que l’on veut mettre les enfants dans une situation où la notion de père et de mère n’aurait plus aucune valeur ? C’est la vraie question qu’on doit se poser. »
7. Serge Hefez, Psychiatre.
« C’est un changement anthropologique, mais qui ne met pas en danger notre société puisque c’est nous-mêmes, notre société qui décidons de l’organiser. »
8. Elisabeth Roudinesco. Psychanalyste.
« On dirait les démographes de la fin du XIXème siècle qui avaient peur que si les femmes travaillaient, elles deviennent des prostituées, qu’elles n’assumeraient plus les tâches ménagères, qu’on ne ferait plus d’enfants, c’est ça et que l’ordre de la filiation serait détruit. Tout ça ce sont des fantasmes. »
Mon commentaire : Jean-Pierre Winter et Levy-Soussan sont logiques, ils pensent que les données scientifiques manquent, qu’il faut encore répondre à deux questions clés. Serge Hefez fait une déclaration un peu surprenante, en substance : « puisque c’est nous qui décidons, ce changement anthropologique est sans danger ». Sans danger oui si on sait de quoi on parle et justement le caractère scientifique des données est en question. L’argument est un peu : « Puisque nous le décidons : c’est sans danger. » Mais cette affirmation n’est pratiquement jamais vraie dans aucun domaine scientifique : ni vrai en médecine, ni vrai en pharmacie, ni vrai en l’agriculture (penser au OGM), …. ni vrai en économie, ni vrai dans le nucléaire, ni vrai pour les énergies fossiles, ni vrai en politique, etc … pourquoi cela serait-il vrai dans le domaine de la psychanalyse ou de l’anthropologie où l’impact des décisions est si profond et caché, si durable, si difficile à évaluer ? On se trouve devant l’affirmation d’une conviction sans aucun fondement qu’une idéologie du progrès dans le genre d’incantation « révolutionnaire » : « Ah, ça ira, ça ira ». Oui ça ira mais où sinon dans le mur des promesses non tenues. Tout est à prouver ! Elisabeth Roudinesco utilise une curieuse comparaison avec les démographes de la fin du XIXème siècle. Quelle est la pertinence de cette comparaison ? L’argument est un peu : « N’ayez pas peur ! », donc purement émotionnel. Cela me semble encore très insuffisant et démagogique. Cependant Elisabeth Roudinesco oublie de dire que la dissolution de la filiation est bel et bien inscrite dans la proposition de loi présentée par Jean Marc Ayrault !

Deux visions, donc : ceux qui sont « favorables » à la proposition loi affectent de croire que la réalité est bien connue et que le risque de cette décision est minime ou nul, ceux qui sont « défavorables » à cette proposition de loi retiendront plutôt que David Pujadas présente cette proposition de loi comme une révolution du droit et des mœurs :
« On en vient maintenant à ce qui devrait la grande réforme de société de ces dernières années : l’ouverture de l’adoption aux couples homosexuels, c’est-à-dire ce qu’on appelle parfois l’homoparentalité, c’est une révolution du droit et des mœurs. En clair, la famille est-elle une structure naturelle, donc intangible ou bien une construction sociale qui peut évoluer et avec quelles conséquences dans ce cas pour les enfants. Voici les grandes questions qui peuvent se poser : Un enfant éduqué par des parents de même sexe peut-il évoluer sans problème ? »
Mon commentaire : David Pujadas annonce qu’on va traiter de deux questions : la famille comme structure naturelle ou comme construction contingence et le « risque » chez les enfants élevés par des couples de même sexe, mais ces deux questions ne sont pas véritablement abordées et surtout ne reçoivent aucune réponse au cours de cette émission. Deux visions encore : ceux qui sont « favorables » à la proposition de loi pensent que la question est tranchée : la famille est une construction sociale, donc la réforme proposée est sans risque, ceux qui sont « défavorables » à la proposition de loi jugent que ces deux questions sont ouvertes, insuffisamment documentées et qu’il faut donc différer la décision. En l’absence de données définitives (voir ci-dessus : « Les Enquêtes ») on se contente du côté « favorable » de ses certitudes – donc d’idéologie - et du coté « défavorable » : on maintient ses questions ouvertes.

Le problème est ici est que les médias qui me bourdonnent aux oreilles à longueur de journée ne vont pas au fond des choses et ne le peuvent probablement pas.

(à suivre)

Roque

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  -Ren- le Ven 26 Oct - 21:50

Le problème, c'est que la "médiacratie" par définition reste forcément à la surface... L'effet "tache d'huile", quoi.

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  -Ren- le Sam 3 Nov - 14:44

(...) Pour l'instant, les gays français vont aux Etats-Unis ou en Asie, où un véritable marché de la fécondation in vitro et de la mère porteuse est organisé. Ils achètent sur Internet un ovule sur mesure et louent un utérus pour neuf mois. Les caractéristiques physiques des donneuses ainsi que leur quotient intellectuel sont particulièrement bien documentés sur ces sites. Les heureux parents reviennent avec un bébé et les autorités ferment les yeux. Tout juste ont-ils quelques tracasseries administratives pour la transcription de l'état civil de l'enfant en droit français. Toutefois, l'enfant n'est le fruit biologique que de l'un des deux parents, ce qui est source de frustration pour l'autre (...)

Ces évolutions sociétales sont contestées par certains psychologues au motif, notamment, que l'adoption par les homosexuels risque de provoquer des troubles psychologiques chez les enfants à qui on impose une filiation impossible. "Un couple homosexuel, ce ne sera jamais un engendrement crédible", a récemment affirmé le docteur Pierre Lévy-Soussan dans Le Point. Pourtant, ce qui semble aujourd'hui un propos de bon sens va devenir biologiquement faux. La technologie va permettre aux homosexuels d'avoir des enfants biologiques porteurs de gènes des deux parents, comme les couples hétérosexuels.

La technique des cellules souche iPS - dont l'inventeur japonais Shinya Yamanaka est lauréat du prix Nobel de médecine 2012 - permet de fabriquer des spermatozoïdes et des ovules à partir de fibroblastes, des cellules que l'on trouve sous la peau. Il est déjà possible de fabriquer un souriceau à partir de deux pères. Le passage de ces techniques à l'espèce humaine est juste une question de temps, et les associations homosexuelles militeront pour que ce délai soit bref. En outre, grâce aux cellules souches IPS, un même individu pourra produire à la fois des ovules et des spermatozoïdes. La seule limite, pour l'instant, étant que l'enfant d'un couple d'homosexuelles ne pourrait être qu'une fille.

Dans quelques décennies, les couples d'hommes pourront en outre bénéficier de l'utérus artificiel. Le biologiste et philosophe Henri Atlan - grand spécialiste du sujet - défend l'idée qu'il n'y a guère de différence fondamentale entre une couveuse pour prématurés et l'utérus artificiel.

Bien lointain paraît le temps où Jeannette Vermeersch-Thorez, grande dirigeante du Parti communiste français, déclarait à propos de la pilule contraceptive : "Depuis quand les femmes travailleuses réclameraient-elles le droit d'accéder aux vices de la bourgeoisie ? Jamais !" L'expérience montre que la vitesse de glissement du "défendu" au "toléré" puis au "permis", voire à l'"obligatoire", dépend essentiellement du rythme des découvertes scientifiques, quelles que soient les questions éthiques soulevées.
:arrow: http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/10/25/biologie-et-homoparentalite_1781091_1650684.html

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Sam 3 Nov - 20:10

-Ren- a écrit:
Toutefois, l'enfant n'est le fruit biologique que de l'un des deux parents, ce qui est source de frustration pour l'autre (...)
La technique des cellules souche iPS - dont l'inventeur japonais Shinya Yamanaka est lauréat du prix Nobel de médecine 2012 - permet de fabriquer des spermatozoïdes et des ovules à partir de fibroblastes, des cellules que l'on trouve sous la peau.
Présentation quelque peu journalistique .... La " frustration " comme le " plaisir " sont totalement intellectuels sinon fictifs. Quel intérêt vraiment ?

Curieuse religion " homo " qui s'interdit - à toute force - de toucher à l'autre sexe : par dégoût, par jalousie ou pour éviter toute revendication du géniteur. Les " homos " dans leurs cadres mentaux ne sont pas si " libérés " finalement.

Un lit avec des draps propres suffit habituellement ... quelle est l'empreinte écologique comparée entre la méthode classique et tout ce mic mac bricolo-scientifique ... pas encore testé (et si mon premier fils en a trois [...], à la génération suivante - à nous quatre - on en aura 12 ! Youppee !).
-Ren- a écrit:
La seule limite, pour l'instant, étant que l'enfant d'un couple d'homosexuelles ne pourrait être qu'une fille.
Juste retour des choses : l'homophilie étant l'amour du même. Ma bombinette n'a qu'un rayon de 3 mètre 50 ... j'y retourne immédiatement ! :mm:


Dernière édition par Roque le Sam 3 Nov - 23:37, édité 1 fois

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Sam 3 Nov - 20:50

3. La structure profonde de l’homme vue par la psychanalyse.

RESUME : La psychanalyse nous dit à la suite de René Arpad Spitz que le nourrisson dès la naissance vit de la parole, des caresses et de l’amour de sa mère. A la suite de Denis Vasse il apparaît que la fermeture de l’ombilic est la condition d’accès à l’ordre symbolique. Aussi bizarre que cela puisse paraître et dit de façon très sommaire c’est comme si le nouveau-né - au moment de la section du cordon puis de la fermetire de l'ombilic - passait d’un mode « relation corporelle » à un mode « relation vocale ». Cette mutation relationnelle permet l’accès à l’autre comme sujet. La voix est transgression de la clôture du corps, si le nouveau-né reste dans la clôture de son corps sans accéder à l’ordre symbolique, il va devenir psychotique et peut même en mourir physiquement comme l'a observé Spitz.

Jeanne Chasseguet-Smirgel formule ce qui suit : « la différence des sexes et la différence des générations sont les deux rocs de la réalité, il apparaît avec une netteté irrécusable que ces deux « rocs » sont en étroite corrélation. C’est dans la génération que la différence sexuelle est la plus irréductible et, réciproquement, c’est l’intégration de cette différence qui rend la génération relationnelle et incarnée, c’est-à-dire issue indissociablement de la parole et de la chair. » La mixité humaine, écrit Sylviane Agacinsky, « n’est pas seulement une donnée anthropologique physique : elle est aussi une dualité culturelle structurante et une valeur, car elle est génératrice de singularité et d’hétérogénéité. »

La différence des sexes et la différence des générations sont donc des appuis fondamentaux pour notre constitution comme sujet et pour notre perception de la réalité. Elles sont à la fois structurantes pour notre singularité d’homme ou de femme, pour notre différence d’avec tout congénère, ascendant ou descendant et structurante pour notre accès à l’autre comme sujet, à la parole, à la culture – donc nécessaire à la vie du groupe social. Cette mutation capitale trouve sa source dès les premiers moments de l’accès à la lumière du jour !

Spoiler:

La psychanalyse – qui est une science interprétative non une science exacte – prétend décrire certaines structures fondamentales de l’être humain. La psychanalyse parvient à décrypter les étapes complexes qui commencent avec l’extraction du nouveau-né du corps de sa mère avec à la section du cordon et le premier souffle et jusqu’au processus de sexuation qui mêne à la différenciation sexuelle. Toutes ces étapes sont préalables à la constitution du genre (comportement social) et de l’orientation sexuelle. En un mot : les psychanalystes poussent leur analyse plus près de l’origine des comportements sexuels que les sociologues à l'origine des nouvelles téhories sur le genre et l'orientations sexuelle.

A. Le rapport à la génération définit l’identité sexuée.
« C’est essentiellement dans le rapport à la génération que se définit l’identité sexuée. Être femme c’est être née d’un corps du même sexe que le sien ; être homme c’est être né d’un corps de sexe différent. Il apparaît avec une netteté irrécusable que la relation de génération n’est pas la même chez ou femme ou chez un homme. Naître, c’est sortir du corps qui a la capacité de porter en lui, à l’intérieur de sa chair, une vie commençante, après avoir été fécondée par un autre corps qui, de l’extérieur à apporter un principe fécondant. Du point de vue de l’enfant, être né d’une relation, d’une union dans la dualité, d’une rencontre est constitutif de sa propre identité, de sa conscience de soi comme tiers, comme lui-même différent, comme autre, c’est-à-dire comme sujet. « La mixité de l’humanité, écrit Sylviane Agacinski, n’est pas seulement une donnée de l’anthropologie physique : elle est aussi une dualité culturelle structurante et une valeur, car elle est génératrice de singularité et d’hétérogénéité . (1) » Qu’il soit garçon ou fille, être né de la rencontre d’un homme et d’une femme est, pour l’enfant, constitutif de sa conscience humaine intime, le premier lieu de la rencontre de sa finitude. La négation de cela, d’une telle origine de l’humain, est la négation la plus radicale de la différence sexuelle. Elle touche à l’ontologique . (2) »

B. La section du cordon ombilical et le passage de l’ordre du corps à l’ordre symbolique.

Depuis Denis Vasse a été décrit - à partir d’observation chez les enfants psychotiques - ce qui se produit au moment de la naissance d’un enfant, précisément au moment de la séparation charnel de la mère. Cette séparation d’avec la mère (la section du cordon) fait qu’un flux se substitue au flux sanguin. Ce flux est celui de la voix maternel, c’est-à-dire un ordre subtil ou symbolique ou un ordre de la relation, de la parole.

Il suffit de citer quelques têtes de chapitre du livre de Denis Vasse (3) pour illustrer sa thèse :
1. L’ordre instauré par la voix se substitue au lien du sang ombilical ;
2. La fermeture ombilicale coupe définitivement le flux sanguin primitif inaugurant de nouveaux types de flux ;
3. La voix est subversion de la clôture ;
4. L'inconscient est le lieu symbolique d'où vient la voix et où elle retourne dans le silence de la présence à soi ;
5. La matière vocalisée devient signifiante quand l'oreille s'ouvre au subtil et se ferme au substantiel.

Ceci se rapproche de la thèse de Jacques Jacan selon lequel : " L'inconscient est structuré comme un langage ". Jacques Lacan ayant aussi travaillé sur le thème de la sexuation et donc de l'interdit (vois plus bas).

C. L’ordre symbolique, ici en question, est vital, sinon c’est la psychose et la mort.

Il faut comprendre que cet ordre symbolique n’a rien à voir avec notre emploi du mot symbole dans le langage courant, comme par exemple : « Je te donne cet anneau comme symbole de notre amour » ou « le drapeau est le symbole de na nation ». Non, l’ordre symbolique dont il est question ici est à la fois vital et non choisi par l’homme, par l'humain. Sans cet ordre symbolique l’homme est clos en lui-même (point 3, ci-dessus), ne perçoit pas l’autre comme sujet (point 4) et reste ouvert à lui-même comme corps et fermé à l’ordre subtil ou symbolique (point 5). Sans perception et ouverture à cet ordre symbolique le nouveau-né sombre dans la psychose, voire dans la mort.

Le psychanalyste René Arpad Spitz (1887-1974) a observé les troubles des nourrissons privés de contact humain et décrit un état dépressif du nourrisson pouvant conduire à la mort sous le nom d’hospitalisme (v. 1945). Je n’ai pas retrouvé le taux de mortalité qu’il a observé sur le son observation de 170 cas (elle était massive dans mon souvenir) , mais à titre d’illustration voici une observation historique assez sidérante :
"Au 18ème siècle, l'empereur Frédéric II voulut faire une expérience pour savoir quelle était la langue "naturelle" de l'être humain. Il installa six bébés dans une pouponnière et ordonna à leurs nourrices de les alimenter, de les endormir, de les baigner, mais surtout... de ne jamais leur parler. Fréderic II espérait ainsi découvrir quelle serait la langue que ces bébés sans influence extérieure choisiraient naturellement. Il pensait que ce serait le grec ou le latin, seules langues originelles pures à ses yeux. Cependant l'expérience ne donna pas le résultat escompté. Non seulement aucun bébé ne se mit à parler un quelconque langage mais tous les six dépérirent et finirent par mourir." Tiré de l'Encyclopédie du savoir relatif et absolu de Werber. (4)
En prolongement de Denis Vasse (1974) on trouve ce texte de Xavier Lacroix :
« Si nous considérons, avec la psychanalyste Jeanne Chasseguet-Smirgel, que « la différence des sexes et la différence des générations sont les deux rocs de la réalité, il apparaît avec une netteté irrécusable que ces deux « rocs » sont en étroite corrélation. C’est dans la génération que la différence sexuelle est la plus irréductible et, réciproquement, c’est l’intégration de cette différence qui rend la génération relationnelle et incarnée, c’est-à-dire issue indissociablement de la parole et de la chair. L’intégration de cette différence exige et permet la prise en compte de l’un des aspects les plus fondamentaux de notre finitude : ne pas être tout. La relation à la génération s’avère alors être le lieu soit de la rencontre de notre finitude primordiale, soit du déni le plus radical de celle-ci . (6) »
Notre mise au monde est inséparable d’une génération sexuée qui nous précède, elle est la condition irréductible de notre vie, de notre existence, de notre accès à la parole et à l’humanisation ce qui renvoie à la citation de Sylviane Agacinsky, ci-dessus « La mixité de l’humanité, n’est pas seulement une donnée anthropologique physique : elle est aussi une dualité culturelle structurante et une valeur, car elle est génératrice de singularité et d’hétérogénéité . (7) »

D. Le sexe objectif des parents est la structure du processus de sexuation.

La sexuation est l’ensemble des phénomènes d’ordre biologique ou symboliques qui conduisent un sujet à se reconnaitre appartenant à l’un ou l’autre sexe. La sexualité se réfère à une différenciation binaire (homme ou femme) alors que la sexuation est un rapport à trois qui fait intervenir ce que nous appelons l'Autre sexe –c’est-à-dire à l’interdit.
Le romantisme ambiant met en avant la notion d’amour sans s’interroger sur son sens. […]
Aimer ne consiste pas seulement à éprouver de l’affection, mais d’abord à vouloir activement les conditions objectives de la croissance de l’autre. Or les conditions de la croissance de l’enfant impliquent des laces, des fonctions, des différences. La famille n’est pas seulement une nébuleuse de relations affectives, elle est une structure. Et les deux différences primordiales autour desquelles s’articulent toujours les structures élémentaires de la parenté sont la différence des sexes et la différence des générations. […]
L’interdit de l’union à la mère dessine la place du père, l’interdit de l’union au père dessine la place de la mère. La relation est d’ailleurs réciproque : c’est la reconnaissance de cette place qui permet d’entendre l’interdit.

C’est la structure qui définit la place et non le sentiment. Qui dit « place » dit « structure » et qui dit « structure » dit « différence ».

Tant que la parenté n’est pas dissociée de la relation à l’origine, l’autre de la mère est en premier lieu la mère. En définitive, puisque, pour les garçons comme les filles, le premier attachement a lieu envers la mère, le premier fruit de l’interdit de l’inceste (en même temps que son vecteur) est l’émergence de la fonction paternelle

« On peut comprendre l’interdit de l’inceste comme l’exigence de faire advenir la paternité dans la relation mère-enfant . (8 ) » Le sens de la paternité est bien l’un des enjeux majeurs des débats présents. « L’homoparentalité est une homomaternité », peut affirmer Scheinder. (9)»
« Le père réel, pour l’enfant est l’homme d’une femme. Il ne s’agit pas d’abord du rapport vertical d’un homme avec un enfant. L’enfant a un père réel dans la mesure où cet homme est celui qui a fait d’une femme, celle-ci que j’appelle maman, la cause du désir et l’objet de sa jouissance. La seule garantie réelle de la fonction paternelle, c’est un homme tourné vers une femme. (10, 11) »
E. Ce qui explique l’inadéquation et la superficialité des études pro-gay américaines (voir ci-dessus)
« Or le choix de tous les questionnaires cités est clair : il est celui d’une perspective comportementaliste et fonctionnaliste. On en reste à des gestes ou à des actes simples, élémentaires facilement objectivables et quantifiables. Toutes les enquêtes reposent sur des « questionnaires standard », qui ne permettent de repérer des fonctions déterminées. Tout ce qui relève des « capacités adaptatives » est au premier plan. Telle est bien l’option déterminante : un utilitarisme pragmatique, qui n’aborde les questions qu’en terme de confort et selon les notions récurrentes de « satisfaction » et « ajustement social ». On en reste aux références conscientes ; se gardant bien de s’aventurer du côté de l’inconscient ou de quelque psychologie des profondeurs. Le fonctionnel est explicitement opposé au structurel ». (12)
On peut, sur le même sujet, encore consulter les avis de la psychanalyste Claude Halmos (13, 14), du pédopsychiatre Marcel Rufo (15) , du pédiatre Aldo Naouri (16) .

Le problème est ici que toutes ces notions ne sont pas d'accès courants - notamment dans les médias, mais que chaque citoyen devra donner son avis ! L'époque demande à l'opinion publique de se prononcer la justification sur les fondamentaux de notre civilisation, fondamentaux mis en place de façon empirique (virage à 180° sur les connaissances requises). Pour résumer : la conjoncture - faisant table rase de tout les acquis de la psychanalyse, de la psychologie et de l'anthropologie, etc ... - demande à chaque citoyen de se prononcer sur un ensemble cohérent mais d'une grande complexité qui va de l'intime profond aux institutions qui donnent forme au vivre ensemble (grand écart).

Virage à 180° et grand écart tout à la fois. Il apparaît qu'à l'évidence les ajustements devant ces questions nouvelles ne pourront que se faire dans la durée.


Sources :

1. Sylviane Agacinski, Politique des sexes, Seuil, 1998, p. 136.
2. La confusion des genres. Réponses à certaines demandes homosexuelles sur le mariage et l’adoption. Ed. Bayard. , p. 32-3. L’ombilic et la voix. Denis Vasse. 1974. http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0801200907.html
4. http://psychiatriinfirmiere.free.fr/infirmiere/formation/psychiatrie/enfant/therapie/spitz.htm
5. http://forums.jeuxonline.info/showthread.php?t=396165&page=2
6. http://www.cairn.info/revue-etudes-2003-9-page-201.htm
7. http://www.cairn.info/revue-etudes-2003-9-page-201.htm
8. Jean-Marc Ghitti, Pour une éthique parentale. Essai sur la parentalité. Essai sur la parentalité contemporaine, essai à paraître.
9. Michel Schneider, « Désir, sexe et pouvoir » entretien in Esprit, mai 2002.
10. La confusion des genres. Xavier Lacroix, Réponses à certaines demandes homosexuelles sur le mariage et l’adoption. Ed. Bayard, p. 83 à 85
11. Philippe Jullien, Le manteau de Noé, p. 43
12. La confusion des genres. Xavier Lacroix, Réponses à certaines demandes homosexuelles sur le mariage et l’adoption. Ed. Bayard, p. 26
13. http://www.psychologies.com/Planete/Societe/Articles-et-Dossiers/L-adoption-par-des-couples-homosexuels-et-l-enfant-dans-tout-ca
14. http://www.psychologies.com/Planete/Societe/Articles-et-Dossiers/L-adoption-par-des-couples-homosexuels-et-l-enfant-dans-tout-ca
15. http://www.psychologies.com/Famille/Etre-parent/Mere/Articles-et-Dossiers/Homos-et-parents/3#3
16. http://www.psychologies.com/Famille/Etre-parent/Mere/Articles-et-Dossiers/Homos-et-parents/7#7

Roque

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Dim 4 Nov - 18:22

4. La population homosexuelle et ses « enfants ».

RESUME : Les données enregistrées sont naturellement mieux connues que les données non enregistrées. Ainsi : les nombres de mariages, de pacs et de divorces sont bien connus, mais sont moins bien connus : le nombre de personnes homosexuelles et le nombre d’enfants vivant avec un couple de même sexe, enfants naturels ou adoptés par un parent homosexuel. L'étude de la " demande homosexuelle " par exemple le nombre de personnes refusant le pacs, mais exigant exclusivement le mariage homosexuelle - et rien d'autre - est complètement inconnu. A l'intérieur de la minorité des homosexuels qui régularisent leur union, cette demande de mariage exclusivement peut être presumée comme un faible pourcentage.

Selon l’INSEE, en 2010 : 448.069 unions (mariages + pacs) pour 9143 pacs de même sexe (1). Ces unions de même sexe représentent 2,0 % du total des unions en France en 2010. En 2011, le nombre des mariages et de pacs aurait été respectivement de 170.000 et 250.000. Environ 6% des pacs concernent des personnes de même sexe (2, 3), dont 2/3 sont des hommes. Soit, en France en 2011 pour 10.200 pacs : environ 6.800 pacs entre hommes et 3.400 pacs entre femmes.

Spoiler:

A. La prévalence des homosexuels et de leurs enfants

L’estimation du nombre d’homosexuels en France varie de 1 à 10% (4). Pour les enfants vivant avec des couples de même sexe les chiffres varient de 24.000 à 400.000. Autant dire que les données en France sont encore entourées d’un flou pas très scientifique. La réalité se situe sans doute quelque part dans ces fourchettes :
« Naturellement, le pourcentage varie selon que l’on retienne comme homosexuels ceux qui se définissent comme tels (là, les chiffres tournent autour de 1%), ceux qui affirment avoir eu des relations sexuelles homosexuelles au cours des 12 derniers mois (entre 1 et 2%) ou ceux qui affirment ressentir de l’attirance pour les personnes du même sexe (les chiffres gravitent alors entre 4% pour les hommes et 6% pour les femmes, qui les avouent plus facilement), avec évidemment des nuances (plus d’homosexuels en ville qu’à la campagne, plus d’homosexuels parmi les personnes ayant fait de longues études). Le sondade de l’IFOP pour Têtu (2011) confirme à peu près ces chiffres puisque il révèle à peu près 3% d’homosexuels dans la population, 3,5% de bisexuels. » (5)
Tout dépend naturellement ce qu’on retient comme critère d’« homosexualité » et comment est posée la question. Une étude britannique (6) de 2005 de l’Office for National Statistics (ONS) sur un grand échantillon de population (près de 250.000) ne trouve globalement que 1,5% de gays, lesbiennes et bi-sexuels.

En France, le pourcentage de gays et lesbiennes qui se pacsent se situerait entre 3 et 10% (7), selon qu’on estime la population homosexuelle à 10% ou à 5% de la population générale (on est donc dans une estimation assez large). 55% des bisexuels et 46% des homosexuels déclarent vivre en couple contre 70% chez les hétérosexuels.

Pour l’estimation du nombre d’enfants vivant avec des couples de même sexe, c’est encore plus flou que la population homosexuelle en général. L’Institut National d’Études Démographiques (INED) fait une estimation entre 24.000 et 40.000 en 1999 (12) :
« En posant qu'un couple de même sexe sur dix vit avec des enfants et que ces couples ont en moyenne deux enfants (à l'instar des couples de sexe différent), P. Festy aboutit en 2005 à une estimation situant le nombre d'enfants résidant avec un couple de même sexe dans une fourchette de 24 000 à 40 000, la grande majorité vivant avec un couple de femmes. Mais cette estimation privilégie la configuration la plus facile à saisir dans un recensement : le couple de même sexe vivant dans le même logement. En revanche, les couples non cohabitants et les enfants qui vivent ailleurs ne sont pas recensés. »
Par contre une Enquête Contexte de la Sexualité en France (CSF) 2005-2006 réalisée conjointement par l’INED et l’INSERM d’effectif trop faible (10.000) ne parvient pas à conclure car le nombre d'enfants élevés (quelques unités) par un couple de même sexe découvert lors de l'enquête est trop faible (13) :
« En effet, l'enquête CSF confirme que les couples homosexuels représenteraient un peu moins de 1 % de l'ensemble des couples (corésidents ou non), mais ne permet pas d'isoler les familles homoparentales, qui ne représentent qu'une minorité dans cette minorité, c'est-à-dire quelques personnes tout au plus. »
Cependant il ne faut pas confondre entre " parenté " et " homoparentalité ". La parenté est sexuée. Le Grand Rabbin Gilles Berheim souligne que l’homoparentalité est une fiction, un néologisme juste « utile » pour promouvoir la possibilité juridique de « deux parents de même sexe » (14) :
" L’homoparentalité n’est pas la parenté. Le terme « homoparentalité » a été inventé pour pallier l’impossibilité pour des personnes homosexuelles d’être parents. Ce mot nouveau, forgé pour instaurer le principe d’un couple parental homosexuel et promouvoir la possibilité juridique de donner à un enfant deux « parents » du même sexe, relève de la fiction. En effet, ce n’est pas la sexualité des individus qui a jamais fondé le mariage ni la parenté, mais d’abord le sexe, c’est-à-dire la distinction anthropologique des hommes et des femmes. "
B. La stabilité des couples de même sexe.

Le taux de dissolution de ces unions ne semble pas avoir été étudié très précisément en ce qui concerne les unions de même sexe pour le pacs. Il semble déjà que les couples de femmes soient plus instables que les couples d'hommes - en Belgique :
Ce sont surtout les lesbiennes qui divorcent : en 2008, 161 couples ont divorcé, un chiffre en augmentation de 75% en comparaison avec 2007 (92 divorces). A noter que 2008 fut aussi une année record pour le divorce hétérosexuel (35.000 divorces, 5.000 de plus que l'année précédente, 35.000 divorces contre 45.000 mariages). Mais ces chiffres du divorce en augmentation doivent être nuancés, on sait que la nouvelle loi belge sur le divorce en a simplifié la procédure, et qu'il est ainsi aujourd'hui plus facile de divorcer.

Ce sont surtout les couples de lesbiennes qui divorcent: depuis l'ouverture du droit au mariage, 311 couples ont divorcé, avec une proportion de 42 pour cent de divorces gays pour 58 pour cent de divorces lesbiens. Facteur supplémentaire à ce décompte: les gays se marient plus que les lesbiennes (55 pour cent de mariages gays, 45 pour cent de mariages lesbiens). Le pourcentage de divorce pour les gays est de 3,83%, et de 6,33% pour les couples de lesbiennes.

Source : Le service de statistiques du gouvernement belge par Wel Jong Niet Hetero (WJNH) (8 )

En France en 2010, il y a eu 203.884 pacs enregistrés et 34.023 dissolutions, mais ces chiffres bruts n’ont pas grand sens sans analyse par cohorte tenant compte de l’ancienneté de l’union et sans stratification, notamment en fonction des unions de même sexe ou sexes différents, par âge, par origine, par catégorie sociale, etc …. La comparaison avec le nombre des mariages en 2010 : 245.334 (9) et divorces : 130.810 (10) n'est pas possible - si on veut rester rigoureux. On peut seulement s’interroger sur la tendance brute : 17,7% de dissolution des pacs contre 53,4% de divorce pour les mariages en 2010.

La prévalence de la séropositivité environ 120 fois plus élevée (11) chez les homosexuels que chez les hétérosexuels suggère que les homosexuels sont – en moyenne bien sûr– plus instables dans leur vie affective et sexuelle que les hétérosexuels. Par contre, le nombre d’homosexuels qui exigent le mariage et ne peuvent se contenter du pacs est totalement inconnu. Les chiffres avancés par les organisations militantes sont sans fondement (voir plus bas).

C. La surenchère militante gonfle les chiffres de la population homosexuelle, des pacs et enfants vivant avec des couples de même sexe.
« Les chiffres invoqués étaient largement surestimés en 1999 pour le PACS et continuent de l’être en 2012 pour le mariage homosexuel.

En 1999, il était urgent d’adopter le PACS car on annonçait alors que 5 millions de personnes voulaient se « pacser ». Des analyses de l’INSEE, il ressort aujourd’hui que 904.746 PACS ont été signés entre 2000 et 2010, dont seulement 7% entre personnes du même sexe (soit 63.609 PACS en 11 ans).

La même surenchère est à l’œuvre aujourd’hui : une proposition de loi indique que les gays et lesbiennes sont 3,5 millions en France et se réfère à l’Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiennes (APGL) à propos du désir de 45% des lesbiennes et de 36% des gays d’avoir des enfants. Si l’on croise ces trois chiffres, on aboutit à environ 700.000 mariages homosexuels

Il est utile d’ajouter qu’en Espagne, pays de 46 millions d’habitants, on compte environ 3.100 mariages homosexuels par an, après une première année, en 2006, à 4.300 mariages.

Le nombre d’enfants dans des couples homosexuels fait, lui aussi, le grand écart.

Il y aurait urgence à légiférer, selon l’APGL, car 300.000 enfants seraient élevés en France par des parents de même sexe. A côté des chiffres militants, il est utile de lire les travaux de l’Institut National des Eudes Démographiques (INED), organisme d’État faisant référence sur tous les sujets démographiques : l’INED estime le nombre d’enfants concernés entre 24.000 et 40.000. S’il est, en revanche, un chiffre facile à vérifier et donc ne faisant pas débat, c’est le nombre d’adhérents à l’APGL : ils sont 1.800 sur l’ensemble de la France. » (15)
D. La surenchère militante gonfle aussi le nombre des mariages prévisibles par les couples homosexuels.
« Selon un article paru dans le journal espagnol ABC le 17 juin dernier, seuls 1275 mariages homosexuels ont été conclus depuis l’entrée en vigueur de la loi le 3 juillet 2005 et le 31 mai 2006 : ils ne représentent que 0,6% de l’ensemble des 209.125 mariages contractés en Espagne au cours de 2005. De ces 1.275 unions, 923 concernaient des hommes et 325 des femmes. »
« En avril 2001, les Pays-Bas furent le premier pays ä reconnaître la légalité d’une union entre personnes de même sexe. De cette date à la fin 2005, 8.127 unions ont été conclues. Selon les données fournies pas des sondages, 2.7% des hommes et 1,4% des femmes néerlandais sont homosexuels. En faisant l’hypothèse que tous les homosexuels qui se sont mariés aux Pays-Bas y étaient effectivement résidents, cela porte à environ 6,3% le pourcentage d’homosexuels mariés . »
Décompte des mariages gays et lesbiens en Belgique (doubler les chiffres pour avoir le nombre de personnes mariées, bien évidemment):

2003: 854 (depuis juin).
2004: 1.069 mariages de même sexe (2,47%) sur 43.296 mariages
2005: 1.027 mariages de même sexe (2,38%) sur 43.141 mariages
2006: 1.124 mariages de même sexe (2,50%) sur 44.813 mariages
2007: 1.150 mariages de même sexe (2,52%) sur 45.561 mariages
2008: 1.092 mariages de même sexe (2,39%) sur 45.613 mariages;
Source: Le service de statistiques du gouvernement belge par Wel Jong Niet Hetero (WJNH) (16)

Les chiffres déjà connus pour les mariages ou unions de même sexe oscillent donc entre 2,0 et 2,5% de l’ensemble des unions chaque année (France, Espagne, Belgique et Pays Bas).
Le problème est ici que - faute de recul - la population homosexuelle est mal connue notamment pour ce qui concerne leur " cohabitation " et leur " nuptialité " (tendance à constituer un couple et tendance à l'officialiser) par rapport à l'ensemble national, leur volonté d'adoption et le nombre d'enfants effectivement à charge de ces couples de même sexe. La surenchère militante pro-LGTB gonfle tous ces chiffres dont certains sont même repris par le gouvernement (Cf. les attendus de la proposition de loi Taubira-Ayrault.)

Sources :

1. http://www.observationsociete.fr/le-nombre-de-pacs-en-baisse-en-2011
2. http://www.ined.fr/fr/pop_chiffres/france/mariages_divorces_pacs/pacs/
3. http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1336
4. http://www.rue89.com/rue69/2010/10/17/1-4-10-dhomosexuels-en-france-qui-dit-mieux-171376
5. http://deshautsetdebats.wordpress.com/2012/05/04/pourquoi-je-suis-contre-le-mariage-homosexuel/
6. http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2010/sep/23/gay-britain-ons
7. http://deshautsetdebats.wordpress.com/2012/05/04/pourquoi-je-suis-contre-le-mariage-homosexuel/
8. http://luclebelge.skynetblogs.be/archive/2009/07/24/statistiques-des-mariages-gays-en-belgique.html
9. http://www.ined.fr/fr/pop_chiffres/france/mariages_divorces_pacs/mariage_nuptialite/
10. http://www.ined.fr/fr/pop_chiffres/france/mariages_divorces_pacs/divorces/
11. Même source que ci-dessus.
12. http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/fiches_actualite/difficile_mesure_homoparentalite/
13. Même source que ci-dessus.
14. http://www.grandrabbindefrance.com/mariage-homosexuel-homoparentalit%C3%A9-et-adoption-ce-que-l%E2%80%99-oublie-souvent-de-dire-essai-de-gilles-bern
15. http://fr.scribd.com/doc/110325519/Mariage-homosexuel-homoparentalite-et-adoption-Ce-que-l-on-oublie-souvent-de-dire-Essai-de-Gilles-Bernheim-Grand-Rabbin-de-France
16. http://www.koztoujours.fr/?p=14735#comments


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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Mar 6 Nov - 12:28

5. L’amour comme seul motif ?

RESUME : La loi n’exige pas qu’il y ait de l’amour entre les époux. Pourquoi ? Simplement parce que la loi ne peut pas le reconnaître l’amour entre deux personnes. Deux personnes de même sexe s’aiment tendrement, fort bien … mais ce n’est un argument ni nécessaire, ni suffisant pour se marier !

Par ailleurs, si l’amour était le seul et unique motif du mariage (condition nécessaire et suffisante) il serait logique d’autoriser la polygamie, l’inceste et les unions multiples, etc. Cette affirmation n’est ici nullement exagérée si l’amour est vraiment le motif exclusif du mariage.

Mais le mariage républicain est d'abord une institution, un repère collectif pour assurer l'ordre et la durabilité de la société.

Spoiler:

En fait le mariage est en premier lieu une institution c’est-à-dire une forme que se donne une société pour assurer sa pérennité. Qui dit « forme » dit intention sélective et différenciation : il y a ceux qui entrent dans cette institution et les autres. Par contre, une conception utilitaire du droit (on parle encore conception comptable ou sondagière de la loi) qui pense que la loi a comme première fonction de régler les situations particulières remet en cause tout le système légal quel qu’il soit. C’est la rançon de l’individualisme roi.
« L’État n’a pas à prendre en charge la vie sentimentale des citoyens, non plus qu’à reconnaître tous leurs attraits affectivo-sexuels. On ne peut pas comprendre d’institution du seul point de vue individuel et sentimental. L’institution ne se comprend que dans une dialectique entre l’individu et le corps social. (1) »
Lorsque la seule et unique valeur retenue est l’égalité des droits, on questionne le fait que certains ont accès au mariage et d’autres non. Le prix à payer pour faire du mariage un bien accessible à tous est sa neutralisation. Par exemple alors que le mariage est lieu par excellence de la conjugalité et de la filiation - nécessairement sexué - on va le remplacer par un figure assexuée accessible à tous :
« Dès lors que l’on ne renonce pas à toute définition, le mariage peut être caractérisé : il est l’institution qui articule l’alliance de l’homme et de la femme avec la succession des générations. Nous voici pourtant devant une étrange requête : supprimer chacun de ses termes. Ni l’alliance de l’homme et de la femme, ni la génération n’entreraient dans la définition. Que reste-t-il alors ? une figure en trompe-l’œil qui n’est pas sans évoquer le fameux couteau sans manche dont on a perdu la lame. La neutralisation du mariage en tant que bien consommable conduit à la perte de son contenu, de sa substance. Le combat risque d’aboutir à une affaire de dupes.

Allons plus loin et demandons : pourquoi conserver ce vocable ? Quel avantage demande Francis Martens, à appeler « mariage » une réalité nouvelle qui échappe largement à la définition du mariage ? Et l’auteur de poursuivre avec humour : « Quel intérêt pour les botanistes, les jardiniers, les gourmets à appeler les pommes « poires » ou les poires « pommes » sous prétexte de faire régner l’égalité entre les fruits ? (2) » in (3)
Nous renvoyons au fait que l’approche romantique du couple ne peut remplacer sa structure sexuée, traitée ci-dessus dans : « La structure profonde de l’homme vue par la psychanalyse. »
Le problème est que 9 français sur 10 pensent que dans le code civil français l’amour est pris en compte. Nos citoyens maintenant convaincus que le mariage est un droit individuel et une sorte de bien de consommation devant être accessible à tous auront, par conséquent, de la peine à se faire une juste idée de l’utilité de l’institution du mariage.

Sources :

1. La confusion des genres. Réponses à certaines questions homosexuelles sur le mariage et l’adoption. Ed Bayard, p. 54
2. Le beau mariage gay, Le Monde, 22 mai 2004.
3. La confusion des genres. Réponses à certaines questions homosexuelles sur le mariage et l’adoption. Ed Bayard, p. 58


6. Et les religions dans tout ça ?

RESUME : Toutes les six grandes religions en France sont unanimes contre le mariage des personnes de même sexe, sauf une l’Église Réformée qui considère que le mariage est un engagement privé, dont la religion n’a pas à se mêler. L’Union de l’Église réformée d’Alsace et de l’Église de la Confession d’Augsbourg d’Alsace (UEPAL) travaillent sur une proposition de bénédiction des couples homosexuels.

Les meilleurs documents de fond produits par les religions - actuellement disponibles - sont le document de la Conférence des Évêques de France (CET) et l’essai du Grand Rabbin Gilles Bernheim.

Spoiler:

En 2007, un texte commun contre le mariage gay a été signé à Lyon par les responsables des différentes grandes religions en France : catholique, protestant, orthodoxe, juif, musulman et arménien (1). Parmi les signataires : le cardinal Philippe Barbarin, le Grand rabbin Richard Wertenschlag, et le recteur de la mosquée Kamel Kabtane. Parmi les protestants, les représentants des églises anglicane, luthérienne et évangélique baptiste ont signé le texte. Seule l'Eglise réformée n'a pas signé. Le président de l'Eglise réformée de Lyon, Guillaume de Clermont explique : « le sujet du mariage homosexuel lui semble être une question trop importante pour être prise en otage dans un débat préélectoral. »

La divergence entre les Réformés et les autres chrétiens s’explique facilement. En effet pour les Réformés : « Le mariage n'est pas un sacrement devant Dieu mais une promesse faite entre les mariés (2)», donc un engagement privé. La religion n’a donc pas plus à se soucier de cette promesse privée que de l’intimité de l’alcôve. L’Eglise luthérienne de Suède pratique les mariages entre personnes de même sexe depuis 2009. En Suède, l’Eglise luthérienne est séparée de l’état, mais le mariage à l'Eglise a une valeur civile (3).

En septembre 2012, les six principales religions de France se sont prononcées contre le projet de législation contre le mariage gay : catholiques, musulmans, juifs, protestants, orthodoxes et bouddhistes (4). D’accord sur le principe d’opposition, les responsables ont convenu de déployer chacun de leur côté leurs moyens d’action contre la proposition de loi du gouvernement.

Nous devons nuancer cette décision commune parce que nous n’en avons pas le détail et parce que parmi les protestants et les bouddhistes, il n’est pas sûr que cette position soit unanime.
Au sein de la Fédération, l’Église réformée de France (ERF) a mis en place un groupe de travail dirigé par la théologienne Isabelle Grelier, dont les résultats seront publiés fin 2013. Un autre groupe, avec des membres de l’ERF, de l’Union de l’Église réformée d’Alsace et de l’Église de la Confession d’Augsbourg d’Alsace (UEPAL) travaille quant à lui sur une proposition de bénédiction des couples homosexuels.
[…]
« Dans le bouddhisme, l’essentiel est de rester maître de soi, de na pas se laisser dominer par ses sens ou ses passions. « Si le désir sexel nous domine et que nous voulons toujours plus, ce but n’est jamais atteint, et au lieu de trouver le bonheur nous trouverons la souffrance » expliquait encore le dalaï-lama. Selon les textes fondamentaux du bouddhisme, il y a dix actes nuisibles à éviter, dont « l’inconduite sexuelle », celle-ci désignant surtout l’adultère, mais incluant aussi l’homosexualité et la masturbation . » (5)
Il existe deux stratégies différentes possibles : la première met le débat au plan anthropologique et le seconde s’appuie sur les Écritures. La première stratégie a été retenue par l’Église catholique, la Fédération Protestante de France et le Grand Rabbinat. Le Conseil National des Evangéliques de France a adopté la même stratégie, mais en s’appuyant un peu sur la morale chrétienne (6). Les deux documents de fond produits par les religions - actuellement disponibles - les plus intéressants qui ont été publiés sont à notre connaissance :
- L’essai du Grand Rabbin Gilles Bernheim : « Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption » publié le 18 octobre 2012 (le meilleur document à notre sens) (7) ;
- Le document : « Élargir le mariage aux personnes de même sexe ? Ouvrons le débat ! » publié le 27 septembre 2012 par la Conférence des Évêques de France. (8 )
Le problème est que tout le débat porte sur les seules positions de l’Eglise catholique. Une prise de position récente cible son attaque sur la Mgr André Vingt-Trois et sur le Grand Rabbin Gilles Bernheim (9, 10) et - sorte d’hommage indirect à la qualité de la réflexion produite - sans commune mesure avec les « petites phrases » distillées au gré de la tendance par les partis politiques « pour » ou « contre ».

Sources :

1. http://www.lexpress.fr/actualite/politique/mariage-gay-les-religions-hostiles_462755.html
2. http://romainblachier.typepad.fr/mon_weblog/2007/08/eglise-luthrien.html
3. http://www.france24.com/fr/20091022-suede-homosexualite-mariage-eglise-protestante-autorise
4. http://www.terrafemina.com/societe/france/articles/17584-mariage-gay--les-religions-de-france-unies-contre-le-projet.html
5. Dossier spécial du Journal La Croix du 06 novembre 2012, p. 18 et 19.
6. http://plunkett.hautetfort.com/archive/2012/10/11/le-conseil-national-des-evangeliques-de-france-cnef-contre-l.html
7. http://www.grandrabbindefrance.com/mariage-homosexuel-homoparentalit%C3%A9-et-adoption-ce-que-l%E2%80%99-oublie-souvent-de-dire-essai-de-gilles-bern
8 http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/elargir-le-mariage-aux-personnes-de-meme-sexe-ouvrons-le-debat-note-du-conseil-famille-et-societe-14982.html
9. http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/elargir-le-mariage-aux-personnes-de-meme-sexe-ouvrons-le-debat-note-du-conseil-famille-et-societe-14982.html
10. http://tempsreel.nouvelobs.com/mariage-gay-lesbienne/20121105.OBS8142/mariage-homosexuel-les-religions-main-dans-la-main.html


7. L’altérité sexuelle

RESUME : Ce que nous entendons ici comme « altérité sexuelle » est la différence physiologique et de perception au cours de l’union sexuelle. Cette altérité sexuelle est sans doute soutenue par de multiples facteurs et en particulier par l’éducation. Il serait dommage de se priver de cet appui au nom d’une quelconque théorie du genre qui tend à relativiser, voire à annuler la différence sexuelle.

Cette altérité sexuelle comporte même éventuellement une phase d'apprentissage dans la période d'activité sexuelle. Elle peut être réalisée que dans l’union hétérosexuelle.

Spoiler:

Les trois paragraphes qui suivent sont un extrait d’un article de blog intitulé : « Pourquoi je suis contre le mariage homosexuel. (1) »
« On dit que le désir de l’homme est plus fort que celui de la femme, et le plaisir de la femme plus fort que celui de l’homme, notamment parce qu’une femme peut faire l’amour à tout moment et plusieurs fois de suite, contrairement à un homme. Au point que le philosophe (et spécialiste du médecin et psychologue Karl Jung) Michel Cazenave affirme que « Reprenant le modèle freudien, qui est parfaitement exact en ce domaine, Lacan fait bien ressortir en effet que la jouissance de l’homme se structure en tant que telle selon l’ordre de la castration. Cette jouissance est soumise à des limites qui lui permettent d’exister. Alors que la jouissance des femmes (et ici, Lacan se sépare assez radicalement de Freud), c’est de la « jouissance autre », hors castration, branchée sur un infini où n’intervient pas la coupure. En fin de compte, Lacan l’a dit assez clairement : le véritable sujet du désir des femmes, c’est Dieu.»
[…]
« A l’inverse, donc, la femme a une sexualité complexe, très riche, non intuitive, qu’elle connait souvent mal à l’adolescence et à propos de laquelle on ne cesse de disserter (existence du point G, etc.) signe qu’elle est un vrai mystère. On dit que la maturité sexuelle des femmes est atteinte vers 40 ans (les fameuses « cougars »?). Le plaisir de la femme est bien plus lent à se manifester (il faut 10 minutes au moins au vagin pour se lubrifier alors que l’homme a une érection en quelques secondes, et atteint l’orgasme en moins de deux minutes), lors de l’orgasme elle vibre de tout son corps alors que les zones érogènes de l’homme sont essentiellement centrées sur la verge. Elle privilégie la qualité des relations sexuelles, l’homme la quantité, etc.
[...]
Si l’homme et la femme n’ont pas la même sexualité, si leur différence sexuelle et psychologique, qui nécessite un long et patient apprentissage pour tendre vers la communion (de la femme pour mieux connaitre sa sexualité, de l’homme pour mieux connaitre celle de sa femme plutôt que de croire, comme c’est le cas spontanément et naïvement, qu’elle fonctionne comme lui, et de l’utiliser alors comme un instrument de son propre plaisir) qui est la force des couples fidèles, comment peut-on penser que l’homme et la femme sont interchangeables ? Comment peut-on dès lors mettre homosexualité et hétérosexualité sur le même plan ? Comment peut-on enfin considérer que l’homoparentalité est équivalente à l’hétéro parentalité, alors que la première est privée de toute cette fondamentale complémentarité sexuelle ? »
Le problème est que dans les théories en vogue cette altérité sexuelle, cette différence n’est pas conçue comme une valeur à promouvoir, mais qu’on lui préfère sous prétexte d’égalité le rejet de la différence et donc la promotion de l’indifférenciation.

Source :

1. http://deshautsetdebats.wordpress.com/2012/05/04/pourquoi-je-suis-contre-le-mariage-homosexuel/

Roque

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Nicolasticot le Mar 6 Nov - 15:40

Au sein-même de la communauté homosexuel ce n'est qu'une minorité qui milite pour l'adoption .
Et comme dit Roque plus haut, pourquoi pas le mariage incestueux , la polygamie etc , si ce n'est qu'une question "d'amour" et de consentement entre deux personnes .
Et c'est ce vers quoi on ira j'ai l'impression avec leur logique...

Homosexuel Xavier Bongibault est opposé à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux personnes du même sexe.

Qu’est-ce qui vous dérange dans le projet de loi de Mme Taubira qui sera présenté en conseil des ministres le 31 octobre prochain ?

"J’ai eu la chance d’avoir des parents, un père, une mère. C’est une chose à laquelle tous les enfants ont le droit. Contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, le contrat de mariage n’est pas un contrat d’amour ni un contrat que l’on peut ouvrir au nom de l’égalité, c’est un contrat de construction d’une famille. Or, une famille c’est une mère, un père et éventuellement des enfants."

Ce sont pour ces raisons que vous avez décidé de créer, en juillet dernier, l’association "Plus gay sans mariage ?

"Nous souhaitons faire entendre la voix des personnes homosexuelles qui sont contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux personnes de même sexe. Ce projet de loi veut modifier en profondeur la société dans une logique qui se veut progressiste mais qui est en fait libertaire. Et ceci sans qu’aucun débat sur cette question n’ait lieu.

"Comment a réagi la communauté homosexuelle à votre initiative ? "

Des homosexuels opposés mais aussi favorables à ce projet me disent que j’ai raison de défendre mes convictions. Mais, j’ai, également reçu des menaces."

De quel type ?

"Dernièrement, dans le cadre d’une interview pour Le Figaro Magazine, nous avions rendez-vous dans un bar du Marais avec Frigide Barjot et Laurence Tcheng, une militante socialiste qui s’oppose, elle aussi, à ce projet. Nous avons été contraints de quitter les lieux sous la menace d’Act up. Pour eux, quand on s’oppose au mariage homosexuel c’est que l’on est forcément homophobe."

C’est quand même paradoxal dans votre cas…

Je les dérange car je suis homosexuel et athée. Ils auraient tellement aimé que je sois catholique et hétérosexuel et ainsi pouvoir ringardiser mon combat."

Pensez-vous qu’une majorité d’homosexuels souhaite pouvoir se marier et avoir des enfants ?

"C’est le combat d’un lobby. Ce n’est pas une revendication majoritaire au sein de la communauté homosexuelle. Quant aux autres, une partie est pour, l’autre est contre. Mais on entend uniquement ceux qui sont favorables à ce projet car ils empêchent les autres de parler avec des méthodes parfois violentes."

Un enfant élevé par un couple homosexuel ne peut-il être aussi heureux que dans une famille hétérosexuelle ?

"L’enfant peut avoir ce sentiment mais il y a des dommages collatéraux psychologiques dont il n’a pas conscience. Une étude très sérieuse réalisée par le sociologue américain, Mark Regnerus, montre que la grande majorité des enfants élevés dans des familles homoparentales ont de gros troubles psychologiques."

Comment comptez-vous faire pour qu’une loi ne soit pas votée ?

"Nous ne sommes pas résignés. Nous allons nous battre aux côtés d’autres associations et collectifs. Nous allons organiser une manifestation et nous n’écartons pas l’idée de mettre en place des happenings."
http://www.lamanchelibre.fr/index.php?ville=multi
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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Mar 6 Nov - 18:18

Nicolasticot a écrit:Et comme dit Roque plus haut, pourquoi pas le mariage incestueux , la polygamie etc , si ce n'est qu'une question "d'amour" et de consentement entre deux personnes.
J'ai seulement dit que si c'est le critère unique et donc exclusif du mariage cela deviendrait logique. Mais la réalité est toujours multifactorielle et pas logique. Il faut garder la mesure des choses ...
Homosexuel Xavier Bongibault est opposé à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux personnes du même sexe.

Qu’est-ce qui vous dérange dans le projet de loi de Mme Taubira qui sera présenté en conseil des ministres le 31 octobre prochain ?

"J’ai eu la chance d’avoir des parents, un père, une mère. C’est une chose à laquelle tous les enfants ont le droit. Contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, le contrat de mariage n’est pas un contrat d’amour ni un contrat que l’on peut ouvrir au nom de l’égalité, c’est un contrat de construction d’une famille. Or, une famille c’est une mère, un père et éventuellement des enfants."
Dure prise de conscience de se savoir condamné à ne pas avoir d'enfants. C'est heureux qu'il ait un bon souvenir d'avoir été porté par un père et une mère, ce n'est pas la cas de tout le monde ! Mais c'est courageux aussi de ne pas vouloir plier la réalité à sa volonté. Oui, j'ai lu quelque chose sur cette association " Plus gay sans mariage ".
"Nous souhaitons faire entendre la voix des personnes homosexuelles qui sont contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux personnes de même sexe. Ce projet de loi veut modifier en profondeur la société dans une logique qui se veut progressiste mais qui est en fait libertaire.
Il y a un fond idéologique qui va très au delà du parti socialiste, mais qui est pris en compte par la proposition Taubira/Ayrault. C'est ce fond idéologique qui explique les invectives, le refus du débat et même éventuellement les menaces dont témoigne Xavier Bongibault.
"C’est le combat d’un lobby. Ce n’est pas une revendication majoritaire au sein de la communauté homosexuelle. Quant aux autres, une partie est pour, l’autre est contre. Mais on entend uniquement ceux qui sont favorables à ce projet car ils empêchent les autres de parler avec des méthodes parfois violentes."
Ce serait mieux si on arrivait à identifier ce lobby. Combien de personnes dans le lobby, aucune idée ! Chez les catholiques, il y a une tradition de ne pas manifester et il y a beaucoup de honte à s'exprimer en public avec la crainte d'être taxes " d'homophobie " et aussi pour certains une crainte d'être récupéré par les partis. Les activistes des extrêmes connaissent cette volonté de discrétion et peut-être la paresse de cette " foule silencieuse ". Les partis il faut le reconnaître n"ont pas brillé par leur courage et ont plutôt fait preuve d'opportunisme. La stratégie espâgnole d'affrontement direct au coté de la droite n'a pas été payante et s'est terminée par une défaite, puisque le mariage gay est passé ... Il ne faut pas perdre de vue que tous les dérapages et les outrances (genre Civitas) profiteront aux partisans de la proposition Taubira/Ayrault. Civitas ne cherche qu'à se faire une place au soleil pour l'extrême droite et la politique du pire (bipolarisation de l'opinion) leur est profitable
"L’enfant peut avoir ce sentiment mais il y a des dommages collatéraux psychologiques dont il n’a pas conscience. Une étude très sérieuse réalisée par le sociologue américain, Mark Regnerus, montre que la grande majorité des enfants élevés dans des familles homoparentales ont de gros troubles psychologiques."
De gros troubles psychologique c'est trop dire. Mais il est juste que l'étude de Mark Regnerus (mars 2012) montre que s’il y a une différence entre les enfants élevés par des couples homo- ou hétérosexuelles, cette différence est statistiquement en défaveur des couples homosexuels pour l’usage de la marijuana, le tabagisme, le temps passé devant la télévision, les arrestations, le plaider- coupable pour les infractions non mineures, et parmi - les filles – pour le nombre de partenaires à la fois hommes et femmes – donc de relations homosexuelles :
« LM [Lesbian Mothers] respondents report statistically greater marijuana use, more frequent smoking, watch television more often, have been arrested more, pled guilty to non-minor offenses more, and—among women—report greater numbers of both female and male sex partners than do IBF [Intact Biological Family] respondents. »
L'échantillon aléatoire de 15.000 persones n'était pas assez grand pour permettre des conclusions plus affinées. Il y aura d'autres études à la suite, notamment des études prospectives qui donneront les meilleurs informations, mais dans 20 à 30 ans ! On manque encore de recul sur l'homoparentalité, il faut le reconnaître. Il semble désormais déjà prouvé que la stabilité de ces couples de même sexe est moindre que celle des couples homme-femmme et c'est un facteur négatif pour l'équilibre des enfants. Normalement - si on était dans une approche rationnelle - il faudrait prouver l'innocuité - c'est à dire le caractère inoffensif - de l'adoption homoparentale avant de décider de cette réforme. Et la charge de la preuve - toujours si on était dans la rationalité - est à charge des promoteurs de la loi Taubira/Ayrault. Eux ... ils veulent passer en force ... mais que la façade serait en train de se lézarder ces jours-ci : le constat de Nicholas Domenach il y a quelques jours (disant que les ministres sont muets sur ce dossier) et la déclaration de Clémentine Autain, ce matin disant qu'elle est pour un large débat ce matin, mais pour supprimer la différence homme-femme dans la mariage, elle pense gagner un référendum sur ce thème.
:arrow: http://www.ndf.fr/poing-de-vue/06-11-2012/clementine-autain-et-elisabeth-levy-plutot-favorables-a-un-referendum-sur-le-mariage-homosexuel/attachment/levy-autain

J'ai trouvé un article très détaillé sur les connaissances actuelles sur l'homoparentalité que je vais essayer de résumer.



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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Nicolasticot le Mar 6 Nov - 20:07

Chez les catholiques, il y a une tradition de ne pas manifester et il y a
beaucoup de honte à s'exprimer en public avec la crainte d'être taxes " d'homophobie "
et aussi pour certains une crainte d'être récupéré par les partis.
Et c'est dommage je trouve ,
les catholique n'ont pas à baisser la tête et rien à perdre à se faire entendre au contraire,
Et tant-pis pour les accusations "d'homophobie" ou "extrême-droite" "fasciste" etc...
enfin c'est mon avis , "l'église rétrograde" etc.. comme certain veulent faire croire, a des discourt bien plus sérieux et intelligent qu'eux je trouve .

Rien qu'en survolant aujourd'hui divers sites et forums, je vois un argument ressortir souvent chez les gens :
<< Vaut mieux qu'un enfant soit adopté par des homos que seul et abandonné >>
ma réponse : vaut mieux qu'il soit adopté par des hétéro .

De gros troubles psychologique c'est trop dire. Mais il est juste que l'étude de Mark Regnerus (mars 2012) montre que s’il y a une différence entre les enfants élevés par des couples homo- ou hétérosexuelles, cette différence est statistiquement en défaveur des couples homosexuels pour l’usage de la marijuana, le tabagisme, le temps passé devant la télévision, es arrestations, le plaider- coupable pour les infractions non mineures, et parmi - les filles – pour le nombre de partenaires à la fois hommes et femmes – donc de relations homosexuelles
je m'en r'appelle un peu de cette étude que j'avais vu sur un site.
J'ai trouvé un article très détaillé sur les connaissances actuelles sur l'homoparentalité
que je vais essayer de résumer.
Merci, au plaisir de vous lire .



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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Mar 6 Nov - 22:13

Nicolasticot a écrit:Et c'est dommage je trouve ,
les catholique n'ont pas à baisser la tête et rien à perdre à se faire entendre au contraire,

Le catholique cherche a témoigner d'une vie droite et donnée en fidélité avec l'Evangile ... et non à faire du tapage dans l'espace public. Le militant politique drapé de catholicisme, c'est l'inverse : il cherche à se faire remarquer, à faire le buzz quelque soit sa sincérité dans sa vie personnelle ... c'est nettement plus facile et le monde glauque de la politique adore ça !

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Nicolasticot le Mar 6 Nov - 22:39

Oui je ne pensais pas à "crier et faire du tapage" Je disais surtout <<c'est dommage>> en pensant à "la honte de s'exprimer en public par peur d'être traiter d'homophobe" comme vous l'avez dis .

Mais sinon je crois comprendre que vous Roque ne voulez surtout pas être associé aux extrémistes et "militant politique drapé de catholicisme" en gros , et entrer dans le jeux du monde glauque de la politique.
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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Mer 7 Nov - 0:57

Nicolasticot a écrit:Mais sinon je crois comprendre que vous Roque ne voulez surtout pas être associé aux extrémistes et "militant politique drapé de catholicisme" en gros , et entrer dans le jeux du monde glauque de la politique.
Oui, cette alliance aux politiques peut être contre-performante et brouiller l'intention de l'Eglise, je devrais dire des Eglises en me limitant au chrétiens. Mais à coté de cela il est évident que les idées vont être reprises par des gens qui ont d'autres intentions, c'est très net sur les blogs que je consulte : il y a de la haine et du mépris. Si tu vas tu des blogs comme ceux des grands journaux ou des chaînes de télévision il y a une avalanches d'invectives et d'insultes (surtout enverse ceux qui sont " contre " dans mon impression). Cette ambiance hystérique conforte ceux qui veulent faire passer les croyants pour des fanatiques. Alliance Vita qui organise la manifestation du 17 novembre prochain a donné des instructions pour que ceux qui suivent sa démarche évitent de participer aux initiatives de Civitas qui est une succursale du FN.

L'Eglise de cherche pas (ou ne devrait pas chercher) la confrontation politique, elle cherche à mobiliser l'opinion.J'ai confiance dans les intentions de Mgr André Vingt-Trois, il se trouve qu'il était mon condisciple ... nous étions dans le même lycée avec une classe de différence. Nous nous sommes rencontrés assez souvent à cette époque à l'aumonerie. Contrairement à ce que peuvent croire les gens, c'est loin d'être un idéologue ou un sectaire. C'est un homme qui pratique depuis toujours l'auto-dérision, ça se sens dans ses interviews, mais son humour ne " passe " pas toujours face aux sectaires (absence de second degré), il prennent cela pour de la morgue et de la moquerie. Il mène la barque en sachant très bien qu'il peut se tromper au moins sur la tactique, qu'il peut " perdre la bataille " (mais il la mène par conviction, à la différence avec pas mal de politiciens à droite et à gauche) ou qu'il peut être trompé par des " faux amis ", c'est à dire des gens zèlés et à courte vue - sans compter les " faux frères " c'est à dire ces " chrétiens " qui s'emparent de la pensée de l'Eglise à leur propre profit. C'est un homme très réaliste en fait.

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Roque le Mer 7 Nov - 20:40

Résumé d'un article détaillant les fameuses " études " sur : http://servusethumilis.wordpress.com/2012/09/17/homoparentalite-que-disent-reellement-les-etudes-et-quelles-sont-leurs-limites/


1.bis Les études montrent … que dalle

RESUME : L'impact le plus fréquemment retrouvé quelque soit l'étude est la reproduction de l'homosexualité. Mais la plupart des études - selon une revue de l'INSERM souffrent de biais méthodologiques important - sauf les dernières etudes dont l'étude de Mark Regnerus.

CONCLUSION DE L'AUTEUR :
« Ainsi, s’il parait tout à fait excessif d’écarter à priori l’homoparentalité dans le cas de certaines situations familiales complexes, comme une solution possible mais non idéale et qu’il convient alors comme pour les cas déjà existants de l’ encadrer pour que les enfants aient le moins possible à souffrir de discriminations, il ne semble pas en revanche souhaitable de la favoriser, donc de légiférer en sa faveur. »
Spoiler:

Les études non spécifiques de l’homoparentalité, mais susceptibles d’apporter un éclairage sur la question.
1. Certains enfants nés par PMA des symptômes assez proches de ceux constatés chez des survivants de catastrophe : http://benoit.bayle1.free.fr/survivancepma.pdf
2. La mère figure d’attachement principale ou privilégiée jouant un rôle plus « sécurisant » alors que le rôle du père est de nature plus « stimulante » et s’exprime davantage à travers le jeu : http://www.cairn.info/revue-cahiers-critiques-de-therapie-familiale-2005-2-page-115.htm.
3. Effet sur les enfants de la garde alternée quand les parents sont séparés, sur le site : http://www.mauriceberger.net
4. Sur le même site : l’étude de M.E.Lamb. Par microanalyse en vidéo des interactions père-enfant et mère-enfant entre huit mois et seize mois : l’enfant préfère la « base de sécurité » maternelle en cas d’inquiétude ou de détresse quand c’est le père qui donne les soins et dans la ca inverse quand c’est la mère qui donne les soins à l’enfant. Il s’agit d’une surprise par rapport aux théories de l’attachement. La demande de protection de la part de l’enfant reste en faveur de la mère, et ce d’autant plus que la situation se fait plus contraignante pour l’enfant. Aucun autre travail n’est venu démentir ces conclusions depuis. Le père n’est donc pas une mère comme les autres.
5. Influence de la stabilité des couples sur le développement psychologique de l’enfant. Les conséquences des ruptures familiales pour l’enfant en terme notamment d’échec scolaire, d’intégration professionnelle future, de morbidité psychique, de stabilité affective mais aussi de conditions socio-économiques plus défavorables que celles des enfants issus de couples unis. On a trouvé un risque relatif de divorce 1.4 fois plus élevés pour les couples homme-homme et 2.5 fois plus élevés pour les couples femme-femme que pour les couples homme-femme (Andersson, G. et al. (2004) «Divorce-Risk Patterns in Same-Sex way and Sweden», portant sur les divorces comptabilisés en Suède entre 1993 et 1999)
6. Les effets de la morbidité psychiatrique parentale sur les enfants. http://www.em-consulte.com/article/66574/troubles-psychiatriques-des-parents-et-sante-menta Plus grande fréquence des troubles psychiques notamment anxiodépressifs chez les personnes homosexuelles que dans la population générale (Corneau et Holmes 2008).
Les études sur l’homoparentalité proprement dit.
7. En 2005, une première revue de la littérature sur ce sujet avait été réalisée par un groupe de pédopsychiatre et de juristes espagnols à l’occasion du projet de loi présenté par le gouvernement Zapatero. Cette méta analyse décortiquait les opinions divergentes des experts - notamment de l’APA (American Psychology Association) et de l’AAP (American Academy of Pediatrics) - et examinait les rapports d’études réalisées entre 1995 et 2002. Mais Il a été prouvé récemment que certaines études qui n’allaient pas dans ce sens ont été volontairement écartées par certains membres militants à la tête de ces associations.
8. L’étude de Tasker et Golombok (1995), échantillon réduit (20 hommes, 26 femmes) enfants biologiques dans des couples de femmes lesbiennes, âge moyen des enfants à la fin de l’étude : 23.5 ans. Prédisposition à l’homosexualité (en terme d’attirance et de comportement) très supérieurs à la moyenne chez les enfants élevés par des couples lesbiens ;
9. L’étude de Bailey et al. (1995), échantillon de 85 enfants adultes (âge moyen 25.3 ans) de parents homo ou bisexuels. Taux de 9% de bi ou homosexuels chez ces enfants alors que la proportion en population générale se situe entre 1 et 3%.
10. L’étude de Cameron et Cameron (1996) échantillon de 4640 sujets dans la population générale. 17 (11 femmes et 6 hommes) ont affirmé avoir un père homosexuel. Homosexualité : 4 des 6 hommes (67%) et 1 des 11 femmes ont eu une expérience homosexuelle. 35% s’identifiaient comme homosexuels. Inceste : 5 sur 17 (29%) avaient eu des relations sexuelles avec leurs parents contre seulement 28 (0.6%) sur les 4623 élevés par des couples homme-femme.
11. L’étude de Stacey et Biblartz (2001). Résumé de 21 études dont l’auteur principal Judith Stacey concluait malgré les évidences à l’absence de différence entre les enfants élevés par des couples de même sexe et ceux élevés par des couples homme-femme. Elle reconnait toutefois que les mères lesbiennes provoquent un effet « féminisant » sur les petits garçons et « masculinisant » sur les petites filles. De plus elle précise que ces enfants ne semblent pas bien s’adapter au rôle propre à leur sexe. L’auteur elle-même dit textuellement que «les petites filles adolescentes élevées par des mères lesbiennes semblent prendre plus de risques sexuellement […] autrement dit, une fois encore, les enfants (spécialement les petites filles) élevés par des lesbiennes semblent se détacher des normes traditionnelles de genre, tandis que les enfants élevés par des mères hétérosexuelles semblent les accepter.»
12. L’étude de Gonzalez M del M et al. (2002). Étude espagnole. Groupe hétérogène de 28 familles. 15 enfants étaient issus de relations hétérosexuelles antérieures et ont effectivement eu un père et une mère, 5 enfants étaient adoptés, 5 enfants obtenus par insémination. Pour 3 cas le père biologique homosexuel n’avait pas la garde du mineur et 14 des foyers étudiés étaient en fait monoparentaux. Composition hétérogène et taille de l’échantillon rendent l’interprétation difficile : http://www.jurivie.org/documents/articles/rapport_adoption_homo.pdf
13. L’étude française de Stéphane Nadaud (1998). 58 enfants dont les familles ont toutes été recrutées par le biais d’associations LGBT. Évaluation uniquement par les parents sur des critères comportementaux (questionnaire Cognitive Behavioral Check List). Faible taille de l’échantillon et accumulation de biais méthodologiques : http://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychanalyse-2003-1-page-241.htm. L’auteur signale que 40% des enfants sont suivis par un psychologue ou une orthophoniste (taux largement supérieur à celui retrouvé dans la population générale.)
La remise en cause des rapports de l’AAP (American Psychology Association) et de l’AAP (American Academy of Pediatrics)
- En 2007, le Dr Sharon Quick pédiatre membre de l’AAP appelée à témoigner en faveur de l’accusé remet en cause preuves à l’appui le rapport technique de cette même organisation produit en 2002 : http://www.familleliberte.org/traducJE2v01-06.pdf
- En juin 2012, le Dr Marques Loren de la Louisiane State University remettait en cause les études sur lesquelles l’APA avait rendu un avis favorable à l’adoption d’enfants par des couples de même sexe. Sur les 59 études citées dans le mémoire de l’APA, plus des trois quarts étaient fondées sur de petits échantillons de population non-représentatif, dont la sélection n’était pas faite de façon aléatoire qui ne comprenaient pas tous des individus ou des familles issus de minorités; près de la moitié ne comportaient pas de groupe de comparaison hétérosexuel, et peu d’études s’étendaient au-delà de l’enfance et étudiaient des critères tels que le niveau social intergénérationnel, le niveau de scolarité, et de criminalité, qui sont des éléments clé des études sur les enfants du divorce, le remariage, et la cohabitation. En d’autres termes, «Un manque de qualité suffisante concernant les données laisse les questions les plus importantes sans adresse et sans réponse» : http://www.francaisenouvelles.com/homoparentalite-effets-sur-les-enfants-eleves-par-des-parents-gais-ou-lesbiennes/

- Précisons également que la plupart des membres de la commission de l’APA chargée de l’examen des études portant sur les questions d’homoparentalité appartiennent à des associations LGBT militantes
Autres études plus récentes.
14. Revue de la littérature par une équipe française, sur le site de l’INSERM : http://presse-inserm.fr/homoparentalite-et-developpement-de-lenfant/4871/
Si la plupart des études citées semblent mettre en évidence assez peu de différence entre les enfants élevés par des couples de même sexe et les enfants élevés par des couples homme-femme, les auteurs pointent néanmoins leur grande faiblesse méthodologique.

Une étude cependant mérite d’être citée. Elle concerne les modalités d’attachement de jeunes femmes élevées par des pères homosexuels : 68 femmes d’une moyenne d’âge de 29 ans, issues d’unions hétérosexuelles dont le père est gay ont été comparées dans leur système d’attachement à 68 femmes dont le père est hétérosexuel. Les résultats montrent que les femmes de père gays sont moins aptes à faire confiance et à demander de l’aide, qu’elles sont plus anxieuses dans les relations amoureuses et moins à l’aise avec la proximité et l’intimité (Sirota T. Adult attachment style dimensions in women who have gay or bisexual fathers. Arch Psychiatr Nurs 2009;23(4):289—97.)

15. L’étude de Mark Regnerus (2012). C’est une étude très récente réalisé par un jeune professeur de sociologie de l’université d’Austin Texas, déjà auteur de deux ouvrages sur le comportement sexuel des adolescents et jeunes adultes.
Son étude est une des rares à porter sur les conséquences observées à l’âge adulte chez des enfants ayant eu au moins un parent homosexuel. Elle a été publiée dans la très sérieuse revue américaine Social Science research : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0049089X12000610
Pour point de départ, l’auteur pose une question à plus de 15000 américains devenus adultes entre 1990 et 2009, sélectionnés de façon aléatoire:« Est-ce que l’un de vos parents biologiques a eu, entre votre naissance et l’âge de vos 18 ans, une relation amoureuse avec quelqu’un de son propre sexe ? » 175 ont répondu que c’était le cas pour leur mère, 73 pour leur père. Ces personnes, ainsi qu’un échantillon représentatif de cette génération de la population américaine, ont passé un entretien approfondi portant sur leur vie, leurs relations amoureuses et leur propre éducation, – soit en tout 2 988 personnes interrogées. L’objet de l’enquête est de tester le paradigme de l’absence de différences. Pour cela, Mark Regnerus a constitué huit groupes parmi les personnes interrogées suivant les structures familiales dans lesquelles ils avaient grandi :
- Famille biologique intacte (“still-intact, biological family”) : un père et une mère marié depuis la naissance de l’enfant jusqu’à aujourd’hui. (919)
- Mère lesbienne : la mère a eu une relation amoureuse avec une femme. (163)
- Père gay : le père a eu une relation amoureuse avec un homme. (73)
- Adopté : adoption par un ou deux parents avant l’âge de deux ans. (101)
- Divorce tardif ou garde partagée : l’enfant a vécu avec ses deux parents jusqu’à 18 ans, ils ne sont plus mariés. (116)
- Belle-famille : les parents biologiques n’ont jamais été mariés ou ont divorcé, le parent ayant la garde s’est marié avec quelqu’un d’autre avant les 18 ans de l’enfant. (394)
- Monoparentalité : les parents biologiques n’ont jamais été mariés ou ont divorcé, le parent ayant la garde ne s’est pas marié ou remarié avant les 18 ans de l’enfant. (816)
- Autres configurations, dont le décès d’un des parents. (406)

Comparés aux enfants de “famille biologique intacte”, les enfants aujourd’hui adultes dont la mère a eu une relation amoureuse avec une femme présentent 25 différences significatives sur les 40 variables testées : ces différences témoignent entre autre de façon significative d’une plus grande instabilité matérielle et affective (moins bon niveau d’études plus forts taux de chômage, plus grandes difficultés à former un coupe stable, plus grand pourcentage d’abus sexuels pendant l’enfance, plus grand taux d’incertitude quant à l’orientation sexuelle)

On retrouvait également des perturbations semblables bien que moindres pour les enfants dont le père avait eu une relation homosexuelle.

Ci-dessous le lien de l’agence Vita qui présente un résumé traduit de l’étude : http://www.alliancevita.org/2012/06/letude-de-mark-regnerus-us-sur-les-enfants-ayant-eu-un-parent-homosexuel/

Critiques de l’article de Mark Regnerus.

Dans un entretien sur Slate avec William Saletan, il reconnait les limites de cette étude qui met tout de même l’accent sur l’instabilité des structures familiales fondées par les parents homosexuels et envisage de pousser plus loin ses investigations sur le sujet:

http://www.slate.com/articles/double_x/doublex/features/2012/gay_parents_study/gay_parents_study_mark_regnerus_and_william_saletan_debate_new_research_.html

Et ci-dessous deux autres articles sur l’étude de Mark Regnerus parue sur des sites américaiins;
http://chronicle.com/article/An-Academic-Auto-da-F-/133107/
http://www.mercatornet.com/articles/view/the_regnerus_affair_research_integrity_and_politics


Le problème déjà signalé est que la piètre qualité des études antérieures à la période récentte (avant 2012) n'est pas du tout publiée et reconnue dans les médias. Le second problème est la mainmise et la manipulation des association LGBT sur la réglementation de l'homoparentalité. Manipulations qui sont denoncées en 2007 et en 2012


Dernière édition par Roque le Mer 7 Nov - 21:01, édité 2 fois (Raison : Ajout sur la problématique : mainmise et manipulations des pro-LGBT aux Etats-Unis.)

Roque

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  -Ren- le Mer 7 Nov - 20:44

Merci d'avoir partagé avec nous ta réflexion sur le sujet :jap:

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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

Message  Nicolasticot le Jeu 8 Nov - 15:00

Merci Roque

Sinon voilà une photo prévisible faite justement durant une manifestation d'Alliance Vita à marseille contre le mariage gay :


"Le couple libre et amoureux s'embrasse face aux vieux coincés intolérants et rétrograde qui sont "choqué" "

C'est plus facile que d'argumenter ... et au passage petite pub pour Coca-cola ? (la canette dans sa main ^^ )


Dernière édition par Nicolasticot le Mar 13 Nov - 18:14, édité 1 fois
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Re: Pour un débat sur l'adoption et l'homoparentalité

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