Dialogue-Abraham
L'équipe de "Dialogue Abraham" vous souhaite la bienvenue !

Ce forum recherche avant tout une atmosphère cordiale et respectueuse, chacun s'efforçant d'écouter l'autre avec la même bienveillance qui doit accueillir son propre témoignage.

Nous travaillons à nous comprendre mutuellement en vérité, et non à entretenir des conflits.

Nous ne sommes pas parfaits, mais pensons qu'il est possible d'avoir des échanges de qualité sur les sujets religieux.

Puissiez-vous, vous qui venez ici, contribuer à cet effort

Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Page 7 sur 7 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7

Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Jeu 14 Mar - 13:36

(...) C’est lundi 11 mars, qu’a eu lieu la cérémonie en hommage à Imad Ibn Ziaten dans la ville de Toulouse (...) En présence du maire socialiste de la ville Pierre Cohen, Latifa Ibn Ziaten, la mère d’Imad, a dévoilé une plaque commémorative sur le lieu où a été tué son fils sur laquelle est écrit «Ici le 11 mars 2012 a été lâchement assassiné l’adjudant Imad Ibn Ziaten, mort pour le service de la nation», rapporte Libération.

Latifa Ibn Ziaten a ensuite reçu la légion d’honneur à titre posthume par les mains du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. «Cette cérémonie s’est très bien passée. Je l’ai passée au coté de l’armée française qui est aujourd’hui ma seconde famille. Elle a été non seulement une tristesse mais également une fierté» (...)

Malgré cette cérémonie, la famille Ibn Ziaten n’a toujours pas fait son deuil, tant qu’un procès n’a pas lieu. Un procès qui permettrait à la famille de répondre à certaines de leurs questions, restées aujourd’hui sans réponse. «Ce qu’on demande c’est la vérité pour faire notre deuil. Pourquoi ils n’ont pas réussi à capturer Mohamed Merah vivant ? Si il était toujours vivant aujourd’hui, il aurait pu expliquer pourquoi il a tué nos enfants, qui étaient des enfants de la République», s’interroge Latifa Ibn Ziaten. «Je laisse le soin à la justice de faire son travail. J’ai confiance en la justice française» (...)

Pourtant, quelques jours après la mort de son fils, Latifa Ibn Ziaten a vécu un véritable calvaire en France. «Certains policiers m’ont humilié. Personne ne m’a prévenu lorsqu’on a fait une autopsie sur le corps de mon fils. Après la tragédie, le maire de Toulouse n’a pas envoyé un message de condoléances et de soutien à ma famille. J’ai trouvé ça extrêmement dur», confie-t-elle la gorge nouée. Elle ajoute qu’elle a été extrêmement touchée de lire dans la presse, quelques heures après la mort de son fils, qu’il était décédé des suites d’un règlement de compte car un arabe venait de tuer un autre arabe. «Lorsque j’étais dans le brouillard à cette période, c’est le Maroc qui m’a tendu la main. Le Maroc m’a redonné courage pour me remettre debout et ça je ne peux pas l’oublier. C’est pour cela que je voudrais remercier les Marocains de leur soutien et rendre hommage au roi du Maroc. Le Maroc n’oublie pas ses enfants» (...) «Le troisième jour après l’enterrement de mon fils, le roi en personne m’a téléphoné pour me présenter ses condoléances et me dire qu’il partageait ma peine», confie-t-elle. Une cérémonie qui a permis de redonner une dignité à sa famille. Elle ajoute qu’ensuite, le souverain a pris en charge un voyage à la Mecque pour lui permettre de faire son deuil. «Mon fils Imad voulait m’envoyer, son père et moi à la Mecque. Et je lui avais répondu qu’il devait d’abord penser à lui. Mais il avait insisté. Aujourd’hui, il est parti et c’est le roi qui m’a permis de faire ce voyage» (...)

En attendant que la justice française fasse son travail, Latifa Ibn Ziaten continue de se rendre dans les quartiers difficiles et dans les écoles. «Je suis aujourd’hui demandée un peu partout en France. Ce que je veux transmettre à ces jeunes est un message de paix, leur dire que l’Islam n’est pas une religion de haine», dit-elle. Le 21 mars prochain elle se rendra dans une école de Sarcelles. Enfin, lorsqu’on lui demande où elle trouve la force de continuer à transmettre ce message de paix, malgré la douleur, elle répond : «Mon fils est mort debout. Moi je n’ai pas le droit de m’allonger»
:arrow: http://www.yabiladi.com/articles/details/16019/latifa-ziaten-lorsque-j-etais-dans.html

-Ren-

Messages : 15908
Date d'inscription : 10/02/2011

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  HANNAT le Ven 15 Mar - 17:17

Changement d'horaire pour la marche de Dimanche : départ 10h de la place Saint-Etienne pour alller rejoindre le square De Gaulle et... le chef de l'Etat
http://www.ladepeche.fr/article/2013/03/15/1583175-victimes-de-merah-hommage-national-dimanche-a-toulouse.html
avatar
HANNAT

Messages : 1102
Réputation : 3
Date d'inscription : 21/10/2011
Localisation : Sud-Ouest

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Ven 15 Mar - 18:30

HANNAT a écrit:Changement d'horaire pour la marche de Dimanche : départ 10h de la place Saint-Etienne pour alller rejoindre le square De Gaulle et... le chef de l'Etat
Merci pour la rectification :jap:

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Mar 19 Mar - 14:12

C'était il y a un an.
N'immortalisons pas le nom du tueur, mais souvenons-nous de

Aryeh Sandler – 3 ans
Gabriel Sandler – 6 ans
Miryam Monsonégo – 8 ans
Mohamed Legouad – 23 ans
Abel Chennouf – 25 ans
Jonathan Sandler – 30 ans
Imad Ibn Ziaten – 30 ans



_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Jeu 21 Mar - 18:25

Réflexion de l'un des membres fondateurs de Coexister :
J’ai lu hier avec un grand intérêt la tribune de Jonathan Hayoun, président de l’Union des Étudiants Juifs de France.

Je partage une grande partie de son analyse même si je suis obligé de nuancer une vision victimaire et pessimiste de la crise du lien social que nous traversons aujourd’hui. «À Montauban, à Toulouse c’est la France qui a été agressée». Il ne faut pas s’y tromper, cette crise est visible dans les diverses identités des victimes de mars 2012 (...)

L’antisémitisme est encore très fort, trop fort au sein d’une certaine partie de la population en France. L’antisémitisme est d’autant plus dangereux qu’il continue à faire des victimes. Face à ce constat, mais pas seulement, il est essentiel de rappeler que l’enseignement de la Shoah est un devoir citoyen. Il en va de même pour la mémoire. Se souvenir du génocide n’est pas un acte juif. C’est un acte républicain et responsable. Une responsabilité vis à vis des jeunes générations et de l’avenir (...)

Nous sommes d’accord pour dire que «nous sommes loin d’un sentiment d’alerte et de solidarité nationale pour les victimes d’antisémitisme en France, et plus généralement de racisme. Devant les défis renouvelés que pose la lutte contre l’antisémitisme, nous percevons au contraire une forme de lassitude, voire de mépris, pour les idéaux du vivre-ensemble»

Néanmoins, il serait tout à la fois triste et naïf de croire qu’il s’agit d’un problème judéo-juif. Il s’agit d’un enjeu national. Il s’agit d’un défi français.

Ces crimes ont eu lieu dans un contexte bien précis. Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République, nous révélait en 2010 «qu’à travers les dossiers qui lui sont adressés, on perçoit une société qui se fragmente, où le chacun pour soi remplace l'envie de vivre ensemble». De même en 2013, un sondage Ipsos souligne que 74% des personnes interrogées estiment que l’islam est incompatible avec la société française alors qu’ils ne sont que 23% à le penser pour le judaïsme.

Tant que les juifs défendront les juifs, que les chrétiens défendront les chrétiens, que les musulmans défendront les musulmans et ainsi de suite : nous ne sortirons pas de cette impasse. Le pasteur Martin Niemöller avait eu cette même intuition en 1933 dans son poème «Quand ils sont venus chercher les communistes…». À force d’être dans une pensée victimaire, on suscite l’intérêt des seules victimes et la réprobation des autres. La concurrence des victimes attisent la haine et fragmentent notre société.

Je trouve cela inquiétant que tant de marcheurs, ce soir du 19 mars 2012 à République, aient comparé l’islam de 2010 au nazisme de 1930. Je trouve cela dommage qu’un article qui dénonce la haine ne fasse pas une seule fois mention de cette peur, ces amalgames, ces préjugés dont sont aussi victimes l’islam et les musulmans en France (...)

Les sensibilisations interreligieuses réalisées par nos militants témoignent que toutes les communautés en prennent pour leur grade dans les écoles, et que le nom de Merah, bien loin de faire grandir l’antisémitisme, provoque souvent un électrochoc à la source de l’engagement. Dans les rares lieux où ça n’est pas encore le cas il faudra aller éveiller, rencontrer, échanger (...)

Alors stop ! On remet la balle au centre dans ce match inutile où les victimes s’affrontent. Il va falloir que les juifs luttent contre la peur de l’islam, les musulmans contre l’antisémitisme et que tout républicain lutte contre toutes formes de racismes. Maintenant, lesquels vont commencer ? Les plus responsables.

Il en va de l’avenir de la République.
:arrow: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/802715-.html

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  HANNAT le Ven 22 Mar - 8:30

Le problème ce n'est pas la peur de l'autre, c'est la haine de l'autre : la peur cesse dès lors qu'elle est remplacée par la connaissance, la haine ne cesse jamais. Chez nous les Juifs, on dit que le second Temple fut détruit à cause de "la haine gratuite" : c'est ça le problème de notre temps, la haine gratuite...
avatar
HANNAT

Messages : 1102
Réputation : 3
Date d'inscription : 21/10/2011
Localisation : Sud-Ouest

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  HANNAT le Dim 31 Mar - 14:02

Les photos de la marche blanche à Toulouse, un an après les attentats
https://plus.google.com/photos/103435781073338887647/albums/5856428062005606945?authkey=CI_WzKbY_4Pl2AE
avatar
HANNAT

Messages : 1102
Réputation : 3
Date d'inscription : 21/10/2011
Localisation : Sud-Ouest

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Dim 31 Mar - 14:51

HANNAT a écrit:Les photos de la marche blanche à Toulouse, un an après les attentats
Trugarez :jap:

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Mer 29 Mai - 15:56

Une mère et sa fille soupçonnées d'avoir menacé de mort Latifa Ibn Ziaten, la mère du premier soldat tué par Mohammed Merah, ont été interpellées et placées en garde à vue mardi à Montpellier (...) La fille de 17 ans a reconnu être l'auteur de ces messages mais a affirmé qu'ils n'étaient pas menaçants. La mère a été interpellée parce qu'elle paye la ligne de téléphone et la connexion internet. Toutes deux ont vu leur garde à vue prolongée (...)
:arrow: http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/deux-femmes-en-garde-a-vue-pour-avoir-menace-la-mere-d-une-victime-7977866.html

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Lun 4 Nov - 21:14

Un homme a été condamné lundi 4 novembre à trois mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Toulouse pour des appels téléphoniques antisémites glorifiant les crimes de Mohamed Merah (...) Quatre appels à l'école juive Ozar Hatorah, effectués entre le 27 mars et le 4 avril 2012. Quelque jours plus tôt, le 19 mars, le tueur au scooter âgé de 23 ans avait assassiné à l'école quatre personnes dont trois enfants.

Un second prévenu a été relaxé au bénéfice du doute (...)

En Haute-Saône, un jeune homme a été condamné à un an de prison ferme le 23 septembre par le tribunal de Vesoul, pour "menaces de mort réitérées, aggravées par l'appartenance de la victime à une religion". Il était poursuivi pour avoir téléphoné une semaine plus tôt à l'école Ohr Torah (nouveau nom de l'école des victimes juives) en déclarant : "Je suis le cousin de Merah et je vais tous vous tuer" (...)
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/trois-mois-ferme-pour-avoir-glorifie-les-actes-de-mohamed-merah_1296671.html

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Lun 17 Fév - 17:36

Très actifs sur les réseaux sociaux, Abou Chaak, converti à l’islam et âgé de 24 ans, et Abou Dahouk, 26 ans, deux musulmans originaires de la région parisienne, se trouvent actuellement à Alep, dans le nord de la Syrie. Ils combattent au sein de l’Etat islamique en Irak et au Levant, l’un des groupes les plus radicaux.

Via Skype, ils se sont confiés durant plus de trois heures (...)

Abou Chaak, 24 ans :

« Ils ont eu peur de Mohammed Merah quand ils ont vu ce qu’il a fait [Rires] mais des comme ça, y en a des centaines et des centaines.

– Que pensez-vous de Mohammed Merah ?

– [...] C’est pas une idole, il représente juste une chose : il représente une jeunesse qui revient à l’islam, il représente une jeunesse fière, il représente une jeunesse qui sait ce qu’elle veut. Ça veut dire que nous, au jour d’aujourd’hui, on a des papiers européens. Moi si je veux je rentre en France et je fais tout péter [Rires].

J’ai un an et demi dans les rangs des djihadistes [...], un an et demi de guerre que je peux venir en France mettre au service de l’islam. [...]

[Merah], on le considère comme un martyr. [...] »
http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/17/djihadiste-syrie-si-veux-rentre-france-fais-tout-peter-250024  :8x:

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Mar 11 Mar - 17:58

Réactions aux propos de François Hollande devant le CRIF...

Extraits de la lettre du père d'Abel Chennouf :
"Lors de votre intervention au dîner du Crif (...), vous affirmiez dans votre discours (...) que Merah avait assassiné quatre juifs et trois musulmans", indique M. Chennouf.

"Mon épouse Katia, Tony et Sabrina mes enfants et moi-même, nous nous élevons et condamnons fermement votre inculture, votre agression verbale et votre mépris vis-à-vis de notre enfant Abel Samy Arnaud, qui est catholique de son état et non musulman"
(...)

"J'ajoute qu'être musulman n'est pas une tare", précise le père du soldat victime de Mohamed Merah, tout en dénonçant "le mépris" manifesté selon lui par le chef de l'Etat "envers les familles de victimes, notamment Abel et Mohamed Legouad".

"Je vous saurai gré de ne plus citer le prénom de mon fils, laissez-le dormir en paix" (...)
http://www.nordnet.fr/infos/reg-pacageneral/hollande-qualifie-une-victime-de-merah-de-musulman-au-lieu-de-catholique-le-pere-proteste/140308175730.0edt91dl

Lettre de son aumônier :
(...) Le 15 mars 2012, voilà presque deux ans jour pour jour, Abel Chennouf et Mohamed Legouad rendaient leur dernier souffle entre mes mains, lâchement assassinés par le terroriste Mohamed Merah. C’est dire si la polémique issue des propos du Président de la République, François Hollande, devant le CRIF, m’a touché.

Déjà en son temps j’ai été choqué, comme tant de mes camarades par les confusions sur la religion et les origines des différentes victimes militaires de Merah. Nicolas Sarkozy alors Président avait parlé de « musulmans d’apparence » ; les médias n’avaient vu que des maghrébins, donc des musulmans.

Rappelons qu’à Montauban, sur les trois victimes, deux sont catholiques (Abel Chennouf et Loïc Liber – seul rescapé)
et une musulmane (Mohamed Legouad). Rappelons enfin que Loïc est français d’origine guadeloupéenne et ses deux camarades français d’origine algérienne.

Lors des célébrations religieuses des obsèques, déjà nous avions été heurtés par la différence de traitement : aucune représentation nationale à la messe pour Abel Chennouf (pourtant célébrée par deux évêques) ; aucune représentation officielle même locale à Manduel pour sa mise en terre. Qu’importe… cela est passé.

Et voilà que deux ans après, il semble qu’aucune leçon n’ait porté, du moins chez les politiques. Est-ce de l’amateurisme de la part des conseillers à l’Elysée ? Faut-il y voir du mépris vis-à-vis des catholiques ? Sans doute est-ce, comme au moment des faits, une espèce de grille de lecture idéologique, niant la réalité, ou pire, devenue incapable de la saisir dans sa complexité. Les victimes sont colorées, elles ont des noms à consonances arabes : elles ne peuvent être que maghrébines et musulmanes. Il y a là, à tout le moins, une négligence grave. Cet anéantissement de la pensée est inquiétant quand il touche de hauts responsables politiques.

Ce qui est certain, c’est que tout cela remue douloureusement nos cœurs et nos âmes. Nous avons le sentiment d’un gâchis supplémentaire, d’une faute contre ceux-là mêmes qui ont été tués. Je l’avais dit, lors de la mise en terre d’Abel , dans son sacrifice il représentait tout ce que notre pays peut faire de mieux : un jeune homme, dont la famille a choisi la France et qui a voulu la servir dans le métier des armes. Par leurs maladresses coupables et répétées, politiques et journalistes, interdisent non seulement l’instauration de la paix dans le deuil, mais pire encore, ils retirent aux victimes de Merah, l’exemplarité dont elles sont le symbole : juifs, musulmans ou chrétiens : tous Français, tués par un terroriste qui haïssait la France en ce qu’elle a de meilleur : cette capacité à transcender les origines et les religions pour donner à chacun la possibilité de l’aimer, de la faire sienne et par là de se mettre au service du Bien commun.
http://www.lavie.fr/actualite/billets/l-instrumentalisation-du-religieux-par-le-politique-est-inacceptable-11-03-2014-50782_288.php

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Mar 11 Mar - 21:19

Il fallait que ça sorte, j'ai donc tiré notre blog du sommeil : http://dialogueabraham.wordpress.com/2014/03/11/messieurs-les-politiques-taisez-vous/

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Ven 14 Nov - 16:48

Mon petit fils est né deux mois après la mort de son père. Sa mère, Caroline, était enceinte de sept mois quand elle a appris que son mari avait été tué par Mohamed Merah.

Lorsque Eden a eu quelques mois, les médecins lui ont diagnostiqué un nystagmus. Concrètement, c’est un enfant qui nous regarde avec la tête penchée à 30 degrés et qui voit de moins en moins au fil des mois. Il arrive qu’il se rapproche à 10 centimètres de la télé, qu’il se colle à l’écran d’ordinateur… Et tout ça alors qu’il porte des lunettes.

Aujourd’hui, il a deux ans et demi, mais il ne parle pas. Il n’est pourtant pas muet. Il n’y a aucun antécédent dans la famille, l’hypothèse de l’hérédité a été écartée par les médecins.

Pour Caroline, il est certain que l’état de santé de son fils est dû au choc qu’il a reçu alors qu’il n’était pas né. Elle dit souvent que si les fœtus sont capables d’entendre et d’apprécier la musique qu’on leur fait écouter, il n’y a aucune raison pour qu’ils ne subissent pas les traumatismes vécus par la mère. Surtout quand il est si important.

Avec ma femme, nous gardons un peu de recul mais nous n’écartons pas du tout cette hypothèse. Quant aux médecins, la moitié y croit, l’autre non.

Nous avons mis un certain temps à communiquer sur cette affaire d’une part pour laisser le corps médical faire son travail et d’autre part, pour ne pas donner du grain à moudre aux amateurs de Mohamed Merah. Ils ne sont pas si nombreux, mais ils existent. J’ai pour preuve les nombreux coups de fil reçus m'informant que Merah n’a pas fini son travail et que je suis le prochain sur la liste…

Nous, adultes, pouvons supporter le choc et l’emmagasiner. Mais un enfant de 30 mois ne devrait pas avoir à subir ces conséquences (...)
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1278128-victime-collaterale-de-mohamed-merah-mon-petit-fils-est-malade-nous-avons-besoin-d-aide.html

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  Roque le Ven 14 Nov - 17:36

-Ren- a écrit:
Pour Caroline, il est certain que l’état de santé de son fils est dû au choc qu’il a reçu alors qu’il n’était pas né. Elle dit souvent que si les fœtus sont capables d’entendre et d’apprécier la musique qu’on leur fait écouter, il n’y a aucune raison pour qu’ils ne subissent pas les traumatismes vécus par la mère.
Sur le plan médical impossible à confirmer. Mais l'impression (la conviction) que ce petit innocent est victime de la barbarie aveugle ajoute certainement à la douleur très réelle de la famille. Je compatis.[/quote]

Roque

Messages : 4985
Réputation : 23
Date d'inscription : 15/02/2011
Age : 73
Localisation : Paris

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Dim 8 Fév - 19:59

Lorsque Latifa Ibn Ziaten nous reçoit ce samedi matin dans l'hôtel toulousain où elle séjourne depuis 48 heures, une longue semaine est sur le point de s'achever. Après quelques interviews, elle doit s'envoler pour Rouen retrouver sa famille. « Ce soir, je rentre chez moi Inch Allah », nous dit-elle de sa petite voix douce, qui tranche avec la force et la détermination dont cette femme de 55 ans fait preuve.

Depuis la mort de son fils Imad, le soldat français qui fut la première victime de Mohamed Merah, le 11 mars 2012, Latifa Ibn Ziaten consacre presque tout son temps aux autres. Elle va au contact de la jeunesse isolée, des parents désœuvrés, « pour qu'il n'existe plus d'autres Merah ». Cette semaine, elle a rencontré une jeune fille de 15 ans qui a renoncé à partir en Syrie le jour de son départ. Elle s'est aussi rendue dans deux établissements scolaires, a participé à un débat sur la jeunesse et donné des dizaines d'entretiens à des journalistes. Sans compter les centaines d'appels et de textos auxquels elle a répondu.

Les tueries du début d'année ont donné une résonance particulière à la démarche de Latifa Ibn Ziaten, car il existe des similitudes entre Mohamed Merah et les tueurs de Charlie Hebdo, de Montrouge et de la Porte de Vincennes. Tous les quatre ont grandi sans repère, sont passés par la délinquance, la prison, la radicalisation. C'est ce cercle infernal que la mère d'Imad Ibn Ziaten cherche à enrayer depuis près de trois ans, depuis que les « copains du tueur de [s]on fils » l'ont appelée à l'aide.

Deux mois après la mort du deuxième de ses cinq enfants, Latifa Ibn Ziaten, s'est rendue aux Izards, cité du nord-est de Toulouse où vivait Mohamed Merah, à la recherche d'explications. Là-bas, son fils Imad est « mort une seconde fois » lorsqu'un groupe de jeunes garçons qui traînaient au pied des tours lui a lancé que le terroriste était « un héros, un martyr de l'islam ». Elle leur a alors révélé son identité et le ton a changé. Les enfants se sont excusés et ont fini par se confier à elle : « On s'excuse Madame, mais vous voyez bien. Regardez autour de vous : là où on vit. On n'a pas de vie, on est perdus, enfermés. On est comme des rats. Et les rats, Madame, quand ils sont enfermés, ils deviennent enragés »

Quelques jours plus tard, elle fonde l'association « Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix » qui vient en aide aux jeunes des quartiers difficiles. Son rôle au sein de l'association, elle le vit comme une mission : « Ils attendent que je les aide. Donc il faut que je fasse tout ce que je peux pour leur tendre la main, pour qu'ils s'en sortent. C'est important »

Française d'origine marocaine et musulmane pratiquante, Latifa Ibn Ziaten porte aujourd'hui le foulard en signe de deuil. Elle est arrivée en France à l'âge de 17 ans, en 1977, pour rejoindre son mari Ahmed, cheminot à la SNCF. Après des premiers moments rendus difficiles par la solitude et la barrière de la langue, Latifa Ibn Ziaten s'acclimate vite à sa vie « de l'autre côté de la Méditerranée ». Avec l'appui de voisins et des structures sociales de sa mairie, elle se souvient avoir été accompagnée et avoir toujours réussi à concilier sa foi avec son activité professionnelle. « J'ai toujours travaillé et j'ai toujours fait ma prière », assure-t-elle. A force de sillonner la France, Latifa Ibn Ziaten constate que tout le monde n'a pas eu cette chance. De sa rencontre avec les jeunes des Izards elle se rappelle : « Je savais que cette situation existait, mais je n'y avais jamais été confrontée »

Son travail au sein de l'association passe principalement par l'échange. Un voyage en Israël et en Palestine sur le thème du « vivre ensemble » a déjà été organisé, un autre est prévu à Washington et un troisième au Maroc, mais Latifa Ibn Ziaten consacre surtout son temps à partager son témoignage avec les parents et les enfants qu'elle rencontre. « Ma mère est quelqu'un de très dynamique. Elle a trouvé un moyen de vivre sa souffrance de manière intelligente. Elle ne s'est pas laissée aller à la haine, mais a cherché à s'ouvrir aux autres », explique Hatim, 35 ans, aîné des fils de Mme Ibn Ziaten et vice-président de l'association.

La réinsertion des jeunes dans la société se fera, selon sa mère, par l'écoute et le dialogue. « Ces jeunes, ils ont un vide dans leur vie, et si on ne remplit pas ce vide, si on ne leur donne pas d'espoir, si on ne leur donne pas une chance, si on ne les sort pas des ghettos où ils sont enfermés, quelqu'un d'autre va venir à leur rencontre. Leur dire : "Vous voyez, vous n'êtes pas aimés, vous n'êtes pas considérés, vous n'avez pas de chances dans ce pays-là. Alors moi je vais vous donner une chance. Je vais vous donner de l'argent, je vais vous donner de l'importance, je vais vous donner de l'amour." Et ces jeunes, ils tombent dans le piège, malheureusement »

Sa démarche a cependant des limites. Pour porter ses fruits, elle doit s'inscrire dans une action globale, que doit mener à ses côtés le gouvernement, mais aussi l'ensemble des acteurs sociaux : « Bien sûr que je ne peux pas faire ça seule, chacun a sa responsabilité. Il faut former des éducateurs, des assistantes sociales qui ne soient pas là juste pour parler paperasse. Il faut aussi comprendre ces jeunes, aller vers eux, ne pas attendre qu'ils viennent dans les bureaux. Dès les premiers signes de faiblesse, de violence, il faut les encadrer. On ne peut pas continuer à les ignorer »

Partout où elle se rend pour témoigner, Latifa Ibn Ziaten est accueillie avec la même émotion, un mélange de respect et d'admiration profonde. On vient l'écouter car on sait que son discours d'apaisement est ce dont la société a besoin en ces temps de tensions et de divisions. Devenue une véritable icône, même si elle tient à rappeler qu'elle n'est qu'« une mère de famille », on dit d'elle qu'elle a un « don » pour parler en public. Son fils Hatim la décrit comme une « militante de la paix ». « Ce qu'elle fait est honorable. Elle délivre un message de paix, dit que la religion est conciliable avec la République », saluent deux jeunes militantes présentes au débat sur la jeunesse citoyenne organisé vendredi 30 janvier à Toulouse.

Dans un amphithéâtre comble, 150 personnes, jeunes et moins jeunes, profs et habitants des quartiers, sont venus l'interpeller sur leur mal-être, lui demander conseil ce soir-là. A l'image de cette femme qui dit souffrir des inégalités de traitement entre les « Français de souche » et les Français issus de l'immigration sur les questions d'accès au logement. Latifa Ibn Ziaten, qui refuse la victimisation, lui répond : « Madame, je suis d'accord avec vous, mais rien ne vous empêche d'aller vivre ailleurs que dans ces quartiers, rien n'empêche vos enfants d'en sortir. Il faut enfoncer les portes, passer au travers des barrières. » Certains pleurent pendant sa prise de parole, touchés par son témoignage. « Comment a-t-elle la force de se battre ? Et elle le fait pour nous tous, pour la République... », s'émeut une mère de famille.

Dans les écoles, il lui arrive cependant de rencontrer de la résistance auprès d'élèves qui se disent ne pas « être Charlie », contrairement à elle. Pour Latifa Ibn Ziaten, caricaturer le prophète n'est « pas intelligent », mais elle n'est pas heurtée pour autant par les représentations publiées par Charlie Hebdo : « C'est pas des dessins qui vont changer ma foi ». Un raisonnement que ne partagent pas certains enfants, qui lui répondent qu'ils ne peuvent pas « accepter ça ».

Mais le plus difficile pour elle est de se retrouver face à des collégiens, bien conscients de certaines injustices. « Quand un jeune de 12 ou 13 ans vous dit : "Vous savez madame, on habite à Versailles, mais on n'a jamais visité le château de Versailles. Pourquoi ? On ne le mérite pas ?", ça fait mal. Il faut connaître son pays, visiter ses monuments. Comment l'aimer si on ne le connaît pas ? Pourquoi certaines écoles ont les moyens d'organiser ces visites et d'autres, non ? C'est la même école de la République. Si on ne donne pas les mêmes droits à tous les enfants, ils ne vont pas grandir de la même façon »

En début d'année, Latifa Ibn Ziaten est intervenue devant les classes de troisième et de quatrième du collège Irène Joliot-Curie d'Argenteuil. La principale de l'établissement estime que sa venue aura un impact. « J'ai été impressionnée par la justesse de son intervention. Elle a livré un discours républicain fort. Son histoire dramatique fait qu'elle touche les élèves, ça n'est plus virtuel pour eux », confie Susanna Dutsch.

Latifa Ibn Ziaten n'a, pour l'heure, pas d'autre activité. Avant le drame, elle travaillait comme surveillante et hôtesse d'accueil au musée des beaux-arts de Rouen. Avant cela encore, elle a été femme de ménage, a vendu des fruits et légumes sur les marchés et a été responsable d'une cantine scolaire. Elle est aujourd'hui en arrêt maladie et n'est pas prête à reprendre son poste : « Je n'ai pas la force d'être enfermée. Et pleurer devant les gens ça ne serait bon ni pour moi, ni pour les visiteurs. » Dans le militantisme, elle a trouvé un moyen de s'exprimer, de « sortir ce qu'il y a à l'intérieur de moi », explique-t-elle en rapprochant les deux mains de son cœur. Et puis, son mari et ses enfants partagent son combat. « Moi, par rapport à ma vie professionnelle, je n'ai pas la possibilité de suivre ma mère dans ses déplacements. Mais je l'aide comme je peux, je lui apporte mes compétences. Le combat qu'elle a pris est ambitieux mais elle en a les épaules et elle met du cœur à l'ouvrage. Je suis derrière elle a 120 % », détaille Hatim Ibn Ziaten, qui est professeur d'EPS dans les établissements spécialisés pour les handicapés.

Surtout, sans apaiser sa souffrance, qui ne diminue pas avec le temps, « au contraire », sa démarche continue de faire vivre son fils Imad. « A chaque bonne action que je fais avec cette association, je vois mon fils grandir. Et ça, c'est important pour moi. Il n'est pas mort pour rien, Imad. »
http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/02/08/latifa-ibn-ziaten-au-secours-des-copains-du-tueur-de-son-fils_4568953_3224.html

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  rosarum le Dim 8 Fév - 21:10

-Ren- a écrit:
Spoiler:

Lorsque Latifa Ibn Ziaten nous reçoit ce samedi matin dans l'hôtel toulousain où elle séjourne depuis 48 heures, une longue semaine est sur le point de s'achever. Après quelques interviews, elle doit s'envoler pour Rouen retrouver sa famille. « Ce soir, je rentre chez moi Inch Allah », nous dit-elle de sa petite voix douce, qui tranche avec la force et la détermination dont cette femme de 55 ans fait preuve.

Depuis la mort de son fils Imad, le soldat français qui fut la première victime de Mohamed Merah, le 11 mars 2012, Latifa Ibn Ziaten consacre presque tout son temps aux autres. Elle va au contact de la jeunesse isolée, des parents désœuvrés, « pour qu'il n'existe plus d'autres Merah ». Cette semaine, elle a rencontré une jeune fille de 15 ans qui a renoncé à partir en Syrie le jour de son départ. Elle s'est aussi rendue dans deux établissements scolaires, a participé à un débat sur la jeunesse et donné des dizaines d'entretiens à des journalistes. Sans compter les centaines d'appels et de textos auxquels elle a répondu.

Les tueries du début d'année ont donné une résonance particulière à la démarche de Latifa Ibn Ziaten, car il existe des similitudes entre Mohamed Merah et les tueurs de Charlie Hebdo, de Montrouge et de la Porte de Vincennes. Tous les quatre ont grandi sans repère, sont passés par la délinquance, la prison, la radicalisation. C'est ce cercle infernal que la mère d'Imad Ibn Ziaten cherche à enrayer depuis près de trois ans, depuis que les « copains du tueur de [s]on fils » l'ont appelée à l'aide.

Deux mois après la mort du deuxième de ses cinq enfants, Latifa Ibn Ziaten, s'est rendue aux Izards, cité du nord-est de Toulouse où vivait Mohamed Merah, à la recherche d'explications. Là-bas, son fils Imad est « mort une seconde fois » lorsqu'un groupe de jeunes garçons qui traînaient au pied des tours lui a lancé que le terroriste était « un héros, un martyr de l'islam ». Elle leur a alors révélé son identité et le ton a changé. Les enfants se sont excusés et ont fini par se confier à elle : « On s'excuse Madame, mais vous voyez bien. Regardez autour de vous : là où on vit. On n'a pas de vie, on est perdus, enfermés. On est comme des rats. Et les rats, Madame, quand ils sont enfermés, ils deviennent enragés »

Quelques jours plus tard, elle fonde l'association « Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix » qui vient en aide aux jeunes des quartiers difficiles. Son rôle au sein de l'association, elle le vit comme une mission : « Ils attendent que je les aide. Donc il faut que je fasse tout ce que je peux pour leur tendre la main, pour qu'ils s'en sortent. C'est important »

Française d'origine marocaine et musulmane pratiquante, Latifa Ibn Ziaten porte aujourd'hui le foulard en signe de deuil. Elle est arrivée en France à l'âge de 17 ans, en 1977, pour rejoindre son mari Ahmed, cheminot à la SNCF. Après des premiers moments rendus difficiles par la solitude et la barrière de la langue, Latifa Ibn Ziaten s'acclimate vite à sa vie « de l'autre côté de la Méditerranée ». Avec l'appui de voisins et des structures sociales de sa mairie, elle se souvient avoir été accompagnée et avoir toujours réussi à concilier sa foi avec son activité professionnelle. « J'ai toujours travaillé et j'ai toujours fait ma prière », assure-t-elle. A force de sillonner la France, Latifa Ibn Ziaten constate que tout le monde n'a pas eu cette chance. De sa rencontre avec les jeunes des Izards elle se rappelle : « Je savais que cette situation existait, mais je n'y avais jamais été confrontée »

Son travail au sein de l'association passe principalement par l'échange. Un voyage en Israël et en Palestine sur le thème du « vivre ensemble » a déjà été organisé, un autre est prévu à Washington et un troisième au Maroc, mais Latifa Ibn Ziaten consacre surtout son temps à partager son témoignage avec les parents et les enfants qu'elle rencontre. « Ma mère est quelqu'un de très dynamique. Elle a trouvé un moyen de vivre sa souffrance de manière intelligente. Elle ne s'est pas laissée aller à la haine, mais a cherché à s'ouvrir aux autres », explique Hatim, 35 ans, aîné des fils de Mme Ibn Ziaten et vice-président de l'association.

La réinsertion des jeunes dans la société se fera, selon sa mère, par l'écoute et le dialogue. « Ces jeunes, ils ont un vide dans leur vie, et si on ne remplit pas ce vide, si on ne leur donne pas d'espoir, si on ne leur donne pas une chance, si on ne les sort pas des ghettos où ils sont enfermés, quelqu'un d'autre va venir à leur rencontre. Leur dire : "Vous voyez, vous n'êtes pas aimés, vous n'êtes pas considérés, vous n'avez pas de chances dans ce pays-là. Alors moi je vais vous donner une chance. Je vais vous donner de l'argent, je vais vous donner de l'importance, je vais vous donner de l'amour." Et ces jeunes, ils tombent dans le piège, malheureusement »

Sa démarche a cependant des limites. Pour porter ses fruits, elle doit s'inscrire dans une action globale, que doit mener à ses côtés le gouvernement, mais aussi l'ensemble des acteurs sociaux : « Bien sûr que je ne peux pas faire ça seule, chacun a sa responsabilité. Il faut former des éducateurs, des assistantes sociales qui ne soient pas là juste pour parler paperasse. Il faut aussi comprendre ces jeunes, aller vers eux, ne pas attendre qu'ils viennent dans les bureaux. Dès les premiers signes de faiblesse, de violence, il faut les encadrer. On ne peut pas continuer à les ignorer »

Partout où elle se rend pour témoigner, Latifa Ibn Ziaten est accueillie avec la même émotion, un mélange de respect et d'admiration profonde. On vient l'écouter car on sait que son discours d'apaisement est ce dont la société a besoin en ces temps de tensions et de divisions. Devenue une véritable icône, même si elle tient à rappeler qu'elle n'est qu'« une mère de famille », on dit d'elle qu'elle a un « don » pour parler en public. Son fils Hatim la décrit comme une « militante de la paix ». « Ce qu'elle fait est honorable. Elle délivre un message de paix, dit que la religion est conciliable avec la République », saluent deux jeunes militantes présentes au débat sur la jeunesse citoyenne organisé vendredi 30 janvier à Toulouse.

Dans un amphithéâtre comble, 150 personnes, jeunes et moins jeunes, profs et habitants des quartiers, sont venus l'interpeller sur leur mal-être, lui demander conseil ce soir-là. A l'image de cette femme qui dit souffrir des inégalités de traitement entre les « Français de souche » et les Français issus de l'immigration sur les questions d'accès au logement. Latifa Ibn Ziaten, qui refuse la victimisation, lui répond : « Madame, je suis d'accord avec vous, mais rien ne vous empêche d'aller vivre ailleurs que dans ces quartiers, rien n'empêche vos enfants d'en sortir. Il faut enfoncer les portes, passer au travers des barrières. » Certains pleurent pendant sa prise de parole, touchés par son témoignage. « Comment a-t-elle la force de se battre ? Et elle le fait pour nous tous, pour la République... », s'émeut une mère de famille.

Dans les écoles, il lui arrive cependant de rencontrer de la résistance auprès d'élèves qui se disent ne pas « être Charlie », contrairement à elle. Pour Latifa Ibn Ziaten, caricaturer le prophète n'est « pas intelligent », mais elle n'est pas heurtée pour autant par les représentations publiées par Charlie Hebdo : « C'est pas des dessins qui vont changer ma foi ». Un raisonnement que ne partagent pas certains enfants, qui lui répondent qu'ils ne peuvent pas « accepter ça ».

Mais le plus difficile pour elle est de se retrouver face à des collégiens, bien conscients de certaines injustices. « Quand un jeune de 12 ou 13 ans vous dit : "Vous savez madame, on habite à Versailles, mais on n'a jamais visité le château de Versailles. Pourquoi ? On ne le mérite pas ?", ça fait mal. Il faut connaître son pays, visiter ses monuments. Comment l'aimer si on ne le connaît pas ? Pourquoi certaines écoles ont les moyens d'organiser ces visites et d'autres, non ? C'est la même école de la République. Si on ne donne pas les mêmes droits à tous les enfants, ils ne vont pas grandir de la même façon »

En début d'année, Latifa Ibn Ziaten est intervenue devant les classes de troisième et de quatrième du collège Irène Joliot-Curie d'Argenteuil. La principale de l'établissement estime que sa venue aura un impact. « J'ai été impressionnée par la justesse de son intervention. Elle a livré un discours républicain fort. Son histoire dramatique fait qu'elle touche les élèves, ça n'est plus virtuel pour eux », confie Susanna Dutsch.

Latifa Ibn Ziaten n'a, pour l'heure, pas d'autre activité. Avant le drame, elle travaillait comme surveillante et hôtesse d'accueil au musée des beaux-arts de Rouen. Avant cela encore, elle a été femme de ménage, a vendu des fruits et légumes sur les marchés et a été responsable d'une cantine scolaire. Elle est aujourd'hui en arrêt maladie et n'est pas prête à reprendre son poste : « Je n'ai pas la force d'être enfermée. Et pleurer devant les gens ça ne serait bon ni pour moi, ni pour les visiteurs. » Dans le militantisme, elle a trouvé un moyen de s'exprimer, de « sortir ce qu'il y a à l'intérieur de moi », explique-t-elle en rapprochant les deux mains de son cœur. Et puis, son mari et ses enfants partagent son combat. « Moi, par rapport à ma vie professionnelle, je n'ai pas la possibilité de suivre ma mère dans ses déplacements. Mais je l'aide comme je peux, je lui apporte mes compétences. Le combat qu'elle a pris est ambitieux mais elle en a les épaules et elle met du cœur à l'ouvrage. Je suis derrière elle a 120 % », détaille Hatim Ibn Ziaten, qui est professeur d'EPS dans les établissements spécialisés pour les handicapés.

Surtout, sans apaiser sa souffrance, qui ne diminue pas avec le temps, « au contraire », sa démarche continue de faire vivre son fils Imad. « A chaque bonne action que je fais avec cette association, je vois mon fils grandir. Et ça, c'est important pour moi. Il n'est pas mort pour rien, Imad. »
http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/02/08/latifa-ibn-ziaten-au-secours-des-copains-du-tueur-de-son-fils_4568953_3224.html

on ne peut qu'admirer cette femme.
avatar
rosarum

Messages : 949
Réputation : 1
Date d'inscription : 06/05/2011
Localisation : France

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  Roque le Lun 9 Fév - 12:11

-Ren- a écrit:
En début d'année, Latifa Ibn Ziaten est intervenue devant les classes de troisième et de quatrième du collège Irène Joliot-Curie d'Argenteuil. La principale de l'établissement estime que sa venue aura un impact. « J'ai été impressionnée par la justesse de son intervention. Elle a livré un discours républicain fort. Son histoire dramatique fait qu'elle touche les élèves, ça n'est plus virtuel pour eux », confie Susanna Dutsch.
Et un témoin crédible ... sans aucune comparaison avec ce que pourront faire les professeurs d'histoire-géographie et de français " standard " de l'enseignement public dans la cadre de la promotion de la laïcité (à condition que quelque chose de concret soit défini et réellement mis en œuvre).

Roque

Messages : 4985
Réputation : 23
Date d'inscription : 15/02/2011
Age : 73
Localisation : Paris

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  Idriss le Mer 10 Juin - 18:59


La DGSE aurait acheté le silence du père de Mohamed Merah

Le Point - Publié le 09/06/2015
Le père de l'une des victimes accuse les services secrets français d'avoir versé 30 000 euros à Mohamed Benalel Merah en échange de vidéos compromettantes.

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/sihem-souid/la-dgse-aurait-achete-le-silence-du-pere-de-mohamed-merah-09-06-2015-1934712_421.php

Si cette info n"avait pas été publié par un média mainstream  comme Le Point  je ne l'aurait sans doute pas fait suivre...
D'ailleurs c'est à ce demander si l'info principale est la suspicion sur le rôle trouble de la DGSE dans cette affaire  ou le fait qu'un journal comme Le Point s'en fasse le relai ?
avatar
Idriss

Messages : 4269
Réputation : 34
Date d'inscription : 25/05/2012

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Mar 12 Juil - 12:59

Le tribunal administratif de Nîmes a condamné l’Etat, le jugeant en partie responsable de la mort du soldat Abel Chennouf, tué par Mohamed Merah à Montauban le 15 mars 2012 en compagnie d’un autre parachutiste, a annoncé la juridiction dans un communiqué.

« Le tribunal juge que la décision de supprimer toute mesure de surveillance de Mohamed Merah, prise à la fin de l’année 2011 (…) est constitutive d’une faute engageant la responsabilité de l’Etat », écrit le tribunal, qui avait été saisi par le père du militaire, Albert Chennouf Meyer.

« Cette faute a compromis les chances d’empêcher l’attentat », précise le tribunal, qui « fixe à un tiers la part de responsabilité de l’Etat » (...)

Selon le ministre de l’intérieur à l’époque des faits, Claude Guéant, entre 2007 et 2012, Mohammed Merah avait « fait l’objet de dizaines d’écoutes téléphoniques (…), de filatures très longues. Il y a eu un abandon du suivi de Merah puis une reprise du suivi à son retour du Pakistan », en novembre 2011. « L’appréciation a été faite qu’il ne représentait pas de signe de dangerosité, d’intension criminelle » (...)
http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/07/12/assassinat-d-un-militaire-par-merah-l-etat-accuse-de-faute-et-juge-en-partie-responsable_4968361_3224.html

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Mer 4 Oct - 11:31

(...) Abdelkader Merah. Au programme de l’audience de ce mardi, la "personnalité" du prévenu, mais "sans l’engagement religieux" qui sera évoqué la semaine prochaine, précise le président du tribunal. L’exercice est acrobatique (...)

On a donc tenté de parler d’Abdelkader Merah, sans rien dire de sa pratique de l’islam, ni évoquer le mot "radicalisation", même si on y revenait toujours. Ça a commencé dès le début, à l’exercice pourtant simple des présentations. "On vous appelle Kader, mais dans le quartier, tout le monde vous surnommait Ben Laden, c’est cela ?". Abdelkader ne nie pas (...) "Vous voulez dire que Ben Laden était un personnage positif pour vous ?". Dans le box, Abdelkader élude (...) "Je pense rien de Ben Laden, moi. Y'en a qui disent que le 11-Septembre, c’est un complot, alors" (...)

Aujourd'hui, on va se fracasser à deux story telling. Celui des faits, des innombrables rapports de l’Aide Sociale à l’Enfance ou du juge pour enfants, relatés par le président, qui racontent tous une famille à la dérive. Et celui d’Abdelkader Merah, qui lui dépeint une famille idyllique (...) Les baffes, la violence, les foyers où les enfants ont été placés, la mésentente entre sa mère et son père (qui a eu une autre femme en Algérie) ? "Leur union était très heureuse. Vraiment, mes parents étaient parfaits." Le président s’étonne. Abdelkader avait dix ans quand sa mère a fui le domicile conjugal. Elle s’est alors retrouvée sans domicile, les enfants ont été placés en foyer. "On se souvient quand même d’un traumatisme pareil, à dix ans, non ?" Oui, Abdelkader s’en souvient, concède-t-il. Mais sans plus de détails. "Les parents, ils ne parlent pas de leurs problèmes aux enfants. Notre culture algérienne, elle est différente de votre culture occidentale" (...)

Pas un mot contre son père, incarcéré pour stups, puis retourné en Algérie, ce père qui dit : "Je ne connaissais pas le parcours de mes enfants, l’important c’était qu’ils viennent me voir en Algérie et ne manque pas de respect". Sa mère qui, suite au divorce, dépassée par ses fils, les enverra en foyer, reste "parfaite" : "une mère, c’est irremplaçable. Ça passe avant votre épouse. Car si votre épouse meurt, vous pouvez vous marier". Abdelkader insiste. Son enfance, elle était "parfaite", dit-il, consentant juste à avouer qu’après le divorce, c’est devenu "chaotique".

Chaotique ? (...) "Il provoque, agresse, insulte, c’est un garçon pour qui la vie est un ring où il faut se battre." Kader, disent-ils, se rebelle contre toute autorité, n’a pas de cadre, "jette des pierres aux animateurs". Quand il rentre à la maison, le week-end, il tape sa mère (...)

Abdelghani ce frère aîné qui a été "son modèle" ? Il a porté plainte contre son cadet, qui l’a agressé avec un couteau lors d'une bagarre. "C’est sa version. Abdelghani, il était parti dans la délinquance, il tapait sa femme, il était dans l’alcool, c’est triste de devoir dévoiler ses aspects de sa personnalité, mais c’est la vérité. Il a déformé l’histoire." (...)

Abdelkader a aussi été condamné pour "violence sur mineur" contre son jeune frère Mohamed Merah, justement. Selon un témoin, il l’avait "ligoté, contraint de manger de la nourriture avariée, enfoncé des chaussettes et des oignons dans la bouche." (...) Oh, bien sûr, admet-il, il lui est arrivé de frapper de temps en temps son petit frère : "Je ne voulais pas qu’il fasse les même erreurs que moi. Un grand frère protège toujours son petit frère" (...)

Les condamnations s’arrêtent pourtant d’un coup en 2006. L’explication? "Je me suis converti à l’islam. Après, j’ai même plus volé un bonbon. Les insultes, les violences, tout ça c’était fini. J’étais une autre personne."

Ah zut, on n’était pas censés parler de religion. Mais c’est Abdelkader qui y revient, sans cesse. Ses faux, effectués pour payer des crédits à la consommation ? "C’est mon seul dérapage en religion. J’avais une boulimie de consommation." Sa volonté d’aller s’installer à la campagne ? "Je ne fréquentais plus de délinquants. Je ne supportais plus de revenir en ville, avec toute cette turpitude et cette débauche". Son goût des armes, qui le feront dire au juge : "J’aime les armes. Ce qui ne trouvent pas les armes belles, ce sont des homosexuels" ? "C’était inapproprié, mais quand je parle de la beauté des armes, c’est comme pour les voitures. Si vous aimez les voitures, vous dites qu’elles sont belles, non ?" La lecture ? "C’est ma passion. Livres de religion, livres de gangster, tout." (...) La musique ? "J’écoute pas de musique." (...) Abdelkader avait déclaré en garde à vue que la musique était un "appel à la perversité" (...)

C’est Abdelkader qui organise le mariage en 2011 de sa mère avec Mohamed Essid, le père de Sabri Essid, qui avait condamné en 2009 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et se trouve aujourd’hui en Syrie. "Je ne voulais pas qu’elle se retrouve toute seule" (...) Abdelkader se marie, quant à lui, avec Yasmina M. "C’est une fille de mon quartier. Mais ses parents n’étaient pas d’accords." (...) Avec Yasmina, le mariage s'est fait par... téléphone. Béni par un mystérieux tuteur, dont Abdelkader refuse de donner le nom (...)

Et les amis, donc ? Le président égrène les noms. Sabri Esssid. Fabien Clain. Toute la clique de la filière Artigat. Non, ce ne sont pas des amis, persiste Abdelkader. Seulement des "frères de religion" (...)

On évoque la détention d’Abdelkader, placé à l’isolement depuis 2015. Des détenus l’ont accusé de prosélytisme. Des calomnies pour Abdelkader. "On m’a accusé de prosélytisme, mais moi, je connaissais pas ce mot. Alors j’ai regardé dans le dictionnaire. Ça disait que le prosélytisme c’est 'un zèle ardent à imposer ses idées' mais l’islam n’impose rien, il se transmet, c’est tout." (...)

La tension monte dans la salle lors des questions des avocats des parties civiles (...) Les questions sont compliquées à poser puisque c’est toujours le même jeu de ni oui ni non : interdiction de parler de la religion. Alors que les parties civiles veulent rentrer dans le vif du sujet : la radicalisation. Olivier Morice souligne ainsi, à juste titre, que la famille Legouad est elle aussi d’origine algérienne, de confession musulmane : "Alors, moi, je ne comprends pas pourquoi vous parlez de conversion à l’islam. En fait, ce que la famille Legouad veut savoir, c’est très simple. Est-ce que vous considérez que votre frère Mohamed Merah est un bon musulman ?"

Hésitation d'Abdelkader : "Non, c’est pas un bon musulman, il a péché."

Restent toutefois dans l’esprit de tous les déclarations du prévenu, dans le dossier, quand en garde à vue, il se félicitait des actes de son frère, mort en martyr, selon "les préceptes du Coran".

"Je voulais défendre son honneur. On venait de m’annoncer sa mort, j’étais dans le chagrin, c’était maladroit. Je condamne les actes de mon frère, mais je l’aimerai jusqu’à sa mort." (...) "Il a tué, votre frère. Pour ce qu’il a fait, est ce qu’il est au paradis ou en enfer ?" "Je ne sais pas, je ne suis pas Dieu." (...)
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/terrorisme/20171003.OBS5501/proces-merah-votre-frere-il-est-au-paradis-ou-en-enfer-pour-ce-qu-il-a-fait.html

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  -Ren- le Jeu 2 Nov - 18:55

Abdelkader Merah a été condamné jeudi à 20 ans de réclusion criminelle, avec peine de sûreté des deux tiers. La cour d'assises spéciale a estimé jeudi que le frère de Mohammed Merah a participé à l'association de malfaiteurs terroriste criminelle mais elle a choisi de ne pas retenir la culpabilité pour la complicité dans les sept assassinats perpétrés par son frère en mars 2012 à Toulouse et à Montauban.

Elle a également retenu la culpabilité de Fettah Malki pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, qui est lui condamné à 14 ans de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté des deux tiers (...)

"Mohamed Merah était seul", a déclaré le président de la cour, expliquant que l'existence d'une aide ou d'une assistance n'avait pas été démontrée (...)
https://www.franceinter.fr/justice/proces-merah-abdelkader-merah-est-condamne-a-20-ans-de-reclusion-criminelle-avec-peine-de-surete-des-deux-tiers

_________________
...S'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante (1 Cor XIII, 1)
>> Mon blog change d'adresse pour fuir la pub : https://blogrenblog.wordpress.com/ <<
avatar
-Ren-

Messages : 15908
Réputation : 25
Date d'inscription : 10/02/2011
Age : 40
Localisation : France

https://blogrenblog.wordpress.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Attentat à Toulouse devant un groupe scolaire Juif

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 7 sur 7 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum