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Le Soufisme

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Re: Le Soufisme

Message  Ghazali le Mer 27 Fév - 18:35

Le asharisme (avec le maturidisme et le atharisme) constitue l'école théologique officielle et orthodoxe pour la majorité des musulmans, remontant jusqu'aux salafs (premiers musulmans). Pour la jurisprudence, il y avait plusieurs écoles (issues de Malîk, Abû Hanifa, Ja'far, As-Shafî'i, Ahmad Ibn Hanbal, Az-Zahirî en Andalousie à laquelle appartenait Ibn Hazm et Ibn 'Arabî, celle de Sufyan At-Thawrî, ...) mais il en reste plus que 4 actuellement (est-ce que le mutazilisme rejette ou se différence aussi, en dehors de l'approche théologique, des écoles juridiques en matière de droit ?) : Malikite, shafiite, hanbalite et hanafite.

Quant au soufisme, peu importe son école juridique ou sa doctrine théologique, tout le monde peut s'en réclamer de façon orthodoxe, tant qu'elle prend appui sur les fondements (Tawhîd, 5 piliers de l'islam, 6 piliers de la foi, ...) et les finalités de l'islam (Connaissance de Dieu et de Son Unicité, purification de l'âme, piété, sagesse, ascétisme, ...), les rites exotériques reconnus unanimement (prières, invocations, aumônes, grand pèlerinage, ...).

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Re: Le Soufisme

Message  Civis Pacem le Mer 27 Fév - 22:39

C'est bien ce que je dis... le sunnisme a récupéré le soufisme...

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Re: Le Soufisme

Message  Mamun le Jeu 28 Fév - 2:24

Civis Pacem (mais de plus en plus Para bellum décidément...lol),

Le soufisme est un mouvement dont l'origine de perd loin dans l'histoire. Par exemple, Hassan Al Basri passe pour être l'un des précurseurs, voir un maître, soufi. Le soufisme s'est donc naturellement développé dans tout l'islam, dans tous les groupes. Il y a même eu des hanbalites soufis.

(Au passage, le mu'tazilisme relève de la théologie, pour le rite, chaque mu'tazilite est libre de choisir don madhhab, le seul qui est antinomique radicalement avec l'i'tizal est declui d'Ibn hanbal, bien que le rejet des hadiths rapportés par Malik Ibn Anas, me laisse croire que le malikisme n'est pas en odeur de sainteté. La plupart des mu'tazilites de tendance 'sunnite' étaient hanafites, mais il y eut aussi des shafi'ites connus comme le Qadi Abdel Jabbar. D'autres zaydites, imamites voir ibadites. Aujourd'hui, les mu'tazilites d'aujourd'hui suivent à peu près les même pas. Mais l'importance de la jurisprudence ayant fortement baissée, ils n'intéressent plus que pour le rite principalement).
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Re: Le Soufisme

Message  Musashi974 le Jeu 28 Fév - 4:17

Le soufisme s'est donc naturellement développé dans tout l'islam, dans tous les groupes.
Oui je suis d’accord. Les Séfévides sont issus de la tariqa (« confrérie religieuse ») des Safavieh. Or, il se trouve que les Séfévides ont carrément fondé un empire chiite! Donc ça prouve que le soufisme de tradition chiite a bel et bien existé.

Cependant, il est vrai que la majorité des soufistes était de « tradition » sunnite. Je pense que cela est dû au faite que le soufisme à permis à d'ajouter à l'orthodoxie sunnite une certaine profondeur et un certain mysticisme, tandis que le chiisme, dès son origine, était empreint d’un certain mysticisme et avait donc moins « besoins » du soufisme.
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Re: Le Soufisme

Message  titou2 le Dim 3 Mar - 17:42

Assalam,




Le Taçawwuf
►La double dimension

« Dis : Si la mer se faisait d’encre pour écrire le langage de mon Seigneur, elle s’y épuiserait, même si Nous en doublions l’étendue, avant que ne s’épuisât le langage » (Coran XVIII, 109)

De part les versets coraniques : « Il est l’Apparent et le Caché » (Coran LVII, 3) et de part ces paroles de l’Envoyé de Dieu à propos du Coran « jardin des connaissants » : « Il n’a pas été révélé un verset coranique qui n’ait pas un aspect extérieur et un aspect intérieur. Chaque lettre a son sens défini (hadd) et chaque définition implique un lieu d’ascension (matla’)« . Il s’en suit que la Tradition islamique, comme toute tradition complète, se distingue par une double dimension, deux aspects indissociables qui se complètent et s’harmonisent, font partie du même fruit :

- Un aspect extérieur qui est le point de vue religieux, théologique, formel.
- Un aspect intérieur qui est le point de vue spirituel, métaphysique, essentiel.

intégrant pleinement nos deux « natures » à tous les degrés, et qui fait que le plus petit geste peut être aussi le plus haut.

▪ La dimension extérieure (horizontalité), c’est la grande route pour tous (beaucoup sont appelés) ; elle considère l’être dans son état individuel et lui assure les conditions les plus favorables dans cet état ; par une participation indirecte et symbolique -par les œuvres prescrites- aux vérités divines, elle vise à obtenir un état béatifique après la mort, ce que l’on nomme plus communément le « salut » ; c’est également le point d’appui et moyen de réalisation pour :

▪ La dimension intérieure (verticalité), aspect métaphysique qui se traduit par Al-Haqîqah, La Vérité essentielle. C’est le but à atteindre. Le sommet d’une montagne est unique ; la base, bien qu’étant une avec le sommet, n’en est pas moins multiple en ses points. Chaque chemin qui se situe entre la base et le sommet se désignent par Tarîqah (la Voie). Beaucoup moins nombreux sont ceux qui ont la capacité de l’emprunter et encore moins nombreux ceux qui l’empruntent jusqu’au bout (peu sont élus). Cette dimension conduit l’être au-delà de son individualité et même au-delà de tout état conditionné : la délivrance.

L’intérieur se distingue de l’extérieur au même titre que la contemplation directe des réalités spirituelles se distingue de l’observance des lois qui les traduisent dans l’ordre individuel en rapport avec un certain cycle de l’humanité.

►La dimension intérieure : Le taçawwuf (soufisme)

« Dieu fut content des croyants quand sous l’arbre ils te rendaient allégeance. Et Il savait ce qu’il y avait dans les coeurs. Il fit descendre en eux la sérénité (Sakinah) et les récompensa d’un succès prochain » (Coran, XLVIII, 18)


« Le soufisme, c’est que Dieu te fasse mourir à toi même et te donne vie en Lui » (Al -Jounayd)

Au tréfonds de lui même, alors que résonne encore l’interrogation du Mithâq, le pacte prééternel: » Ne suis-Je pas votre Seigneur ? »(Coran VII, 172), chaque être humain est, par nature, enclin à connaître Dieu, fin ultime et raison de la création.

Le « taçawwuf » ou soufisme, quintessence de la Tradition islamique en est le moyen correspondant au degré de l’excellence de la foi et du comportement (al-ihsân) qui, par la purification du cœur, conduit à la sincérité spirituelle (ikhlâs) permettant d’accueillir la Lumière divine, par laquelle on connaît, par laquelle on voit. «Et quiconque se purifie, ne se purifie que pour lui-même, et vers Allah est la Destination.» (Coran XXXV, 18) « Et Dieu guide vers Sa lumière qui Il veut » (Coran XXIV, 35 et ce hadith : « Craignez la perspicacité du croyant car il voit avec la lumière de Dieu »)

« Telle est la grâce de Dieu, Il la donne à qui Il veut. Et Dieu est Détenteur de la grâce immense »
(Coran 57, 21)

La lumière étant une et indivisible, elle est seulement réfractée par les personnes et les choses. Les divisions sont donc illusoires. Le but de la religion et de la voie est de se souvenir, de prendre conscience, puis d’actualiser en son cœur cette vérité fondamentale. C’est le chemin de la loupiote qui retourne à sa source, du multiple à l’Un. Expérience « goûtée » par les saints, leur présence et leurs paroles sont illuminatrices. C’est pourquoi, Abul Qassim Nasrabâdî a dit du « Taçàwwuf » (qui est la sainteté islamique) :

« Le Taçàwwuf est signe et lumière.
Lumière issue de la Vérité pour conduire à la Vérité.
Signe de Lui menant à Lui. »

Le taçàwwuf, cœur de l’islam, Océan de Lumière est la voie de la Connaissance et de l’Amour.
Celui qui arrive au but, -le çûfi- après avoir mené le grand combat, dépouillé de son individualité (ego) et délivré de toutes les visions partielles et illusoires qui y sont attachées, prend vie en Dieu, et n’agit que par Lui ainsi qu’Il l’a dit :

« Mon Serviteur ne s’approche pas de Moi par quelque chose que J’aime davantage que par les actes que Je lui ai prescrits, Il ne cesse de s’approcher de Moi par les œuvres surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime. Et lorsque Je l’aime, Je suis son ouïe par laquelle il entend, sa vue par laquelle il voit, sa main par laquelle il saisit… » ( Hadith Qûdsi)

Source aminour

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Re: Le Soufisme

Message  Idriss le Dim 31 Mar - 18:30


http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=579169

Aux antipodes du salafisme : le soufisme émission du dimanche 31 mars 2013

Ces derniers mois, dans la presse, on a évoqué brièvement mais à maintes reprises le saccage de sanctuaires soufis par des islamistes radicaux. Cela s’est passé au Mali, bien sûr (avec la destruction des mausolées de Tombouctou), mais aussi en Tunisie, en Libye, au Pakistan.

Pourquoi les fondamentalistes les plus violents de l’islam s’en prennent-ils ainsi aux traces laissées au fil des siècles par les soufis, qui sont comme eux des musulmans ?

Pour le comprendre, il faut d’abord savoir ce qu’est le soufisme.

Ce mot n’est plus tout-à-fait inconnu des Français depuis que le slameur Abd al-Malik s’en est réclamé. On sait moins l’influence que le soufisme a exercée au 16ème siècle sur la très catholique Thérèse d’Avila. On ignore souvent que l’Emir Abd el-Kader, résistant héroïque à la colonisation française de l’Algérie, était un théologien soufi.

En France, plusieurs confréries venues principalement d’Afrique du nord et d’Afrique de l’ouest s’emploient, très discrètement mais très activement, à porter le message d’un islam ouvert, tolérant et apaisé.
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Re: Le Soufisme

Message  Idriss le Dim 31 Mar - 18:54

Soufisme à Paris

Le soufisme est le courant mystique de l'Islam, un mouvement religieux encore peu connu en France. Organisé en confréries, il rassemble les musulmans convertis lors de cérémonies de prière et de méditation. Il met l'accent sur le dialogue intérieur avec Dieu.

Rencontre avec une confrérie soufie à Paris, en 2003. - 14'10''

http://www.rts.ch/archives/tv/divers/racines/4092053-soufisme-a-paris.html


Reportage sympathique . Il s'agit de membres de la voie Qadiriya Boutchichiya ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Qadiriyya )
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Re: Le Soufisme

Message  Musashi974 le Lun 1 Avr - 6:52

Reportage sympathique .
Il s'agit de membres de la voie Qadiriya Boutchichiya ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Qadiriyya )
Merci Idriss pour ce reportage :poucevert:
J'aime beaucoup le soufisme, qui représente à mes yeux le coté "spiritualité" de l'islam. L’ismaélisme est proche du soufisme persan, peut être as tu entendu parler de Sohrawardi, Abu'l-Majd Majdud Sanā'ī, Farid Al-Din Attar, Djalâl ad-Dîn Rûmî ?
Pour la Qadiriya Boutchichiya, j'en ai entendu parler en lisant le livre d'Abd Al Malik "Qu'Allah bénisse la France ". C'est une autobiographie, qui raconte comment il est passé du statuts de jeune délinquant des banlieues française, à celui de musulman soufi (membre de la Qadiriya Boutchichiya, justement). Ça se lit vite (c'est assez court, je l'ai finit en quelques jours), le style est plaisant à lire, et le parcours est vraiment intéressant. Tres bon livre ;)
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Re: Le Soufisme

Message  Idriss le Lun 1 Avr - 13:01

Musashi974 a écrit:
Reportage sympathique .
Il s'agit de membres de la voie Qadiriya Boutchichiya ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Qadiriyya )
Merci Idriss pour ce reportage :poucevert:
J'aime beaucoup le soufisme, qui représente à mes yeux le coté "spiritualité" de l'islam. L’ismaélisme est proche du soufisme persan, peut être as tu entendu parler de Sohrawardi, Abu'l-Majd Majdud Sanā'ī, Farid Al-Din Attar, Djalâl ad-Dîn Rûmî ?
Pour la Qadiriya Boutchichiya, j'en ai entendu parler en lisant le livre d'Abd Al Malik "Qu'Allah bénisse la France ". C'est une autobiographie, qui raconte comment il est passé du statuts de jeune délinquant des banlieues française, à celui de musulman soufi (membre de la Qadiriya Boutchichiya, justement). Ça se lit vite (c'est assez court, je l'ai finit en quelques jours), le style est plaisant à lire, et le parcours est vraiment intéressant. Tres bon livre ;)


J'ai lu aussi le livre d 'Abd Al Malik et je confirme tes impressions!

Quand à Farid Al-Din Attar il me semble que le langage des oiseaux fait parti de mon top 10 ( http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t1626p30-vos-dix-livres-incontournables )

Spoiler:

Idriss a écrit:

Le langage des oiseaux Farid-ud-Din' Attar.
Méditation sur les 22 Arcanes Majeurs du Tarot ( auteur anonyme )

Un saint soufi du XXéme siècle Martin Lings
Le jardin du Prophète Gibran Khalil

Pratique de la voie tibétaine Chögyam Trungpa

Le jeu des perles de verre : Herman Hesse

Comprendre l'islam . Frithjof Schuon
Siva P.K Dick

La pierre et le sabre Yoshikawa Eiji
Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes de Robert Pirsig
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Re: Le Soufisme

Message  Ghazali le Lun 1 Avr - 19:19

Salam.

"Farid Al-Din Attar, Djalâl ad-Dîn Rûmî ?". Il me semble qu'ils étaient sunnites (et maîtres spirituels des sciences du soufisme) non ?
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Re: Le Soufisme

Message  -Ren- le Lun 1 Avr - 19:50

Ghazali a écrit:"Farid Al-Din Attar, Djalâl ad-Dîn Rûmî ?". Il me semble qu'ils étaient sunnites
Votre interlocuteur a dit "persan" et non "chi'ite" ;)

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Re: Le Soufisme

Message  Musashi974 le Lun 1 Avr - 20:36

Votre interlocuteur a dit "persan" et non "chi'ite"
Exact. Et puis le faite qu'ils ne soient pas chiite n’empêche pas qu'on les considère chez nous parmi les plus grand...
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Re: Le Soufisme

Message  Ghazali le Sam 6 Avr - 14:23

Au temps pour moi, j'avais cru lire "shiisme" (ou ismaélisme).
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Re: Le Soufisme

Message  Idriss le Sam 6 Avr - 20:47

Civis Pacem a écrit:Le soufisme tient-il la Mecque et Médine ?
Les a-t-il jamais tenus ?
Non aux deux questions.
Voila pourquoi le soufisme ce n'est pas l'islam.


La réponse est oui aux deux questions et cela de tous temps...jusqu'à ce que les wahhabites en tuent un bon paquet et chassent les autres...
Mais une amie , une hajja, m' a affirmé que Médine était encore aujourd'hui un grand centre de spiritualité soufi...même si ils sont tenu à la plus grande discrétion pour les raison que nous savons!
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Re: Le Soufisme

Message  Ghazali le Dim 7 Avr - 21:09

Idriss a écrit:
Civis Pacem a écrit:Le soufisme tient-il la Mecque et Médine ?
Les a-t-il jamais tenus ?
Non aux deux questions.
Voila pourquoi le soufisme ce n'est pas l'islam.


La réponse est oui aux deux questions et cela de tous temps...jusqu'à ce que les wahhabites en tuent un bon paquet et chassent les autres...
Mais une amie , une hajja, m' a affirmé que Médine était encore aujourd'hui un grand centre de spiritualité soufi...même si ils sont tenu à la plus grande discrétion pour les raison que nous savons!

A la Mecque aussi Idriss ;).

« Le serviteur de la noble science dans la Terre Sacrée », le savant du Hijâz, Sheikh Mohammad Ibn `Alawî Al-Mâlikî Al-Hasanî naquit en 1943 à la Mecque Honorée, au sein d’une famille prestigieuse issue de la progéniture de l’Imâm Al-Hasan Ibn `Alî Ibn Abî Tâlib — que Dieu les agrée — et connue pour une longue tradition au service de l’Islam.

L’un de ses aïeux fut le Mufti de l’école malékite à l’époque du Chérif `Awn, ce qui rattacha le qualificatif « Al-Mâlikî » (le malékite) à leur nom de famille. Son père, Sheikh `Alawî Al-Mâlikî Al-Hasanî, et son grand-père, l’Imâm `Abbâs Al-Mâlikî, furent des savants distingués de la Mecque Honorée, spécialisés en Hadith et en jurisprudence, et des enseignants de l’école juridique malékite et d’autres sciences à la Mosquée Sacrée.

Il enseigna à la Faculté de Sharî`ah à l’Université d’Umm Al-Qurâ à la Mecque entre 1390 A.H. et 1399 A.H.

Au décès de son père, le 25 du mois de Safar 1391 A.H., les savants de la Mecque se réunirent et lui confièrent l’enseignement dans la Mosquée Sacrée à la chaire tenue par son père pendant cinquante ans sans interruption. Tous les soirs, à longueur d’année, il tenait trois cercles d’enseignement consécutifs et ne s’en absentait que pour un motif légal. Ses enseignements étaient diversifiés et abordaient à la fois l’exégèse, le Hadîth, les Fondements, la Sîrah, la langue arabe, le credo musulman, la jurisprudence et la prédication. Il enseigna dans ces cercles de nombreux ouvrages de référence, notamment les ouvrages de la Sunnah prophétique.

Son activité dépassa le cadre de l’enseignement à la Mosquée Sacrée pour inclure des allocutions et des prêches diffusés par la radio publique saoudienne et par la radio du Message de l’Islam (Nidâ’ Al-Islâm). Par ailleurs, il ouvrit un centre d’enseignement dans sa maison qui attira près de six cents étudiants venus de divers pays, notamment de l’Asie de Sud Est et du Yémen.

Il prit part aux manifestations culturelles de la Ligue Islamique Mondiale où il donna le discours d’ouverture depuis 1391 A.H. Il participa également à de nombreuses conférences islamiques internationales. Il multiplia les voyages à travers le monde musulman à titre personnel et officiel. Il fut élu à la tête du jury du concours international de mémorisation du Noble Coran entre 1399 A.H. et 1401 A.H. Il présida plusieurs sessions de la Conférence de l’Imâm Mâlik qui se tient tous les ans au Maroc. Il se rendit dans nombre de pays musulmans où il donna diverses conférences, notamment en Asie de l’Est où l’on compte plus d’une trentaine d’écoles, d’instituts et de mosquées pilotés par le Sheikh et bénéficiant de son concours dans l’élaboration de leurs programmes pédagogiques et pour l’obtention de bourses d’études financées par divers bienfaiteurs à l’intérieur et à l’extérieur de la monarchie saoudienne.

http://www.islamophile.org/spip/Sheikh-Mohammad-Alawi-Al-Maliki,1129.html

Il défendait le soufisme et le asharisme au coeur même du monde musulman et de l'Arabie Saoudite :)
Mais cela n'a pas plus à certains savants et prédicateurs officiels qui critiquèrent (sans réels fondements) certaines de ses positions (qui s'opposaient à l'idéologie wahhabite).

D'ailleurs ce n'est pas un hasard si la plupart des descendants du Prophète sont des sunnites, qui pratiquent les sciences spirituelles islamiques (tasawwuf), qui adhèrent à la doctrine théologique asharite, et qui s'affilient à l'une des écoles juridiques majoritaires.
Que ce soit en Arabie, au Maroc, en Irak, au Yémen ou ailleurs, ses descendants sont des soufis ou des gens très proches du soufisme en tout cas.
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Re: Le Soufisme

Message  -Ren- le Lun 6 Mai - 7:18

Avant de plonger dans la tentative chi'ite d'Haydar Amoli de conciliation entre Ibn Arabî et le chi'isme, voici deux textes d'Ibn Taymiyya qui, lui, rejette le "cheikh al-Akbar" : http://blogren.over-blog.com/article-regard-critique-sur-le-soufisme-115152382.html

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Re: Le Soufisme

Message  NARI le Mer 8 Mai - 10:59

-Ren- a écrit:Avant de plonger dans la tentative chi'ite d'Haydar Amoli de conciliation entre Ibn Arabî et le chi'isme, voici deux textes d'Ibn Taymiyya qui, lui, rejette le "cheikh al-Akbar"
Ibn Taymiya rejette en fait tout les principes du Soufisme et c'est là qu'il perd toute sa notoriété dans la dimension d'intériorité de la foi musulmane.. Il reste donc de ce fait un simple bastion de l'Islam exotérique n’ayant plus rien a dire a l'encontre du Cheikh El Akbar... Pourtant tout les connaissant dans ce domaine sont d'accord que le soufisme est la sublimation de la vie religieuse en Islam. Il en est le revêtement supérieur, l'espace dans lequel le croyant pourra se mouvoir, une fois qu'il a accompli tous les rituels imposés par le dogme. Il repose sur la pratique stricte de la piété, de la foi exclusive en Dieu, du renoncement aux vanités du monde, aux plaisirs, aux richesses et aux honneurs que recherche le commun des hommes, et dans certains moments de retraite, loin du monde, pour se consacrer à la prière.

Ibn Taymiya comme certains autres exégètes pointilleux du texte coranique irrités par le débordement d'amour et de connaissance du Cheikh El Akbar et de ses adeptes, cherchent à marginaliser mécaniquement le soufisme. Mais malheureusement pour eux aucun amalgame ne peut exister en ce sens pour les connaissant ou pour ceux qui ont dégusté les saveurs de la foi..

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Re: Le Soufisme

Message  -Ren- le Mer 8 Mai - 13:17

NARI a écrit:Ibn Taymiya rejette en fait tout les principes du Soufisme
Pas de son point de vue. Mais c'est évidemment discutable, car quand on le lit, on se demande ce qui reste...

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Re: Le Soufisme

Message  Idriss le Mer 8 Mai - 14:32

Ibn Taymiyya : une condamnation du soufisme ? (1/2)
Par Qais Assef | le 12 juin, 2011
le rapport du savant hanbalite au soufisme fait l’objet d’un troublant paradoxe. Il a certes porté des critiques envers certaines doctrines et pratiques soufies, mais il ne s’agissait à aucun moment de jeter l’anathème sur l’ensemble de la mystique musulmane. Pour mesurer le désordre régnant autour de la perspective taymiyyenne du soufisme, il nous suffirait de parcourir les nombreux forums en ligne où les adversaires du soufisme s’illustrent en détournant, hors contexte, les arguments du savant hanbalite pour jeter l’anathème sur le soufisme dans sa globalité.
Spoiler:
urisconsulte et théologien hanbalite, Ibn Taymiyya (1263-1328) est une des figures majeures de l’histoire islamique. Il peut, sans conteste, être comparé aux « monuments » de l’histoire islamique, tels Shâfi‘î (m. 820) et Ghazâlî (m. 1111).

L’empreinte de son réformisme politico-religieux se retrouve notamment chez les salafistes, les wahhabites, ainsi qu’auprès des réformistes comme Jamâl al-Dîn al-Afghânî (m. 1897), Muhammad ‘Abduh (m. 1905) et Rashîd Ridâ (m. 1935). Cependant, la pensée d’Ibn Taymiyya ne peut être restreinte aux seuls aspects juridiques et politiques de son œuvre. Replacé dans son contexte historico-politique, Ibn Taymiyya pose, à bien des égards, des questions fondamentales pour l’ensemble de la religion musulmane : foi et raison, éthique et politique, etc.

Toutefois, un des aspects majeurs de son œuvre semble avoir été négligé tant par la recherche académique que par les penseurs musulmans : il s’agit du rapport entre la « Loi » (charia) et la « Voie » (tarîqa). Autrement dit la relation du docteur hanbalite à la mystique musulmane, plus communément appelée le soufisme (en arabe : al-tasawwuf). En effet, le rapport du savant hanbalite au soufisme fait l’objet d’un troublant paradoxe. Il a certes porté des critiques envers certaines doctrines et pratiques soufies, mais il ne s’agissait à aucun moment de jeter l’anathème sur l’ensemble de la mystique musulmane. Pour mesurer le désordre régnant autour de la perspective taymiyyenne du soufisme, il nous suffirait de parcourir les nombreux forums en ligne où les adversaires du soufisme s’illustrent en détournant, hors contexte, les arguments du savant hanbalite pour jeter l’anathème sur le soufisme dans sa globalité.

Cette distorsion n’est malheureusement pas l’exclusivité du grand public. À notre grand regret, la position d’Ibn Taymiyya vis-à-vis du soufisme reste encore un sujet à l’état embryonnaire dans les milieux académiques. Néanmoins, les rares études (1) sur le sujet ont permis de souligner les affinités d’Ibn Taymiyya et de son école hanbalite avec la mystique musulmane.

Une chose est certaine, il n’existe aucun écrit du savant hanbalite condamnant le soufisme en tant que tel (2). Faire du shaykh al-islâm un opposant à la mystique, reviendrait à négliger son acuité d’analyse et sa modération en terme de jugement. Selon Ibn Taymiyya, il ne faut rien rejeter en bloc, et « la seule chose qui soit correcte de faire, c’est [cependant] de juger véridique le vrai et de traiter le mensonge de vain » (3). Plus aveugle fut cependant la condamnation du soufisme par les épigones wahhabites d’Ibn Taymiyya dont le maître à penser, Muhammad b. ‘Abd al-Wahhâb (m. 1792), n’opérait pas de distinction entre les pratiques populaires et celles du soufisme (4).

L’idée d’une opposition intrinsèque entre un sunnisme « orthodoxe », incarné par le savant hanbalite, et la mystique résulte en réalité d’une approche globalisante, qui par un procédé de simplification conduit à présenter les courants religieux comme autant de blocs monolithiques opposés les uns aux autres. D’autre part, il est important de noter que l’« orthodoxie », pas plus que le soufisme, ne désigne une doctrine fixe dans le temps et dans l’espace. C’est pourquoi nous mettrons le terme entre guillemets.

Soufisme et hanbalisme

Le soufisme et le hanbalisme, devenus des composants essentiels du sunnisme, ont tous deux pris forme à Bagdad au IXe siècle. Si l’école juridico-théologique issue d’Ibn Hanbal a souvent été associée à un rigorisme moral et à une « orthodoxie » rigide, le soufisme quant à lui a été identifié à un laxisme moral et à un cheminement personnel. De ce fait, hanbalisme et soufisme ont été considérés comme antinomiques.
Ces a priori sur le hanbalisme sont, selon G. Makdisi, imputables aux travaux initiés par l’orientalisme du XIXe siècle. Si ces études ont permis d’esquisser à grands traits, les caractéristiques des mouvements religieux et des doctrines, en revanche, ils ont parfois imposé un dénominateur commun à leurs adeptes.

Loin d’être des blocs monolithiques et figés, le soufisme comme le hanbalisme, sont issus d’un processus complexe remontant à la période formative de l’islam. En outre, une analyse attentive des faits historiques nous montre une grande perméabilité entre hanbalisme et soufisme.

Lors ses recherches sur le mystique Hallâj (m. 922), Louis Massignon (1883-1962) découvrit, non sans étonnement, des liens étroits entre le hanbalisme et la mystique musulmane. Sur la vingtaine de hanbalites impliquées dans la cause de Hallâj, seuls trois le désavouèrent, dont les plus célèbres : Ibn al-Jawzî (m. 1200) et Ibn Taymiyya (m. 1328). L’ami le plus intime de Hallâj fut Ibn ‘Atâ al-Adamî (m. 922) qui était un traditionniste hanbalite et un soufi convaincu. Actif défenseur de Hallâj, il fut exécuté en 922 pour avoir organisé une émeute hanbalite dans le but de sauver son ami. Il est considéré comme un des transmetteurs de Hallâj, qui lui aurait confié ses manuscrits avant son premier procès en 910.

Au cours du procès de 922, vient le tour d’un autre ami hanbalite, le grand chambellan Nasr al-Qushûrî (m. 928), de défendre énergiquement Hallâj. Les travaux de L. Massignon ont permis d’ouvrir de nouveaux horizons de recherche quant à l’école hanbalite, injustement délaissée pendant plusieurs décennies. Poursuivant les intuitions de son mentor, G. Makdisi fit la découverte de chaînes initiatiques (silsila) soufies incluant de nombreux hanbalites, dont Ibn Taymiyya, mettant ainsi en lumière de nouvelles affinités entre le hanbalisme et la mystique (5).

Ibn Taymiyya a commenté plusieurs écrits mystiques, dont ceux du soufi hanbalite ‘Abd al-Qâdir al-Jîlânî (m. 1166) ; l’un des maîtres de ce dernier, Hammâd al-Dabbâs (m. 1130), bénéficiait d’une grande estime auprès du shaykh al-islâm. Cette attitude contraste avec celle du hanbalite Ibn ‘Aqîl (m. 1119) qui, deux siècles plus tôt à Bagdad, avait sévèrement critiqué Dabbâs, lui reprochant de pratiquer un soufisme suspect (6). Un siècle plus tard, c’est au tour d’Ibn ‘Aqîl de faire l’objet de critiques de la part du hanbalite Muwaffaq al-Dîn b. Qudâma (m. 1223).

Ce dernier lui reproche ses tendances rationalistes. Quant à ‘Abd al-Qâdir al-Jîlânî, si vénéré par Ibn Taymiyya, il fut l’objet d’une réfutation dirigée par le hanbalite Ibn al-Jawzî (m. 1200), dans un ouvrage qui ne nous est pas parvenu. Par ailleurs, Ibn Taymiyya suspectait le soufi hanbalite al-Ansârî al-Harawî (m. 1089) de duplicité. Cette attitude du savant damascène vient à son tour contraster avec celle de son disciple Ibn Qayyim al-Jawziyya (m. 1350), auteur d’un commentaire des Manâzil al-sâ’irin d’Ansârî et à qui Ibn Qayyim portait une grande admiration. Les appréciations paradoxales émises par les docteurs de la Loi, à propos des soufis, illustrent parfaitement cette « orthodoxie » à géométrie variable.


Ibn Taymiyya et les soufis

Avant d’aborder la position du docteur hanbalite vis-à-vis de la mystique, il est important de noter que « soufisme » est un terme synthétique qui, dans sa réalité historique, comprend une riche palette de types spirituels donnant lieu à diverses doctrines et pratiques (7). À l’époque d’Ibn Taymiyya on dénombre, à Damas, pas moins de neuf groupes majeurs assimilés au soufisme (8) : on y trouve tout aussi bien les « mystiques excentriques » que les partisans de la mystique spéculative, sans oublier les soufis modérés de la très estimée confrérie Qâdiriyya, à laquelle Ibn Taymiyya semble avoir été affilié (9).

Plusieurs éléments de la biographie du savant hanbalite indiquent que le soufisme n’est pas un phénomène étranger à la famille Taymiyya. En effet, son ancêtre le shaykh Fakhr al-Dîn (m. 1225) était en contact avec le fameux soufi hanbalite Muwaffaq al-Dîn b. Qudâma (m.1223), avec qui, il entretenait des correspondances régulières (10). Fakhr al-Dîn était surtout célèbre pour sa sainteté et son ascèse, au point où certains de ses biographes le rangèrent parmi les abdâl. Un autre Fakhr al-Dîn b. Taymiyya (m. 1272), cousin du père de notre théologien, semblait pour sa part, proche des milieux mystiques de Damas.

En effet, Ibn Kathîr rapporte que celui-ci mourut en 1272 dans un couvent soufi (11). Ibn Taymiyya avait également un certain nombre de disciples soufis, dont ‘Imâd al-Dîn al-Wâsitî (m. 1311), - le « Junayd de son temps » selon les propres termes du shaykh al-islâm - Muhammad b. Rabâtir (m. 1318), le shaykh ‘Alî al-Mahârifî (m. 1327) et le shaykh ‘Abdallâh Ibn Mûsâ al-Jazarî (m. 1325) (12) ; tous des hanbalites. À ceux-là nous pouvons ajouter, le nom de ‘Abd al-Rahmân b. Mahmûd al-Ba’lî (m. 1333-4), « un soufi qui suivit à Damas l’enseignement d’Ahmad b. Taimîya et de ‘Imâd al-Dîn al-Wâsitî » (13). Hormis les disciples, Ibn Taymiyya eut également des compagnons soufis, dont le shaykh ‘Alî al-Maghribî (m. 1348), « un soufi qui menait une vie toute de piété et d’ascèse » (14).

Nous terminerons cette liste, qui pour être exhaustive, nécessiterait une étude à part entière, avec son fameux disciple Ibn Qayyim al-Jawziyya (m. 1350), dont le commentaire des Manâzil al-sâ’irîn d’al-Ansârî (m. 1089) constitue, selon H. Laoust, « le chef-d’œuvre de la littérature mystique dans le hanbalisme » (15).

Cependant, le rapport du shaykh al-islâm au soufisme ne se limite pas à ses contemporains. « Nombreux sont au contraire les auteurs soufis dont il a connu, médité ou admiré les œuvres […] – il nous dit lui-même que le Qût al-qulûb [d’Abû Tâlib al-Makkî] était une de ses lectures favorites » (16). Par ailleurs, il fait l’éloge de nombreux soufis, qu’il qualifie de maîtres « orthodoxes » (mashâ’ikh ahl al-istiqâma), parmi eux : Fudayl b. ‘Iyâd (m. 803), Ibrâhîm b. Adham (m. 777-78), Abû Sulaymân al-Dârânî (m. 830), Ma‘rûf al-Karkhî (m. 815), Sarî al-Saqatî (m. 867), Junayd (m. 910), Hammâd al-Dabbâs (m. 1131) et ‘Abd al-Qâdir al-Jîlânî (m. 1166) (17). La vénération d’Ibn Taymiyya pour ce dernier est si grande qu’il le qualifie de « pôle des connaissants » (qutb al- ‘ârifîn) (18).

Dans la seconde partie de cet article, à paraître prochainement, nous verrons que les écrits d’Ibn Taymiyya, saisis dans leur contexte historique, témoignent non seulement d’une doctrine favorable à la mystique mais s’en trouvent fortement influencés.

Notes :

(1) Liste non exhaustive des études académiques concernant Ibn Taymiyya et le soufisme : George Makdisi, « Soufisme et Hanbalisme dans l’œuvre de Massignon », Centenaire de Louis Massignon : Le Caire ...1983 (1984) : 79-85 ; George Makdisi, « The Hanbali School and Sufism », Hamadard Islamica, no. 11 (1974) : 61-72 ; George Makdisi, L’islam hanbalisant (Paris : Geuthner, 1983) ; George Makdisi, « Ibn Taimīya : a ṣūfī of the Qādiriya order », American Journal of Arabic Studies, no. 1 (1973) : 118-129 ; Thomas Michel, « Ibn Taymiyya’s sharḥ on the Futūh al-ghayb of ʿAbd al-Qādir al-Jīlānī », Hamdard Islamicus IV, no. 2 (1981) : 3-12 ; Th. Emil Homerin, « Ibn Taimīya’s al-ṣūfīyah wa-al-fuqarāʾ », Arabica, no. 32 (1985) : 219-244 ; Jean R. Michot, Musique et danse selon Ibn Taymiyya (Paris : Vrin, 1991) ; Eric Geoffroy, « Le traité de soufisme d’un disciple d’Ibn Taymiyya : Aḥmad ʿImād al-dīn al-Wāsiṭī (m. 711/1311) », Studia Islamica, no. 82 (1995) : 83-101.

(2) Pour un aperçu des doctrines soufies incriminées par Ibn Taymiyya, voir Henri Laoust, « Le réformisme d’Ibn Taymiya », Islamic Studies I, no. 3 (1962) : p. 32-34.

(3) bn Taymiyya, Maǧmūʿ al-fatāwā, éd. ʿAbd al-Raḥmān b. Muḥammad b. Qāsim (Beyrouth : Muʾassasat al-risāla, 1978), t. XI, p. 434 ; cité dans Yahya Michot, Les saints du Mont Liban (Beyrouth : Albouraq, 2007), p. 56.

(4) Esther Peskes, « The wahhābiyya and sufism in the eighteenth century », dans Islamic Mysticism Contested : Thirteen Centuries of Controversies and Polemics, Frederick De Jong and Bernd Radtke. (Leiden : Brill, 1999), p. 153 et 159.

(5)Makdisi, L’islam hanbalisant, p. 54.

(6) George Makdisi, Ibn ʿAqīl et la résurgence de l’islam traditionaliste au XIe siècle : (Ve siècle de l’hégire) (Damas : Institut français de Damas, 1963), p. 376, n.1 et p. 383, n. 1.

(7)Pour une typologie spirituelle du tasawwuf, voir Eric Geoffroy, Le soufisme en Égypte et en Syrie sous les derniers Mamelouks et les premiers Ottomans : orientations spirituelles et enjeux culturels (Damas : IFEAD, 1995), p. 283-360.

(8)Louis Pouzet, Damas au VIIe-XIIIe siècle : vie et structures religieuses d’une métropole islamique, 2e éd. (Beyrouth : Dar el-Machreq, 1991), p. 207-243.

(9)Makdisi, « Ibn Taimīya : a ṣūfī of the Qādiriya order ».

(10)Henri Laoust, Essai sur les doctrines sociales et politiques de Taḳī-d-Dīn Aḥmad b. Taimīya : Canoniste ḥanbalite né à Ḥarran en 661/1262, mort à Damas en 728/1328 (Le Caire : IFAO, 1939), p. 8.

(11) Henri Laoust, « La Biographie d’Ibn Taimīya d’après Ibn Kaṯīr », Bulletins d’Etudes Orientales, no. IX (1942) : p. 116.

(12) Pouzet, Damas au XIIIe siècle, p. 236.

(13)Henri Laoust, « Le hanbalisme sous les Mamlouks bahrides », Revue des Etudes Islamiques, no. 28 (1960) : p. 50.

(14) Ibid., p. 65.

(15)bid., p. 68.

(16) Ibid., p. 35.

(17)Makdisi, « Ibn Taimīya : a ṣūfī of the Qādiriya order », p. 127.

(18)Voir Ibn Taymiyya, Al-Istiqāma (Médine : Ğāmiʿ al-imām Muḥmmad b. Saʿūd, 1983), t. 1, p. 85.
source: http://oumma.com/Ibn-Taymiyya-une-condamnation-du

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Ibn Taymiyya : une condamnation du soufisme ? (2 sur 2)

L’opinion générale d’Ibn Taymiyya sur le soufisme est, entre autres textes, exposée dans son épître al-Sûfiyya wa-l-fuqarâ’ (1), dont nous proposons une traduction commentée dans un article
disponible en ligne (2). Cette épître illustre parfaitement l’opinion générale du docteur hanbalite sur le soufisme et les différentes catégories de soufis.

L’apparition tardive du terme et du « phénomène » soufi à Bassora ne fait pas pour autant de celui-ci une innovation (bid‘a) aux yeux d’Ibn Taymiyya. Contrairement à ses caudataires wahhabites et salafistes, Ibn Taymiyya ne s’arrête ni à la dénomination ni aux aspects extérieurs du soufisme. En d’autres termes il opère une nette distinction entre l’essence du soufisme, les pratiques populaires entachées d’ignorance et le pseudo soufisme des « imposteurs » (1).

Pour le docteur hanbalite, le soufisme désigne la science des « états spirituels » (ahwâl, sing. hâl), dont la finalité est de conduire, progressivement, l’aspirant au degré de la proximité divine (qurb). Cette science remonte, selon lui, au Prophète et à ses compagnons (2). ‘Imâd al-Dîn al-Wâsitî (m. 1311), le disciple qu’Ibn Taymiyya avait initié à la lecture du hadith, affirme que la voie pour atteindre cette proximité divine, n’est autre que l’imitation (mutâba‘a) du Prophète, dans ses œuvres extérieures comme dans ses états spirituels (3).

Pour les ahl al-sunna wa-l-jamâ‘a, des quels le savant hanbalite se réclame, le Coran, la Sunna et le consensus de la communauté musulmane (ijma‘), forment les trois fondements de la religion. Et c’est selon ces trois principes que l’on doit juger « les paroles et les actes des hommes dans leur réalité intérieure (bâtin) et leurs manifestations extérieures (zâhir) » (4). La meilleure des époques est, selon un hadith, celle à laquelle le Prophète fut envoyé (5). De fait, plus on s’éloigne de l’époque de la Révélation, plus la religion est en proie aux innovations et, par conséquent, aux divisions. Le soufisme n’échappe guère à cet effet de corrosion, dû à l’éloignement dans le temps de l’époque prophétique.

Les nombreuses références d’Ibn Taymiyya aux trois premières générations de l’Islam (celle des Compagnons, des Suivants et de leurs successeurs immédiats) lui permettent, non pas de condamner, mais bien au contraire, d’excuser certains excès des générations postérieures, privées de la « lumière » immédiate du Prophète et des Anciens (Salaf). Ainsi, loin de l’image de rigoriste que l’on lui prête, la position du savant hanbalite est faite de nuances, et même d’indulgence envers l’ivresse spirituelle et les extatiques. Il va même jusqu’à excuser les paroles insensées proférées par ces derniers alors qu’ils sont en état d’ivresse spirituelle (6).

Par ailleurs, il fait preuve de la même mansuétude envers les « locutions théopathiques » (shatahât) de Bistâmî (m. 877), de Nûrî (m. 907) ou de Shiblî (m. 945) :Ainsi, il se produisit chez [certains] maîtres soufis, une extinction mystique (fanâ’) et une ivresse spirituelle (sukr) entraînant l’altération de leur discernement au point où certains ont tenu, en cet état, des propos qu’ils considérèrent comme erronés, une fois revenus à eux-mêmes. De tels faits sont rapportés à propos d’Abû Yazîd [al-Bistâmî] par exemple, d’Abû al-Hasan al-Nûrî, d’Abû Bakr al-Shiblî et de leurs semblables (7).
Néanmoins, l’indulgence d’Ibn Taymiyya ne concerne que les causes licites de l’ivresse spirituelle, c’est-à-dire l’audition du Coran, la mention des noms de Dieu (dhikr), ou toute cause involontaire. C’est ainsi qu’il condamne, avec une grande fermeté, l’état d’ivresse spirituelle obtenue par des moyens jugés illicites : les boissons alcoolisées, le haschich, l’amour et la passion des formes, l’audition spirituelle (samâ‘), etc. Toutefois, Ibn Taymiyya signale que le Prophète et les Compagnons ne perdirent point le discernement lors des « états spirituels » et que leur état est en tout point préférable.

Et dans la lignée du Prophète et des Compagnons, le savant hanbalite inclut certains maîtres du soufisme, qui surent rester stables, tels Abû Sulaymân al-Dârânî, Ma‘rûf al-Karkhî, Fudayl ibn ‘Iyâd, Junayd et leurs semblables (8). Cette indulgence s’explique par le fait qu’Ibn Taymiyya avait parfaitement saisi, et peut-être même goûté, la quintessence du soufisme. En effet, il considérait la connaissance expérimentale des soufis (dhawq) comme le plus haut degré de la connaissance (ma‘rifa), au-delà des sciences acquises (hadith, fiqh, etc.) :
Le ‘ilm al-yaqîn, dit-on, c’est ce que l’on sait pour en avoir entendu parler et pour en avoir été informé, grâce à un raisonnement et à un examen. Le ‘ayn al-yaqîn, c’est ce que l’on a regardé et vu de ses yeux. Le haqq al-yaqîn, c’est ce dont on a eu une expérience directe (bâshara) et que l’on a éprouvé (wajada), que l’on a gouté (dhâqa) et dont on a une connaissance expérimentale (i‘tibâr). […] Ainsi y a-t-il trois degrés de perception de « la douceur de la foi et de sa saveur » […] le degré le plus haut, le seul qui donne la « connaissance de la réalité » (ma‘rifat al-haqîqa), consistant à « goûter (dhawq) et à éprouver (wajd) en soi-même » (9).

Cette hiérarchie de la connaissance, Ibn Taymiyya l’empreinte à ses illustres prédécesseurs soufis Abû Tâlib al-Makkî (m. 996) et Ghazâlî (m. 1111). Il devient ainsi évident qu’Ibn Taymiyya n’a jamais été un adversaire du soufisme. Selon lui, l’application personnelle (ijtihâd) des soufis et les divergences qui en découlent ont conduit certains imams à jeter l’anathème sur le soufisme en tant que tel. Cependant, il rejette explicitement une telle condamnation du soufisme (10) et précise son opinion sur les adeptes du tasawwuf.

Se basant sur le Coran (s.4, v.69), Ibn Taymiyya affirme que les « véridiques » (siddîqûn) sont les plus méritants des hommes après les prophètes et que « le soufi n’est qu’un véridique (siddîq) parmi d’autres classes de véridiques » (11) et que le degré de siddîq n’est pas l’exclusivité des soufis. Ce qui amène le savant hanbalite à distinguer trois catégories parmi ceux qui, à son époque, se réclament du soufisme. Il y a tout d’abord les soufis des « réalités métaphysiques » (sûfiyyat al-haqâ’iq), ceux-là mêmes qui ont atteint le degré de siddîq. Ils sont, selon lui, rares et ne fréquentent pas nécessairement les « couvents soufis » (khânqâh).

Puis viennent les soufis financés (sûfiyyat al-arzâq), du fait qu’ils bénéficient des fruits des fondations pieuses (c’est le soufisme institutionalisé et financé par le pouvoir mamelouk qu’il ne faut pas confondre avec le soufisme confrérique). Arrivent en dernier lieu, les soufis des « apparences » (sûfiyyat al-rasm), qui n’ont de soufi que le titre. Ce sont ces derniers que le docteur hanbalite assimile aux pseudos soufis et qui sont les principales cibles de ses condamnations.

Il est à noter que la connaissance, évoquée plus haut, n’est pas un but en soi et que la voie soufie est celle qui conduit le cheminant à la perfection humaine, désignée comme étant la sainteté ou bien l’ « amitié divine » (walâya). En se référant à la sourate 56 al-Wâqi‘a (v. 7 à 11) et au hadith qudsî, dit des actes surérogatoires (nawâfil), Ibn Taymiyya affirme que les « Amis de Dieu » (awliâ’) se distinguent par leurs actes et se répartissent ainsi en deux catégories : les « modérés » (muqtasidûn), qu’il dénomme également les « compagnons de la droite » (ashâb al-yamîn). Ce sont ceux qui se rapprochent de Dieu par les actes obligatoires (farâ’id). Tandis que les « rapprochés de Dieu » (muqarrabûn), encore appelés les « devanciers » (sâbiqûn), sont ceux qui se rapprochent de Dieu par les actes obligatoires suivis des actes surérogatoires (nawâfil). Et ce sont ceux-là qui ne cessent de se rapprocher de lui, jusqu’à ce qu’Il les aime, ainsi qu’il est dit dans le « Hadith des actes surérogatoires » (hadith al-nawâfil).

Le savant hanbalite identifie les soufis des « réalités métaphysiques » aux « rapprochés » (muqarrabûn), qu’il assimile par ailleurs à l’élite (khâss), alors que les « modérés » (muqtasidûn), identifiés aux « compagnons de la droite », représentent le commun des croyants (‘âmm) (12).

Par ailleurs, Ibn Taymiyya précise que toute action religieuse trouve son fondement dans l’amour (mahhaba). Le shaykh al-islâm commente les propos attribués à la mystique irakienne, Râbi’a al-’Adawiyya (m. 801), qui affirmait : « Je n’ai T’ai pas adoré par désir de Ton Jardin, ni par peur de Ton Feu. Je T’ai seulement adoré par désir de Te voir ! ». Ibn Taymiyya en conclut que celui qui agit pour l’obtention d’une compensation de la part de Dieu, ou bien pour repousser un châtiment, n’est pas réellement amoureux de Dieu ; par conséquent, il lui est impossible de se rapprocher de ce dont il n’est pas amoureux (13).

Outre la « mahabba », les doctrines soufies sont omniprésentes dans l’œuvre du shaykh al-islâm. Celui-ci va même jusqu’à élever l’inspiration (ilhâm) au niveau des preuves légales, lorsque les autres sources du droit ne permettent pas de prendre position. En effet, il privilégie de loin ilhâm et dhawq aux analogies douteuses et aux hadiths faibles (14). De même que pour les autres sources de droit, est pardonnée l’erreur du mujtahid qui se base sur l’inspiration (15).

Par ailleurs, Ibn Taymiyya estime certaines doctrines du soufisme obligatoires à l’ensemble des croyants. Ainsi, il affirme que la doctrine des stations et des états spirituels (al-maqamât wa-l-ahwâl), - qu’il nomme également les actes du cœur (a‘mâl al-qulûb) – fait partie des fondements de la foi et des bases de la religion. Par conséquent, cette doctrine s’applique obligatoirement à l’ensemble des hommes. Il ajoute que les actes extérieurs (zâhir) de la dévotion n’ont aucune utilité sans les actes intérieurs (bâtin), car les aspects ésotériques des sciences et des actes représentent le véritable fondement de la religion (16).
Conclusion : Une réhabilitation de la mystique ?

Au vu de ce qui précède, il nous semble désormais malaisé de voir en Ibn Taymiyya l’ennemi acharné du soufisme. Ses griefs ne visent en réalité que certaines formes de la mystique, qu’il juge contraires au Coran, à la Sunna et au consensus des Anciens (salaf). Ses réactions, souvent virulentes, s’expliquent notamment par son interprétation du contexte sociopolitique. En effet, l’instabilité politique de l’État mamelouk, la « crise morale et religieuse », la passivité des oulémas, les périls extérieurs (croisés et mongols) ainsi que le danger représenté par les minorités « rebelles », menacent, selon lui, la Religion de Dieu, enseignée et vécue par le prophète de l’islam. Les griefs du savant hanbalite envers certaines doctrines et pratiques du soufisme s’inscrivent dans le cadre d’un réformisme religieux visant à débarrasser la sharî‘a et le tasawwuf, corps et cœur de l’islam, de ses innovations et de ses exagérateurs.

Dans L’épître des soufis, le shaykh al-islâm s’efforce de montrer que le terme tasawwuf, loin d’être une appellation sans réalité, désigne une science islamique à part entière, au même titre que le fiqh. Le soufisme implique, selon lui, « la gnose (ma‘ârif), les états spirituels (ahwâl), les bonnes mœurs (akhlâq), les règles de bienséance (âdâb), etc. » (17). Bien que destinée à un large public, L’épître des soufis dévoile les grandes lignes de la doctrine mystique du shaykh al-islâm. Sainteté et prophétie, sharî‘a et tarîqa, cheminement initiatique et grâce divine, l’élite et le commun, etc., autant de thèmes qu’Ibn Taymiyya détaille par ailleurs et qui mériteraient, selon nous, une investigation plus approfondie.

Notes :

(1) Texte arabe dans Ibn Taymiyya, Maǧmūʿ al-fatāwā, éd. ʿAbd al-Raḥmān b. Muḥammad b. Qāsim (Beyrouth : Muʾassasat al-risāla, 1978), t. XI, p. 5-24.

(2)L’article est en cours de parution dans le numéro LX du Bulletin d’Etudes Orientales (2011).

(3)Ibn Taymiyya, MF, t. XI, p. 18.

(4)Ibid., t. XI, p. 8.

(5) Eric Geoffroy, « Le traité de soufisme d’un disciple d’Ibn Taymiyya : Aḥmad ʿImād al-dīn al-Wāsiṭī (m. 711/1311) », Studia Islamica, no. 82 (1995) : p. 89.

(6) Ibn Taymiyya, La profession de foi d’Ibn Taymiyya : texte, traduction et commentaire de la Wāsiṭiyya, trad. Henri Laoust (Paris : Geuthner, 1986), p. 84.

(7) Muslim, Ṣaḥīḥ, 44:52:213 (k. faḍāʾil al-ṣaḥāba) ; cité dans Ibn Taymiyya, MF, t. XI, p. 14.

(8)Ibn Taymiyya, MF, t. XI, p. 10.

(9) Ibid., t. X, p. 220-221.

(10) Ibid., t. X, p. 221.

(11) bid., t. X, p. 645-648 ; cité dans Michot, Musique et danse selon Ibn Taymiyya, p. 40-41. Cité par Michot, Musique et danse selon Ibn Taymiyya, p. 40-41.

(12 Ibn Taymiyya, MF, t. XI, p.18.

(13)Ibid., t. XI, p. 17.

(14) bid., t. X, p. 6-7.

(15) bid., t. X, p. 61-67 ; traduit dans Yahya Michot, « Textes spirituels d’Ibn Taymiyya. XVI : La réalité de l’amour (mahabba) de Dieu et de l’homme (suite) », Le Musulman, no. 29 (1998) : p. 24-27.

(16) Michel, « Ibn Taymiyya’s sharḥ on the Futūh al-ghayb », p. 8.

(17) Ibid., p. 8-9.

(18)Ibn Taymiyya, MF, t. X, p. 5-15.

(19)Ibn Taymiyya, MF, t. XI, p. 21.



Dernière édition par Idriss le Mer 8 Mai - 14:53, édité 1 fois
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Re: Le Soufisme

Message  -Ren- le Mer 8 Mai - 14:47

Idriss a écrit:Ibn Taymiyya : une condamnation du soufisme ? (1/2)
Par Qais Assef | le 12 juin, 2011
Petite précision en passant : Qais Assef est la personne qui -comme précisé dans mon billet- a fait la traduction du premier texte dont je cite (avec sa permission) des extraits ;)

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Re: Le Soufisme

Message  Idriss le Mer 8 Mai - 15:02

-Ren- a écrit:
Idriss a écrit:Ibn Taymiyya : une condamnation du soufisme ? (1/2)
Par Qais Assef | le 12 juin, 2011
Petite précision en passant : Qais Assef est la personne qui -comme précisé dans mon billet- a fait la traduction du premier texte dont je cite (avec sa permission) des extraits ;)


Oui sur le sujet Qais Assef est très prolifique ( voir prolixe ?)

http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00584673/fr/
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Re: Le Soufisme

Message  NARI le Mer 8 Mai - 16:15

[quote="Idriss"]
Ibn Taymiyya : une condamnation du soufisme ? (1/2)
Par Qais Assef | le 12 juin, 2011
Une chose est plus que sure, Ibn Taymiya et ses adeptes continuent a ce jour a combattre avec ferveur le Soufisme et surtout les principes comme ceux du Cheikh El Akbar. En portant préjudice a de telles pensées mystiques Ibn Taymiyya vient donc de déconsidérer le vrai image de cette grande religion musulmane en prônant en remplacement une intolérance violente sous le fallacieux prétexte que le Soufisme ne serait pas conforme à l’orthodoxie sunnite. Pourtant, Ibn Arabi explique tout simplement en se basant sur le Coran vénéré et la Sunna que chaque instant contient plutôt la présence divine, et c’est surtout l’homme qui en est le vrai absent. Il a essayé par le don de sa connaissance et de son amour d'élever la oumma a cette présence mais seulement incompris il est traité de mecreant par certains ignorants en ce qu'il dit et par d'autres savants parce qu'il le dit....

Effectivement Ibn El Arabi a de tout temps proclamé que l'existence a une seule réalité, et que toute chose visible n'est que le reflet d'un aspect de l’essence d’Allah. Les savants pensent qu'une œuvre aussi prodigieuse et complexe que la sienne reste forcément incomprise par une majorité d’individus et est en ce sens inévitablement controversée suscitant des réactions vives et parfois virulentes. Elle a par bonheur ses admirateurs, ceux qui s’en nourrissent, mais aussi ses détracteurs et ses pourfendeurs. Pour lui le monde est l'oeuvre de Dieu ou se reflète toute la réalité divine et ce conformément au Hadith ayant trait au fait que la finalité de la création de l’univers est de découvrir Le trésor caché. Dieu dit par Son Prophète :« J’étais un trésor caché et j’ai voulu être connu. J’ai créé la création afin d’être connu»...Le Coran dit "Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire " (Coran, 50/16).

«Vers Dieu se prosterne tout ce qui est aux cieux et sur la terre; de l’animal aux anges, tous abdiquent l’orgueil. ils craignent leur Seigneur, au-dessus d'eux, et font ce qui leur est commandé. »
«Vers Dieu se prosternent tous ceux qui sont aux cieux et sur la terre; bon gré, mal gré : ainsi fait leur ombre au matin et au crépuscule.»



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Re: Le Soufisme

Message  Musashi974 le Mar 11 Juin - 6:33

D'ailleurs ce n'est pas un hasard si la plupart des descendants du Prophète sont des sunnites, qui pratiquent les sciences spirituelles islamiques (tasawwuf), qui adhèrent à la doctrine théologique asharite, et qui s'affilient à l'une des écoles juridiques majoritaires.
Beaucoup de descendant du prophète sont egalement shiite. De plus il existe plein de soufi qui ne sont pas asharite, et beaucoup dentre eux sont des mystique qui ne s'affilie a aucune ecole juridique. L'islam ne se limite pas a l'asharisme, et les autres courant esoterique sont aussi valable que les autres.
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Re: Le Soufisme

Message  GILBERT-MICHEL le Mar 11 Juin - 8:47

Les dernières émissions sur France 2 concernant l'islam s'intéressaient au soufisme .

J'ai noté que dans l'esprit des deux intervenants et du présentateur, il ne faisait aucun doute que , pour un occidental, le seul islam qui devrait s'envisager c'est le soufisme, laissant l'islam "conventionnel" aux peuples de tradition arabo-musulmane .

En effet, un occidental qui embrasse l'islam ne renie pas ( ne devrait pas en tout cas !) ce qu'il était ni ce en quoi il croyait avant, mais envisage ce qu'il n'appelle pas non plus une "conversion", comme le prolongement de sa foi et une démarche de nature à élargir encore sa conscience spirituelle .

J'ai noté aussi que si la démarche d'un salafiste, s'attache à retrouver la pratique originelle de l'islam telle que Mohammed pouvait pratiquer lui-même, les soufis, eux, s'attachent bien plus à retrouver "l'esprit" dans lequel Mohammed était et se trouvait en tout instant.


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Re: Le Soufisme

Message  NARI le Mar 11 Juin - 13:54

GILBERT-MICHEL a écrit:un salafiste, s'attache à retrouver la pratique originelle de l'islam telle que Mohammed pouvait pratiquer lui-même, les soufis, eux, s'attachent bien plus à retrouver "l'esprit" dans lequel Mohammed était et se trouvait en tout instant.
Effectivement, GILBERT-MICHEL, l'esprit du soufisme trouve toute sa source en la personne du Prophète Mohammed lui-même. Pour la réelle mise en pratique de cette science ésotérique dans notre quotidien, la vie du prophète couvre tout ce qui a trait a mettre en place le soufisme. Le littéralisme asphyxiant n'est que l'ultime refuge face au vide spirituel. Grace donc au Soufisme, la réalité spirituelle prend sa place pleine et entière en vie sociale dans la "loi religieuse", mais qui, il faut le signaler, elle aussi dans le soufisme, ne perd en aucune façon une once de la sienne.

Penser que le fait d'être un homme d'Etat ou de la société civile abaisserait en quoi que se soit sur le fait d'être en même temps un ascète c'est donc faire un jugement impartial. On peut se retrancher en retraite avec Dieu en étant en pleine gestion de la société malgré les changements que cela puissent produire par le fait de la conjoncture..La grandeur de la révélation citadine medinoise n'est justement que le reflet de l'ascète prophétique Mecquois de la grotte "Hira" en pleine fonction étatique dans la même totale et parfaite présence divine.



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Message  GILBERT-MICHEL le Mer 12 Juin - 7:46

Voici une pensée de Khalil Gibran qui est orientée en ce sens :



" Prier, c'est s'élever pour rencontrer dans les airs tous ceux qui prient en cet instant et que vous risqueriez de ne pas rencontrer, sinon par la prière.
Que votre visite en cet invisible temple n'aspire donc qu'à l'extase et à une tendre communion.
Car si vous deviez n'y pénétrer sans autre but qu'une demande, vous ne recevriez pas;
Y entreriez-vous pour vous humilier, vous ne seriez pas exaltés;
Et même si vous venez y réclamer le bien pour autrui, on ne vous entendra pas.
C'est assez d'en pousser l'invisible porte."



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